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Science-Fiction

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Génocide Antoine Pisano, août 2005.
Tempus Rupturae Nicolas Prêcheur, février 2006.
Jours de Sang Xavier Delgado, mars 2003.

 

 

Génocide

Si vous voulez lire un roman agréable où les personnages vivent heureux dans un monde magique, refermez tout de suite ce livre qui va vous donner des frissons. Vous allez entrer dans un monde déchiré par des guerres et des génocides. J'aurai prévenu ceux qui ont un cœur qui n'est pas capable de supporter un tel ouvrage... A vos risques et périls.

Chapitre 1

Historique :

Année 4600, la planète atteint un pic de pollution, malmenée, elles se révolte et gronde. Tous les volcans en activité crachent leurs roches en fusion. La terre ressemble à une immense Pompéi. Des vents violents s'abattent dans le monde entier et les éclairs zèbrent le ciel. Miraculeusement, la race humaine subsiste en trouvant ce que les vieux sages appellent " La Terre Promise ". Dans ce lieu précis s'organise la résistance. Après dix ans de ravages et de tempêtes, la terre retrouve sa prospérité. Les humains, à petits pas, repeuplent leur planète.

Les Hommes, cent ans après la catastrophe d'échelle mondiale, sont bien répartis sur toute la surface du globe et les climats sont les mêmes à tous les endroits. L'économie reprend peu à peu mais elle est tout de suite freinée par une guerre ou plutôt un génocide de grande ampleur.

Tout commence en l'an 4710. Un certain Magnus Le Conquérant arrive au pouvoir. Tout de suite, il entreprend de conquérir le monde et d'éliminer la race Streth, des gens d'apparence humaine mais qui ont des pouvoirs utiles ou amusants comme: marcher sur l'eau, pouvoir apprendre un texte d'une centaine de pages en cinq petites minutes.

Je m'appelle Kim, j'ai 15 ans, je suis un Streth. Je suis né en 4695 dans le minuscule village de Antaria dans l'hémisphère sud du globe terrestre. Là bas j'étais heureux j'avais des amis et tout ce qu'un enfant pouvait demander pour être content. Mais à l'âge de cinq ans, ma vie a subitement basculé. Je me souviens de ce matin où je me suis levé et j'ai vu ma mère en pleurs, elle préparait les valises. A cet instant , je lui ai demandé si l'on partait et voici la réponse que j'ai obtenu : " Oui mon chéri, on part faire un très long voyage. " Une heure plus tard, la voiture était chargée et mon père prit le volant.

Nous restâmes trois jours et trois nuits dans la voiture à rouler, vers quoi, je ne le savais pas, et, naif, je pensais toujours que l'on s'en allait en vacances.

Samedi 11 octobre

Ca y est, nous sommes arrivés à notre nouvelle demeure, c'est un taudis situé au fond d'une impasse, un endroit oublié du reste du monde. Heureux de voir d'autres enfants gambader devant ce que le l'on peut appeler une maison, je me joins bientôt à eux.

Mardi 14 octobre

J'avais déjà passé trois jours dans cette maison. Mes parents m'avaient enfin dit que cet édifice branlant était notre nouvelle demeure et m'avaient aussi affirmé que je ne reverrais plus notre ancienne maison ni même mes anciens copains.. Je me réfugiai tout de suite dans ma chambre et pleurait toutes les larmes de mon corps. Combien de temps ai-je passé à verser des larmes? Une heure? Deux heures?
Je ne le sais pas.

 

Chapitre 2

Le départ vers l'inconnu

En ce matin de l'an 4780, je me réveillai et ouvrai les vieux volets de bois de ma chambre. Une lumière pâle vint baigner la salle de clarté. Je frottai mes yeux puis je me dirigea vers les escaliers pour descendre à la cuisine où ma mère s'activait déjà à préparer le petit-déjeuner. Je m'assis à la table et dit avec une voix presque muette: " salut m'man ". Elle se retourna et m'adressa un signe de la tête.

Mon père déjà habillé ne tarda pas à nous rejoindre; il s'assit à table puis ma mère vint nous servir des croissants chauds.
Il était 10H30. Jusqu'ici, la matinée s'était bien passée lorsqu'on entendit un énorme fracas, soudain, des hommes armés pénétrèrent dans notre taudis:
" Plus un geste, cria l'un d'eux.
-Que venez-vous faire ici messieurs? demanda poliment mon père.
-Vous êtes des Streth et vous êtes condamnés à mourir!
-Sauve-toi Kim, vociféra mon père. "

Abasourdi, je restai paralysé, figé sur place. Les soldats sautèrent sur moi et mes parents. Ils tuèrent mon père d'un énorme coup d'épée. Je fondis en larmes. Puis vint le tour de ma mère à qui ils tirèrent une balle dans le cœur. Par pitié, ils me laissèrent en vie mais m'emmenèrent avec eux pour faire de moi un esclave. Je m'en voulais de ne pas avoir écouté mon père qui était de bon conseil et je me mis pleurer à chaudes larmes comme lorsque mes parents m'avaient annoncé que je ne reverrais plus mes amis ni ma maison. Je me laissai tomber lamentablement au sol, impuissant et traumatisé des évènements qui venaient de se dérouler. D'un coup, je bondis, un des soldats qui m'escortait jusqu'à la voiture venait de me frapper en me disant que j'avais intérêt à me relever si je ne voulais pas mourir avant d'arriver à " mon travail ".

Depuis de longs mois de dur labeur, je me sentais de plus en plus en mauvaise santé. J'avais faim, soif, froid et mon corps était recouvert de blessures plus ou moins profondes. Mon dos était empli d'une douleur indescriptible et c'est à peine si je pouvais traîner ma carcasse sur le chantier de l'usine où je travaillais.
Subitement, mes réflexions interminables s'interrompirent, une pièce de monnaie était tombée, elle vint rouler jusqu'à mes pieds. Je la regardai longuement puis je la retourna, c'était une pièce à l'effigie de Magnus. Une colère soudaine s'empara de moi. Je la serrai dans ma main comme pour la faire exploser, je la lançai contre le mur et commençai à m'acharner sur elle. D'un seul coup, j'eu un désir de vengeance.
" Tu ne dois pas rester ici les bras croisés à te laisser mourir, ressaisi-toi, venge tes parents. Me dit mon subconscient. "
J'étais maintenant bien décidé à m'évader avant que le désir de me laisser mourir ne me rattrape.

La nuit était tombée sur la région du monde où je me trouvais. C'était la nuit de mon évasion. J'avais l'estomac noué, allais-je réussir où pas à m'évader ? Comment détourner l'attention du garde qui gardait ma cellule sans aide? Il fallait absolument que je trouve une solution.
D'un seul coup, une idée me traversa l'esprit: il fallait que je détache toutes les lattes de mon lit, que je les attache ensemble et lui donner un coup sur la tête. Avec un tel choc il serait sûrement assomé et il ne resterait plus qu'à lui voler ses clefs pour pouvoir me libérer.

Je me mis à l'œuvre; avec un tournevis que j'avais volé à l'atelier de menuiserie du chantier, je décrochai les lattes et à l'aide des branches souples des plantes montantes qui grimpaient jusqu'à ma fenêtre, j'attachai le tout solidement. Une fois ce travail terminé, il fallait que je donne un coup sur la tête du garde mais je devais réussir à l'assomer tout de suite car si par malheur je n'y parvenais pas, il m'enlèverait mon " arme " et demanderait à me faire exécuter. Les lattes de bois claquèrent sur la tête du militaire qui gardait ma selule. Il poussa un cri d'horreur et tomba à terre. Son crâne dégoulinait de sang et, soudain le désir de vengence contre Magnus, un sentiment de haine contre celui-ci et une étrange joie de rêver de lui allongé au sol le visage en sang et les organes internes éparpillés à terre déclenchèrent comme une étincelle de bonheur à l'intérieur du jeune homme. C'était la première fois depuis des années qu'il se sentait heureux. Il était désormais " programmé " à la façon d'une machine de combat, son seul but était de tuer, dévaster et ne plus laisser derrière lui que de la tristesse et de la souffrance…

A suivre...

Antoine Pisano  alainpisano@wanadoo.fr

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Tempus rupturae

Il n'avait jamais dit à personne ce qu'il avait vu ce soir-là, devant le moulin.
Et encore moins ce qu'il avait entendu, et surtout ce qu'on lui avait dit, alors que le soleil déclinait doucement sur l'horizon. De toute manière, il n'aurait pu en parler, à moins de passer pour un fou, et de se faire enfermer tout aussi rapidement.

Maintenant, l'espace et par la même, le temps, se déformaient sous les coups de butoir de cette énergie fantastique, qui tentait de le violer !
Adam bien sûr, se devait de réussir à percer ce passage. Il n'avait pas le choix. Son avenir était en jeu. Non ! Pas uniquement le sien, mais celui de sa femme et de son fils, et plus accessoirement celui de son monde, un parmi tant d'autres. Maintenant il le savait et devant lui, entre ses mains, se trouvait la preuve.
Toute sa vie il s'était demandé quel était son rôle ici bas, pourquoi était-il venu au monde. Bref, quel était son destin. Ce que chacun, ou presque, en ce bas monde se demande. Pourquoi ?
Dorénavant, il le savait…Sauver le monde, l'amener subtilement vers ce qu'il devait être. Rien que cela, ni plus ni moins. Lourd fardeau à porter ! Et l'échec ne pouvait signifier que la mort, ni plus ni moins.

Mais sa vie avait basculé le jour où son épouse avait été tuée par un inconnu, alors qu'elle regagnait leur domicile, à un simple carrefour. Mais le chauffard avait pris la fuite, sciemment et volontairement, échappant ainsi à toutes ses responsabilités, et à la justice des hommes.
Le jour, où il a cru mourir également, pensant à juste titre que son cœur lui avait été sauvagement arraché, et écrasé…
Sans but dans la vie, il ne pouvait que sombrer dans l'abîme de l'oubli, sauf que…
Un soir, alors qu'il se promenait non loin du vieux moulin, bâtisse délabrée et inoccupée depuis longtemps, un homme en sortit et vint vers lui. L'inconnu l'interpella, et Adam arrêta sa marche.

L'homme lui était totalement inconnu. Ses traits n'avaient rien de bien particulier. Il lui sembla juste un peu, énigmatique, bizarre peut-être. En fait, l'impression qui se dégageait de cet individu, hormis une certaine puissance, c'était qu'il semblait…inapproprié. Et encore, le terme n'était pas juste mais aucun autre mot ne lui vint à l'esprit pour le qualifier. C'était comme s'il n'était pas…d'ici ?!
Il n'avait rien d'inquiétant, bien au contraire. Il inspirait immanquablement une confiance immédiate. Un homme auquel on à envie de se confier. Et dieu sait qu'en ce moment, Adam avait besoin de parler.
Et il ne pu s'empêcher de le laisser approcher, bien que son intention première eu été de s'en aller, de reprendre sa route, au milieu de cette campagne isolée et apaisante.
Que penser alors de ce qu'il lui dit ensuite !
___L'éternité est un leurre, et le temps est malléable !
___Je n'ai pas le temps, et encore moins l'envie de parler philosophie avec vous. D'ailleurs je ne vous connais pas, et…et je ne sais même pas du tout qui vous êtes. Alors, si vous voulez bien…
___Mais justement, nous parlons bien de la même chose, du temps. Laissez-moi donc vous expliquer quelque chose.
Le temps, -et il dessina un cercle de ses deux mains-, est un cercle parfait. Ce qui commence, doit finir. C'est un fait, c'est une réalité immuable et ce, dans toutes les réalités existantes. Mais la fin n'est pas ce que l'on entend au sens strict du terme. La mort, le néant, tout ça c'est de la fadaise. La seule rupture qui intervient, en quelque moment, et quelque soit l'époque où l'on se trouve, c'est bien au niveau du temps qu'elle intervient.
___L'espace est étroitement lié au temps, et ils co-existent sur un même plan d'existence. Ils ne peuvent être séparés, et la manipulation de l'un ne va pas sans la rupture de l'autre. Vous vous doutez bien que pour manipuler le temps, il faut percer l'espace par un moyen quelconque mais bien précis, afin d'entrer dans ce cercle très…fermé.

Et l'homme permit à un léger sourire de se dessiner sur son visage aux traits fins et réguliers.
___Nous avons ce moyen, je possède ce moyen là.
___Qu'est ce que voulez que ça me fasse ? Vous ne croyez pas que j'ai autre chose à faire ou à penser peut-être…
___Je le sais, monsieur WEST. Votre épouse est décédée.
___Attendez, vous avez l'air de me connaître, mais qui êtes vous donc ?!!
___Quelqu'un, tout simplement. Mais considérez moi…comme un simple messager.
Et il s'arrêta de parler un bref instant, et il baissa la tête.
___Je ne suis effectivement pas venu par hasard. Je pourrais vous dire que le hasard n'existe pas. Que c'est une notion abstraite, inventée par l'homme afin de justifier ce qu'il ne peut pas contrôler. Ce qui est vrai d'ailleurs, l'homme ne manipule, ne contrôle rien. Il existe autre chose, sur un plan d'existence qui nous dépasse. Appelez le Destin, Fatalité, Dieu, donnez lui le nom que vous désirez…
Tout ce qui arrive, doit arriver pour une bonne raison, et rien, je dis rien, n'arrive par hasard ! Tout ce que vous faites et inextricablement lié à tout ce qui se passe autour de vous, comme un kaléidoscope dont les images se croisent et s'entrecroisent.
Et pour cause, tous les événements mènent à une autre série d'événements, et ainsi de suite. TOUT EST PREVU ! Car à la fin, chaque réalité ainsi créée, permet à d'autres de voir le jour. Chaque déplacement dans le temps, chaque manipulation, entraîne une nouvelle séquence. Et d'un avis purement personnel, permettra à l'homme d'accéder à quelque chose, de très grand.
Il s'agit d'un contrôle total, cosmique et temporel ou devrais-je dire, intemporel, tellement tout ce qui est fait s'imbrique dans un plan aussi fou que fantastique. Même ma venue ici, maintenant, dans ce temps, a été prévue, anticipée et intégrée dans les paramètres. Elle n'aurait pas du être, mais pourtant il s'agit là d'un acte pris en compte, comme le reste. Il faut bien vous en rendre compte.
Adam l'écoutait, fasciné bien malgré lui. Ce qu'il disait semblait si vrai. Ses mots avaient l'indéniable accent de la vérité nue. Nue mais effrayante. Et l'inconnu reprit.

___En fait, votre femme a été tuée, non pas par hasard mais à dessein. Elle était enceinte. Elle devait vous le dire ce jour là.
Adam le regarda. Et il su d'emblée qu'il avait raison. Sa femme lui avait dit qu'elle avait quelque chose à lui dire, quelque chose d'important. Et tout ce qu'il avait apprit ce jour là, c'était sa mort. Un fait immuable pour lui, une réalité infâme qu'il n'aurait jamais cru connaître.
___Je suis désolé, reprit le messager. On peut modifier le temps, et il doit l'être. Votre femme a été assassinée, ce n'était pas un accident. Votre fils devait jouer un rôle…particulier, essentiel, dans cette réalité. Cela, d'autres le savait, d'autres personnes qui cherchent à modifier les réalités dans un but différent. Vous devez rectifier cela. Empêcher la mort de votre femme et permettre la naissance de votre fils. Il doit vivre !
___Mon fils…
Il ferma les yeux. Une larme coula, puis une autre.
___Qu'est ce qui me dit que ce n'est pas vous qui cherchez à atteindre un but différent, en me manipulant moi ! Et d'ailleurs, pourquoi pas vous ? Vous avez sûrement l'habitude de ce genre de truc. Pour qui me prenez-vous ? Pour le messie ?
___Non, pas vous, votre fils…Mais je n'ai pas le droit de vous en dire plus, sinon je risquerais de créer un paradoxe temporel, d'orienter de façon trop radicale le futur. Je vous en ai déjà trop dit, mais je n'avais vraiment pas le choix. Certaines choses peuvent être corrigées. Elles le seront avec le temps.
Vous n'avez donc pas le choix. Votre avenir est notre avenir. Un jour vous le comprendrez.
___Alors, si ce que vous dites est vrai, que tout est prévu, qu'il y a un plan, alors je pourrai sauver ma femme. Si vous êtes là pour cela, et même si vous intervenez alors que vous n'êtes pas censé le faire, alors je peux faire quelque chose…

___Je n'aurais pas du vous présenter les choses de cette façon. Je n'avais pas le droit de vous apporter de faux, ou de vains espoirs. C'est vrai, vous devez rectifier le temps, elle doit vivre, pour que cette réalité vive. Mais tout cela est bien compliqué, nous ne voyons, vous et moi, que le sommet de l'iceberg. Et je me dois de vous avertir que ceux qui désirent rectifier certaines réalités, le veulent en vue de créer de nouveaux plans d'existences. En fait, en vue d'accéder à des plans plus mystiques…aux Enfers !
___Vous n'allez pas me faire croire qu'il s'agit là d'un complot de sorciers ?!
___Ne croyez pas que toutes les réalités soient uniquement d'ordre technologiques. Chaque civilisation a progressé différemment, établissant ses propres codes, ses propres croyances, et donc sa propre réalité. Restez ouverts, et à l'affût de tout et de tous.

L'inconnu sortit un objet de forme oblongue de l'intérieur de sa veste. Comme un petit boomerang noir, massif.
L'homme lui en expliqua le fonctionnement durant plusieurs minutes, patiemment, insistant sur quelques points importants.
___L'espace, formé de particules, invisibles au demeurant, cachent des univers en multitudes. Cet appareil agit sur les ondes gravitationnelles, des forces magistralement fantastiques, ces mêmes ondes qui agissent sur les étoiles lorsqu'elles s'effondrent. La gravitation n'est qu'une manifestation de la déformation. Vous la verrez se briser lors du passage, lors de la rupture espace-temps. Le reste est trop technique…

Adam le regardait, et plus il le regardait, plus il avait l'impression de le connaître. Son visage, ses traits réguliers, cette assurance, tout cela lui disait quelque chose, lui rappelait quelqu'un. Mais il n'arrivait pas à mettre un nom sur cet homme sans nom. Et ses yeux le pénétraient, comme s'il pouvait lire au plus profond de son âme, comme s'il le connaissait depuis toujours, depuis une éternité !
___Il y a quelque chose que vous devez savoir, et que vous avez sûrement remarquer vous-même, quelquefois. Connaissez-vous l'expression, déjà vu ?
___Bien sûr, une impression bizarre d'avoir déjà fait quelque chose, vu quelque chose, comme si cela se répétait.

___Le terme est bien choisi et tout à fait approprié. Il s'agit bien d'une répétition, mais temporelle. Cette sensation d'avoir dit, fait, entendu voire pensé quelque chose que vous avez cru déjà faire, à un moment donné, en un lieu particulier, est la résultante d'une incursion dans le temps. Et ce temps a été, subtilement, mais effectivement modifié, changé dans un but particulier. Mais personne ne peut s'en rendre compte, car la ligne du temps de chacun n'est pas encore établie au moment de la modification. Tout du moins pour ces personnes, et non pas pour quelqu'un qui vient du futur. Celui là sait, oui il sait ce qui arrivera s'il ne modifie pas certains paramètres. La plupart du temps ces modifications sont minimes, infimes, indétectables. On ne les remarque pas et après tout, un futur en vaut bien un autre pour ces personnes, qui ne sauront jamais que leur futur a changé.
Car le temps est comme une immense mare où l'on jetterait un caillou. Il crée des cercles concentriques qui se propagent en ondes, toujours plus loin, jusqu'à ce qu'ils atteignent la rive, le but final, la fin de leur voyage.
Et le caillou et celui qui vient du fond des âges, afin de faire des vagues sur la trame du temps, à desseins !
Sinon, je crois avoir fait le tour de la question. Le temps qui m'était imparti vient de prendre fin. Donc, je pense vous avoir dit tout ce qu'il y a à savoir.

Une dernière chose. Profitez de chaque jour comme s'il s'agissait du dernier. Dites vous en vous levant le matin que cette journée n'est que le reflet de toute une vie. Vivez la au mieux, et, lorsque vous vous couchez le soir et que vous faites le bilan de cette journée, qu'il soit bon ou mauvais, n'oubliez pas que vous aurez fait de votre mieux. Alors, lorsque vous atteindrez le crépuscule de votre vie, lorsque vous vous retournerez sur ce que vous avez fait, ce que vous avez été, vos actes, si vous pensez avoir fait au mieux, et surtout fait ce que vous aviez à faire, alors tout n'aura pas été vain. Ne l'oubliez jamais…
___Est ce que…est ce que je vous reverrai, se surprit Adam à demander à cet inconnu.
___Si tout se passe bien…oui, un jour, sûrement. Les portes du temps sont multiples, et parfois bien mystérieuses…Mais en tout cas, loin d'être impénétrables !
L'homme se retourna et repartit vers le moulin en ruines. Il ouvrit une porte à moitié brisée, et la referma, sans un regard en arrière. Au milieu de la pièce vide, il s'arrêta. Et il déclara, tout doucement.
___Bonne chance, papa…
Et il remercia les paradoxes temporels qui lui avaient permis de le revoir une dernière fois, vivant…Puis il disparut dans la nuit…

Derrière lui, quelque part, le temps se brisa et ce fut la rupture…
Le temps se déchira, il fallait le modifier…Espoirs…

A suivre...

Nicolas Prêcheur  kirthgersen@club-internet.fr

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Xavier Delgado est né le 15 avril 1977 à Paris. Ingénieur en informatique, il apporte un
souffle nouveau à la science-fiction française, notamment en plaçant l'Europe du futur au
centre du concert politique mondial, mais surtout en alliant le souffle épique anglo-saxon
au style classique européen. Spécialiste de la linguistique informatique, au coeur oscillant
entre esprit de géométrie et esprit de finesse, il concrétise son penchant naturel pour la 
Science-Fiction à travers son roman:
 
"Jours de sang"

Dans un univers futuriste, un agent secret, le colonel Enrique de Villalonga, connaîtra
le baptême du feu et de l'amour. Chaque jour du roman est un jour de sang, de sang
versé au combat, mais aussi de ce sang qui naît de la première union...
xavier.delgado@free.fr

 

Jours de Sang

"Heureux celui qui lit, 
et ceux qui écoutent la parole de la 
prophétie, 
car le temps est proche."
(Apocalypse selon Saint Jean, 1.3)


I

Le Jour du Sang. Date historique. Glorieuse. Décadente. Tragique. Date que l'on murmure. 
Rivières rougeâtres. Au plus profond de Paris. Rivières pentaculaires. Sang coagulé. Rivières... Exhalaisons de cadavres amoncelés. 

Je me réveille. Je transpire un peu. Ce cauchemar... Il me revient chaque nuit. Chaque nuit, je vois Paris en sang; chaque nuit, je vois Paris détruit.

Je jette un regard au-dehors.
C'est pourtant une journée des plus innocentes. Les âmes quittent la mort du sommeil pour la vie éveillée. Les petits commencent leur périple vers leçons et récréations ; les travailleurs du jour fusent dans les entrailles des aérotrains.
On achève à peine les festivités du nouvel an. L'euphorie a toujours sa marque éthylique ciselée sur les yeux des Eurokaens. 

Le Nectar. Boisson des repas de fête. Boisson qui donne joie, bonheur et santé à qui la lampe. On s'en délecte comme elixir d'humeur flegmatique. Cette liqueur exquise au palais est élaborée par les laboratoires de la multinationale Biotech. Biotech apparaît comme l'action la plus prisée des courtiers. On se la dispute à grandes valses de millions. Biotech. Pieuvre dantesque. Atroce. Omniprésente. Universelle. 

Je prends le Worldnews du matin. Des souvenirs politico-historiques me reviennent. 
Euroka. L'hyperpuissance qui étend ses ailes de l'Islande à la lointaine frontière d'Asiatika. 
L'ETR. Les Etats Terriens Réunis. Puissance qui étouffe dans le cortex de tout politique la moindre velléité de guerre. Puissance qui menace de son courroux la moindre esquisse de conflit. Puissance qui brandit le spectre de sa puissante armée. 
Mars. La planète se terraforme. Dans des dômes magiques. Dans des cocons de plexacier que les holorecepteurs du monde entier exhibent dans leur beauté. Leur force. Leur magnificence.

Mon videophone entonne le Requiem de Mozart.
_ Colonel de Villalonga?
Mon supérieur. Gustav Schmidt. Un homme de chair huilée et de fer brûlé.
_ Oui, mon général, dis-je.
_ Je t'ai envoyé un dossier. C'est un Niveau 5. 
Le Niveau 5 indique les secrets les plus dangereux pour l'Etat. 
_ Je l'ouvre.
J'allume mon ordinateur. Je lis le fichier audiovisuel.

Etres.ccc

La grotte, assez bien éclairée par les projecteurs d'un spéléologue, ressemble à l'antre de quelque animal géant. 
_ Ici Taupe, Monticule, tu me reçois, demande le spéléologue.
_ Cinq sur cinq, Taupe, lance une voix féminine, qu'est-ce que je vois à l'écran? A toi.
_ C'est peut-être un animal. Je mets les projecteurs à leur pleine puissance.
_ Reçu Taupe. Mais... espace maudit! Qu'est-ce que c'est? 
Rayon laser. Liquéfaction du cerveau. Le spéléologue. Père de trois enfants. Mort.
L'être a emporté l'homme dans son mystère.

...  

Xavier Delgado, mars 2003  xavier.delgado@free.fr
http://xavier.delgado.free.fr/JdS.html

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