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Le
secret de Mélanie Maria Rosa, décembre 2007. |
| Maria
Rosa habite en Corse et elle a deux garçons de 20 et 22 ans. L'écriture
lui permet de s'évader dans des mondes imaginaires où elle
puise à volonté. Fantastique - science-fiction - policier
- aventure - jeunesse - romantisme... sont ses sujets de prédilection.
Elle aime aussi adapter ses romans pour le cinéma ou la télévision. Mais Marie Rosa ne sait pas parler d'elle et préfère vous laisser découvrir ses textes, ce qui lui fera le plus grand plaisir. Egalement des poèmes: Poésie28 |
Mélanie est une adolescente de treize ans. Brune, les cheveux mi-longs avec une frange épaisse, de grands yeux noisette qui lui mangent le visage, le teint pâle, la bouche serrée sur des mots qui ne veulent pas sortir, le corps mince. Un peu trop peut-être. Sûrement parce qu'elle refuse de se nourrir. Au premier abord, rien ne la distingue des autres enfants de son âge. A part qu'elle est un peu plus maigre, un peu plus triste, un peu plus distante…Elle se tient souvent seule dans son coin, pendant que les autres jouent et rient dans la salle de jeux de la clinique. Il lui arrive aussi d'avoir un comportement très étrange. Dès que quelqu'un lui demande de faire quelque chose, elle secoue négativement la tête et se renferme et si on insiste, elle se transforme en un animal sauvage plein de haine et de violence. Personne ne la comprend. Pourtant, il paraît qu'elle était si gentille, si rigolote, avant… Mais avant quoi ? Qu'a-t-il bien pu se passer pour qu'elle ne veuille plus ni sourire, ni parler, ni chanter, ni jouer avec ses petits compagnons ? C'est le mystère que Ludivine Meyer, une jeune psychologue Allemande, veut élucider. Vivement intéressée par ce cas de schyzophrénie infantile, elle décide d'emmener la petite malade chez elle, dans son centre équestre (Ludivine est également monitrice d'équitation) où elle pratique l'équithérapie auprès de jeunes enfants handicapés. Avec un soin tout particulier, elle étudie le dossier que les médecins lui ont confié et découvre le douloureux passé de la fillette. Mélanie est orpheline. Sa mère est morte lorsqu'elle avait quatre ans et son père s'est suicidé de douleur. Elle a peu de famille. Son oncle, le frère de sa mère, vit à l'étranger. Elle a bien de lointains cousins, mais ils ne veulent pas la prendre en charge. Ils disent qu'elle est bien trop dangereuse…
Le défi est de taille. Les médecins donnent six mois à Ludivine pour qu'elle leur prouve que ses " méthodes " sont plus efficaces que leurs traitements. Passé ce délai, s'il n'y a pas d'amélioration, Mélanie devra retourner à la clinique.C'est par une belle matinée de printemps que Mélanie débarque au centre équestre " Le Cheval d'Or ". Elle fait la connaissance de Pierre, le mari de Ludivine, qui élève des chevaux, leurs deux enfants, Michelle, âgé de 14 ans et, Jean qui a 16 ans, Sylvain, le palefrenier, Antoine, un stagiaire, les quelques petits malades qui sont en pension, ainsi que toute la cavalerie.
D'emblée, les choses se compliquent. Mélanie semble hermétique aux gentillesses et aux attentions qu'on lui prodigue. Elle est particulièrement agressive et de plus, elle a une peur bleue des chevaux. Les jours se succèdent et rien ne semble vouloir s'arranger. Mélanie passe le plus clair de son temps prostrée dans le foin, les genoux repliés, le menton posé sur ses mains. On dirait qu'elle rêve ou qu'elle pense…Mais à quoi ? c'est ce que se demande Ludivine qui donnerait cher pour le savoir. Elle désespère d'obtenir des résultats probants et voit, avec une certaine appréhension, se rapprocher le délai accordé par les médecins.
Il est vrai que Mélanie n'y met pas vraiment du sien. Elle est tellement antipathique que, bientôt, tout le monde l'évite. Les enfants la surnomment Mademoiselle " ronchon " et même Bounty, le vieux Berger Allemand d'habitude si débonnaire, montre les dents dès elle s'approche un peu trop près. Seul, Jean, a réussi l'exploit de la faire rire et depuis, elle ne le quitte plus.Pourtant, un soir, Ludivine entrevoit un faible espoir. Un drame se joue dans l'écurie. Un cheval s'est malencontreusement brisé une jambe et Mélanie assiste, en cachette, à l'euthanasie de l'animal pratiquée par le vétérinaire. Sans que personne ne puisse l'en empêcher, elle agresse sauvagement celui-ci. Il faut la force de quatre personnes pour arriver à bout de sa colère. Cette attitude, pour le moins surprenante, rend Ludivine songeuse. Ce pourrait-il que Mélanie ait voulu exprimer quelque chose ? Elle décide d'en avoir le cœur net et, quelques jours plus tard, feint de maltraiter un poney. La réaction est immédiate. L'enfant se rue sur elle et tente de la griffer au visage. Ludivine comprend alors qu'elle a peut-être une chance de sauver Mélanie. Elle appelle la clinique. Les médecins tergiversent et ne veulent pas conclure trop vite. Pour eux, ce n'est pas suffisant. Ce comportement n'est pas une réelle preuve de guérison. Mme Alibert, la Directrice de la clinique, qui est également psychothérapeute, est la plus acharnée de tous. Elle ne croit pas que de simples chevaux puissent guérir des enfants, surtout un cas comme celui de Mélanie. Pour la convaincre, Ludivine décide de la convoquer, afin de lui montrer les progrès de sa petite protégée.
Malheureusement, un incident va jouer en faveur de Mme Alibert. Lors de sa visite de l'écurie, celle-ci repousse brutalement un cheval qui cherchait à mordiller le col de sa veste et Mélanie lui donne un rude coup de pied dans la jambe. Blessée au tibia, Mme Alibert doit quitter en hâte le centre équestre. La terrible sentence tombe deux jours plus tard. Mélanie est un danger pour son entourage. Elle doit recevoir un traitement plus approprié et réintégrer la clinique de toute urgence...
C'est un vrai déchirement pour Jean lorsqu'il voit l'ambulance emmener son amie. A son bord, Mélanie hurle et cogne sur la vitre avec ses poings, en proie à une véritable crise de nerf. Après son départ, toute joie semble avoir abandonné le garçon. Inconsolable, il traîne de box en box ou fait de longues promenades à cheval dans la forêt environnante.
Les vacances de Pâques touchent à leur fin et il lui faut regagner le collège. C'est la mort dans l'âme qu'il reprend le chemin de l'école. Mais lorsqu'il apprend que la clinique où se trouve Mélanie est dans la même ville que celle où il est pensionnaire, une idée folle germe dans sa tête. Un mercredi après-midi, il se rend à la clinique et demande à voir la fillette. Comme il fallait s'y attendre, il se heurte à un refus catégorique. Mélanie ne doit voir personne. " C'est pour son bien ". Jean est déçu, mais il compte ne pas en rester là. Il échafaude en hâte un plan pour faire évader Mélanie et, avec la complicité d'un copain brancardier, il lui fait parvenir un message dans lequel il lui explique ce qu'il compte faire.
La nuit suivante, il pénètre en douce dans la clinique, délivre Mélanie, puis tous deux quittent la ville dissimulés sous une bâche dans une fourgonnette remplie de vieux meubles. Parvenus à un kilomètre environ du centre équestre, ils abandonnent la fourgonnette (qui s'est arrêtée dans une station service) et courent à travers bois.
Il fait à peine jour lorsqu'ils poussent le portail du " Cheval d'Or ". Profitant du sommeil de ses parents, Jean se faufile à pas de loup dans la maison, monte dans sa chambre, bourre son sac de sport d'habits de rechange, puis il redescend à la cuisine où il vide le frigo. Ensuite, il prend un peu d'argent dans le porte-monnaie de sa mère (il vaut mieux prévoir…) et fonce à l'écurie. Il leur faut un moyen de locomotion. Il n'a pas de moto et son vélo ne peut transporter deux personnes plus un gros sac. Perle, la jument Comtoise de son père, est la mieux adaptée pour passer à travers champs. De plus, c'est un animal robuste. Elle pourra les porter tous les deux pendant des heures sans aucun effort.
Son plan : rejoindre l'Espagne, qui n'est pas très loin, en passant par la montagne.
Pendant que les deux adolescents se dirigent vers la frontière montés sur le vaste dos de Perle, l'alerte est donnée à la clinique, où la fuite de Mélanie a été découverte. Quant à l'absence de Jean à son collège, elle met la puce à l'oreille de ses parents. La coïncidence avec la fugue de Mélanie est, pour le moins, étrange...
La police interroge le personnel hospitalier, de même que le copain de Jean qui prend peur et vend la mèche. Aussitôt, c'est le branle bas de combat. Tout un dispositif est mis en place pour retrouver les deux jeunes fuyards…Ceux-ci se cachent durant le jour, préférant voyager la nuit pour ne pas attirer l'attention. Jean connaît la région comme sa poche pour l'avoir sillonnée de long en large à cheval et en vélo avec ses copains. Il sait où se trouvent tous les raccourcis. Heureusement, la température en cette saison est clémente. Bien couverts, ils peuvent chevaucher sans craindre d'attraper froid. Comme les chevaux ont une bonne vue, même dans l'obscurité, ils font confiance à Perle pour trouver son chemin. Ils savent cependant les risques qu'ils encourent à vouloir agir ainsi. Il se pourrait qu'ils fassent de mauvaises rencontres. Perle est un animal de race. Sa vente rapporterait de quoi vivre quelques temps sans se fatiguer…
Leur deuxième nuit se passe dans une cabane abandonnée. Par bonheur, le sol est tapissé de paille. Un peu pourrie, il est vrai, mais lorsqu'on tombe de fatigue, on ne fait tant pas de manières. Ce lit d'infortune est pour eux, le plus doux des lit improvisés.
Après une bonne nuit de repos, durant laquelle aucun incident n'est venu troubler leur sommeil, Jean sort le premier pour aller seller Perle. Sa surprise est grande lorsqu'il ne voit plus la jument dans le champ où ils l'avaient laissée la veille. Affolé, il court réveiller Mélanie qui dort bien au chaud sous sa grosse veste. Mélanie est consternée. Où Perle a t-elle bien pu passer ? Après avoir fouillé les environs, ils doivent se rendre à l'évidence. Quelqu'un a volé la belle Comtoise ! Qui a pu faire une chose pareille ? Mélanie pense tout de suite aux deux étranges bonhommes qu'ils ont rencontré la veille dans la forêt et qui flattaient, avec un peu trop d'insistance, la robustesse et la bonne santé de la jument…
Sans perdre de temps, ils se lancent à leur poursuite. Toute la matinée, ils cherchent. D'abord à pied (mais la fatigue les oblige bientôt à déclarer forfait), puis en vélo (ils en ont trouvés deux, par chance, qui traînaient dans la cour d'une ferme). Hélas ! Sans succès. Les deux larrons semblent s'être volatilisé dans la nature. Ils décident alors d'étendre leurs recherches à toute la région. Les champs, les granges, les étables, les enclos, les jardins…Tout est passé au peigne fin. Mais toujours aucune trace de Perle. De plus, la nuit commence à tomber. Ils sont anéantis. Sans leur robuste compagne, jamais ils ne parviendront traverser la montagne…
Ils sont sur le point d'abandonner lorsque le hasard guide leurs pas jusqu'à un hangar où un camion est sur le point de partir. Miracle! Perle se trouve parmi un groupe de chevaux entassé à l'arrière. Double miracle ! Les deux sales individus de la forêt sont là, eux aussi. Ainsi ! Elle avait vu juste. Elle ne s'était pas trompée. Ce sont bien des voleurs. Mais leur joie est de courte durée. Comment vont-ils faire pour délivrer leur amie ? Ils ne sont pas de taille à lutter contre ces hommes. Jean, qui n'est jamais à court d'idée, décide alors d'attendre le moment où le camion passera devant eux pour s'agripper au pare-chocs...
Pendant ce temps la police, qui est sur le pied de guerre, donne leur signalement et installe des barrages un peu partout…
Lorsque le camion s'arrête enfin, c'est dans un hameau où un rassemblement incongru de bétaillères et de camions emplissant la place principale fait comprendre à Jean et à Mélanie qu'ils sont tombés en pleine foire aux bestiaux. Leur sang se glace…
Tandis que Perle et les autres chevaux sont débarqués et parqués dans un enclos, Jean et Mélanie se mêlent aux passants. Malheureusement, ils ne peuvent dénoncer les voleurs de Perle à la Police sans qu'eux mêmes ne soient repris. Quelle poisse ! Il faut donc qu'ils se débrouillent tout seuls.
Soudain, Jean a une idée. Une idée folle. " Ils n'ont qu'à l'enlever ! " Mais oui ! C'est ça, la solution. Enlever Perle. Et par la même occasion, jouer un bon tour à ses satanés voleurs. Tel est pris qui croyait prendre ! Seulement, voilà ! C'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire et Mélanie, qui ne se sent pas du tout l'âme d'une héroïne de roman, se met à pleurer. Emu par son chagrin, Jean se met à réfléchir. Il n'est pas du genre à lâcher prise si facilement et il ne veux surtout pas s'avouer vaincu.
Ils sont partis à trois et continueront à trois !
Tandis qu'il se creuse les méninges, le vent de la chance se met lui aussi de la partie et il chasse les nuage qui s'amoncelaient au-dessus de leur tête. Ils font la connaissance d'un jeune garçon de 13 ans, Pedro, qui est venu accompagner son père, maquignon de son métier. Pedro est bouleversé par leur histoire. De plus, il est malin comme un singe et possède plus d'un tour dans son sac. Il n'aime pas les voleurs de chevaux et il accepte sans peine de les aider.La nuit, certains des chevaux invendus restent dans les camions, alors que les autres sont enfermés dans les paddocks, sans aucune surveillance. Ce n'est pas vraiment utile. Les marchands se connaissent tous. Il y en a seulement un qui fait une ronde de temps en temps. La plupart d'entre eux dort dans les véhicules ou à l'hôtel. Selon les désirs de chacun. Fort heureusement pour eux, il se trouve que Perle n'a pas trouvé d'acquéreur (sûrement à cause de son prix exorbitant ) et elle n'est pas dans un camion.
La chance continue…
Avec mille précautions, Jean, Mélanie et leur nouvel ami, parviennent à la faire sortir de l'enclos. Ils prennent le large aussi vite qu'ils le peuvent et emmènent Pedro (qui s'amuse comme un petit fou). L'aventure est loin d'être terminée. Bien au contraire. Leur situation est encore plus délicate qu'avant. Maintenant, en plus de la Police, les voleurs de Perle, eux aussi, vont se lancer à leurs trousses...
La frontière est toute proche. Ils sont presque sauvés et espèrent la passer avant le jour pour rejoindre l'Espagne. Pedro a de la famille là-bas. Son grand-père paternel. Un vieil homme marginal et solitaire nommé Mathéo qui vit dans une roulotte. Mathéo a toujours travaillé dans le domaine du cirque et c'est tout bonnement qu'il a prit sa retraite dans…un cirque. Il aime aller de ville en ville, de pays en pays et il compte bien mourir au cours de l'un de ses voyages. Avec lui, Mélanie sera en sécurité. Du moins, Pedro le pense t-il. Car son grand-père n'est du genre à aller la dénoncer aux autorités.
Tout semble aller pour le mieux, lorsque Pedro se blesse bêtement au genou en sautant d'un mur. Comble de malchance, et comme un malheur n'arrive jamais seul, Perle donne, elle aussi, des signes de fatigue.Tous trois décident alors de la laisser souffler et repèrent une vieille bâtisse en ruine à moitié ensevelie sous des fougères. Il y a de l'herbe à profusion tout autour et la jument pourra brouter autant qu'elle voudra. L'endroit est désert. Aucune route à proximité. L'idéal pour passer la nuit. Mais dans la soirée, les choses se gâtent. Perle refuse de manger. Jean constate qu'elle paraît inquiète et qu'elle se regarde souvent les flancs. Craignant un début de coliques (mortelles pour les chevaux) il la fait rentrer dans la bâtisse. Au bout de quelques minutes, la jument se couche sur le flanc et se met à geindre. Elle semble souffrir atrocement. Son ventre est dur et tout gonflé. Mélanie est terrifiée. On dirait que Perle va mettre au monde un poulain ! C'est la panique. Jean à l'habitude des chevaux. Mais pour Mélanie, c'est l'inconnu le plus total. Se souvenant des gestes de son père, Jean entreprend d'assister Perle. Seulement, le poulain se présente mal. Il leur faut l'aide d'un vétérinaire. Où le trouver ? Ils sont en pleine campagne et il fait nuit. Après concertation, Jean décide de partir à la recherche d'un médecin. Si un médecin peut accoucher une femme, il peut aussi accoucher une jument. Logique ! Il laisse Mélanie et Pedro qui ne savent que faire pour soulager la pauvre bête et quitte la bâtisse.
La nuit est dense. Il se perd plusieurs fois. Deux heures sont écoulées avant qu'il ne retrouve la route qui mène au village où se déroule la foire. Tout est éteint. Seul, l'unique café encore ouvert est resté éclairé. Il y pénètre pour demander de l'aide et tombe…devinez sur qui ? Sur les deux voleurs accoudés au comptoir qui noient leur déception dans l'alcool. Ceux-ci sont, en effet, très, très contrariés. La belle jument qu'ils comptaient vendre à un très bon prix leur a faussé compagnie. A la vue de Jean, ils ont un sursaut de surprise. Ce jeune ! Ils le reconnaissent. C'est lui qui montait la Comtoise !
Jean veut faire demi-tour. Trop tard ! L'un des bandits se rue sur lui et le saisit par le bras…
Jean se ferait plutôt hacher menu que de divulguer la cachette de son amie. Surtout maintenant qu'elle va avoir son poulain. Pour rien au monde il ne voudrait que ces guignols puissent le vendre en même temps que sa mère.
Pour lui rafraîchir la mémoire et lui délier la langue, les deux malfaiteurs l'enferment dans le coffre de leur voiture avant de démarrer sur les chapeaux de roues.Pendant ce temps, Mélanie se trouve confrontée à un sérieux dilemme. La jument râle et elle se sent impuissante à soulager sa souffrance. Elle n'a jamais accouché qui que ce soit et encore moins une jument. La seule vue du sang la paralyse et elle se souvient du jour où sa mère...
Mais d'un autre côté, elle ne peut laisser Perle mourir. D'après Pedro, qui a déjà vu naître des poulains, la naissance de celui-ci paraît bien compromise. Ca fait quatre heures que la jument s'épuise à pousser. En vain. Mélanie est à la torture. Comment peut-elle l'aider? Soudain, le passé qu'elle croyait enfoui au plus profond d'elle même remonte à la surface.
Elle revoit sa pauvre mère qui se tord sur son lit de douleur, le ventre tendu comme celui de Perle…
(Flash Back : " Une jeune femme est allongée sur un lit, dans la chambre d'une maison de campagne. Elle est en train d'accoucher. Mélanie (beaucoup plus jeune) est assise dans un coin de la pièce et la regarde fixement. Elle semble terrorisée. Le bébé que sa mère est en train de mettre au monde ne veut pas sortir. La pauvre femme, qui accouche toute seule, souffre le martyre. Mélanie ne supporte bientôt plus ses cris. Pour ne plus les entendre, elle court se réfugier dans la grange et se couche dans la paille, les mains sur les oreilles. Quand, enfin, elle décide de retourner auprès de sa maman, un silence de mort règne dans la maison. Dans la chambre, un horrible spectacle l'attend. Sa maman ne bouge plus et il y a plein de sang sur les draps… ")Elle n'a rien pu faire autrefois. Elle a laissée mourir sa mère. Et aujourd'hui, c'est le même drame qui se déroule sous ses yeux. Alors, elle entre dans une rage folle. Elle maudit le destin qui s'acharne sur les êtres sans défense. Non ! Cette fois, elle ne va pas attendre que la mort fasse son office. Elle va lui jouer un bon tour et lui montrer que ce n'est pas elle qui gagne à tous les coups. Sous les conseils avisés de Pedro, qui est toujours immobilisé à cause de son genou blessé, elle entreprend de fouiller l'utérus de la jument avec sa main, pour voir ce qui bloque l'arrivée du poulain…
Quant à Jean, il est dans une fâcheuse posture. Ligoté dans le coffre d'une voiture qui file vers une destination inconnue, il n'en mène pas large. Où vont-ces deux bandits ? Que vont-ils lui faire ?
Bientôt, la voiture s'arrête et il entend parler en espagnol. Le coffre s'ouvre et une main le saisit brutalement pour le remettre debout. Un inconnu, qui n'a pas l'air commode, le secoue rudement en criant des mots qu'il ne comprend pas. L'un des voleurs lui explique que s'il ne leur dit pas où est la jument, cet homme va l'emmener pour le vendre à une secte ou à un réseau de pédophiles. Jean est horrifié. S'il dit où est la jument, elle va être vendue et son poulain aussi, mais s'il ne parle pas, c'est lui qui va être vendu. Que faire? Il faudrait qu'il puisse se libérer et filer à la police, afin de dénoncer les voleurs et leurs complices. Mais comment leur échapper? La providence vient sans qu'il s'y attende à son secours. Profitant d'un moment d'inattention de la part des bandits, il parvient à défaire ses liens et s'enfuit.
Après avoir longtemps couru, il arrive devant un poste de la douane. Les douaniers l'écoutent, médusés…
Lorsque, plus tard, les bandits voient débarquer la police, ils ne peuvent s'enfuir et sont faits comme des rats. Jean est ravi du bon tour qu'il leur a joué. Mais le premier instant de joie passé, son cœur se serre. Et Perle? Et Mélanie? Son amie doit être dans tout ses états en ne le voyant pas revenir.
Ludivine et Pierre, qui ont été prévenus par radio, retrouvent leurs fils avec une joie et un soulagement bien compréhensibles. Quant à notre héros, il se voit contraint de révéler l'endroit où se cache Mélanie. Madame Alibert, qui a tenu à venir en personne, se réjouie du dénouement de cette terrible aventure. Bientôt Mélanie aura rejoint la clinique et elle y restera pour toujours et sous bonne garde, cette fois.
Lorsqu'ils arrivent à la vieille bâtisse, l'aube commence à poindre. Jean demande à ses parents de ne pas y entrer. Il préfère annoncer, lui-même, la triste nouvelle à Mélanie. A l'intérieur, la scène qu'il découvre le sidère. A genoux derrière la croupe de la jument, Mélanie tire de toutes ses forces sur les jambes d'un poulain, dont la tête commence à peine à apparaître. Les mains de la fillette sont en sang et elle hurle désespérément : " Tu vas sortir ! Dis ! Tu vas sortir ! ". Emu jusqu'aux larmes, Jean se précipite pour lui prêter main forte…Dehors, Ludivine n'en peut plus. Ca fait plus de dix minutes que son fils est entré dans cette baraque délabrée et il n'en ressort toujours pas. Elle veut en avoir le cœur net et y pénètre à son tour. Ce qu'elle voit la paralyse. Jean et Mélanie sont en train d'aider Perle à mettre au monde un poulain, chacun tirant sur ses membres frêles du petit animal. Celui-ci a déjà presque la moitié du corps hors de sa mère. Le premier moment de stupeur passé, elle fait vite demi-tour et appelle son mari. Pierre a l'habitude. Il va pouvoir délivrer la jument et donner les premiers soins au poulain.
Pendant que Pierre assiste Perle, Mélanie tombe dans les bras de Ludivine. Entre deux sanglots elle lui raconte tout. Sa mère…l'accouchement…le sang sur les draps…Ludivine est soulagée. Mélanie a enfin exorcisé ses démons et elle a réussi à se libérer du terrible secret qui la rongeait depuis tant d'années. Elle la console du mieux qu'elle peut et lui dit de ne pas se sentir coupable. Elle était si petite… Que pouvait-elle faire ?
Mélanie sait maintenant qu'elle ne se sentira plus fautive d'avoir laissé mourir sa pauvre maman. En sauvant la vie de Perle, c'est elle même qu'elle a sauvé.
Le retour au centre équestre est joyeux et triomphant. Perle et son magnifique poulain sont emmenés dans une confortable bétaillère. Ils sont tous les deux en excellente santé. Quant à Pedro, il est ramené dans sa famille avec la promesse de revenir bientôt rendre visite à ses nouveaux amis. Une fois que son genou sera remit, bien entendu…
Ludivine a du mal à convaincre Madame Alibert que Mélanie est complètement guérie. La psychothérapeute ne veut pas s'avouer vaincue et elle avance des arguments plus que nébuleux pour pouvoir l'emmener. Mais Ludivine lui oppose une résistance farouche. Mélanie doit rester encore avec elle. Elle est sur la bonne voie. Ce n'est plus qu'une question de jours…De plus, elle sait ce qu'elle fera plus tard. Mélanie lui a dit qu'elle voulait devenir vétérinaire, afin de faire naître plein de beaux poulains comme celui de Perle.
Madame Alibert doit se rendre à l'évidence. Elle sait qu'elle a perdue la bataille. Dépitée, elle retourne dare-dare dans sa clinique en prévenant, toutefois, qu'elle repassera dans deux mois, pour voir si tout va bien et s'il n'y a pas eu de changement dans l'attitude de sa petite patiente.Epilogue : Mélanie et Jean se promènent à cheval. C'est l'été. La campagne est magnifique. Les deux adolescents sont heureux et ils rient de plaisir en chevauchant côte à côte. Soudain, par jeu, Jean talonne brusquement son cheval qui part au galop. Surprise, et un peu effrayée, Mélanie retient le sien qui piaffe d'impatience. Puis, elle hausse les épaules, comme pour se débarrasser de ses dernières craintes et s'élance derrière le jeune garçon en criant : " Jean ! Attends-moi ! ".
Dernière image : Tous deux galopent ventre à terre au milieu d'un grand champ de blé.
FIN
Maria Rosa vmrg@wanadoo.fr
Sujet : Un jeune garçon , Corentin, vit avec sa famille dans une grande et belle demeure du sud de la France. Cette maison est un héritage et a vu défiler toutes les générations de la famille Canivet.
Un matin, sur le chemin de l'école, Corentin est victime d'un très grave accident qui le plongera dans le coma pour des semaines.
A son réveil , il se rend compte qu'il a perdu la vue et se croit condamné à vivre dans le noir.
Un soir de pleine lune, il est réveillé par un étrange appel qui l'emmène dans le salon. Le portrait de son ancêtre lui révèle un secret et lui transmet, avec l'aide d'autres membres, des pouvoirs particuliers( invisibilité, ouïe extraordinaire...)et l'entraîne dans une enquête .
Le village où vit sa famille est menacé par une malédiction. Une statuette étrangère a été ensevelie sous la maison des Canivet et Corentin devra tout faire pour découvrir où elle se trouve et ainsi sauver son village.
Son rôle de détective l'emmènera jusqu'au Mexique où il mènera son enquête et y découvrira l'existence d'un trésor qui pourra l'emmener vers d'autres aventures.Texte supprimé pour cause d'édition papier.
« Corentin et le Royaume des ombres », 118 pages, 16 E. Renseignements sur lulu.com/content/4151959.
E-mail : sabfrien@aol.com et blog: http://sabine.blog.mongenie.com