Poésie5
Bienvenue
aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette cinquième page de poésie !
Leur plaisir continue ici :
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J'écris
Ali Akkache, 1997. |
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Qui êtes-vous Ali Akkache?
Je suis un
poète Américano-Algérien d'expression berbère (tamazight) et francaise.
Le berbère est la plus ancienne langue de l'Afrique du nord. |
J'ECRIS
J'écris ceux qui disent
Plutôt se briser que ployer
J'écris ceux qui sculptent le verbe
Comme une flamme
J'écris l'épreuve qu'ils dépassent
En récitant des poèmes
J'écris le moment venu
Ils confondaient se briser et ployer
J'écris leur combat
Ils lançaient des pierres sur une montagne
J'écris leur esprit
Qui glissait hors des boîtes crâniennes ?
J'écris leur surdité
Au silence des silencieux
J'écris leur vol
Qu'ils croyaient sans limite
J'écris les jours qu'ils brûlaient
Le vent les disperse en flammèches
J'écris leur rupture
A-t-elle un début ?
J'écris se briser pour se briser
Qui n'est pas rupture
J'écris le baiser d'une main puissante
Qui n'est pas soumission
J'écris l'esprit éclaire
Qui saisit le sens du poème
J'écris, J'écris …Ali Akkache/1987. assefru@aol.com
DA LMULUD (Hommage à L'écrivain)
La nouvelle de ta mort
M'a fait oublier mon mal
Ma langue s'est enroulée
Sur le silence laissé par ta mort
Souviens-toi ma mémoire
Le Cœur de l'écriture s'est arrêté
Le soleil s'est éteint
En plein jour
L'eau tombait sur le feu
Le froid nous attrapait
La lumière qui éclairait jadis
L'obscurité l'étranglait
Le pilier de la science est arraché
Par le vent de la mort qui soufflait
Qui sera notre clef ?
Comment rouvrir la porte de l'écriture ?
Si on oublie la tragédie de cette année
On n'est que des vauriens
Toi route d'AIN DEFLA
J'éviterai de marcher sur toi
Ô route d'AIN DEFLA
Si j'étais une pierre je me lancerai sur toi
Oh route d'AIN DEFLA
Tu nous as coupé le foie
Si tu es vraiment un chemin
Tu ne sortiras pas des chemins
Si tu n'as pas détruit le contenant
L'eau ne coulera pas
Tu nous as laissé pleurer
En nous rendant orphelins de nos racines
Le chacal hurlera sur toi
Tu n'entendras plus le chant des oiseaux
L'eau déviera vers toi
Les vagues t'inonderont
Puisque tu as pris DA LMULUD pour sacrifice
La rivière de CHLEF te dévorera
Malgré la mort qui l'a kidnappé
Ses écrits restent comme une source
Dont l'eau nous lavera
Pour que nos connaissances soient propres
Et que la paralysie déprenne notre cerveau
Il reconnaîtra le bon grain de l'ivraie.
Le 28 février 89
le Djurdjura vivait une tension
Ils étaient jeunes et vieux
A se rendre à l'enterrement
Pour la tombe
Pas de jeu
Même s'il laissait TAMAZIGHTH
Ne marchait pas encore sur ses pieds
En ce jour on a dévoré le feu
Il se rallume en nous
Tous les chemins ce jour là
Mènent chez les AIT YANNIS
Certains par voitures d'autres à pieds
A TAOURIRT ils se sont tous rencontrés
Quant aux portes de TIZI
Par le deuil elles sont fermées
Son corps n'est pas enterré
Mais on l'a planté
Il donnera les racines
Qui tiendront la terre AMAZIGH
Que les inondations ne l'emportent pas
Grâce à elle on existe et grâce à nous elle existe
Je jure par si MUHAND
Qui a juré de se briser plutôt que de ployer
Je jure par CIX MOHAND
Qui sculpte le verbe comme une flamme
Que la langue pour la quelle, tu combattais
SERA ECRITE, SERA ECRITE, SERA ECRITE...
Ali Akkache/Algiers/1990. assefru@aol.comVIGILE
Vigile de nuit
Les rats me tiennent compagnie
Vigile de nuit
Il n'y a que l'obscurité
Vigile de nuit
Juste moi et le fusil
Vigile de nuit
Les gens dormaient
Vigile de nuit
Pas de dîner
Vigile de nuit
L'obligation me tenait
Vigile de nuit
Mon tour est venu
Vigile de nuit
Comme les autres
Vigile de nuit
Jusqu'au lever du jour
Vigile de nuit
Sans savoir pourquoi
Pourquoi je veille sur la nuit ?
A-t-elle besoin d'un vigile?
Pourquoi je veille sur la nuit ?
A-t-elle peur du jour?
Pourquoi je veille sur la nuit ?
A-t-elle peur de l'obscurité?
La nuit s'en sort toute seule
Elle partira comme elle est venue
La nuit peut se débrouiller toute seule
Avec ou sans moi
LA nuit est habituée
Le calme et la violence, elle les connaît
Moi habitant du jour
La nuit ne m'appartient pas
MOI qui suis tombé dans l'obscurité
C'était malgré moi
Sur quoi veillé-je?
Sur la nuit ou sur ma personne
Vigile de nuit
Ou celui de l'homme?
Sur quoi veillé-je ?
Sur la nuit ou ma personne?
Ali Akkache/1994. assefru@aol.comPARIS
Paris n'est pas la ville des cartes postales
Paris n'est pas les Champs elysées, la tour Eiffel
Paris c'est le travailleur
Du boulevard Barbes.
Paris c'est le chemin
De celui qui a laissé ses enfants
Paris c'est la rouille
Qui séparait les cœurs
Paris n'est pas la ville des cartes postales
Paris n'est pas les Champs elysées, la tour Eiffel
Paris c'est la force du travail immigré
Paris c'est la sueur de l'Africain
Qui est exploité
Paris c'est la bourgeoisie
Et son ventre qui avalait
Paris n'est pas la ville des cartes postales
Paris n'est pas les Champs elysées, la tour Eiffel
Paris c'est le bistro
Qui a bu la jeunesse des immigrés
Paris c'est le métro
Qui les tire comme des muets
Paris c'est l'usine
Qui absorbe la force du travail
Paris n'est pas la ville des cartes postales
Paris n'est pas les Champs elysées, la tour Eiffel
Paris n'a pas de cœur
Elle mène le travailleur comme un âne
Paris est piquante comme un piment
Paris a fait du mal à l'homme
Par le racisme
Les balles le visent comme un lapin
Paris n'est pas la ville des cartes postales
Paris n'est pas les Champs elysées et la tour Eiffel
C'est le sang coulé
Qui a lavé paris
C'est la sueur des immigrés
Qui a fait monter Paris
Qu'est ce qui reste à Paris
C'est le racisme envers les étrangers
Ce qui reste à paris
C'est la peine de le Pen.
Ali Akkache/Alger/1987. assefru@aol.comL'OISILLON
Tu t'es envolé de ton nid
Certain d'en trouver un autre
Tes ailes sont fragiles
Tu n'es pas encore capable de voler
Sans penser à ta descente
En traversant la mer
La forêt devient orpheline de ton chant
On n'entend que le chant de la cigale
En plein été tu partais
Le soleil montait à la tête
Tu prenais la brise avec tes ailes
La chaleur nous a étouffés
Tu as suivi les oiseaux envolés
En croyant qu'ils chantaient comme toi
Sont-ils carnivores?
Ou c'est leur viande qu'on mange
J'ai peur qu'ils auront faim
Ils te mangeront pour le dîner
Tu pénètres la jungle
Sans penser où tu te poses
Le piège est tendu
Tu t'es posé dessus
Quand il t'a attrapé
Tu n'as pas pu te sauver
C'est la brise d'été
La cage t'a caressé
C'est la brise d'été
Aux épreuves tu as goûté
C'est la brise d'été
Avec le fer tu t'es bagarré
J'ai pitié de ta jeunesse
Que tu as sacrifiée
Tes ailes ne méritaient pas
Que la corde les lie
J'ai senti ta douleur
En souffrant à l'intérieur
Ton vol
N'a pas de début
Ton vol
Est d'aventure
Ton vol
Qui l'expliquera ?
Qui sait ce que tu as suivi ?
On t'envolant à la sauvette
C'est ta liberté ou ton gagne pain
Qui sait pourquoi tu t'es envolé
En traversant l'océan
C'est le tourisme ou l'exil
Peut-être que tu as vécu étranger
Dans le nid où tu habitais
Alors tu voulais le quitter
Ton vol m'a emporté
Moi aussi j'ai volé de mes ailes
J'ai quitté la jungle
Où on coupe la langue aux oiseaux
Pour qu'ils ne chantent plus avec leur langue
J'ai quitté la jungle
Où l'un place les pièges, l'autre guette
Moi je n'ai ni piégé ni guetté
J'ai quitté la jungle
Où les chasseurs guettent
Je ne peux pas supporter leurs crimes
J'ai quitté la jungle
Ou survolent les aigles
Je ne serai pas la viande de leurs sauces
Un jour viendra
La cage sera rouillée
Elle tombera en morceaux
Un jour viendra
Le piège se fermera
Et n'attrapera rien
Un jour viendra
La poudre sera mouillée
Et n'explosera plus
Un jour viendra
Tu reviendras dans ton nid
Tu feras du bruit avec tes ailes
Un jour viendra
Tes ailes se libéreront
Tu t'envoleras dans le ciel
Un jour viendra
Tu voleras en te poussant
Sur les branches de l'olivier
Un jour viendra
L'automne reviendra
Tu goûteras aux figues
Un jour viendra
Tu feras la fête avec ton chant
Du sommeil tu me réveilleras
IL VIENDRA CE JOUR!
IL VIENDRA CE JOUR!
IL VIENDRA CE JOUR!
Ali Akkache/1990. assefru@aol.comTAMURT (LE PAYS)
Tu ne m'as rien laissé
Moi qui t'ai donné tout mon cœur
J'ai bu tes colères
Jour et nuit souillé
J'ai porté tes épreuves sur mon dos
Jusqu'à n'en plus supporter le fardeau
Aujourd'hui je divorce avec toi
puisque tu me reconnais pas
Aujourd'hui je divorce avec toi
Moi qui ne peux me passer de toi
Aujourd'hui je divorce avec toi
contraint et forcé
Je me sépare de toi
La séparation de l'homme avec la femme
Je me sépare de toi
La séparation du fils avec ses parents
Je me sépare de toi
La séparation des frères
Je me sépare de toi
La séparation du déracinement
Si aujourd'hui je me sépare de toi
Toi depuis longtemps tu t'es séparé de moi
Depuis qu'on t'a confisqué ! J'ai vécu en toi étranger
On t'a confisqué comme une mariée
Dont les noces n'ont pas eu lieu
Ta confiscation d'hier
Nous confisque nos aujourd'hui
Sur ta terre je suis né
Sur ta terre j'ai joué
Sur ta terre j'ai rigolé
Sur ta terre j'ai pleuré
Sur ta terre je suis retombé
Sur ta terre j'ai espéré desésperé
Sur ta terre j'ai aimé détesté
Combien j'ai contemplé
Tes richesses qui passaient devant moi
Combien de châteaux, construits sur ton sol
Je ne les voyais que de loin
Tu es l'espace ! Et tu n'as pas de place pour moi
Quelles miettes m'as-tu laissées?
La famine et la violence.
La mort rôde sur le seuil
Elle kidnappe, ce n'est pas un jeu
Tous les jours c'est l'ouverture des tombes
Les tombes sont sans nombre
On vit l'époque des crimes
Le sang aux larmes se mélange
On n'entend que les cris des alarmes
Accouchant des orphelins
La violence à nous s'enlace
Comment s'en dégager ?
Un jour viendra où
Les aïeux se lèveront de leurs tombes
Pour te culpabiliser sur les enfants
Que tu n'as pas reconnus
Il viendra le jour où
Ceux qui t'ont confisqué, seront jugés par l'assemblée
Un jour viendra où
Les voix égorgées,
Témoigneront sur les mains qui les ont lacérées
Un jour viendra où
La lumière vaincra l'obscurité
Un jour viendra où
De la séparation naîtra la rencontre
Un jour viendra où
Tu me reconnaîtras et je te reconnaîtrai.
Ali Akkache/1996. assefru@aol.comLA LUMIERE
J'ai allumé une bougie
En pleine nuit
La bougie a fondu
Est devenu liquide
L'obscurité noire
Est tombée comme une couverture
La nuit est longue
La bougie a fondu
La nuit est longue
La lumière s'est éteinte
La nuit est longue
Ce n'est pas une histoire
J'ai cherché la lumière
Sur les genoux de l'obscurité
J'ai cherché la lumière
Jour et nuit
J'ai cherché la lumière
Plus d'une année
Je l'ai cherchée
En plein jour
Je l'ai cherchée
A la clarté de la lune
Je l'ai cherchée
Où elle se pouvait trouver
Je suivais des yeux
Les seuils des portes
Peut-être que la lumière
Viendra de ces endroits
Je suivais des yeux
Les seuils des portes
Peut être que la lumière
Brillera de là-bas
La lumière ne s'est pas montrée
La porte est fermée
L'attente a trop duré
Je n'ai plus d'espoir
J'ai vécu comme l'aveugle
Qui s'avance dans le vide
Pourquoi la lumière a disparu ?
Est-ce qu'on l'a volée ?
Pourquoi la lumière a disparu ?
Est-ce qu'on l'a kidnappée ?
Pourquoi la lumière a disparu ?
Est-ce qu'on l'a exterminée ?
L'obscurité enfantait la peur
Qui sait ce qu'elle nous apporte ?
L'obscurité fait tomber la peur
On ne sait jusqu'à quand
L'obscurité fait trembler
Qui sait où elle mène ?
Comment sortir vers la lumière ?
Si on ne l'a pas en soi même
Comment trouver la lumière ?
En l'a cherchant dans l'obscurité
Comment trouver la lumière ?
Sans faire lever le jour
Qui vit dans le noir ?
C'est le rat de l'obscurité
Qui habite dans l'obscurité ?
C'est celui qui joue aux combines
Comment vous vous taisez ?
La lumière a quitté le jour
Où est votre cœur?
Qui laisse l'obscurité régner
Moi je ne vous suivrai pas
La lumière je la chercherai
Moi je ne viendrai pas avec vous
L'obscurité a trop longtemps duré
Ali Akkache/1997. assefru@aol.com