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Poésie4

    Bienvenue aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette quatrième page de poésie !
Leur plaisir continue ici :

Index:
(Cliquez sur votre sélection)

La lettre France Fôte, octobre 2002.
Un long voyage
Marie-Jo83, octobre 2002.
Amour virtuel
Manon Pira, octobre 2002.
Vers toi Nicole83, octobre 1991.
D'aurores en crépuscules Nicole83, 19 janvier 2001.
Le refrain Nicole83, 17 février 2001.
Occident via l'orient Nicole83, 18 mai 2002.
Les larmes de cristal Nicole83, 29 mai 2002.
L'envol Nicole83, 20 octobre 2002.
L'oliveraie Nicole83, octobre 2002.
L'inconnue Pierre Clérico, décembre 1992.
Feuille d'automne France Fôte, novembre 2002.
Le renouveau est éphémère Niya, novembre 2002.
La nature France Fôte, décembre 2002.
Le silence France Fôte, avril 2003.
J'assume... France Fôte, août 2003.

De ma fenêtre France Fôte, octobre 2004.
Rendez-vous France Fôte, octobre 2005.
L'ombre du silence France Fôte, mai 2006.

        

Bienvenue et merci  à Manon Pira et à son "Amour virtuel", à Marie-Jo83 pour "Un long voyage" , à France Fôte pour sa "lettre" sans "fôtes", mais si nostalgique...!  :o), à Nicole83 pour ses poèmes impromptus et à Pierre Clérico pour sa belle inconnue!

 


            La lettre

Des mots vagues, épars, jetés sur le papier, se rassemblant posément en des phrases suaves ou parfois démesurées. Dans un contexte d'amour, les mots griffonnés se glissent un à un sur la douce page parfumée d'un arôme sans frontières.

La page blanche se prolonge de mots tout à fait logiques décrivant au passage de la tristesse, de la joie, de l'amertume, de l'ennui et parfois même une grande peine contenue depuis si longtemps. Les mots sont le reflet de l'âme. Le cœur fragile complète cet aspect de fruits sauvages dont la saveur ne peut que divulguer des émotions à l'être aimé.

La plume insatiable glisse dans une caresse sur la peau moite du papier. Elle le dessine fébrilement en humant la chaleur de la respiration de l'autre. Les larmes amères se réfugiant sur la feuille colorée d'images, demeurent à jamais effacées, perdues dans l'oubli du mal de l'autre.

La lettre passionnée se perd dans le tumulte du voyage. Elle parcourt divers pays à la découverte d'une main pour la saisir et la retenir. Elle se laisse frapper sourdement sous le timbre de la poste, attendant sagement qu'on la conduise à son lieu de rendez-vous. La solitude du voyage à travers les nuages la rend perplexe. Le soleil protecteur l'accompagne tout au long de son périple. Que de visages, elles croisent! Tous la regardent d'un œil averti, la dépose sur la table de travail tantôt d'un geste brusque, tantôt d'un geste las, dans un endroit où là elle repartira vers une autre destination.

Que d'émotions, croyant toujours arrivée à son but.! Mais non, elle se dirige vers de nouveaux horizons. Qu'il est long le chemin de la délivrance. Sa joie d'être lue est à son paroxysme! Elle émane de son cœur en surpassant toutes les rêveries du monde. Percevoir l'immense joie dans les yeux de l'être aimé lors de la lecture de ce message d'amour! La course dans le ciel s'oubliera vite lorsqu'elle sentira sur son corps velouté, les mains de l'être cher à son cœur!

La lettre frémit dans la pénombre du sac postal. Elle se croit perdue car rien ne bouge depuis bien longtemps. Le temps lui paraît long, si long. Quand tout à coup, elle se sent soulever et lancer vers une nouvelle destination. Une chaleur intense l'envahie, croyant être arrivée. Mais non, elle s'envole, ailleurs, survolant son chemin de croisière. La route est longue, ses amies les lettres l'ont quittée, elle se retrouve avec d'autres amies, car on l'a déposée dans un autre sac postal, changement de direction.

La destination prévue n'était pas la bonne! La lettre d'amour passionnée a fait le tour du monde pour se retrouver au point de départ, l'adresse n'était pas inscrite correctement! Que de détresse ! Des mois de course effrénée, perdue avec elle-même, se sentant souillée par toutes ces mains qui l'ont possédées quelques secondes, des taches brunâtres couvrent sa peau velouté, elle se sent salie, moins fraîche et dispose qu'à son départ.

Son rêve fantastique vient de se terminer. Elle ne peut plus repartir, c'est trop tard, la date est dépassée, l'être aimé a quitté son foyer provisoire vers un autre pays inconnu!…

France Fôte, octobre 2002.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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                      Un long voyage  

Enfin tu es revenu
De ton long voyage
Que tu as fait dans l'inconnu
Pour ausculter les nuages.

Je ne pouvais le croire
Qu'après tant d'années d'amitié
On ne pourrait se revoir,
Que le fil d'argent serait brisé.

Ne sens tu pas que je t'aime?
Que j'ai besoin de toucher ta main
Pour que dans mon coeur tu sèmes
Des graines pour écrire demain.

Pour que la source coule,
Il me faut ton regard.
Que les vers, les rimes découlent
De mon coeur, le matin et le soir.

J'ai souffert de ton absence,
De ton départ vers d'autres rives.
Aurais-je été coupable d'une offense?
Pardonne, de ton amour ne me prive!

Quelle joie de te revoir
Après tant de jours d'attente.
Merçi d'avoir délivré ce soir
Mon coeur de la tourmente.

            Marie-Jo83, octobre 2002.
marie-jose.rollant@libertysurf.fr 

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            Amour virtuel

Ô mon amour virtuel,
Je ne te vois pas.
Ta présence je ne sens pas.
Notre relation n'est pas vraiment réelle.

Pourtant je t'aime,
Que tu sois en face de moi
Ou bien dans des contrées lointaines.
Mon amour se fiche de ça!

Je t'aime d'un amour fort,
Cet amour pour qui le physique ne compte pas.
Dès que j'entends ta voix
Mon cœur bat plus fort.

Mais serai-je déçue, qui sait?
Quand pour la première fois
Ton visage je verrai,
Ou bien est-ce toi

Qui, quand tu me verras,
Arrêteras ton amour pour moi?
Je le sais, les amours virtuelles
Peuvent être cruelles.

Mais je me fiche de ça!
L'espoir coule dans mon cœur
Et je pense à cette heure 
Où l'on se rencontrera...

            Manon Pira, octobre 2002. manonpira@libertysurf.fr 

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            Vers toi
             (A la Bretagne)

Terre de mystère, terre de lumière,
Poignant fragment d'un pays solitaire,
Terre salvatrice, terre bienheureuse
Où l'inconnu, malgré lui, s'abandonne.

Mer coléreuse, volontaire, émouvante,
Fraîcheurs et senteurs océanes enivrantes,
Immense miroir où le ciel se reflète,
Où l'inconnu, malgré lui, s'émerveille.

Rochers ahuris, menaçants, inquiétants,
Témoins silencieux du voilier qui s'écrase,
Baie craquelée, antre gloutonne et profonde
Où le marin, malgré lui, se perdra.

Esprit de lumière, regard vers l'infini
Cherchant sans cesse la présence divine
Vivifiante émotion spirituelle
Où l'âme a trouvé la foi éternelle.

            Nicole83, Octobre 1991.

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            D'aurores en crépuscules

D'aurores en crépuscules, je vis en mouvement,
Des aurores cruelles qui ont changé, pourtant.
Des crépuscules tendres au couleurs orangées,
Demandant chaque jour pourquoi j'ai tant pleuré.

Nos coeurs meurtris par ceux qui nous ont oubliés,
Nos yeux perdus au loin qui semblent les chercher,
Nos mots mélancoliques qui repoussent l'espoir,
Mais l'étoile surgit et brille dans le noir.

L'on désire vraiment le repos, ardemment.
Si l'on n'a pas gagné, il nous reste les ans,
Les ans pour acquérir le silence apaisant,
Les ans pour apprécier cette vie qui surprend.

Le calme autour de moi est baume confortant.
La bruyance me nuit, un peu comme l'enfant
Qui a perdu sa mère au pied d'un carrousel,
Un peu comme l'oiseau que l'on prive du ciel.

Ma plume s'est réjouie de vos belles pensées,
Elles présentent en elles deux, trois brins d'amitié,
Et mon inspiration va, tel un remerciement.
Ce soir, mon crépuscule tiendra l'infiniment...

            Nicole83, 19 janvier 2001.

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            Le refrain
             (A ma mère)

Si je pouvais, comme l'hiver, préparer le printemps...
Après un long sommeil, un réveil éclatant,
Les arbres vont fleurir, se parer de couleurs,
Et les prés reverdir, pousser avec ardeur.

Et nos petits ruisseaux égayeront les sous-bois,
Il y chantonnera des refrains d'autrefois.
La tendre violette sera tapie, cachée,
Je la regarderai pousser avec humilité.

Si j'étais une fleur, je serais la violette
Et si vous la cueillez, elle fera la tête.
Ne la dérangez pas et laissez la tranquille,
Je la comparerai à cette jeune fille.

Cette fille d'antan qui courait dans les champs,
Des champs gorgés de pluie pour inviter au temps.
La nature est fidèle, elle ne triche pas,
Elle s'impose à nous et l'honore pour ça.

Mes souvenirs heureux remontent du passé,
Des moments reposants, mais qui ont peu duré.
Je revois bien ma mère descendre l'escalier,
En grande discussion avec notre laitier.

Lorsqu'elle revenait, ses yeux bleus pétillaient.
Si j'avais pu lui dire combien je l'admirais!
J'ai ramassé pour elle des milliers de bouquets,
Mais elle était "partie", elle m'avait quittée.

J'ai compris, aujourd'hui, qu'elle m'aimait vraiment,
Je ressemble à ma mère, cette fille d'antan...
Je la revois valser, Elle-même chantait,
Me grondait gentiment, je lui écrasais les pieds!

Mes souvenirs heureux sont pour ma tendre mère.
Ses yeux se sont fermés, elle a perdu la guerre.
J'honore la violette, ce n'est pas le hasard,
L'amour je le cueillais en ces tendres fleurettes...

Ce refrain je l'entends et ne peux l'oublier
Et bien d'autres encore; je nous revois danser.
Ma mère était coquette comme la violette,
Le satin, ses chapeaux garnis de leurs voilettes.

            Nicole83, 17 février 2001.

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            Occident via l'orient

Nous rêvons tous d'ailleurs, comment faire autrement?
En étant enfermés dans nos vies de "carcan",
L'on oublie l'essentiel: se poser calmement
Et se mettre en veilleuse, le vouloir ardemment.

On ressent la douleur au plus profond de nous.
Si on creuse un peu trop, on devient un peu "fou".
J'aime cette "folie", jardin inexploré,
Artiste méconnu, richesse exacerbée...

Nos papillons sont bleus, les couleurs orangées;
Une vie de vivants, vivant et souriant.
Voir le soleil levant, puis l'admirer glisser
Pour teindre l'océan, le soir à son coucher.

Les filles de là-bas, les filles aux yeux bridés,
Le corps en harmonie, peut-on se ressembler?
Ne pas faire l'erreur, rester tel que l'on est.
Toutes nos différences. Faut-il un peu s'aimer...?

Je brûle de l'encens, m'endors à l'occident.
De rives en rivages, je m'éveille à l'orient!
Je n'y suis pas allée, j'en ai souvent rêvé...
Sur les plages, là-bas, j'y ai virevolté!

Au loin dans ce pays, j'ai ramassé du riz,
Je suis la pauvreté, je la côtoie ici...
La pauvreté de l'âme nous tue à petit feu,
Mais si l'on a compris, on a gagné au jeu.

            Nicole83, 18 mai 2002.

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            Les larmes de cristal
             (A Gourdon)

La pluie cristalline d'inimitables rondes,
Les rivières explosent et le tonnerre gronde.
Des éclairs zèbrent le ciel de fins colliers d'argent,
Les cloches nous appellent un peu plus sourdement.

Des gouttières s'écoulent de petits ruisselets
Et les toitures luisent, semblent moins délavées.
Ces larmes offrent au village une sur-dimension,
Irréelle, magique, ô mystérieux Gourdon.

Sous la pluie les tourments, soudain, sont plus légers.
Elle est parfum de terre, produit de sa beauté.
Elle pianote en "d'eau" et nous tient compagnie.
On rallume le feu, notre meilleur ami.

Pour savoir la conter, il faut s'en imprégner,
Jouer à cache-cache et se laissser mouiller.
Comment ne pas aimer cet unique élément
Où l'enfant évolue au sein de sa maman.

Pontevès sous la pluie est égal à Gourdon,
Gémenos ou tourtour, la vallée de St Pons.
Et la Bretagne, au loin, velours de goémon,
Les chants en mi-bémol, l'âme de nos régions.

            Nicole83, 29 mai 2002.

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            L'envol

Le départ émouvant, ennivrant comme un vin...
Le coeur qui vibre un peu et ma main qui se tient,
Et puis, plus bas la terre, telle un cabochon,
Tous ces champs ciselés, découpés en rations.

Des morceaux de gâteau, couleur terre de ciel,
Emeraude, saphir avec des tons vermeils.
Je n'imaginais pas, mes yeux sont embués...
L'étendue de la mer, mon tableau préféré!

Et l'on monte plus haut, retrouver la blancheur
Des rouleaux de coton, nuages sans couleur.
Là, glisse simplement loin de tous les excès,
Mon âme est en sommeil, exultant le mot paix.

Je n'imaginais pas, mes yeux sont embués...
Une telle émotion qui me faisait rêver.
Partir et s'envoler et vivre intensément.
Je n'avais plus de lien, comme au commencement.

Un tel apaisement qui me venait du ciel,
Je savais que j'étais au coeur de l'essentiel.
Je n'imaginais pas, mes yeux sont embués...
Des îles éparpillées, sans oublier Egée...!

            Nicole83, 20 octobre 2002.

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            L'oliveraie

Au lointain, les bruits m'étaient familiers.
Le piochon à la main, de la terre dans les souliers,
Le dos courbé, les yeux rivés sur les oliviers...
Parer au plus pressé, dessiner un petit vivier.

Bels oliviers, enveloppés de "soie bleue",
Délicatement plantés par l'homme amoureux.
Mon âme imaginait déjà l'oliveraie,
L'arbre lumineux, patrimoine de l'humanité.

Je n'étais plus de chair, mais élément.
L'élément essentiel pour que ces arbres, fièrement,
Nous offrent leurs fleurs, nous honorent de leurs fruits
Afin que s'écoule d'eux l'huile "Touti frutti".

Cette huile particulière qui embaume nos mets,
Enchante nos cuisines, se lie dans les mortiers.
Elle nous conte l'histoire de la Grèce antique
Et la saveur de cette déesse mystique.

Carbonnelle, patronne au pied du Bessillon,
Quartier béni des dieux, oliviers en chansons.
C'est un côté nature... L'amour de liberté,
Mon arbre préféré... Ses rameaux de la paix.

            Nicole83, Octobre 2002.

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            L'inconnue

Quand je l'ai vue, en haut de cette butte,
Elle m'apparut comme une belle ... fille.

Elle patientait avant d'aller à confesse,
Et moi d'en bas j'admirais ses ... tresses.

M'approchant, furtif, j'ai vu son oeil qui mouille
Et, pris de passion, je lui sortis mes ... billets.

Elle les roulait dans ses doigts, toute émue,
Dans un souffle je dis :" madame, je vais vous toucher ... la main "

C'est alors que je m'approchais très vite
Et, dans un geste fébrile, je sortis ma ... montre.

Il est tard, allons chez vous, dis-je d'un ton léger.
Vous comprenez, j'ai très envie de vous ... connaître.

Dans son appartement "on the rocks", elle m'offrit un bourbon
Et j'eus soudain envie de lui lécher les ... glaçons.

Un peu plus tard, gentiment, elle mit la table.
Moi je pensais : "elle est tout à fait ... mignonne".

C'est une fille moderne, et qui se nippe!
A la fin du repas, elle me fera une ... tisane.

Pour l'instant et pendant que l'on dîne,
Je vais lui demander de me gratter ...le dos.

Plus tard, dans la soirée, elle me montra son lit tout neuf.
Je lui proposais, dans ses draps, de faire un ... somme.

Elle saisit très mal mon langage plutôt abscons
Et, furieuse, me traita de ... goujat.

Cette soirée fichue et pleine d'embrouilles
Commençait à me gonfler les ... neurones.

Je sortis triste, de ces perturbations.
Il ne me restait plus que la ... contemplation.

Avec les filles je ne suis pas aidé,
Alors, à partir d'aujourd'hui, je deviens ... curé!

            Pierre Clérico, décembre 1992.
picler@wanadoo.fr

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            Feuille d'automne 

L'automne m'apporte froideur et silence.
Les feuilles se détachent lentement des arbres.
Une à une, elles jonchent le sol, parcourant les rues à la recherche d'un abri pour l'hiver glacial qui arrive à grands pas!
Je sens que je glisse, je perds pied...
Vais-je mourir gelée dans un coin, abandonnée et transie?
Voilà, je me détache, le vent me fait virevolter de gauche à droite. Une grande joie m'habite!
Je me laisse bercer, au gré du vent, par ce délicieux personnage qui sait si bien me faire valser, au rythme de sa musique qui s'infiltre en mon coeur en me redonnant une joie de vivre!

Habillée de toutes mes couleurs automnales, je descends l'allée qui mène au sol.
Je valse quelques minutes, fais un pas me déposant sur le tapis froid de la terre.
Sa fraîcheur me caresse, elle me saisit prestement et me blesse! Étonnée de me retrouver si bas, je scrute l'horizon.
Les yeux agrandis, je regarde les maisons.
Du haut de mon arbre, je distinguais à peine, ébahie par tant de beauté.
Je me laisse emporter à nouveau par mon doux compagnon en visitant les environs.
Le banc du parc me reçoit galamment.
Le soleil a réchauffé la place!
Je regarde les passants, les gamins jouant avec mes amies les feuilles!
Entassées les unes sur les autres dans un amoncellement de plus d'un mètre de hauteur, elles se laissent piétiner par ces petits bouts de choux qui s'amusent follement!
Des cris de joie embaument l'atmosphère.
Les enfants bondissent dans les feuilles comme sur un lit douillet! Je m'attriste de ne pouvoir les rejoindre, moi, si seule sur mon banc.

Mais, tout à coup, mon compagnon de voyage revient soudainement, il me serre dans ses bras vigoureux m'emportant dans un univers enchanté!
Je m'élance vers le ciel rempli de nuages poudreux tout en sachant que la retombée sera difficile et pénible.
En quelques secondes, j'ai fait le tour du carré de maison, je m'allonge sur le balcon d'un immeuble sous la poussée de mon ami, le vent.

Un bambin me prend dans ses petites mains chaudes et menues, me caresse, s'émerveille devant mes couleurs multicolores.
Il entre dans sa maison, me dépose délicatement sur la table.
Il court rapidement dans sa chambre, revenant avec un livre, dans lequel il me glisse avec admiration, entre les pages jaunies, tel un objet précieux.
Je me retrouve dans un univers peuplé d'images de toutes sortes. Mon destin se termine ici...

Dehors, on s'amuse, moi je suis confuse!
Enfin, tout s'arrête, je serai au chaud dans un monde animé, je vivrai de belles aventures et je vieillirai lentement, pour ensuite m'assécher au fil des ans...!

France Fôte, octobre 2002.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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            Le renouveau est éphémère

Le renouveau est éphémère
Quand l’être chute encore
Ne pouvant rien faire face à la mort
Ne laissant qu’un goût amer

Le ciel est vide de lumière
On lui a jeté un mauvais sort
Alors qu’il lançait ses éclairs
A la face du monde qui dort

Une crise secoue la terre
Faisant ressurgir les remords
Que le passé enserre
Comme un animal puissant et fort

Les âmes ayant quitté leur corps
S’élèvent dans les airs
Balayés par des coups de tonnerre
Transpercés de reflets d’or

La vie est loin d’être un enfer
Il faut laisser le passé aux morts
Vivre le cœur et les yeux ouverts
Ne les fermer que pour rêver encore

            Niya, 22 novembre 2002. miss.ladybird@club-internet.fr

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            La nature!

La rivière coule doucement, elle suit son cours, 
elle glisse lentement en sachant très bien où elle va. 
Elle est froide, s'échappe le long des rives,
se brise sur les rochers, s'enlace parmi les roseaux!
Elle se laisse dessiner par les broussailles, respire l'odeur des varechs. 
Coule majestueuse sous le vent du sud qui la caresse de son souffle chaud.
Le soleil la réchauffe de ses bras tendus, 
les nuages la surveillent du haut du ciel
Ils l'accompagnent dans sa course au-delà du courant!
Qui es-tu douce colombe? 
Tu habites le ciel d'une douce poussée vers la terre ferme
Tu aspires au repos et soudain, tes ailes se reposent à la cime d'un arbre!
Les nuages dans le ciel ont la forme de roses, tassées les unes contre les autres!
Un duvet de ouate blanche déposé sur l'horizon enflammé! 
Je suis là assise sur le sol durci, 
à me laisser dessiner par ce vent cajoleur!
Il me rafraîchit, me laisse une douce sensation sur ma peau qui me satisfait!
Qui es-tu petit ensorceleur?
Tu es là qui se faufile près de moi, tu soulèves mes cheveux,
Tu caresses mon corps bruni par le soleil tout chaud,
Tu me berces langoureusement, fiévreusement.
Mais tu ne fais que passer, tu t'envoles vers une autre destinée.
La nature endormie, se réveille par la pluie qui, soudain,
se met à tomber si fortement, que la rivière court de toutes ses forces pour ne pas se laisser rattraper, mais saura-t-elle se cacher?
Non, la pluie l'enveloppera de toute sa froideur et ne lui laissera la chance de se reposer que plus tard, dans la soirée!
Vive la nature qui vit et s'endort lorsque la nuit fait son apparition!

France Fôte, octobre 2002.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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            Le silence!

Le silence meuble ma chambre
Par ses cris sourds presque muets
Il hurle la souffrance résonnant en mon âme

Le silence meuble ma chambre
Les bruits venant du dehors
Semblent faiblement en accord
Ils se fondent tous ensemble
Avec harmonie et puissance

Le silence meuble ma chambre
Je ne sens plus ta présence
Elle est à jamais disparue
Comme les bruits de la rue

Le silence meuble ma chambre
Je sens en moi une reconnaissance
Qui tarde à se faire entendre
Parfois je perds courage sans ta présence

Le silence meuble ma chambre
Une musique jaillit dans le corridor
Je ferme les yeux et me rendort
Le silence meuble ma chambre

France Fôte, octobre 2002.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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            J'assume...

Douleur je t'ai vaincue, ma force l'a voulu
Au fond j'ai toujours su que tu ne viendrais plus
Il m'a fallu du temps et beaucoup de courage
Pour vaincre ma tristesse, ma colère, ma rage!

Un matin, j'ai compris
Ma peine se trouvait dans mes entrailles
Cachée depuis si longtemps
Toi, mon ange tu ne l'as pas créée en fautant.

Toutes ces émotions, ces peines, ces tourments
N'étaient pas servis sur un plateau d'argent.
Ce sont les faits d'hier, ceux de mon enfance
Non guéris, ils m'ont fait souffrance.

Je te vois comme un homme, tu n'es pas un dieu,
Même avec tes faiblesses, pour moi tu es merveilleux.
Tu as vécu ta crise sans me demander d'aide
Ainsi ce fut ton choix et moi, pour toi, je plaide.

J'ai accepté tes moments de solitude,
Tu ne pouvais voir en moi la plénitude.
Maintenant, j'ai compris que parfois dans la vie
Même avec plein d'amour je me sens démunie.

Le long de ma route parsemée de mes doutes,
Je ne vois parfois que mon désarroi.
Je m'enferme souvent dans ma propre angoisse,
Je ne regarde plus les autres dans leur déroute,
Jusqu'au jour où je sors ressuscitée
En un mot ou un geste, je vois la vérité...

France Fôte.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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De ma fenêtre

De ma fenêtre, les arbres se bousculent sous la poussée du vent.
Les branches se mêlent l'une à l'autre.
Les feuilles émettent un bruissement tel une musique romantique, caressante.
Le vent souffle si fort que sa bouche semble tendre.
Le soleil se faufile à travers les nuages.
Tantôt il apparaît, tantôt il disparaît, son retour laisse des traces de chaleur sur les trottoirs.
J'admire le paysage qui s'essouffle tel des coureurs lors d'une course.
Il fait danser les jardinières, les fait se balancer tout doucement de droite à gauche.
Les fleurs de détachent et s'éparpillent sur le gazon frais coupé.
Je suis là rêveuse, à regarder vivre la nature tandis que moi,
j'essaie de survivre, survivre à ma tristesse, à ma douleur.
De temps à autre, je perçois le chant d'un oiseau qui s'éloigne au gré du vent.
Puis tout redevient calme, le vent s'adoucit sous la caresse du soleil
et laisse en paix le paysage figé.
Les feuilles sont légères, elles se laissent bercer par son murmure apaisant.
Puis, les oiseaux crient plus fort leur chant mélodieux en laissant une musique relaxante.
Mon âme s'apaise lentement au fil des heures.
Mes pensées sont diverses, j'essaie d'être moi sous le masque de ma vie qui s'effrite.
Je tente de lire en moi comme le livre que j'ai déposé sur ma table de travail.
C'est difficile de lire en soi comme dans un livre ouvert.
Les pensées se croisent tout comme les lignes de ce livre
lorsque mes yeux sont embués de larmes amères.
Le vent glisse furtivement, le voilà à nouveau dans une forte opposition.
Il soulève à nouveau tout sur son passage.
Redresse ce qui est courbé et plie ce qui est droit.
La falaise de l'oubli
Chasse les ennuis
Sur la cime escarpée
Doucement j'ai pleuré
Le soleil disparu du paysage
Doucement, j'ai fui ton visage
Sans égard pour nos passions
J'ai sans doute perdu la raison.

France Fôte, octobre 2002.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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Rendez-vous

Le soleil s'infiltre insidieusement dans la pièce ombragée. Sur le mur tapissé, une raie de lumière dessine un arc-en-ciel aux couleurs flamboyantes. Sabrina relève la tête pour mieux admirer ce splendide tableau. Elle est assise dans le hall d'entrée de l'hôtel. Ses yeux cherchent, elle examine avec intérêt le va et vient des clients. Qui sont tous ces gens? Certains semblent tristes, d'autres pressés. Ils déambulent près d'elle comme une toupie sur le plancher.

Le soleil se déplace lentement et Sabrina se retrouve toujours sur le même siège. Son regard est voilé. L'attente brûle ses espoirs. Le regret se lit sur sa figure. La colère n'est pas encore au rendez-vous. Elle fixe de ses yeux froids, la porte d'entrée. Il ne viendra pas. Le soleil quitte la place sans laisser d'adresse. Sabrina le laisse partir sans le retenir. Elle sait bien que demain elle sera loin de cet endroit mais que le soleil, lui, sera à ses côtés s'il se lève assez tôt pour la rattraper. Son départ n'effacera pas l'amertume de son cœur, mais une paix s'installera dans ce dernier.

Le soleil sera pour elle, un compagnon de voyage. Lui qui sait être chaud, brillant d'une intensité sans bornes. Que lui dire de mieux que, éclaire mon chemin et réchauffe mon cœur. Sabrina se lève et retourne dans un nouveau monde qui sera le sien désormais. Un monde de gloire, son monde de théâtre, elle continuera de jouer son rôle, sur la scène de la vie.

Une comédienne, qui sait comment faire vibrer son public. Mais sait-elle vibrer dans son intérieur? Non, elle a peur de son senti, c'est pourquoi elle joue la comédie de l'amour, car elle a peur de la vivre intensément. La peur étouffe son cœur. Elle continue de faire semblant, face à ses tourments. La rage et la colère vit en elle, sans l'atteindre. Elle fuit à toute allure le chemin du bonheur car il lui pèse de s'arrêter.

La peur, sentiment de violence qui la meurtrit de l'intérieur. Le sentiment d'étouffer dans ses entrailles. Où se dirige-t-elle? Vers un monde inconnu et c'est une des raisons de sa peur. Le changement ravive ses craintes, sa douleur, mais en ne quittant pas ce monde pourri, elle risque de passer à côté du vrai bonheur. Si elle se donne cette chance, elle pourra rencontrer le grand amour, plus facile, moins contrôlant, moins étouffant. Si elle accepte le changement de rôle, elle réussira à sauver sa propre vie.

Changer de rôle, c'est difficile. Tout en sachant le comment du changement, ce sera plus facile. Les raisons qui poussent à jouer un rôle ou l'autre pourrait me sembler irréel, mais la réalité me poursuit et elle est présente dans ma vie de tous les jours.

France Fôte, octobre 2005.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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L'ombre du silence

L'inconnu, ce silence

L'inconnu, cette ombre éphémère s'infiltre dans mon univers
Sous un masque de dureté, elle est arrogante
Elle ébruite les mauvais souvenirs
Les éjecte du monde actuel
S'empresse de refouler les plus beaux

L'ombre du silence s'infiltre dans ma maison
Comme un oiseau, furtivement, s'éloigne de son nid

L'ombre du silence s'étire en moi
Elle apaise mes tourments si froids
L'ombre du silence se dessine partout sur les murs
Elle réapparaît sous le soleil avec ses parures

L'ombre du silence repose sur mes peurs
L'ombre du silence se cambre lors d'une peine
Mais revient avec douceur,
En apaisant cette douleur infime et lointaine.

L'ombre du silence, parfaite bienfaitrice
Se répand dans toute sa splendeur
Elle apporte paix et sérénité
Au fils des minutes qui s'écoulent pressées

L'ombre du silence calme ma tension
Rassure mon corps crispé d'émotions
L'ombre du silence régénère mes pulsions enfouies

L'ombre du silence pousse ma fierté à se réveiller
L'ombre du silence étouffe mes angoisses assouvies
Elle me fait voir la beauté de la vie

L'ombre du silence renforce ma candeur, ma sagesse
Elle accomplit des miracles avec prouesse
Grâce à elle, ma vie se modifie au fil des jours
L'ombre du silence renforce mes faiblesses
Et les modifie en forces

L'ombre du silence accorde à ma bonté
Cette délicatesse que j'ai toujours possédée
L'ombre du silence m'accorde cette paix tant recherchée.

France Fôte, mai 2006.
francefote2@hotmail.com
http://francefote.ifrance.com/francefote

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