Société

LGV Paca: agriculteurs et opposants mobilisés à Toulon et à Brignoles

(©AFP / 13 décembre 2008 18h33)

LGV Paca: agriculteurs et opposants mobilisés à Toulon et Brignoles

BRIGNOLES (Var) - De 2.000 à 2.500 personnes, selon la police et les organisateurs, parmi lesquels agriculteurs, élus et habitants, ont manifesté samedi à Toulon (Var) et Brignoles contre le projet d'une ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Nice, a constaté un correspondant de l'AFP.
"Nous sommes opposés à ce projet parce qu'aucune étude, hormis les études partisanes de RFF (Réseau ferré de France: NDLR), n'a démontré de manière irréfutable et scientifique sa nécessité", a déclaré à Brignoles le président du collectif "Non à la LGV PACA", également maire de Pontevès, Jean-Marc Etienne.
Entouré d'une cinquantaine d'élus, M. Etienne, qui reconnaît ne pas "être par principe contre le TGV dont la liaison Paris-Nice doit être améliorée" a appelé à "soutenir les solutions alternatives qui passent par l'amélioration des voies existantes, par la création de trains express régionaux (TER), et par le traitement du problème du fret".
"Nous considérons comme un devoir impérieux de conserver l'intégralité de nos surfaces agricoles, qui demain vont être nécessaires pour développer des cultures vivrières de proximité et nourrir les métropoles de Marseille, Aix-en-Provence, Toulon et même Nice", a-t-il dit.
Sur des airs scandés de "Non, Non, Non, la LGV ne passera pas" ou "TGV au panier", le cortège des manifestants, précédé par une dizaines de tracteurs et des véhicules des comités communaux feux forêts, a ralenti puis paralysé pendant deux heures la circulation sur l'ex-RN 7, en marchant dans le centre ville de Brignoles.
"Touche pas à ma terre", "Détruire 7.000 hectares pour gagner 20 minutes", pouvait-on lire notamment sur les banderoles.
Dans la matinée, une centaine de personnes agriculteurs, élus et habitants avait manifesté pour les mêmes raisons à Toulon où une délégation a été reçue par le préfet du Var, Jacques Laisné et la vice-présidente UMP du conseil général, la députée Josette Pons.
Depuis plusieurs mois, habitants de la région et élus sont divisés sur cette construction d'une LGV entre Paris et Nice -qui coûterait entre 8 et 12 milliards d'euros dont 30 à 35% financés par les collectivités locales- et dont le tracé définitif n'a pas encore été révélé.
Trois tracés ont été mis à l'étude par RFF. L'un par le sud, dit "des métropoles", qui relierait Nice par Marseille et Toulon.
Un second par le centre Var et qui rejoindrait Nice depuis la gare d'Arbois (Aix-en-Provence) en longeant l'autoroute A8.
Un troisième enfin, passerait au nord d'Aix-en-Provence et est appelé tracé de La Durance.