Histoire: Les villages martyrs
Tout le monde ne le sait peut-être pas, mais il existe en France des " villages martyrs ". J'ai retenu trois textes courts qui en parlent et je vous laisse les découvrir.
Les villages martyrsNotre pays possède certaines particularités, vous savez sûrement que la France est le pays comptant le plus de communes en Europe (plus de 36000 pour la France, quelques centaines pour le Danemark), mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que certaines de ces communes comptent aujourd'hui… 0 habitants.
Six communes sont dans ce cas, toutes dans la Meuse, et ce depuis la fin de la première guerre mondiale.
Situées dans le secteur de la bataille de Verdun, en 1916, ces villages ont été occupés à plusieurs reprise par les français, les allemands, rasés en partie. La quantité de munitions non détruite étant tellement importante qu'ils ont été abandonnés.
Dans un soucis de mémoire, l'État français a décidé de conserver ces communes, Beaumont-en-Verdunois (186 habitants en 1911), Bezonvaux (149), Cumières-le-Mort-Homme (205), Haumont-près-Samogneux (131), Louvemont-Côte-du-Poivre (183), Fleury-devant-Douaumont (422).
On retrouve ainsi une chapelle et un monument aux morts dans chacune de ces communes.D'autres villages ont été quasiment rasés, mais certains habitants et de nouvelles constructions se sont rajoutées. Dans d'autres départements comme la Marne et la Meurthe et Moselle, ces villages détruits ont été rattachés à d'autres communes.
Par l'absence d'électeurs, les maires de ces villages sont donc désignés par le préfet de la Meuse, la mairie se trouvant à leur domicile, souvent dans un village voisin. Toutefois, ils n'ont pas la qualité de "maire de Xxxx" mais de "président de la commission municipale, maire de Xxxx". Ils reçoivent tout de même une écharpe tricolore, et tiennent le registre d'état civil (ou plutôt le conservent ). Ils n'ont pas le statut de grand électeur, et ne peuvent donc pas voter pour élire les sénateurs.
Chaque maire est secondé par deux conseillers municipaux.
L'entretien des territoires de ces communes nécessite un minimum de travaux.Ces villages martyrs se résument souvent aujourd'hui à un parcours indiquant l'emplacement des anciennes maisons.
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Toutefois, pour conserver leur mémoire après la Grande guerre, l'Etat a décidé en 1919, lors des premières élections municipales organisées après le conflit, de les doter d'un conseil municipal restreint.
Dans ces six communes "désertes", le maire est avant tout le garant de l'entité administrative. Ainsi, officiellement, on ne dit pas "maire de Bezonvaux" mais "président de la commission municipale, maire de Bezonvaux".
A quelques différences près, ces maires nommés par l'autorité administrative ont les mêmes attributions que leur collègues élus: ils reçoivent une écharpe tricolore et tiennent leur registre d'état-civil, bloqué dans les six communes à "zéro habitant" depuis 1918.
Leur domicile établi dans une autre commune fait office de mairie. Mais ils n'ont pas le statut de "grand électeur" et ne peuvent donc pas élire les sénateurs.
Beaumont-en-Verdunois comptait 186 habitants en 1911; Bezonvaux, pris et repris seize fois en deux mois par Français et Allemands, en avait 149 la même année; Cumières-le-Mort-Homme en dénombrait 205; Haumont-près-Samogneux 131; Louvemont-Côte-du-Poivre 183 habitants et Fleury-devant-Douaumont 422.
Pour perpétuer le souvenir de ce dernier village, la commune d'Allemagne (Calvados) avait pris en 1917 le nom de Fleury-sur-Orne. Aujourd'hui espace boisé où les stigmates des furieux combats qui s'y déroulèrent sont encore visibles, Fleury-devant-Douaumont n'est plus qu'un parcours fléché permettant au visiteur de découvrir l'emplacement des maisons des différentes rues avant la destruction de celui-ci.
Les maires de ces villages sont choisis sur la base du volontariat et sont issus le plus souvent de vieilles familles de cette partie du département. C'est le cas de Jean Laparra, dont le grand-père, maçon, a participé à la fin du XIXe siècle à la construction des forts autour de Verdun, et dont le père et l'oncle se battirent dans les tranchées.
Ancien cadre dans la téléphonie, il s'est fait connaître localement par sa passion pour l'histoire de 1914-1918 qui l'a amené, dès les premiers jours de sa retraite, à se lancer dans un répertoire des soldats tombés lors de la terrible bataille. Il a commencé son premier mandat en 2001.
Le maintien d'une autorité à la tête de ces villages fantômes a été décidé en 1919 pour perpétuer le souvenir des morts. Cela implique l'entretien régulier des chapelles-abris, cimetières, monuments aux morts et plaques commémoratives situés sur le territoire communal.
Chaque maire dispose pour cela d'un budget, alimenté en partie par les contributions de l'Office national des forêts et des fermiers installés dans les environs. " La mission d'entretien est importante, précise Jean Laparra. Les touristes attirés par la mémoire sont aujourd'hui de plus en plus nombreux. "
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Neuf villages situés en Zone Rouge, détruits, réduits en poussière n'ont pas été reconstruits. On les dit "Morts pour la France".
Ce sont sur la rive droite : BEAUMONT, BEZONVAUX, DOUAUMONT, FLEURY, HAUMONT-LES-SAMOGNEUX, LOUVEMONT, ORNES, VAUX-DEVANT-DAMLOUP et sur la rive droite CUMIERES. Tous ces villages furent détruits et occupés en 1916. HAUMONT, le plus au Nord, fut le premier occupé (21 février 1916). BEAUMONT tomba dans l'après-midi du 24 février, malgré une défense acharnée de nos soldats. LOUVEMONT fut longtemps sur la ligne de feu.
Puissent les visiteurs fidèles à la mémoire de leurs ancêtres qui, au cours des siècles ont vécu, travaillé, souffert sur ce sol sacrifié à la défense de la Patrie, trouver toujours dans cette chapelle, secours religieux pour leurs âmes et dans cet abri " protection et repos pour leurs corps. "
Nos unités retranchées dans ORNES depuis 1914, face aux fameuses jumelles tenues par les Allemands pendant toute la durée de la Guerre, menacées d'encerclement se replièrent sur les Hauts de Meuse dans la nuit du 24 au 25 février. Il en fut de même pour BEZONVAUX. DOUAUMONT fut pris le 2 mars après une magnifique résistance et VAUX le 31 mars.
FLEURY, enfin, fut l'enjeu de combats acharnés de juin à août. CUMIERES tomba dans les mains de l'ennemi lors des combats livrés en mars en avril pour la ligne de crête : Côte de l'Oie, le Mort-Homme, Côte 304. Il fut réoccupé en août 1917.
Tous ces petits villages comptaient seulement quelques centaines d'habitants. Si on excepte ORNES (718 habitants en 1914) leur population s'échelonnait entre celle de HAUMONT, la plus faible (131 habitants), et celle de FLEURY (331 habitants). Elle était composée de laboureurs, de manoeuvres, de bûcherons, d'artisans. FLEURY comptait encore quelques vignerons au début du siècle. ORNES avait été longtemps le siège d'une seigneurie importante. Aux barons d'ORNES, connus dès le XIIème siècle, avait succédé à la fin du XVème, la famille de HAUSSONVILLE. Leur château fut rasé pendant la Révolution.
Chacun de ces neufs villages a sa " Chapelle-abri " soigneusement entretenue par les descendants des anciens habitants avec l'aide du Souvenir Français.
On doit à la piété filiale de plusieurs "enfants" de ces villages, quelques monographies. Citons en trois :
" ORNES, la Vie et la Mort d'un village Meusien " par le Chanoine LAURENT (Mémoires de la société des Lettres de Bar-le-Duc. Tome 49).
" Histoire de BEAUMONT " (324-1916) par Pierre QUENET, Maire de BEAUMONT, enfant de BEAUMONT, Capitaine en retraite. (Tirage par l'abbé P. Homant 1975).
" Histoire de CUMIERES " (590-1918) par Louis LAVIGNE, Directeur d'école (Imprimerie Joseph Martin. Verdun).
Ce dernier écrit : ... " Un village c'est une personne. Son âme est faite de la fusion des âmes des habitants. le village est un être cher. Nous aimons notre village comme dans la famille nous aimons nos parents. Notre village a perdu son corps, mais sa mort ne peut être définitive. Son âme, comme la nôtre est immortelle ; cette âme c'est l'histoire du village et ce sont tous nos souvenirs. Pour que l'histoire ne s'efface pas, il faut écrire... "
Le Capitaine Pierre QUENET écrit de son côté :.. " Au-delà de ces pierres, de ces débris, il y avait les maisons. Au delà des maisons, il y avait le village. Ce village, on l'aimait comme on aime un parent. Il a eu le sort des êtres humains. Son corps est mort ; la forêt, cette intruse l'a recouvert comme un immense linceul. Mais son âme vit, et comme telle, vivra éternellement... "
Sites sources :http://www.miwim.fr/blog/des-maires-pour-des-communes-mortes-pour-la-france-1364
http://meuse.xooit.com/t1471-Les-villages-morts-pour-la-France.htm
http://pagesperso-orange.fr/brigitte.person/combatsetdrames/villagesdetruits.htm