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La dépendance Pierre-Henri Dubois, octobre 2010. |
La dépendance (roman par Pierre-Henri Dubois, achevé en avril 2009)
A Marguerite, ma maman.
Prologue
En écrivant ces lignes je n'ai en aucune façon le désire de choquer ou de provoquer, je désire simplement exprimer par ce roman la difficulté d'être né avec une sexualité exigeante et omniprésente. Lorsque le sexe devient obsessionnel et masque de nombreuses facettes de la vie. Notre personnage n'est en aucune manière responsable de cette dépendance sexuelle qui lui est imposée dès sa naissance, il la porte non pas comme une croix, car il en retire souvent de grandes joies, mais comme un état qu'il doit gérer le mieux possible à chaque moment de sa vie. Il recherche tout au long de son existence un équilibre lui permettant aux yeux du monde, dit bien pensant, de paraître comme un homme raisonnable. Il refuse de voir dans son comportement une obsession l'empêchant de vivre toutes les autres choses de la vie et sa lutte permanente lui confirme qu'il peut être un homme comme les autres. Son homosexualité affirmée très jeune n'est pas un obstacle car il l'accepte et ne la combat jamais, fière d'être un homme et non une femme. La féminité affirmée chez les garçons ne lui plait pas, bien qu'il respecte ceux qui la démontrent ouvertement. Les femmes il ne les méprise pas, il les aime, les apprécies mais se sent si différent de celles-ci, ne voulant en rien leur ressembler il garde son identité masculine et repousse pour lui toutes idées d'identité féminine. Les descriptions de ses désirs et de ses pulsions ainsi que les situations décrites dans ce roman n'ont pas un caractère pornographique ni vulgaire, elles peuvent tout au plus êtres jugées érotiques mais non provocantes. Notre personnage est homosexuel, ce qui ajoute à son ambiguïté une autre dimension, hétérosexuel sa vie serait probablement bien plus simple.
Chapitre 1 - Naissance
Je ne veux pas parler de mes parents car ces lignes sont mon jardin secret et je n'ai jamais partagé les allées de ce jardin avec ma famille. Je veux simplement dire qu'ils sont des gens merveilleux, qu'ils m'aiment vraiment et donnent toute la tendresse nécessaire au petit être qui vient de naître. Je tiens aussi à vous dire qu'ils sont des personnes sans histoire particulière et qu'ils ont réussi, comme beaucoup de gens de vivre heureux et sans trop de problèmes. Pour vous dire surtout qu'ils ne sont en rien responsable de mon homosexualité qui m'est donnée dès ma naissance par un Dieu qui à probablement jugé bon qu'il en soit ainsi, ni de ma dépendance sexuelle très affirmée. Cette homosexualité que ma
Mère et mon père découvriront bien plus tard. J'ai toujours gardé une grande pudeur vis-à-vis d'eux et évite de le confronter à mon problème.Voila, je viens de naître, je suis un beau gros bébé, l'accouchement s'est passé sans peine. Je suis fils unique et le resterai, bien souvent j'ai rêvé du frère que je
N'ai jamais eu et qui dans mes rêves ressemble à Robin des Bois, ayant aimé la bande dessinée publiée dans mon hebdomadaire pour enfant où je m'identifiais au Prince Jean et non à Marianne! Cette période d'inconscience et de découverte du monde me laisse perplexe, je ne sais pas vraiment qui je suis et ce que je suis venu faire en ce monde. Mon esprit flotte encore et n'a pas encore incarné ce petit corps tout rouge qui crie de toutes ses forces. Ma Maman est très jolie et me semble heureuse, on lui remet mon petit corps dans ses bras, elle m'embrasse sur le front et me fait une petite croix, elle et moi nous nous donnerons toujours une petite croix sur le front jusqu'à ce que la mort nous eût séparés. Je suis rassuré, on ne m'abandonne pas; l'infirmière aidée du médecin, un bel homme aux yeux bleus, curieux j'ai déjà remarqué ce détail, coupe le cordon ombilical, je suis libre, je vais vivre ma vie.C'est le moment de mon premier bain à la maternité, encore hors de mon corps je regarde avec attention les ablutions qui me sont données, c'est alors que je m'aperçois qu'entre mes petites jambes se trouve un petit objet, un sexe d'homme, cet objet qui sera aussi important que mon esprit, je suis un garçon quel bonheur, merci mon Dieu, dire que j'aurais pu naître fille! Voyez ici un grand trait précoce de ma misogynie. Combien de temps faut' il pour évoluer, pour gagner son indépendance? Aucune réponse à mes balbutiements, je comprends qu'il faudra un certain temps et comme ce temps m'est donné, dès que mes yeux me permettront de voir je me gaverai de belles images, ne recherchant que la beauté afin de me forger un univers de conte de fées où le prince charmant viendra m'enlever avec son cheval blanc et que lui et moi vivrons une belle aventure virile et à la fois romanesque.
Mais je vais trop vite, je ne suis qu'un bébé de quelques heures, je vais devoir boire un lait tiède, m'exercer à faire pipi et caca, faire mon roro, me laisser admirer par des gens sans importance pour moi qui me diront des bêtises avec un sourire béat, me faire photographier nu sur une peau de mouton. Le beau médecin accoucheur ne revient pas me voir, je vais à la visite chez le pédiatre, il est gros et laid et a de grosses mains potelées, c'est le premier vilain que je rencontre, je ne veux pas lui ressembler, je veux ressembler à celui qui à des yeux bleus et qui m'a mis au monde.
Attendre que le temps passe et que mes yeux s'ouvrent à la vie et prennent conscience de la réalité matérielle des choses qui m'entourent.
Je suis debout les pieds dans un bassin sur la table le la cuisine, maman me lave, il fait chaud dans cette pièce ou ronronne près du feu la chatte kiki. Un peu plus
tard vient une curieuse baignoire pliable en toile cirée, un canard en plastic flotte près de moi, c'est la même cuisine, j'entends la radio. Puis c'est le grand bain, le vrai de la salle de bain, je joue avec des bateaux et d'autres canards en plastiques, je commence à prendre conscience du monde qui m'entoure et de mon petit zizi. Je ris quand je fais pipi dans l'eau, maman se fâche très fort quand j'y fais caca. Il fait un soleil éclatant, je suis assis dans le jardin sur une couverture, accompagné d'un énorme teddy bear et de kiki. La chaleur est douce, c'est bon d'être ici dans ce petit jardin, où poussent quelques malheureuses roses pompon, je suis heureux, je suis content de tout.
L'appartement ou je vis est un tendre refuge, je suis gâté, choyé, je grandis paisiblement. Je dors dans ma chambre, c'est mon domaine, encore celui des ombres car je ne puis encore formuler de vraies pensées, je perçois des odeurs, les bisous de maman, des bruits familiers, je sais quand j'ai fais caca dans mon lange, cela me dérange car cela sent très mauvais, je pleure un peu, histoire de me faire pardonner. Par contre j'adore faire pipi, cela me fait rire, je crois que c'est ma première satisfaction physique. Derrière les murs je ne connais rien et quand je quitte l'appartement je découvre le ciel car je suis couché dans un profond landau qui m'empêche de voir la rue. La vision du ciel est parfois troublée par des visages qui se penchent pour me voir, on me trouve beau, moi je sélectionne les personnes à qui sourire, maman s'étonne que j'adresse la plus part de mes bienveillances aux messieurs, il parait que mes yeux s'agrandissent alors comme si j'avais vu le petit Jésus lui-même. Chère maman, à mon âge je n'ai pas encore vu ni rencontré le petit Jésus, ressemble t'il au facteur ou à l'agent de quartier? Je prends enfin conscience de la nourriture, j'adore manger mais je rejette systématiquement certains mets, je suis un enfant difficile et pourtant un biscuit écrasé avec une banane et mouillé de jus d'orange me satisfait pleinement. Nais je pas le droit de choisir, je suis un bébé indépendant.Je suis assis sur l'herbe dans le grand parc communal, il fait un temps superbe et très chaud, il à des pigeons, des fleurs partout, des enfants qui courent et crient, maman bavarde avec une autre maman qui m'a laissée en compagnie de son gros bébé joufflu qui doit avoir comme moi un peu plus de deux ans, il s'appelle Gilbert, il es tout rose et vêtu d'un lange, c'est le premier prénom que je retiens, il mange un yaourt, moi je n'en ai jamais mangé je crois, je lui prends le pot et goûte le yaourt, c'est très bon et très sucré, doux dans la bouche. Maman est contente, tu aimes ça me dit elle en souriant, Gilbert s'est mis à pleurer, il réclame à grand cris son yaourt, je regarde avec stupeur cette chose qui soudain hurle et s'agite pour un pot de yaourt.
Heureusement sa maman à un deuxième petit pot, les pleures se calment. Je viens de prendre conscience des choses et de ce qui m'entoure, c'est mon premier souvenir, je n'oublierai jamais Gilbert et le goût du yaourt.J'ai un tricycle blanc et bleu, je pédale de toute mes forces dans les allées du parc, parmi les pigeons qui s'envolent, je suis vêtu d'une barboteuse en tissus vichy orange, je porte des petits bottillons et des chaussettes blanches, mes jolies boucles blondes flottent au vent d'été, que c'est bon de vivre, de respirer et de m'emplir les yeux de toutes ces belles choses. Maman me dis que nous allons boire quelque chose et manger un bon morceau de tarte au riz à la laiterie du parc. Elle marche lentement auprès de moi pour me permettre de me déplacer avec mon tricycle, il y a beaucoup de monde en ce dimanche après-midi, j'entends de la musique au loin, nous arrivons à la grande terrasse de la laiterie où un kiosk à musique accueille une fanfare. Nous prenons place à une table en fer de couleur verte, maman m'installe sur une chaise pliante, un peu dur pour moi, dont les lattes pincent un peu mes petites jambes. Zim boum fait la fanfare composée d'une vingtaine de musiciens vêtus d'un uniforme bleu vif à boutons dorés, au devant de celle-ci quatre dames sont assises face au public tenant chacune une énorme sacoche posée sur leurs genoux.
Je n'en crois pas mes yeux, un homme en uniforme se dirige vers nous, il est grand et mince, porte une veste blanche avec de belles épaulettes et boutons dorés, un pantalon noir, il est bronzé, porte une fine moustache et n'a pas beaucoup de cheveux, il porte un plateau. Je crois qu'il connaît bien ma Maman car il lui dit bonjour madame…….
-Bonjour Gérard, quelle belle journée, pour moi ce sera un café filtre et pour le petit un chocolat froid.
Elle lui parle un peu, je ne comprends pas tout, mais je regarde Gérard, qu'il est beau, il me caresse gentiment les cheveux, comme je vaudrais qu'il m'embrasse comme Maman, qu'il me prenne dans ses bras, moi aussi alors je pourrais l'embrasser.
Je ne vais pas le quitter des yeux comme cela il verra bien que je l'aime et il fera bien attention à moi. Je l'imagine comme Papa quand il est tout nu dans la salle de bain, mais je le trouve beaucoup plus beau que papa. Je n'espère qu'une seule chose à cet instant, revenir bien souvent au parc pour voir Gérard, les enfants ne m'intéressent pas, je n'ai pas envie de jouer, je veux rester ici longtemps.Mais il nous faut rentrer à la maison, l'après midi s'achève, la fanfare à quitté le podium, il fait un peu plus frais, les tables se vident peu à peu. Gérard débarrasse les nombreuses tasses de café et pots abandonnés sur les tables. Il
porte maintenant un énorme plateau à bout de bras, il doit être très fort. Heureusement il est à notre table juste au moment ou nous allons partir, il dit encore quelques mots à Maman et se penche enfin pour me dire au revoir, il semble me tendre la main, je m'accroche à celle-ci et ne peu m'empêcher d'y déposer un baiser. Gérard est mon premier amour, je ne vais ne plus rien faire aujourd'hui pour le garder dans mon cœur et l'imaginer avec moi chez moi quand je serai dans mon lit.Je viens de dîner avec mes parents à la cuisine, j'écoute la radio sans rien dire, il est vrai qu'à mon âge on ne parle pas beaucoup et pourtant quand je commence je n'arrête pas, ce qui agace mon père qui n'a pas beaucoup de patience avec les enfants, il dit souvent qu'il a horreur des gosses. Il ne lève jamais la main sur moi mais sort souvent pour boire un verre afin de se calmer, me laissant seul avec maman pour écouter encore la radio. Ah si papa était Gérard ce serait le bonheur, il me permettrait certainement de prendre mon bain avec lui, mon père refusant cela au nom de la pudeur. Maman est la même à ce sujet mais beaucoup plus gentille, je ne l'ai jamais vue déshabillée, d'ailleurs je ne le voudrais pas.
Je vais aller me coucher, c'est vrai que j'aime mon lit, maman m'embrasse, me fait une petite croix sur le front, à demain mon chéri, à demain maman, dors bien, à demain, à demain maman. Elle ferme la porte, je suis dans l'obscurité, par la fenêtre donnant sur le jardinet passe un rai de lumière, les nounours me tiennent compagnie et prennent une grande place dans mon lit, que je suis bien, je pense à Gérard et lui donne en pensée de gros bisous.
Il y a beaucoup d'autres journées au parc et de nombreux concerts à la laiterie, cet été et Gérard est toujours là pour nous servir du café, du chocolat et de la tarte au riz maison faite par la fille de la patronne elle-même.
Je dois préciser ici que mon grand amour imaginaire n'a jamais un geste déplacé vis-à-vis de moi et que c'est mon imagination débordante qui s'envole avec lui. Ce sentiment que je ne connais pas, que je ne puis nommer, qui me trouble si fort m'oblige de faire mes premiers choix, jouer avec mes petits camarades ou rester sagement assis écoutant la fanfare en regardant mon beau chevalier. J'ai choisi le beau chevalier et de ce fait on trouve que je suis un petit garçon bien sage qui reste calmement auprès de sa maman. Je gamberge de plus en plus, je m'imagine entraînant Gérard derrière le kiosque pour être seul avec lui, là je puis m'occuper entièrement de lui. L'étrange dans ce délire, c'est qu'alors je ne suis plus un petit garçon mais un plus grand, un peu comme ceux de la grande école.
Je suis à l'école gardienne chez les Sœurs Augustines, j'ai quatre ans et très éveillé je prends un énorme plaisir dans cette classe. Je suis très intéressé par le
castellet et la représentation de guignol donnée par les Sœurs Gondulpha et Marie Joseph. Impossible de donner d'âges à ces deux dames en noir dont le visage, encadré de blanc, est couronné d'un grand voile noir. Mais le plus beau à mes yeux c'est leur longue robe noire très évasée qui froufroute entre les bancs, je sais car je les ais surprise se rajustant discrètement, qu'en dessous de cette robe austère elles portent plusieurs longs jupons de couleurs. Je les aime beaucoup mes bonnes sœurs et elles me le rendent bien. Je regrette pourtant que dans cet institut il n'y ai qu'un seul homme, Nestor l'intendant qui fait parfois irruption dans la classe, malheureusement il doit être très vieux et il n'est vraiment pas beau. Comme je n'apprécie pas du tout les enfants qui m'entourent je suis un peu triste, depuis que je vais à l'école je n'ai plus revu Gérard et ma consolation est d'aller avec la classe assister à la messe dite une fois par semaine à l'école, qui me permet de regarder le jeune abbé si beau dans sa soutane longue et bien repassée et plus beau encore revêtu des ornements sacerdotaux. L'habit des sœurs me plait et celui de monsieur l'abbé aussi, j'aimerais bien m'habiller comme eux et si le choix est difficile je me dis qu'en tant que garçon il serait mieux que je porte la soutane. C'est un de mes choix, je ne serai pas bonne sœur mais curé, mon grand amour sera semblable à notre jeune abbé. Je suis à nouveau très heureux puisque j'aime, enfin à nouveau je ressens ce sentiment indéfinissable qui me fait vibrer, à mon âge on ne sait pas encore que c'est le désir ou l'amour.Mes grands parents sont des fous de cinéma et même si cela ne semble pas très raisonnable ils n'emmènent au moins deux fois par semaine voir un film. Le premier " Blanche Neige et les sept nains ", me séduit, je suis émerveillé par ce film mais surtout par le fait qu'il me prouve que le Prince Charmant existe vraiment. Je ne m'identifie pas à Blanche Neige, c'est une fille, mais je caresse le rêve que le Prince Charmant pourrait se raviser, laisser tomber Blanche Neige et ses nains et faire de moi son grand ami. Après cette représentation je mets Gérard définitivement au placard, je conserve le petit abbé dans mon cœur, on ne sait jamais, et j'ouvre mon cœur au prétendant de Blanche Neige.
Le cinéma m'apporte du bonheur, j'adore les comédies musicales, charmé par le ténor qui comme il se doit est super beau. Les films où le héros est battu, dévêtu, rejeté par les siens, abandonné, avec des yeux de chien battu me touchent encore plus, le soir je me rappelle l'histoire et la modifie, c'est moi qui vais le consoler et le sortir de sa misère, le ramenant chez moi bien à l'abri des méchants, lui donnant un bon vain chaud et tout cela rien que pour moi.
Chapitre 2 - L'école primaire
Le temps de l'inconscience est bien révolu, j'ai cinq ans et je sais que j'existe, la réalité des choses et du monde ne m'échappe plus, je regarde, je comprends et je profite de la vie. Je ne puis plus me contenter uniquement de mes rêveries et aime me raccrocher au monde réel le plus souvent possible. Mes héros ne sont plus exclusivement ceux du cinéma, j'ai de vrais héros dans mon entourage et j'en suis comme il se doit éperdument amoureux. Il y a ceux de ma rue et de ma maison, le fils de la dame du second d étage qui rentre toujours très tard raccompagné d'une dame blonde et parfumée, il est très beau, toujours en costume, un visage un peu dur, les cheveux blonds coupés en brosse. Je m'arrange toujours pour être dans l'escalier quand il rentre, je crois qu'il a remarqué mon manège car il m'appelle son petit espion, il me sourit toujours mais pas question qu'il se passe la moindre chose entre nous, j'aimerais bien un bisou de lui mais la terrible blonde, qui est sa maitresse comme dit ma grand-mère, ne me laisserait pas la moindre chance d'être une seule fois seul avec lui.
Mes voisins c'est autre chose, ils passent leur temps à se disputer, madame reproche à son mari de ne pas lui procurer du beurre pour son pain, pourtant elle est toujours très élégante et couverte de bijoux. Presque chaque soir, lorsqu'il rentre à la maison le concert de reproches commence, je sais qu'a partir de ce
moment là il va commencer à boire. Il boit beaucoup de bière et au plus qu'il en boit au plus le ton monte. La dispute d'aujourd'hui m'arrange bien car il fait un temps magnifique et je sais qu'il se promène toujours en slip dans l'appartement, l'ayant souvent aperçu car ils ne tirent pas souvent les tentures. Moi je me réfugie dans ma cabane au fond du jardin que j'ai fabriquée de quelques planches et qui se trouve posée contre le petit mur mitoyen qui sépare nos jardins. Dans ma cabane il y à une brèche dans le mur qui me permet de regarder discrètement dans le jardin d'à côté. Je sais que dans quelques instants il viendra au fond du jardinet pour faire pipi, qu'il baissera son slip presque sous mes yeux, comme il est sportif et coureur cycliste il n'est pas mal fichu, c'est le premier homme que je vois nu. Les cris de sa femme se font entendre plus fort, le voici, une bouteille de bière à la main qui rentre dans le jardin en claquant la porte de la cuisine violemment. Les cris de son épouse sont aigus, elle parle encore d'argent je crois. Il est grand et mince, la peau très pâle et des yeux si petits qu'on ne sait jamais où il regarde, il pose la bouteille de bière à même le sol et se dirige vers le fond du jardin, je sais qu'il va faire pipi, toujours contre le même arbre, presque face à mon refuge. Il baisse son slip, laissant voir un petit sexe couronné d'une touffe de poils roux, le pipi dure longtemps et fait beaucoup de bruit. Moi je suis troublé et ressens quelque chose de bizarre qui me chatouille intérieurement mais que je ne sais exprimer.Comme c'est le seul homme que je vois nu je m'imagine que tous les autres sont comme lui.
Les visites urinaires du fond du jardin me font pourtant prendre conscience de ma dépendance précoce vis-à vis des hommes et malgré mes cinq ans et demi je suis embarrassé face à mes parents à qui je cache mes préoccupations mais aussi vis-à-vis de Jésus, puisque maintenant je suis à la grande école catholique et qu'au cours de religion on nous à parlé de la pudeur, de la pureté et d'autres choses qui me font penser que mon intérêt pour les hommes nus ne correspond pas à ce qu'ils m'enseignent.Au premier étage de ma maison habite, avec sa maman, un monsieur d'origine arménienne qui reçoit presque tous les jours la visite de son ami. Ce voisin est petit et gras, les cheveux rares, brun de peau et sent la cigarette, d'ailleurs chez lui tout est brun, plafonds et murs, sa maman ne quitte jamais une robe de chambre mauve et élimée.. Elle est très gentille avec moi cette petite dame, elle est très bavarde et vient tenir le crachoir à ma grand-mère, sa voisine de palier, pendant des heures. Ma grand-mère se plaint de ces bavardages mais je sais qu'au fond d'elle même elle adore ça.
L'ami de son fils est très grand, je le vois toujours vêtu d'un imperméable long et gris, il a une grosse verrue près du nez, je crois qu'il est malade, il passe des heures chez mon voisin et je ne sais pas ce qu'ils font. Les méchantes langues du quartier disent qu'ils sont ensemble, je ne comprends pas trop ce que cela veut dire.Chaque jour de la semaine je suis à l'école, en première année, je n'aime pas trop les garçons qui m'entourent, j'ai tendance à me réfugier dans mes rêves et la récréation est pour moi un moment terrible. Courir et crier n'est pas du tout mon style, je trouve les élèves franchement stupides. Le supplice à l'école ce sont les toilettes, je me retiens bien souvent de faire caca, car les portes des toilettes ne ferment pas bien, il y a rarement du papier et l'odeur y est insupportable.
Je ne suis pas un bon élève, je me fiche de tout, mais poliment, on ne peu pas discerner mon inattention, j'ai mon jardin secret et comme j'affiche bien souvent un gentil sourire on me pardonne beaucoup de choses.
La classe de première année est dirigée par un tout jeune professeur, il parait que c'est la première année qu'il enseigne. Il n'est pas très grand, un visage carré, les cheveux noirs tirés vers l'arrière, il est gentil, explique bien son cours et les longues heures où il est au tableau noir ne me dérangent pas trop. C'est vrai que je le dévore des yeux, ce qui provoque chez lui un sentiment de gène, il me demande pourquoi je le fixe ainsi, je suis un peu gêné, je ne sais pas répondre, il laisse tomber la question et reprend le cours de son exposé.Si tu savais petit prof combien j'ai envie que tu tombes de l'estrade, que tu te fasses bien mal et que je sois le seul qui puisse s'occuper de toi afin de te conduire à l'infirmerie et de panser tes blessures.
Comme je ne veux pas aller aux toilettes pendant la récré il m'arrive de demander de sortir pendant la classe car cela devient urgent. Dans un des corridors de l'école, tout au bout est accroché un immense crucifix, grandeur nature et en couleur. Cette image de Jésus me fait peur, j'ai l'impression qu'il est vivant, qu'il va me parler quand je devrai passer devant lui. Une fois de plus ma dépendance me rattrape, je redeviens impur en le regardant, le crucifié qui n'est vêtu que d'un petit chiffon blanc laisse paraître sa poitrine et ses jambes nues. J'y vois l'image de Dieu mais aussi l'image du désir du corps nu d'un homme près de moi, ma main se perd à caresser un moment doucement ses cuisses, je n'encours vaincu par la crainte d'être vu avec le sentiment d'avoir fait un gros péché qu'il me sera impossible de confesser. Je dessine souvent avec un certain réalisme des Christ en Croix, premières images érotiques et inavouées qui me rappellent mon voisin cycliste qui fait pipi sous mon nez dans le jardin.
Mon enfance se déroule gentiment, je suis choyé et aimé, rien ne me manque et je ne connais rien de désagréable. Avec mes parents nous voyageons beaucoup, que ce soit avec ma Maman dans a petite auto ou avec mes Grands-parents dans la grosse Mercedes.
Je me trouve dans les monts d'Auvergne dans un petit village très calme où habitent d'arrières petits cousins que nous sommes venus visiter. Il n'y a que quelques maisons, une église, une boulangerie pittoresque qui sent bon le pain frais, un café restaurant sur la place avec une petite terrasse composées de quelques chaises. Une bande de vauriens, les enfants de la ferme, m'entrainent dans leurs jeux, ils me sont sympathiques et pour une fois je ne me fais pas prier pour découvrir leurs jeux et cette petite agglomération. Ils sont sales et ont une très mauvaise réputation me fait savoir la vieille cousine Edmée, moi je m'en fiche je suis ici pour m'amuser et ce sont les vacances. Mes parents après plusieurs apéros entreprennent une partie de boules sur la place avec quelques villageois et le jeune mari de la petite cousine Suzanne. J'arrête ici mes jeux de gamin en ayant aperçu le jeune époux vêtu d'une chemise blanche à manche courte ouverte laissant entrevoir sa poitrine bronzée mais surtout il porte un short très court dévoilant des jambes superbes. Assis sur la margelle de la petite fontaine je ne décolle plus mon regard des joueurs et bien sur mes yeux suivent les superbes jambes légèrement poilues, je suis aux anges, ce spectacle m'enchante, quand il se penche pour ramasser les boules je peux apercevoir le bas de ses fesses et qu'il porte sous son short un slip blanc. Je jette un coup d'œil vers l'église, je songe que Jésus me regarde et qu'il doit me faire des reproches mais je n'y puis rien, je lui promets de faire un effort mais plus tard dans la journée.Nous avons quitté le village, la route me semble bien longue, mon cœur est plein de regrets pour le beau joueur de pétanque, la suite de ces vacance risque de me paraître morne. C'est la première fois que je me mets à pleurer en pensant à un homme, dans la voiture mes parents pensent que je fais un caprice, ils me demandent ce que j'ai, je ne sais que répondre, je leur dit que j'ai mal au ventre, c'est un peu vrai au fond, ils ne pourraient pas comprendre.
Le mois de septembre, l'école, la préparation à ma petite communion, j'ai grandi, on me dit que sept an est l'âge de raison. La raison de quoi, je n'aime pas trop le mot raisonnable, ce mot m'écarte de mes jeux et de mes rêves.
Dans ma rue des ouvriers on ouvert le trottoir pour des travaux aux tuyaux du gaz. Ils sont trois à s'affairer dans une profonde tranchée, de ma fenêtre je les regarde, ils ne sont pas terribles, deux d'entre eux sont gros et probablement vieux, le troisième pas très fort attire mon attention, il travaille torse nu et a un grand tatouage sur le bras droit, une sirène je crois, il doit avoir très chaud car il est dégoulinant de sueur, son pantalon de travail descend assez bas sur ses hanches et quand il s'accroupit je vois le haut de ses fesses. Une fois de plus toutes mes belles résolutions de sainteté s'effondrent et je fais le choix que plus tard je serai aussi ouvrier et que je pourrai travailler avec des hommes qui transpirent et sans chemises.
Le cours de préparation à la communion est donné par mon Abbé préféré, je le trouve gentil et beau, il porte la soutane avec élégance et est toujours rasé de frais, il sent bon l'after shave et sait souvent nous faire rire. Moi, pour lui, j'étudie à fond les leçons de religion, je voudrais tant qu'il soit attentif à ma personne, moi qui suis un élève très médiocre je remporte tous les prix de religion et amasse les bons points qu'il distribue après la classe. J'ai découpé dans la revue de l'école une photo de lui et l'ai bien cachée dans mon portefeuille. Je fais un nouveau choix, abandonnant les ouvriers en sueur, si il me le demande je me ferai curé, une fois de plus je reviens à la foi par amour, mais par amour pour Dieu mais pour mon professeur. La confession m'embarrasse beaucoup car c'est lui mon confesseur, je sais d'avance que je vais lui mentir, que je ne lui dirai pas que je l'aime plus que Jésus et que j'embrasse souvent sa photo le soir dans mon lit. Que de problèmes dans ma tête, je vais aller en enfer si je continue ainsi, c'est vrai que j'ai très peur du feu, surtout si il est éternel !
Avec tout cela ma communion privée est une catastrophe, oh tout se passe très bien en apparence mais mon cœur n'y est pas, je me sens impure et pas digne de recevoir la sainte Ostie. Les enseignants m'ont tellement bourré le crane avec leurs histoires de péchés mortels ainsi que les mises en garde concernant les amitiés particulières que je n'ose à peine passer seul devant le grand crucifix du corridor de peur que Jésus m'interpelle et me face de terribles reproches.
Si je comprends le sens des amitiés particulières elles ne m'intéressent, les autre élèves sont bien trop petits et sans intérêts pour moi quand je le vois tout nus aux douches après le cours de gymnastique. Moi je sais ce que c'est un homme et c'est un homme que je prendrai plus tard, il devra ressembler physiquement à mon voisin le cycliste, à l'ouvrier du gaz ou encore à mon cher professeur de religion.Je suis bien souvent à la rue pour jouer des jeux de sauvages avec la bande de mon quartier. Petit à petit je suis devenu le chef de la bande et j'organise des explorations dans le parc communal. J'ai du me résoudre à prendre une petite amie, le chef doit avoir une fille, elle a huit ans comme moi et fait partie de la bande. Comme elle est la seule fille et que je suis le chef je bénéficie d'une espèce d'admiration et pour bien montrer que je suis le chef j'embrasse ma petite copine sur la bouche mais sans la langue, je n'aime pas ça faire comme les amoureux du parc qui s'embrassent tout l'après-midi. Mon choix est fait, je n'embrasserai jamais une fille avec la langue mais peut-être un garçon, je reporte le problème à plus tard il n'y a pas le feu au lac.
Le temps passe bien vite et cette époque de transition entre mes huit et onze ans ne me laisse que des souvenirs un peu flous, souvenirs de jeux et d'amitiés, souvenirs scolaires et familiaux. Une époque d'insouciance que je traverse avec bonheur. Rien n'a changé durant ces trois années, mon cœur reste le même mais je ne dévoile à personne mon homosexualité puisqu'il faut bien la nommer ainsi. Je prends conscience que je suis différent des autres, inquiet car ne sachant pas encore que je ne suis pas le seul dans mon cas. Cela m'angoisse beaucoup et je commence à jouer une certaine comédie en disant que je m'intéresse aux filles pour faire comme les autres. Pourtant ma Maman semble douter de mon goût pour les filles surtout que depuis quelques jours trône, bien encadrée sur ma table de nuit, une belle photo de mon acteur préféré souriant et torse nu.
Chapitre 3 - Le réveil
Depuis quelques temps je me réveille le matin avec un gros zizi. Je ne sais pas très bien ce qui m'arrive et quand j'ai posé la question à Maman j'ai bien vu qu'elle ne voulait pas me répondre. Elle m'a dit qu'à onze ans je deviens un homme et quand le matin on doit faire un gros pipi cela peut arriver.
Cette explication ne me satisfait qu'à moitié d'autant plus que des petits poils sont apparus au dessus de mon instrument. Je comprends alors que je vais ressembler à mon voisin le cycliste quoique que le matin mon zizi est plus long que le sien. Je n'ai encore jamais vu le sexe d'un homme en érection et je dois être encore naïf de ne pas comprendre l'utilité de cette situation.Depuis quelques temps j'ai un nouveau copain de quelques mois plus âgé que moi. Il vient souvent jouer le jeudi après midi chez moi ; je suis seul à la maison car Maman travaille mais elle me laisse recevoir mes amis. Nous jouons avec le train électrique, nous regardons la télé, nous écoutons des disques mais aujourd'hui le programme est différent. Il me dit que nous jouons toujours la même chose et qu'il en a marre.
-Qu' as tu envie de jouer ?
-Nous pourrions jouer au docteur, regarde j'ai apporté une trousse que j'ai reçu pour mon anniversaire.
La trousse est blanche avec une grande croix rouge, elle contient un stéthoscope, une seringue, des sortes de pansements et quelques bricoles pseudo médicales. Je suis un peu embarrassé, sa proposition ne me déplait pas mais comment joue t'on au docteur ? Il me dit que c'est lui le malade et qu'il va arriver chez le docteur pour se faire soigner, le docteur ce sera moi.
-Bonjour docteur je viens vous voir car j'ai très mal au ventre….. Le dialogue commence, j'ai un peu l'impression de jouer au crémier et la crémière comme quand j'étais petit mais la situation évolue tout autrement.
-Nous devons aller dans ta chambre pour que tu puisses m'ausculter convenablement couché sur ton lit.
Il m'entraine dans ma chambre et se couche sur mon lit, je trouve que ses yeux sont bizarres, ils brillent très fort.
-J'ai mal au ventre docteur pouvez vous regarder ce que j'ai.
Je prends le stéthoscope et lui entrouvre la chemise, je fais comme le docteur qui vient parfois pour moi quand je suis malade.
-Respirez, toussez, respirez encore….
-J'ai surtout mal au ventre docteur, me rappel t'il, sent, il prend ma main et la pose sur son ventre, oui c'est la que j'ai mal. A mon tour de jouer d'audaces, je déboutonne son pantalon, le descend jusqu'à ses genoux découvrant un slip blanc sous lequel je devine son sexe en érection. Le mien n'a pas cessé de grossir et je commence à comprendre la raison de l'érection qui n'est pas le besoin de faire un pipi. Je mets la main sur son slip en serrant doucement son sexe, mon ami pousse de petits gémissements ;
-Tu à mal ?
-Oui c'est là, enlève mon slip.
Le voici complètement nu sur mon lit sa verge tendue, je la prends à peine dans ma main que s'échappe un liquide blanc qui sort par petits jets, mon copain pousse un petit cri, je suis troublé et ne comprends pas très bien ce qui lui arrive, il prend son mouchoir, s'essuie et se rhabille sans rien dire, j'ai l'impression que quelque chose aurait du se passer aussi chez moi, mais non, mon membre redevient petit et j'ai peur soudain que l'on aurait pu nous surprendre. La trousse de docteur est refermée et nous retournons au tain électrique sans plus parler de ce qui vient de se passer. Je fais à nouveau un choix, je serai docteur pour homme, mais pour le moment je pense que le petit jeu que nous venons de faire est plus amusant que le train électrique et qu'il serait bon qu'il se répète souvent.
Il en est ainsi, chaque fois que mon petit copain vient à la maison il prétexte n'importe quoi pour se déshabiller et se promener nu chez moi pour ensuite se coucher sur mon lit, se faire caresser et faire couler son jus, le prétexte du docteur et abandonné n'étant plus nécessaire Il ne me demande jamais de faire la même chose et je m'abstiens de me déshabiller à mon tour, pourtant j'en meure d'envie car je sens en moi cet étrange sentiment qui me trouble, mais chez moi pas de coulée de sperme.J'ai quitté l'école Catholique pour la communale juste après ma communion solennelle qui s'est passée dans le même état d'esprit que ma petite communion, vu mes difficultés scolaires. L'idée du péché m'étouffe encore parfois mais mon entrée dans une école laïque me détourne de mes doutes. J'ai douze ans et ma vie à changée, j'ai d'autres amis et mon petit stripman du jeudi à quitté la ville avec ses parents après m'avoir fait jurer de me taire sur nos après-midi. Il est évident que jamais je n'aurais dévoilé nos jeux et c'est presque avec soulagement que je l'ai vu partir.
Depuis quelques jours je me rends seul au bassin de natation communal, j'ai appris à nager à l'école et me suis rendu compte que c'était l'endroit idéal pour voir des messieurs en maillot. C'est vrai que je nage bien et que j'ai de l'endurance, je vais trois ou quatre fois par semaine au bassin et y ai fait quelques amitiés. Quand je vois les autres je me rends compte que je ne suis qu'un gringalet, maigre, la poitrine étroite avec de longues jambes de greluche, mais je suis sportif et je crois que la natation me permettra de me développer.
Hypocritement je me dis que le sport est bon pour moi mais au fond de moi je sais très bien ce que je viens rechercher au bassin. Pour le moment mon plaisir est basé sur la vue, j'entends bien parler à l'école de branlettes de masturbation mais je dois avouer que je ne sais toujours pas en quoi cela peut me concerner.
Vers cinq heure il y a toujours beaucoup de monde au bassin, des hommes qui après leur travail viennent s'y laver aux douches communes et font ensuite quelques brasses avant de regagner leur maison. Je suis à la fois effarouché et fasciné par ce lieu et fais le choix de devenir maître nageur.
Un garçon qui doit avoir au moins seize ans me fait régulièrement la causette, il est très gentil et pas mal foutu, il est souvent près de moi dans le bassin et aime faire semblant de se battre avec moi. Moi j'ai un peu peur car j'ai horreur d'avoir la tête sous l'eau où je n'ose pas ouvrir les yeux. Il prend souvent sa douche près de moi mais je n'ose pas trop le regarder, surtout lorsqu'il se savonne et passe sa main pleine de savon dans son maillot. A ce moment mon cœur bat la chamade mais j'ai terriblement peur, je crois que tout le monde perçoit mon manège et que je vais avoir de gros ennuis et que ma famille sera mise au courant et qu'il pourrait se fâcher si je le regarde de trop près. Bref mille et une raison d'être mal à l'aise et de ressentir un sentiment de frustration.
Je descends avec lui vers la salle des cabines, je vais rentrer chez moi car il se fait tard. Nous avons des cabines contigües, je rentre, hôte mon maillot et m'essuie consciencieusement, il frappe à la cloison, me demande si je peu lui prêter mon peigne car il a oublié le sien, je m'entoure de ma serviette et sors de ma cabine pour lui donner le peigne, au fond de moi je sais très bien que cela n'est qu'un prétexte, il n'y a personne dans le couloir, quand il ouvre la porte il est complètement nu et en érection.
-Viens dans ma cabine.
Je suis pris de peur.
-Non, non, je n'ai pas le temps, je t'attends dans le hall.
-Fais pas le con je sais que tu as envie aussi.
Je m'échappe, rentre dans ma cabine, m'habille en toute vitesse apeuré et déjà plein de regrets de ne pas avoir osé. Pourtant comme promis je l'attends à l'entrée du bassin, tremblant de peur. Il arrive en souriant et me propose comme chaque fois de me raccompagner jusque chez moi, il habite quelques rues plus loin que la mienne. Il ne semble pas embarrassé de ce qui vient de se passer, mais sa conversation n'est plus la même qu'avant, il me parle de sa maman qui est vieille et qui vit seule avec lui, de sa solitude, de son manque d'ami. Il me dit qu'il est bien content de me connaître car il me considère comme un ami et peut être son seul ami. Sa confession n'en finit pas, malgré mon jeune âge j'en comprends le sens caché et ne me laisse pas séduire, sa tentative dans les cabines m'a révélé un autre personnage et je sais qu'à mon âge je dois être prudent, ce n'est pas un monsieur qui me propose des bonbons mais un homme pervers qui me propose son sexe. Je me jure que je ne le fréquenterai plus.
-On se voit demain ?
-Je ne sais pas, on verra bien.
Je suis devant chez moi, je traverse la rue sans lui dire au revoir, j'espère qu'il a compris.Je suis de retour au bassin, mon séducteur et agresseur d'hier n'y est pas, il doit avoir eu peur que je parle. Au fond de moi je regrette bien mon effarouchement, hier soir je n'ai cessé de penser à lui. Ma pudeur, ma raison et surtout la peur m'ont fait agir stupidement mais je ne suis pas encore certain que je sois déjà partant pour une telle aventure avec qui que ce soit. En somme je suis un trouillard et un voyeur, quand à passer aux actes c'est autre chose, ma seule audace datait encore des visites du jeudi de mon petit copain pour jouer au docteur, depuis rien de concret.
Le petit bassin est en face des douches hommes et lorsque l'on y nage, si l'on regarde bien, on peut voir ceux qui prennent leur douche. J'ai repéré dans le grand bassin depuis quelques jours un homme superbe, grand, bronzé, légèrement poilu, vêtu d'un très petit maillot noir et qui cocotte l'after shave, il doit bien avoir quarante ans. Quand je nage et qu'il me dépasse je sens son odeur, elle m'enivre un instant. J'attends dans l'eau pour le voir sortir, il ne prend jamais l'échelle mais se hisse d'un mouvement fort sur le bord du bassin, à chaque fois par ce mouvement son maillot descend et dévoile ses superbes fesses, une fois debout sur le bord il se rajuste sans grande pudeur.
Je le vois, tout en nageant dans le petit bassin prendre sa douche, je me dépêche de faire la longueur en sens inverse à toute vitesse pour reprendre celle vers les douches très lentement. La douche privée ne comporte pas de porte, d'où je suis je puis le voir sans problème, il est en train de se savonner, il enlève son maillot, je le vois enfin complètement nu, mon sexe est raide dans mon maillot, je ressens une douce impression, une sorte de chatouillement intense, je suis troublé, l'impression disparaît, je me demande si je n'ai pas fait pipi dans mon maillot, je vais aux urinoirs, mon sexe est encore tout raide, je baisse un peu mon slip pour constater qu'une pâte blanche et un peu grasse l'enduit. Je crois comprendre ce qu'il m'arrive, je me dis que c'était très bon, je comprends pourquoi mon copain jouait si volontiers au docteur, je comprends enfin que je suis un homme et que le zizi ne sert pas uniquement à faire pipi.Je rentre chez moi fort de cette révélation reçue et de ce que mon corps m'a offert, au fond de moi je suis fière, je ne suis plus un enfant.
Ma première impression passée je n'ai qu'un seul désire, retrouver cette sensation, je comprends ce qui l'a provoquée mais je ne sais comment la reproduire en dehors du bassin de natation.J'ai passé une nuit calme et ma journée à l'école est sans histoire. Je dîne, regarde un peu la télé, j'ai hâte de me rendre dans la salle de bain pour y faire ma toilette du soir. Après avoir dis à mes parents que je vais me coucher car ma journée à été fatigante, je gagne la salle de bain en sentant que mon bas ventre veut exprimer quelque chose. Je ferme la porte à clé et me déshabille en hâte, nu je me contemple dans le grand miroir de la salle de bain, je regarde peut être pour la première fois vraiment mon corps, je ne me trouve pas très beau, maigre et long mais heureux de constater que mon sexe à une belle proportion, je suis fier de la toison de poils sombres qui l'entourent. J'ai une érection et me découvre par des caresses que je me donne sur la poitrine et sur le ventre et sur mes fesses, je sens en tenant mon sexe dans la main que l'impression d'hier revient, après quelques mouvements le sperme jaillit, je suis à la fois heureux et honteux, je ne parviens pas très bien à définir ce qui se passe mais je sais déjà que cette expérience sera la première d'une longue série.
Depuis ce jour ma vie est bouleversée, ma dépendance est devenue omniprésente, je suis à la fois heureux de cela mais je souffre de cette obsession, je ne puis plus m'empêcher d'y penser à n'importe quel moment de la journée, les masturbations sont quotidiennes si non biquotidiennes, je ne puis plus me retrouver au lit sans m'offrir une jouissance. Je n'ai plus ma liberté de pensée et je dois faire un effort permanent pour paraître aux yeux des autres tout à fait normal. Je ne parle à personne de ce qu'il vient de m'arriver, une fois de plus j'affiche un visage apaisé et raisonnable au monde qui m'entoure.
J'ai gardé une grande pudeur et ne puis concevoir oser partager mon plaisir avec quelqu'un ni de me présenter nu devant qui que ce soit. Cette pudeur est une tare qui me fait souffrir, j'ai peur des moments où je devrai afficher ma nudité et l'idée que plus tard j'effectuerai mon service militaire et devoir me montrer nu devant les autres me terrifie. Curieuse situation qui me partage entre une sexualité obsessionnelle et une pudeur affligeante.A l'école je découvre la sexualité des mes camarades, un peu comme si nous étions soudain plusieurs à en parler et vivre ces évènements, il est de toute logique que comme nous avons tous à peu près le même âge nous sommes confrontés aux mêmes réalités.
En classe, un des élèves, un grand gaillard roux qui à doublé deux fois la classe est au dernier rang avec deux autres grands doubleurs. Ils font beaucoup de chahut et il n'est pas rare qu'ils soient punis par le prof qui n'apprécie jamais leurs plaisanteries. Aujourd'hui notre professeur de géographie donne tout son cours la braguette grande ouverte, c'est bien sur par inadvertance et nous ne pouvons voir uniquement que le pan de sa chemise, mais c'est drôlement rigollot, personne dans la classe lui fait remarquer sa distraction. Il se fâche plusieurs fois car cette situation cocasse crée un chahut et comme il a la fâcheuse habitude de garder une main dans sa poche en donnant son cours l'ouverture du pantalon en est plus importante.
Entre deux cours nous restons quelques minutes sans prof, le grand rouquin à l'habitude de nous faire la démonstration sous son banc de l'utilisation de son attribut masculin. Il ouvre largement son pantalon, baisse son slip et sort une verge énorme qu'il masturbe sous nos yeux ébahis sans la moindre gène, il jouit dans son mouchoir en poussant de gros soupirs et se rajuste ensuite de la même manière qu'il aurait boutonné sa chemise. Moi j'adore le voir faire cela, surtout que de ma place en classe rien ne me bouche la vue. Certains rigoles de la situation et font les fanfarons en lui disant que la leur est plus grosse. Il réplique, montre si tu es un homme….Moi j'attends toujours avec délice que cette petite séance se passe car il me plaît bien le grand rouquin, mais lui ne m'apprécie pas je crois car je ne fais pas partie de son clan.
Le jour de natation il est toujours le dernier avec un plus fort que lui à se rhabiller, ils occupent toujours les deux dernières cabines sans porte au fond du couloir. Moi et deux de mes copains nous connaissons le manège et nous nous arrangeons chaque fois pour nous rhabiller très vite et pour bavarder au fond du couloir pendant que nos deux larrons nous gratifient d'un show masturbatoire.Notre professeur de gymnastique est un très beau gars, petit et musclé, le visage carré portant les cheveux en brosse. Il n'est pas du tout aimé par les élèves car il crie toujours et aime nous donner des petites tapes qui font mal sur la nuque quand nous ne faisons pas bien les exercices demandés. Moi je reçois beaucoup de tapes car je suis, comme il le dit, un vrai crabe en gymnastique, je n'ai jamais pu attraper un ballon de ma vie si ce n'est qu'en pleine figure et le saut au dessus du cheval d'arçon se limite en une position assise si au moins j'y parviens. Il vient nous chercher dans la cour après la récré quand nous sommes tous en rang, à chaque fois son entrée est très remarquée car il porte une culotte de sport très courte, au ras des fesses. Il traverse la cour sous les sifflets des élèves comme ils pourraient le faire au passage d'une jolie fille.
Cela ne semble le gêner en rien car il conserve toujours la même tenue encore plus provocante par jour de grande pluie. Il à des jambes superbes et moi je suis certain que c'est de la provocation de sa part, ce mec cherche quelque chose, pas de doute.
Chapitre 4 - Premier grand amour
Mes prestations scolaires sont de plus en plus lamentables, j'ai bientôt quinze ans et la seule solution qui s'impose, après la fin de cette année scolaire je devrais aller travailler et suivre des cours du soir. Cela ne me trouble pas, je me sens capable de quitter l'enfance et surtout je suis heureux de quitter le milieu scolaire que je trouve débile.
Je vis souvent hors de chez moi, mes copains ont grandis et nous formons une sacré petite bande de voyous, tenant conseille au café du coin qui normalement est interdit aux moins de seize ans. La patronne, une grosse paysanne avenante, accepte notre présence, se doutant bien que certains d'entre nous n'atteignent pas l'âge requit. Nous restons là des heures durant à écouter le tintamarre du Juke Box et à boire de la bière pression. Parfois un des parents fait irruption au café avec un air courroucé, retirant l'un d'entre nous de ce lieu de perdition en le gratifiant d'un bon coup de pied. Cela n'a qu'un effet de courte de durée car le mauvais fils sera de retour au bistrot dès le lendemain.
La bande est importante pour moi aussi je cache avec grand soin mon homosexualité. Nous sommes une bonne vingtaine de garçons et filles et je n'ai pas repéré parmi eux quelqu'un comme moi. De toute façon je suis tombé amoureux du Play boy de notre bande, Dieu qu'il est beau, il ressemble à une vedette de la chanson, il plait à toutes les filles et n'a qu'un geste à faire pour qu'elles lui tombent dans les bras. Moi en tant que chef de la bande je remporte aussi mon petit succès, mais rien de comparable avec le succès de mon amour qui aurait plutôt tendance de me refiler les filles dont il ne veut plus et qui
viennent pleureur dans mon gilet. Si j'étais hétéro je trouverais la chose avantageuse mais dans mon cas je préférerais que ce soit lui qui vienne pleurer dans mes bras. Pas facile pour moi de faire toujours bonne figure. Ma compensation est pourtant presque quotidienne, lorsque la bande se disloque comme chaque soir vers l'heure du diner je me retrouve seul avec lui. J'ai toujours pris soin de garder un peu d'argent pour lui payer ses cigarettes et pour lui offrir un verre, c'est tout ce qu'il m'est possible de faire mais il parait heureux de mes attentions. Comme mes parents travaillent tard je suis convié pour le diner chez mon ami. Il habite au troisième étage au dessus de notre café. La maison est vieille et délabrée, l'appartement qu'il occupe est grand et triste, sans salle de bain. Il y vit avec sa mère, son père et la mère de celui-ci.La maman est une très gentille personne mais sans allure, grosse, les cheveux gras et longs, toujours vêtue d'un tablier, le père un ouvrier métallurgiste, jamais rasé et sentant la cigarette, la grand-mère qui ne quitte pas ses bigoudis et porte des chaussettes avec des charentaises. Je me demande souvent comment de telles personnes ont pu faire un garçon aussi si beau et si différent d'eux. Je constate bien souvent qu'il est gêné de ses parents et que je suis bien le seul qui les connaisses et les fréquentes. Ils sont d'une gentillesse incroyable avec moi, sans doute pensent' ils que je suis malheureux car mes parents ne sont pas souvent à la maison. Cette façon de penser me convient bien, je me fais gâter par eux et je reçois tous les droits vis-à-vis de leur fils. Mon plus grand privilège est d'assister au coucher du roi. Après le dîner les parents se retirent dans leur chambre pour regarder la télé, celle-ci n'est pas dans la cuisine qui fait office de salon car pour mon ami, qui est aux études, cela n'est pas très bon, la grand-mère ancienne institutrice en a décidé ainsi.
Il embrasse ses parents et se rend comme tous le soir dans la petite pièce, garnie d'un lavabo, qui fait office de salle de bain pour faire ses ablutions du soir. Moi je vais l'attendre dans sa chambre, je sais que ses ablutions prendront une dizaine de minutes. N'oublies pas de bien tirer la porte en sortant, me demande sa maman et ne bavardez pas trop tard car demain c'est école. Je les embrasse, ils se sont enfin retirés dans leur chambre, je vais être une heure seul avec lui. Il revient du lavabo revêtu comme il se doit d'un pyjama et le rituel de chaque soir commence. Il se glisse dans son lit, allume une cigarette et la conversation sur les activités de la bande est inévitable. Il me parle enfin de sa petite amie du moment, ça c'est bon pour moi car il commence à la décrire, de parler de ses seins, de l'envie qu'il a de faire des choses avec elle. Je vois bien que dès qu'il entame ce genre de conversation il se trouve tout excité. Je ne sais si je dois y voir une forme de demande mais au bout d'un moment il repousse la couverture et je devine son sexe en érection sous le pyjama. Il se couche sur le ventre pour cacher hypocritement l'engin tout en continuant de parler de la bien-aimée mais je ne suis pas dupe de certains de ses mouvements. Comme chaque fois à ce moment je m'assois sur le lit, baisse lentement sa culotte de pyjama et lui caresse doucement les fesses des deux mains. Il ne parle plus, il sait ce qu'il va se passer, je me plais à écarter ses fesses pour regarder sa plus grande intimité, il va jouir tandis que moi j'ai une jouissance spontanée qui m'inonde le slip.Ma dépendance se limite à lui, je ne pense qu'à lui, je ne vie plus que pour lui, je fais le choix de l'aimer et de souffrir. Je n'aimerai jamais un autre homme que lui et toutes mes heures lui appartiennent.
Une fois de plus ma dépendance est totale et je néglige tout ce qui n'est pas lui. La catastrophe scolaire est évidente mais comme l'année prochaine j'irai travailler je m'en fiche. Je fais donc le choix de lui consacrer ma vie.Sa présence est de plus en plus envahissante, les petits jeux intimes entre lui et moi se multiplient. Je sais qu'il se défend d'être homo et lorsque des choses se passent entre lui et moi il trouve toujours les mots pour excuser cette attitude.
Aujourd'hui dimanche, Maman est partie chez son ami, je suis seul avec lui ce matin et comme chaque dimanche il profite de prendre un bain avec moi et reste pour déjeuner. Je m'évertue toujours pour lui préparer un bon petit plat et je dois dire que je suis assez fier de ma cuisine. Nous sommes dans la baignoire et comme à chaque fois c'est prétexte à nos jeux. Mon petit chien est dans la cuisine, la porte de la salle de bain donne sur cette pièce. Je me rends compte d'avoir oublié de fermer la porte de l'appartement à clé. La voisine du deuxième, un dame d'une quarantaine d'années, blonde platine, qui travaille chez l'Oréal et qui sent toujours très bon, la maman de mon beau voisin, est entrée pour aller promener mon chien, ce qu'elle fait trois fois par jour. Nous l'entendons s'avancer dans la cuisine, elle ne peut pas ne pas nous voir, c'est un peu la honte, mon camarade n'ose pas lever la tête.
-Ne soyez pas embarrassés les garçons, j'ai aussi un grand fils, je sais comment un homme est fait, je viens chercher Babette, ne vous dérangez pas.
Il est évident que nous n'avons pas le projet de sortir de l'eau, elle est partie, nos jeux sont interrompus.
C'est bien la première fois qu'elle me fait une chose pareille que dirait-elle si j'entrais dans la salle de bain de son fils ?
Chapitre 5 - Derniers mois d'insouciance
L'évènement du bain à deux a curieusement mit un terme à notre relation intime. Il s'est jeté définitivement dans les bras des filles et si nous sommes restés amis je garde toujours un gout amer dans le cœur. La comédie doit continuer et pour la bande rien n'a changé, je suis toujours le chef mais je ressens une grande solitude. Je n'ai toujours pas décidé de me trouver un vrai petit ami, j'ai peur du regard des autres et je force mon côté viril en m'affublant de vêtements de cuir, me coiffant comme Elvis ou Johnny avec une tonne de brillantine. Les couples se forment dans le groupe, chacun sa chacune, moi aussi je suis avec une fille pas mal. Notre relation amoureuse se limite au flirt, j'ai bien du me décider d'embrasser les filles avec la langue, mon ami m'avait à ce sujet donner des cours et des démonstrations éloquentes pour que je sache comment bien faire. Malheureusement je ne ressens pas grand-chose lors de ces échanges et quand la main de ma copine explore mon anatomie elle ne découvre qu'un membre indifférent. Il est vrai que je suis jaloux de ces filles qui se font peloter et embrasser par les garçons de la bande, je voudrai bien être l'une d'elle dans cette circonstance, mais personne ne pourrait imaginer le chef en gonzesse.
J'ai cédé mon petit chien à ma voisine, elle l'aime tant, moi je ne suis presque jamais à la maison, pour me remercier elle m'invite à prendre un verre chez elle, pour me montrer combien le petit animal est heureux chez elle. Bingo, ce soir son fils est là aussi, superbe dans sa trentaine et sans sa blondasse. Il est en jeans et débardeur, laissant paraître une belle musculature. Il a un sourire éclatant et des dents si blanches que je me demande si elles sont bien les siennes.
La voisine me sert un whisky en demandant évidement si je ne suis pas trop jeune pour cela .Il s'empresse de dire que j'ai l'âge des bonnes choses et me fait un clin d'œil. Une conversation sans grand intérêt, je suis un peu embarrassé. Elle se retire un instant dans la cuisine pour aller chercher des amuses gueule en me faisant gentiment quelques reproches sur le bruit que je fais avec ma musique. Elle ne peut pas nous voir de la cuisine, comme pour me rassurer des propos non fondés de sa mère il me caresse le genou avec une certaine insistance, nos regards se croisent un instant, je vois bien que ses yeux brillent. Elle revient avec un plateau, il à retiré sa main rapidement, je sens une petite érection, déjà je caresse la possibilité de le revoir, la prochaine fois que je le croiserai dans le couloir sans sa blondasse je tenterai ma chance.
Ma dernière journée d'école se passe sans histoire, je tourne la page et ne m'encombre pas d'adieux inutiles. La seule personne qui m'intéresse dans cette honorable institution est mon professeur de gymnastique .Malgré que je fus souvent son souffre douleur, pendant la dernière récréation, je me rends à la salle de sport où je suis quasi certain de le trouver. Il est effectivement seul, assis sur un banc près des espaliers, il boit une cannette de bière.
-Excusez moi monsieur de vous déranger pendant votre repos mais je tenais à vous dire au revoir, je quitte l'école et ne reviendrai pas l'année prochaine.
-Tu vas dans une autre école ?
-Non, j'ai une fois de plus raté mes examens et je suis obligé d'aller travailler.
-Que vas-tu faire ?
-Je vais suivre des cours du soir de coiffure et espère vite trouver une place d'apprenti dans un salon.
Je voudrais tant à ce moment là qu'il me pose des questions plus intimes plutôt que ces banalités. Je ne sais avec quelle audace c'est moi qui lui pose une question privée.
-Et vous monsieur, vous êtes marié, vous avez des enfants ?
Certainement surpris par ma question il se lève et comme embarrassé il me serre un instant contre sa poitrine.
-Je n'ai pas de femme et pas d'enfant, je suis un homme seul.
Il me dit cela en souriant presque comme pour s'excuser. Je me sens soudain fort de cette petite étreinte et avant de le quitter je lui dis encore,
-J'espère vous revoir un jour.
Là je rougis très fort, il doit l'avoir remarqué et me dit de partir, la récréation est terminée.
-Peut-être, qui sait la vie est parfois pleine de surprise.
Je le quitte en courant et emplis de regrets.J'ai réuni ce soir notre petite bande de copain à notre café pour fêter avec eux ma première journée de travail. J'ai l'impression d'avoir vieillit en quelques jours et le fait de travailler me fait croire que maintenant je puis agir en adulte. Je raconte bien sûr le récit de cette première journée de travail dans ce petit salon de coiffure du centre ville. Je sais que je ne serai plus aussi disponible et que je ne verrai plus les copains si souvent, cela me peine un peu mais je me dis que c'est la vie, que ma décision est la bonne. J'ai le sentiment que les périodes qui vont suivre ne seront plus celles d'un ado mais d'un homme libre d'organiser sa vie. Je vois bien qu'une distance s'installe déjà entre eux et moi. Ils me disent que rien ne va changer, que nous nous verrons tous les week-ends. Je rage de constater que mon ami et ex grand amour n'attache pas plus d'importance à l'évènement, ce qui me conforte dans la résolution de faire ma vie autrement. Une fois de plus je fais un choix, je ne serai plus un enfant, je veux prendre ma vie en main et ne plus poser que des actes réfléchis.
Ces dernières semaines je mes suis donné avec force au travail, j'apprends vite et le patron semble content de moi. Dommage qu'il ne soit pas du tout mon type et qu'une vague fiancée occupe toutes se pensées. L'autre apprenti, son neveu, ne parle que de sa " bonne femme " peine perdue d'imaginer que dans le milieu du travail je trouverai mon nouvel amour. L'école du soir ne m'apporte pas non plus une réponse à ma demande sentimentale. Je ne vois personne qui pourrait m'intéresser, ils sont bien gentils mais c'est tout.
Depuis que j'ai quitté la bande mon imagination est plus forte dans la voie de mes désirs cachés. Je ne vis toujours pas mon homosexualité au plein jour, je n'ai jamais fait vraiment l'amour et je m'inquiète de constater que mes désirs deviennent obsessionnelles, impossible de regarder en rue ou n'importe où un homme qui me plait sans l'imaginer dans mon lit. Je porte des jugements intérieurs sur tous et prends une fois de plus conscience de l'importance si lourde de ma dépendance.
Lorsque je puis m'échapper du monde du travail et de l'école du soir je retourne au bassin de natation, seul lieu où je puis assumer certains fantasmes. J'y ai pris de l'assurance et je sais comment satisfaire certains désirs. Bien sur ces actes sont furtifs, il faut repérer le petit jeu de certains dans les cabines, ceux qui rentrent dans leur cabine, laissent tomber leur slip au sol bien en évidence, le laissant ainsi un bon moment et ne bougeant plus, les parois étant à trente centimètres du sol, occuper alors la cabine voisine en faisant le même manège, espérant que le voisin vienne enfin pousser ma porte que j'ai bien eu soin de ne pas fermer et terminer cette aventure par une partie de branlette. Ces petits jeux ne me satisfont qu'à moitié et me laissent un goût de solitude. Presque toujours le partenaire à tellement peur d'être surpris que les choses se passent mal et trop vite, cette même inquiétude m'empêche de jouir de cet instant furtif.Je me pose souvent la question de savoir si je suis un anormal, certainement que si les gens savaient ce qui se passe dans ma tête et dans ma vie il me mettrait au banc des accusés. Comme je n'ai aucun interlocuteur valable pour parler de tout cela je m'enfonce dans l'idée que je suis un taré, une erreur de la nature. Ainsi je continue de me taire, de jouer la comédie aux yeux du monde et de ma famille, je suis un parfait petit hétéro. Il m'arrive, et j'en ai honte lorsque j'y pense, de critiquer les pédés dans certaines conversations entre amis pour bien affirmer que je n'en fait pas partie. Quel homme je suis pour renier ce que j'aime le plus.
Chapitre 6 - Petit pédé
Mes parents ont divorcés, ma mère s'est remariée et mon père vit depuis peu avec une autre femme. A ma demande j'ai obtenu qu'ils me donnent mon émancipation. Nous sommes passés devant le juge, ils ont signés et me voici à quinze ans et demi majeur et totalement libre.
Cette liberté je la savoure surtout ce soir, le premier soir où je me retrouve seul dans l'appartement, ma maman étant partie vivre avec son nouveau mari. Quel formidable sentiment de liberté, une sensation heureuse et à la fois un rien angoissante. Je sais que je ne suis pas abandonné, loin de là, mais prendre ainsi totalement ma vie en main dans les moindres détails est étourdissant. Ce soir, sans rien demander à personne, j'irai après le cours du soir rejoindre quelques copains au café. Je rentrerai chez moi à l'heure que je veux et regarderez sans doute la télé. Je sais que demain je devrai me lever tôt pour aller travailler, surtout ne pas oublier de régler le réveil matin. Je sais comment faire le café et me préparer à manger. En fait je sais beaucoup de choses sur le quotidien, mes parents étant souvent absent j'ai du apprendre très tôt la débrouille. Mais ce soir c'est autre chose, je n'ai pas fait très attention au cours de coiffure et ne me suis pas attardé avec mes amis. J'ai soudain l'impression de devoir prendre d'autres responsabilités et de ne pas faire de ma vie une accumulation de bêtises qui pourraient me détruire. J'ai tant de choses en tête et tant de projets que je m'y perds, je suis certain que tout tira bien, que c'est l'affaire de quelques jours pour m'adapter.Je viens de rentrer chez moi, c'est la première fois que je ne suis pas attendu, un petit pincement au cœur tout de même, j'allume la télé pour un peu de compagnie. Je prends toutefois la décision de ne pas veiller trop tard, demain c'est ma première journée d'adulte et je veux me prouver et surtout aux autres
que ce passage est réussit. Mon patron me posera certainement une foule de questions, il est au courant de ma nouvelle vie. Je sais qu'il n'est pas très d'accord avec moi sur ce sujet et qu'il me trouve trop jeune, mais je lui prouverai qu'il à tort.
Maintenant que je suis seul j'envisage bien sûr les visites que je recevrai à l'appartement et je fantasme déjà. Les évènements de ce premier jour ne m'ont pas délivré de ma dépendance puisque je caresse déjà le désir d'y recevoir un amant. J'ai surtout le projet de trouver le moyen de faire venir chez moi mon beau voisin du deuxième, une fois chez moi je pense qu'il se sentira plus libre sans la présence de sa mère. Il est onze heure trente, je vais me coucher, machinalement je prends mon pyjama, un horrible pyjama à rayures blanc et rouge. Je me déshabille et me dis que le pyjama est dorénavant inutile, je le portais par pudeur vis-à-vis de ma mère. Je le jette dans un coin et nu, un rien excité pas cette autre liberté je me rends à la salle de bain pour mes ablutions du soir. Le miroir reflète mon image, je me regarde et constate que mon corps change, je n'ai plus cette silhouette de gamin, je regarde mon derrière dans la glace, je le trouve joli.Couché sur mon lit j'écoute la radio, demain je placerai la télé dans ma chambre, j'en ai toujours rêvé. Je me caresse comme si c'était la première fois, cette indépendance décuple mon plaisir, doucement j'explore mon corps, je m'attarde à mon sexe puis je découvre avec le doigt la partie la plus intime de mon individu. Je n'ai jamais touché mon anus, jugeant par je ne sais quelle idée que c'est une partie sale de ma personne. Je me rends compte que cette découverte augmente le plaisir et perds à cet instant toutes formes de dégoût pour cet endroit intime. Je jouis pour la première fois d'une manière différente, une façon qui n'est plus clandestine.
Voici plusieurs jours que je suis seul chez moi. J'en suis très heureux, les contacts avec ma famille se sont soudain améliorés, je me rends compte qu'ils me font confiance et cela me fait plaisir. En ce qui concerne mes rapports avec les gars de la bande les choses sont aussi différentes. J'ai l'impression que soudain ils me considèrent comme un étranger, je ne crois pourtant pas avoir modifié mon comportement vis-à-vis d'eux.
Une différence s'installe toutefois, ma majorité nouvelle me permet de fréquenter les dancings interdits aux moins de dix huit ans, ce qui provoque un peu de jalousie parmi les copains.
Exceptionnellement je fais un choix qui n'est pas à première vue lié à ma dépendance, je décide que dorénavant je sortirai en ville le samedi soir afin de découvrir ces lieux qui voici peu m'étaient encore interdits. Je crois que le temps des copains est terminé, je passerai pour un lâcheur mais je pense que la vie continue, que je dois aller de l'avant.
Ce samedi je soigne plus particulièrement mon look, j'ai acheté des vêtements nouveaux, un terrible pantalon noir qui me serre bien les fesses, un chouette pull ra le cou bleu marine sous lequel je porte une chemise blanche dont le col dépasse légèrement du pull. J'ai bien changé trois ou quatre fois de slip choisissant celui que je trouve le plus sexy. En me regardant bien dans le miroir je constate que j'ai encore une allure bien jeune et que je risque de faire tache parmi les plus de dix huit ans qui fréquent les boites de nuit. Je me coiffe et me recoiffe, je rajuste cette mèche qui me couvre le front et qui ne veut pas bien tomber, je m'asperge d'eau de toilette de la tête aux pieds. J'ai un trac fou, c'est la première fois que j'affronte un autre milieu tout seul, ici pas question de me faire accompagner, je n'ai pas d'amis majeurs. Je suis en ce début de soirée dans notre café où la bande se prépare afin de se rendre à une surprise-party dans le voisinage. Sans pour cela être bien méchants ils me traitent de lâcheur, je vois bien que mon grand ami fait mine de ne pas du tout s'intéresser à moi, il m'ignore royalement flirtant avec sa copine. Au fond de moi je m'en fiche un peu, j'ai le sentiment que tout cela fait déjà partie du passé, que ce soir il se passera quelque chose de super.
Je suis dans le tram qui me conduit vers le centre ville, il est près de dix heure, la plus part des voyageurs sont des jeunes qui certainement comme moi se rendent en ville pour la soirée. La boite la plus prisée pour le moment se trouve à la Grand Place, c'est l'endroit où il faut absolument se trouver, je ne puis rater ce rendez vous. Beaucoup de monde en ville à cette heure, je ne suis pas habitué de m'y promener le soir, les soirées entre copains se donnent bien souvent dans mon quartier.
Le portier semble me considérer de très haut, me dévisage de la tête aux pieds.
-Pas de gamins ici, ce n'est pas de ton âge, rentre chez ta maman.
Pénible l'accueil, je perds déjà tous mes moyens.
- Montres-moi ton passeport, c'est bien ce que je pensais, quinze et demi, vas te coucher.
Je lui tends le document attestant que je suis majeure et que je puis entrer dans la boite.
-Attends ici un moment, je vais demander au patron si un gringalet comme toi peut entrer.Je suis rouge de confusion car des autres clients ont suivi la conversation,
L'attente me semble interminable. Le voila qui revient.
-Le patron à dit que c'est d'accord, qu'avec ce document tu as aussi le droit de ne plus porter de slip.
Je ne saisis pas très bien la plaisanterie qu'il vient de me lancer, je récupère mon document que je glisse soigneusement dans mon portefeuille et pénètre enfin dans le saint des saints. La musique est assez étourdissante, il ne fait pas très clair, il y a un monde fou. A peine entré dans la salle le garçon me demande ce que je bois.
- Une bière.
- Cinquante francs.
Je reçois mon verre, un peu perdu je cherche un endroit où je pourrai mieux me rendre compte du lieu et regarder ce qui se passe. Je me réfugie au fond de la salle, une partie plus élevée où sont disposés une série de petits canapés en rotin domine la piste de danse. Un siège de libre je m'installe et observe, les hommes me semblent si vieux par rapport à moi et les filles de vrais femmes. Je ne m'imagine pas quitter mon fauteuil pour en inviter une pour danser s'ils passent des slows. Pour le moment cela s'agite beaucoup sur la piste, des danses qui ne doivent pas se faire en couple, je regarde comment ils font, peut-être que j'oserai me joindre à eux un peu plus tard.
Une heure déjà que je suis ici, une deuxième bière à cinquante francs, je finirai par regretter la surprise-party de ce soir.
Il faut croire aux miracles, je viens d'apercevoir mon fameux professeur de gymnastique, celui qui porte à l'école un short très court et qui à de si belle jambes. Il porte un chouette jeans moulant, un tee shirt blanc tout aussi moulant, un pull rouge jeté sur les épaules. Il est seul je pense, sirotant un verre, appuyé contre un mur. Il dépose sa boisson et se rend sur la piste pour danser parmi les autres, il n'a pas l'aire soucieux de ne pas avoir de partenaire, je dois m'avouer qu'il danse bien et qu'il est terriblement sexy, il balance son popotin d'une façon très suggestive. Sans penser plus loin je me lève et me dirige vers la piste, d'une manière très gauche, je me lance dans la danse pas très loin de lui, je m'approche, il m'a vu et prend un air étonné, il n'arrête pas de danser mais vient près de moi.
-Qu'est ce que tu fous là, tu n'as pas dix huit ans.
La remarque qui tue.
-J'ai un document qui me permet d'être ici, je vous expliquerai monsieur.
-Tu peux m'appeler Bernard, nous ne sommes plus à l'école et toi tu n'es plus mon élève, je t'offre un verre ?
-Oui, une bière je veux bien.
La troisième de la soirée, il faut que je tienne le coup. Je me dis que cette première sortie prend soudain une formidable allure, boire un verre avecBernard mon professeur préféré. Il revient avec deux bières se faufilant parmi les danseurs.
-On va s'asseoir là, nous serons plus à l'aise pour bavarder un peu.
Nous regagnons le petit canapé que j'avais quitté avant son arrivée.
-Quel hasard de te retrouver ici, tu es bien la dernière personne que je pensais rencontrer ce soir, je n'aime pas trop cette boite mais je voulais passer voir mon frère, le gars qui travaille derrière le bar.
-Il vous ressemble.
-Il te ressemble, fais moi plaisir, dis moi tu.
-Ok Bernard, il te ressemble.
Qu'il est beau quand il sourit, je ne l'avais jamais vu sous ce jour, ce n'est pas du tout le même homme que le prof de gym.
Voici une demi-heure que nous parlons de tout et de rien, il s'est beaucoup inquiété de ce que je suis devenu depuis l'école. Je me suis décoincé et lui parle beaucoup de moi en guettant sur son visage une forme d'approbation. Je dois l'intéresser car il ne m'a pas quitté pour aller danser.
-Tu ne voudrais pas que nous allions boire un verre ailleurs ?
Il vient de me demander cela en posant sa main sur ma cuisse. Il laisse sa main en attendant visiblement que je lui donne une réponse.
-Oui, avec plaisir, je te suis et puis je trouve qu'il à trop de bruit pour parler.
je dois faire un petit pipi avant de partir.
J'y vais aussi, mes trois bières sont de trop.
Côte à côte à l'urinoir j'aurais bien l'envie de le regarder uriner et de découvrir ce qu'il tient en main mais je m'abstiens et garde le regard fixé vers le mur.
-Allons y, je t'emmène dans une nouvelle boite, il y a une réception pour l'ouverture, j'y suis invité, tu peux m'accompagner.
Bonheur suprême pour ma première soirée, me rendre à une réception et en plus avec celui qui est pour moi le plus beau garçon du monde.
-J'habite pas très loin d'ici aussi je n'ai pas pris ma voiture, c'est à deux pas.
Il me prend un instant par l'épaule, me serre un peu contre lui, de la même façon qu'il l'avait fait lors de nos adieux le dernier jour d'école. Nous marchons tout en parlant.
-Je n'aurais jamais imaginé te revoir, j'avais été très étonné que tu sois venu me dire au revoir le dernier jour de classe, je n'ai pourtant pas toujours été très gentil avec toi, il est vrai que tu es le plus pénible gymnaste que j'ai connu.
Il rit de sa remarque, je ne lui en veux pas, je sens dans le ton de cette remarque une grande tendresse.
-Tu sais Bernard si je suis venu te dire au revoir ce jour là c'est que depuis longtemps je suis amoureux de toi.
Un très long silence, il ne répond pas, j'ai du gaffer, je me suis imaginé des choses, rien ne me prouve avec certitude qu'il pourrait être homo et les petits gestes qu'il à pour moi ne sont probablement que de l'amitié.
Nous arrivons après quelques minutes au nouvel établissement. Un portier en livrée devant la porte, un public élégant à l'entrée attend l'ascenseur, le dancing est au deuxième étage. Nous n'avons plus échangé un seul mot depuis mon aveu, nous prenons l'ascenseur, au deuxième étage pénétrons dans un grand hall où une vestiairiste se charge de nos manteaux. Je suis un peu rassuré quand il me dit en souriant, tu verras, c'est un endroit très bien, on peu rencontrer du beau monde, surtout aujourd'hui pour la soirée d'ouverture. Effectivement nous sommes loin d'un public d'ados, le costume est de mise et les quelques dames présentent sont joliment fringuées, elles sont toutefois en petit nombre et je réalise enfin que je suis dans un club homo. A la fois craintif et ravi d'être là car cela me confirme que mon Bernard est bien de mon bord. Il connaît beaucoup de monde et me présente à ses amis comme un de ses élèves préféré, ce qui provoque chez eux une sorte de sourire complice et de bien entendu. Enfin seul avec lui il retrouve sa bonne humeur et va me chercher à boire.
- Champagne pour nous deux, pour fêter la belle soirée de notre rencontre.
Je ne sais que dire, je suis sous le charme, pourtant rien encore me prouve qu'il s'intéresse vraiment à moi, a-t-il l'habitude de présenter ses élèves à ses copains ?
On passe de la très bonne musique, voici un slow que j'adore.
-Viens nous allons danser.
Il me prend par la main et m'entraîne sur la piste où plusieurs couples homo se sont formés. Il me serre bien fort contre lui, nous sommes joue contre joue et je sens tout son corps coller au mien, je sens son sexe contre le mien, je sens son parfum, mon bras gauche enserre sa taille tandis que je pose ma main sur sa nuque et la caresse doucement. Il répond à mes avances, je le sens trembler un peu, il écarte un peu son visage, me regarde intensément pour ensuite m'embrasser à pleine bouche avec force. J'échange ce baisé profond avec la même fougue, je goûte sa langue et sa salive qui est pour moi comme le nectar le plus suave, son trouble est très visible et c'est les yeux tout brillants qu'il me regarde à nouveau en me disant
-Je t'aime, je t'aime depuis si longtemps, j'ai toujours eu envie de toi.
Je ne sais si je suis à la hauteur d'une telle déclaration qui me ravit, je veux moi aussi lui dire ce que mon cœur éprouve.
-Mois aussi Bernard je t'aime, je t'aime vraiment de tout mon cœur et depuis bien longtemps.
Le reste de la soirée se passe comme si le monde n'existe plus, nous sommes l'un près de l'autre et restons de longs moments sans rien dire, nous sommes si bien, lui me tenant dans ses bras avec une grande douceur et me couvrant de baisers. Mon choix est fait, je ne quitterai plus jamais Bernard, je prends la décision que dès demain je changerai ma vie pour la lui consacrer totalement.
-Tu as une heure pour rentrer chez toi ?
-Non, je vis seul, personne ne m'attend et demain c'est dimanche, j'ai tout mon temps.
-Veux tu que nous allions chez moi, j'habite à deux pas, tu pourrais passer la nuit avec moi.
Nous quittons le dancing comme des voleurs, sans dire au revoir à personne. La rue à cette heure ci est déserte, quelques minutes et nous sommes chez lui, il habite un appartement qui donne sur une petite place en plein centre ville.
Chez lui tout est chaleureux, une déco subtile et moderne, un grand salon profond et confortable. Il me débarrasse de mon manteau et m'invite à prendre place près de lui dans le salon. Nous échangeons quelques banalités, au fond de
nous un seul désire nous anime c'est d'être dans les bras l'un de l'autre et d'échanger caresses et baisers. Je me dis que j'ai trouvé le bonheur et que rien ne peut m'éloigner de ce garçon qui enfin m'apporte une véritable attention. Je le revois du temps ou il était mon professeur de gymnastique et je suis si fier de lui appartenir maintenant. Nos étreintes sont intenses et naturellement nous nous dirigeons vers la chambre. Il se couche sur son lit, me regarde et me dit en ouvrant tout grands les bras " viens ". Je me couche sur lui, je suis si bien, je l'embrasse et caresse sa poitrine.
-Déshabille moi.
Je tremble un peu en déboutonnant son jeans qui laisse apparaître son ventre légèrement poilu. J'entreprends de le déshabiller, le voici complètement nu sur son lit, je me sens un peu perdu, le cadeau est si beau.
- Déshabilles-toi, je veux te sentir tout contre moi.
Notre nuit d'amour fût merveilleuse, pour moi c'était la première fois, il a tout fait pour me la rendre douce et ménager ma fragilité.
En faisant l'amour avec lui je me dis que je suis heureux, que j'ai une chance inouïe, je me dis aussi que je ne suis plus un enfant puisque je joue dans la cour des grands.
C'est le soleil qui me réveille, Bernard assis sur le bord du lit devait me regarder dormir.
-Tu as passé une bonne nuit ?
-Très bonne Bernard,
-Il serait bon que nous parlions un peu tous les deux.
Je crains ce genre de phrase, j'ai soudain peur qu'il me congédie puisqu'il a eu ce qu'il voulait, mais la conversation s'engage d'une toute autre façon, c'est lui qui a peur que je le quitte. Il parle de notre grande différence d'âge, que je dois le considérer comme un vieux. Il s'embrouille tellement dans ces considérations qu'il en a les larmes aux yeux et qu'il finit par pleurer à gros sanglots se réfugiant dans mes bras. Je suis éperdu de tendresse et d'amour pour cet homme qui m'avoue sa passion et ses craintes. A mon tour de le rassurer et de lui promettre un grand amour, un amour que je voudrais pour toujours.Je suis resté avec Bernard près de trois ans, je ne l'ai quitté par la force des choses qu'au moment de mon service militaire ; bien que les permissions nous rapprochaient, mais j'en reparlerai un peu plus loin.
Le lendemain de cette merveilleuse nuit d'amour je suis rentré chez moi dans l'après-midi le cœur à l'envers, lui promettant de nous revoir chaque week-end du vendredi soir au dimanche, ce qui fût fait et promesses tenues. J'oublie ma dépendance sexuelle qui apaisée par ma liaison avec Bernard me semble pleinement satisfaite.
Chapitre 7 - Alain
Une semaine s'est passée, je déchante de constater que si mon amour pour Bernard est très fort et que je le désire plus que jamais, je me surprends à nouveau de jeter des regards de désir sur les autres garçons que je rencontre.
Le fait que j'habite seul dans mon appartement suscite auprès des gars de la bande un intérêt tout particulier. Je reçois bien souvent la visite de l'un d'eux le soir sous les prétextes les plus divers. Je partage souvent mon repas et un petit verre d'alcool facilite les longs bavardages qui occupent nos soirées.
Tête à tête avec de jeunes et jolis garçons qui me considèrent comme leur grand frère, qui viennent me raconter leurs secrets les plus intimes. C'est ainsi que quelques uns ont terminé la soirée dans mon lit sans que je doive les en prier. Je pense que le fait de fréquenter l'ex chef de bande les subjugue et qu'ils ont cet étrange désir que beaucoup de garçons de quinze seize ans peuvent ressentir.
Je ne fais pas l'amour avec eux comme je le fais avec Bernard, ces relations se limitent à la masturbation mutuelle, ce qui me conforte quand je pense à Bernard me disant que je ne le trompe pas vraiment.Ce soir Alain est venu passer la soirée chez moi et me demande de rester pour la nuit. Alain est un joli garçon toujours accompagné de jolies filles, je n'ai jamais songé qu'il pourrait être homo. Comme bien souvent j'ai préparé un petit dîner et ensuite je lui propose de regarder la télé. Il vient s'asseoir dans le divan très prés de moi, pendant le film il pose sa tête sur mon épaule. JE suis prudent car j'ai toujours la crainte d'un piège, je dégage mon bras et pause ma main sur son épaule, il se blottit plus fort contre moi. Nous restons ainsi un long moment. Il se dégage un peu et comme le ferait un jeune débutant il m'embrasse goulûment à pleine bouche. Je n'ai plus envie de résister et je partage cette étreinte qui finit dans mon lit sans que nous échangions le moindre mot.
Alain et moi ne jouerons pas au jeu de la masturbation mais nous faisons l'amour, je songe à Bernard, je suis un salaud, je perds toutes mes belles résolutions.
Partagé entre les visites d'Alain qui se font de plus en plus fréquentes, mes week-ends avec Bernard ainsi que mes obligations professionnelles, il ne me reste que peux de temps pour autre -chose. Je suis flatté de ces preuves d'amour mais ne sais plus comment faire pour ne pas peiner l'un où l'autre. C'est la première fois que je suis confronté à une telle situation. Si Bernard ne se rend pas compte de l'existence d'Alain, celui-ci se doute bien de la façon dont je passe mes week-ends et me fait des scènes de jalousie terribles, me menaçant de se suicider si je ne me décide pas de vivre tout à fait avec lui. Je ne prends toutefois pas ces menaces au sérieux en le consolant tant bien que mal.
C'est vrai qu'Alain est un garçon très attachant et que les astuces qu'il déploie pour être le plus souvent auprès de moi me touchent beaucoup. J'aime son corps mince et blanc et toucher sa peau, la baiser m'enivre un peu comme une drogue douce. Je sais que ma passion pour lui est uniquement sexuelle, que je suis fou de son corps mas pas de son cœur et que mes vrais élans amoureux vont vers Bernard.Ce vendredi avant de partir rejoindre Bernard, Alain fit irruption chez moi.
Tu sais que je dois partir, que veux-tu ?
Je veux que tu restes ici avec moi, je ne supporte plus de passer mon week-end sans toi.
-Ce n'est pas ce que nous avions convenu Alain, tu le sais bien.
Si tu pars maintenant tu le regretteras je te le jure.
Alain est tout pâle et tremble de tous ses membres, je le prends fort dans mes bras.
Attends lundi, je te promets que je ferai tout ce qu'il m'est possible mais aujourd'hui je dois vraiment partir.
Je sais que je lui mens et que cette promesse ne fait que reculer le problème de quelques heures.
Il me repousse avec force les yeux pleins de larmes et s'encours dans la rue.
C'est le cœur gros que je me rends chez Bernard sachant très bien que je devrai faire un choix, le premier véritable choix d'importance que ma dépendance m'inflige.
J'ai bientôt dix sept ans et déjà le sentiment que la vie ne me laisse pas en paix. Plongé dans un drame sentimental, je travaille beaucoup et parfois de longues heures. Je suis les cours du soir et ma dépendance sexuelle me tourmente de plus en plus. Je me crois obséder et lutte à chaque instant pour ne rien en laisser paraître. Je veux vivre comme tout le monde et ne pas dépendre de mon sexe comme d'autres de l'alcool ou de la cigarette.Comme chaque vendredi soir Bernard m'attend chez lui, il a préparé un petit dîner en amoureux et comme presque chaque fois il me fait un petit cadeau, ce soir une très jolie chemise. Il remarque mon air défait et je ne puis lui cacher mon désarroi. Je m'installe dans le salon, lui demande un whisky et lui déballe toute l'histoire concernant Alain. Je n'ai jamais vu Bernard aussi désemparé lorsque je lui dis que je dois faire un choix, que j'ai peur qu'Alain fasse une bêtise. Il croit comprendre par cette phrase que le choix est déjà fait, il se met a genoux devant moi, il est en larmes, il m'embrasse nerveusement les mains.
Tu es ma vie, toute ma vie, je t'en supplie ne me laisses pas, il n'y a que toi pour moi, je ne veux pas te perdre, l'autre c'est un gamin, il est tout jeune, il te remplacera sans problème.
Je ne réponds pas, je suis perdu, incapable d'être à la hauteur de la situation, ne suis-je pas un gamin moi-même, un petit pédé. Je lui caresse doucement les cheveux, ses sanglots redoubles, je prends peur.
Je t'en prie calme toi Bernard, je suis là je ne t'abandonne pas.
Tu me promets, tu me jures……
Je te promets.
Je ne sais plus ce que je dis, je ne sais plus où est mon cœur, je reste tout le week-end avec lui. Il redouble d'attention pour moi, j'essaye de ne pas trop penser à Alain.
Quand je le quitte ce dimanche soir il me fait promettre mille choses et surtout que nous ne pouvons plus nous contenter de nos week-ends, qu'il va envisager que nous puissions vivre ensemble chaque jour le plus vite possible.
Cette demande de vivre ensemble me ravit et me fait peur, je n'ai pas encore vingt ans et me voici prisonnier, même si le geôlier est un amant parfait j'ai la crainte d'étouffer.
Bernard m'a dépose chez moi en voiture, me faisant à nouveau promettre mille choses, me disant t qu'il me téléphonera demain matin et que nous pourrions nous voir mardi soir.
Je me retrouve chez moi comme après une course folle, je me sers une bière, allume la télé.
On vient de frapper à la porte d'entrée, je me trouve face à une copine qui me dévisage curieusement, cherchant ses mots, elle me dit enfin d'une voix blanche.
-Alain s'est suicidé hier soir.
Je reçois la nouvelle comme des coups de couteau dans le ventre.
-Ses parents on trouvée une lettre qui t'est adressée, je te préviens ils sont effondrés et furieux contre toi, tu dois t'attendre à la visite de l'un d'eux.
-Comment cela s'est passé ?
-Il à avalé une forte dose de somnifère, je n'en sais pas plus, on a transporté le corps à la morgue de l'hôpital.
Je fais entrer la copine qui jusque ici était restée dans le corridor.
-Je n'ai jamais pensé que cette histoire aurait de telles conséquences, je ne voulais pas qu'il soit malheureux.
-J'étais au courant de votre liaison, Alain s'était confié à moi, il ne comprenait pas l'attirance qu'il avait pour toi, il en souffrait mais ne pouvait renoncer à toi, il t'adorait.
-J'ignorais qu'il s'était confié à toi, je ne voulais pas lui faire du mal.
-La bande est au courant, cela à jeté un froid.
-Ils ne voudront plus me voir après cela en plus une histoire de pédés.
-Je ne sais pas, pour le moment nous sommes tous si tristes.
-Que disait la lettre ?
-Je ne sais pas grand-chose, c'est la sœur d'Alain qui ma raconté en bref le contenu de celle-ci, Alain disait qu'il ne voulait plus vivre sans toi et avouait tout l'amour qu'il te portait.Le chagrin et le sentiment de gâchis me brise, je me retrouve seul ne sachant à qui parler. Je pleure sur ce pauvre amour que je n'ai pu partager, le sentiment de tristesse est épouvantable. Je me résous de téléphoner à Bernard, sa voix de l'autre côté de l'appareil me rassure un peu mais je ne puis a peine parler, je sanglote, il me dit qu'il sera chez moi dans un quart d'heure.
Bernard me prend dans ses bras comme un enfant, je ne parviens pas à calmer mes pleurs, je reste un long moment contre sa poitrine, inondant sa chemise de larmes. Je lui dis entre deux sanglots qu'Alain s'est suicidé. Il m'invite d'aller nous coucher, il se glisse dans mon lit près de moi et tendrement attend que je m'endorme dans ses bras.Bernard est parti pour l'école, je téléphone à mon patron pour dire que je suis malade et que je viendrai travailler demain. Je veux me rendre à l'hôpital, je dois voir Alain une dernière fois, je lui dois un dernier baiser.
Le préposé de la morgue se fait un peu tirer l'oreille pour me laisser voir Alain,
n'étant pas de la famille. Voyant mon émotion il accepte de m'accompagner, il ouvre un tiroir, tire la litière où repose Alain, découvre le linge vert qui est posé sur lui, il est nu, le corps blanc, le visage pincé, ses beaux cheveux blonds peignés en arrière. Je ne puis contenir mes larmes, m'approche de lui et lui posant un baiser sur ses lèvres froides je ne puis que prononcer " je t'aime mon amour, je t'aime ". Le préposé m'invite à me retirer, comment oublier un homme dont la courte vie s'est brisée pour un pauvre amour.Je suis chez les parents d'Alain, ils ont désiré me rencontrer avant l'enterrement. J'ai tellement peur de cette confrontation, je les connais à peine. Ils me reçoivent dans la salle à manger, me font asseoir à la table en face d'eux un peu comme un condamné devant ses juges. Ils n'ont pas prononcé quatre mots depuis mon arrivée, ils me regardent avec des yeux si tristes que je ne puis m'empêcher de pleurer, je cherche mon mouchoir, les minutes durent des heures.
Enfin le père m'adresse la parole.
Ainsi c'est vous le grand ami d'Alain
Je réponds par un murmure.
Il nous parlait beaucoup de vous, il vous admirait vous savez, pensez, le chef de la bande, vous étiez son Dieu. Nous ne pouvions pas imaginer qu'il partageait aussi le lit du héro.
Il dit tout cela d'un ton neutre, sans colère tandis que la maman pleure.
Vous aurez été le seul grand amour de notre fils, nous ne savons pas très bien si nous devons vous maudire ou garder avec douceur le souvenir de la personne pour qui son cœur a battu avec amour.
Je suis navré, si triste
Soyez triste si vous le voulez mais pas navré, Alain à droit à votre amour et celui là je vous prie de ne pas le regretter, nous ne voulons pas qu'il soit mort pour rien et préférons ma femme et moi le savoir mort par amour, dites nous que vous l'avez aimé comme il vous aimait.
Je l'ai aimé profondément mais autrement que lui, je n'avais pas la force équivalente en amour et ne pouvais lui donner tout ce qu'il attendait, je ne lui ai jamais fait de fausses promesses.
Vous prendrez une tasse de café?
Avec plaisir.
Un long moment de silence pendant que la maman d'Alain apporte un plateau garni de trois tasses et de quelques gâteaux.
Nous souhaitons votre présence aux obsèques d'Alain, nous ne ferons aucun commentaire, la famille ignorant les circonstances de sa mort, pour tous il est décédé d'un arrêt cardiaque.
Je comprends, je serai là.
Voici la lettre d'adieu qu'il nous à adressé, vous pouvez la lire."Chers Maman et Papa,
J'ai décidé de partir car pour moi la vie n'a plus d'attrait, vous m'avez donné tout le bonheur du monde et je vous en remercie, je vous prie de me pardonner de toute la peine que je vous fais en prenant la décision de quitter ce monde.
J'ai entendu dire que l'on ne meure d'amour qu'au cinéma et pourtant je meure
par amour. J'ai toujours eu des petits flirts sans importances et vous avez vu défiler à la maison beaucoup de filles amoureuses de moi, mais moi je suis tombé profondément amoureux de mon meilleur ami. Nous avons eu une relation très intime et je n'ai pas honte de vous avouer ma passion pour lui.
Cet amour ne fût pas malheureusement pour moi totalement partagé et il a fait un autre choix, il a choisit un autre amour. Moi je ne puis le supporter, la douleur étant trop forte. Je vous en prie pardonnez à mon ami, mon amour, car il est tout ce que 'aime en ce monde, laissez le en paix et si vous le rencontrez consolez son chagrin en l'embrassant pour moi avec une infinie tendresse.Maman, Papa, je vous aime. Pardonnez-moi.
Alain."
Chapitre 8 - Un an sous les drapeaux
J'ai décidé d'accepter la proposition de Bernard, je liquide mon appartement et m'installe chez lui. Je suis entouré de caisses en cette dernière soirée de solitude, pour demain matin Bernard à loué une petite camionnette pour le déménagement.
Je suis à la fois triste et heureux de quitter ce lieu où tout me rappelle Alain. J'y laisse aussi de beaux souvenirs et une grande part de regrets.Mon beau voisin du deuxième rentre comme chaque soir raccompagné par sa blonde, je le vois par la fenêtre l'embrasser dans la voiture et comme chaque soir elle repart pour je ne sais où. Je pense que c'est une femme mariée et que leur relation reste dans le domaine secret. Je l'entends monter les escaliers, il ne m'aura laissé que des regrets, il ne s'est rien passé entre nous comme je l'aurais espéré. Bernard me téléphone pour voir si tout va bien, si je ne me sens pas trop seul sans lui.
Ca ira mon amour, une nuit est vite passée, demain nous serons ensemble pour toujours.
Tu en es certain?
Certain Bernard.
Au moment où je prononce ces mots je sens au fond de moi que je suis en train de mentir malgré tout l'amour que j'ai pour lui.On frappe à la porte, c'est le voisin du deuxième, une bouteille de champagne à la main qui vient me faire ses adieux.
J'ai pensé que notre bon voisinage ne pouvait pas se terminer ainsi et que nous pourrions boire le verre de l'adieu, je puis entrer ?
Avec plaisir, c'est très gentil d'avoir pensé à moi.
J'ai pensé à toi bien plus que tu ne pourrais l'imaginer.
Sa phrase me trouble, moi qui croyais que je lui étais indifférent.
Je n'ai plus de chaises ni fauteuils nous devrons nous asseoir sur le bord du lit.
Pas de problème, le principal c'est de le boire ce verre.Je déniche tant bien que mal deux coupes, il débouche la bouteille, remplit mon verre qui déborde sur mes genoux. Je le trouve assez euphorique, lui d'habitude si réservé me parle abondamment de lui, de son travail. Je ne puis alors m'empêcher de lui parler de la blondasse.
-Ah tu veux parler de Suzanne, c'est ma collègue de bureau, elle me dépose chaque soir ici, rassures toi ce n'est pas ma maîtresse.
Je n'ai pas besoin d'être rassuré, je posais simplement la question.
En fait je suis satisfait de sa réponse, si j'avais pu imaginer cela je crois que j'aurais redoublé d'audace vis-à-vis de lui.
Il s'installe plus confortablement sur mon lit le dos appuyé au mur ce qui m'oblige de faire de même pour continuer la conversation.
-Tu as fermé la porte à clé, je ne voudrais pas que ma mère fasse son entrée comme elle l'a fait quand tu prenais ton bain avec ton copain.
-Je vais le faire, un petit instant.
De retour dans ma chambre je remarque qu'il à déboutonné largement sa chemise, je m'installe plus près de lui et un peu intimidé il me demande si il peut m'embrasser, je ne lui donne pas de réponse mais il m'offre le baiser attendu.
Pourquoi as tu attendu si longtemps pour venir auprès de moi ?
Tu n'es pas majeure et j'ai toujours eu très peur de me faire prendre pour débauche de mineur. Si tu savais luis dis-je, comme j'ai attendu cet instant, les longues minutes que j'ai passé sur le palier à espérer ton passage.
Je suis subjugué par ce qu'il me raconte, je le rassure toutefois en lui certifiant que légalement je suis majeur et qu'il n'a rien à craindre de moi. Nous vidons la bouteille de champagne et faisons l'amour sans nous déshabiller complètement, je découvre son sexe en érection mais de petite taille, je vois que cela lui pose problème, pour chasser sa gène je pose un baisé sur sa verge, remonte vers ses lèvres pour lui donner un baiser qui le rassure. Notre étreinte belle et tant attendue par lui fût brève. Je lui dis que je pars vivre chez mon ami, il me fait promettre de nous revoir, il connaît un motel un peu hors de la ville où nous pourrions nous retrouver sans problème. Je lui dis que je n'ai pas de voiture mais il me dit qu'une ligne de métro va jusque là.Mon histoire ne s'arrête pas ici mais je tourne la page " petit pédé " j'ai fais le choix de vire avec Bernard et garder Claude, mon ex voisin, comme amant, ma dépendance est toujours aussi présente.
Je suis dans le train qui doit me conduire à la caserne, un coin perdu en Allemagne, il fait un temps superbe qui me donnerait plutôt une belle envie d'évasion. D'autres gars sont là un peu paumés, le cœur n'y est pas, un an loin de nos parents, de nos amis, de nos amours…
Bernard m'a accompagné à la gare, je ne l'ai jamais vu aussi désespéré, son petit part à la guerre, il m'a fait une foule de recommandations, faire un tas
de promesses dont celle de ne pas regarder de trop près les beaux militaires, m'a promis de m'écrire tous les jours et de venir me voir dès que cela sera permis. Claude m'a tenu les mêmes propos mais lui n'eut pas la possibilité de m'accompagner à la gare, il doit garder son rôle d'amant discret. Il m'a promis lui aussi de venir me voir dès que cela sera possible. Au fond je les trouve adorables tous les deux et me dis que j'ai de la chance d'avoir ces deux hommes d'une trentaine d'années qui pensent si fort à moi. J'ai le cœur gros dans ce wagon qui m'entraîne à travers l'Allemagne pour je ne sais quel bled. Les garçons qui partagent mon compartiment ne sont pas terribles, je les trouve moches et me demande s'ils seront tous aussi laids à la caserne. Je me dis que comme de toute façon je n'échappe pas à cette année de troufion il serait mieux que je prenne les choses du bon côté. L'armée ce n'est pas le bagne et je me mets à imaginer la vie là bas d'une manière plus positive, peut être que le capitaine est un beau blond aux yeux bleus, peut-être que dans ma chambrée un superbe mec fera attention à moi.Quinze jours que je vis la vie de soldat, je n'ai toujours pas trouvé le beau militaire qui me ferait craquer et pour mon malheur je suis devenu le souffre douleur d'un sergent qui trouve amusant de me critiquer et me rabaisser en public et de rire de mon inaptitude aux exercices physiques. Comme le disait Bernard à l'école je suis un crabe lorsqu'il est question de sport mais un Dieu dans l'art de faire l'amour.
L'acharnement du sergent devient intensif et je suis plus qu'à mon tour de corvée, les chiottes, les corridors et tout ce que la caserne compte d'endroits dégeulasses. Il vient lui-même vérifier si j'effectue correctement mes taches. S'il n'était pas si désagréable je pourrais le juger autrement car si il n'a pas une gueule des plus jolie il a certainement un corps superbe qui se devine sous l'uniforme, je suis certain que ce plouc fait du body building intensif.
Pour un motif encore plus ridicule me voici à nouveau collé par lui et de corvée, ce qui me prive de sortie avec les amis de la chambrée.
Vous viendrez demain dimanche nettoyer chez moi, cela vous apprendra la propreté et je vous jure que je suis exigeant.
Il me donne cet ordre formel que je n'essaye surtout pas de le discuter.
Fichu dimanche, le seul jour qui me permet de sortir un peu de cette triste caserne, je suis obligé de nettoyer la merde de ce con de sergent. Je n'espère qu'une chose que le week-end en prochain je ne sois pas de corvée car Bernard viendra me rendre visite.
Les pavillons des militaires de carrière se trouvent en haut du camp, ils sont par groupe de trois entourés chacun d'un mini jardinet.
Il m'ouvre la porte et m'accueille par " ah c'est toi ".
Bonjours sergent, par quoi dois je commencer.
Je vais te montrer la maison avant que tu commences de la saloper.
Je ne sais si je dois en rire ou craindre sa remarque, je m'abstiens une fois de plus de tous commentaires.
Il me fait entrer dans la cuisine où je repère déjà la table de travail encombrée de vaisselles sales, ouvre un placard où son entreposés brosses et sceaux et le matériel de nettoyage.
-Voici tes outils mon garçon, j'espère que tu sais t'en servir.
Un petit salon décoré sans recherches avec des posters représentant des indiens, c'est moche à crever, une chambre à coucher, le lit recouvert d'un couvre lit blanc pas très frais, sur l'unique chaise je repère des sous vêtements jetés négligemment et un slip pisseux. Sur la table de nuit quelques boites de médicaments et canettes de bière vides. La dernière pièce qui devrait faire office de salle à manger est transformée en salle de musculation, tout un bazar qui me fait plutôt songer à une salle de torture.
Joli, tu ne trouves pas ?
Oui, super, j'ai bien pensé que vous faites du body.
A quoi as tu remarqué cela ?
J'ai vu que vous étiez musclé.
Je modère mes expressions, je voulais lui dire qu'il était bien foutu et qu'il a un joli Q, mais je ne sais sur quel pied danser avec ce coyote.
Bon, tu as visité, maintenant tu prends un sceau et tu passes le torchon partout, commence par la cuisine.
Je m'exécute, le plus consciencieusement possible je m'applique à cette tache ménagère. Je suis toutefois intrigué par ce curieux militaire qui me prend pour sa bonne. La cuisine terminée ne voyant plus mon geôlier je passe le nez dans la salle de musculation, il s'est dévêtu et porte un slip de culturiste, il est couché sur un instrument en forme de table et soulève des altères, il fait mine de ne pas me regarder mais me lance
Alors gamin tu as souvent vu un bel athlète ?
Je ne réponds pas et fais mine de commencer le nettoyage de la salle, j'ai la trique, voir soudain tout près de moi un mec presque à poil après ces jours d'abstinence me fait flipper. Rien ne se passe pourtant, je termine de nettoyer la pièce de sport, il se rhabille et me dis que ce sera tout pour aujourd'hui mais que ma punition n'est pas levée, il m'attend demain soir après le souper pour terminer le nettoyage. Je ne suis plus si effrayé de cette corvée, je devine que derrière cette invitation punitive se cache peut-être autre chose. Ma dépendance me rejoint tout à coup, j'ai une forte envie de faire l'amour et je le quitte presque à regret.
Petit con à demain et fais gaffe que je ne doive pas doubler ta punition.
Je préfère ne pas soulever le propos et je regagne ma chambrée.Me voici à nouveau après une journée de vie militaire contraint de retrouver le sergent et sa corvée nettoyage. Il m'accueille avec la même dureté et sans le
moindre sourire.
Je ne dois plus t'indiquer ton travail, tu sais ce que tu as à faire si tu veux bénéficier de ta prochaine permission.
Je m'empresse de retrouver sceaux et serpillières espérant ainsi échapper à sa mauvaise humeur. Même scénario qu'hier, il gagne sa salle de musculation mais revient quelques instants plus tard en me tendant un string de culturiste.
Déshabilles toi et mets ce slip, tu seras plus à l'aise pour travailler, c'est un ordre.
Je suis en train de rêver, me voici comme au prologue d'un film porno, l'esclave qui doit obéir aux fantasmes du maître. J'ai pourtant une peur énorme de ne pas obéir et des conséquences qui pourraient en découler. Je me revêts de ces quelques centimètres de tissus qui me sont destinés. Il a à nouveau disparu, je reprends tant bien que mal ma corvée. Me retrouver quasi nu chez ce fou me met mal à l'aise mais me procure aussi un curieux sentiment qui touche à l'exhibitionnisme, la crainte que quelqu'un pourrait surgir ici me glace et en même temps m'excite. Le petit jeu est pourtant plus pervers, lorsque je pénètre dans la salle de muscu, toujours couché sur sa table il me gratifie d'une séance de masturbation en m'ayant interdit de faire de même. Je ne sais comment définir mes sentiments, je suis ridiculisé ne pouvant rien faire malgré mon désir qui est très apparent. J'ai peur de subir une punition plus grave et d'être privé de permission. Il a jouit bruyamment, s'essuie à l'aide d'une serviette qu'il à posé certainement là à cet effet et m'ordonne de me rhabiller, de regagner ma chambrée, me menaçant bien sur que si je parle cela tournerait très mal pour moi.
Voici près de sis mois que ce petit jeu se répète, je suis devenu en quelques sorte le jouet de ce parano, jamais je ne peu le toucher, seul le droit d'assister à ces démonstrations sexuelles m'est accordé, si au début j'éprouvais un certain désir
et me masturbais ensuite en pensant à lui, celui-ci à totalement disparu et je me prête au jeu comme pour un rôle que je connais par cœur.Je viens d'apprendre que le sergent est muté dans une autre caserne, j'éprouve un soulagement énorme, je vais pouvoir terminer mon service en toute tranquillité. Personne ici ne s'est douté de ce que j'ai du subir et les deux mois qui me restent à tirer se passeront sans histoire. Plus question de sexualité militaire.
J'ai reçu plusieurs visites de Bernard pendant lesquelles nous nous sommes retrouvés dans un petit hôtel proche de la caserne. J'ai eu aussi deux visites de Claude qui furent beaucoup plus chastes mais pas moins tendres. Ici rien concernant ma vie privée n'a transpiré, j'ai fais pour la première fois le choix d'être sage durant deux mois. J'apprécie l'esprit de bonne camaraderie de ma chambré et joue le jeu du bon soldat, aucune allusion n'est faite à ma dépendance, seul le comique de la chambrée me lance tout les soirs la même phrase " ce soir je viens dans ton lit ! " à moi de répondre sur le ton de la plaisanterie " quand tu veux, je t'attends ". Cela se limite à cette boutade et les autres en rient de bon cœur.Dernier jour de vie militaire, mon entrevue avec le colonel qui me félicite pour ma manière de servir qui reçoit le label d'exemplaire. Il me propose d'envisager la vie militaire vu mes capacités, me disant que je pourrais faire carrière. Si il pouvait se douter de mes véritables capacités! Je suis flatté et amusé, connaissant les évènements cachés de cette année de service concernant le sergent, mais je refuse l'invitation très poliment.
-C'est bien dommage vous passez certainement à côté d'un bel avenir.
Mon bel avenir je l'envisage auprès de Bernard, j'ai probablement fait le plus grand choix de mes vingt années, celui de vivre auprès d'un homme que j'aime et qui m'aime vraiment. Il m'a donné tant de preuves de cet amour et de cette presque dévotion pour ma personne que je ne vois plus la vie sans lui. Malgré les quinze ans de différence d'âge je me sens si bien avec lui. Il porte ses trente cinq ans avec tant de charme et d'élégance que je les oubliés sans difficulté.
Si je me suis soumis durant près de six mois au rôle de lopette devant ce con de sergent je retrouve toute ma dignité auprès de Bernard.Ce soir nous avons fêté plus que raisonnablement la quille, mes compagnons de chambrée sont pour la plupart ivres morts et ont regagné leur lit en s'oubliant parfois, cela sent le dégeuli, moi-même je ne suis pas très frais. Le grand comique me lance son éternel " ce soir, je viens dans ton lit " et comme chaque soir je lui réponds " quand tu veux ", cela me manquera me dis-je en moi-même. Le silence est complet dans la chambrée, coupé parfois par le bruit des ronflements. Je ne me suis pas encore endormi, toutes mes pensées sont sur ce quai de gare où m'attendront Bernard et mes parents. Les yeux fermés je rêvasse quand soudain mon drap est soulevé, Jacques, le grand comique, se glisse dans mon lit, je suis mort de trouille pensant que l'on pourrait nous voir, il est complètement nu et se couche sur moi.
Je t'avais dit que je viendrais, c'est ce soir ou jamais.
Tu es fou si l'on nous surprenait.
Ce soir ils sont tous plein.
Il m'embrasse alors d'une manière si douce que j'en oublie la situation épique.
J'avais tellement envie de toi depuis si longtemps.
J'ai toujours cru à une plaisanterie de ta part ;
Il jouit très vite sur moi, mon ventre est inondé, je n'ai pas envie de faire de même.
-Je pourrais te revoir dans le civile si tu veux.
Je ne réponds pas et gentiment je l'invite à regagner son litLe lendemain matin nous nous rendons à l'autocar qui doit nous conduire à la gare, Jacques tient à porter ma valise, il a vraiment l'ai triste et me glisse un papier avec ses coordonnées, il doit rester trois jours de plus pour mauvaise conduite. Avant de monter dans le bus j'ai l'audace de l'embrasser fort sur la joue et je termine sans que personne ne puisse nous voir par un baiser profond sur ses lèvres.
Je n'ai jamais revu Jacques et n'ai pas donné suite à son billet.Je travaille maintenant dans la même école que Bernard, cette même école où des années au paravent j'étais tombé éperdument amoureux de mon prof de gym, il a réussit de me faire engager comme employé par le directeur. J'ai du rompre ma relation avec Claude, celui-ci voulant que je quitte Bernard pour vire avec lui, il fut très triste de mon refus. Je suis adulte et marié et pourquoi pas heureux.
Epilogue
Au cours de ces pages je vous ai entraîné dans ce parcoure qui est la recherche de mon identité, j'ai fait de nombreux choix qui pour la plus part dépendaient de ma forte pulsion sexuelle, ma dépendance comme je la nomme. Si je crois avoir réussi ma vie c'est grâce au fait que j'ai pu m'accepter et me faire accepter. Que malgré mon obsession je me suis obligé de vire une vie que l'on qualifie de normale, mot que je déteste, en travaillant, en étudiant, entretenant avec la société et ma famille des relations acceptables. Je n'essaye pas de trouver des excuses à mon comportement parfois bouillant concernant mes rapports avec les hommes, je voudrais surtout dire que tous les hommes de ma vie je l'es ai aimé et respecté et que si ils m'apportaient de grandes satisfactions érotiques je tenais toujours à leur procurer en plus une certaine tendresse. J'aime les garçons profondément et passionnément avec mon ventre mais surtout avec mon cœur.
Voici maintenant vingt ans que je vis auprès de Bernard et si ma dépendance est bien réelle et toujours présente je m'efforce de la partager avec lui dans l'intimité, le plus possible et si parfois ma nature explosive me demande de faire un coup de canif dans le contrat je le fais sans qu'il ne puisse s'en douter, non par hypocrisie mais pour le préserver, pour ne pas lui faire de mal car au cours des années mon amour pour lui est devenu ma première réalité.Pierre-Henri Dubois, avril 2009, email: *****@****