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Poésie7

    Bienvenue aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette septième page de poésie !
Leur plaisir continue ici :

Index:
(Cliquez sur votre sélection)

Pitié pour les enfants Richard Natter, février 2003.
Femmes
D. Laurus, janvier 2003.
Des sentiments nouveaux
Karine Leroy, nov. 2002.
Chassé Karine Leroy, novembre 2002.
Les jeux Karine Leroy, novembre 2002.
La naissance d'un sentiment Karine Leroy, nov. 2002.
Ma Provence Pierre Clérico, 1955.
Beauté tabagique Jean-Marc Blandin, janvier 2003.
Bambou Jean-Marc Blandin, janvier 2003.
Noces de légumes Jean-Marc Blandin, janvier 2003.
Tableaux Jean-Marc Blandin, janvier 2003.
Danger Jean-Marc Blandin, janvier 2003.
Pas à pas Jean-Marc Blandin, janvier 2003.
Chanson de gestation Jean-Marc Blandin, janvier 2003.
Après-coup Jean-Marc Blandin, mars 2003.
Pluie Jean-Marc Blandin, mars 2003.
Echo de femme Jean-Marc Blandin, mars 2003.
Etouffée Jean-Marc Blandin, mai 2003.
Ultime bonheur Jean-Marc Blandin, mai 2003.
Jazz Jean-Marc Blandin, mai 2003.
Corps Jean-Marc Blandin, novembre 2003.
Sexe Jean-Marc Blandin, novembre 2003.
Annonciation Jean-Marc Blandin, novembre 2003.
Splendeur des hommes Jean-Marc Blandin, nov 2003.

Deux pièces Jean-Marc Blandin, juillet 2005.
Loopings Jean-Marc Blandin, juillet 2005.
Le banc Jean-Marc Blandin, juillet 2005.
Trois poèmes de Jean-Marc Blandin, novembre 2005.

         

 

Extrait d'un dossier sur les monstruosités de la pédophilie, de Richard Natter : 

          Pitié pour les enfants

Vous qui avez un cœur et regardez mourir 
Ces gamins innocents que la violence ignore 
Vous qui rêvez d'amour ne laissez pas s'enfuir 
De vos cœurs déchirés l'espoir qui vous honore ... 
L'embryon protégé par un écrin de sang 
Bien loin d'être à l'abri de toutes les misères 
Est déjà exposé aux dangers repoussants 
Qui germent sans remords dans le corps de sa mère. 
Le voilà parmi nous adorable et serein 
Ignorant que la mort en ces instants le guette ; 
Il sourit malgré tout innocent chérubin 
Comblant de volupté le cœur de la pauvrette. 
Pitié pour les Enfants qui n'ont rien demandé 
Qu'à venir parmi nous pour grandir dans la joie ; 
Pitié pour les Enfants qu'on n'ose plus aimer 
Ne sachant plus du tout retrouver notre voie. 
Ils sont notre avenir ils sont notre destin 
Ces enfants malheureux que la vie écartèle ; 
La passion dans le cœur qu'ils offrent comme écrin 
Dans l'espoir de trouver l'honneur qui étincelle. 
Ne les repoussons plus ne les écrasons pas 
Laissons leur exprimer l'amour et la sagesse 
Innocents messagers qui demain ici-bas 
Gagneront dans la foi l'aura de la Noblesse. 
Pitié pour les Enfants de tous les horizons 
Qu'ils soient noirs ou Indiens ou avec le teint pâle ; 
Pitié pour les Enfants que l'on met en prison 
Parce qu'ils fuient les horreurs dont les fous se régalent. 
Partout sur la planète inondée par le sang 
Ils sont les héritiers d'un bien triste message ; 
Témoins terrorisés du caprice des grands 
Qui tuent pour le plaisir se moquant du carnage. 
Ils ont froid ils ont faim et ils n'ont d'autres droits 
Que celui de subir dans le froid de leur cage 
Le mépris des goujats qui imposent leur loi 
Pour être les plus forts et vivre sans partage. 
Pitié pour les Enfants qui traînent dans les rues 
N'ayant plus de parents pour calmer leur souffrance ; 
Pitié pour les Enfants qu'on ne supporte plus 
Quand notre lâcheté entraîne les carences. 
PITIÉ POUR LES ENFANTS et qu'enfin les chansons 
Qu'ils fredonnent en secret en essuyant leurs larmes 
Nous fassent enfin rougir et vibrer de passions 
En les couvrant d'amour envoûtés par leur charme.

©Richard NATTER. (Genève 23/06/1992)
webmestre@dynavie.com 
                                                                            http://www.dynavie.com 

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            Femmes

Fille, si douce et si jolie,
De la maternelle au primaire,
La plus gentille des amies,
Petit remède à nos misères.

Filles, si belles et si coquettes,
Amies du collège ou du lycée,
Tendres espoirs de nos conquêtes,
Vous, nos tourments les plus secrets.

Vous savez rire ou bien chanter,
Jouer le drame ou bien pleurer,
Nous taquiner et nous fâcher
Et d'un baiser nous consoler.

De nos seize ans vous savez faire
Un paradis ou un enfer
Et nous donner, par un beau jour,
La plus belle des preuves d'amour.

Puis, un matin, émerveillée,
L'enfant jolie que vous étiez
Sur notre cœur encore en flamme
Devient la plus belle des femmes.

Femmes, si belles et désirables,
Sur les grandes plages de sable,
Gracieuses, ondulantes et félines,
Silhouettes à la démarche divine.

De l'université au monde du travail,
En tailleur Dior ou Jean's et chandail,
En chambre d'étudiante ou en studio duplex,
Vous vous épanouissez sans complexe.

Femmes, patronnes ou employées,
Un jour ou l'autre vous ressentez
Comme un appel, comme une envie,
De mettre au monde un tout petit.

Femmes, maîtresses et confidentes,
Vous savez bien, si ça vous tente,
Faire de nous, pauvres compères,
Tout étonnés, de nouveaux pères.

Femmes, épouses et douces mamans,
Vous prenez soin de nos enfants,
Et leur donnez tout ce qu'il faut
Qui nous ferait sûrement défaut.

Femme, mère et tendre épouse,
Jours de soleil et jours de blues
Tu restes le plus beau de nos cadeaux
Mieux que ne sauraient dire les mots.

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            Des sentiments nouveaux

Il est vrai j'ai aimé ou bien juste apprécié
La douceur d'une pensée, la chaleur d'un baiser.
Mais depuis toi, je crois qu'il n'y a plus de doute
Quant à savoir pourquoi la solitude me coûte.
Avec toi j'ai trouvé, plus qu'aucun autre avant,
Les meilleures pensées dans le meilleur amant.
Je te vois, tu souris, voilà que tu rougis,
Mais je n'ai pas menti, tu es ma nostalgie.
Comprends enfin ma peine et mon immense regret,
Lorsque pour toi je saigne sans générer l'attrait.
Mes sentiments nouveaux sont de loin plus précieux
Que tes nombreux rivaux, créateurs fallacieux.
Aussi beau, aussi fort, quelque fut sa tournure,
Jamais connu encore, attachement si pur.
Ivresses et souffrances, par le hasard nouées
De prouesses et de transes, de durs dards m'ont rouée.
J'ai eu tout avec toi : du bonheur à l'ennui,
Des lourds pleurs à la joie, jusqu'aux heurts : l'agonie.
Mais malgré nos efforts, malgré nos futiles haines,
Pour toi je sens encore des sentiments extrêmes :
Quel merveilleux remord d'avouer enfin que j'aime...

            Karine Leroy, novembre 2002  contact@karineleroy.com

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            Chassé

Insignifiantes paroles, vous rêvez d'envolée...
Toi aussi, ton idole à grands coups est chassée.
Finalement c'est beau tout cet élan d'amour.
Oh combien c'est joli de ne sembler qu'une tour.

Trois vers c'est bien assez pour un peu défouler
Toutes ces visions volées au présent refoulé.
Même connue la morale a longtemps pourchassé
Le désir innocent de ce râle inachevé.

Chasser de mes pensées cette folie passagère,
C'est un peu comme user de ces liens nécessaires.
C'est surpasser le coup de l'union mensongère,
Et alléger beaucoup ce que le temps suggère.

            Karine Leroy, novembre 2002  contact@karineleroy.com

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            Les jeux

Il est, hélas, des mots
Que la morale absente
Nous force à interdire;
Des idées saugrenues,
Juste à peine sataniques,
Qui nous poussent à mentir.

La tentation est grande
De poursuivre un aveu,
Mais à quoi bon souffrir,
Ainsi faits sont les jeux...

On s'amuse en pensée
Et c'est bien suffisant
C'est bien mieux qu'un amant,
Bien moins pire qu'un athée.

            Karine Leroy, novembre 2002   contact@karineleroy.com

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            La naissance d'un sentiment

Hélas, je crois maintenant un peu moins au hasard,
J'ai vers les sentiments un tout autre regard.
Peut-être mes illusions, mes nouvelles certitudes,
Sont la triste raison de ma plate attitude.

Je ne crois plus au destin, aux marques de la vie,
Ce trouble temps assassin a été bien compris.
Il est maintenant trop clair qu'on choisit tous ses sens:
Tous ces douteux mystères ne sont qu'adolescence.

Notre commune existence choisit bien son parcours,
Seulement pendant l'enfance on succombe à l'Amour.
On choisit de souffrir, d'aimer ou de haïr;
On choisit de grandir, de tuer ou de tarir.

Comme on arrose un arbre, on se destine à l'autre,
Comme on propose un sabre, dans l'espoir on se vautre.
On s'invente un besoin, on cultive une envie
Et on vante tous les biens d'une ultime comédie.

            Karine Leroy, novembre 2002   contact@karineleroy.com

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            Autrefois, pour gagner sa vie, il fallait " monter à Paris" où les salaires étaient bien supérieurs à ceux du midi. C'est ce que j'ai fait...:

            Ma Provence

Quand j'ai quitté mon midi
Pour le Nord de la France,
Espérant gagner mieux ma pitance,
J'écoutais, subjugué, une voix amie.

Elle me murmurait «Tu vas voir
Un Paris magnifique, où chaque soir
Sera fête dans la splendeur lumineuse
Des avenues, et des places prestigieuses ». 

Tu nageras dans le bonheur, disait l'ami,
Tous les jours ce sera restaurant,
Tu seras à la mode et bien mis,
Fréquentant les lieux élégants !

La réalité est plus médiocre
Et je languis mon beau pays !
Mon petit bourg aux maisons ocres,
Ecrasées au brûlant soleil du midi.

Ou est-il donc ce cher village ?
Ses habitants au verbe haut,
Ses vieux assis sous les ombrages
Des grands platanes, aux moments chauds.

Et ma garrigue, ou est-elle ?
Qui sent si bon le romarin !
Le basilic de mon jardin ?
Et les rosiers de ma ruelle ?

Soudain mon enfance revient
Et le soleil de ma Provence,
Qui tendrement brûla mon enfance,
Manque lourdement à mes festins.

Je revois mon petit ruisseau,
Ephémère torrent où, en fin d'été,
J'allais braconner dans les trous d'eau
La vive anguille, sous les rochers.

Je vois, la-bas, remontant le vallon, 
Aldo le vieux pâtre, conduisant ses moutons. 
Il marche lentement, un agneau sous le bras 
Et la cloche du bélier rythme ses pas. 

C'est vrai qu'ils sont beaux les Champs-Elysées,
Le sacré cour, Notre Dame de Paris,
La tour Eiffel, la gare d'Orsay,
Le Louvre, les parcs, la rue de Rivoli.

Mais je préfère à l'opulence,
A la belle vie, aux bons salaires,
Le doux pays de mon enfance,
La bonne odeur de notre terre.

Et quand le jour où mon trépas
Aura alors fixé mon sort,
Je veux qu'on sème dans le campas
Les pauvres cendres de mon corps.

Et revenant à cette terre,
Celle que j'aurais tant aimée
J'aurais alors retrouvé ma mère
Et ses vallons nourriciers. 

            Pierre Clérico, Montrouge,1955.                                            

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            Beauté tabagique

En un lent abandon tu fumes
Vers moi depuis longtemps sans doute
Sous un ciel de bureau

Gris comme un jour d'hiver
Puis tu appliques sur ta plume
Prêt à poser en bord de route
Raide comme un barreau
Un trait de fait divers

Nerveuse et sensuelle aussi
Femme douce mais abîmée
Teigne brune au teint grave
Ta gaieté ensorcelle
Les papiers bleus les gens assis
Les certificats imprimés
La tutelle en conclave
Et autres radicelles.

Dans les pans de ce rideau noir
La souris se débat en vain
L'appareil va passer
Ne la ménageant pas
De nouveau touchée sans espoir
Incertaine du lendemain
Elle se sent cassée
Mais ne se range pas

Les cernes bruns sont pleins d'amour
Le cœur usiné pour la vie
Impulse le présent
Oubliant les trous noirs
La bannière flotte toujours
Ne craignant point d'être asservie
A l'autre bien-pensant
Ou à son défouloir.

Tes mains défaites irritées
S'impatientent sur les écrits
Et tes ongles dorés
Pianotent sur mes yeux
Interrogeant mes vérités
Tous les clichés qui sont décrits
Et que j'ai adorés
Etaient moins audacieux

Mais ton regard s'accroche à moi
Tu es assise à ma rencontre
Et tes yeux imparfaits
Me prient de t'inviter
Aucune place pour l'émoi
Lorsqu'on travaille pour la montre
Pourtant tu as tout fait
Pour ne pas m'éviter

En un long rendez-vous tu viens
A partir d'une connivence
Un lot de phéromones
Détaché de nos cœurs
Traçant un impossible lien
Parallèle à nos réticences
Invisible neurone
Caressant et moqueur

En un long regard tu dis oui
Habillée de gestes entiers
Passionnant ta présence
En un charme soudain
Emu à partir d'aujourd'hui
Tout effrayé de ce sentier
Cheminant en silence
Entrant dans ton jardin

Parfumé de bleu et d'amer
Ton sourire est là qui me dit
Le désir et l'audace
Et m'invite à te suivre
Car dans tes yeux on voit la mer
Et aussi les détroits maudits
Mais tout n'est que préface
A l'orée de ton livre

Nous allons donc nous présenter
A l'écho de nos vibrations
Nous savons qu'il est l'heure
Et qu'entre chien et loup
Nous ne pourrons plus inventer
Des scénarii d'annulation
Seule ira la douleur
De nous aimer beaucoup.

            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, jmblan@voila.fr

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            Bambou

Entre les tubes ton regard fendu
Jette un rai de jade aigu et sournois
Celui d'un jeune serpent étendu
Caché dans la luxure qui le noie.

Or dans ce paradis touffu tu fus
L'iridium de ma naissance aux essences
De bois et de parfums bouillon infus
Aux couleurs de sombres luminescences.

Je n'ai donc envers toi que dépendance
Enfermé dans ma claie à claires-voies
Je ne peux que m'enfumer d'abondance
Epris de ta moiteur qui me dévoie.

J'attends ta langue au fil de ma sueur
Sabre qui s'aiguise au dos de mes sens
Je me déferai en vue de la peur
Ma mort surviendra dans l'odeur d'encens.

            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, jmblan@voila.fr

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            Noces de légumes

J'aimerais
Te connaître en robe
Rien qu'avec des boutons
Qui partiraient dans tous les sens.

T'aimerais
Que je te dérobe
Avec un air glouton
Tous les motifs de tes absences.

J'aimerais
Quand tu te dérobes
Ne pas faire le mouton
Te suivant jusqu'à ta naissance.

T"aimerais
Pas que je m'enrobe
En gobant des croûtons
A m'en faire éclater la panse.

C'est un monde meilleur qui nous réunirait,
Un monde sans boutons, sans croûtons et sans panses,
Un monde où nos deux vies n'auraient pas goût de rance,
Quelque chose de gai qui nous réussirait.

Aujourd'hui c'est demain, et demain c'est passé.
Assis devant la porte on regarde tracer
De plus jeunes que nous et qui ont effacé
Les traces de nos pas sur le carreau cassé.

            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, jmblan@voila.fr

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            Tableaux

En parallèle
De nouveaux mondes figés
Attendent qu'un regard leur donne dimension
Puis s'écartèlent
En un long viol infligé
Par des propos venus de longues dispersions.

Les commentaires
Dévoilant dans l'impudeur
Ce que les traits ni les couleurs n'ont jamais dit,
Mots lapidaires
Dépavant dans la douleur
Les chemins parcourus par les auteurs maudits.

Dans les salons
Lumières et crudités
Ameublissent les cadres et leurs contenus
Et les vallons
Chaumières et matités
Anoblissant les arbres se retrouvent nus.

Je n'aime pas
Que mes pensées échangées
Soient vendues aux enchères des sens dévoyés.
C'est un trépas
Sur trépied pour dérangés
Acheteurs fous de tout et toujours fourvoyés.

Sont étalés
Quartiers de métal vivant
Ces éléments secrets laminant l'univers
De mes allées,
De mes désirs ravivant
L'idée que tout se perd que je ne suis qu'envers.

La société
Pénétrant dans le jardin
Se moque du décor et propose le sien
A satiété
Se vautrant sur les rotins
Monologue en cadence et ignore le mien.

Et les tableaux
Attendent leurs invités
Les mondes parallèles sont toujours fermés
Et les corbeaux
Se contentent d'éviter
Ce labyrinthe étrange aux parois déformées.

L'exposition
Verra passer les troupeaux
Vision futées de mots, plein emploi signifiant
L'imposition
Des idées sur les cerveaux,
Laisse les créateurs dans leur blanc terrifiant.

            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, jmblan@voila.fr

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            74 - Danger

Le parcours incertain du voilier blanc
Porte en lui la vague crainte
D'une arrivée sur le sol
Ennemi gorgé de sang

Le brisant lui propose un cassé franc
Et le port une contrainte
Une entrave par le col
Et la perte de son rang

L'esquif est déjà vide de pensées
Quand un sort fauche le pont
Chacun est déjà parti
S'oublier dans quelque bar

L'on ne peut rien repêcher de sensé
Tout est lisse et de bon ton
Chacun en prend son parti
Et se terre quelque part

            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, jmblan@voila.fr

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            82 - Pas à pas

J'aimerais que vous me parliez
De l'autre
Juste une heure ou deux
En faisant l'amour
Avant ou après
On commencerait par se mentir
Puis on y viendrait
Pas à pas

J'aimerais que vous me déliez
De l'autre
Juste une heure ou deux
Le temps de s'aimer
Avant ou après
On aurait le temps d'en reparler
On se comprendrait
Pas à pas

J'aimerais que vous me disiez
De l'autre
Juste pour nous deux
Combien vous l'aimez
Avant ou après
Sans continuer à me mentir
Je vous aiderais
Pas à pas

J'aimerais que vous racontiez
De l'autre
Juste de vous deux
Comment vous l'aimez
Avant et après
Juste pour me dire comment c'est
Pour que j'entre en vous
Pas à pas

J'aimerais bien connaître un peu
De vous
Juste l'intérieur
Comment il s'éclaire
Avant et après
Juste pour savoir qui brille en vous
Lorsque je m'avance
Pas à pas

J'aimerais savoir si je suis
En vous
Juste à l'intérieur
Comment m'éclairer
De vos idées noires
Juste assez pour me parler de vous 
Pour me rassurer
Pas à pas

            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, jmblan@voila.fr

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            91 - Chanson de gestation

Juin de ronces
En bord de route
Et puis s'annonce
Une autre écoute
Un écho est venu prétendant tout changer
Et ma femme en tremblant embrasse le vitrail
Un long chemin commence et tout va s'arranger
En attendant demain l'entrée dans le travail

Juillet rassemble
Au fil des chants
D'amour je tremble
En m'attachant
Juillet ressemble à vous dans ses moissons orgiaques
En gerbes de plaisir la terre se féconde
Le jour ressemble à vous dans ses tons élégiaques
Dans l'herbe de désir ma chérie se fait ronde

Août envoûté
Zénith fiévreux
Milieu d'été
Je vis en creux
Un avion passe et la fleur s'éteint au soleil
La plage est brune et vous alanguie reposez
Les cris s'étouffent lorsque plus rien n'est pareil
La joie saine et l'air chaud où tout est exposé.

Septembre blanc
Vos seins cuivrés
Et votre flanc
Parfum poivré
Des plages délaissées où vous avez dormi
Aux cabanes d'aiguilles que vous aimez tant
Le monde sable et pins est toujours votre ami
Votre corps est cerné mais je vous aime tant

Retours d'octobre
En écureuil
Le temps est sobre
Pour un recueil
La terre joue des tours et défait la saison
Les pommes brillent sur les terrasses dodues 
Le corps lui joue des tours se fait une raison
Le visage s'infiltre et tend vers l'attendu

Novembre attend
Le monde entier
Elle s'étend
Sur le sentier
Cherchant l'humus et l'herbe en frissonnant d'envie
Terre froide et brumeuse et sœur de gestation
Frottant son corps au sol son ventre plein de vie
Faisant l'amour au globe en son incarnation

Décembre en robe
Et cape bleue
Sol se dérobe
Autant qu'il pleut
Appuyée sur mon bras elle se trouve mal
Aimée dans le désir et le pas chancelant
Elle veut m'apporter son fardeau prénatal
Partager avec moi cet état affolant

Janvier ensemble
Et sans chaleur
Le jour on tremble
Nuit de lenteur
Cherche un pâle rayon en songeant au printemps
Le ciel attend le soir du matin à midi
Et dans l'armoire au chaud on égrène le temps
Le cadran est celui de ton ventre arrondi

Février semble
Ultime élan
Tout se rassemble
En un bilan
L'hiver est long et plein d'amour qui ne sait plus
Le cœur s'est déplacé vers l'attente et l'envie
On était seuls et puis un jour on ne l'est plus
Les nuits s'enchaînent sur la naissance et la vie

            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, jmblan@voila.fr

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            Après-coup

Cervelle étroite
Je me balade entre les hémisphères
De ma mémoire perdue
De gauche à droite
Le temps s'est détaché de l'atmosphère
Tout soudain s'est distendu

Tête brûlée
Transpercée en deux nouvelles fenêtres
Contre ma claustrophobie
Le cœur fêlé
Ne palpitant plus se battant peut-être
Pour devenir amphibie

Je me repose
Après avoir reçu le dernier coup
Porté par mes vieux démons
Qui m'indisposent
Le vent passe en hurlant comme les loups
Galopant dans mes poumons

C'est différent
J'ai quitté ce parti du genre humain
Je flotte dans l'entre-deux
Indifférent
Je suis parti pour voir un lendemain
Sans savoir ce que je veux.

Je vois mon corps
Emporté dans une autre dimension
Par les pompiers qui s'affairent
Ça coule encore
Tout ça m'est égal je pars en mission
Comme en voyage d'affaires

Il se fait tard
Ma tête plombée tend à s'alourdir
Tout doit être disloqué
C'est un pétard
J'ai senti l'explosion à m'étourdir
A présent tout est bloqué.

J'ai du regret
Je ne savais pas que c'était fini
Alors que je ne vois rien
Que mon secret
S'éloignant dans un silence infini
Je n'appartiens plus à rien

L'ange est passé
Mais il ne m'a pas entendu mourir
Il ne s'est pas arrêté
Et mon passé
Ne lui a pas permis de découvrir
Qu'on aurait dû s'inquiéter.

Un monde heureux
M'attend quelque part dans un paradis
Je n'avais plus de raison
Ces gens peureux
M'effrayaient avec tous leurs interdits
Et leurs discours de saison

C'est leur folie
Qui m'a précipité dans le néant
Appuyé contre ce mur
Sens abolis
Liberté retrouvée le front béant
Au fond du couloir obscur.

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            Pluie

Goutte à goutte 
La rue se fend d'un tracé noir
Vers les bombardements
A l'écoute
Les yeux cernés des morts du soir
Ou à retardement

La pluie douce
A la recherche d'une fleur
Ou d'un signe de vie
Ou d'un pouce
Levé parmi tant de malheur
Quand on n'a plus envie

Coule au fond
Lambeaux d'existence arrachés
A la terre vieillie
Si profond
L'oubli des peuples détachés
Par des chefs en treillis

Des sillons
Ravinent les cœurs des enfants
Tels des pommes flétries
Portillons
Vers les mémoires se greffant
De leur chagrin pétris

Effaçant
Le chemin tendre et le jardin
La guerre a fait pousser
Menaçant
L'arbre calciné du destin
Pour s'en débarrasser

Tous nos pleurs
Ne peuvent rien contre la mort 
Et tout contre la vie
C'est la peur
Il faut accepter notre sort
Sans haine ni envie.

Goutte à goutte
La pluie douce
Coule au fond
Des sillons
Effaçant
Tous nos pleurs

Goutte à goutte
La pluie douce
Coule au fond
Des sillons
Effaçant
Tous nos pleurs

Goutte à goutte
La pluie douce
Coule au fond
Des sillons
Effaçant
Tous nos pleurs

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            Echo de femmes

Ingénue aux fils d'or
Et dans ses yeux perplexes
Une attente indécise
Et prière 
Sourire qui s'endort
Dans la teinte complexe
D'une adresse imprécise
Et entière 

Brune à l'instant passion
Regard de porcelaine
A l'émail indigo
Lavandé
Prête à la possession
En l'attente certaine
A un nouveau tango
Encordée

Long visage amaigri
Peau de flanelle usée
Les épaules menues
Implorant
Au fond du jour aigri
Passé désabusé
Brodé d'un fil ténu
En pleurant

Et ce long corps glissant
Tel un filament noir
Vestale du chagrin
Rémanent
Elans dépérissant
Du matin jusqu'au soir
Enfermés dans l'écrin
Abstinent

Penchée sur moi toujours
Souvenir du début
L'amour et l'évasion
Maternels
Accroché au pourtour
En tant que substitut
Du jour, et la notion
D'éternel

Commissures labiales
Affadies sous l'amour
Sous l'amer attristées
Exhibées
Les fissures nuptiales
Elargissant le cours
Des alarmes crispées
Imbibées

Ivresse des cheveux
Sylve des retrouvailles
Senteurs de fleurs collées
Au désir
Caresses des aveux
Et vœux de fiançailles
Cœurs prêts à convoler
A saisir

Perdu dans sa moiteur
Sous les stores rayés
Le temps lascif se passe
Sablier
Le teint mat les senteurs
Les parfums délayés
Les sens passifs se lassent
Oublier

D'où vient ma vieille amante
Sous le soleil fanée
En noir comme son ombre
En sommeil
Vêtue comme une infante
Le port enrubanné
Comme un bateau qui sombre
Au soleil

Corps percés de désir
Rabotant les écorces
L'écorce de ton coeur
Grignotée
Au fond de ce plaisir
Jetant toutes mes forces
Pour oublier ma peur
Picotée 

Le golfe de nos bras
Promenant nos amours
Berçant nos sentiments
Eternels
Quand le corps se fait gras
Estompant les contours
Tout devient aliment
Maternel

Dans l'éther qui murmure
Accolé à nos lèvres
Les refrains de l'amour
De saison
S'inscrivent les rainures
Comme un travail d'orfèvre
Comme un nouveau discours
Déraison 

Défilé d'émeraude
Les colliers de chaleur
Courant sur la peau nue
Et griffée
Des amants en maraude
Avivent la douleur
Des orgasmes ténus
Etouffés 

Poussettes de tendresse
Tout au bord du soleil
Le printemps revenu
Crayonnant
Chemisier de caresses
Emergeant au réveil 
Corolle mise à nu
Rayonnant 

Balbutiements fiévreux
Sur les troncs enroulés
Leur jeter des fléchettes
Sous serment
Et poser dans les creux
Des mots échevelés
Laisser des amulettes
Sentiments

Dans sa blondeur baissée
La vierge au manteau noir
Avocate habillée
De son cœur
Dans sa candeur blessée
Elle se laisse voir
Femme démaquillée
Sans couleurs

Comme une anse à l'envers
Dans une académie
Battements de paupières
Récitant 
Elle avance en travers
Entrechats de toupie
Entaille de guêpière
Débutant

Dans l'éclat du regard
Une lueur de meurtre
Infléchit les couleurs
De l'orage
Détaché du poignard
Une incision de feutre
Avive la douleur
Au visage

Sorti fiévreusement
Je poursuis dans la nuit
Le rêve de sa peau
Dénudée
Mais les amusements
Tout au long de l'ennui
L'accolent au troupeau
Débridé

En un charme vermeil
Comme une femme douce
Aux atours déployés
Sensuelle
Ondulant au soleil
Consommant sur le pouce
De mâles employés
Mutuelle

Eprise de boisson
La cigarette au bec
Plaintive et médusée
Evasion 
Lentement le poison
Imprègne ce cœur sec
Fini de s'amuser
Corrosion 

Et dans tes yeux luisants
Des éclairs de granit
Préludant à l'orage
Amoureux
Comme un revers cuisant
Teinture d'aconit
Sur des motifs de rage
Malheureux

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            Etouffée

Les soirs de l'été
La cour divague et les éclats de voix
Pianotent sur la vaisselle brisée
Unions trop fêtées
Ou vague à l'âme et ces sens que dévoient
Les vieilles relations qui font criser

Et les vieux enfants
Tout en pleurs refusant de s'endormir
Soustraits à la chaleur et aux veillées
Et les éléphants
Tout en fureur menaçant de sévir
Distraits de leurs femmes dépareillées

Les pauvres en couples
Dans la moiteur du lit se collent nus
A l'amour au présent fleur au fusil
Leurs corps restent souples
Et leur ardeur tout au long maintenue
Les conduit à rouler sur le grésil

L'avenir se fait
Tout au long de ce dénuement brûlant
Plaisir est de partager la laideur
Des crêpis défaits
Se tissent les affrontements hurlants
Après le viol de l'idée du bonheur.

Parfums de dîners
Et les poissons dans leur bocal d'amiante
Cages d'escaliers aux oiseaux sans nid
Partis pour chiner
La vie la mort et la plainte rampante
Sages de paliers au corps racorni

Rythmée par l'ennui
La vie se tend aux peurs et aux envies
Chaleur d'aimer et celle de mourir
Communion de nuit
Le cœur se rend au meurtre et au devis
Valeur ajoutée à redéfinir.

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            Ultime bonheur

Avant de vous défaire
De mon emprise
Acceptez d'être heureuse avec moi
Acceptez de vous taire
Obligez-vous à être soumise
En un partage inégal de nos émois

Avant de vous défaire de ce beau visage d'amour
N'ayez pas peur d'être surprise
Laissez libre l'effroi et posez-vous contre moi
Laissez aller vos doigts sur le pourtour
De cette joie qui vous brise
Délivrez-vous de ce plaisir qui atermoie

Avant de vous laisser aller
Du fait de l'usure inégale
Et de l'érosion de vos cœurs en galets gris
Laissez-vous parler
Eclairez-vous de l'intérieur et de vous soyez la vestale
Au pied de vos peurs sécrétées en manuscrit

Avant de partir
Demandez-moi de vous voir
De prêter attention à vous une dernière fois
Car je ne vous ai pas tenu compagnie sinon pour vous faire mourir
En vous laissant me regretter chaque soir
En vous accordant une indigne faveur parfois

Je voudrais à présent vous retenir
Revivre avec vous ce pourquoi je vous ai connue
Me souvenir de ce champ magnétique
Avec vous me dévêtir
De nos non-dits de nos mensonges et retrouver la ferveur ténue
Je voudrais retrouver votre aire climatique

Mais c'est moi qui vais vous quitter
Et votre visage est à présent défait
Par cette imminence
Car vous devrez vous acquitter
Du seul souvenir de mon ultime méfait
Et de mon absence.

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            Jazz

La nuit j'ai chaud et je prends mon masque en patience
Des yeux sertis d'amour s'allument dans le noir
De mes peines je laisse aller l'obsolescence
Je rêve d'un éther où jouerait chaque soir

Un être virtuel sans passé et sans corps
Juste une ombre un peu floue sans formes ni contours
Sous des palmiers ventés, devant un blanc décor
Où l'on verrait scintiller des cristaux d'amour

Dans les jardins fument des états langoureux 
Le ciel nocturne est bleu, d'un bleu particulier
Appuyé contre un arbre au torse vigoureux
Un Noir luisant souffle en un tempo régulier

Noir sur blanc est bien une autre mathématique
Nouveau calcul des sens, autre béatitude
Les notes de coton dans le soir magnifique
Allument les désirs d'infinie magnitude.

Le chant d'amour est vaste et si enveloppant
Ce ne sont pas des mots, juste une mélodie
Qui revient et insiste et tout en s'échappant
Laisse fondre en mon cœur sa fluide prosodie.

Les pierres du jardin sous les néons gazeux
Ceignent d'un cerne vert leurs blanches concrétions
Il y a trop de bulles, et je me sens vaseux
Le rêve a perdu ses ultimes sécrétions.


            Jean-Marc Blandin, janvier 2003, lfyhb@aol.com
            Auteur de deux ouvrages autoédités: "Emulsions", en 2001
            et "Quittances", en 2002, aux Editions du Paradis :
            http://www.ed.paradis.free.fr/paradis

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Corps

Ton corps est une steppe aux confins de l'Amour
Je marche sans faiblir de nuit comme de jour
Parfois j'allume un feu et les traces de cendre
Se dispersent au vent qui les fait redescendre
Sur mes yeux clos je sens ton regard attendri
Contourner les buissons les endroits rabougris
Lorsque le soir se lève une brume s'étend
Qui cerne les vallons où la rivière attend

Je suis un loup et je te parcours en tous sens
Je suis en bande et tu es mon arborescence
Embusqué je te guette en un silence blanc
Prêt à sonner le cor dans le creux de ton flanc
Mais quand la nuit constelle en petits feux blafards
Le fauve solitaire et dur a le cafard
Il redevient songeur et cherche un souvenir
Celui d'un mamelon qu'il a su raffermir

Dans ces régions de toi je ne vois qu'allégeance
Promesse d'abandon et ces lignes de chance
Des arbrisseaux lascifs humbles et frémissants
Se tournent vers le ciel cherchant d'autres croissants
Des duvets de velours ondulent sous la main
Et leur trame ombragée s'allonge vers demain
Mes doigts suivent des plis de lassitude heureuse
Et des gouttes de pluie sur la lande peureuse

Je te vois infinie et le bout de la terre
Ne peut être que vide et sans effet de serre
Au-delà de ton corps aucune vie possible
Et je m'agite encore en ton sein impassible
Pour mieux te découvrir te coller déchirer
Ta chair maigre et griffée et puis me retirer
Me couler près de toi pour enfin m'endormir
Lorsque vient à tes pieds le jour en devenir

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Sexe

Chaque fois qu'il me prend
Je regarde l'été
Et mes cheveux défaits
Brillants comme l'espoir
Je sens que je m'éprends
Et que la vanité
De mes anciens méfaits
S'atténue dans le soir

Le sablé de la plage inaccessible
Cerne ma nuit sous les platanes
Je sais que je n'y vais pas
Mais le pouvoir enivrant de ton corps
Et ta beauté impassible
Font ma dépendance, et je plane
Alors que tu me conduis pas à pas
Toujours vers le même accord

Aucune pensée ne me concerne
Car c'est mon tour
Dans ce creux je te retiens
Comme dans un piège
Quand se creusent mes cernes
Comme un fossé aux alentours
Dans ce créneau je me tiens
Où tu m'assièges

Je me laisse aller doucement
A la lueur argentée
De tes cheveux patients
Accrochés à mes fenêtres
Avec toi j'oublie mon tourment
Par ton regard aimantée
Et tous mes élans impatients
Accrochés à un seul être.

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Annonciation

Dans la soirée allongée
S'est invité le futur flottant
Tel un prince vénitien
Il danse masqué
Entre vous et moi
Conversation prolongée
Sur ce fil et puis mon cœur battant
C'est l'amour théoricien
Qui s'est décalqué
Entre l'autre et moi

La bombe explose il est trop tard
Je n'ai pu supporter le bruit
Dont les éclats sont faits de ma voix
Déchirant l'emballage
Du temps humanoïde
C'est Jésus changé en cafard
C'est pour une autre un autre fruit
C'est pour toi qui fais un autre choix
Détruisant l'attelage
Amours paranoïdes

Tout s'enroule autour des barbelés
Téléphone sans fil
Et renvoi au porteur
La mort par abandon
Se dressant en un monstre lacustre
Et je vois le monde écartelé
Un bonheur sans profil
Effacé ou menteur
S'éloignant sans pardon
Me laissant dans ma détresse illustre

Peu importent tes mots
Importés d'une autre vie
Etrange assentiment
Donné pour un vœu d'autrefois
La brume s'élève et je ne vous vois plus
La tristesse en démo
Se propose sans devis
Et sans engagement
Qui nous reprend l'amour parfois
Mais à présent de vous je ne voudrai plus.

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Splendeur des hommes

Les hommes s'accrochent à des arbres
Vermoulus, issus d'un âge
Qu'ils n'ont jamais connu.
Ils sont des feuilles
Qui finissent par tomber
Après avoir égayé de leur splendeur
La terre, seul témoin
De leur royauté

Pourtant ils n'ont point de sujets
Le plus souvent ils les détruisent
A moins que ceux-ci ne se cachent
Se faisant tout petits
Foisonnant près du sol,
Particuliers.
Ils diffusent
Attendant leur éradication.

Parfois ils vont à leur rencontre
Etonnés
Que des poussières d'âmes
Puissent avec finesse
Détailler les rythmes de leur vie
Mais ils les trouvent mécaniques
Et leur pensée égratignée
S'en défait vite

Mais leurs colonies les fascinent
Ils y voient leur devenir
Eux qui meurent seuls
Pour être dispersés
Par ces particules
Ils en suivent les processions
Les invasions les fixations parfois
Eux qui sont divisés mais entiers

L'arbre se répand sur la terre
Et se nourrit de la croûte
Comme un rongeur
Le tapis de feuilles
Se mêle à l'humus
Des autres espèces
Apportant ses mémoires
Et ses parfums

L'arbre resplendit
Couvert de dorures sanglantes
De floraisons sacrées
Ou d'effets de lumière
Brûlant parfois de haine
Ou bien humide et froid
Tremblant de se défaire
Lorsque la vie devient caduque

Mais les feuillets persistent
Racontant l'émotion
C'est la splendeur des hommes
De s'inviter au souvenir
Et de pleurer sur sa beauté
Ou bien sur ses amours
Encadrés par l'adieu
Et par le viol de leurs nervures.

Jean-Marc Blandin, novembre2003, lfyhb@aol.com

Ces quatre poèmes sont extraits d'un troisième livre qui s'appelle "PHALLOIDES", aux Editions du Paradis, à 31700 Cornebarrieu.

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Deux pièces

La maison est scindée en deux,
Labyrinthe où l'on ne saurait
Trouver d'issue à ce combat
Perdu d'avance
Les visages soudain hideux
Suggèrent que chacun pourrait
Se détourner de ce débat
Conclu d'avance

Une vie à double foyer
Verres de trop sans correction
Coups de canif égratignures
On n'ose point
Chacun a peur de se noyer
Dans l'autre et son plein d'émotion
Mais toujours s'ouvre la blessure
Brûlant pourpoint

Dans la pièce aux fenêtres vives
Celles de la nuit numérique
Les diodes veillent sur le noir
Et les lanternes
Le clavier choisit je dérive
Comme un marin vers l'Amérique
Je cherche à tromper mon espoir
Et je me berne

Je pense à elle au bout du monde
Dans la maison dans l'autre espace
La chambre aux rideaux confortables
Nouée de blanc
J'ai envie de faire une ronde
La voir dormir dans notre place
Oublier la fin improbable
Contre son flanc.

Jean-Marc Blandin, jmblan@voila.fr

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Trois poèmes de Jean-Marc Blandin extraits de "CURSEURS", un 4ème livre à compte d'auteur, aux Editions du Paradis, sorti en mars 2005.

Loopings

Je fais des loopings
Dans un ciel éthéré
Je me fais des figures
L'amour est au plus bas
Je m'envoie en l'air
Tout contre vous ma Dame
Envers du raisonnable
J'envole ma folie

Je fais des meetings
Aériens atterré
Par ma vie insécure
Je vous vois toute en bas
Résille et de pair
Mais délaissée ma Dame
Au-delà du probable
Et des larmes polies

Mes vies découpées
Dans les sagas du sort
Suscitent les rancoeurs
Derrière les nuages
Multiples gamètes
Changement de sujet
Que suis-je devenu
Sinon un diablotin

Je fais des loupés
Voulant frôler la mort
A vitesse de cœur
Sans souci d'emballage
Jouet ou comète
Dépourvu de projet
Trajectoire inconnue
J'efface mon destin…

Jean-Marc Blandin, jmblan@voila.fr

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Le banc

Je voudrais hanter notre maison
Pendant des années ou plus
Après mon départ
Loin de vous ou tout proche
Vous laisser ma présence
En mon absence

Que vous vous sentiez veuve
Et non point délaissée
Et qu'il vous soit doux
De me revoir parfois
Plus étrange qu'autrefois
Mais tout aussi aimant

Je voudrais hanter chaque saison
Pendant vos journées ou plus
Malgré les remparts
Edifiés sur la roche
En vue de mon absence
En ma présence

Que vous vous sentiez neuve
Et non point trop blessée
Et qu'il nous soit doux
De nous asseoir parfois
Sur le vieux banc d'autrefois
Comme de vieux amants.

Jean-Marc Blandin, jmblan@voila.fr

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Trois poèmes de Jean-Marc blandin

Parquets

Les bois domestiqués arpentent le sol
De leur pas vernissé
Uniforme et policé
Laissant miroiter l'habitant
Le nouveau locataire
Ils ont à chuchoter l'histoire
Celle de ce libraire disparu
Et de sa veuve argentée

Les lames claires
Fuient vers le fond
Des longues pièces sonores
Aux plâtres compliqués
Et le salon à balconnets
En fer dentelé
Rit à gorge déployée
En surplomb du boulevard

Je vous ai donné rendez-vous
Sur plan
Devant des cases vides
Où tout est à inventer
A compléter au crayon indélébile
Un album en couleurs
Pour que grandissent
Nos rêveries oubliées

Il faudra bien
Des voilages flous
De vaporeux tissus ou de lourdes tentures
Et des cubes glacés
Car dans cet accord en duplex
La cuisine laide
Est pleine de promesses
L'amour n'est pas fait de raisons

A présent l'on nous attend
Dans des volutes anciennes
En vue de nous charmer
Et nous élever
Jusqu'à l'âge d'être ensemble
Après nous être détachés
De ces attractions amères
D'avant notre naissance.

 

Bronze et bois

Aujourd'hui je ressemble à un cocktail
Tropical, un meuble en acajou
En teck ou en autre bois
Exotique et odorant
Ma peau vernie sécrète la moiteur
Insondable de mes pensées
Celles-ci font des plis
Certains très profonds

La chaleur brassée par un éventail
Etendu tel un vieux sapajou
Sédaté comme parfois
Après trop de carburant
Je reste abîmé dans mille senteurs
Avec des idées insensées
Sur mon corps assoupli
Par le jour qui fond.

Je me confonds avec le temps qui fuit
Alangui dans ma teinte cuivrée
Mais le masque fatigué
S'est creusé soudain vieilli
La cire a fondu le jour se fait gris
Comme un orage du passé
Et l'heure mécanique
Ne croit plus en rien

Je vois la peur dans mon regard qui luit
Ma vie est devenue désœuvrée
Et ce champ mal irrigué
Plus jamais n'a tressailli
Ainsi dépouillé je me suis épris
D'un paysage dépassé
Autrefois magnifique
Mais réduit à rien.

 

Zénith

Midi au soleil
Portes ouvertes
Pause déjeuner
Les rues s'emplissent puis se vident
La scène et ses rémanences
Ne sont plus à personne
Seul l'air impalpable des émotions enfuies
Se dilate encore

De petits lézards
Suivent les filets d'eau
De petits serpentins de paille
Suivent les pas éblouis
Sous les pattes des fourmis sombres
Et très haut sous la coupole
Approchant du zénith
On dirait la pensée de l'éclair

Midi c'est l'éveil
Des herbes vertes
L'heure de flâner
Les yeux se plissent puis se rident
En recherchant l'imminence
D'un appel qui résonne
Dans l'air impalpable du temps qui tombe en pluie
Brûlant sur le corps

De petits hasards
Sur de petits radeaux
Traversent l'heure qui tressaille
A l'instant évanouis
Sur la route il n'y a pas d'ombre
Rien qu'une ligne frivole
Approchant du zénith
Jusqu'à se fondre avec le ciel clair

Jean-Marc Blandin, jmblan@voila.fr

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