Pontevès
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Poésie

A vous, poètes en herbe ou expérimentés (mais est-on jamais expérimenté en poésie...!), cette page vous est offerte pour y déposer le fruit de votre art, afin que d'autres puissent trouver plaisir et émotion à le lire. Pour ce faire, il vous suffit de nous envoyer votre poème ou poésie, par mail, à cette adresse: courrierponteves@club-internet.fr  et nous l'installerons aussitôt.

 

Index:
(Cliquez sur votre sélection)

La colline de Provence Nicolas Cotten, septembre 2003.
Amours
Christian Van de Velde, avril 2003.
Donner ma foi Christian Van de Velde, avril 2003.

Je m'appelle Drogue Christian Van de Velde, mars 2003.
Ma Provence
Pierre Clérico, 1955.
Pountevès en Provenço
D. Laurus, décembre 2002.
Le temps D. Laurus, décembre 2002.
Avoir 15 ans D. Laurus, décembre 2002.
Pour être un homme D. Laurus, décembre 2002.
La source
Marie-Jo83, août 2002.
Triste Pierre Clérico, 1980.
Sauver ou périr Pierre C, 1993.
Voyage D. Laurus, 1969.
L'Amitié Edith Hélias, octobre 2002.
Vers toi Nicole, Pontevès, octobre 1991.
D'aurores en crépuscules Nicole, 19 janvier 2001.
Le refrain Nicole, Pontevès, 17 février 2001.
Occident via l'orient Nicole, Pontevès, 18 mai 2002.
Les larmes de cristal Nicole, Pontevès, 29 mai 2002.
L'envol Nicole, Pontevès, 20 octobre 2002.
L'oliveraie Nicole, Pontevès, octobre 2002.
Bleu lavande, Evelyne Chamel, août 2008.
Ah, que la Terre serait douce! Evelyne Chamel, août 2008.

 

 

 La colline de Provence

Toi, la colline que je voyais de ma maison,
Toi, la colline qui ne prononcera plus de son,
Tu as été mortellement touchée,
Tu me dis adieu comme tu m'as dit bonjour,
La nature est en berne et le soleil dépité.
Finies les fleurs qui voulaient grandir,
Finis les grillons et leur chant mélodieux,
Finie l'admiration que j'avais pour eux.
Par la faute de quelques hommes, tu as péri,
Irremplaçable tu reste et triste je suis.
Tu es figée, tes yeux sont fermés,
La mort t'a envahie, le temps est écoulé.

Nicolas Cotten, évocation des feux de forêts de l'été 2003.

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 Amours

Je sais, vous allez me dire :
Tout a été dit sur l'amour,
Que vous en avez fait le tour
Et aussi entendu quelques soupirs.

Il n'y a pas qu'un seul amour.
A mon sens il y en a plusieurs,
Celui de la joie mais aussi des pleurs,
Mais je ne vous ferai pas un cours.

Il y a l'amour fou,
Lui ne prévient pas.
Il arrive à petits pas
Et il s'abat sur vous.

Celui là il ne dure pas,
Car il est trop rapide
Et, avec le temps, il se vide.
Mais il est très intense, n'est ce pas ?

Il y a l'amour avec un grand A,
L'amour pour le meilleur comme pour le pire,
Ces mots qu'on a plus besoin de dire,
Cet amour là on ne l'oubliera pas.

Il est le plus merveilleux,
Celui qui dure toute une vie
Et croyez- moi, je vous le dis,
On ne parle plus qu'avec les yeux.

Un simple regard suffit
Et l'on se comprend aussitôt,
Plus besoin de gestes, ni de mots,
Seule une complicité infinie.

Et il y a l'amour tendresse,
Celui qui vous attend
Quand ensemble, votre vie durant,
Vous vous êtes prodigués tant de caresses

Et qu'a l'automne de votre vie,
Avoir l'être aimé encore a ses cotés,
De pouvoir continuer à s'épauler
Et de lui dire, tu te souviens chéri.

Donner ce que l'on aimerait recevoir,
Aimer comme on voudrait être aimé,
Soutenir quand on veut être aidé,
Je viens d'inventer l'amour espoir.

Christian Van de Velde.

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 Donner ma foi

Je ne peux pas donner ma foi
A un soit disant dieu qu'on ne voit pas.
Je ne peux pas donner ma foi
A un dieu qui laisse faire ça.

Quand tant d'enfants meurent de faim
Et que lui, ce dieu, ne fait rien,
Si, comme on me l'a toujours dit,
Il a envoyé son fils pour sauver nos vies.

Je ne peux pas donner ma foi
A ce fils qui ne pardonne pas,
Ce dieu qui aurait la terre et les cieux,
Puis, pour un soit disant péché, ferme les yeux.

Je ne peux pas donner ma foi
Alors que lui reste sans voix,
Qu'il se prétend le sauveur
Et qu'il laisse les gens dans le malheur.

Non vraiment, excusez-moi,
Mais je ne peux pas lui donner ma foi
A ce dieu qui serait amour et bonté
Et qui, pour se venger, nous aurait laissé crever.

Profitant de la misère du monde pour régner,
Il attire à lui les démunis et les déshérités,
Enrôlant dans ses légions les gens du désespoir,
Par ses vautours de curés sur leurs perchoirs.

Je ne peux pas donner ma foi
A celui qui se prend pour un roi.
Tu ne tueras pas.
Tu ne voleras pas.

Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Voilà des phrases qu'il aime. 
Mais que fait-il alors qu'il y a tant de guerres ?
Il se contente de lancer des paroles en l'air…

Non décidément je ne donnerai pas ma foi
A ce dieu, a son fils et a ses prélats.
Non il ne volera pas mon âme
Et encore moins celle de mon fils et de ma femme.

Christian Van de Velde.

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 Je m'appelle Drogue

Mon nom vous fait frémir ?
Je suis l'amie fidèle de l'alcool et, tout comme lui, je vous aime
au plus haut point, surtout vous les jeunes.
Mon unique travail est l'abrutissement du cerveau, c'est ma spécialité.

J'aime semer la discorde et le malheur dans les familles.
Je suis passé maître dans l'art de faire pleurer les mères.

Je trouve les arbres laids et j'ai une sainte horreur des fleurs.
Toute la nature, je la trouve affreuse.

Surtout n'écoutez personne et devenez membre de mon fan club.
Je vous promets des nuits inoubliables où vous serez malade à crever.
Les matins, vous me chercherez partout, sans relâche.
Je serai votre seule amie dans votre courte vie.

Ce monde est pourri et sans intérêt n'est-ce pas ?
C'est pourquoi j'expédie les gens qui me consomment dans des pays 
d'épouvante et de désolation d'où, très souvent, on ne revient pas.

J'aime le mensonge, les gens sans morale, le désespoir et la mort.
Mondialement connue, je n'ai pas de frontières, je traverse les continents
à la vitesse de l'éclair et je laisse sur mon passage la destruction et la folie.

Merci de me vendre, de me consommer et de me cacher,
votre aide m'est infiniment précieuse pour anéantir ce qui reste d'amour sur terre.
Je suis l'ennemi juré du bonheur, alors n'hésitez pas, consommez-moi sans réserves.

Vous désirez devenir un de mes vendeurs…
Je suis toujours à la recherche de sang nouveau, tel un vampire.
Mon ami l'alcool et moi faisons une belle paire de salauds.

Hé ! Les jeunes, vous voulez me confier vos cerveaux ?
Je vous promets de les détraquer à tout jamais et par la même occasion,
je ferais de vous de véritables loques humaines.
Avec un peu de chance, vous pourriez vous suicider
ou finir votre vie à l'asile ou en prison.

Je vous laisse réfléchir…, il faut que je vous quitte.
Je suis débordée de travail en ce moment.
Surtout, on ne perd pas le contact, on se rappelle.

PS : Excusez-moi, mais je n'aurai pas de temps a perdre pour assister
à votre déchéance ou à vos funérailles, trop de travail.
Sans remords aucun.

Signé: La Drogue....   (Christian Vandevelde).

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Autrefois, pour gagner sa vie, il fallait " monter à Paris" où les salaires étaient bien supérieurs à ceux du midi. C'est ce que j'ai fait.

Ma Provence

Quand j'ai quitté mon midi
Pour le Nord de la France,
Espérant gagner mieux ma pitance,
J'écoutais, subjugué, une voix amie.

Elle me murmurait «Tu vas voir
Un Paris magnifique, où chaque soir
Sera fête dans la splendeur lumineuse
Des avenues, et des places prestigieuses ». 

Tu nageras dans le bonheur, disait l'ami,
Tous les jours ce sera restaurant,
Tu seras à la mode et bien mis,
Fréquentant les lieux élégants!

La réalité est plus médiocre
Et je languis mon beau pays!
Mon petit bourg aux maisons ocres,
Ecrasées au brûlant soleil du midi.

Ou est-il donc ce cher village?
Ses habitants au verbe haut,
Ses vieux assis sous les ombrages
Des grands platanes, aux moments chauds.

Et ma garrigue, ou est-elle?
Qui sent si bon le romarin!
Le basilic de mon jardin?
Et les rosiers de ma ruelle?

Soudain mon enfance revient
Et le soleil de ma Provence,
Qui tendrement brûla mon enfance,
Manque lourdement à mes festins.

Je revois mon petit ruisseau,
Ephémère torrent où, en fin d'été,
J'allais braconner dans les trous d'eau
La vive anguille, sous les rochers.

Je vois, la-bas, remontant le vallon, 
Aldo le vieux pâtre, conduisant ses moutons. 
Il marche lentement, un agneau sous le bras 
Et la cloche du bélier rythme ses pas. 

C'est vrai qu'ils sont beaux les Champs-Elysées,
Le sacré coeur, Notre Dame de Paris,
La tour Eiffel, la gare d'Orsay,
Le Louvre, les parcs, la rue de Rivoli.

Mais je préfère à l'opulence,
A la belle vie, aux bons salaires,
Le doux pays de mon enfance,
La bonne odeur de notre terre.

Et quand le jour où mon trépas
Aura alors fixé mon sort,
Je veux qu'on sème dans le campas
Les pauvres cendres de mon corps.

Et revenant à cette terre,
Celle que j'aurais tant aimée
J'aurais alors retrouvé ma mère
Et ses vallons nourriciers. 

Pierre Clérico, Montrouge, 1955.
     

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 Pontevès en Provence


Un village perché sur sa colline verte,
Quatre tours écartées, aux quatre vents offertes,
Vestiges d'un château autrefois orgueilleux
Qui dressait en ces lieux ses murs majestueux.

Sous le bleu lumineux du ciel de Provence,
Entre monts du Verdon et rivière d'Argens,
Protégée du rempart de son gros Bessillon,
La plaine vit creuser ses premiers gros sillons.

Pontevès, village au cœur de la Provence,
Pontevès, seigneur d'une famille de France,
Naguère bien connue jusqu'au val de Durance,
Au noble sang doré de multiples alliances.

De Douceline à Foulques ou d'Agoult à Sabran,
De Bargème à Simiane et d'Ansouis à Seillans,
Alliés à des ducs ou des princes de France,
Portant écu d'Orange ou des Baux de Provence.

Quand la peste eut frappé et la mort fut passée,
En Italie, vivants on s'en alla chercher
Et la terre à nouveau redevint cultivée
Et de nouveau les cloches on entendit tinter.

Sous le soleil radieux de notre beau midi,
Des sécheresses aux crues des rivières dans leur lit,
Le Mistral souffle au loin des nuées gorgées d'eau
Et il tanne et burine des hommes la peau.

Des collines à la plaine, au petit Bessillon,
Fauvery enjambé de tous ses petits ponts,
Les hommes ont travaillé sur cette terre ingrate,
Alignant bancaous faits de pierres jamais plates.

En juin, pour honorer Saint Gervais-Saint Protais,
Quand chaleur et lumière annoncent un bel été,
A l'ombre des platanes, c'est fête et rien ne manque,
Pastis et aïoli, baletti et pétanque.

Rude terre qui porte milliers d'oliviers
Aux fruits charnus qui donnent cette huile dorée.
Cet arbre de lumière, de chaleur et de paix,
De nos jours, comme hier, est toujours cultivé.

Aujourd'hui de la vigne on cueille aussi les fruits
Et son jus est si bon, si pur et si exquis,
Qu'on l'apprécie très loin, même en dehors de France,
Chez ceux qui viennent ici, l'été, passer vacances.

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 Le temps


Nous sommes le passé, le présent, l'avenir,
Plus que nous le croyons, mieux que ne saurions dire.
Nous gardons en mémoire nos plus beaux souvenirs
Et formons tous les vœux pour un bel avenir.

Nos ancêtres espéraient, pour nous, de plus beaux jours,
Remplis de joie, de paix, de chaleur et d'amour.
Pour nos fils et nos filles, aujourd'hui il est temps
De leur léguer un monde qui défiera les ans.

Tous les hommes et femmes desquels nous descendons
Sont pour nous le passé et nous en héritons.
Mais nous, leurs descendants, qui vivons à présent,
Etions pour eux l'espoir, enfants, petits-enfants...

Ils vécurent en des temps de souffrance et de peur
Où les jours passaient sous le poids du labeur.
Nous leur devons ce monde dans lequel nous vivons
Et qu'ils bâtirent, jadis, parfois avec passion.

Grands seigneurs, commerçants ou humbles ouvriers,
De leurs mains, de leurs cœurs ils ont tous édifiés
Nos cités, nos villages, nos terres cultivées
Et les arts et les sciences qu'ils ont imaginés.

Parmi eux, les plus fous ou les plus orgueilleux,
Pour toujours ont marqué, en leur temps, certains lieux,
Pyramides d'Egypte ou château de Versailles,
Statues ou monuments ou fabuleux vitrail.

Ils furent le passé, nous sommes le présent,
Notre tour est venu de savoir comment
Laisser à l'avenir, à ceux qui nous suivront,
Un monde de bonheur, de paix et de raison.

Car pour ceux qui, demain, danserons cette ronde,
Nous qui sommes, à présent, les acteurs ce ce monde,
Deviendrons le passé et nous ne pouvons pas
Leur laisser la planète en trop mauvais état...

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 Avoir 15 ans...


A l'aube naissante de ce troisième millénaire,
Mon cœur de quinze ans aspire à la lumière,
La lumière de la vie qui irradie en moi,
La lumière du savoir, de l'espoir, de la foi.

J'aimerais découvrir les merveilles de la terre,
Voyager et connaître les nations et les mers.
Les montagnes, les fleuves et les grandes forêts,
Les civilisations, les peuples tous éparpillés.

Entendre sourdement les battements de mon cœur,
Un jour, en pleine action, tenaillé par la peur,
Sous la voûte du ciel de mille astres qui brillent,
Ou devant la beauté du corps de jolies filles.

Apprendre les langages des peuples lointains,
Apprendre les coutumes, les chants et les refrains
De ces hommes et ces femmes qui vivent au bout du monde
Et dont certains ignorent que la planète est ronde.

Naviguer sur les eaux ou voler dans les airs,
Prendre tous les bateaux et tous les montgolfières
Et voir à l'horizon la rondeur de la Terre
Et le soleil levant surgissant de l'éther.

Enfin, rentrez chez moi, retrouver mon pays,
Retrouver ma famille et revoir mes amis, 
Qui m'auront attendu sans oublier mon nom
Et me reconnaîtront comme un vieux compagnon.

La tête encore farcie des plus beaux souvenirs,
Je reprendrai ma vie comme avant de partir
J'apprendrai un métier et le pratiquerai
En sachant bien qu'un jour il m'en faudra changer.

Un jour viendra bien sûr, ou l'amour piquera
Mon cœur devenu grand et il m'emportera
Vers les rives enchantées de la félicité,
Qu'une belle saura bien, alors, m'apporter.

Nous unirons nos âmes et nos cœurs et nos vies
Et nous aurons aussi quelques jolis petits.
Et quand ils seront grands et se rapprocheront
De l'âge de quinze ans, alors nous saurons

Qu'il leur faudra un jour quitter notre maison,
Pour vivre, à leur tour, les plus belles passions,
Car un cœur de quinze ans aspire à la lumière
Et à l'envie de vivre et découvrir la terre.

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 Pour être un homme (Ce qu'il ne faut pas être ni faire... !)

Pour être un homme, il faut savoir siffler, fumer
Et cracher à six pas, dans les rues du quartier.
Il faut aimer aussi le foot à la télé,
Boire de la bière, conspuer les deux ailiers
Qui se traînent, ou l'un ou l'autre des équipiers
Et jeter des jurons et quelques grossièretés
A l'arbitre qui court et brandit dans sa main
Le carton jaune ou rouge qui fera que demain
La colère grondera parmi les supporters
Ivres de rancœur, de noir dépit, de bière.
Dans les rues de la ville, à la tombée du jour,
La police, présente à chaque carrefour,
Contiendra les voyous, les bourrés, les casseurs
Dans un rayon restreint où sévira la peur...

Etre un homme, c'est aussi gagner beaucoup d'argent,
S'habiller à la mode, être très élégant,
Faire le beau, le gommeux, l'éternel gagnant.
Pour les filles être aussi le meilleur des amants,
Ou, du moins, en laisser derrière soi l'illusion,
Artifice affligeant pour tromper l'opinion
De quelque secrétaire ou hôtesse d'accueil
Qui ne se soucient guère qu'un crétin les effeuille...
Au travail, laisser croire que l'on est le meilleur
Et dans la délation perdre tout son honneur.
Fayoter, magouiller pour des petits profits
Et mal se comporter quand le chef est parti,
Pour terminer enfin, comme c'est souvent le cas,
Comme représentant d'un quelconque syndicat.

Colporter des rumeurs au café du commerce,
Critiquer des nouvelles qui arrivent de Perse,
Saluer le massacre d'arabes innocents,
De soldats, de civils et de petits enfants
Qui n'ont pas eu la chance de naître par ici
Et que l'on assassine sans raison, par dépit,
Pour voler de leur sol le pétrole qui jaillit
Ou pour tous les versets que leur prophète a dits.
Parc'que leur religion n'est pas celle de ceux
Qui dominent la terre par le fer et le feu.
Qu'importe que leur dieu les ait abandonnés,
Qu'il les laisse à mains nues les armes affronter,
Ils paient le lourd tribut, les taxes, les impôts
Que doivent ceux qui ont la couleur de leur peau.

Pour être un homme, aussi, il faut savoir chasser
Les lapins, les oiseaux ou bien le gros gibier,
Armé de son fusil, savoir garder l'affût,
Attendre et patienter et voir sans être vu,
Pour tirer le canard, la grive ou la bécasse
Et rentrer cuisiner le produit de sa chasse.
En terrine, en pâté finiront les victimes
De ce sport viril qui élève l'homme aux cimes
D'une gloire éphémère, funeste et sans joie
Dont la nature, encore, portera tout le poids.
Quand il ne peut massacrer ses frères humains, 
L'homme se rabat sur un gibier moins malin
Qui vole ou bien qui court ou nage dans les eaux
Et auquel il décide de faire la peau.

Pour cacher aux autres sa vile barbarie,
Il se donne des allures, il se vante et il rit,
Prend des poses, argumente, critique et conclut
Que jamais à céder on ne le prendra plus.
Lunettes de soleil posées sur les cheveux,
La main par la portière, il en dégage un peu
Et, défiant la loi, il roule à plus de cent,
Passant devant l'école d'où sortent les enfants.
Sa voiture est en somme la continuité
De son ego, son style et sa virilité.
Les chevaux du moteur lui donnent l'illusion
D'un pouvoir, d'une force et d'une distinction,
Qu'il pilote voiture ou bateau ou moto,
Et d'être invincible et plus fort et plus beau.

Parler fort, se dresser, mentir et renier,
Promettre des merveilles, jurer, se parjurer,
Trahir ses amis, ignorer tous les autres,
Et vouloir passer pour le meilleur apôtre.
Manipuler les uns, soudoyer ceux qui restent
Et faire des risettes à celui qu'il déteste,
Ainsi agit celui qui voudrait se hisser
Au sommet vacillant de la notoriété,
Prendre place, être élu en un poste public,
Afin de profiter, comme la classe politique,
Du gâteau gras et riche que certains se partagent
Sur le dos des votants que les derniers sondages
Lui donnent favorables aux intentions de votes
Pour faire, à la mairie, de lui le nouvel hôte.

Pour être un homme, enfin, il faut toujours montrer
Des signes de richesse, des marques d'intérêt.
Avoir la plus belle femme et en faire étalage,
Alors qu'à la maison les secrets du ménage
Montreraient la violence et la perversité
De relations ratées, d'un homme refoulé.
Les enfants porteront les plus beaux vêtements,
Ils auront des amis, de l'envie, de l'argent,
En gardant dans leur cœur le plus secret tourment,
Celui même de la peine de voir leurs parents
Se déchirer, souffrir et n'avoir plus la force
De lutter contre la venue du divorce
Et sombrer peu à peu dans le dur système
De la justice, des juges et de la haine...

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 La source.

Bien loin des sapins verts,
Aux portes de l'hiver,
Sur le rocher glacé
Qui lui sert d'oreiller,
S'est endormie Flore
L'ondine aux cheveux d'or.

Par-delà le pastel
Des neiges éternelles,
Son rêve est nivéal,
Irisé de cristal,
Finement dentelé
D'étoiles argentées.

Mais voici tout à coup,
Venant d'on ne sait où,
Peut-être de demain...?
Un parfum musicien
Qui danse dans le vent:
Le retour du printemps.

Ravie, Flore écoute
Et s'éveille, goutte à goutte,
Sautant de pierre en pierre
Hors de son lit d'hiver,
Elle jaillit ce matin
La source de demain!

Bondissant, cascadant,
Avec son coeur d'enfant,
la source aux cheveux d'or
Distribue ses trésors,
Gouttelettes vermeilles!

Pour que vous, coeurs transis,
Assoiffés d'infini,
Renaissiez un beau jour
Au printemps de l'amour,
Vivantes étincelles
De la source éternelle.

Marie-Jo83, Vidauban, août 2002.          

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 Triste

Il pleut et grisaille sur la route
Comme il pleut dans mon coeur
Et l'hiver qui n'en finit pas sa déroute
Ravive ma tristesse et ma rancoeur.

L'aube s'est levée, sournoise et mesquine,
Révélant le vieux mur qui se lézarde
Autour des fenêtres un peu hagardes
De la triste maison voisine.

Je pétris nerveusement l'oreiller
De mes pauvres mains douloureuses,
Songeant que l'existence, cette gueuse,
Va m'obliger encore à me lever.

Je jette un regard par la croisée
Et le paysage que je découvre
M'écrase d'ennui et de doute.
Mais quand donc reviendra l'été?

La radio matraque sa publicité,
La rumeur de la rue m'indigeste,
Tandis que je me rase avec les gestes
De la routine mille fois répétés.

La maison est froide et l'air imprégné
D'une odeur d'eau fade et insipide.
En un instant mon esprit dilapide
Mon capital de courage pour la journée.

Lentement je m'habille, sans conviction.
Le travail, le courrier, le téléphone.
Tout ce qui m'attend, toutes ces personnes
Qui chaque jour fixent ma condition.

Je songe, le café brûlant sur les lèvres,
A la maisonnette qui m'attend dans la prairie,
Au creux du ruisseau où j'ai réuni,
Mes espoirs, mes fantasmes et mes rêves.

Je revois, l'été passé, le vent brûlant.
Un court instant j'entends les cigales.
Dans mon esprit furtif passe un dédale
De souvenirs de vacances émouvants.

Je rêve, cent fois le jour, cent fois la nuit,
A cette douce retraite tant espérée,
Où de ce carcan démentiel délivré,
Je vais pouvoir enfin épouser la vie

Le travail libère? Fi quelle infamie!
La liberté c'est ne vivre nulle contrainte,
C'est n'avoir aucune rancoeur, aucune plainte,
C'est vivre ses jours, vivre ses nuits.

Une maisonnette, des amis chers, une famille,
Une vigne, un jardin, de l'affection.
Ni gloire, ni richesse, ni passion.
Du soleil, une table, un rosé pour les papilles.

Pierre Clérico, Gonfaron, 1980.

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 Sauver ou... périr 

Le soleil ascende un beau ciel d'été !
Mais on entend le vent, ce mistral, mugir.
Alors, tu restes vigilant, sapeur pompier.
Tu sais que bientôt tu devras repartir.

Pourquoi faut-il que des êtres imprudents,
Immatures ou mal intentionnés
Fassent, c'est fou, ce geste dément
Qui va ravager, implacable, nos forêts?

Ton " beep " a soudain résonné!
Fais vite, l'enfer n'attend pas.
Quelques instants pour t'équiper,
Le feu progresse à grands pas .

Tu as maintenant atteint le bois
Et la chaleur est suffocante,
Tu te bats et, dans ta foi,
Tu supplies le dieu des plantes.

De plus belle hurle le vent
Et tout le vallon s'est embrasé.
Pour reprendre la lutte âprement,
Tu vas devoir, meurtri, te replier.

Cette maison, tu dois la protéger
Malgré l'ire de celui qui l'habite,
Et qui, acerbe, va te reprocher
De n'être pas venu plus vite.

Et ce toutou, grelottant, que tu libères,
Même au risque d'en périr,
Acte d'héroïsme, geste éphémère,
Que tu accomplis sans réfléchir.

Quand l'ouragan a fini son passage,
Tu découvres, calcinés, trop souvent,
Les cadavres d'animaux sauvages
Qui faisaient la joie de nos enfants.
.
Pour protéger, puéril combat, quelques arpents,
Furieux, tu luttes et tu tiens tête.
Rageusement, tu inondes le ciel brûlant
Qui te suffoque et qui t'inquiète.

Depuis des heures, farouche, tu combats ...
Sournoisement, tes forces t'abandonnent.
Réagis vite, sapeur, ne faiblis pas!
C'est toute ton âme que tu donnes.

Un instant de doute, furtivement, t'envahit.
Tes yeux larmoient, tu as mal au dos,
Tu penses aux tiens, au bain chaud, à un bon lit...
Allons secoue toi ! On t'attend sur la crête, la-haut!

L'incendie est enfin maîtrisé.
Après des nuits de souffrance,
Tu vas pouvoir, la tête vide, te reposer.
Dormir, dormir encore, quelle chance!

Effondré sur une roche calcinée,
Tu gis là, crasseux, pantois,
Incapable de réagir, de bouger...
Allons! tu vas pouvoir rentrer chez toi.

Maintenant, tout est fini. Tu t'en vas
Avec l'humilité qui t'a toujours habité,
Vers les tiens, dans ta demeure là-bas,
Chercher ta récompense... Quelques baisers.

Hâte toi de recouvrer tes forces,
Car bientôt tu devras repartir.
Ici, dans les Cévennes, ou bien en Corse,
Honorer ta devise : < SAUVER ou PERIR >.

Sois fier, sapeur! ton travail n'est pas vain.
Tu protèges la forêt et ceux que tu aimes.
Pour nous, pour nos enfants demain,
Tu peux aller jusqu'au sacrifice suprême.

Pierre Clérico, Gonfaron, mars 1993.

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 Voyage

On traverse des ponts, des rivières et des champs
Et l’on voit défiler des spectacles charmants.
L’été, comme l’hiver, nous proposent les charmes,
Même si l’on s’en va avec un cœur en larmes,
D’une nature ardente, pleine de féerie
Ou bien de terres et d’arbres d’où les fleurs sont parties.
Et ce sont bien souvent les mêmes paysages,
Aller ou bien retour, lorsqu’on est en voyage,
Qui s’offrent à nos yeux, quelles que soient nos pensées
Vagabondant au loin, tout le long du trajet.

A la belle saison, on doit fermer les yeux
Contre l’aveuglement d’un soleil trop radieux.
Mais défilent les heures et le soleil s’en va.
On approche du but, on reconnaît par-là
Ce château, son étang, ce village isolé
Tout au creux d’un vallon, auprès d’une forêt.
On reconnaît sans mal, en haut d’une colline,
La ferme et puis la grange, au bord d’une ravine.
On se rappelle aussi de ce petit clocher,
Là-bas, un peu plus loin, derrière les peupliers
Que l’on trouvait si beaux, caressés par le vent,
Ce jour-là d’un voyage où il y en avait tant.
Mais lorsque vient l’automne, puis la neige et le froid,
On ne reconnaît plus certains endroits, parfois.
Et pourtant tout est là, simplement transformé,
La terre devenue blanche et les étangs gelés.

Lorsque le train arrive à la fin de sa course,
Qu’il ralentit en gare où les wagons se poussent,
Et freine dans un bruit de fer ou mieux d’enfer,
Enfin s’immobilise, je reprends mes affaires.
Je saute sur le quai tout givré et tout blanc,
Hélas, ne vois personne qui guette ou bien m’attend.
Je quitte alors ce monde si vaste et si troublant
Des voyages et des trains, et c’est là que je prends
Le taxi qui achève une odyssée sans gloire
Et m’emmène sans bruit, du moins le veut l’histoire,
Vers la petite place derrière la cathédrale,
Auprès du petit square, dans cet endroit si calme
Où des amis m’attendent sans savoir que je viens
Et qui m’accueilleront sans me demander rien,
Parce que depuis toujours ils me connaissent bien
Et savent combien j’aime cette ville : Moulins.

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 L'Amitié

L'Amitié est un art qu'il faut cultiver au soleil
De l'azur pour éveiller nos sens à l'Eternel,
Afin de boire toutes les merveilles
Qu'Il nous a données en venant nous apprendre le rêve.

Tu m'apportes beaucoup avec ta jeunesse
et je t'aime beaucoup pour toute cette fête,
Même avec mes sentiments délicats de peine,
Tu es mon ami et je ne veux pas te perdre.

Par la pureté de la source de ta bonté
Tu me donnes l'élégance de la sérénité
Et je t'en remercie pour ton honnêteté.
Je souris en pensant à notre belle amitié.

Edith Hélias, Bretagne, octobre 2002.

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 Vers toi (A la Bretagne)

Terre de mystère, terre de lumière,
Poignant fragment d'un pays solitaire,
Terre salvatrice, terre bienheureuse
Où l'inconnu, malgré lui, s'abandonne.

Mer coléreuse, volontaire, émouvante,
Fraîcheurs et senteurs océanes enivrantes,
Immense miroir où le ciel se reflète,
Où l'inconnu, malgré lui, s'émerveille.

Rochers ahuris, menaçants, inquiétants,
Témoins silencieux du voilier qui s'écrase,
Baie craquelée, antre gloutonne et profonde
Où le marin, malgré lui, se perdra.

Esprit de lumière, regard vers l'infini
Cherchant sans cesse la présence divine
Vivifiante émotion spirituelle
Où l'âme a trouvé la foi éternelle.

Nicole, Pontevès, octobre 1991.

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 D'aurores en crépuscules

D'aurores en crépuscules, je vis en mouvement,
Des aurores cruelles qui ont changé, pourtant.
Des crépuscules tendres au couleurs orangées,
Demandant chaque jour pourquoi j'ai tant pleuré.

Nos coeurs meurtris par ceux qui nous ont oubliés,
Nos yeux perdus au loin qui semblent les chercher,
Nos mots mélancoliques qui repoussent l'espoir,
Mais l'étoile surgit et brille dans le noir.

L'on désire vraiment le repos, ardemment.
Si l'on n'a pas gagné, il nous reste les ans,
Les ans pour acquérir le silence apaisant,
Les ans pour apprécier cette vie qui surprend.

Le calme autour de moi est baume confortant.
La bruyance me nuit, un peu comme l'enfant
Qui a perdu sa mère au pied d'un carrousel,
Un peu comme l'oiseau que l'on prive du ciel.

Ma plume s'est réjouie de vos belles pensées,
Elles présentent en elles deux, trois brins d'amitié,
Et mon inspiration va, tel un remerciement.
Ce soir, mon crépuscule tiendra l'infiniment...

Nicole, Pontevès,19 janvier 2001.

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 Le refrain (A ma mère)

Si je pouvais, comme l'hiver, préparer le printemps...
Après un long sommeil, un réveil éclatant,
Les arbres vont fleurir, se parer de couleurs,
Et les prés reverdir, pousser avec ardeur.

Et nos petits ruisseaux égayeront les sous-bois,
Il y chantonnera des refrains d'autrefois.
La tendre violette sera tapie, cachée,
Je la regarderai pousser avec humilité.

Si j'étais une fleur, je serais la violette
Et si vous la cueillez, elle fera la tête.
Ne la dérangez pas et laissez la tranquille,
Je la comparerai à cette jeune fille.

Cette fille d'antan qui courait dans les champs,
Des champs gorgés de pluie pour inviter au temps.
La nature est fidèle, elle ne triche pas,
Elle s'impose à nous et l'honore pour ça.

Mes souvenirs heureux remontent du passé,
Des moments reposants, mais qui ont peu duré.
Je revois bien ma mère descendre l'escalier,
En grande discussion avec notre laitier.

Lorsqu'elle revenait, ses yeux bleus pétillaient.
Si j'avais pu lui dire combien je l'admirais!
J'ai ramassé pour elle des milliers de bouquets,
Mais elle était "partie", elle m'avait quittée.

J'ai compris, aujourd'hui, qu'elle m'aimait vraiment,
Je ressemble à ma mère, cette fille d'antan...
Je la revois valser, Elle-même chantait,
Me grondait gentiment, je lui écrasais les pieds!

Mes souvenirs heureux sont pour ma tendre mère.
Ses yeux se sont fermés, elle a perdu la guerre.
J'honore la violette, ce n'est pas le hasard,
L'amour je le cueillais en ces tendres fleurettes...

Ce refrain je l'entends et ne peux l'oublier
Et bien d'autres encore; je nous revois danser.
Ma mère était coquette comme la violette,
Le satin, ses chapeaux garnis de leurs voilettes.

Nicole , Pontevès, 17 février 2001.

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 Occident via l'orient

Nous rêvons tous d'ailleurs, comment faire autrement?
En étant enfermés dans nos vies de "carcan",
L'on oublie l'essentiel: se poser calmement
Et se mettre en veilleuse, le vouloir ardemment.

On ressent la douleur au plus profond de nous.
Si on creuse un peu trop, on devient un peu "fou".
J'aime cette "folie", jardin inexploré,
Artiste méconnu, richesse exacerbée...

Nos papillons sont bleus, les couleurs orangées;
Une vie de vivants, vivant et souriant.
Voir le soleil levant, puis l'admirer glisser
Pour teindre l'océan, le soir à son coucher.

Les filles de là-bas, les filles aux yeux bridés,
Le corps en harmonie, peut-on se ressembler?
Ne pas faire l'erreur, rester tel que l'on est.
Toutes nos différences. Faut-il un peu s'aimer...?

Je brûle de l'encens, m'endors à l'occident.
De rives en rivages, je m'éveille à l'orient!
Je n'y suis pas allée, j'en ai souvent rêvé...
Sur les plages, là-bas, j'y ai virevolté!

Au loin dans ce pays, j'ai ramassé du riz,
Je suis la pauvreté, je la côtoie ici...
La pauvreté de l'âme nous tue à petit feu,
Mais si l'on a compris, on a gagné au jeu.

Nicole, Pontevès, 18 mai 2002.

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 Les larmes de cristal (A Gourdon)

La pluie cristalline d'inimitables rondes,
Les rivières explosent et le tonnerre gronde.
Des éclairs zèbrent le ciel de fins colliers d'argent,
Les cloches nous appellent un peu plus sourdement.

Des gouttières s'écoulent de petits ruisselets
Et les toitures luisent, semblent moins délavées.
Ces larmes offrent au village une sur-dimension,
Irréelle, magique, ô mystérieux Gourdon.

Sous la pluie les tourments, soudain, sont plus légers.
Elle est parfum de terre, produit de sa beauté.
Elle pianote en "d'eau" et nous tient compagnie.
On rallume le feu, notre meilleur ami.

Pour savoir la conter, il faut s'en imprégner,
Jouer à cache-cache et se laissser mouiller.
Comment ne pas aimer cet unique élément
Où l'enfant évolue au sein de sa maman.

Pontevès sous la pluie est égal à Gourdon,
Gémenos ou tourtour, la vallée de St Pons.
Et la Bretagne, au loin, velours de goémon,
Les chants en mi-bémol, l'âme de nos régions.

Nicole, Pontevès, 29 mai 2002.

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 L'envol

Le départ émouvant, ennivrant comme un vin...
Le coeur qui vibre un peu et ma main qui se tient,
Et puis, plus bas la terre, telle un cabochon,
Tous ces champs ciselés, découpés en rations.

Des morceaux de gâteau, couleur terre de ciel,
Emeraude, saphir avec des tons vermeils.
Je n'imaginais pas, mes yeux sont embués...
L'étendue de la mer, mon tableau préféré!

Et l'on monte plus haut, retrouver la blancheur
Des rouleaux de coton, nuages sans couleur.
Là, glisse simplement loin de tous les excès,
Mon âme est en sommeil, exultant le mot paix.

Je n'imaginais pas, mes yeux sont embués...
Une telle émotion qui me faisait rêver.
Partir et s'envoler et vivre intensément.
Je n'avais plus de lien, comme au commencement.

Un tel apaisement qui me venait du ciel,
Je savais que j'étais au coeur de l'essentiel.
Je n'imaginais pas, mes yeux sont embués...
Des îles éparpillées, sans oublier Egée...!

Nicole, Pontevès, 20 octobre 2002.

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 L'oliveraie

Au lointain, les bruits m'étaient familiers.
Le piochon à la main, de la terre dans les souliers,
Le dos courbé, les yeux rivés sur les oliviers...
Parer au plus pressé, dessiner un petit vivier.

Bels oliviers, enveloppés de "soie bleue",
Délicatement plantés par l'homme amoureux.
Mon âme imaginait déjà l'oliveraie,
L'arbre lumineux, patrimoine de l'humanité.

Je n'étais plus de chair, mais élément.
L'élément essentiel pour que ces arbres, fièrement,
Nous offrent leurs fleurs, nous honorent de leurs fruits
Afin que s'écoule d'eux l'huile "Touti frutti".

Cette huile particulière qui embaume nos mets,
Enchante nos cuisines, se lie dans les mortiers.
Elle nous conte l'histoire de la Grèce antique
Et la saveur de cette déesse mystique.

Carbonnelle, patronne au pied du Bessillon,
Quartier béni des dieux, oliviers en chansons.
C'est un côté nature... L'amour de liberté,
Mon arbre préféré... Ses rameaux de la paix.

Nicole, Pontevès, Octobre 2002.

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 Bleu lavande

Comme les vagues qui ondulent,
Elles se laissent bercer
Par ce petit vent léger
Qui, à peine les bousculent.

En tâches " mauve bleuté ",
Entre vignes et oliviers,
Les lavandes se marient
Sous le soleil du Midi.

Elles chantent la Provence
Exhalant toutes leurs fragrances,
Offrant leur nectar aux abeilles
Qui nous régaleront du miel

Si doux à notre palais,
Nous rappellera Juillet
Lorsque l'hiver sera là
Avec ses premiers frimas.

Evelyne Chamel, 4 Juin 2007.

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 Ah, que la Terre serait douce !

Une autre terre où le vent
Soufflerait moins violemment
Et les gouttes de pluie
Deviendraient " Eau de Vie ".

Les fleurs danseraient sur les nuages,
Chanteraient pour adoucir l'orage.
Des milliers de petits soleils
Resplendiraient sur notre treille.

Sur les lacs, flotteraient des étoiles
Et les bateaux hisseraient leurs voiles
Aussi légères que les ailes
Des papillons rejoignant le ciel.

L'air, si pur, laisserait exhaler
Des arômes au goût fruité,
Les champs se couvriraient de mousse.
Ah que la terre serait douce !

Evelyne Chamel, 24 Mars 2008.

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