Textes poétiques libres2
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| Un
homme nouveau Jean-Baptiste Poclaine, février 2008. En me réveillant… Jean-Baptiste Poclaine, février 2008. 13 poèmes de Jean-Baptiste Poclaine, février 2008. |
Ce n'était pas un jour comme les autres. Il le savait. Il le sentait. Quelque chose, ce matin-là, était différent des autres. Il ne savait dire quoi mais il en était persuadé. Il n'en connaissait la nature exacte, mais il allait se passer un évènement qui allait bouleverser sa vie, ce matin de printemps qui sentait bon le parfum des fleurs et des pelouses encore mouillées de la rosée du matin.
Il s'était levé et avait ouvert la fenêtre laissant définitivement entrer les odeurs de fleurs, d'herbes et de verdures qu'il lui avait semblé avoir humé, alors qu'il se trouvait encore dans un état de léger sommeil, encore endormi mais quasiment réveillé.Quelque chose à l'intérieur de lui le poussait inévitablement à penser et à croire que rien ne serait plus jamais comme avant. Un sentiment qu'il n'arrivait pas à définir avec plus d'exactitude avait pris possession de son être et semblait rassembler toutes ses forces afin de le persuader de manière certaine que, à compter de ce jour, son existence allait littéralement changer perdant tout d'un coup, comme par magie, son côté morne, plat et banal, trois attributs qui, jusque là, semblaient d'ailleurs très bien la caractériser. Jamais, jusqu'à ce jour, il n'avait ressenti un tel sentiment, plus que de l'optimisme il s'agissait d'un véritable sentiment de puissance qui le portait à croire que son existence d'hier, sans intérêt aucun, était révolue et que s'ouvrait à lui et devant lui, une nouvelle vie pleine de grâces et d'instants magiques. Alors qu'il avait toujours été d'un tempérament plutôt mollasson, pessimiste et absolument pas entreprenant, préférant les dimanche au lundi et les jours fériés aux autres, en l'espace d'une nuit c'était un autre homme qui habitait en lui.
Oui, c'est cela. Un homme nouveau.
Il se sentait désormais capable de relever tous les défis, rien ne lui faisait plus peur, il était à présent investi d'une volonté et d'une détermination à toute épreuve. Il lui semblait que plus rien ne pourrait désormais l'arrêter et que tout ce qui l'avait freiné, effrayé et empêché d'avancer ainsi que d'entreprendre, jusqu'à maintenant, n'aurait plus d'effets sur lui.
Il n'avait jusqu'ici consacré son temps et ses maigres efforts qu'à une seule et unique chose : son travail. Rien ne l'avait plus intéressé dans la vie. Mais cela allait changer et pour de bon. Il était décidé à rompre avec son passé et transformer sa vie tristement banale et commune en une existence pleine de rebondissements, de surprises, d'imprévus, et avoir enfin une vie intéressante et passionnante. Il voulait radicalement changer son devenir, son destin, et tourner enfin, dans le livre de sa vie, cette seule et unique page qui avait fini, de par le temps, à jaunir et moisir ; il prenait alors conscience que sa vie devait et allait prendre un tournant et une tournure toute nouvelle. Il ne savait pas encore comment, ni de quelle façon, toujours est-il que, à compter de ce jour, il n'était plus le même homme de sorte que toutes les choses, les espoirs, les désirs, les envies, les rêves voire les folies qui lui avaient jadis frôlé l'esprit, et qui appartenaient jusqu'alors aux domaines conjugués de l'improbable et de l'utopie, au sens pur, devenaient aujourd'hui plus que jamais envisageables et réalisables, si tant fut qu'il eusse la volonté, la passion, la patience et le courage de les concrétiser ; et ce, désormais, sans se préoccuper de ce que penseraient les âmes malveillantes qui planaient sur lui et le jugaient en l'observant par le trou de la serrure, ne voyant, bien évidemment de ce fait, qu'une partie de lui-même, de sa personnalité et de son être tout entier. Il se foutait à présent du qu'en dira-t-on d'une façon totalement libérée et soulagée. Il prenait, pour la première fois de sa vie, l'initiative de vivre, de respirer, de penser, de marcher, de bouger et tout le reste, par lui-même ; il était devenu un pantin qui avait coupé ses ficelles et qui avait décidé de se mouvoir seul et de la façon dont il voudrait, où il voudrait et quand il voudrait, sans se préoccuper si cela est bien ou mal pour les autres, mais uniquement parce qu'il en aurait envie, uniquement parce que sa pensée le lui dicterait, et seulement parce que son agitation se trouverait être en parfaite adéquation avec lui-même et sa propre volonté. Le pantin allait maintenant dire merde au marionnettiste et lui montrer qu'il n'a pas besoin de lui pour vivre.En me réveillant ce matin, comme à mon habitude, les membres courbaturés et les reins un peu déboîtés, la gorge sèche et la bouche empâtée, les yeux plissés et légèrement collés, les cheveux en batailles et les narines un peu bouchées, je pris conscience tout à coup que je n'étais plus dans mon lit mais perdu dans une sorte de maquis. Que faisais-je dans cet endroit, je ne le savais absolument pas, je ne le connaissais même pas et il fut impossible pour moi de dire, même, de quel pays ni de quelle planète il s'agissait, tant l'étendue de nature et de verdure qui s'étendait devant moi était pure et tant le ciel était clair, la prairie d'un éblouissant vert, tellement vert que j'en venais à me demander si j'étais toujours sur la planète terre. Rien à l'horizon et ce à des milliers de kilomètres, une température idéale, bien que je ne sois pas un thermomètre, et une rivière non loin de là aussi claire que du cristal.
Tout était si paradisiaque et idyllique qu'à un certain moment je crus être mort et avoir atterri ici, dans ce coin de paradis, encore plus joli, même, que la vision que je me faisais jadis du paradis. Je me mis à marcher dans cette prairie surréaliste par sa beauté, sa couleur, son naturel, son calme et sa volupté ; je marchai comme ça pendant des heures mais je n'étais pas fatigué, je me sentais planer, survoler par instant le sol pour retomber ensuite un peu plus loin.
A part cette nature luxuriante et somptueuse à perte de vue, aucune trace de vie apparente, ni même animale, exclusivement végétale et minérale, semblait-il.
Plus les jours passaient et plus je m'interrogeais sur la nature réelle de cet endroit, s'agissait-il vraiment du paradis, plus les mois et les années passaient et plus je me disais que ce lieu si paradisiaque en apparence, mais en apparence seulement, était peut-être finalement l'enfer ; et qu'ainsi l'enfer tel qu'on l'imagine dans l'imaginaire collectif, peut en réalité être tout autre et, parfois même, ressembler à l'idée que l'on se fait du paradis, mais dans le cas présent, et si tant il était vrai que l'enfer fût souvent les autres, un monde paradisiaque sans être humain pouvait s'avérer devenir rapidement un enfer.
Le Choix
Je n'ai plus la force de me battre, moi. Plus l'envie ni le courage
Comment fais-tu toi, pour résister et lutter avec tant de rage ?
Comment arrives-tu à supporter tout ce que tu supportes, sans avoir l'envie de fuir ?
Tous les individus que tu fréquentes, ne pense qu'à une chose : te nuire
Et toi tu résistes et te relèves, et continue, sans rien direTu pourrais leur dire à quel point tu les méprises, les haît
Au contraire, tu n'y fais pas attention et tu te tais
On dirait que la pression qu'ils mettent sur toi ne t'atteint pas
J'aimerais connaître ton secret, ami, car moi je ne le supporterais pas
Tu dois bien posséder un secret ou quelque chose que je n'ai pas…Et l'ami, le regardant lui dit :
" En vérité…Je n'ai pas le choix. "
Le cœur à l'ouvrage
C'est bien messieurs dames, aujourd'hui vous avez bien travaillés
Vous avez fait tout ce qu'on vous avez demandé, sans rechignez
Vous n'avez en aucune façon dit ce que vous pensiez
Vous n'avez pas voulu polémiquer et vous rebellez...
C'est bien, le monde et la société a besoin de gens comme vous
Remarquez, elle vous rend la société ? Pas vrai ?
Vous travaillez dans d'excellentes conditions, vous êtes bien récompensés et vous n'êtes bien rémunérés pas vrai ?
Vous êtes respectés par vos supérieurs et bien considérés par vos employeurs, n'est-ce pas ?
Vous pouvez vous achetez ce que vous désirez, et vous êtes pleinement épanouis dans ce que vous faites…
C'est bien cela ? Vous ne compter que les heures, et en retour on vous offre les Honneurs
Demain, on vous demandera de travailler plus ! Vous le savez
Mais comme à votre habitude, vous ferez ce qu'on vous a demandé, sans réchignez
Vous n'avez aucunement l'intention de vous rebeller
Pourquoi le feriez-vous ? Vous êtes bien rémunérés, pleinement satisfaits et vous avez les Honneurs pour vous.C'est bien cela, n'est-ce pas ?
Oui, cela doit être ça…sinon vous vous plaindrez, n'est-ce pas ?
SeulJe ne me sens bien et apaisé que loin du monde, de sa foule et de ces gens
Ces gens toujours pressés, stressés et oppressés, prêts à vous piétiner pour de l'argent
Toujours très méprisants et jamais avenants…sauf si bien sûr on en vient à parler d'argent
Alors là, leurs yeux brillent et ils sautillent, leurs oreilles se dressent et mouillent leurs papilles
Ils ne songent qu'à bâtir, construire et acquérir des broutilles
Vous ne les intéressez que si vous êtes comme eux, un homme vil
Rêvez un peu, soyez idéaliste, ou même pire : poète ! Et vous verrez la foudre sortir de leurs yeux
L'irréparable est désormais commis : vous n'êtes pas matérialiste…vous n'êtes plus qu'un pouilleux
Misérable, qu'ils vous disent, bon à rien ! Tu n'as pas un sou à toi, n'es-tu donc pas honteux ?
Osez leur répondre : oui ! Et jetez-vous à leurs pieds !
Dans leur bassesse infinie, ils auront peut-être pitié…N'ayant pas saisi que des hommes comme vous leur servez de trépied.
Elle est pas belle la Vie ?Elle est pas belle la Vie ? Là où chaque instant n'est que troubles, souffrances et ennuis ?
Elle est pas belle la Vie ? Quand en un clin d'œil tout ce qu'on avait s'évanouit ?
Elle est pas belle la Vie ? Quand la mère perd son enfant et s'effondre dans un cri
Elle est pas belle la Vie ? Qui n'offre que de la pluie, des larmes et des chagrins
Qui donne plus l'occasion de pleurer que de rire et qui vous rappelle que vous n'êtes qu'un homme
Lorsque vous croyez être arrivé et heureux ?
Elle est pas belle la Vie ? Là où les pourris, les escrocs et voleurs sont les rois ? Et où les honnêtes gens ne seront toujours que des petits et des besogneux ?
Elle est pas belle la Vie ? Quand on nous dit que le travail paie et qu'il faudra bientôt payer pour travailler ?
Elle est pas belle la Vie ? Quand des innocents sont assassinés et les meurtriers respectés et excusés
Enfin, elle est pas belle la Vie ? Quand plus on essaie d'être gentil et plus on nous traite comme des moins que rien
Elle est pas belle la Vie ? Non, elle est pas belle la Vie…
Ah si ! Elle est belle…
Elle est belle quand elle s'arrête…la Vie.
Oh, homme !Oh, homme fortuné, pourquoi nous donnes-tu ton argent ? Nous te l'avons demandé ?
Tu n'as donc rien à faire de ton temps ? Pourquoi t'arrêtes tu devant moi ? Est-ce que je t'ai fais signe ? As-tu pitié de moi, ou honte pour toi…Je ne sais pas. Tu n'as pas besoin de moi, je n'ai pas besoin de toi …Alors passe ton chemin. Qu'est-ce que tu crois ? Qu'es-tu venu chercher ici ? Hein, réponds moi ?
Tu veux que je me mette à genoux, que je y'implore…Que je te demande la charité, que je fasse l'aumône et tu te sentiras heureux et fier de ma la donner ? Cela flattera ton ego, c'est ça ?Mais je n'ai pas besoin de ton argent, et je n'en veux pas. Qu'est-ce que tu crois ? Que tu vas pouvoir m'acheter comme ça, avec une poignée de monnaie ? N'as-tu donc aucune dignité, aucun honneur ? Ou peut-être n'est-ce pas moi que tu désires acheter…peut-être est-ce ton pardon, ton salut devant l'éternel ? Oui, cela doit être ça…Tu as honte et tu viens te racheter une conduite
Va donc donner ton argent à l'église…nous n'en avons nullement besoin !
Le seigneur sera ravi que tu veuilles l'acheter…il appréciera certainement que tu l'assimiles à une prostituée…
Si tu veux tant nous donner de l'argent…va donc nous acheter du pain et du vin… !Le Seigneur te le rendra bien…
A toi…A toi qui me juge comme un moins que rien et un minable… Je te crache au visage
Tu crois être un homme parce que tu gagnes un peu de monnaie… en fait tu n'es qu'un esclave qui n'a pas le courage de briser ses chaînes
Tu es prêt à tout accepter pour satisfaire tes besoins les plus abjectes, fantaisistes et inutiles
Tu es comme une prostituée qui accepte tout et n'importe quoi pour pouvoir manger son pain
Mais j'ai plus de respect pour une prostituée parce que, au moins avec la prostitué on peut parler… Toi, tu ne sais que compter… Tout pour toi a une valeur et tout peut s'acheter ! A combien évalues-tu ta bêtise ?
En réalité, tu as peur, peur d'affronter la vie réellement comme tu le voudrais
Tu n'as pas le courage d'assumer qui tu es vraiment, alors tu te caches derrière divers apparats
En pensant toujours à ce qu'on va dire de toi
Tu te mélanges avec pleins d'individus comme toi, qui te ressemblent et sont tout aussi vide de sens que toiVous êtes une bande de lâches, de pétochards qui êtes morts de trouille d'affronter la vie, la vraie, la dure, cruelle et violente, sans pitié et punitive.
Vous avez préféré enchaîner votre sort à des bourreaux qui vous utilisent et vous abusent, en vous tenant avec des appâts qui ne flattent que votre ego de lâches et de trouillards et qui vous jetteront comme un sac d'ordures, lorsqu'ils n'auront plus besoin de vous.
Vous n'êtes rien que des esclaves qui avez choisi de l'être. Plutôt que de lutter, vous avez cédé. Vous n'avez aucun honneur ni aucune dignité, car si vous en aviez vous refuseriez d'être enchaînés ; car vos avis, vos dires et vos paroles sont toujours biaisés, vos compliments et petites intentions toujours intéressés.
Vous n'êtes jamais sincères, jamais vous-mêmes. Vous avez trop peur de votre bourreau.
Moi je suis lâche, mais je n'ai pas de chaîne autour de mon cou, ni de bourreau au-dessus de ma tête, mon jugement et mes paroles ne sont pas biaisés.Réflexion faite, je ne veux pas non plus vous parler… J'ai autre chose à penser.
La sentence invoquéeAs-tu une idée du mal que tu as fais ?
As-tu une idée des conséquences de tes actes, et de leurs effets ?
Peux-tu imaginer la souffrance et la douleur de ceux que tu as blessés ?
Et tout ça pourquoi… car tu te sentais délaissé…
C'est la raison pour laquelle ce soir, tu as tué
Après avoir noyé ton chagrin dans la boisson
Tu perds le contrôle, et tu tues un jeune garçon
Tu roulais trop vite, et freinas trop tard
En l'espace d'une demi-seconde, tu viens de plonger une famille dans le noir
Ta vie est foutue, tu le sais ça ? Tu as au-dessus de ton épaule le fantôme d'une jeune garçon
Que tu as brisé, anéanti… à cause d'un excès de boisson… d'un excès de poison
Oui, de poison.Demain, la prison.
4 murs froids et étroits pour toi… 4 planches de bois pour celui-là
A la différence que lui ne sortiras pas.
Oyé-oyé
Oyé…Oyé bonne gens ! Soyez sans crainte …Le troupeau de mouton que vous êtes…Sera bien gardé ! N'ayez plus peur…Votre bon Roi est là désormais. Vous l'avez choisi, il vous en remercie. Vous avez placé tant d'espoirs en lui…Il ne vous trahira pas, comptez sur lui.
Festoyez et festoyez encore votre Roi ! En lui vous avez la foi. Il ne vous décevra pas.
Vous avez tant de fois souffert, tant de fois trimés pour souvent un bien maigre statut
Votre existence n'aura que trop été toujours la même, alternant les chagrins et les bonheurs
Vous avez luttez en attendant votre heure…Que de souffrances vous avez endurées ! Combien de temps cela va-t-il durer ?
Cela est fini avec votre nouveau Roi ! Comptez sur moi, je le crois !
Qu'a-t-il de différents ? Me demandez-vous, manant ?
Mais voyons, tout ! Tout chez lui est différent de ceux qui l'ont précédé
D'abord, les autres sont décédés…pas lui !
Il vous changera la vie…Il, il vous l'a dit !
Vos vies seront assurément meilleures, vos maisons remplies de bonheur, pardi !
Vous faites de drôles de mine…après lui avoir donné votre confiance
Vous n'allez tout de même pas exprimer de la méfiance !
Mais quelle sorte de peuple êtes-vous ? Et que croyez-vous ? Que tous les problèmes vont se résoudre d'un coup ?
Est-ce que votre blé pousse instantanément, à votre guise ?
Suffit-il de lui demander, pour que le couteau s'aiguise ?
Soyez un peu patient…Votre Roi entend vos inquiétudes !
Il prend note de tout, mais a besoin de vous !
Il va falloir que chacun travaille pour que nous nous en sortionsContinuez de payer l'impôt ! S'il vous plaît
N'ayez plus peur…votre bon roi est là, désormais.
Je suis las…
Je suis las, las de tout ça
Las de ce tissu infâme d'égoïstes et d'hypocrites
Las de toute cette agitation morbide qui ne traduit qu'une peur inavouée de la mort
Las de vivre au milieu de zombies, parmi des êtres et des individus dépourvus de sens et de consistance,
Et omnubilés uniquement par la quête de quelque chose qu'ils pensent pouvoir acheter comme un vulgaire morceau de viande, qu'ils nomment 'bonheur'
Ont-ils conscience que dans leurs bouches ce mot n'a aucun sens, aucune beauté, aucune symbolique ?
Ont-ils conscience que dans leurs bouches ce mot a autant de relief et d'attraits physiques qu'une bouche d'égout par temps de pluie ?
Savent-ils qu'ils ne toucheront jamais de leur cœur et de leur âme ce vrai bonheur tant qu'ils continueront à l'assimiler à leur merde jaune ?
Savent-ils que ce qu'ils appellent le bonheur réside dans un simple lever de soleil ?
Qu'un simple gazouillis d'oiseaux ou d'un cri de ruisseau tombant de la colline suffit à tout être normal pour être heureux ?Non. Ils ne le savent pas. Car leurs cœurs et leurs âmes sont pourris par ce diable jaune et vert ; leurs yeux et leurs poches en sont avides et plus rien ne compte si ce n'est l'appropriation de cet infâme cailloux…
Quand ils en ont besoin, plus rien de compte, et seule leur envie et leur désir malsain et putréfiant n'a désormais d'importance. Le reste peut crever. La terre peut continuer de tourner. Les pauvres peuvent continuer d'avoir faim et de crever. Les Hommes peuvent continuer de se tuer et le sang peut continuer de couler…Pourvu que leurs poches soient bien pleines…
La belle inconnue
" Rien ne m'intéresse en vous, pas même votre beauté qui est pourtant incontestable
Je ne sais pas pourquoi, mais vous ne me plaisez pas. Et pourtant vous devriez, il y a encore quelques petites secondes, vous me plaisiez. Et tout d'un coup brusquement, plus rien. Je n'arrive pas à me l'expliquez, c'est arrivé comme ça "" Peut-être que tout simplement n'avez-vous ni la force ni le courage d'aimer…ou de vous risquez à aimer "
" La force et le courage ? Continuez, vous m'intéressé
" Oui, la force de se laisser aller, le courage ensuite pour aimer quelqu'un. Ce n'est pas si facile d'aimer et d'être aimé, vous savez. Enfin, non. Manifestement, vous ne savez pas.
" Mais pourtant je dispose de cette force pour écrire et me laissez aller…
" Oui, mais vous fuyez. Lorsque vous écrivez, vous fuyez. Vous ne prenez aucuns risques. C'est la fuite que vous cherchez, cette chute en avant. Rien d'autre.
" Vous croyez ?
" Oui, assurément.
" Mais, pourquoi alors, juste avant que je ne vienne vous abordez et m'asseoir en face de vous…Vous me plaisiez ?
" Parce que vous étiez dans le doute, l'incertitude. C'est cela qui vous plaisait. Vous ne saviez pas si j'allais vous laissez vous asseoir en face de moi, et acceptez votre compagnie. Mais dès lors que j'accepte, alors vous avez peur. Vous n'avez pas la force et le courage d'entrevoir d'aimer, et d'être aimé. Cette possibilité ne vous effleure pas. Elle ne fait pas partie de votre plan.
" Je vois…
" Quand vous aurez trouvé les réponses à vos questions, et que vous aurez décidé d'ouvrir votre cœur, au risque de le meurtrir…Venez me retrouver
" Mais…Attendez…Cela peut prendre une vie entière !
" Ca n'est pas grave. J'attendrais…
Elle se lève et s'en va, le laissant seul avec lui-même.
L' Incident
L'air est doux et frais ce matin, je me sens d'une humeur remarquable
Aimant la vie gai et plein d'entrain
Tous les espoirs me sont permis, de tout réaliser je me sens capable
Je chantonne les mains dans les poches en attendant le train
Les gens sur le quai ont l'air heureux eux aussi
Ils discutent, ils rient… ils donnent l'impression de ne plus avoir de soucisTout à l'air pour le mieux dans le meilleur des mondes
Pourtant d'habitude, en ces journées d'heures de pointes, les gens grondent
Mais là tout semble merveilleux et rien ne pourrait arriver que le meilleur
Et chose incroyable, et sans que personne ne le remarqua, le train arriva à l'heure
On aurait presque tous applaudit, mais personne ne le fitAprès être montés dans le train, chacun y trouvant sa place
Nous nous mîmes à conter notre week-end, contents
Les uns lisant, les autres écoutants, personne ne semblait préoccupé du temps
Et nous nous ravissions de voir tout le monde, même ceux des premières classes
Eux d'ordinaire si distant…Mais cette harmonie ne pouvait durer si longtemps
Et le malin ne pu s'empêcher de briser tant de joies
Car soudain le train s'arrêta brusquement, faisant un bruit lourd et sourd en même temps
Personne ne compris mais une voix au micro nous dit : une personne s'est jeté sur la voie
Tout le monde comprit bien entendu ce que cela voulait direOh stupeur, une vie venait d'être anéanti
Une existence avait décidé d'en finir à tout jamais
Et pour nous qui ne sommes que des planqués, des nantis
Une telle réaction est incompréhensible, insensé…maisIl n'est pas toujours aisé de vivre ici bas,
Il n'est pas toujours facile de continuer le combat
Et pour celui qui n'a jamais connu la misère et la peine
Il ne pourra jamais comprendre pourquoi certains ont la haine…Depuis ce jour dans le train je ne regarde plus dehors
Depuis ce jour dans le train j'éprouve comme des remords
Et mon cœur est du côté de ses pauvres qui sont morts
Je ne peux qu'être de leur côté, et ne peut éprouver un autre sentiment
Que celui de la révolte, de la colère et de la honte vraimentJe remarque de plus en plus l'indifférence
Je remarque de plus en plus ce que veut dire avoir de la chance
Mais je ne peux plus fermer les yeux sur ce que je vois
Je ne peux plus fermer les yeux…à chaque fois que je regarde la voie…Quel bonheur j'ai vécu ces derniers mois et dernières semaines !
Alors que le froid s'abat sur nos têtes misérables et nos foyers !
Quel bonheur de n'avoir rien fait, de n'avoir pas été travaillé!
Je n'ai en effet fais que dormir et écrire, toutes mes journées,
Je ne les ai passées qu'à ça.Enfermé dans ma cellule, au chaud et à l'abri du dehors,
Je fus pour les pages blanches que j'ai noirci si ardemment le plus doux des amants,
Leur consacrant tout mon temps et ma passion, je n'ai jamais été ronchon et toujours conciliant,
M'attachant corps et âmes à toutes leurs surfaces planes et lisses,
Cramponné à mon stylo, du haut de ma tour je me sauve, je glisseRien ne peut m'arrêter, je ne freine pas, loin de là…
Plus rien ne m'arrêtera pas même la folie, puisque c'est elle qui m'a conduit là
Je suis libre, libre de faire ce qui me plaît. Je ne suis l'esclave de personne
Je suis à ma table depuis l'aube, et pourtant à l'église le carillon de minuit sonne
Et tandis que les hommes dorment, et bien moi j'écrisPlutôt que de crier a tue tête à longueur de journées,
Je préfère écrire, boire et manger
Je pleure un peu aussi de temps en temps
Il le faut bien, au mois pour me rappeler que je suis un humain
Et pourtant des fois je me demandeSuis-je fait de la même matière que mes semblables ?
Pourquoi ne suis-je heureux que seul et lamentable ?
Pourquoi ne puis-je supporter leur compagnie ?
Pourquoi je les fuis ?
Pourquoi me semble-t-il, suis-je si différent ?
Pourquoi n'ai-je pas envie de grandir et d'être parent ?Pour fuir le monde et sa réalité ? Non, car seul le sot et le faible s'y pli !
Car je ne fui pas, au contraire je lutte !
Je ne rentre pas dans les rangs, je ne suis pas un mouton
Je suis pauvre et misérable mais je suis plus libre que vous
Vous ne me croyez regardez autour de vous !
Ne voyez-vous pas ces chaînes qui vous serrent le cou ?
Vous ne les sentez plus, à force elles sont devenues vous.Vous ne parlez de votre travail qu'en terme de prisonnier
Vous comptez les jours, les semaines, les mois qui vous rapprochent de la sortie
Mais je ne compte pas les jours lorsque j'écris !
Vous voudriez faire autre chose, voir autre chose…Mais vous ne pouvez pas
Personne ne m'empêche de faire cela !Vous dites que vous y êtes contraints ?
Mais quel homme a-t-il pu choisir une vie qui n'était pas la sienne ?
A part un faible je ne vois pas !
Vous vous dites fort et coriace ?
Vous n'avez pas su gouverner votre vie, votre tracePour vous je ne suis pas grand-chose,
Je suis déjà ce que vous voudriez être,Quand vous-mêmes ne savez pas…qui vous êtes.
Le Banc
Cela fait des années qu'il est assit là,
Il est seul, il a froid
Personne jamais ne le voit
Et pourtant il est là
Le regard dans le vide
Il contemple la déchéance et la décrépitude des êtres qui l'entourent
Parfois il sourit,
On ne sait pas très bien pourquoi
Il regarde cette foule qui l'entoure, qui s'agite, qui parle fort
Des fantômes, des bêtes, des aliénés, des zombies
Il ne sait plus quand est le jour, quand est la nuit
Le nom des jours il ne le connaît plus
Il ne sait plus son nom non plus
Pourtant il a dû en avoir un, sûrement
Il est comme une statue et c'est pourquoi que parfois
Les oiseaux viennent se poser tout près de lui
Et lui ne les fait jamais fuir, au contraire, il aime les oiseaux
Il aime en vérité tous les animaux
Il a l'impression qu'ils le comprennent…eux
Ils n'ont pas besoin de se parler, quelque chose entre eux passe
Il ne saurait dire quoi, mais c'est comme ça
Parfois, les enfants le regardent, avec des regards tendres et doux
Parfois certains s'arrêtent pour le contempler,
Lui aimerait leur parler, mais aussitôt ces petits anges sont soulevés de terre
Par leurs parents qui les pressent de se dépêcher,
Se dépêcher ? Se dépêcher pourquoi ? Pour aller mourir ? Probablement
Il reste souvent des heures ainsi à contempler le monde
Le monde où ce qui l'en restent
Car ce ne sont plus des humains qui habitent ce monde
Non, ce sont des morts-vivants, des numéros, des chiffres,
Plus de chaires, de sang ou d'âmes…Non
Mais des chèques, des cartes bleues, voilà ce que nous avons
Il sait qu'il pourrait disparaître du jour au lendemain et que personne
Ne s'apercevrait de son absence,
Pas mêmes les oiseaux, ni les enfants
La terre ne s'arrêtera pas de tourner
Leur tête non plus
Seul ce banc sur lequel il est assis pourrait s'apercevoir de son absence
Et encore…
Il est seul, il l'a toujours été
Il a vécu seul et il mourra seul
Il le sait
Pourtant il avait tout pour mener une vie belle et palpitante
Il avait reçu une bonne éducation,
Etait un bon élève à l'école, était curieux et studieux
Mais il n'est jamais parvenu à se hisser plus haut que ses épaules ne lui permettaient
Il aurait voulu faire tant de choses, gravir tant de côtes
A un âge où tout paraît possible
Il a tant espéré, tant désiré…
Mais il lui a manqué quelque chose qui l'a empêché d'aller au bout de son être
Il avait la santé, le mentale… et pourtant
Il n'a jamais compris ce qui lui avait tant manqué pour se hisser là où ses rêves le menaient
Et aujourd'hui, sur ce banc, après toutes ses années passées seul dehors et inhabité de lui-même
Il a compris ce qui lui a manqué pour donner un sens à sa vie
L'amour, probablement…
Amie…
Amie, je ne suis qu'un misérable
Je t'ai fais du mal sans le savoir
Je n'ai pensé qu'à moi toutes ses années
Sans te voir si près de moi, si aimante et si attentive
Je n'ai été qu'un lâche
Je n'ai jamais eu le courage de te dire ce que mon cœur ressentait
Je n'ai été qu'un idiot, je t'ai délaissé
Je n'ai pas su être un homme tout simplement
J'ai eu peur de le devenir si je m'étais autorisé à t'aimer
Et maintenant je te vois en photos, car il ne reste plus que les photos
Et je serais seul, pour toujoursSi de là haut tu me vois, je ne te demande qu'une chose : pardonne-moi
Je t'en supplie, pardonne-moi.Jean-Baptiste Poclaine rborderie@neuf.fr