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Textes philosophiques2

     Textes ou extraits, essais, réflexions...

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Samedi 10 mai 2003: blues indéfinissable C.M., mai 2003.
Parler d'amour Cath Maypassury, mai 2003.
Echec et mat à Darwin Xavier Macron, juillet 2003.
Vous avez dit "politique"! Igor Kouslov, septembre 2005.
Le vote blanc Igor Kouslov, septembre 2005.
Petit essai sur la sagesse Igor Kouslov, septembre 2005.
Le paradoxe de la foi Igor Kouslov, juillet 2003.
Une théorie qui en vaut une autre Igor Kouslov, juillet 2003.
Des aspects positifs des religions Igor Kouslov, septembre 2005.
La recherche de LA Vérité Igor Kouslov, septembre 2005.
Manuel ou intellectuel? Igor Kouslov, septembre 2005.
L'aveu de faiblesse Igor Kouslov, septembre 2005.
Chance ou hasard? Igor Kouslov, janvier 2003.

 

 

   Cath Maypassury nous a fait parvenir deux textes qui nous parlent de ses pensées d'adolescente,  de ses peurs, de ses espoirs et de sa perception du monde, un monde effrayant, inquiétant, mais aussi
 si passionnant et fascinant. Nous avons aimé ses textes et nous vous les livrons avec toute leur  spontanéité mais aussi toute la réflexion et le sens critique qui s'en dégage.   bizarreetorange@yahoo.fr 

 

            Samedi 10 mai 2003 : blues indéfinissable

Surtout, surtout, penser à ne plus écouter Nirvana lorsque déjà je commence à déprimer. Pourquoi Kurt Cobain est il mort ? Il n'y a qu'à écouter ses chansons : détresse, amour, mort. Comme quoi, le malheur n'est pas toujours ennuyant quand il est bien raconté… Mais il n'est pas pour autant drôle… La mort n'est qu'une petite satisfaction. Je crois qu'elle ne suffirait pas apaiser ma haine pour moi-même et le monde entier, on pourrait prendre ça pour un petit délire d'ado mas ça n'en est pas un. Je ne crois plus en l'amour, je ne crois plus en la vie, je crois à peine a l'amitié, Qu'est-ce qui me retient ici ? Qu'est-ce qui m'empêche d'aller ouvrir une boite de médicaments et de l'avaler ? De me couper les veines ? Je sais ce que c'est : j'ai peur, de souffrir, de me rater… Quoi de plus démoralisant que de rater son suicide ? J'ai raté ma vie et je rate ma mort, ça fait très déjà vu, et puis, sans partir dans des délires macabres, le suicide de nos jours c'est super commun. On ne compte plus les tentatives de tentatives de suicide si bien que l'on en rit ! Certaines personnes ont totalement décrédibilisé le suicide ! Ce qui n'était avant que l'expression d'un mal-être intérieur est devenu un phénomène de mode par lequel tout adolescent doit irrémédiablement passer, inévitable, la première cigarette, la première "fois", le premier trip, la première tentative de suicide. Sans aller jusque là… On y est presque quand même. On se prend tous pour de futurs grands musiciens, acteurs, écrivains… On n'ira pas jusque là ! Moi, je sais ce que je veux être plus tard, ça me dirait bien d'être morte. Mais pas un truc morbide, juste mourir d'ennui. Je me vois bien me détacher de mon corps pendant un cours de maths encore plus insoutenable que d'habitude. Avec un peu de chance je ne m'en rendrais pas compte, là, ça serait marrant. Peut-être, c'est même sûr, les gens ne s'en rendraient pas compte. Bon peut-être deux ou trois d'accord, ceux que l'odeur incommoderait lorsque mon corps commencerait à pourrir dans la salle de cours mais a part ceux-là, je pense que ça ne fera pas un gros vide. Je n'aurais pas dû partir dans de tels délires, moi aussi je veux sauver l'humanité, je veux être une grande héroïne romantique, mais est-ce que je pourras être une héroïne romantique sans aimer ? Non parce que j'ai des problèmes avec l'amour. En fait j'y crois à l'amour, tout ça, mais pas pour moi ou alors je suis capable d'être un peu amoureuse de tout ce qui bouge et ça depuis un an. Non c'est vrai il s'est passé beaucoup de chose depuis l'année dernière et, entre autre, je me suis rendu compte que j'étais devenue incapable d'aimer. En même temps, c'est pas si mal, ça m'évite certains désagréments, je suis déjà assez mal dans ma tête pour que ne vienne s'ajouter à ça des sentiments… Mais n'allez pas jusqu'à croire que je suis dénuée de toute attirance ou de tout désir ! C'est juste que j'ai une conception de l'amour de mec.

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            Parler d'amour

Parler d'amour est impossible. Impossible à dire, à faire, à écrire ? Comment peut-on dire qu'il est impossible de parler d'amour sans en parler ? L'esprit scientifique s'y perd …mais, faut-il qu'il y ait quelque part un esprit scientifique ? L'homme n'est pas né en calculant… la femme non plus, je suppose. Mais les enfants du 21ème siècle calculent tout et chaque affirmation doit être démontrée, donc si parler d'amour est impossible c'est qu'il y a besoin d'en parler sinon l'on dirait que parler d'amour est inutile, donc il est impossible de ne pas parler d'amour ! Mais parler d'amour est impossible ! Donc étant donné que deux négatifs donnent un positif : il est possible de parler d'amour… Mais que dire ? L'amour ce torrent de lave qui ronge mon cœur ? Qui coule en entraînant le peu qu'il restait de moi vers des abîmes incertains ? Ca fait très sens commun et en plus, c'est faux. Est-ce la phrase qui est fausse ou mes sentiments ? Cela remet tout en question… tout ? Non pas tout… une partie de moi, celle qui est morte quand il est parti. Parler d'amour est impossible c'est vrai, c'est comme parler de la peur, de l'envie, du désir, du dégout, de la mort. Comment expliquer des mots lourds de sens et d'actes ? Amour, peur, envie, désir, dégoût, mort. Naturellement dans l'ordre. L'essence même de la vie. L'essence, le sang, les veines, cette partie de moi qui coule sur le sol, ruisseau bouillonnant et sourd qui me quitte emportant la vie… Parler de la vie est impossible. Parler de ma vie est impossible. J'ai peur de partir. Je fixe un point dans ma chambre, une toute petite tache sur la moquette, une petite tache d'encre bleue, de feutre bleu, j'étais petite, je dessinais sur le so, j'étais heureuse. Je fixe cette tache minuscule par rapport à l'étendue rouge qui l'approche dangereusement. Si je regarde mes mains je m'évanouirai et je ne veux pas. La petite tache bleue est menacée de se faire submerger par l'énorme flaque rouge. Elle est seule, elle ne peut pas bouger, mais sûrement que, dans sa petite tête de tache, elle voudrait s'enfuir. Théoriquement il est encore temps, la marée de sang pourrait s'arrêter mais le tissu propage rapidement ses vagues chaudes. La tache est noyée sous le sang, elle meurt à cause de moi… chacun son tour d'être tué par une tache. Tiens, quelle phrase percutante, j'aurais dû penser à lui dire lorsque je n'étais encore qu'une petite tache bleue, fade et insouciante. Autodérision, autodestruction. Joue sur les mots, joue sur mon cœur, piano de tes envies. Joue sur mon corps, guitare de ton désir. Ou vas tu ? Ne me laisse pas. Mon sang part avec toi, il te suit, il se glisse dans les ruelles, parcourt la ville, se glisse dans l'empreinte de tes pas, il suit ton odeur, il me quitte pour toi. Martin, je pars pour toi mais je ne te retrouverai pas. Tu m'as tuée, je me tue. De mes bras coulent des larmes et de mes yeux du sang… J'ai oublié d'écrire une lettre, qui la lirait ? Toi ? Tu es mort pour moi. Moi aussi je suis morte mais pas seulement pour toi. Tiens, du bruit. On me secoue. Non ! ne me secouez pas, mon sang doit le suivre, uniquement le suivre. Je regarde l'homme qui me tient, je ne le connais pas, ce n'est pas le moment de faire connaissance, je referme les yeux, il crie, il me secoue. Pour quoi me prend-t'il, un shaker ? Le cocktail serait détonnant mais on ne gâche pas l'alcool. La moitié du liquide semble être sorti du shaker, je me vide mais rien ne se remplit, quel gâchis ! On aurait pu faire du boudin. Je n'aime pas ça, mais après tout, pour l'instant j'ai pas très faim… Autodérision, autodestruction ! Jusqu'à la fin ! Je ne vois plus la tache, les murs bougent… ou est-ce moi ? " Et les lumières dansent dans son ambulance / Mais elle tue sa dernière chance /Tout ça n'a plus d'importance " Ils m'ont séparée de mon fleuve de sang ! C'était beau pourtant. Tout ce rouge ça aurait fait du nettoyage, mon père n'aurait pas été content. Comment sont ils arrivés ? Je ne peux pas être sauvée ! Je suis déjà morte ! Evidemment ça fait déjà 6 mois, mais j'ai toujours été un peu lente. Autodérision, autodestruction, toucher le fond ? Le fond est mon plafond, Il est immatériel on ne peut le toucher, on est soit dessus soit dessous … " Where is my mind, Where is my mind " Le chauffeur de l'ambulance écoute la radio… 
Je veux rester, juste pour cette chanson, après je vous rejoins tous. Une dernière chanson, une dernière chanson.

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    Xavier Macron, amateur de philosophie, de littérature "gnomique", de pêche au gros et d'athlétisme (donc, un homme très complet...!  :o)   ), nous propose cet écrit "brut de forge" : "Echec et mat à Darwin"...
    A découvrir avec intérêt.        Ecrire à l'auteur: 
  xaviermacron@aol.com 

 

Commentaire " brut de forge " du Cours de philosophie en six heures un quart de Witold Gombrowicz. (Rivages poche). A l'intention de mon premier lecteur...
Mais les mots sont des choses, et une petite goutte d'encre,
Tombant comme la rosée sur une pensée, produit
Ce qui fait penser des mille, peut être des millions. 
Lord Byron



"ECHEC ET MAT A DARWIN"

Commençons par la fin, p 146 " La réduction est la caractéristique dominante du XIX siècle ". Vrai. La preuve : le travail à la chaîne qui fait stagner l'individu au point qu'il désapprend, si seulement il les a appris, les saisons et doit se fier à des méga-ordinateurs pour connaître la météo , je suppose que le simple esclave agricole d'il y a 2000 ans les connaissait mieux que 99% de la population " civilisé " d'aujourd'hui. Ce qui était savoir est devenu sabir ! Que devons nous savoir ? Sans doute le savoir indispensable de l'époque dans laquelle on vit mais pourquoi le réduire à seulement celui de notre époque ? Je suis persuadé qu'il y a des connaissances simples, jadis connus et totalement oubliés depuis car jugés trop simple, or s'il doit y avoir réduction ce doit être dans la simplification, ce qui est la trace du vrai génie , Aristote n'écrit-il pas : " La découverte de la vérité est tout à la fois difficile en un sens, et, en un autre sens, elle est facile ".
Ayant observé les astres, il (Aristote) prévoit que la récolte d'olives sera exceptionnelle, loue donc tous les pressoirs de la région et encaisse de substantiels bénéfices. Quel prodigieux savoir ! bien entendu celui d'Aristote, pas celui de nos ordinateurs. 
Passons au début. Kant. Le dernier optimiste. Pour moi son œuvre majeure est la critique de la raison pratique. Pourquoi : elle est accessible au plus grand nombre et est porteuse d'avenir. Elle tient dans le livre premier, chapitre premier paragraphe 7 au titre révélateur : loi fondamentale de la raison pure pratique :agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse en même temps toujours valoir comme principe d'une législation universelle. Késako ? D'après un de ces commentateurs, Kant avait connaissance de Graciàn qui dit à peu près la même chose : les dits et les faits d'autrui sont dans une fertile capacité des graines de subtilités fécondant l'esprit, lesquelles rendent ensuite une abondante récolte d'acuités. Modus operandi : Constituer son recueil de maximes, sentences, y inclure même celles que l'on ne comprend pas et celles ou l'on n'est pas d'accord, relire, la mémoire procède à l'élagage, de là se dégage un amas de phrases devenant pyramide(s) à relier par la créativité, l'ajout des fameux jugements synthétiques à priori et à posteriori de la critique de la raison pure, de l'intertextualité, du rapprochement, de la cuisine de phrases et de mots qui doit logiquement déboucher sur de nouveaux plats-connaissances, nouvelles maximes, sommets des pyramides, et relier le concret à l'abstrait (p89). L'opposition entre concret et abstrait est bien réelle, mais pas pour toujours, exemple : une chaise est le concept d'une personne assise et adossé sur un meuble léger, pour créer ce meuble, il fallait commencer par associer les verbes s'asseoir, s'adosser et l'adjectif léger , l'un se trouvait dans la brocante du chinois, les autres aux puces, assembler, lier, ou bien avec de la pompe la loi du développement combiné chère à Trotski. Il faut être très vigilant sur l'aspect emphatique ou non des formulations, si une nouvelle formulation apporte en général un complément d'information, il ne faut pas pour autant oublier les anciennes, faute de quoi on repart de zéro. Au verbe assembler j'ai compté 42 synonymes ? ! ! Une chaise est en quelque sorte un alliage spécial , une acuité simple selon Graciàn, certes l'interprétaion est osée ; une chaise a donc une parenté certaine avec l'œuf mayonnaise ! 
Maintenant , y-at-il de l'abstrait dans la nature, un arbre naturel, par exemple, est-il un concept ? Pour nous c'est l'alliage inhumain d'un tronc , de branches, de feuilles, de fruits et de graines, mais aussi d'ombre, de résistance aux intempéries, de croissance annuelle en largeur et en hauteur, de forme conique…Inhumain parce que nous y sommes pour rien, mais c'est néanmoins un concept du au hasard ou à Dieu. Le hasard ne pouvant reproduire le même hasard, d'autant moins fréquemment que les ingrédients sont très nombreux, la reproduction de cette graine est absolument impossible, car à peine commencé elle serait tué par les nouvelles conditions du hasard. Bon. Stop. Après je m'enlise. Revenons.

Schopenhauer, pessimiste, s'inspire de Graciàn, les français ne le savent pas , mais les allemands le savent. Graciàn propose son fil d'or pour sortir du labyrinthe des mésaventures de la vie et devenir un hérossaint polyfacétique, Schopenhauer propose une des suites logiques qui est la contemplation, la volonté de puissance de Nietzsche pourrait en être une autre. Le titre " Le monde comme volonté et représentation " peut être revisité en Le monde comme volonté et re-présentation ; exemple : il y a une infinité de manières de re-présenter une chaise.

Hegel: je n'ai rien sur lui, mais j'ai l'impression que l'échafaudage thèse , antithèse, synthèse est une des réflexions à retenir lorsque l'on construit ou consulte son recueil de maximes. La dictature du prolétariat (p86) est la production de biens en masse pour que chacun ait le sien, ce qui le dispense de devoir le prêter ou le partager et c'est donc de l'anticommunisme primaire, l'emballage individuel, pis à la portion, antiéconomique, contre le vrac économique, évidemment ça paraît être le petit bout de la lorgnette et ça l'est ou en fait partie ; mais pour aller au plus il faut être capable de corriger le moins, l'identifiable ; l'hôtel en carton ; est toujours et seulement le moins, la périgée, le plus proche ; le non identifiable ; que sait-on soit d'un hôtel 7 étoiles ? rien ; le plus, l'apogée, le plus loin est toujours et seulement en voie d'identification à la seule condition de l'élimination progressive et ordonnée des identifiables, un identifiable gommé laissant la place à un autre pour arriver enfin à l'ellipse harmonieuse de l'individu, d'une nation, du monde ; c'est l'incorruptible loi d'airain de l'univers, la loi de l'ellipse, apogée, périgée, or au palais de l'humanité tout est propre sauf le centre de la pièce où l'on accumule les détritus, drôle de palais ! ne ris pas c'est pire ! L'homme est conçu à l'image de Dieu donc à l'image de l'univers ; les preuves ? dans sa zone pubienne est le centre de symétrie à partir duquel on peut dessiner son ellipse, deux organes pour deux foyers ; l'œil, l'oreille, la bouche , la langue, les ongles, l'implantation des dents… sont des re-présentations de l'ellipse et de ses dérivés. L évolution vers trois bras, trois reins, trois yeux… semble exclue à moins que la trajectoire des planètes deviennent triangulaires ce qui est très hautement impossible.. Le vivant s'adapte seulement dans la limite des possibles de la re-présentation de l'ellipse qu'il incarne : la baleine bleue ne deviendra pas serpent volant ! Voilà pour l'antidote de l'affirmation " je ne vois aucune limite à l'étendue des changements, à la beauté et à l'infinie complication des coadaptations entre tous les êtres organisés, tant les uns avec les autres, qu'avec les conditions physiques dans lesquelles ils se trouvent, qui peuvent, dans le cours des temps, être effectuées par la sélection naturelle, ou la survivance des plus aptes". C. Darwin .

La loi de l'ellipse peut être revu en loi de la gravitation excentrique pour l'esprit énoncé par G. Thibon :
Tout être créé est à la fois quelque chose d'absolument irréductible et d'absolument insuffisant. De son originalité foncière jaillit sa tendance à constituer un centre suprême, à ne dépendre que de lui-même, de son insuffisance découle son besoin de graviter autour d'autre chose. La synthèse de ces deux inclinations constitue la gravitation excentrique. 
Le Christ parle en paraboles en visant souvent le moins, parfois le plus, il le connaît, pas nous, d'où la recherche à priori de l'orbite parabolique, celle de l'équilibre, du bonheur. L'homme est en devenir ou en stagnation, à lui de choisir.
L'obsession de Kierkegaard et la mienne sur l'identité m'ont mis sur la piste. 
Heidegger :Rien lu . Parfaitement d'accord avec l'homme existe sur deux plans (p118) : 1 l'existence quotidienne, banale ; 2 l'existence authentique ; autrement dit devoir être est plus important que devoir faire, déjà célébré par Maître Eckhart et Tirso de Molina entre autres, je suppose ; malheureusement nous sommes plutôt à l'époque du devoir faire réducteur que du devoir être agrandisseur ; chacun peut relever le défi. Les gens ne devraient pas toujours tant réfléchir à ce qu'ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu'ils doivent être. S'ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leur œuvres pourraient briller d'une vive clarté. Maître Eckhart
Il n'importe pas d'avoir été, mais d'être ; Je ne suis pas, je serai. Seulement , parce que je prétend être plus que je ne suis, j'ai fait peu de cas de ce que je fus pour devenir ce que je veux être. T. de Molina
Marx : un peu lu, L'exploitation de l'homme par l'homme, la formule magique qui a soulevé les consciences sans autre explication, je crois que je n'en n'ai jamais lu d'hypercourte, tant mieux, nouveau créneau à explorer !
Le patron exploite l'ouvrier pour sa capacité de travail et l'ouvrier exploite la capacité du patron de trouver des clients, vrai , mais, mais.. Les verbes pronominaux existent : s'exploiter, profiter de son intelligence, s'inprofiter.

Parlons de Gombrowicz : initiative MAGNA que ce court cours très instructif, remarquable par son style de coq à l'âne ; que j'imite à mes risques et périls; ne dépréciant ni l'un ni l'autre, visionnaire sur la fin du communisme p133 " dans vingt ou trente ans… " ; p130 " pour freiner la dévaluation il faut augmenter l'offre, c'est à dire la production " c'est diminuer l'offre qu'il faut faire ? ou il y a un truc qui m'échappe , peut être la traduction.
Parmi mes principaux moteurs de recherche célèbres, outre ceux cités ci-dessus : A. Parsons ; pyramid. p6. In the laps of the gods ; M. Sardou : 8 jours à El Paso ; M. Ostiz : Canta cigarra ; ABBA : SOS.. A. Egido : Notes du Discreto de B. Graciàn ; Goethe : Traité des couleurs.

©Tous droits de reproduction et de traduction réservés.

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Vous avez dit "politique" !

Politique, politique…
Larousse : Politique : grec " politikos ", de polis : ville. Relatif à l'organisation et au gouvernement d'un état, à la lutte pour le pouvoir.
Plus généralement, la politique se définit souvent comme la gestion des affaires de la cité.

La politique est conduite par des hommes et des femmes qui en ont la passion ou qui font profession dans la carrière politique.

On peut entrer en politique de différentes façons, en étant élu maire d'une commune ou en passant par des structures telles que des syndicats, des partis politiques ou des associations. On peut entrer en politique à un niveau plus élevé, en ayant fait des études dans des écoles telles que polytechnique, sciences po, ou l'ENA. Dans certaines familles, on fait de la politique de père en fils ou de mère en fille, ce qui confirme bien qu'il existe des gènes de la politique dans les chromosomes…

Naturellement, on entre en politique uniquement pour servir son pays. C'est une grande preuve d'abnégation et de sacrifice de soi. C'est beau. Les gens qui disent que l'on entre en politique uniquement parce que les gâteau est énorme et juteux et ne demande qu'à être mangé sont des médisants qui ne valent pas la corde pour les pendre.

Avec le cumul des mandats, le politicien pourra encore mieux servir son pays, dans un total esprit d'oubli de soi. Et le cumul des rémunérations n'a rien à voir à l'affaire. Le petit problème, c'est qu'un politicien est comme un boulanger et qu'il ne peut jamais être à la fois au four et au moulin simultanément. Ce qui engendre forcément des carences dans sa productivité à l'un ou l'autre poste pour lequel il cumule des mandats. Mais nul n'est parfait.

En France, la politique commence au plus bas niveau par la conduite des affaires publiques du plus petit village dans lequel on trouvera la structure classique d'une mairie, d'un maire et d'un conseil municipal.
A un niveau intermédiaire, on trouvera les élus des structures régionales (canton, intercommunalité -si utile !-, département, région)
A un niveau supérieur, on trouvera les députés, les sénateurs, les ministres, conseillers d'état, conseillers constitutionnels, etc… et le chef de l'état.

Toutes ces structures doivent gérer les affaires et les finances publiques.
L'état collecte des impôts qui seront utilisés pour faire fonctionner les institutions et les services de l'état.
Tous ces hommes et ces femmes qui sont dans les structures politiques doivent œuvrer à ce que le processus démocratique se déroule dans les meilleures conditions et que les citoyens soient satisfaits de leurs élus.

Il semble que les carrières et emplois dans la vie politique exercent un attrait et une fascination importants sur beaucoup de personnes (beaucoup plus que les carrières de mineurs de fond ou d'éboueurs) et qu'il existe certains avantages à exercer des responsabilités dans ce cadre. Au niveau le plus bas, dans une petite mairie, par exemple, les avantages liés à la fonction peuvent être insignifiants par rapport aux contraintes et obligations de la charge.
Mais dans les niveaux les plus élevés de ce que l'on a accoutumé d'appeler la " classe politique ", il semble que les rémunérations et les avantages de situation soient beaucoup plus intéressants, les contraintes très adoucies par d'importantes possibilités de délégation ainsi que de transferts et de dilution des responsabilités.

Comme dans toutes les sociétés humaines et dans toutes les corporations, il y a de bons et de mauvais politiciens. Ce ne sont que des hommes, après tout, bien que certains se prennent pour des rois ou pour Superman. Certains pensent que le choix des politiciens est souvent critique, posé de manière plutôt négative et fait l'objet d'un tri fondé sur de mauvais critères. Les politiciens sont pourtant à l'image du peuple, puisque ils viennent du peuple, sont élus par le peuple et sont les messagers de la volonté du peuple.
Mais il est vrai qu'il peut parfois arriver qu'un politicien oublie la véritable raison de sa présence en politique, oublie malencontreusement ses électeurs, ses devoirs et sa mission. Il peut aussi arriver que des politiciens indélicats aient osé abuser de la crédulité de leurs électeurs en leur tenant des propos lénifiants et en leur faisant des promesses qu'étrangement ils ne pourront jamais tenir. Nul n'est parfait.
De même , il peut arriver que des politiciens se fourvoient dans les chemins de l'erreur et se laissent peu à peu aller, subissant de très vilaines influences, à commettre des actes que la morale réprouve et que la loi condamne. La encore, nul n'est certes parfait.
Enfin, et c'est la une chose bien triste, il peut aussi arriver que des politiciens s'avèrent être des personnes différentes de ce qu'elles voulaient bien laisser croire à leurs électeurs et, à la suite de mauvais choix ou de mauvaises influences, sombrent dans des habitudes et des comportements indignes de la confiance qui leur avait été accordée et que ces hommes ou ces femmes se voient poursuivis par la loi, arrêtés et emprisonnés pour toutes sortes de chefs d'accusation, malversations, détournements de fonds ou de biens publics, abus de biens sociaux, recels d'abus de biens sociaux ou de fonds publics détournés, corruption et manquement à leurs devoirs, trahison, forfaiture… Bref, de bien tristes personnes qui, au lieu de défendre les intérêts de leurs électeurs, les ont spoliés de leur biens ou de leurs droits, volés, trahis et causé grands torts que seuls des impôts nouveaux pourront contribuer à compenser…

Car, il faut savoir qu'en politique ce sont toujours les citoyens et les électeurs qui sont responsables de tout ce qui se passe, puisque ce sont toujours eux qui doivent payer les factures par des impôts nouveaux.

En effet, les politiciens, eux, constituent une sorte d'aristocratie du pouvoir qui les rend très difficilement atteignables. Ils sont protégés par toutes sortes d'immunités et ils se serrent les coudes. Ils sont très habiles à étouffer les affaires, à minimiser les dégâts et à échapper à leurs responsabilités. Contre le monolithisme inébranlable de cette aristocratie, le citoyen ordinaire se sent bien impuissant et ne peut pas faire grand-chose.

Il existe dans les archives des médias et sur internet de longues listes d'affaires et de scandales dans lesquels se sont vautrés certains politiciens.
Le plus hallucinant, dans tout ça, étant la brièveté de la mémoire des électeurs qui s'empressent de ré-élire leur chouchou dès sa sortie de prison…

Comment expliquer qu'il existe dans cette classe de la société un taux de gens malhonnêtes aussi important, de loin supérieur à celui du citoyen de la rue.
Encore que cela reste à démontrer.

Il est clair, que la carrière politique ne nécessite pas toujours de posséder une intelligence exceptionnelle ou des talents particuliers. Etre un beau parleur, posséder un certain charisme, ne pas être handicapé par les scrupules, savoir faire des promesses en sachant qu'on ne les tiendra jamais, savoir endormir un auditoire, savoir manipuler les gens ou les informations, tout cela représente un panel des qualités pour réussir en politique.
Bien sûr, certains diront qu'ils connaissent des politiciens honnêtes et que tout cela n'est que de la médisance et de la méchanceté. On peut bien dire ce que l'on veut. Le plus grand crime étant d'abord de trahir la confiance de ses électeurs. Mais c'est vrai, votre grand ami qui est dans la politique est certainement une personne de grande vertu. Autrement, ce ne serait pas votre ami. D'ailleurs, tous les politiciens ont de amis qui ne doutent pas un instant de leurs grandes vertus.

Tout cela pour dire que la politique est une chose qui ne me passionne guère. Je trouve cela ennuyeux et triste. J'aime les choses gaies, les gens beaux et honnêtes, les beaux paysages.
C'est drôle comme on veut toujours nous culpabiliser, nous faire nous intéresser à des choses qui ne présentent aucun intérêt.
Bien sûr, des politiciens il en faut. L'état ne va pas se gérer tout seul.
Mais des robots feraient aussi bien le travail.

Lorsqu'il m'arrive d'être branché par quelqu'un sur le sujet de la politique, je ne puis m'empêcher de constater combien ce sujet passionne les gens. Tout de suite, le ton monte. Il faut que la personne ait raison (alors que vous ne lui avez rien dit). La voix est pleine de trémolos et d'intonations persuasives, le corps entre dans un état de sudation et de vibrations anormales. Les bras font des moulinets, les poings se serrent, le regard s'opacifie, l'état de transe approche. La personne risque l'accident vasculaire, voire cardiaque. Un seul moyen d'éviter la crise et que la soirée se termine avec les pompiers, à l'hôpital, si la personne laisse un temps mort dans la véhémence de son discours, dites-lui que vous votez exactement comme elle. Ca marche à tous les coups !
La personne va se calmer, son corps reprendre un rythme normal, sa tension baisser. Le pire a été évité. Offrez-lui un petit remontant, les émotions ça épuise.

Là, j'ai fait drôle. Drôle comme je vois ces personnes quand elles défendent avec une passion, une énergie, parfois une violence incroyable leurs opinions politiques dont, au demeurant, tout le monde se fiche complètement.
A les voir et à les entendre, il n'y a que ça qui compte dans leur vie.
Vous-même, prenez garde. Il ne faut jamais avoir des idées trop éloignées ou complètement opposées. Vous risquez de perdre un ami. On voudra vous convaincre, vous persuader, vous initier, vous faire prendre votre carte du parti.
Méfiance.
C'est un phénomène bien étrange comme ces personnes très lambdas peuvent se passionner pour des causes dont elles ne connaissent pas grand-chose, la plupart du temps, et peuvent s'enflammer dans des délires verbaux et tonitruants à faire trembler les murs. C'est d'autant plus curieux que les vrais politiciens, eux, maîtrisent totalement leur art du discours et ne s'enflamment que très rarement, par peur du ridicule. Tout le monde ne possède pas les qualités d'un grand tribun.

Ces personnes qui veulent à tout prix vous convaincre des supériorités et des avantages de tel ou tel parti politique ou de tel ou tel politicien sont fatigantes. Si vous voulez leur porter un coup fatal, dites-leur que vous vous désintéressez de la politique. Ca jette un froid, vous passez aussitôt pour un crétin inculte, une sorte de sous-homme, de trisomique amélioré et on ne vous adresse plus la parole. C'est vrai que c'est dur. Mais après, vous êtes tranquille… !

Parce que Franchement, strictement entre nous, la politique on la fait ou alors on se tait. Si on est un politicien, alors on fait de la politique. On a les clefs, les moyens, les pouvoirs et on peut agir. Mais vous avez tout un tas de gens qui se piquent de " faire de la politique " alors qu'ils ne font, la plupart du temps, que parler de choses dont ils ignorent tout. La politique on la fait ou on ne dit rien. Alors, pour vous séduire, pour vous émoustiller, ils vous racontent qu'ils connaissent très bien le maire de tel village, le premier adjoint de tel autre ou encore le député de telle circonscription. Ils ont dîné, pas plus tard qu'il y a quinze ans, avec un sénateur qui est mort depuis longtemps. De la sorte, ils " font de la politique " par personne interposée. C'est pathétique !

Est-ce que je vous parle de politique, moi ? Non. Je n'y connais rien et je ne veux rien en connaître. Ma position est faite depuis longtemps. Le seul acte politique qu'un citoyen ait le droit de faire librement, c'est d'aller voter. De mettre à date fixe dans une urne un papier avec un nom, ou une liste de noms de gens qui vont changer le monde, la société, la vie. Avec eux, on aura un environnement de rêve, des impôts ridiculement bas, des lois plus justes et plus saines, des droits nouveaux, des avantages à la pelle, le paradis. Et puis, une fois qu'un gars quelconque, vraiment quelconque, a été élu, vous vous rendez compte que rien ne change, que les impôts augmentent, comme de coutume, et que la vie sera de plus en plus dure. Qu'il y aura de plus en plus d'injustice, de grèves, de discrimination, de chômeurs, de pauvres SDF, de retraités qui vont mourir dans leur coin. Mais il y aura aussi de plus en plus de députés, de sénateurs, de conseillers machins ou de délégués choses. On va vous mettre des communautés de communes, des commissions européennes, des tas de trucs qui ne servent à rien qu'à grossir encore une fois des impôts déjà astronomiques.

Et personne ne peut rien faire. Nos élus qui sont élus justement pour nous défendre et nous protéger sont les premiers à rendre les choses encore plus difficiles et la société plus injuste. Ce qui va engendrer plus de violence, plus de haine, plus de sexisme, plus de racisme, d'antisémitisme, de xénophobie, d'intolérance.

Jusqu'au prochaines élections. Car les élections sont juste ce qui reste de ce que fut la démocratie. La démocratie, le gouvernement du peuple par le peuple. Avez-vous vraiment le sentiment que le peuple français est gouverné par lui-même et non par une horde de loups au dents acérées qui se déchirent les restes de ce pauvre cadavre que fut la démocratie ? Avez-vous le sentiment que votre vote est utile, pris en compte, estimé, respecté ? Ne pensez-vous pas que les rouages bien huilés de la politique politicienne laminent régulièrement les droits des citoyens, fussent-ils de droite, de gauche, du milieu.

Aaaah, pour les politiciens, les élections sont vraiment le moment le plus passionnant. D'ailleurs, si leur mandat dure cinq ans, ils passeront cinq ans à préparer les élections. Ce sera parfait. Ils ne vivent que pour ça. En fait, ils vivent aussi pour conforter leur position, ne pas faire de vagues, ne jamais s'engager, faire des promesses qu'il ne pourront forcément pas tenir à cause du manque de budget, de la conjoncture, du mauvais travail de l'opposition, etc…
Mais rien ne sera jamais de leur faute. Toujours la faute des autres. C'est beau le sens des responsabilités. Par contre, si quelqu'un, accidentellement, a fait un truc plutôt bien, alors là, le politicien va ramener toute la couverture à lui et convoquer tous les médias pour se pavaner et faire la roue et dire à tout le monde comment il est beau et bien et efficace.

Quelle naïveté de croire que d'appartenir à un parti politique, de militer, de distribuer des tracts, de coller des affiches et de s'enflammer pour la seule cause juste et pure soit susceptible de faire un jour changer les choses.
Les choses ne peuvent pas changer en France, parce que le système est totalement verrouillé. Lorsque vous avez mis votre bulletin dans l'urne, vous rentrez chez vous gentiment, sans faire d'histoires, et vous vous servez un bon pastis, avec une bonne cigarette et vous vous avachissez dans votre canapé Lévitan acheté à crédit pour regarder deux équipes de foot se mettre la pâtée ou une série télévisée que vous affectionnez. C'est tout. Vous avez voté. Maintenant, jusqu'aux prochaines élections, vous n'avez plus aucun droit que celui de la fermer, de payer vos impôts et de vous tenir tranquille.

Vous avez fait le bon choix, de gauche, de droite ou du milieu, vous avez joué à tous les coups un numéro gagnant, puisque ce politicien va poursuivre sa carrière tranquillement en buvant à votre santé et en empochant vos impôts.
C'est toujours lui le gagnant. De droite, de gauche ou du milieu, c'est une grande famille, un bande de copains, c'est l'aristocratie de la France. Ils sont les nobles d'aujourd'hui, sans épée, sans titre de noblesse, mais avec l'argent, le pouvoir et les honneurs.

Et bien non, je ne m'intéresse pas à la politique. C'est crasseux, ça sent mauvais, ça me fait vomir. La politique, je la supporte, comme vous, comme un mal nécessaire, comme celui qui en parle tout le temps et qui n'en fait pas. La politique, je la laisse dans la rue ou dans les toilettes. Quand je rentre chez moi, je consacre mon temps, mon énergie et mon intelligence à ma compagne, à mes enfants, à ma maison et à toutes sortes d'activités personnelles que je n'ai pas besoin d'énumérer ici.

La politique, je vous en fait cadeau.
Amusez-vous bien.

Je n'ai pas voulu parler de politique, ici, mais simplement de la perception que l'on peut avoir de la politique.
Certes, nous n'en avons pas tous la même perception. Et alors ? N'a-t-on pas le droit d'avoir ses idées et ses préférences en toutes choses ? On voudrait nous faire tous nous passionner pour la politique.
J'imagine la France avec 62 millions de politiciens…

La politique, c'est sûrement très bien, mais ça ne vaut pas l'amour, la beauté, la joie, la jeunesse, les voyages et toutes les belles et bonnes choses de la vie qui n'ont rien de politique, n'en déplaise aux empêcheurs de vivre en rond de la politique.

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Le vote blanc

Introduction

Notre système législatif constitutionnel prévoit l'application de l'expression du principe démocratique par le suffrage universel, sous différentes formes de scrutin.

Le peuple de la République Française est appelé régulièrement à aller voter pour exprimer ses choix en fonction du type d'élection, présidentielle, législative, régionale, cantonale, municipale ou autres.

Le mode de scrutin est régit par des lois électorales applicables sur tout le territoire national.

Les électeurs de nationalité française, en pleine possession de leurs droits civiques, dûment enregistrés et inscrits sur les listes électorales, se rendent dans les bureaux de vote pour choisir un bulletin de vote et le glisser dans une enveloppe, à l'abri des regards, dans des isoloirs mis à leur disposition. Après quoi, ils sont invités à déposer leur enveloppe dans une urne électorale, sous la surveillance de plusieurs personnes mandatées à cet effet par les autorités préfectorales.

Chaque citoyen a droit à un vote. Chaque citoyen a le droit et le devoir d'aller voter afin d'exercer son droit démocratique et afin de servir sa patrie, la Nation Française.

Le refus ou l'impossibilité d'aller voter est un acte non-civique. Le droit de vote est aussi une obligation sanctionnée par la loi dans d'autres pays.

Les électeurs qui ne votent pas, quelles que soient leurs raisons, sont qualifiés d'abstentionnistes. L'abstentionnisme est comptabilisé en tant que suffrages non-exprimés dans le dépouillement du scrutin mais ne compte pas dans le résultat des élections.

Le droit de vote est un droit et une obligation morale pour tous les citoyens électeurs. Un vote peut se traduire par un choix entre deux ou plusieurs personnes, par un choix entre deux ou plusieurs listes électorales ou par un choix entre deux alternatives politiques soumises au peuple par le suffrage universel dans un vote appelé " référendum ".

Le vote est un acte positif et l'abstention est un acte négatif non-citoyen.

Les électeurs votent en fonction de leurs choix de personnes, de société ou d'alternative politique, selon leur intime conviction et leur sensibilité.

Les politiciens ont bien compris le système et l'ont adapté à leur confort.
Aujourd'hui, la classe politique ne sert qu'un électeur : celui du pouvoir et de l'argent. Et pour cela, ils sont tranquilles, le système fonctionne parfaitement, avec ou sans vos voix. Dans tous les cas, QUE VOUS ALLIEZ VOTER OU NON, A GAUCHE OU A DROITE OU AU MILIEU, ILS SONT TOUJOURS ELUS OU REELUS… !


Le bulletin blanc

Dans certains cas, les électeurs peuvent se trouver face à un choix difficile dans lequel aucune des options qui leur sont proposées ne les satisfont. Dans ce cas précis, l'électeur devrait normalement avoir le droit de déposer dans l'urne un " vote blanc ", c'est-à-dire un vote négatif concrétisé par l'absence de bulletin dans l'enveloppe ou par la présence d'un bulletin blanc. Tout bulletin raturé ou portant des indications hors de propos étant considéré et comptabilisé comme nul. Toutefois, afin que ce type de vote puisse être exprimé le plus clairement possible, il serait souhaitable qu'il le soit effectivement avec un véritable bulletin blanc glissé dans l'enveloppe. Le rejet des options politiques se traduirait donc par un acte positif puisque l'électeur se serait rendu aux urnes et aurait concrètement exprimé son vote par un bulletin blanc. Un tel vote est moralement et civiquement tout aussi respectable qu'un autre. Un vote de désaveu ne peut pas être tenu pour incivique. Un vote blanc doit être considéré comme un acte positif, puisqu'il est le choix d'un électeur accomplissant son devoir électoral.

Normalement, un bulletin blanc devrait donc effectivement être comptabilisé comme un vote négatif face à l'ensemble des options qui sont proposées aux électeurs. Mais en l'état actuel des choses, dans notre pays, un bulletin blanc est considéré comme un bulletin nul, donc comme une abstention. Pourtant, on ne peut pas honnêtement considérer l'attitude d'un électeur qui est venu voter mais qui rejette toutes les options politiques de l'élection comme celle d'un électeur qui n'a pas voté, quelles que soient ses raisons. L'électeur qui n'a pas voté ne s'est pas exprimé, alors qu'il était en droit de le faire et a adopté une attitude de désintérêt face à l'enjeu électoral posé. Alors que, de son côté, l'électeur qui a voté blanc s'est donné la peine de se rendre au bureau de vote pour y exprimer son désaccord avec l'ensemble des options de l'enjeu électoral posé. Celui-ci a accompli son devoir citoyen en son âme et conscience politique.


De la positivité du vote exprimé

Nous en arrivons à nous poser la question de ce qu'est un vote positif ou un vote négatif ?

S'exprimer lorsqu'on nous le demande, par le suffrage universel, est un acte positif, un droit et un devoir civique qui nous est donné par la loi. Cette loi pour laquelle, tout au long de l'histoire de notre pays, des hommes et des femmes se sont battus et ont donné leur vie.
On en revient toujours au principe démocratique : " La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple. "

Mais, comme toutes choses en ce monde, la démocratie a connu bien des avatars, des hauts et des bas, des crises, des guerres et des persécutions. Elle a connu bien des dérives, des écarts et des perversions. On en est même arrivé à ce que des pays où les peuples ne possédaient plus aucun droit et étaient gouvernés par les pires dictateurs et tyrans, sous des régimes de terreur, d'oppression et d'extermination de tout représentant d'une possible opposition, se soient auto-déclarés à la face du monde : " démocratie populaire ".
Appellation tout à fait invraisemblable au double titre que ces pauvre états n'étaient ni des démocraties ni d'émanation populaire. Il s'agissait le plus souvent de dictatures dont le dirigeant était élu à vote ouvert par des membres d'un parti de privilégiés qui se trouvaient totalement sous sa coupe. Ce qui leur permettait d'atteindre des scores électoraux de l'ordre de 100%.

Les dérives de la démocratie ont aussi entraîné, dans notre pays, toutes sortes de stratégies politiciennes, de contournement de la morale et de l'esprit des lois. Les politiciens de tous bords connaissent parfaitement les ficelles du système électoral et ne se privent pas de le remettre périodiquement en cause, juste dans le but de favoriser leur propre future élection. Ainsi, parmi les options électorales offertes aux électeurs, certaines ne présentent vraiment plus aucun intérêt et ne répondent plus du tout aux aspirations et aux espoirs des citoyens.
Les hommes politiques, eux-mêmes, ont perdu la foi et offrent des images affligeantes de " has been ", de crieurs de foires et de marchands de tapis.
Et je ne parle pas de ceux qui sont allés faire un tour en prison et reviennent sur la scène électorale avec une virginité toute neuve qui n'a d'égale que la propension fantastique des Français à l'amnésie. On le sait, les hommes ne retiennent jamais les leçons de l'Histoire…

Alors, un vote positif, oui, mais dans quelle mesure… ? Un vote est-il positif lorsque l'électeur rentre chez lui avec des regrets ou une impression malsaine de s'être fait avoir encore un coup ?
Un vote est-il positif lorsque entre une fripouille est un incapable il a fallu faire un choix?
Un vote est-il positif lorsque la seule alternative est de choisir entre " la gauche " ou " la droite ? " Ces concepts de gauche et de droite sont-ils encore porteurs de quelque chose ? Par expérience, on sait bien que " la gauche ou la droite rien ne change jamais en France." Sauf les impôts et charges diverses qui augmentent toujours, la qualité de la totalité des services publiques qui diminue toujours et les dépenses de l'état qui augmentent perpétuellement sans que personne ne soit capable d'expliquer pourquoi.

Finalement, on pourrait considérer que certains votes traditionnellement " positifs " prennent un aspect plutôt négatif quand on y regarde d'un peu plus près. C'est pourquoi la nécessité d'introduire la notion de vote blanc positif dans le système électorale français devient une chose importante et urgente.
La perception électoraliste de la citoyenneté prendrait un autre visage.
Nombreux seraient les citoyens qui, plutôt que d'aller directement à la chasse ou à la pêche le jour des élections, accompliront préalablement leurs obligations électorales pour mettre un bulletin blanc dans l'urne et auront de la sorte le sentiment profond d'avoir voté " utile ". Un vote utile pour dire qu'ils en ont assez de ces professionnels de la politique qui ne font jamais rien et qui consacrent tout leur temps à se maintenir dans une position où leurs seules préoccupations sont d'être réélus la prochaine fois.
Voter blanc, voter utile ! Evidemment, les politiciens ne sont pas d'accord avec le vote blanc… Pourquoi ?


Pourquoi les politiciens sont hostiles au bulletin blanc ?

En effet, les hommes politiques de tous bords sont plutôt opposés au principe du vote blanc. En l'état actuel des choses, l'abstention seule est prise en compte dans les scrutins, en dehors des suffrages exprimés. Pour les hommes ou les partis politiques, les abstentionnistes sont des vilains qui ne font pas leur devoir et leur avis ne compte pas. Mais si on doit prendre en compte les avis de ceux qui ne trouvent personne à leur goût parmi les candidats, on risque d'assister à des votes de désaveu collectif massifs qui rendront extrêmement périlleux, pour certains, l'exercice de leur activité politique habituelle.

Pour l'instant, lorsque les électeurs sont mécontents ils votent pour le candidat ou le parti qui leur semble le moins dangereux, le moins nocif, le moins stupide, le moins menteur ou malhonnête… Ce qui ne constitue pas, en tout état de cause, l'expression d'un vote particulièrement positif.
Nos concitoyens font aussi appel au fameux " vote sanction " pour dire à ceux qui sortent de mandat qu'ils feraient bien d'améliorer leurs prestations, voire même d'aller se faire pendre ailleurs.
Ces dernières décennies, les Français ont inventé un jeu électoral amusant qui s'appelle " l'alternance ". On fait passer tour à tour les rênes du pouvoir du candidat ou du parti de gauche à celui de droite et vice-versa à l'élection suivante. Mais le résultat est toujours aussi piteux, car les pépinières des hommes politiques professionnels de gauche et de droite sont les mêmes et leurs méthodes sont sans nuances et sans originalité, en général.
Mais, au fait, qui sont-ils ces hommes politiques ?


Les hommes politiques

Ils viennent de différentes origines et classes sociales, mais rarement des classes pauvres.
Selon le cas, ils auront fait de grandes écoles (ENA, l'X 'Polytechnique', Sciences Po, Normale Sup, etc…) avec les sous du papa, comme à la bonne vieille époque de la Noblesse de France, à laquelle nous revenons peu à peu, soit ils auront suivi la filière plus aléatoires des syndicats et partis politiques ou de la vie de la cité (mairie, canton, conseil régional…)
Au départ, ils représentent plus ou moins quelque chose. Ils ont un vague idéal et de vagues convictions, mais tout cela se dissout et s'affaisse comme un soufflé au fromage aux premiers contacts avec la lutte pour le pouvoir et tous les avantages que celui-ci procure.
Pour se lancer et réussir dans la carrière politique, certaines " qualités " sont nécessaires et même indispensables. D'abord, ne pas être stupide ni naïf. Être de préférence ambitieux, avoir un monstrueux ego, aimer le pouvoir, l'argent, dominer les autres, manipuler les autres, savoir mentir à la perfection (là, les avocats ont beaucoup d'entraînement), être très hypocrite ou très diplomate, au choix, n'avoir aucun scrupule à écraser ceux qui vous ont rendu service et vous ont aidé à vous hisser au sommet et n'avoir aucune vergogne à utiliser les fonds publics à des usages personnels (en effet, tout ce que vous dépenserez sera payé avec l'argent des contribuables.) Il faut aussi savoir déléguer, tout en n'ayant aucune confiance dans vos subalternes. Il n'est pas question de travailler, compte tenu du peu de temps que vous auriez à y consacrer. Et d'autres feront aussi bien que vous ce que vous auriez mal fait, de toute façon. Et puis, en déléguant, vous avez automatiquement des responsables à désigner en cas de clash. La délégation, enfin, vous permets de vous consacrer entièrement à votre activité politicienne, à soigner votre image et à briller dans les cocktails.
Il faut savoir prendre ses responsabilités lorsque tout va bien et les faire peser sur les autres quand tout va mal. Un homme politique ne doit jamais engager sa responsabilité dans des actions qui pourraient mal tourner ni reconnaître la moindre responsabilité dans des actions qui ont déjà mal tourné.. Pour cela, les subalternes servent très bien de fusible. Les responsabilités peuvent d'ailleurs savamment être noyées et diluées dans les méandres cloaqueux des partis, si bien organisés pour ça. Il y aura toujours un pauvre type pour payer l'addition.
Actuellement, nous assistons en France à un désengagement total des responsabilités des hautes sphères parisiennes de l'état dans ce qu'on appelle la régionalisation. La haute bourgeoisie et aristocratie parisienne en avait assez de s'occuper de la province et s'est rendu compte qu'un tas de jeunes ambitieux le feraient aussi bien sur place et la déchargerait ainsi de ce fardeau ennuyeux.
Ainsi, Paris pourra de nouveau se consacrer uniquement et en toute sérénité à des activités mondaines et futiles beaucoup plus passionnantes que la gestion des provinces. Le tout en augmentant un peu les impôts des français, au passage, afin de compenser l'inflation sur le foie gras et les courses hippiques. Dans le même temps, la province annoncera de nouvelles augmentations d'impôt destinées à couvrir les nouvelles dépenses de gestion. En effet, là ou une personne suffisait jusqu'alors, il en faudra désormais 24, pour 24 régions.
Peu à peu, ils font partie d'un appareil, d'un système, d'un parti ou d'une idéologie plus ou moins fumeuse. Ils font leurs armes, ils doivent le respect et l'obéissance absolue à leur grand manitou. Si ils arrivent à se distinguer de la masse, alors ils ont droit à une promotion et commenceront à évoluer dans la cour des grands.
Certains savent dès le départ ce qu'ils veulent, ce qui a le mérite d'être clair, le pouvoir, les honneurs et le fric. Tous les moyens sont bons pour y accéder. Les convictions personnelles sont reléguées aux oubliettes et le choix d'un parti se fait comme l'achat d'un portefeuille de bourse (exemple, Laurent Fabius, gosse de riches, qui avait compris dès le départ qu'il ferait beaucoup mieux son trou à gauche plutôt qu'à droite, compte tenu d'une certaine conjoncture, mais qui aurait aussi bien choisi la droite si la conjoncture avait été différente.)
Bien sûr, il y a aussi le fameux cumul des mandats qui a tout de même été un peu régulé, ces dernières années. C'était trop facile de prendre trois ou quatre voire cinq mandats pour toucher les indemnités liées à ces mandats. Seulement imaginez un homme qui serait à la fois plombier, avocat, professeur et garagiste et devrait accomplir, chaque jour, les tâches afférentes à ces différents métiers.
Difficile de satisfaire les clients. C'est bien ce qui se passait. Et les électeurs n'étaient pas du tout satisfaits. Ces hommes passaient la totalité de leur temps à conforter leur position politique et à préparer des élections qui n'en finissaient jamais. Il ne faisaient absolument rien d'autre. Car, lorsque l'on parle de cumul des mandats on ne parlait que des mandats politiques. Mais à côté de ça, il y a souvent des activités à la tête de commissions diverses, d'associations, de syndicats, de mouvements variés.

Les hommes politiques sont tous portés par un idéal généreux, altruiste et désintéressé et sont prêts à donner leur vie pour la patrie et pour la grandeur de la France. Ils luttent tous âprement pour que les valeurs de la République soient mises à l'honneur et pour le bonheur du peuple…
On croit rêver, hein !
Non, c'était pour rire. Ha, ha, ha !!
Vous voulez savoir la vérité ? Je vous préviens, elle est moins glorieuse et moins gaie. Mais comme je veux être juste dans mon jugement, je reconnais que sur ce qui va suivre, certains hommes politiques sont peut-être différents, dans une proportion que je ne puis guère évaluer à plus de 1%, environ, et encore, je suis gentil. Ce qui permettra à tous les hommes politiques qui liront ces lignes de se situer dans ces 1%.
Habile, non ? Vous voyez, je deviens comme eux… !

Sérieusement, vous croyez vraiment que les politiciens ont du temps à perdre à faire des projets grandioses pour la France, à échafauder des stratégies de gouvernement, à concevoir de vaste plans de restructuration, à élaborer des projets de lois dans l'intérêt de tous les Français, à essayer de faire marcher correctement tout ce qui ne marche plus depuis longtemps en France, à anticiper sur la crise catastrophique qui se prépare au niveau de l'ensemble du système de solidarité (chômage, Sécurité sociale, retraites) ou sur l'état lamentable et le sombre avenir de notre système de santé, de notre Education nationale, de notre administration et de notre Justice ?
Lorsqu'un homme politique a réussi à gravir les degrés de la pyramide du pouvoir, ils doit se battre comme un lion pour y rester. C'est la plus grande partie de son travail. Tout le reste, il le confie à des sous-fifres. Et de toute façon, ces gens-là ne font rien d'autre qu'expédier les affaires courantes et veiller à ce que le patron ne soit pas dérangé. Il n'est pas question de faire du zèle. Les citoyens pourraient y prendre goût. Donc, on ne peut pas voir son homme politique chéri, ni lui téléphoner et si on lui écrit on ne reçoit jamais de réponse. De toute façon, il n'a rien à vous dire et vous n'êtes rien pour lui.
Cette position, ils doivent la défendre, en participant à des colloques, des conférences, des interviews, des émissions de télévision, des cocktails. Ils doivent donner l'illusion de s'intéresser aux problèmes des Français en se montrant un peu à droite et à gauche en serrant des mains et en embrassant des bébés. Mais leur seul véritable souci, ce sont les prochaines élections, dans quatre, cinq, six ou sept ans… Et là aussi, il faut se battre. Il faut analyser les résultats précédents des uns et des autres et préparer une campagne dans le but d'avoir des résultats encore meilleurs.
Surtout ne pas faire les travaux prévus initialement par le parti adverse qui risquerait de s'en attribuer les mérites. Surtout ne rien faire du tout.
A tout instant, déprécier le travail des autres, diminuer les mérites du candidat opposé, critiquer tout ce qu'il fait, tout ce qu'il dit et tout ce qu'il veut faire, avec un budget inexistant. Abaisser l'autre pour s'élever soi-même.

Tout cela, c'est beaucoup d'énergie gaspillée contre l'intérêt du pays.
N'oublions pas que ce qui intéresse les hommes politiques, à tous les niveaux de la pyramide, du plus petit maire de campagne jusqu'au président de la République, c'est de se gaver de ce pouvoir qui rend les hommes fous, de se gaver des honneurs et des marques de respect que les gens vous donnent servilement, de pouvoir écraser les autres sans risque, de se gaver enfin de tout cet argent public, argent facile, qui seul transforme les hommes à ce point.

La carrière politique est une mine d'or et c'est pourquoi les candidats sont si nombreux et la lutte si âpre. La carrière politique c'est tout sauf un travail. Là, on fait travailler les autres et on ramasse l'argent public. C'est une sinécure. Sinon, pourquoi seraient-ils si nombreux à vouloir y aller ? La carrière politique, c'est tout un environnement de " cocoonning ", voitures de fonctions, gardes du corps, surveillance permanente de votre domicile, priorité partout où vous allez, sans égards ni aucun respect pour d'autres usagers éventuels. Vous pouvez dire n'importe quoi sans avoir à vous justifier. Le droit de réponse n'existe pas. Vous êtes inatteignable par le public. On ne peut pas venir vous dire en face ce que l'on pense de vous ou de vos méthodes. On ne peut pas vous demander de comptes. A un certain niveau, vous disposez d'une immunité parlementaire ou autre qui vous met à l'abri de bien des tracasseries.
La carrière politique est une telle sinécure que certains ont encore toute leur fougue et toute leur énergie pour la faire durer jusqu'à 90 ans. Et tout le monde sait q'un homme qui a travaillé honnêtement toute sa vie est fatigué et usé en fin de carrière et souhaite ardemment une retraite bien méritée à un âge raisonnable, entre 55 et 65 ans. La plupart des hommes sont heureux, à ce moment-là, de se consacrer un peu à leurs enfants et petits-enfants, à passer du temps avec leur compagne ou a cultiver un joli potager. Mais les politiciens, eux, ne se soucient guère de leurs enfants et petits-enfants ou d'un potager et ne peuvent supporter l'idée qu'un autre prendra leur place à cette sinécure dans laquelle leur ego et leur orgueil incommensurables ont si souvent été honorés.

Et pourtant, quand on y pense, beaucoup de ces hommes et de ces femmes qui prétendent nous gouverner n'ont aucune compétence pour le faire. Certains n'ont parfois même pas leur baccalauréat. Ils ne subissent jamais l'interrogatoire d'un candidat à un poste dans une entreprise. Ils n'ont pas à écrire de lettre de motivation. La plupart du temps, on ignore tout de leur passé. Ils nous parlent toujours de ce qu'ils vont faire (et avec quel argent ?), mais jamais de ce qu'ils ont déjà accompli au cours de leur carrière. Ils n'ont pas suivi de formation particulière. Ils sont seulement animés par leur ambition dévorante.
Voilà aussi pourquoi leur seule réponse à un problème donné est le plus souvent la création de nouveaux impôts et de nouvelles contraintes pour les citoyens. C'est le pur résultat de leur incapacité totale à réfléchir aux problèmes et à essayer de leur trouver des solutions intelligentes et rationnelles.


L'argent !

Il est bien connu de tout le monde que c'est l'argent qui mène le monde et que l'argent est le dieu de tout le monde.
Les candidats à des carrière politiques n'ont rien en commun avec des enfants de chœur, des anges ou des parangons de toutes les vertus.
Ce qui les attire, outre le caractère très agréable de la carrière politique et leur ambition dévorante, c'est l'argent. Comme je le disais plus haut, " argent public, argent facile ". Ce qui signifie que l'argent public c'est l'argent des impôts, prélevé par la force dans le portefeuille des contribuables et redistribué vers les administrations et diverses structures politiques de la pyramide de l'Etat.
Cet argent, ceux qui ont souffert pour le gagner, le produire et se le faire ponctionner, en ont fait leur deuil. Il est devenu propriété de l'Etat. Et l'Etat c'est tout le monde et personne. Dans l'Etat, c'est celui à qui on confie l'argent qui aura à le dépenser plus ou moins utilement ou le dilapider carrément. Personne ne lui demandera de comptes, surtout pas la célèbre Cour des Comptes qui n'est qu'un paillasson au service du pouvoir.
C'est étrange comme cet argent qui vient du peuple et passe soudain dans les mains d'un haut ou d'un petit fonctionnaire n'a plus le goût de la sueur et du sang comme pour ceux à qui il a été arraché par l'impôt. Il n'a plus de goût du tout, d'ailleurs. C'est l'argent de l'Etat. C'est de l'argent neutre. Il pourra être dépensé à une juste cause au service du public, comme il pourra disparaître dans une caisse noire de l'Elysée ou de quelque ministère et servir à subventionner des trucs glauques et douteux comme des cadeaux à des hommes politiques étrangers, des cadeaux à la famille du Président ou d'un ministre, ou à des trucs foireux.
C'est drôle comme l'argent qui n'est pas à quelqu'un en particulier peut facilement appartenir à celui qui l'a en main, tout-à-coup.
J'ai quelques souvenirs et observation personnels qui m'ont permis de mieux comprendre comment un homme pouvait si facilement incliner peu à peu à prendre la caisse de l'Etat ou de son administration ou de son parti politique pour son propre porte-monnaie et s'en servir pour son propre usage.
Ayant été moi-même employé dans quelques grandes entreprises au sein desquelles j'ai eu à gérer des budgets, ou encore syndicaliste ou président d'association, je me suis souvent fait la réflexion que les gens me faisaient confiance et que j'aurais parfois pu me servir dans la caisse comme d'autres ne se sont pas gênés pour le faire, comme M. Jacques Crozemarie, par exemple, dans l'Association de Recherche contre le Cancer.
Quel que soit le poste ou la fonction que l'on occupe, il peut toujours arriver que l'on soit tenté d'utiliser le bien commun à des fins personnelles.
Prendre un timbre ou deux sur le budget de fonctionnement que l'on gère pour du courrier personnel et ne jamais les remettre en caisse peut sembler un acte insignifiant. Mais au regard de la morale universelle il ne s'agit de rien d'autre que d'un vol. Un acte malhonnête, condamnable par la morale et punissable par la loi des hommes. Du timbre poste on passera à l'utilisation de sa voiture de service ou de fonction pour de longs voyages touristiques ou de l'ordinateur du bureau pour surfer sur le web. Lorsque j'étais syndicaliste, nous avions l'habitude d'organiser chaque année pour notre section syndicale des stages de formation juridique et sociale ou autres qui se déroulaient dans des hôtels trois étoiles en des lieux agréables tels que l'Ile de Ré, Saint-Raphaël ou la Bretagne. Une partie des dépenses de ces stages était prise en charge par l'entreprise et le reste par le syndicat. Mais, déjà à ce niveau, je considère que nous fonctionnions avec beaucoup de légèreté et de mépris de nos employeurs et de nos cotisants en dépensant leur argent dans de tels séjours, alors que nous aurions pu tout aussi bien suivre ces cours de formations juridique et sociale dans nos locaux habituels, au siège de notre entreprise, à Paris.
A partir d'un tel comportement, tout est possible. Ensuite, on arrive aux niveaux les plus élevés de la malversation, du détournement de fond, d'abus de biens sociaux, comme dans tous les cas que l'on a pu voir défiler aux actualités… Toutes ces affaires où des milliards d'euros (Affaire Elf, Crédit Lyonnais, etc…) sont détournés pour aller grossir les comptes suisses de quelques escrocs de haut vol.
Et pourtant, ces gens-là ne se sentent pas le moins du monde coupables de quoi que ce soit. Pour eux, c'est naturel. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Et que le meilleurs gagne. Tout cet argent, il n'est à personne, il ne manquera à personne. Personne ne sait même qu'il existe, pratiquement. C'est facile.
Mais le plus facile est bien l'argent public, l'argent de l'Etat. Alors, on comprend avec quelle facilité même l'homme le plus intègre, au départ, va glisser tout doucement dans la facilité et la spirale de la malhonnêteté sans se rendre compte du tort qu'il fait à ses contemporains.
Tout cela devra cesser un jour. Il faudra y mettre un terme. Cet argent facile, c'est l'argent des citoyens. Et les citoyens attendent que l'on fasse un bon usage des impôts qu'ils doivent payer. Ils veulent se sentir en sécurité, ils veulent une bonne économie, une bonne Justice, une bonne Santé, une bonne Instruction publique. Ils veulent des hommes publique responsables, qui s'engagent et travaillent au bien commun et rendent des comptes sur leurs mandats. Des hommes qui apportent à la France et ne se contentent pas de piller les caisses de l'Etat et de disparaître ensuite. Des hommes honnêtes, droits et vertueux et qui le restent.


En conclusion

Voilà pourquoi beaucoup de gens voudraient mettre un bulletin blanc et voilà pourquoi les politiciens ne veulent pas, car ils savent très bien ce que pensent d'eux une partie des Français. Et lorsqu'on voit les véritables scores électoraux et les pourcentages dérisoires grâce auxquels certains hommes gouvernent, on imagine que les bulletins blancs remplaceraient beaucoup de reports de voix et de votes sanctions et que certains abstentionnistes reviendraient dans les bureaux de vote pour voter blanc, ce qui aurait pour effet de réduire à des chiffres ridicules les pourcentages en question.
On en arriverait à être gouvernés par un président qui ne représenterait que 20% des électeurs.

Enfin, cerise sur le gâteau, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas légiférer, en plus, pour que deviennent inéligibles temporairement ou définitivement tous les parasites du pouvoir qui n'auraient pas obtenu aux scrutins un nombre de suffrage minimum exprimés.
Ce qui laisserait peut-être, enfin, la place à des hommes plus motivés, plus proches des citoyens et aussi plus compétents pour gouverner notre beau pays.

Mais si l'on doit véritablement faire changer les choses dans ce pays, il faudra vraiment le vouloir. Car ce n'est pas en attendant qu'elles changent toutes seules que ça va arriver.
En ce qui concerne les politiciens, c'est-à-dire les hommes qui dirigent et gouvernent l'état à tous les niveaux de la pyramide des institutions de la République, il faudra vraiment reprendre en main le filtrage des candidatures.

Pour cela, nous suggérons les options suivantes (suggestions) :

-- Tout homme qui voudra se lancer dans la carrière politique devra avoir préparé préalablement un diplôme universitaire minimum de connaissances de la gestion des affaires publiques (sur deux ans) et passer un concours de sélection dont le public sera en droit de connaître les résultats.
-- Tout candidat à un poste électif dans la carrière politique devra présenter et tenir en permanence à la disposition du public, sur simple requête d'un citoyen, un curriculum vitae très complet sur ses activités passées dans le domaine privé ou public, ses diplômes, ses formations diverses et ses actions professionnelles menées à terme.
-- Un homme politique ne pourra jamais postuler à plus d'un seul mandat électif à la fois, compte tenu de l'importance vitale de l'accomplissement de sa mission dans les meilleures conditions. Et il ne pourra pas postuler pour un mandat électif dans une autre fonction pendant les dix années qui suivront son élection précédente.
-- Le candidat devra également présenter au public un extrait de casier judiciaire vierge et prêter serment sur son honneur qu'il n'a jamais été condamné à aucune peine civile ou pénale avec ou sans sursis, antérieurement, dans notre pays ou dans un autre pays, et sans préjudice que des citoyens puissent dénoncer des manquements graves à ce serment et que le coupable soit aussitôt cassé de ses fonctions électives.
-- Tout candidat qui ne représentera pas plus d'un certain pourcentage des électeurs (20%, par exemple), devra être considéré comme n'ayant aucune justification à reposer sa candidature, et donc être qualifié d'inéligible, pendant les dix années qui suivront et pendant les vingt années qui suivront en cas de second échec. Ceci pour laisser la place à des candidats sérieux effectivement soutenus par un véritable électorat.
-- Tout homme politique élu par le peuple à une fonction élective devra rendre au public des comptes clairs de son activité et de sa performance en terme de productivité. Ces comptes devront être publiés tous les ans et en fin de mandat. Des tables officielles devront être établies afin que la productivité d'un homme politique puisse être facilement appréciée par les électeurs et afin que sa possible candidature à un nouveau mandat puisse être rejetée ou interdite par un acte légale d'inéligibilité lié à ses mauvaises performances. Auquel cas, l'inéligibilité serait à vie, sans préjudice que les électeurs puissent poursuivre et faire condamner l'homme politique pour le crime grave de dilapidation des fonds publics ou de manquement à ses engagements et à sa mission.

Mais notre pays est en passe d'aborder très prochainement une phase et une période dramatique de son système de solidarité et de ses lois sociales et les Français devront se préparer à de grands changements qui se feront probablement dans la violence et dans le sang. Il est, en effet, impensable que notre système de sécurité sociale, de chômage et de retraite puisse continuer à fonctionner comme il le fait actuellement, avec un déficit chronique de dimensions titanesques, sans que le pouvoir de l'Etat n'ai bientôt à rendre au peuple des comptes précis, détaillés et définitifs, des comptes de clôture.
Il va bien falloir arrêter de finasser, de prendre le peuple français pour des crétins et de jongler avec des chiffres qui n'ont plus aucun sens en essayant de faire croire que tout va bien.
Nous sommes dans le rouge depuis des années. Les replâtrages fonctionnent tant qu'il existe des ressources, mais malheureusement nos dirigeants de gauche, de droite comme du milieu ont ruiné notre pays en le rendant exsangue de toutes ses richesses. Nos capitaux s'en sont allés, nos entreprises ont " délocalisé " et sont donc parties ailleurs, nos compétences et nos cerveaux partent continuellement vers des pays où on les respecte et où on les paie. A côté de ça, notre population très vieillissante coûte très cher en retraites que l'on ne pourra bientôt plus payer, notre système de santé est déjà bien arrivé à deux vitesses, pour ne pas dire trois et nos chômeurs sont jetés à la rue sans ménagements par ceux qui, jusqu'à présent, avaient pour mission de les aider, de les soutenir et de les reclasser (ANPE). Il y a en France plus de dix millions d'exclus du partage et quatre millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim. Les chiffres ne sont pas faciles à produire, tant l'Etat nous a menti et nous a trompés durant des décennies.
Mais si l'on fait le décompte des actifs et des passifs, en termes de populations, on comprend bien que le système vacille sur ses bases et n'en a plus pour longtemps à vivre (26 millions d'actifs sur 62 millions de Français).
Les Français doivent s'attendre à des heures difficiles et des années d'austérité. On a joué gagnant pendant trop longtemps. Nos richesses se sont envolées en fumée et la France est au bord de la ruine, malgré les apparences.
Toutes les entreprises délocalisent vers l'étranger, tous les diplômés partent dans toutes les directions de l'Europe ou du reste du monde, les capitaux s'accumulent dans les paradis fiscaux (2000 milliards d'euros français rien que pour la suisse). Merci aux syndicats qui ont détruit notre industrie textile, minière, métallurgique et papetière, notre économie portuaire et continuent actuellement à démolir nos transports ferroviaires, aériens et maritimes.
Si une crise grave se déclenche, elle donnera lieu à des règlements de compte terribles. Ceux qui auront vécu en parasites de l'Etat ou de la société y laisseront leur vie.
Notre pays en ressortira vraisemblablement très mal en point. Cela nous ramènera plusieurs siècles en arrière. Et la reconstruction sera longue et douloureuse. C'est le prix à payer pour des dizaines d'années de mauvaise gestion des affaires de l'Etat par des politiciens véreux et corrompus.
Mais nous ne sommes pas seuls. L'Europe entière s'embrasera.

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Petit essai sur ce que l'on appelle la sagesse…

Unique citation :

" Tout le problème de ce monde, c'est que les idiots et les fanatiques sont toujours si sûrs d'eux, tandis que les sages sont tellement pleins de doutes. " Bertrand Russell

La sagesse est une chose fort rare, tout comme la beauté absolue.
Pourtant, Voltaire disait que de toutes les vertus la sagesse et la raison étaient sûrement les mieux partagées, puisque personne ne se plaignait d'en manquer…

Qu'est-ce que la sagesse ? Probablement une grande vertu et la mère de toutes les vertus.
Qu'est-ce qu'un sage ? Un homme qui possède la mère de toutes les vertus et donc toutes les vertus… Peut-être.
On peut admettre que le sage soit un homme qui pense et qui agit avec sagesse et dont les actions sont bonnes pour lui, pour l'humanité et pour la nature.
Mais tout comme la sagesse, ce genre d'homme est fort rare.

La folie est le contraire de la sagesse.
La folie est ce qui conduit la plupart des hommes à des comportements et à des actes passionnés et souvent insensés pour parvenir à leurs fins et réaliser leurs ambitions dans des domaines comme l'amour, l'argent, le pouvoir, la gloire et les honneurs.
La folie conduit parfois à la barbarie et aux pires abominations.

La sagesse ne peut donc cohabiter avec la passion ni avec les ambitions de la richesse, du pouvoir, de la gloire ou des honneurs, tels l'image, l'argent, la politique, la notoriété. Ces valeurs là ne conduisent pas les hommes vers le bonheur mais vers son illusion et les enferment souvent dans des systèmes dans lesquels il perdent leur dignité. Le sage ne se soucie jamais des apparences. Il sait qu'elles sont une illusion et un piège pour la raison.

Parfois, on entend parler de groupes d'hommes que l'on appelle " conseil des sages ". En fait, cette appellation est le plus souvent impropre. Il s'agit généralement d'hommes de pouvoir ou d'argent ou des deux, rompus à toutes les ficelles de la politique et du pouvoir, qui sont des domaines désertés par la sagesse.

La sagesse est discrète, humble, le plus souvent invisible pour les hommes passionnés qui en sont dépourvus. La sagesse n'est pas un produit manufacturé. On ne peut ni l'acheter, ni la vendre, ni la voler ni la trafiquer… Le sage n'est pas médiatique. Il ne passe pas à la télé ou à la radio. Il n'écrit pas de livres ni ne fait de conférences sur la sagesse. La sagesse est la capacité libre d'analyser, de comprendre, d'aimer, d'apprécier, de supporter, de tolérer, de respecter, d'accepter mais aussi de renoncer.
Le sage pourrait se définir comme un homme n'ayant ni dieu qui aliène sa raison ni maître qui aliène sa liberté. Toute aliénation ne pouvant conduire qu'à un emprisonnement de la conscience et à une perversion du jugement.
On évoque parfois la sagesse des rois ou la sagesse des juges, mais ces hommes-là sont souvent prisonniers de nombreuses contraintes invisibles telles que les pressions du pouvoir ou celles de l'opinion et parfois celles de la déraison.

Un sage pourrait aussi se définir comme étant un homme d'expérience, qui connaît profondément la vie et les hommes. Le sage a appris la différence entre le bien et le mal et applique cette connaissance à chaque minute de sa vie. C'est un homme qui a connu la douleur et la souffrance et qui les a acceptées comme étant des éléments incontournables et inéluctables de la vie. Un homme qui a appris à pardonner. Un homme qui a appris au contact des autres. Contrairement aux autres hommes, le sage est un homme attentif à ses semblables, car il sait que des opinions différentes sont une perpétuelle source d'enrichissement et de connaissance. Le sage est un homme qui a su comprendre les autres, qui les a regardé vivre avec leurs plus grande qualités et leurs pires défauts. Il a appris à les voir avec amour, indulgence et compassion. C'est aussi un homme qui a beaucoup voyagé sur la terre et aussi dans le cœur des hommes. Un homme qui a rencontré et aimé tous les peuples de la terre et qui a vécu tous les sentiments et toutes les émotions des autres hommes.
Un sage pourra se distinguer par ses actions et par les préalables qui l'auront conduit à décider de mener ces actions. Mais parfois la sagesse lui dictera de mener ces actions de façon différente ou de ne pas les accomplir, selon les circonstances.

Le sage n'est pas un homme parfait. Le sage n'est pas à l'abri de commettre des erreurs. Mais lorsque il en aura commis, il les reconnaîtra, il les réparera, il demandera pardon à ceux qu'il aura pu léser et il paiera sa dette jusqu'au bout, dut-il suer sang et eau, jusqu'à ce qu'elle soit acquittée. Mais surtout, il tirera toujours la leçon de ses erreurs et saura ne jamais plus les répéter. Car nos erreurs, si elles nous font souffrir et font souffrir d'autres êtres, nous apportent cette grande richesse qu'est l'expérience. Cette même expérience qui nous apprend aussi à accepter et à pardonner les erreurs des autres.

Le sage n'est pas un être passionné. C'est un être réfléchi. Il n'éprouve pas de haine dévorante ni de fanatisme. Il cherche seulement à comprendre. Mais il peut aussi aimer ou ne pas aimer, tout simplement.

Le sage s'est détourné et s'est affranchi de toutes les passions qui aliènent les autres hommes et les maintiennent dans un demi-esclavage physique et intellectuel.
Il a atteint la sérénité de l'esprit et du corps à la suite d'un long travail sur lui-même. Il a su contrôler et maîtriser ses hormones, ses pulsions et ses instincts, tout ce qui représente notre part biologique animale.

L'homme ordinaire parle beaucoup, à tort et à travers. Il s'écoute parler. Il fait beaucoup de bruit, il voudrait être le centre de tout les intérêts, car son ego est immense, et être considéré comme le plus grand, le plus beau, le meilleur.
Le fou veut toujours imposer son avis aux autres.

Le sage ne parle pas ou peu. Il écoute, observe et se tait. Il est un éternel apprenti, car il a compris qu'aucun être humain ne pourra jamais détenir toute la science ni toute la connaissance. Il a compris que la plupart des hommes ne retiennent jamais les leçons de la vie ou de l'histoire. Il a aussi compris que celui qui parle tout le temps est sourd et que le seul à s'enrichir véritablement est celui qui écoute. Mais c'est une richesse intérieure, qui ne se monnaye pas. Le sage n'impose jamais son point de vue. Il ne viendra jamais vous dire ce que vous devriez faire. Il sait bien que les hommes sont sourds à la raison et au bon sens.
Le fou ne demandera jamais l'avis du sage. Car tous les fous se croient des sages.

Le sage saura parfois demander l'avis d'un homme simple, d'un homme auquel on ne pense jamais à demander son avis, sans que l'on sache pourquoi. Car le sage sait qu'en chaque être humain il existe des parcelles de sagesse. Et parfois, celui qui regarde les choses de l'extérieur, de très loin, peut avoir un avis beaucoup plus sensé et sage que celui qui est au cœur de l'action et qui est totalement concerné et impliqué dans sa problématique.

Le sage n'est ni un moraliste ni un grand donneur de leçons comme, il y en a tant. Il sait que la sagesse vient du cœur, de l'intérieur de l'être. Le sage n'est pas parfait et il le sait.

Le sage n'accuse pas, ne critique pas, ne condamne pas. Il essaie seulement de comprendre. L'homme ordinaire se plaît à accuser et à condamner les autres hommes, non pas pour les fautes qu'ils ont commises mais parce qu'en abaissant un autre il croit s'élever. Les hommes ont ce besoin d'abaisser les autres, toujours et partout. L'autre est différent, cela suffit à l'accuser et à le condamner. Dans la chanson de Gilbert Bécaud " L'orange du marchand ", on se demande pourquoi les gens veulent pendre ce pauvre type pour un simple vol d'orange qu'il a commis ou non. Mais on comprend tout lorsque quelqu'un lui dit : " Tu es un étranger et tu portes malheur… "

Le sage possède un raisonnement sain, une conscience aiguë de la réalité des choses, un grand sens de la justice et de l'équité et de ce qui est bon ou mauvais pour l'homme et pour la nature.

Le sage se gardera de juger sans connaître tous les tenants et aboutissants d'une situation. Et encore portera-t-il un jugement empreint de réserve, car il sait combien les apparences sont trompeuses et combien les hommes sont habiles à les manipuler et à les faire paraître différentes de ce qu'elles sont réellement.

Le sage se garde de juger un autre homme de manière définitive, car il sait que bien des choses restent souvent dans l'ombre dans la personnalité d'un être humain et qu'un jugement est toujours perverti s'il n'a pas été fait en parfaite connaissance de cause.

L'homme qui est moins fou ou moins stupide que les autres viendra un jour voir le sage et lui demandera comment faire. Alors, le sage lui répondra avec bienveillance et lui expliquera comment il pourrait faire ou comment il pourrait apprendre à le faire ou si il doit effectivement le faire ou ne pas le faire. Et l'homme moins stupide s'en retournera enrichi de ce contact et de cet échange. Et celui-là aura fait un pas vers la sagesse en acceptant un autre avis que le sien.

Chez certains peuples d'Afrique et d'ailleurs, il existe dans chaque village un homme que l'on respecte et que l'on vénère simplement pour sa sagesse. On vient de loin pour le consulter et lui exposer ses problèmes. Il est toujours là, à l'écoute, et il donne parfois des conseils. Quand il ne sait pas, alors, il dit : je ne sais pas.
Dans nos pays, celui qui ne sait pas n'osera jamais l'avouer, par peur du ridicule, par peur de passer pour un inculte ou un idiot. Mais la grande sagesse consiste pourtant bien à ne pas donner d'avis si l'on n'en a pas, plutôt que de donner un mauvais avis qui peut ruiner la vie d'une personne.

Beaucoup d'hommes ne sont pas forcément des sages, mais, occasionnellement, leurs comportements, leur actions ou leurs paroles seront guidés par la sagesse. Un homme peut être touché par la sagesse à certains moments de sa vie et pas à d'autres, tout aussi bien qu'en certains lieux ou en certaines circonstances.
Si des hommes peuvent parfois faire preuve de sagesse, très rares et exceptionnels sont les hommes qui peuvent justement mériter le titre de sage, car si le germe de la sagesse demeure en chaque être humain, celui de la folie lui reste intimement lié toute sa vie, quelque part dans les méandres du labyrinthe de son cerveau. Et l'histoire et l'expérience ont plus d'une fois montré que le pas à franchir était dérisoire entre sagesse et folie.

Si un jour, sur votre route, vous croisez un homme qui se dit être un sage, fuyez-le. Car les vrais sages sont des hommes qui possèdent les vertus de la sagesse et qui en ont à peine conscience et plus que tout ne s'en enorgueillissent jamais.

Les sages n'ont pas de boutiques, ni d'entreprises, ni de multinationales, ni de capitaux, ni d'actions en bourse. Le sage est un homme simple et bon, sans haine ni passion. Le sage est un être illuminé. Il a reçu la lumière de la raison, du bon sens et du discernement.
Et il suffit de lui demander de nous communiquer un peu de sa lumière pour qu'il nous l'offre comme un trésor précieux. Mais la plupart des hommes sont trop arrogants pour reconnaître un sage parmi eux et trop orgueilleux pour s'abaisser à le consulter.
Le sage ne cherche pas à occuper une place qui n'est pas la sienne. Et lorsque il occupe une place à laquelle il a fait son temps, c'est avec grâce qu'il la quitte et la laisse à un autre.

Le sage ne consacre pas sa vie à la poursuite de la performance, quelle qu'elle soit, physique, sportive, technique, sport-extrêmiste, gratuite ou pour voir son nom inscrit dans le Livre des Records. Ce sont de fausses performances, seulement celles de l'ego, c'est-à-dire de l'illusion.
La seule performance qui peut grandir un homme, c'est de devenir un homme meilleur et plus éclairé, un homme plus sage.
L'âge ne confère pas la sagesse. L'âge ne fait rien à la sagesse. Un enfant peut être un sage tout comme peut être fou un très vieil homme.

Le sage ne fait pas de différence entre les hommes, malgré tous les efforts que font les hommes pour tenter de se différencier les uns des autres et bâtir des remparts entre eux.

Les sages sont souvent gênants pour les hommes passionnés, orgueilleux et arrogants. Alors, les sages sont parfois mis en prison ou assassinés.
Mais lorsque meurt un sage de la main d'un fou, c'est toute l'humanité qui meurt.

Pourtant, en chaque être humain existent les germes de la folie comme de la sagesse.
Mais aussi longtemps qu'il y aura des hommes sur terre, la folie tentera d'anéantir la sagesse.

Finalement, il ne doit pas véritablement exister d'hommes sages, en ce monde.
La nature éminemment biologique des hommes leur interdit la plupart du temps de mériter ce qualificatif. L'homme a besoin de vivre sa vie, ses besoins vitaux, ses instincts, ses pulsions. Et la sagesse n'y a rien à voir.
Mais la sagesse peut se trouver dans les paroles ou les actions ou les deux de certains hommes dont le jugement est plus sain et plus proche de la grande sagesse que celui de la plupart des autres hommes. De tels hommes ne prétendent pas être des sages et leur façon de penser les retient le plus souvent d'un tel acte d'orgueil.
Peu importe, au fond, qu'il n'y ait pas de sages, si les paroles et les actions des hommes pouvaient être de plus en plus nombreuses à se teinter de sagesse.

On rencontre des tas de faux sages, des hommes qui voudraient bien qu'on les considère comme des sages et qui n'en sont pas.

La sagesse est peut-être aussi la capacité de voir les choses sous un angle très différents de celui du commun des mortels. Le sage connaît l'inéluctabilité des choses et il les accepte. Mais il sait aussi que l'homme peut agir sur cette inéluctabilité, si il le veut et si il en possède les moyens matériels. Mais la sagesse doit impliquer une positivité du raisonnement. Positivité et constructivité. Ce qui est positif ou constructif est bon pour l'homme et aussi pour son environnement : la nature. Mais il existe des situations de paradoxe dans lesquelles le sage ne possède pas forcément une réponse aux nécessités du problème posé. Parfois, construire est nuisible à l'homme et à la nature.
Par exemple, face au développement démographique planétaire inéluctable, on peut adopter plusieurs attitudes : Laisser faire les choses et les risques qu'elles peuvent engendrer, ou bien agir sur les choses en tentant de limiter la surpopulation par des moyens scientifiques, ou encore provoquer des guerres et des conflits qui feront forcément diminuer les chiffres de la population mondiale.
Ce sont des considérations que l'on ne peut pas ignorer. Laisser faire est peut-être une mauvaise attitude qui va conduire à un accroissement des chiffres, mais qui n'est pas liberticide ni oppressive. Limiter le développement démographique par des artifices scientifiques imposés ou acceptés revient à jouer avec la nature même des choses et peut être considéré comme une atteinte aux libertés et aux droits de l'homme. Enfin, provoquer la destruction en masse et la disparition de centaines de millions d'humains est une chose barbare qui revient à fouler aux pieds tous les progrès de l'humanité en termes de civilisation et de recherche de la paix, mais permettra aussi à plusieurs générations de profiter plus pleinement des ressources de la terre et d'un renouveau d'activité.

La vie dans la nature est une succession de cycles de destructions, de morts et de renaissances. Les saisons, par exemple. Les arbres perdent leurs feuilles qui deviendront un humus dans lequel germeront de nouvelles pousses d'arbres. Dans le règne animal, les problèmes de surpopulation se règlent simplement par la mort des plus faibles.
Et puis, il y a eu de nombreuses aires glacières et tropicales qui se sont alternées et ont donné naissance à des espèces nouvelles et provoqué la disparition d'autres espèces.

Le sage ne sera pas forcément capable de faire un choix. Parfois, la sagesse est dans le " bon " choix, mais parfois elle peut refuser le choix. Mais le sage fera peut-être aussi à l'exemple de la nature dont nous sommes tous issus et à laquelle nous appartenons. La solution est dans la priorité que l'on peut donner aux choses pour que perdure la vie. L'homme est devenu le plus grand prédateur et a dominé le règne animal. Mais l'homme a aussi créé de nombreuses choses qui contribuent à détruire la nature et menacent l'équilibre entier de la planète. L'homme a-t-il le droit de détruire la nature, donc lui-même ?

L'homme doit-il être la dernière créature de la terre avant son extinction ? Qui a dit que l'homme devait vivre éternellement, alors que la totalité des espèces animales ont une durée de vie limitée ?

Rien, dans l'univers, n'échappe à la grande loi de l'impermanence.
La Terre, le Soleil, la Galaxie et l'Univers sont impermanents, provisoires et éphémères.

Pour terminer sur une petite note d'humour, comme je le dis dans ce texte ce sont souvent les fous qui se prennent pour des sages et qui parlent le plus de la sagesse.
Ne serais-je pas moi-même, mentalement, quelque peu aliéné?
Un abîme sans fond de méditation expectative s'ouvre à moi… !

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Le paradoxe de la foi

    Le problème du dialogue entre les gens qui croient et ceux qui ne croient pas, c'est que les uns affirment l'existence d'une chose qu'ils sont incapables de démontrer et que les autres affirment que cette chose n'existe pas sans pouvoir démontrer qu'elle n'existe pas. Ensuite, chacun développe ses avis et les monte en mayonnaise...

    Croire à l'existence d'une chose dont personne n'a jamais pu prouver l'existence est déjà la manifestation d'une propension à la crédulité et à l’acceptation de principes non fondés...
Vouloir démontrer l'inexistence d'une chose dont personne n'a jamais pu prouver
l'existence semble plus normal que de prétendre que cette même chose existe.

    Concrètement, le pragmatisme veut que l’on prenne en considération une chose qui soit perceptible par nos sens ou à l’extrême par une démonstration d’ordre scientifique, par exemple l’existence d’une étoile invisible par l’influence visible qu’elle peut avoir sur d’autres astres. Par de multiples calculs, on parvient à déterminer un ensemble de paramètres significatifs propres à ôter le moindre doute sur l'existence et la nature de cette étoile.

    L'homme est substance. Il est chair, il est vie et palpitation. Quel intérêt peut-il avoir à se soucier d'une hypothétique forme d'être confiné dans une dimension improbable et de laquelle émanerait un discours incompréhensible formulé dans une langue inintelligible par des intermédiaires peu crédibles...? C'est pourtant ce que prêchent tous les prêtres du monde... Non?

    Le vice de la foi est précisément dans la foi. La foi n'est pas une conviction. Elle est un doute. On ne dit pas "je connais Dieu", on dit "je crois en Dieu". J’y crois parce que des personnes qui me sont proches m’en ont parlé et m’ont porté à y croire. Mais en aucun cas je ne puis donner une preuve de l’existence de Dieu. On a entendu parler de Dieu par d'autres personnes, mais jamais par Dieu lui-même.

    La foi est une intime conviction qui repose sur des données purement morales ou intellectuelles invérifiables.

    Celui qui a la foi ne peut pas la remettre en question parce qu’elle lui est indispensable et celui qui ne l’a pas ne peut pas comprendre celui qui l’a. Tout échange entre eux devient un dialogue de sourd. Croire, c'est douter, donc admettre la possibilité de l'erreur. Ne pas croire, c'est rester dans la normalité intellectuelle en ne donnant pas de crédit à des assertions non fondées ou non vérifiables.

    Converser avec une personne touchée par la foi peut relever de la farce la plus hallucinante. Vous pouvez proposer les sujets de conversations les plus variés et les plus terrestres, dès que la conversation glissera vers des considérations plus abstraites, votre interlocuteur commencera à vous parler de Dieu, de la religion et de la foi... Ca ne fait pas un pli. Pourtant, on peut aborder tous les sujets et simplement dire que notre science humaine ne parvient pas encore à expliquer tel ou tel principe de l'existence, sans pour autant faire appel à des théories vaseuses ou sulfureuses... L'homme ne peut pas connaître tous les secrets de l'univers. Forcément, puisqu'il ne connaît pas, à priori, tout l'univers. Il est donc parfaitement en droit de déclarer sa méconnaissance sans que cela lui soit reprochable, en tout état de cause. Pourquoi allez chercher des explications dans des directions invraisemblables et totalement dépourvues de rationalité.

    Donner de l'importance à une chose dont l'existence n'a jamais pu être démontrée semble tout aussi étrange que de nier une chose dont l'existence est une évidence absolue pour tout le monde.
Or, les seuls arguments des religions pour inciter les peuples à croire en Dieu résident dans des livres dits sacrés qui ont été rédigés par des hommes et uniquement par des hommes.

    A partir de cela, je pense pouvoir prétendre que les religions sont fondées sur de pures spéculations intellectuelles, et que ceux qui émettent ces spéculations sont aussi les premiers à profiter du doute induit de la sorte en abusant ceux qui croient en leurs assertions.

    Les sorciers, les prêtres, les mages sont d'habiles manipulateurs. Souvent de grands orateurs qui savent fasciner les foules. Durant des siècles ils ont bâti des théories et imposé des écrits et des traditions qui prennent leurs sources dans les siècles et les millénaires passés et ne possèdent, à ce titre, pas plus de légitimité que n'importe quelle conte ou légende, tant leur source et leur cheminement ont pu être hasardeux et invérifiables. En particulier durant leur longue période de tradition orale.
    Mais des religions très récentes, comme les Raeliens, montrent que des hommes et des femmes peuvent être prêts à croire en n'importe quoi pourvu qu'on leur dise ce qu'ils ont envie d'entendre.

    Qui plus est, l'assurance de détenir la plus pure et la plus suprême des vérités, rend ces hommes arrogants et peu crédibles dans leur discours dénués de logique et de pragmatisme.

    Les religieux ont longtemps abusé de la crédulité des hommes peu instruits. Ils les ont dominés, opprimés et exploités. Et cette attitude démontre combien leur pouvoir est puissant. Aujourd'hui encore, les religions voudraient avoir ce pouvoir sur les esprits, mais l'obscurantisme est en régression et l'accès à la culture a donné aux hommes un sens critique qu'ils ne possédaient pas autrefois.

    Certaines religions voudraient couvrir la planète afin d'asservir totalement l'humanité. Pour cela, elles endorment leurs fidèles par des discours lénifiants selon lesquels leur Dieu pourvoira toujours aux besoins des fidèles et qu'ils n'ont même pas besoin de travailler pour vivre ou survivre. Elle leur promet un paradis de délices et d'amour pour mieux les tenir et les appauvrir intellectuellement. Elle les assure de l'immense supériorité de leur religion sur toutes les autres et n'hésitent pas à faire appel au terrorisme, aux guerres fratricides et à la violence la plus extrême pour essayer de faire passer leur "message de paix"...

Les "livres sacrés", rédigés par des "prophètes", c'est-à-dire des hommes charismatiques habiles à faire passer un discours politico-social de circonstance, ne sont que des écrits humains dans toute leur pauvreté et leur improbabilité. Ces livres sont le plus souvent construits de façon interprétable, menaçante et inéluctable. Le message de Dieu est simple: Vous m'adorez et me servez ou vous mourez. Cela est bien humain et n'évoque rigoureusement rien de "divin"...

Dieu est plein de bonté et d'amour, mais il trahit, maltraite et abandonne les hommes à toute occasion dans la plupart des écrits. Il a fait les hommes "à son image" mais leur interdit de chercher à Lui ressembler ou à se comparer à Lui. La puissance de Dieu est infinie. Dieu prétend laisser aux hommes leur libre arbitre, mais se mêle de les manipuler comme des pions si l'envie lui en prend. Dieu est insatisfait de l'humanité, pourquoi ne la supprime-t-il pas d'un coup de baguette magique pour la remplacer par autre chose?

Le principe divin est la grande force des religions. Dieu est le créateur de toutes choses. Il est omniprésent, quelle que soit sa forme. Il est proche de chaque être et en connaît tous les agissements. Il punit et récompense tour à tour, selon les circonstances ou ses humeurs. Enfin, il promet une hypothétique vie dans l’au-delà à ceux qui lui seront fidèles, et le serviront avec ferveur... Mais, car il y a un "mais", "ses desseins sont impénétrables"... Expression à l'emporte-pièce signifiant bien que Dieu fait ce qu'il veut, qu'il est totalement imprévisible et qu'on ne peut pas compter sur lui. De là à penser qu'on peut aussi bien se passer de lui, il n'y a qu'un pas... En effet, la logique de Dieu n'est pas celle des hommes.

    Le concept de Dieu n’est pas dérangeant en soi.
Ce qui complique les choses c’est l’attitude de ces hommes qui prétendent avoir été investis d’une mission divine, en tant que prophètes ou évangélistes ou ambassadeurs de Dieu, seuls habilités à porter la parole divine ou administrer des sacrements.
Ce ne sont que des hommes et avant tout des hommes.
Leurs connaissances et leurs discours sont ceux d’hommes.
Leurs actions sont strictement humaines.
Ils n’ont aucun pouvoir particulier, ce qui les gêne beaucoup, d’ailleurs. Et cela est à l’origine de toutes les violences dont ils se sont rendus coupables, au fil des temps, pour inciter les peuples à se plier à leurs lois. Car, il faut bien le dire, les guerres de religions, les croisades, la guerre sainte, les massacres, les tortures, les exterminations qui ont marqué l'histoire de la plupart des religions ne sont pas le fait de Dieu, mais bien celui des hommes. En vérité, l'humanité a beaucoup souffert de tout cela et il serait temps qu'elle se réveille, se prenne en charge et compte plus sur elle-même que sur des divinités glauques, impalpables, fuligineuses et à tout le moins sans substance.

    Chacun sait que la violence est un excellent moyen de faire changer d’attitude les plus réfractaires, mais seulement en apparence.

    Mais il est vrai aussi que la crédulité de la plupart des hommes, leurs souffrances et leur immense besoin d’espoir les ont portés à croire spontanément à la parole de ceux qui leur laissaient entendre que la mort n’était qu’un passage et qu’un être suprême les accueillerait un jour dans son univers d’amour, de douceur et de félicité.

    Les souffrances terrestres, les dures lois de la nature, la lutte pour survivre, procréer et nourrir les siens, la maladie, les guerres, la haine, la peur, sont des moteurs puissants et suffisants pour inciter un homme à croire et espérer qu’il existe un monde meilleur, quelque part, ailleurs.

    Aujourd’hui encore, il est tout à fait remarquable de constater que des hommes qui n’ont jamais souffert, qui ont toujours vécu dans le confort et la sécurité, qui ont reçu une solide instruction et accédé à la connaissance et à un métier valorisant, peuvent avoir une foi inébranlable dans les préceptes de l’une ou l’autre religion.

    L’explication est simple. Ils ont reçu très tôt, au cours de leur petite enfance, les premiers principes d’un enseignement religieux. Et cette culture leur a été distillée progressivement toute leur vie. Avec pour principe premier de ne jamais remettre en cause ces enseignements.

    Il est clair que la croyance religieuse peut se substituer à l’intelligence et au libre arbitre et inciter l’homme à abandonner certaines questions ou à en éluder la formulation.

    Mais l’enseignement à des petits enfants est l’équivalent d’un lavage de cerveau. Tout ce que l’on enseigne à des petits enfants s’imprime avec une intensité maximum dans leur mémoire et leur intelligence. Plus tard, il leur sera extrêmement difficile de remettre en cause ces apprentissages, de les nier ou de les rejeter. Les principes religieux déistes sont porteurs d’espoir et atténuateurs de peur.

    En cela, on doit admettre qu’ils ont un côté positif. Mais ce côté positif vole littéralement en éclat dès que l’on comprend que ces enseignements ne sont pas l’objet d’un libre choix et ne laissent pas de libre arbitre à ceux qui les ont reçus.

            I.K.

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Une théorie qui en vaut une autre…

    Ce que je veux dire, c'est que la vie nous donne des sens qui nous donnent la perception de multiples choses qui nous donnent le sentiment d'exister, d'appartenir à un univers, à un tout. Cet univers, nous en sommes une partie et nous en sommes tous le centre. Nos facultés intellectuelles, nos instincts et nos émotions nous donnent de même le sentiment d'être uniques puisque nous ne percevons tout notre univers qu'avec nos sens propres et jamais avec ceux des autres. 
    L'illusion est peut-être là. Mais lorsque nous communiquons avec les autres, lorsque nous métacommuniquons, alors nous pouvons accéder à une autre perception et à une autre dimension de l'univers. Nous le voyons un peu avec les yeux des autres, pour un instant. Comme lorsqu'on lit un livre on entre dans la tête de l'auteur.
Alors, plus on est à communiquer et plus grande et plus profonde est notre vision de ce cosmos auquel nous appartenons. Et si chaque atome de la création avait des yeux et que nous puissions voir par ces yeux, alors nous deviendrions le cosmos.
    Mais le plus souvent notre vision et celle des autres sont étriquées, limitées, parfois aveuglées. Et nous retombons sur nous-même. Et si nous mourons tout le décor meurt avec nous.
    Toute chose ne peut exister que parce que nous en avons la perception. Mais elles continuent à exister pour les autres tant qu'ils en auront la perception.
    Mais comme tout l'humanité et le règne animal auront une fin et alors l'univers n'existera plus pour personne sur cette terre  ou dans cet univers.

    Est-ce que tout n'est pas magique, du début jusqu'à la fin? La magie est bonne ou mauvaise. Elle est illusion. Comment pouvons nous distinguer la magie d'autre chose si nous sommes "enchantés" par une force supérieure.

    Le "big bang" n'est-il pas de la magie? L'évolution aussi? Notre présence sur terre n'en et-elle pas aussi. Si Dieu il y a, quelle est la différence entre lui et un magicien? Qu'un homme seul puisse mettre la planète à feu et à sang n'est-il pas de la magie. L'illusion est partout.

    C'est le poète qui m'habite qui se pose des questions métaphysiques...
Je me veux rationnel, et je crois l'être avant tout. Mais je me heurte à un univers peuplé de gens qui vivent au quotidien dans l'irrationnel. Je suis bien obligé de me poser des questions sur ce qui les motive. Que ce soit la religion, les maniaques de l'astrologie ou ceux qui se donnent volontairement la mort sous la coupe de gourous dont on n'arrive pas à dire si ils sont des fous, des illuminés, des mystiques givrés, des croyants sincères ou des profiteurs. Sachant que leur suicide entraîne une autre question, sont-ils tombés dans leur propre piège ou bien ne sont-ils pas des profiteurs et sont-ils de vrais cinglés...?

    Pourquoi chercher un intérêt au monde et aux choses, si on admet que tout n'est que magie, donc supercherie. Nos petits plaisir fugaces sur cette bonne vieille terre ont-ils un intérêt quelconque pour les milliards de milliards de systèmes galactiques qui constituent l'univers infini, avec le signe infini. Nous ramenons tout à nous. Et nous admettons n'être que des poussières. Nous cherchons à embellir nos vies que d'autres s'ingénient à vouloir nous voler ou nous pourrir. Mais au-delà de ces vaines batailles pour des pouvoirs ô combien chimériques et éphémères que reste-t-il?
    Je crois que nous subissons péniblement nos vies peuplées de souffrance et de désespoir. Nous essayons de faire bonne figure, mais on peut considérer que tout le monde joue. Hier encore, je voyais un milliardaire qui travaillait quinze heures par jour pour que ses milliards fassent des petits. Il est dément ce type. Si j'avais le dixième de sa fortune, je saurais m'occuper autrement qu'en travaillant. Et pourtant je ne suis pas attiré par le luxe fou dans lequel il vit. Je voudrais simplement passer ma vie à voyager tranquillement et visiter les plus beaux coins de la planète.

    Et quand on en arrive à admettre ça, on peu rire à gorge déployée de voir les hommes s'évertuer à laisser derrière eux des traces de leur passage, par orgueil, par mégalomanie, pour qu'on ne les oublie pas, alors que si leurs monuments sont encore là on les a parfaitement oubliés, et que même les  4000 ans des pyramides d'Egypte ne sont que des poussières dans la grande horloge du cosmos, et que toute chose bâtie, construite, érigée, édifiée par l'homme pour défier le temps disparaîtra bientôt.

    Il semble que la souffrance soit une chose normale et naturelle. Seulement des sensations qui nous permettent de protéger notre corps et de survivre. D'ailleurs, seule NOTRE souffrance nous intéresse, et accessoirement celle de ceux que nous aimons. Pensons-nous à la souffrance de la fourmi que nous écrasons en marchant. Si l'homme peut prétendre que sa vie est plus importante que celle d'une mouche, c'est parce que l'homme inventé les insecticides. Mais les mouches pourraient très bien gouverner le monde si elles avaient un pouvoir particulier. D'ailleurs, bien des auteurs ont imaginé que d'autres animaux régnaient sur la terre.

    Le monde idéal est en chacun de nous, puisque ce n'est pas le même pour tous.

    Et la confrontation de nos idéaux provoque des collisions de mondes. Le bonheur ne doit pas vraiment exister, puisque la mort est là pour y mettre un terme. Donc, la peur de la mort le détruit. Le bonheur ne peut être que relatif à autre chose. Celui qui a une cuillerée de plus de riz que la veille connaît un bonheur furtif.

    Pour d'autres, ce sera la Ferrari.

    Pour moins de souffrance, il faudrait manipuler les gênes de l'homme pour en extraire les instincts barbares, les pulsions meurtrières, la soif de gloire, de pouvoir et de domination. Rendre les hommes égaux dans une sorte de médiocrité qui permettrait, peut-être, de les rendre plus heureux. Mais les rendre aussi sereins, pleins de bonté et de tendresse pour l'autre. Pleins de vertus et de qualités. Pleins de courage pour travailler et se battre contre les vicissitudes de la nature. Plein de douceur pour aimer la nature. Et que chacun ait envie que l'autre soit aussi heureux que lui. Que les hommes ne redoutent plus la mort, ni ne connaissent la peur ni l'angoisse du lendemain.

            I.K.

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Des aspects les plus positifs des religions

Certains estiment que les religions n'ont pas apporté que du négatif et ils ont tout à fait raison. Les aspects positifs de la pratique des différentes religions et de la foi religieuse sont nombreux et variés.

On peut condamner les " DOGMES " religieux et leurs abus et pas forcément les "RELIGIONS " dans ce qu'elles peuvent présenter de positif et de bénéfique pour les humains.

Ne confondons pas la religion qui est effectivement, suivant sa racine linguistique, un terme qui désigne ce qui peut réunir et relier les hommes entre eux, avec, en opposition, les doctrines et les dogmes religieux qui sont des théories aliénantes et oppressives inacceptables pour les hommes.

La religion relie, réunit, rapproche des hommes et des femmes et même des peuples dans une même communion de pensée autour d'un idéal spirituel, comme peut tout aussi bien le faire un idéal d'une autre nature comme les idéologies, les communautés d'intérêt intellectuel, etc… Du moins, tant qu'elles restent des instruments de paix.

On peut donc condamner les doctrines, les dogmes, les théories et les lois que certains hommes ont créés, au fil des millénaires, afin de se prévaloir d'un pouvoir illégitime leur permettant de dominer, d'opprimer, de tuer impunément ou de réduire en esclavage d'autres hommes.

Mais la croyance religieuse pure, en tant que simple démarche de l'esprit ou de la pensée humaine, possède une force, une magie, un intérêt et un pouvoir de rapprochement des hommes autour d'un idéal commun qui peut être un instrument majeur d'amour, de concorde, de solidarité et de paix.
La croyance religieuse, la foi, a toujours été un stimulant universel pour les penseurs, les artistes, les intellectuels, les scientifiques et même les travailleurs manuels, dans le monde entier. La croyance religieuse bien orientée a pu contribuer grandement au développement des sociétés humaines et de la paix. L'homme a besoin de ce stimulant.

Mais il s'agit bien là de la " croyance religieuse " et non de la religion imposée comme une chape de plomb aliénante de toute liberté.
Les arts, les cultures et les sciences ont été marqués par les " fois " religieuses, jamais par les aliénations religieuses.

Des siècles et des millénaires de traditions religieuses et de leurs influences dans la vie quotidienne ont profondément marqué les peuples de cette coloration particulière. Dans le langage populaire, dans les traditions festives, folkloriques, dans les traditions familiales, dans l'éducation, les comportements. Même dans des domaines comme l'hygiène et la santé, les écritures édictaient des préceptes utiles pour les époques concernées, comme la circoncision, par exemple, ou l'interdiction de consommer certaines viandes. Mais de nos jours la circoncision, au-delà d'une simple tradition, présente-telle une utilité quelconque ?
La loi chrétienne, fondée sur les dix commandements, a donné des règles de conduite, des règles de vie, une peur du châtiment, qui ont contribué à harmoniser les relations entre les humains et à établir la civilisation et la paix.
Les lois et les règles de la chrétienté et du judaïsme réunies ont produit ce que nous appelons aujourd'hui la morale judéo-chrétienne.

Mais la religion a inspiré tous les grands et les petits artistes, peintres, architectes, sculpteurs, écrivains, poètes, musiciens ou scientifiques. Leurs œuvres en ont reçu la marque et la sensibilité.

Autrefois, pour ne citer que la France, c'étaient les religieux, les moines, les prêtres qui étaient porteurs de la tradition et qui avaient la charge de la transmettre, fût-elle parfois sévèrement modifiée pour s'adapter aux nécessités des époques et aux prérogatives autoritaires de l'église. La santé a bien longtemps été aussi la part des religieux, dans les hospices, les hôpitaux, dans la rue.

D'innombrables religieux, dans l'histoire, ont sacrifié leur vie au service des autres. Pas tous, certes, et sûrement pas les cardinaux qui se prélassaient à Rome. Mais ceux qui ont donné leur vie pour le secours et le service des autres méritent d'être cités et d'avoir leur propre Panthéon. Des hommes ou des femmes tels que St Vincent de Paul, Mère Térésa ou l'Abbé Pierre et bien d'autres, encore.
Ainsi, on voit combien la religion du peuple a pu être un instrument et un secours extraordinaire pour les plus pauvres, les plus démunis, qui trouvaient encore force et courage de lutter contre les pires calamités dans la prière et l'espérance d'un monde meilleur.

Les trois vertus théologales de la chrétienté, " la foi, l'espérance et la charité " ont guidé les pas de multitudes d'hommes et de femmes, les ont aidés à faire des choix et à accepter l'inéluctabilité de leur condition.

Qui sommes-nous, aujourd'hui, pour nous arroger le droit de retirer aux hommes cette étincelle de lumière qui les éclaire jusque dans les recoins les plus profonds et les plus reculés de leur conscience, de leur désespoir et aux limites de la vie et de la mort ?

Nous ne le souhaitons pas. Nous souhaitons simplement que les religions demeurent des concepts purement philosophiques libres et parfaitement personnels et qu'aucune autorité, doctrine, dogme ou pouvoir temporel ne les érige en lois et en contraintes avilissantes et aliénantes pour les hommes. Les prêtres n'ont aucune raison d'être, sinon de parasiter le système. Les croyances et la foi religieuse doivent demeurer des convictions intimes de chaque être humain.
Elles peuvent être partagées, discutées entre eux, mais jamais aucun homme ne doit s'ériger en dépositaire d'une quelconque autorité religieuse qui lui aurait été conférée par des hommes ou par des dieux. Et la loi des hommes devra être particulièrement vigilante contre ces usurpateurs et ces parasites.

Le chamanisme, la plus vieille religion du monde, mère des religions, probablement à l'origine des écrits bibliques des millénaires avant leur apparition, ne connaît pas de dieu ou de force supérieure autre que celle de l'univers, du cosmos, de la nature.

" Mère-Nature " serait un substitut acceptable, doux, poétique et universel au concept hermétique de "Dieu". Mère-Nature est fille du cosmos, de l'espace et de l'univers. Elle a donné la vie sur notre planète, parce que des conditions fantastiquement exceptionnelles l'ont permis. Cela n'est-il pas aussi merveilleux et plus réaliste que le récit de la Genèse et de la création du monde ?
D'ailleurs, tout n'est-il pas merveilleux dans toute forme de vie animale ou végétale, sur notre planète… ?

Mère-Nature nous donne tout et parfois nous reprend tout aussi. Mais elle ne nous ment jamais. Elle ne nous promet rien. Elle ne nous trompe pas. C'est à nous de la comprendre et de prévoir ce que l'on peut. Elle ne nous a jamais promis une terre de félicités. Elle ne nous a jamais dit d'aller massacrer nos ennemis. Mère-Nature nous dit de vivre et de nous protéger. Pas de faire la guerre et de piller nos voisins. Elle ne nous leurre pas avec une supposée vie éternelle, mais nous offre une vie matérielle temporaire qu'il est de notre devoir et de notre liberté de vivre le plus intensément et le plus intelligemment possible.

Elle nous a donné la vie et les moyens de la conserver et de la pérenniser.
Nous lui devons tout, nous devons la remercier, l'honorer et la respecter. Celui qui ne respecte pas la nature fait une grave offense à la vie, aux hommes, à Mère-Nature et à l'univers.

Ce concept n'est-il pas aussi merveilleux, poétique, lumineux, imagé, que toutes les "bondieuseries" de la création ?
Serait-il plus vain, plus dérisoire, plus incongru ou naïf de prier Mère-Nature, de l'invoquer, de l'implorer, de lui parler comme à une amie, de lui confier nos tourments et d'espérer sa compassion plutôt que de le faire avec Dieu, comme les hommes le font depuis des millénaires ?

Le soir, sous les étoiles, les amoureux ne pourraient-ils pas lui demander de protéger leur union, ou bien le malade de l'aider à trouver la guérison, ou encore pour celui qui a atteint les limites de l'insupportable de le soutenir dans sa peine et dans sa douleur ou de rendre plus douce la fin de son existence.
Ne vous y trompez pas, certains le font depuis longtemps.

Depuis des millénaires, les chamanes sont émerveillés par la nature, la respectent, la vénèrent, communient avec elles, ont appris à lui prendre et à toujours lui redonner en contrepartie. Lorsqu'ils coupent un arbre, ils en replantent un autre. Combien d'hommes, de nos jours, savent ainsi rendre à la nature ce qu'ils lui ont pris? La plupart des hommes ne font jamais que piller la nature, les autres et la vie sans jamais payer leur dette. Le lion tue et mange une gazelle car ils n'a pas d'autre alternative. Il vit selon les règles que la nature lui a prescrites et les moyens qu'elle lui a donnés. L'homme, lui, sait et peut rendre ce qu'il prend à la nature. Mais il ne le fait pas.

Toute la poésie du monde est dans la nature. Le spectacle de la nature ne sera jamais égalé par les fastes des cathédrales, la splendeur des plus beaux vitraux, les vêtements sacerdotaux, les bronzes et les ors des instruments du culte.
Ne pourrait-on pas imaginer, aussi, que Mère-Nature, dont le double genre féminin présente déjà tous les attributs de la maternité, mère de toute vie sur notre terre, puisse être considérée comme l'ont été jusqu'à ce jour les dieux inventés par les hommes. Hommes créés à l'image des dieux créés par les hommes… et donc dieux très masculins, très machos, très arrogants et très peu sensibles à la nuance, à la tendresse, à l'amour et à la beauté d'un enfant.

Chaque homme pourrait ainsi s'adresser à elle comme à la mère de toutes les mères, et non plus comme un esclave à son maître.

Les hommes ne pourraient plus se prévaloir d'avoir reçu de la mère de toutes les mères la mission de massacrer tous les enfants, toutes les mères et tous les pères, au nom de lois iniques et absurdes, comme toutes celles qui ont été générées par les dieux et les hommes jusqu'à ce jour.

Et de même que les chrétiens ont eu leurs dix commandements on peut imaginer des commandements de Mère-Nature, dans le même esprit. Inutile d'aller chercher bien loin d'ailleurs. Les lois humaines qui découlent, de nos jours, des dix commandements de la chrétienté, hormis ceux qui font allusion à Dieu, sont acceptables. On peut les améliorer et les augmenter.

Mère-Nature ne veut pas qu'on lui crée des statues, des effigies à son image. Elle est partout, visible, accessible et demande seulement qu'on l'aime un peu et qu'on la respecte. Mère-Nature, ne demande pas qu'on lui bâtisse des monuments, des lieux de culte, des temples ou des pyramides. On peut la voir et s'adresser à elle, lui rendre hommage et la remercier, chacun à sa manière, en tout lieu de la Terre. Les grandes forêts, les hautes futaies, les montagnes, les prairies sont ses églises, ses temples, ses mosquées, ses synagogues et ses pagodes.

Les océans, berceau de la vie, le ciel et le vent soufflant sur les immenses étendues désertiques sous la chaude caresse des rayons de l'astre radieux ou encore la voie lactée, arc boutant de l'immense voûte étoilée, invitation au voyage ésotérique, sont ses cathédrales.

Mère-Nature voudrait que l'on ne détruise pas la vie, que l'on ne pollue pas les océans, les fleuves, les lacs, l'air et la terre. Que l'on respecte le règne animal, dont nous sommes issus, et le monde végétal. Mère-Nature nous implore de la respecter afin que nous-mêmes puissions toujours profiter de ses bienfaits.

Mère-Nature ne veut pas que l'homme s'autodétruise, comme il le fait trop souvent. Chaque guerre, chaque bataille, chaque conflit entre les hommes est une autodestruction de l'humanité et un échec pour Mère-Nature. L'homme doit trouver le moyen de vivre en paix avec les ressources que lui offre la terre, de les partager équitablement, de les économiser et de les faire fructifier, si cela est possible. C'est à l'homme de réguler ses propres naissances et le développement de ses populations afin que les besoins naturels de celles-ci ne dépassent pas les capacités de production de la Terre. Ces capacités ne sont pas extensibles à l'infini.

Quoi qu'il en soit, quelles que soient les philosophies, les religions, les traditions que pratiquent les hommes, si l'humanité n'a jamais su se sortir du bourbier de l'obscurantisme, c'est probablement parce que les hommes n'ont pas encore atteint un niveau suffisant de sagesse pour s'affranchir de toutes les idées qui lui ont toujours été fatales et lui ont interdit tout épanouissement moral et intellectuel. L'homme et l'homme seul est le fléau que l'humanité doit subir et les dieux n'y ont jamais eu rien à voir.

Le seul travail sérieux que l'homme doive accomplir est de progresser vers les voies de la sagesse et de la raison et de devenir meilleur et plus éclairé.
C'est un travail intérieur, c'est une démarche individuelle tout autant que collective. C'est une œuvre, c'est la Grande Oeuvre, c'est ce que Mère-Nature attend de tous les humains, à travers les cycles de l'évolution et du progrès moral et intellectuel.

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La recherche de LA Vérité…

La vérité est dans l'esprit de chaque être humain. Dans chaque cerveau, chaque intelligence. La vérité vient d'un besoin profond et incontrôlé de l'homme de croire en des choses immatérielles et d'espérer en des choses improbables.

L'intelligence humaine est arrivée à un tel degré de complexité qu'elle est capable de créer des concepts d'une abstraction infinie et d'envisager des théories si impalpables que l'homme peut sentir cette intelligence lui échapper, comme si elle lui était subtilisée par une quelconque force supérieure. Mais de force supérieure, il n'est point.

Si des forces supérieures, autres que les forces physiques qui régissent le cosmos et l'univers, existaient, nous en aurions aujourd'hui une connaissance évidente.
L'homme ne doit jamais tourner le dos à ses connaissances scientifiques qui sont le substrat principal de toutes les cultures et de toutes les civilisations évoluées.
En dehors des jeux de l'esprit et de l'art poétique, les hommes ne doivent jamais perdre de vue que l'irrationnel ne conduit toujours qu'à l'erreur et à l'échec.

Sur le terrain de la poésie, si l'on veut observer l'univers dans sa globalité en totale fusion, harmonie ou synergie avec toutes les formes d'intelligences que l'évolution ait pu y faire germer, alors, sous cet angle, on peut établir des relations absolues entre la matière et l'intelligence et admettre que, peut-être, cette entité puisse porter le nom de Dieu… ! (ce qui s'approche de la pensée de Spinoza). Le chamanisme serait peut-être la religion la plus proche de ce concept.

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Manuel ou intellectuel

Dans nos sociétés, il est courant d'entendre des gens se situer ou situer les autres dans l'une ou l'autre catégorie, manuelle ou intellectuelle, qu'il s'agisse de la catégorisation dans le monde du travail ou simplement en tant qu'individu.
Il est vrai que l'on peut classer certaines activités professionnelles dans la catégorie manuelle et d'autres dans une catégorie plutôt moins manuelle et plus cérébrale et que l'on a tendance à qualifier d'intellectuelle.

Pourtant, il semble que cette catégorisation sous la terminologie intellectuelle soit le plus souvent impropre et inadaptée.
Par ailleurs, il appert qu'il soit plus prestigieux d'appartenir à une catégorie plutôt qu'à l'autre, tant les hommes sont prompts à se différencier et à créer des discriminations qui les séparent nettement les uns des autres.

Pourtant, si l'on se penche sur les termes et si l'on fait une analyse de ce qu'ils définissent, on remarque qu'il est extrêmement rare que des hommes aient une activité purement manuelle et d'autres une activité purement intellectuelle.

Alors, que veulent dire ces termes ?
De nombreux métiers font effectivement appel à une grande habilité manuelle que l'on ne peut acquérir qu'avec le temps et l'expérience. Tout ce qui touche au travail de la terre, de la construction, de la mécanique, des techniques, de la production agroalimentaire, etc…

D'un autre côté, on peut considérer que des métiers comme l'enseignement, la recherche, la gestion, la comptabilité, les institutions de l'état, les affaires, etc… font davantage appel à des qualités cérébrales que manuelles.
Mais que dire de certains métiers pour lesquels il faut impérativement posséder de grandes qualités manuelles tout autant qu'intellectuelles, tels que les chirurgiens, les astronautes, les grands artistes, etc…

Les gens qui ont eu la chance de bien naître, de faire de longues études et d'exercer des professions plus cérébrales aiment à se classer parmi les intellectuels et en tirent une sorte de vanité mal placée parce qu'ils se croient supérieurs à ceux qu'ils appellent avec un peu de condescendance les manuels. Mais tout cela n'est bien qu'une question de chance, la plupart du temps.
La plupart des humains naissent avec des potentialités à peu près égales et c'est ensuite par l'éducation et l'instruction qu'ils sont amenés à accéder à des métiers manuels ou intellectuels.

Une chose est certaine, c'est que toute société a besoin d'hommes et de femmes exerçant des métiers manuels et des métiers intellectuels et qu'il est extrêmement malsain qu'une catégorie considère l'autre avec mépris et condescendance. Encore, une fois, c'est le plus souvent une question de chance, à la naissance et pendant l'éducation.

Sans les manuels, les intellectuels ne mangeraient pas, ne pourraient pas se vêtir, ne possèderaient aucun bien matériel, ne seraient pas protégés, ne seraient pas soignés lorsqu'ils sont malades et, par ailleurs, sans les intellectuels les sciences, les arts et les techniques ne pourraient pas avancer et le monde resterait figé.
Les deux catégories sont donc bien complémentaires et ne peuvent pas se passer l'une de l'autre.
Il est donc vain, illusoire et parfaitement inutile de polémiquer sur les mérites de l'une ou l'autre.

Les gens font souvent appel à des compagnies d'assurance pour assurer leur bien le plus précieux, celui qui leur permet de vivre. Est-ce qu'un chirurgien ou un grand pianiste fait alors assurer son cerveau ou ses mains… ? Je vous laisse y penser.
Dans tous les cas, il est bien évident que leur cerveau est très important dans leur activité, mais leur vie est finie lorsque leurs mains sont malades, blessées ou amputées.
D'un autre côté, il est bien connu que pour faire un très bon manuel il faut aussi être très intelligent. Un manuel peu intelligent restera toute sa vie un manœuvre ou un ouvrier et n'avancera pas. Mais un manuel intelligent aura une vision très élargie et très claire de son métier et de ses propres potentialités et saura s'adapter et avancer, parfois en allant suivre des cours du soir, jusqu'à devenir un jour ingénieur ou plus.
Alors, manuel ou intellectuel ?

Laissons à ceux qui aiment créer des discriminations et se prennent pour des gens très intelligents et très importants l'illusion qu'ils ont de ce qu'ils sont et laissons les à leur arrogance et à leur étroitesse d'esprit et tournons nous plutôt vers ceux qui ont de vraies qualités d'intelligence, c'est-à-dire des qualités de cœur, d'ouverture, de fraternité, et de chaleur humaine.

Ne confondons pas instruction et intelligence. Cela n'a rien à voir. On peut être stupide et très instruit et on peut être très intelligent et posséder un modeste bagage culturel.
L'intelligence est la capacité à synthétiser et à faire des associations d'idées.
Elle nécessite de la mémoire. Mais elle nécessite aussi une grande clairvoyance et un grand sens de l'observation.

Et puis, il y a travail et travail. Il faut bien dire que si le travail manuel est mesurable et se voit, le travail dit intellectuel est souvent beaucoup plus difficile à voir et à apprécier. Ce qui peut laisser assez perplexe, en terme de productivité.
Quant à la juste rémunération du travail, c'est encore un autre débat…

Parfois, la discrimination va même plus loin et certains confondent fortune héritée de papa et maman avec intelligence. Mais passons…

Encore une fois, manuel ou intellectuel, ce n'est pas ce qui est important. Ce qui est important, c'est la chaleur, l'amitié et la fraternité entre les hommes et l'abandon de toutes ces barrières que certains se complaisent à dresser entre eux et autour d'eux.

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L'aveu de faiblesse

Les hommes sont ce qu'ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts.
Certains adhèrent à une morale et ont des principes positifs, créatifs et pacifiques. D'autres n'ont aucun principe et vivent comme des animaux sauvages dans la nature, réagissant au coup par coup, par instinct ou par choix.
Les hommes mâles sont très fiers et jaloux de leur masculinité, de leur virilité. Ils en tirent parfois une arrogance et des attitudes qui confinent au ridicule. Comme si le monde entier reposait sur ce principe de virilité. Cela les conduit bien souvent à traverser la vie en ne respectant pas ceux qu'ils croisent sur leur route, en les méprisant ou en les tenant toujours pour inférieurs à eux.
Cela s'appelle de l'orgueil. L'orgueil fait dire et faire bien des sottises aux hommes, sans même qu'ils en aient conscience.
L'orgueil d'être plus grand ou plus beau ou plus fort ou plus riche ou plus intelligent ou plus influent ou plus ceci ou plus cela. Comme s'ils y étaient pour quelque chose, comme s'ils en étaient les artisans. La plupart du temps, les hommes ne tirent vanité que de facultés, de situations ou de circonstances dans lesquelles ils ont eu simplement plus de chance que les autres. Et leur arrogance les rend incapables de l'admettre et de remercier le hasard, tant ils sont pénétrés de la conviction qu'ils sont les maîtres de leur existence et de tout ce qui peut leur arriver. Ceux-là savent manipuler les autres et doivent perpétuellement jouer du mensonge et de l'illusion pour entretenir le mythe de leur infaillibilité et de leur invulnérabilité. Cela touche d'ailleurs autant les hommes que les femmes.
Par contre, on ne verra jamais un homme s'enorgueillir d'être un homme simple et bon qui sait respecter les autres, les accepter et les aimer et qui sait reconnaître ses propres limites et faiblesses. Et tout le problème est contenu dans ce mot : " Faiblesse ".
Dans nos sociétés, il faut être fort, battant, gagnant. Il faut se dépasser, se surpasser, se battre, battre les autres, écraser l'adversaire, accéder à la victoire, remporter le prix, être connu et reconnu pour sa force, sa puissance invincible, son instinct de vainqueur, de dominant, de conquérant, de prédateur.
Tout ce qui échappe à ces concepts très médiatiques et complètement surfaits est aussitôt assimilé à du négatif, à de l'impuissance, de l'incapacité, de la faiblesse et ne peut appeler que le mépris, la condescendance et le rejet.
Alors, comme ce genre d'attitude est à la mode, recommandée par les médias bêtifiants et encouragée par des courants divers, certains endossent cet habit de matchisme débilitant, s'expriment avec arrogance et tonitruance et se démarquent par des attitudes grossières et ridicules, la plupart du temps.
Mais ils ne sont pas eux-mêmes, sous ces apparences empruntées.
Il y a pourtant une petite subtilité que l'on devrait toujours prendre en compte, c'est que le plus fort, le gagnant, le vainqueur est arrivé à cette position parce qu'il possédait les qualités et les atouts lui permettant d'y accéder. Tout le monde veut gagner et tout le monde sait que le plus fort ou le meilleurs vaincra. Et il y aura toujours un gagnant. Il n'y a donc aucune surprise à voir un homme gagner, puisqu'il en avait les moyens et que ses moyens étaient supérieurs à ceux des autres. Bien sûr, il y a le facteur chance, qui est extrêmement important. Mais celui-là n'est pas quantifiable. Tous les sportifs s'entraînent dur et pourtant un seul sera champion. Cela ne retire rien au mérite de l'entraînement des perdants. Mais il n'y a qu'une place de champion. Le champion, lui, doit toujours se dire que sa gloire est fragile, éphémère et fugace. Un autre viendra à son tour lui prendre le titre.

A côté de cela, certains hommes ou femmes possèdent des qualités de cœur et d'intelligence nettement au-dessus de la moyenne et échappent et se démarquent totalement de ces courants qui privilégient le " paraître et l'avoir ".
Ceux-là, contrairement aux autres, oeuvrent souvent dans l'ombre et ce sont eux qui font tourner le monde plus sûrement que tous les " m'as-tu vu " de la terre réunis. Ceux-là ne se soucient pas de considérations de force ou de faiblesse et font ce qu'ils croient bon et juste de faire.
Ceux-là savent partager et communiquer. Ils savent accepter et assumer leurs faiblesses comme leurs forces. Ils tiennent un langage juste et un discours sans artifice.
Ces hommes et ces femmes sont des gens responsables, qui savent toujours assumer leurs choix, leurs paroles et leurs actions.
Nous connaissons tous des hommes ou des femmes qui font beaucoup de promesses, s'engagent, agissent et finalement se trompent, abandonnent et trahissent ceux qui leur ont fait confiance, parfois en agissant ou en se comportant de manière indigne voire proche de la délinquance. On trouve ce genre de personnes dans beaucoup de groupements humains et particulièrement en politique, domaine où l'intérêt matériel personnel est très motivant.
Nous avons tous vu à la télévision des criminels menottés, lors de transfert de prisonniers, lever les mains en l'air en arborant le double " V " de la victoire.
Se rendent-ils compte, eux qui ont touché le fond de la déchéance, de la dérision et de la pauvreté de ce " V " orgueilleusement brandi vers le ciel.
Délinquants de tous ordres, assassins, terroristes, aucun ne semble avoir conscience, dans ces moments-là, de la précarité de sa situation et de l'indigence de son attitude. Sans doute, pensent-ils que dans nos pays démocratiques où règnent la loi et la justice, ils peuvent continuer à cracher sur tout et sur tout le monde en toute impunité.

Loin de toutes ces attitudes insolentes, effrontées et irresponsables, mon propos est d'honorer, ici, tous ceux qui vivent dans la légalité, respectent les lois morales et légales et les coutumes communément admises par le peuple auquel ils appartiennent et sont capables d'actes et d'attitudes d'humilité et de simplicité, sans pour autant qu'ils s'agisse de servilité rampante. Un homme ou une femme doit traverser la vie avec dignité, parfois avec fierté si la situation le mérite, mais jamais avec orgueil ni vanité.
Savoir reconnaître ses erreurs ou ses torts est certainement un des premiers grands pas que puisse faire un être humain vers la dignité et le sens de l'honneur. Savoir en plus demander pardon et offrir réparation à ceux à qui il a fait du tort est le deuxième pas vers la véritable honorabilité.
Il s'agit là d'attitudes qui, loin de l'abaisser ou de le déshonorer, élèvent l'être humain et lui ouvre les portes de l'honorabilité et de la respectabilité.
Personnellement, je suis toujours rempli d'admiration lorsque je vois et entends un homme reconnaître ses erreurs, expliquer pourquoi il s'est trompé et présenter ses excuses publiques à ceux qu'il a pu léser. C'est de plus en plus rare et d'autant plus précieux…
Reconnaître ses fautes et demander pardon est une chose très difficile et plus un homme est orgueilleux et plus la chose lui sera difficilement surmontable (le chanteur-compositeur anglais Elton John en a fait le titre d'une de ses chansons " Sorry seems to be the hardest word " " Demander pardon me semble être le mot le plus difficile "). Mais c'est là qu'est la vraie performance, discrète, non glorifiée par les médias, celle de surmonter sa propre vanité, son orgueil, ses préjugés. Souffrir dans son ego de reconnaître que nous ne sommes pas ce que nous voulions donner l'illusion d'être aux autres et à nous-mêmes.
Il est d'autant plus dur de reconnaître ses erreurs lorsque celles-ci ont duré des années ou des dizaines d'années. Nous faisons tous des choix d'opinion ou de conviction. Nous sommes tous séduits, à un moment de notre vie, par tel ou tel principe, religion, idéologie, mouvement politique ou philosophique. Nous mettons parfois toute notre confiance dans une personne que nous apprécions particulièrement et que nous mettons sur un piédestal. Et puis, vient un jour maudit où nous nous apercevons que nous nous sommes trompés ou que nous avons été trompés, que nous avons fait un mauvais choix, que nous avons mal jugé, manqué de clairvoyance et de discernement, que nous nous sommes engagés sur un mauvais chemin ou que les personnes ou les objets de nos choix ont évolué différemment de nous, vers d'autres directions. Et ce jour-là, par rapport à ceux à qui nous avions fièrement avoué nos plus profondes et inébranlables convictions, nous nous sentons ridicule, penaud, un peu honteux. Pourtant, qu'importe que nous nous soyons trompés, si aujourd'hui nous savons reconnaître nos erreurs et si nous savons prendre une nouvelle voie vers une nouvelle vérité. Rien n'est figé, en ce monde. Si les autres se trompent, nous devons accepter la possibilité de nous tromper aussi.
Ce qui est important, c'est d'être sincère dans ses convictions. Alors, lorsque les choses changent nous pouvons sans honte changer avec elles. Et si une personne nous a trompés, c'est elle qui ne méritait pas notre confiance. C'est l'aveu du doute, de la perte de confiance ou de conviction et ce n'est pas un aveu de faiblesse.

Reconnaître ses erreurs fait simplement partie d'un ensemble d'attitudes que doit connaître et adopter un homme droit, honnête et vertueux. Reconnaître ses erreurs fait partie de ces choses qui, loin de dévaloriser ou avilir un être humain, contribuent à le grandir, à lui donner du crédit et de la respectabilité et à lui donner sa vraie place dans la société humaine.
De toute façon, lorsqu'un homme s'est fourvoyé sur les chemins de l'erreur, que celui qui n'en a jamais commis lui jette la première pierre…


On peut citer également parmi ce que certains jugent comme de la faiblesse les capacités à :

-- Savoir accepter qu'une autre personne nous fasse remarquer gentiment (et à juste titre) nos erreurs ou nos fautes, sans pour autant lui en vouloir ni avoir le moindre ressentiment à son encontre, mais plutôt en sachant la remercier et lui vouer une réelle gratitude pour cette action positive, solidaire et amicale. Et dans le même ordre d'idée, savoir accepter une aide, une main amicale tendue, lorsque nous sommes en difficulté, sans manifestation de fierté mal placée, d'orgueil outragé ou de dignité froissée.

-- Savoir aussi pardonner à celui ou à celle qui nous a fait du tort. La rancune est tenace. Celui ou celle qui nous a fait du tort ne l'a pas forcément fait par malignité, dans l'intention avérée de nuire. Cette personne peut aussi exprimer des regrets sincères et expliquer sa conduite sans la justifier. Nous demander pardon est de sa part un acte courageux qui dénote sûrement la sympathie que cette personne a pour nous. Lui accorder le pardon est une chose qui ne peut que nous grandir et peut-être rétablir des liens d'amitié ou de sympathie avec cette personne. Après tout, nous-même, n'avons-nous jamais commis d'erreur ou de faute qui ait pu léser une autre personne.
Mais attention, le pardon doit être aussi sincère que nous souhaitons que le soit la demande de pardon. Rien n'est plus terrible qu'un pardon formulé du bout des lèvres qui laisse en suspens une situation malsaine de rancœur et d'incompréhension.

-- Savoir " demander ". Demander n'est pas une chose avilissante ni humiliante. Demander est une chose naturelle, unique alternative à prendre directement sans rien demander. Demander est le seul moyen d'obtenir honnêtement une chose. Demander est une chose que l'on doit faire dans les formes, avec courtoisie, respect et considération. La réponse à une demande peut parfois être négative, mais elle peut aussi être positive. Savoir demander est un acte social positif qui rapproche les hommes. Demander est un acte pacifique et civilisé. Les colons américains n'ont pas demandé aux indiens s'ils pouvaient prendre une partie de leurs terres, mais ils les en ont dépouillés sans ménagements et les ont massacrés. En cela, les colons américains se sont comportés comme des voleurs et des barbares de la pire espèce.
En fait, demander ne coûte rien et n'engage à rien.

-- Savoir dire merci. Pour certains, dire merci est encore une marque de faiblesse. Dire merci est une attitude sociale positive et gratifiante. Celui que l'on remercie y est sensible et sa propre attitude ne peut en être que meilleure et plus amicale. Penser que dire merci est une faiblesse relève de la stupidité.
Dire merci est tout simplement, d'abord, une marque de bonne éducation.

-- Savoir parler de soi sans orgueil et sans fausse pudeur. Voilà une chose que peu de gens savent faire sans être tentés d'en dire trop ou pas assez. Ce n'est pas non plus une manifestation de faiblesse. Parler de soi est important, puisque c'est le seul moyen de nous faire connaître des gens qui nous entourent. On doit en dire peu ou davantage, selon les circonstances et selon l'auditoire. Parler uniquement de ses victoires est un peu trop orgueilleux. Si nous avons connu des défaites, alors parlons-en aussi, en alternance. Cela ne nous rendra que plus humain et sympathique pour notre auditoire. De toute façon, celui qui ne parle que de ses victoires et jamais de ses défaites passe très vite pour un gros prétentieux sans intérêt. Nous ne devons parler de nous-même que si les circonstances l'appellent. Il est inutile de se forcer. Sachons montrer que nous sommes humains, sans cacher nos sentiments ou nos émotions, puisque nous en avons tous. Aimer, souffrir, avoir de la peine, du chagrin, de la pitié ou de la compassion est la chose la plus naturelle du monde. Affirmer que l'on aime sa femme ou son mari et que l'on est attaché au serment de son mariage n'est pas une faiblesse, ni débile ni dérisoire. C'est montrer que l'on est une personne de devoir qui respecte ses engagements et qui fait ce qu'il faut pour préserver l'unité, la cohésion et le bonheur de sa famille.

-- Savoir dire " je t'aime " ! Pour un tas de gros matchos, dire je t'aime est avant tout et essentiellement un de ces fameux " aveux de faiblesse… " Pourquoi ? Nous avons tous dans nos vies des personnes que nous aimons. Le problème de l'amour, c'est que si on ne le rappelle pas de temps en temps, c'est comme un feu de bois, ça s'éteint tout doucement. Il faut savoir rappeler notre affection aux personnes que nous aimons. Parents, frères et sœurs, conjoints, enfants, cousins, amis, voisins, etc… Pour certaines personnes, un je t'aime est le plus beau cadeau qu'on puisse leur faire. Pourquoi les en priver, si nous les aimons aussi ? Penser à rappeler notre amour à nos parents qui vieillissent et qui partiront avant nous. Ils nous ont donné le plus beau des cadeaux, la vie. Allons-nous être chiche au point de leur rationner un peu d'amour. Nos enfant ont aussi besoin de nous entendre dire que nous les aimons. Et enfin, les compagnes ou compagnons de nos vies, plus que tout autre, ont besoin que nous rajoutions de temps en temps une belle bûche de bois dans le foyer de notre union, pour le meilleur et pour le pire. Ne l'oublions pas… !

-- Encore un bel aveu de faiblesse : sourire.
Croyez-vous que sourire soit une marque de faiblesse ? Il existe cent façons de sourire. Du sourire commercial au sourire d'une mère pour son enfant en passant par les sourires diplomatiques, il y a aussi les sourires narquois, sarcastiques, ironiques, insolents, effrontés, arrogants, moqueurs et blessants.
Le sourire est la première façon de communiquer. Le sourire c'est la fenêtre du cœur. Le sourire n'est pourtant jamais un signe de faiblesse. Bien au contraire.
Celui qui est fort et sûr de lui n'a pas besoin de montrer une expression sévère.
Celui qui est profondément heureux et bien dans sa vie peut sourire à la vie.
Celui qui ne sourit pas se sent faible ou a des problèmes ou vit replié sur lui-même, dans un univers clos.
On dit aussi : " Méfiez-vous des gens qui ne rient pas ou ne sourient pas, ce ne sont pas des gens sérieux ". Conseil à suivre, c'est parfois une grande vérité. Ce sont des gens sombres, sinistres, mais calculateurs et peu fiables.
Un poème de Saint Jean Chrisostome finissait par quelque chose comme ça :
" Donnez un sourire à celui qui n'en a plus, car nul n'a plus besoin d'un sourire que celui qui a perdu le sien ".

-- J'ai gardé pour la fin le plus "croustillant", être capable de pleurer. Pleurer comme un enfant, non pour soi ou son propre malheur, encore que cela puisse être tout à fait légitime, mais pleurer sur le sort d'un être cher, d'un ami, d'un frère. Pleurer pour un peuple qui souffre, pleurer pour l'humanité entière, enlisée dans sa barbarie, sa folie, et ses préjugés. Pleurer pour un inconnu ou pour une cause perdue. Pleurer d'émotion, pleurer de joie.
Un homme qui ne pleure jamais n'est pas un homme. C'est une machine.

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Chance ou hasard?

    J'ai choisi, aujourd'hui, de vous parler de la chance, car j'ai le sentiment qu'elle est un facteur majeur de l'existence et de nos vies, du jour de notre conception à celui de notre mort. Pourquoi un tel sujet s'est imposé à mon esprit ? Je ne sais pas très bien. Peut-être que je me demande si j'ai eu de la chance ou non, dans la vie. Je sais que d'autres en ont plus, mais sans doute plus nombreux encore sont ceux qui en ont moins que moi. J'ai sans doute voulu mettre ce sujet sur le tapis pour savoir un peu ce que les autres en pensent.

    La chance...
    Elle a été décortiquée, analysée, mise en équation, testée, éprouvée, aidée, poussée, mais jamais aucun humain n'a su la domestiquer et la faire sienne. On en a fait des statistiques et elle prend le nom de destin lorsqu'elle préside au cheminement de notre vie.

    Elle est partout, en tous lieux, à tout instant, sous un autre nom : Le hasard.

    C'est un sujet facile. Mais pourquoi choisir toujours des sujets ardus ? Celui-ci nous est à tous commun. Que l'on soit puissant ou misérable, riche ou pauvre, beau ou laid, malade ou bien portant, génial ou stupide, courageux ou pleutre, elle intervient dans tous les cas de figure. Elle détermine toute notre vie, de la première à la dernière seconde.

    Un jour, j'ai croisé la route d'une personne qui m'a expliqué très sérieusement que la chance n'existait pas, qu'elle n'était qu'une vue de l'esprit, et que chacun avait en lui les moyens de bâtir sa vie et de construire son bonheur. Et qu'en gros tout ceux qui parlaient de chance n'étaient que des incapables. Je vous laisse juges de telles affirmations.
Mais vous ne serez peut-être pas surpris si je vous révèle qu'il s'agissait de la fille d'un banquier...

    J'ai aussi entendu des hommes d'affaires, des personnages brillants, de grands brasseurs d'idées ou de pouvoirs, prétendre que la chance souriait aux audacieux et que le travail et les efforts permettaient d'arriver à tout.
D'ailleurs, j'ai remarqué que lorsque des hommes atteignent un niveau élevé dans l'échelle sociale, ils ne le mettent jamais sur le compte de la chance ou du hasard, mais uniquement sur leurs grandes qualités personnelles, leur force de volonté et un travail acharné. Et puis, on ne pourra sans doute jamais faire le compte de tous les audacieux qui se sont tués dans l'exercice de leur audace... !

    Il y a une branche de ma famille qui a la chance d'être extrêmement riche. Lorsqu'on leur parle de cela, ils répètent invariablement que la chance n'est pour rien à la réussite sociale, mais qu'elle est le produit de beaucoup de travail. D'ailleurs, les gens riches affirment toujours qu'ils travaillent beaucoup. Reste à savoir ce que signifie le mot travailler, selon les uns ou les autres. Il me semble que des tas de gens travaillent beaucoup et ne sont pourtant pas plus riches que ça. Qu'ils soient artisans, ouvriers, commerçants, conducteurs de bus, agriculteurs, cuisiniers, employés de banque ou n'importe quoi, même s'ils travaillaient 16 heures par jour, je ne crois pas qu'ils en deviendraient beaucoup plus riches.

    Mais ceux qui tiennent de tels discours sont-ils sincères avec eux-mêmes ou ont-ils bien réfléchi à ce qui est à la base même de leur réussite ou de leur fortune ?

    On dirait que ça les ennuie de se rappeler qu'ils ont eu la chance de naître en bonne santé, intelligents et capables d'affronter de longues études où une excellente mémoire joue un rôle capital, ainsi que les sous du papa qui ont permis de payer les grandes écoles.

    J'admets tout à fait que la volonté, la pugnacité et les vertus du travail permettent de réussir mieux que le dépit, l'insouciance et la paresse.
Je sais aussi que le travail de toute une vie peut être balayé à jamais par un événement imprévu, et qu'à l'opposé celui qui n'a jamais rien fait de sa vie peut toucher un héritage mirobolant ou gagner au loto de quoi finir ses jours dans le confort et la sécurité.

    Je me trouvais un jour dans un casino au Maroc, et au cours de la soirée j'ai vu un prince du pétrole poser sur la table un montant en plaques de jeu équivalant à 500 000 francs. Il a tout perdu dans les secondes qui ont suivi. Mais quelqu'un m'a dit que cette somme ne représentait que le dixième de ce que cet homme gagnait chaque jour en nous vendant son pétrole. Et je me suis dit que cette personne devait avoir un sens des valeurs très différent du nôtre.

    Examinons les choses avec plus de hauteur et d'objectivité. 

    A notre connaissance, l'univers est sans limites. Il existe deux paramètres qui le déterminent : la distance et le temps. Je n'ai pas l'intention de parler de la courbure de l'espace-temps ni de reprendre les travaux de ce cher Albert. Je ne veux parler que du hasard.
La distance et le temps sont des notions dites infinies, jusqu'à plus ample informé.
    Quelque part au sein de l'univers, dans une galaxie, sur une des planètes en orbite autour d'une petite étoile, des conditions tout à fait extraordinaires ont été réunies, température, milieu chimique et stabilité, et ont permis l'émergence d'une structure complexe que nous appelons aujourd'hui la vie.
Le hasard, et le hasard seul a permis cette éclosion.
De même que le maintien ou la modification des données climatiques sur terre ont permis l'évolution de la vie jusqu'à l'avènement de l'homo-sapiens-sapiens. Toujours le hasard.

    Lorsque un homme et une femme se rapprochent aux fins de procréation, il en résulte le départ d'une course de centaines de milliers de spermatozoïdes vers une cible unique. Qu'est-ce qui fait que tel ou tel va arriver le premier sur la cible ? Mystère. Mais encore une fois, le hasard est là.
Peut-être que l'embryon se décrochera et qu'un autre départ de course devra être donné. Encore une fois, personne ne maîtrise la chose qui relève toujours du hasard.
    Peut-être que l'embryon va nidifier confortablement, se développer jusqu'au terme où la mère donnera le jour à un trisomique 21. Ou encore un bébé parfait qui sera victime d'une mort subite du nourrisson 12 heures plus tard. Ou bien vivra-t-il, se développera harmonieusement et affrontera les épreuves de la vie. Il réussira, obtiendra des diplômes et deviendra un homme brillant et respecté et mourra de mort naturelle à près de cent ans, après avoir lui-même donné de nombreux départs de courses...

    Mais celui-là aura vraiment eu beaucoup de chance, croyez-moi. Il aura échappé à d'innombrables maladies infantiles, accidents de toutes sortes, épidémies, catastrophes naturelles, guerres, assassinats, etc... Combien d'autres, qui auront eu le même départ et la chance de voir le jour, seront restés sur le carreau à toutes les étapes de la vie, ou bien auront eu une vie de misère, de souffrance et de peur.

    C'est un peu facile, mais je vous demande qui a eu de la chance de celui qui est né en bonne santé, de parents merveilleux et riches, dans un pays opulents aux technologies avancées et n'ayant jamais connu la guerre, ou de celui qui aura vu le jour au bord d'un marigot infâme, de parents sous-nutris, touchés par le sida et l'alcoolisme, dans un de ces pauvres pays perpétuellement minés par la famine, la maladie, les secousses telluriques et les guerres fratricides.

    La chance qui nous a permis de voir le jour remonte à très loin. Lorsqu'on parcourt un arbre généalogique, on peut se prendre à imaginer les épreuves, les dangers, les maladies et les guerres qui auraient pu rompre la chaîne génétique qui a conduit jusqu'à nous. Notre naissance est vraiment une chose miraculeuse. Mais me direz-vous, si ce n'était pas nous, ce serait un autre. Peut-on réellement affirmer cela ? Si c'était un autre, celui là se poserait-il les mêmes questions ? Vivrait-il de la même façon ? Serait-il comme nous ou très différent ? Et d'ailleurs, pourquoi suis-je là et pas un autre ? Pourquoi suis-je moi-même ? Quelle est mon identité dans cet univers où je peux me demander qui je suis et pourquoi je ne suis pas un autre ? C'est là un sujet tout autre, celui de l'identité, sur lequel bien des auteurs se sont attardés sans qu'il en soit jamais sorti une vérité ni même l'ombre d'une réponse. Ainsi est l'homme, capable de se poser des questions auxquelles il est incapables de répondre.

    Parfois aussi les apparences peuvent nous tromper. Alors que nous avions mis tous nos espoirs dans une idée, un projet, un enjeu, la chance n'était pas au rendez-vous, et on a cru avoir perdu. Et c'est quelquefois beaucoup plus tard que l'on comprend combien cet échec nous a donné le bonheur d'une rencontre ou d'une nouvelle expérience plus enrichissante encore. Un échec apparent a permis une autre chance.

    Evidemment, dans la vie, la plupart du temps, tout n'est pas noir ou blanc. Il y a toute une palette de gris. Il existe aussi des degrés dans la chance ou dans la malchance.
Certains en ont plus que d'autres.

    Les plus grands chercheurs, les plus grands aventuriers ne seraient jamais entrés dans l'histoire si la chance ne leur avait souri. Quelle chance fabuleuse a eue Colomb, croyant naviguer vers les Indes par l'ouest, de découvrir l'Amérique. Lui-même n'en est pas revenu, je veux dire au sens figuré... Est-ce que Fleming aurait découvert la pénicilline sans le hasard qui a modifié une de ses expériences ? Peut-être que cette extraordinaire découverte ne serait apparue que plusieurs années à plusieurs dizaines d'années plus tard. Plus anecdotiquement, on n'aurait jamais eu les délicieuses " bêtises de Cambrai " sans la maladresse d'un jeune apprenti-confiseur.

    Ainsi, de grandes découvertes ont été le produit de véritables accidents ou erreurs de calculs ou d'appréciation. D'autres ont été le résultat de l'entêtement de certains chercheurs ou inventeurs ou professionnels de différents métiers, contre l'avis unanime de leurs proches, et contre vents et marées.

    De même, on peut attribuer un grand génie militaire à certains conquérants, tels que Jules César ou Napoléon Bonaparte, mais il convient de leur attribuer aussi la dose de chance sans laquelle ils ne seraient restés que d'obscurs officiers. D'ailleurs, Napoléon lui-même, avant de nommer ses généraux, s'informait-il toujours du fait que ceux-là avaient de la chance ou non. Tant il en connaissait l'importance. Et cette attitude a été reprise plus tard par d'autres hommes de pouvoir.

    Ainsi, le hasard façonne lui aussi la face du monde, en intervenant en faveur des uns ou au détriment des autres.
Si la comète avait eu une trajectoire très légèrement différente, peut-être qu'aujourd'hui Spielberg n'aurait pas eu besoin de réaliser " Jurassic park ".
Et si dans un an une autre comète emprunte la même trajectoire, alors tout ce que l'homme a bâti orgueilleusement disparaîtra en fumée.
Mais si le hasard a façonné le monde, il est aussi présent à nos côtés à chaque minute de notre vie, à chaque croisée des chemins et à chaque événement qui nous lie à notre " destin ".

    Car le destin, c'est çà. C'est la part de notre existence sur laquelle nous n'avons aucun contrôle, et dont nous ignorons même l'importance, car la chance n'est pas prévisible ni préquantifiable. Nul ne peut se prévaloir de gouverner sa vie à 100 %, car nul ne peut connaître son avenir. N'en déplaise aux astrologues et autres marchands d'illusions.

    Alors, face à notre destin, sachons nous montrer plein d'humilité, car la réussite peut nous sourire comme la mort peut nous faucher dans la seconde qui suit.

    Bien sûr, on ne peut parler de la chance ou du hasard sans dire un mot sur les jeux de hasard. Ils se caractérisent par le fait que seul le hasard détermine si l'on gagne ou si l'on perd. En principe... Mais comme les jeux de hasard sont des activités commerciales, une partie des mises va forcément enrichir ceux qui les organisent. Ce qui grève automatiquement les montants ou la multiplicité des gains. Comme par ailleurs l'administration fiscale perçoit des droits astronomiques sur les enjeux, les possibilités de gains chutent encore plus. A cela on peut ajouter que rien ne garantit que la roulette ne soit pas truquée, et l'habileté extraordinaire de certains croupiers qui sont capables de choses surprenantes.
    Ainsi, les jeux de hasard ne laissent en vérité qu'une part relativement mince au hasard, compte tenu des structures dans lesquelles ils sont exploités. Et pourtant, ils attirent et fascinent beaucoup d'hommes et de femmes. Certains peuvent s'endetter jusqu'à un point extrême pour qu'un jour la chance leur sourit, et cela peut engendrer de véritables psychoses du jeu. Certains perdent tout sens du réel, toute raison et toute dignité en traquant la chance et en croyant à des martingales qui ne sont que des illusions produites par leur esprit déserté par la raison.
    Mathématiquement, et en moyenne, on ne peut que perdre aux jeux de hasard publics. Les chances de gains importants sont infimes.
Par contre, dans des jeux tels que le PMU ou les paris sportifs la part du hasard n'est plus mesurable, et une bonne connaissance des éléments du contexte peut contribuer à l'obtention de gros gains. Cependant, tout le monde sait que les paris sur un grand champion qui gagne ne rapportent pas grand-chose, alors que la victoire d'un toquard peut rapporter des fortunes à ceux qui ont cru en lui.
    Quoi qu'il en soit, dans ces formes de jeux les organisateurs et l'état prélèvent également leur écot et diminuent les montants des gains.

    Sachons ne pas confondre l'homme qui a voué sa vie au labeur mais pour qui le hasard ne s'est pas montré prodigue, et celui qui a eu la chance de vivre une vie pleine de récompenses sans avoir jamais eu à les mériter. Et je parle de récompenses au sens le plus large.

    Etrangement, la chance et les chanceux se voient parfois auréolés d'une gloire éphémère. La chance engendre une sorte d'admiration. Il n'est pas rare de voir féliciter un chanceux, d'honorer un gagnant, alors qu'ils ne sont absolument pour rien dans cet événement. Dans certaines émissions de jeux télévisés, le gagnant d'un prix se voit félicité par l'animateur et acclamé par le public. Pourtant, il n'a fait que jouer avec le hasard. Mais cette chance lui donne une aura toute médiatique.

    Aujourd'hui, en France, et partout dans le monde, l'injustice et l'inéquité sont présentes, et nul ne peut dire de quoi seront faits les jours futurs. Mais si l'on pouvait faire en sorte que chanceux ou malchanceux les hommes deviennent plus égaux devant la vie, alors peut-être l'humain aura-t-il fait un pas vers la maturité.

    Mais si, comme aujourd'hui, le fossé se creuse entre des catégories d'hommes, le pire est à attendre. L'homme chanceux doit tendre la main a celui qui l'est moins ou qui ne l'est pas. Cela implique la reconnaissance de l'autre en tant qu'égal, et fait appel à des notions telles que l'amour, la mansuétude, l'indulgence et la dignité.

    Gardons tous à l'esprit que quoi que nous fassions, et si sûrs de nous que nous soyons, nulle réussite ne nous est acquise sans le concours précieux de la chance et du hasard.

            I.K.

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