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Poésie27

    Bienvenue aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette vingt-septième page de poésie !
Leur plaisir continue ici :

Index:
(Cliquez sur votre sélection)

Un monde, un rêve Sandy-Luce Nsikahana, mai 2007.
Je ne pourrai t'offrir mon coeur Sandy-Luce Nsikahana, mai 2007.
Cinq poèmes Amel Bakkar, août 2007.
Les ondes des sens, 48 poèmes Alinoë, novembre 2007.
Dis moi Dix mots Amel Bakkar, janvier 2008.

 

 

Un monde, un rêve

Je rêve d'un monde meilleur
Où jeunes et vieux vivront en paix
Où les enfants cesseront de pleurer

Je rêve, je rêve d'un monde
Où le " chacun pour soi " n'existera plus
Où le plus fort n'affaiblira pas le faible

Je rêve d'un monde de paix
Un monde sans violence,
Un monde sans haine,

Paix durable dans nos cœurs,
Paix aux confins les plus reculées
Une Paix qui jamais ne s'éteindra

Oh oui, la paix est possible
Ce n'est point utopique
Il faut juste le vouloir

Sandy-Luce NSIKAHANA

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Je ne pourrai t'offrir mon cœur !

Par une chaude température d'été,
Tout haletant, tout en sueur, tu m'as abordée.
Mon manque de tact et mon jeune âge
M'ont amenée à te repousser,
Non pas parce que je ne t'appréciais point,
Mais parce que tu étais venu vers moi
Pour de mauvaises raisons !!!

Tu continueras à me dire
Que je me trompe,
Que je t'ai mal jugé,
Que j'ai écouté les mauvaises langues.
A mon tour, j'aimerai te donner mon avis
Que je tais depuis dix ans,
Tu es quelqu'un de bien,

MAIS TON SOLEIL EST AILLEURS

Ce qui compte pour toi
C'est d'avoir quelqu'un à coté de toi
Que tu crois capable de réussir.
Le problème c'est que tu peux penser
Avoir trouvé la bonne personne,
Mais il faut que celle-ci le pense en retour
Pour qu'il y ait un engagement.

A 15 ans,
Les filles aiment les histoires à l'eau de rose,
A 25 ans, devenues femmes,
Elles rêvent de stabilité, de sécurité.
En un mot, un homme qui assure,
Et pas que financièrement.
Je veux dire par là, un homme responsable,
Prêt à s'engager pour la vie.


J'aimerai te dire …
J'aimerai te dire au revoir, cette fois-ci pour de bon,
Que ton soleil est ailleurs.
Mais ce serait me mentir à moi-même,
Tu seras toujours présent dans mon cœur.

Pourtant, je sais que ton soleil est ailleurs
Et que je ne suis pas ta muse.

HELAS

Sandy-Luce NSIKAHANA

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Cinq poèmes de Amel Bakkar

AVARICE

AVARICE
PASSION QUI S ENLISSE
TES ENVIES NOUS NOIE
TON EGOISME NOUS TUE


AVARICE
DON DE SECONDE VUE
TA DETERMINATION NOUS CONSUME
TON CALCUL NOUS CONTAMINE


AVARICE
COMME LA PESTE
TU REPENDS TON VENIN
POUR MIEUX REGNER

AVARICE
FIEVRE GENEREUSE
TES TENTATIONS NOUS BRISENT
TA FRAGILITE NOUS OBSEDE

AVARICE
MISERE DU DESIR
ESPOIR D ABONDANCE
TU SEMES SANS COMPTER

AVARICE
PERE DU MAL
PECHE MORTEL
TU FERAS TOUJOURS TOUT POUR QU ON S INTERESSE A TOI


COLERE

AU CŒUR DES TRADITIONS
A L AUBE DES RENCONTRES
JE CRIS TON NOM

A L OMBRE DES ENVIES
AUX ESPOIRS INNASSOUVIS
JE CRIS TON NOM

AUX DESERTS DU DESIR
AU PIRE DU PIRE
JE CRIS TON NOM

AUX ATTENTES ATTENDUES
AUX DESTINS QUI SE PERDENT
JE CRIS TON NOM

A CES ETAPES QUI EN CACHENT D AUTRES
SUR LE COMMERCE DES PENSEES
JE CRIS TON NOM

AUX GRAINS DE SABLE QUI EXPLOSENT
AUX FICELLES DE LA COLERE
JE CRIS TON NOM


GOURMANDISE

IVRESSE QUAND TU ME TOUCHES
TU ME METS L EAU A LA BOUCHE

DOUCEURS EDULCOREES
FRIANDISES ACIDULEES
TOUT EST BON POUR SE LAISSER TENTER

OH SAVEURS
QUAND TU ME PRENDS…

LEVRES FRAMBOISE
BAISERS FRUITEES
TOUT EST ROYAUME AUX PLAISIRS INTEMPORELS

SOURIRE DE VELOURS
FRAICHEUR PRINTANNIERE

SEINS DE VANILLE
PLAISIR DES PAPILLES
TOUT EST BEAU POUR SE LAISSER SURPRENDRE

GOURMANDISE DES METS
GOURMANDISE DES MOTS

S ABANDONNER A CE QUE L ON AIME


LE MASQUE

TOI,
CARTON DE PAPIER MACHE
NEUTRE OU DEGUISE


TOI,
QUI ME PERMETS DE DEVENIR L AUTRE
LE CŒUR D UNE NOUVELLE PERSONNALITE

QUE DE GENS RYTHMES
AURAIS CONTEMPLE
DERRIERE TON VISAGE FIGE


TOI,
MASQUE DE JEU A QUI JE LAISSE LA PLACE
OUVRIRA LA DANSE POUR MARQUER TA TRACE


TOI,
FAUX SEMBLANTS ET DEGUISEMENTS
VIENDRONT TE TENIR LA MAIN
POUR CARESSER LES DIEUX ENDORMIS


TOI,
QUE DE POUVOIRS SURNATURELS
QUE DE FACETTES A TON ARC


TOI,
MASQUE NEUTRE OU VENETIEN
DE CLOWN OU AFRICAIN


LUXURE

LUXURE
TEMPLE DES BISES
JOIE SECRETE DE L'EXCES

LUXURE
VIERGE DES PLAISIRS
ORGIE DE PRINTEMPS

COMME LE JARDIN EN DECADENCE
OMBRES ET LUMIERES SE DANDINENT

LUXURE
MONT D ORGUEIL ET DE FRUITS DEFENDUS
GATERIE VORACE

LUXURE
SAVEURS AUDACIEUSES
CHALEUR DESIORENTEE

COMME UNE ENVIE QUI SE PERD
COMME UNE ENVIE QUI SE PLAIT

LUXURE
ELFE NOIR DU DESIR
LE CHASTE S'EN VA
POUR T OFFRIR UNE LIBERTE

Amel Bakkar  amelbakkar@free.fr

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Les Ondes Des Sens


Préambule de direction.

I. Bourgeons.
II. Le temps des coquilles.
III. Massacres.
IV. Pétales d'ivresse.
V. Départ.

Postface.


Préambule de direction

" De même que tous les hommes sont semblables par leur forme extérieure -et avec la même variété infinie- ils sont semblables par le Génie poétique. "
William Blake

Il faut, avant toute lecture, dire deux mots sur cet ouvrage.
Il apparaît que tout texte composant cet opus est représentatif d'un seul et même destinataire, confondu parmi tous les lecteurs.
Il s'agit en fait de pouvoir lire et de comprendre le sens d'une certaine idée, différente à chaque fois ; ou bien de laisser a priori tout le plaisir poétique et artistique pénétrer un moment la personnalité du lecteur.
La poésie n'est pas un art vraisemblablement aisé, il ne s'apprend pas pourtant. Mais il apparaît comme assez subtil le jeu de la plume sur la feuille, non seulement par la recherche de termes appropriés, ou la concordance des sons, mais surtout par l'impact que peut produire l'enchaînement de vers par leurs sens et leurs attributions sur l'esprit d'une personne se sentant directement ou indirectement plus ou moins concernée. On distinguera deux types poétiques dominants principaux. Le premier résulte d'une recherche avancée mêlant culture générale et sentiments variés ; d'une cohérence et d'une " logique " relative mais parfaite, qui suit un travail extraordinaire sur soi et sa manière d'écrire. Le deuxième résulte plutôt d'une pulsion temporelle (je ne parle pas de la pulsion commune aux deux types qui est, elle, directement liée à l'inspiration de base), momentanée et relativement courte, c'est-à-dire qu'elle naît à partir d'un phénomène vécu peu auparavant. Elle intègre ensuite l'inspiration poétique et son art dans un tout, qui forme une cohérence illogique par rapport au premier type et imparfaite, car en fait inachevée. Il arrive que les deux types soient confondus, pour des raisons irrationnelles, lorsque le deuxième type poétique se veut achevé ; mais il y aura toujours la distinction fondamentale de leur origine, qui par un même outil s'avère transformée en une œuvre artistique respectable, confondant alors son mystère et sa réalité. Car dans la poésie, chaque œuvre est caractérisée par le mystère de l'ambiance et de l'inspiration, qui, bien que commune aux deux types poétiques, est réellement difficile à expliquer. De nombreux philosophes ont tenté de trouver une explication au phénomène d'inspiration, mais chacun sait qu'il faut laisser la part de doute sur nous-mêmes, en considérant les choses avec plus d'humilité, et en acceptant qu'elles nous dépassent parfois, et que Dieu tout puissant, là-haut, manie avec Sa divine habileté, la source qui ns anime et est le Seul qui est en mesure de décider de notre sort.
Il est probable que chaque homme soit un artiste, c'est-à-dire qu'en chacun de nous, il y ait le seul sens artistique commun et inné qui fonde l'unicité des arts ; et par lui, une multitude de formes plus ou moins évoluées traduisent nos pensées et nos volontés. Notre acte se veut alors de créer quelque chose d'inexistant auparavant et d'unique. Et c'est un des points distinguant l'art de la science, la multitude d'objets identiques entre eux que la science peut créer et développer se trouvent dans leur sens originellement artistique complètement différents. Kant écrivait : " Ce que l'on a pas l'habileté d'exécuter de suite, alors même qu'on en possède complètement la science, voilà seulement ce qui dans cette mesure est de l'art. " Mais je pense qu'il est important de développer le sens artistique présent en nous, il faut le nourrir et le comprendre, et en tirer tous les avantages possibles, car il est aujourd'hui dommage de voir tant de personnes désoeuvrées et fatalistes ; il leur faut créer par eux-mêmes.

En réalité, les écrits qui vont suivre ont chacun leur sens propre, et malgré le thème commun dominant, la diversité des formes permet de créer l'unicité de la beauté et de la vérité.
Cet opus est un assemblage d'œuvres artistiques plus ou moins différentes, qui, une fois rassemblées, permettent une complémentarité, qui traduit mon interprétation personnelle.
Il existe malgré cette poésie " sauvage " une certaine concordance métrique relative à la cohérence de mon inspiration. Et dans un vaste univers sombre et triste, ces œuvres chantent en chœur la gloire de Dieu, et rappellent qu'il ne faut pas oublier de croire, en l'amour, en soi, en son humilité humaine et sa place d '" égalité " parmi les autres, en toutes les vertus capables de donner à l'homme des forces créatrices énormes, vecteurs d'une liberté d'action, mue par une volonté certaine de développer et de rechercher, en somme de toutes les sciences humaines, sociales, pures, et artistiques. Et l'ambiance de ce tout renferme le sentiment humain le plus fort et le plus étrange, quelles que soient ses formes, j'ai nommé l'infinité de l'amour.

Alinoë


Les œufs brisés

Sous la lente pluie lancinante,
Je marche ici sans autre escorte
Que ma voix, mon cœur et cette porte,
Dont la serrure même semble absente.
Je regarde les paysages environnants,
Découvrant avec quelle étrange lassitude,
Le ciel voilé embrasse le sol méfiant,
Préférant au Nord ce que rejette le Sud,
Orages de clarté, nuages de beauté,
Remplaçant les azurs limpides du passé,
Je m'habitue aux fumées, lumières noires,
Germant dans mon âme une lueur d'espoir.

Les vents sales soufflent sur les plumes,
Quelque menace de pondre quelque enclume.

C'est alors enfin que respire le jour,
Répondant ainsi aux courants d'air impurs,
Je proclame ma foi et mon amour,
De bientôt revoir Antarès, Deneb, Arcture,
Je me hâte sur mon chemin et cours,
Ecrasant vivement sans m'en rendre compte,
Les nids d'oiseaux annonçant mon départ,
M'empêchant maintenant de revenir ce soir,
Amplifiant dans mon cœur toute la honte
Qu'ici je sens très vite capable
De créer horreurs et caresses ineffables ;
Devenant nécessaires, elles obéissent au sort,
Pour que demain puisse voir naître l'aurore.

La nuit s'allonge, ses reflets cruels
Sont les images des mille feux du ciel.

Sous cette rare et belle voûte étoilée,
Dorment encore les respectueuses armes,
Agitées de nouveau au matin attristé ;
Et reviennent les vents faisant sécher mes larmes,
Compensées par la peur de perdre l'espérance,
Que Dieu m'a offerte en me rendant son essence ;
Je regarde dans l'aube silencieuse,
Les éclats malheureux de mes rêves
Imaginés grâce aux plaisantes trêves,
Brisés violemment sous la chaleur délicieuse,
Créée par le feu belliciste à chaque jour,
Que les rayons doux et frais des astres éteignent ;
Je profite d'une obscure caresse et m'en imprègne,
Oubliant un instant les douleurs de l'amour.
Au beau milieu du champs stérile
Reste mystérieuse une Fleur d'exil.

Je sens déjà avant même de l'approcher,
Le doux parfum de ses pistils aériens,
Qui cache à lui seul le goût amer et malsain
Des ondes langoureuses alors ici formées
Par la haine des morts allongés à mes pieds.
Au fur et à mesure que je m'avance,
L'odeur enivrante devient plus intense,
Et l'image de ses pétales multicolores
Se trouble ainsi et m'attire plus encore,
Ondoyant dans mes yeux la douce mélodie,
Que cadencent les vagues prémices indécis,
Rendant mon ivresse véritable et folle,
Epris de la Fleur et de ses vapeurs d'alcools,
Je la contemple et lui coupe la tige,
Déplorant mon acte dans ces tristes vestiges.

Je repars en voyage maintenant,
Mes mains sont sales comme des couteaux errants.

Au regard lointain vers le vaste horizon,
Je conçois alors les plus vives passions,
Calculant chaque instant pour ne plus espérer,
Oubliant chaque méfait pour ne plus me tromper.
Passe ma vie comme passent les pluies,
Je demeure ainsi sur la Terre
Comme une trace inscrite dans la pierre,
Ne pensant sans cesse et je le dénie,
Qu'à la mort de la Fleur face à toutes les autres,
Inconsolable comme le premier des apôtres ;
Je revis dans mes rêves le bonheur perdu,
Ecartant en ce jour ma douleur déçue.
Je possède alors le pouvoir personnel
De répondre dès ce soir à l'appel,
Que chantent les stryges des grandes plaines,
Et las, de me laisser prendre sans réelle peine.

Ainsi se noient mon âme, les autres et leurs cris,
Enfin égaux devant Dieu en son paradis.

 

I. BOURGEONS

Genèse

Couché, je conçois la mélodie des sens,
Je regarde la voûte et ses reflets immenses,
Elle éclaire mon cœur et sans cesse le tourmente,
Ravivant la flamme en la gardant vivante.

Les bourgeons de mon amour naissent sur cette fleur,
Ils s'ouvrent en silence et font couler mes pleurs ;
Le chagrin de mon âme trouble ma vision,
Il appelle cette rose en murmurant son nom.

L'appel n'est pas clair et semble inassouvi,
La source de mes larmes s'atténue sans un cri,
Je sais que ma voix a pénétré la fleur
Et que je reviendrais ; mon cœur demeure.

 

Dessins d'enfant

Il est un endroit clair et authentique
Où une main agile et vertueuse
Peint avec délice l'image exotique
Des amours jeunes et dangereuses.

Je m'avance lentement vers l'esquisse,
Imagine la richesse des contours,
Et prolonge mon chemin de détours
En voyant se défiler le regard de l'artiste.

J'ai cherché parmi mes plus beaux trésors
Un simple mot entouré d'amour et de pleurs
Je le vois bien dans chaque demeure
Dans chaque vie, dans chaque corps
Il anime mes sens et mes pensées obscures
Fait trembler ma main et mon coeur alcooliques
Sur un océan de plaisirs et d'images bucoliques
Je m'étends calmement sous les nuages impurs.

Nu, pâle et fragile, je ferme mes yeux épanouis
Et savoure aujourd'hui les perles de pluie
Sous l'orage terrible de l'Amour déroutant
Je laisse mes paupières à leurs larmes et leur sang.

 

A la seule lueur…

Le jour se lève sur cette étrange ignorance,
Il me montre sa puissance et me brûle les yeux;
Ne montrant à mon cœur qu'une flamme et ce vœu
De donner à la fleur la douce obédience.

Je confesse en ce jour tout l'amour de mon âme,
S'accumulant chaque jour dans l'unique flamme,
Qui, entre la fleur et le poète malade,
Vois pour l'instant s'agenouiller mon existence fade.

J'ai toujours su de mon cœur et de mes sens,
Que cette flamme qui chancelle sans cesse,
A su, aux yeux du poète, acquérir la confiance
En cet amour véritable que contemple ma tristesse.

 

Le Jour

C'est à l'aube d'un renouveau,
Que déferlent dans mon esprit,
De douces et étranges litanies
Que me dicte mon cœur sur ma peau.

Lorsque commence l'ascension du soleil,
Je découvre enfin la Fleur à son réveil,
Reliant alors les vers dans mon âme,
A travers le miroir, confondue par sa flamme.

La journée regarde dans mon silence,
L'absence de paroles amplifiée par les sens,
Chaque regard devient un rayon d'espoir,
Interdisant mon cœur de se lasser de la voir.

C'est au soir d'une réalité d'attente,
Que je retrouve ma voix plaisante,
Au regard des étoiles vertueuses,
Que j'embrasse cette bouche silencieuse.

 

Le point

Un point noir et rayonnant dans un océan,
Qui regarde patiemment ses vives couleurs,
Dont l'étrange sève et toute sa saveur
Le rendent passionné dans cet immense néant;

Et tout l'amour qu'il porte alors devient cristal,
Découvrant autour de lui d'autres points colorés,
Qui, parce qu'il sait qu'ils existent et s'étalent,
Donnent à sa flamme son réel sens d'exister.

Car il existait un point qui subsiste toujours,
Qui entretenait consciemment les braises d'un doux foyer,
Sur un nuage de l'océan je l'écoutais souffler,
Et encore murmurer tous les mystères de l'amour,
Que partage alors mon coeur aujourd'hui,
Détruisant tous les problèmes que j'ai pu créer,
De toutes les couleurs et de leurs voluptés,
J'apporterais à la fleur l'unique parfum de ses célestes nuits.

 

Miel

On voit le coulis de miel se faufiler
Sur le corps en sueur de la belle qui rougit
Elle s'apprête à goûter la substance ambrée
En approche sa langue et ses doigts engourdis
Sans réflexe ni sursaut elle regarde sa peau
Tachée par le plaisir et ses divins défauts
Elle ne voit que l'impatience du vit alors
Qui couche la beauté de ses gracieuses lèvres
Et se laisse enfermer par le miel sur son corps
Comme sur un arbre, le moustique dans sa sève.

 

Artior somnus

Quand vient le soir, je pense doucement et rêve
D'une inaccessible fleur dont m'écoeure la sève ;
Pourtant sa teinte blafarde éveille une lueur,
Redonnant vie aux espoirs perdus et brisés,
Qui avaient de là fait cesser de battre mon cœur,
Et détourner mes yeux d'une implacable pureté,
Faisant piètre de moi, par l'enchantement dérisoire.
Mais arrive le temps de la mémoire,
Instants inoubliables face à l'ironique amour,
Et la fleur se réveille et appelle au secours,
Regagnant ainsi finalement mon cœur sourd ;
Pensées pathétiques face à la criante ataraxie,
Qui appelait la flamme éternelle mais transie,
Chatouillant mon cœur en le poussant au cri,
Il repart dans le jardin, craintif mais mûri,
Et reparle à cette rose et en coupe la tige,
Elle répond à mon âme et ses derniers vestiges,
Chuchotements anxieux de son fragile oxymore,
Que murmure sa voix et à jamais s'endort.

 

II. LE TEMPS DES COQUILLES

Ma Cage

Il était une prison où j'étais enfermé,
Depuis ces jours sombres où ma haine est née ;
Je me souviens des riches moments de gloire,
Où mon amour pouvait alors chanter son espoir.

Mon geôlier m'apportait chaque matinée,
Le feu d'espérance brûlant dans ses yeux,
Qui chatouillait mon cœur malheureux,
Et pourtant revenait avec plus de gaieté.

Il était ici maître de mon âme,
Regardant à travers sa flamme
La maladresse de son prisonnier,
Qui verra un jour la revanche éclater.

Je regrette maintenant d'être parti si tôt,
Mais je promets qu'un jour bientôt,
Je reviendrais rallumer le flambeau,
Et transformer cette cage en un vivant joyaux.

 

Lutte

Un jour passe et déjà je sens monter en moi
La vengeance d'un soir particulier et doux,
Que mon âme enfante en se claquant la joue,
Joie perpétuelle d'orages et de pauvres exploits,
Que je contrôle à peine et retiens sans cesse
Lorsque j'ose avancer devant Cerber en laisse,
Je retourne ma conscience et raisonne sa voix,
Qui ébranle ma foi et à jamais se noie,
En rêvant houleusement dans mon jardin je vois
Une fleur que les rayons solaires ont fanée,
Et qui, piètre d'elle même, regarde droit devant elle
Sans encore voir ce que son rêve montre au ciel,
Mais repérant le miel qui peut guérir sa chair,
Elle se laisse séduire par cet être sincère,
Qui ce soir regarde patiemment l'univers,
Et contemple endormi les portes de l'enfer.

 

Pieds

Nous aurons dans nos mains douces et malheureuses
Des rides et des peaux sèches et douloureuses
Usées par le mauvais temps et ses mots insensés,
Tournoyant dans nos têtes en vertiges effrénés,
Nous perdrons alors cette aurore orgueilleuse
Qui a soudainement réveillé dans nos corps
Une chaleur intense, un bonheur, et encore
Assises, en attente, leurs amours lumineuses.

Nous irons le matin d'un été sale et gris
Arroser en silence les bouquets de fleurs
Gémissant leur pitance et toute leur rancœur
Sur le marbre noir de nos tombes en sursit.

Sous des treilles de vignes et de fruits éclatés
Je revois son visage , nos larmes et ses pieds.

 

Le temps des pluies

Sous une pluie raflante et mesquine,
chaque gouttelette de l'eau sale
Irrite ma peau douce et angeline,
Et coule alors le sang froid sur la dalle,
Qui dans cet univers gris et maussade
Adopte une bien mauvaise couleur,
Celle que la mort peut donner à mon cœur,
Celle que le Diable revêt pour le poète malade.

Car il ne suffit que d'un simple mot,
Lorsque la fleur aura un instant oublié
Toute crainte de ses apparences et du trop,
Seuls sous la tempête au milieu du gel,
Epargnés grâce à ce mot de vérité,
Enfin entourés du bonheur éternel
Tracé à jamais dans l'amour et notre destinée.

 

Triste espoir

Je revois cette étoile émergée,
La seule qui retient mon regard,
Je vis avec elle en ce triste soir,
La dépravation de mes sens horrifiés.

Et tout continue comme si cet espoir
Encourageait mon âme et mon corps à salir
Toutes les valeurs alors auxquelles j'ai pu croire,
Et les mœurs de mes sens qui ne font que mourir.

Je regarde le ciel dans un état de pitié
Et contemple le miracle qui s'exerce à nouveau,
Et du chant mélodieux du très-haut,
Tombe sur ma bouche l'amour et le pardon des péchés.

 

Captif

Je reviens sans cesse du fond de mon âme,
Vers cet appas incontournable et cher,
Recueillir l'essence d'un instant amer,
Ou j'aime revoir la Fleur et sa flamme.

Je l'arrose alors passionnément
Avec une eau calme et mystérieuse,
Rendant sa peau pure et chaleureuse,
Que caresse mes yeux timidement.

Lorsque le temps se retire et s'endort,
Le beau chat regarde la Fleur peureux,
Et retourne dans son cœur amoureux,
Où il comprend l'espérance de son sort.

C'est alors que sa voix mélodieuse
Retentit sous la voûte céleste,
Appelant les étoiles à l'inceste,
Pour que leurs rayons deviennent unique,
Et que la lune revête sa belle tunique ;
Charmant ses opales malicieuses.

Il contemple son œuvre de bonheur,
Extasiant le cœur de la douce Fleur,
Il lui parle en appelant son amour
Qui dans ses yeux verra les plus beaux de ses jours.

 

Aurore et destin

C'est aujourd'hui que s'est révélée en moi
La puissance passée qu'avait acquise mon âme
En découvrant dans le cœur d'une fleur cette flamme
Qui ne cesse de brûler et en laquelle je crois.

Et c'est toute mon âme maintenant
Qui supplie la Nature et sa douce volupté
Devant Dieu, mes yeux et mon sang de me montrer
La seule vérité qui subsiste depuis longtemps.

C'est cette fleur divine qui m'a laissé,
Qui a déserté la colline et son passé,
Ne faisant espérer à mon cœur que son retour,
Me laissant découvrir ainsi les passions de l'amour.

Et c'est un songe que j'ai devant le firmament indécis,
De souhaiter à la Rose les plus beaux moments de sa vie,
De ne plus voir le seul chat qu'en triste rêve,
Ou de ne pas oublier tout le mal ici qui se lève,
Devant l'amour et la sincérité de ses désirs,
Lui empêchant de voir son propre horizon, sa beauté ;
Son avenir que la mort du poète peut guérir,
Mais que seuls la fleur et ses doux pétales peuvent sauver.

 

III. MASSACRES

Tombe

Aucun vent, aucune pluie,
Ma vie se trouve en sursit,
Mon amour reste constant,
Au bord du ravin et du grand néant,
Je sais que tout est équilibré
Et que cette flamme qui maintes fois chancelle,
Par ma maladresse et mes abus forcés,
Ne s'éteint pas et brûle dans un tombeau éternel.

 

Le tort

La pluie tombe sur la mer,
Le bruit des eaux froides et glacées
Blesse les oreilles de mes sens dénudés
Qui meurent en silence dans ce triste univers.

Et la fleur apeurée laisse sur mon corps
Son pétale le plus laid d'un geste calme et mort,
Et revient vivre après tout chaque jour,
Mon souvenir dans son âme, son plus triste amour.

 

Glace

Dans la grand plaine désertique,
La mort svelte et haute avec sa large faux,
Joue sérieusement sans dire mot,
Avec le poète et sa tristesse classique,
Devant l'indifférence d'une belle fleur,
Qui observe le déroulement du jeu,
Et brise encore un peu plus les vers de mon coeur;
Je dois alors maintenant faire mes adieux,
C'est la mort qui a gagné et détrôné min amour,
Devenu dangereux et inutile,
Enseveli avec moi pour toujours,
Dans ce tombeau couvert de roses agiles,
Où manque la seule et unique en ce triste jour,
Que j'ai pourtant aimée et qui ne reviendra plus,
Lui laissant ce dernier poème et mon souvenir,
Ne pouvant plus rêver et décrire mes abus,
Je ne lui souhaite qu'une belle vie et un meilleur avenir.

 

Dolorosa

Bien plus fière encore que la vanité,
Ma douleur renaît de ces instants oubliés,
Retenant mon cœur un peu plus longtemps alors,
Et luttant, craintive, pour retarder ma mort.

Elle aspire délicieusement mon sang,
Jetant dans mes rêves les plus cruels maux ;
C'est l'aurore, au réveil, qui caresse mon dos,
Sentant sur ma peau les plaies fraîches des déments.

C'est au jour ainsi qu'elle revit sans cesse,
Rouvrant mes blessures que l'espoir délaisse,
Nourrit par la haine que me procure la Fleur,
Bénit par mon âme qui s'agenouille en pleurs.

Je vois ainsi l'illusion d'une beauté
Et d'une intelligence particulières,
Tuée par cette souffrance, ô misère,
Que m'a offerte la pédante Fleur figée.

Mais je sais pourtant, quoi que puisse dire mon cœur,
Que cette douleur amplifiée par ma peur,
Est née de la Rose comme mon amour est né,
Et restera perdu, jusqu'à ce qu'elle soit retrouvée.

 

Dies Irae

La grande main lourde tire le voile épais
Qui couvre toute la Terre de ténèbres,
Et l'orage éclate quand mon âme acerbe,
Sous des treilles de roses, meurt alors en paix.

Et les puissants éclairs, dans un feu continuel,
Dévastent les roses ; et ma sépulture
Voit leurs légers pétales sous un astre obscur
Vivement survoler cet enfer éternel.

 

D'amour, et de mort

Il arrive que dans mon esprit malade,
Pris dans un élan de folie, de cascade,
Le marasme se répande d'autant plus fort,
Que le temps, la nature et la banalité
Lui fasse regretter de croire et d'aimer encore ;
Tout se lasse et quitte son âme agitée.
Et si l'on peut bâtir des Palais luxueux,
Voir s'épanouir les hommes et leurs larges rêves,
Moi, je n'aurais construit qu'une cabane,
Détruite par la tempête qui se lève,
Vite oubliée par cet amour désastreux,
Je ne pense plus, ne vois plus, je meurs ici,
Pour que la fleur puisse enfin se trouver épanouie.

 

A fleur de peau

Lorsque, seul, je pense à une vile caresse,
Cette fleur déjà dans mon esprit se meurt,
Cet organe malade qui revit sans cesse,
Expire pourtant son dernier souffle en pleurs.
De revoir ses pétales qui me dévorent,
D'effleurer un instant du bout des doigts
La chair lisse et tendre de la rose,
Meurtri de jour en jour, et plus belle encore !
De me voir, piètre jouet qui admire ta voix,
Je te parle, tristement dépité, en prose,
Pour tenter auprès de toi de me repentir,
De comprendre ces règles du jeu fatal,
Dialogue qu'entretient mon cœur pour revenir,
Je dis : " Pars " à l'espoir paradoxal,
Qui m'apporte la punition que m'inflige ta fleur,
Et revient chaque soir un peu plus triste, penseur.
Alors que les deux chefs en chœur me disent :
" Une seule phrase, un seul mot, et je suis banni,
Un dérisoire amour, et je suis maudit."

 

Erinio

Et passent les bateaux le long des grèves ;
L'univers des guerres et de leurs saintes trêves
S'inscrit sur la palette du divin Peintre
En la plus noire des couleurs,
De même que l'homme est en rouge,
Et la femme est en blanc ; rien ne bouge,
Le vent souffle sur le port
En cet hiver triste et mort.

 

Croire et savoir

Je m'en remets à Toi, Seigneur,
humble devant tout, je proclame la foi de mon cœur,
Car mon âme veuve, mon esprit mort,
Ont vu leur amour déchiré alors,
Tué sans aucune gloire ni partage,
Enseveli enfin sous la pluie continue
Que contrôle encore la Rose qui, à jamais, me ravage.

 

L'illusion nourrit mon mensonge

Et d'un bateau à l'autre,
D'une vague qui se brise
Sur la douceur indécise
De la plage nue et qui se vautre.

Je sais que mon choix
Pour la fleur étincelante
Ne fait plus chanter ma voix,
Sous cette houle triste et lancinante.

 

Occuli habent sed non vident

De même que l'artiste crée toujours et encore,
Dans sa nature verte et sauvage,
Je pleure à très chaudes larmes sur mon sort,
Dans mon thébaïde noir et mon triste visage.

Je deviens plus aveugle alors,
Et décide de ne croire seulement
Que la fleur en vérité me ment,
Et voit à jamais mon esprit, malade et mort.

Je n'attends qu'une chose maintenant :
De voir approcher enfin ce jour de vérité
Dont me parle cette fleur tant aimée
Et de comprendre les mystères de cet amour
Dont les poignards tranchants font couler mon sang chaque jour ;

Dans cet enfer, l'apocalypse de ravage attend,
Et quand le mal m'envahira, je mourrais là, sagement…

 

Carré

Aveuglé par la fleur, j'en meurs :
Je sens, ah !, le mal revient,
Depuis le bas, de mes pieds,
Vers le haut, à mon cœur damné,
Il meurtri espoir et dessein,
Et blesse mon amour profond,
Pénétrant la fleur de vase,
Et dans son cœur, touche le fond.

 

IV. PETALES D'IVRESSE

Belvédère

Une douce chaleur dépose en cette nuit
Un vague rayon annonçant le plus beau soir
Que je puisse faire vivre à cette fleur miroir,
Sur la pureté d'un air envoûtant ma vie.
Il n'est pas tard et déjà je vois le ciel
Enfin qui me montre les reflets de ses enfants
Sur la fleur qui déploie ses pétales enivrants ;
Envoûtée à son tour par les rayons de miel
Découlant d'une placide lenteur, des étoiles,
Et par un désir inassouvi mais jovial
Remontant ses passions au plus profond de son âme,
Et rejoignant le cœur de sa douce flamme,
Qu'un amour éternel devant Dieu témoignera.

 

Le nom de la rose

Rien n'est plus doux et plus simple
Que la sonorité du nom.
Devant lui, je me dois d'être humble,
Car c'est bien de lui que me vient le don.

La mère de la vierge en premier,
Pour ce calme et cette confiance divine,
Donne un trait d'union et ne devine,
Que d'un iris à l'autre l'attachement se crée.

Il lui faut maintenant alors
La douce mélodie de l'aurore
Que la grande Sagesse accroche en second,
Avec cette philosophie qui lui donne ce nom.

 

Mes Frères

Mes frères, mes pères, je vous aime !
Sous les armes et les drapeaux en feu,
Mes yeux se voilent d'un air malheureux,
Et mon cœur perdu n'apprend que la haine.

Je rêve, j'efface, je pleure, je crie,
Mes voix se brisent jusqu'à vos oreilles,
Elles hurlent la peur, et la mort qui sourit,
Elles me brûlent, me saignent et me réveillent ;

Point de soleil rouge ce soir mes frères,
Point de fumée blanche demain mes pères,
Juste ce vent calme et ténébreux ce jour,
Qui de sa paresse a fait taire mon amour.

 

Sens

C'est en cette heure mystérieuse,
Que tous mes sens s'éveillent en même temps,
Pour se concentrer sur la fleur amoureuse,
Et écouter ainsi la pureté de son chant.

Son parfum que mon nez connaît déjà,
D'une coïncidence inattendue,
Revêt la douce couleur assidue,
Charmant véritablement le beau chat.

Il arrive qu'au toucher de sa Main,
L'envie me prenne de l'embrasser tendrement,
Mais mon cœur étrange me retient,
Et peut-être ne se sent pas prêt justement.

A la vue de cette Rose d'Orion,
Je sais déjà qu'un jour chaud et profond,
Témoigne le ciel alors brillant de mille feux,
Ma main prendra la sienne devant Dieu ;

J'entendrais alors crier au fond de mon âme,
L'amour subtil que le cœur donne à la flamme,
Découvrant le goût que je ne connais pas encore,
Et contemplant sans crainte la fleur qui s'endort…

 

Semper fidelis

Lorsque les vapeurs de rose me reprennent,
Et que la main fragile recueille la fleur,
L'ivresse de mes se,s exalte alors mes pleurs,
Que versaient mes yeux empoisonnés par la haine.
C'est une respiration particulière :
Sentir le halètement humide et régulier
Qui caresse avec délice la peau de mes prières
Et rejoint dans mon cœur l'envol d'un baiser.
Je regarde sa voix douce et mélodieuse,
Persuadant à mon âme que le temps s'est arrêté,
Ecoutant en silence les heures amoureuses
Glacées par le froid qui me rend passionné,
Et peut-être qu'un jour où je reverrais la fleur,
Le songe deviendra réel et rejoindra mon cœur.

 

Songe

Cette nuit m'a apporté ce songe infini,
Qu'une réalité délicieuse et jolie
Cadence mes gestes et maîtrise mes pensées,
Faisant voir à mon cœur la vision méritée.

C'est ce jour attendu par l'espoir de mon âme,
Où mes sens concentrés par la fleur et sa flamme
Se rejoignent alors et s'embrassent tour à tour
Quand le désir absolu réclame son amour.

Je ne souhaite maintenant qu'une chose, ô seigneur,
Si ce rêve amoureux a réchauffé mon cœur,
Et sentir le parfum de la fleur de Pise,
Je mourrais alors bientôt s'il ne se réalise.

 

Mariage

Jour de fête en ces lieux agréables
Il s'agit de célébrer, de témoigner
L'engagement de ces êtres admirables
La beauté d'une éternelle vérité.

Je regarde autour de moi ce soir
Je ne vois que joie, amour et plaisir
Je ne vois que vous tous ici réunis
Je ne vois que la fête et son doux chant d'espoir.

 

Le nom

Au bord de la falaise et du grand précipice,
je m'arrête un instant et contemple l'horizon,
Qui m'accorde ce moment que j'attends comme son nom,
Le nom de la fleur, et ses heures, mon délice.
Je comprend alors maintenant que l'on se marie,
L'existence profonde et sincère du Christ ;
Le vent murmure le nom de la mère de Marie,
Et mon sang se glace comme le fort qui résiste.
Je supplie à genoux, les ténèbres me prennent,
Mes larmes s'écoulent en entendant la suite,
La sagesse vient alors et ici médite,
Elle me donne son amour et me reprend sans peine.

 

Justice

Sous les airs d'un chat,
Marche un jeune homme,
Qui n'est, en somme,
Qu'un triste paria.

Il n'est pas dans sa famille proche,
Quelqu'un qui l'écoute alors vraiment,
Ou qui le comprenne finalement,
Mais tout le monde avec ses reproches.

En regard de ses résultats le juge-t-on,
Par de serviles prétextes le punit-on.
Il regarde autour de lui et aperçoit,
Lui faisant oublier ces médiocres désarrois,

Une fleur seule sur sa destinée,
Qui l'attend patiemment et le comprend.
Il connaît son odeur et ses désirs brûlants,
Et lui prend ce soir sa main douce et mouillée,

La contemple sous les étoiles en ce jour,
Et l'embrasse alors revoyant dans le feu
Les brillantes opales charmées par son jeu,
Qu'un jour sans pitié a vu naître l'amour.

 

Aube

Avant de découvrir que l'homme naît de la peur,
Avant de savoir ici qu'il ne la comprend pas,
Avant d'avoir vu la soumission comme sa sœur,
Il faut reconnaître la mort et le trépas,
Du plus beau changement qu'une vie offre à une âme.
De devoir admirer la beauté de la dame,
De réussir l'extase d'un moment de bonheur,
De ne savoir que dire lorsqu'arrive le malheur,
De renier Dieu même, quand l'être succombe à la chair ;
La souffrance alors doit remplacer le beau verre
Et le casser, naïve, pour que l'eau qui donne la vie
S'écoule jusque dans la terre pour que dorme l'esprit.
Les morceaux de la coupe voient la nuit arriver
Et l'aube déposer une douce et fraîche rosée
Sur les éclats qui devaient à terre mourir,
Leur lit de poussière alors sent leurs âmes pourrir.
Mais la mort un jour rend visite à la victime,
Qui pendant des heures atteint de la peur la cime,
Pour ainsi tomber de la falaise dans le vide,
Et voir la lourde faux et son aigreur placide,
Qui d'en bas frappe les innocents corps mouillés,
N'acceptant que leur mal et reniant leur courage,
Dans le livre des morts elle inscrit leurs âges,
Et laisse à leurs âmes par Dieu d'être enfin jugées.

 

V. DEPART

Voyage du pétale

C'est un pétale que je vois voler dans l'air,
Simple et volubile, il est seul sur terre,
Car de toutes les fleurs qui vivent ici-bas,
Il ne provient que d'une seule, de toi.
C'est le vent et son rire siffleur et mesquin
Qui l'a détaché de ton corps voilé mais sain,
Et qui a réussi à me le ramener,
Malgré les pluies de larmes que j'ai déversées.
Il n'est pas tard maintenant et je le garde ici,
Au creux de ma main, rouge de sang, sur mon lit,
Je t'aperçois là, à côté de moi, tu lis
Tous les pétales que cette main t'a donnés ;
Durant toute une vie où elle t'a adorée.
Je suis allongé et bientôt je m'endormirais,
Et au dernier vers lu, tu me sourirais
En me donnant la main, et au dernier souffle de vie,
Je te redonnerais ce pétales et un immense merci.

 

Peu importe

L'oppression gigantesque et la marque au visage
L'empyreume intense et les cernes de ses yeux
Traduisent au monde entier sa seule image
Son unique apparence sa voix et ses bleus

Elle rit pourtant pour elle-même
Cherche un sens pour son regard
Accompagne ses gestes hagards
D'une grande fatigue et d'une triste peine
Elle sourit souvent pour les autres
Frissonne de se savoir laide
Remue ses souvenirs et ses fautes
Fuit les beaux yeux et les aides
Elle rêve dans sa triste solitude
De plaisirs originaux et discrets
D'émotions vagabondes et de paix
D'actions sans avenir et sans but
Elle pleure chaque seconde de sa vie
Au milieu de ce monde incompris
Elle préfère regarder dans ses mains
Les rides et les plis, et son autre destin.

 

Aurore

Le jour se lève sur cette étrange ignorance,
Il me montre sa puissance et me brûle les yeux;
Ne montrant à mon cœur qu'une flamme et ce vœu
De donner à la fleur la douce obédience.

Je confesse en ce jour tout l'amour de mon âme,
S'accumulant chaque jour dans l'unique flamme,
Qui, entre la fleur et le poète malade,
Vois pour l'instant s'agenouiller mon existence fade.

J'ai toujours su de mon cœur et de mes sens,
Que cette flamme qui chancelle sans cesse,
A su, aux yeux du poète, acquérir la confiance
En cet amour véritable que contemple ma tristesse.

 

Le grand voyage

Je veux qu'après ma mort douce et glorieuse,
Ma tendre épouse fine et intelligente
Garde ces pétales et leur maladie vivante,
Ecrits pour elle et pour la fleur amoureuse.
Et je n'ai plus peur maintenant de m'en aller,
De quitter ma jeunesse avec ou sans elle,
Dans un voyage qui ne peut plus s'arrêter,
Avec cet amour et cette flamme éternels.

 

Aurore et destin

C'est aujourd'hui que s'est révélée en moi
La puissance passée qu'avait acquise mon âme
En découvrant dans le cœur d'une fleur cette flamme
Qui ne cesse de brûler et en laquelle je crois.

Et c'est toute mon âme maintenant
Qui supplie la Nature et sa douce volupté
Devant Dieu, mes yeux et mon sang de me montrer
La seule vérité qui subsiste depuis longtemps.

C'est cette fleur divine qui m'a laissé,
Qui a déserté la colline et son passé,
Ne faisant espérer à mon cœur que son retour,
Me laissant découvrir ainsi les passions de l'amour.

Et c'est un songe que j'ai devant le firmament indécis,
De souhaiter à la Rose les plus beaux moments de sa vie,
De ne plus voir le seul chat qu'en triste rêve,
Ou de ne pas oublier tout le mal ici qui se lève,
Devant l'amour et la sincérité de ses désirs,
Lui empêchant de voir son propre horizon, sa beauté ;
Son avenir que la mort du poète peut guérir,
Mais que seuls la fleur et ses doux pétales peuvent sauver.

 

Cuando, cuando

Ah ! la foule revêt son grand manteau blanc,
Son chef se résigne, impuissant, face à cette force facile et noire.

Et moi, impatient devant la rose voluptueuse,
Je tue chacun de mes sens pour ne plus y croire,
Et enfin oublier leurs amours tumultueuses.

 

Enfin

Qu'on se souvienne de cette beauté commune
Qu'on la garde précieusement dans nos corps
Qu'on la regarde célébrer nos accords
Qu'on lui promette la vérité sous nos plumes.

Mon âme entière se libère et s'exprime
Sous la plus naturelle de ses formes
Elle enchante le monde et ses dogmes
Et survole les plus hautes cimes
Je vois la vérité bien plus forte encore
Elle dépasse les projets ingénus de la Mort
Et résout alors le mystère de mes pleurs
Par ses louanges délicieuses de bonheur.

Elle dévoile à mon sens les plaisirs infinis
Qu'apporte cette confiance simple et innée
A ces êtres intelligents et à leur devenir
Et reste ici garante éternelle de leur troublant passé.

 

Envol

Je promets qu'à partir de maintenant
Je serais capable de tout donner
Pour réaliser l'ambition d'enfant
Que j'ai acquise, et toucher le ciel étoilé ;
Et je donnerai à ma femme tout l'amour
Porté par mon cœur et ces pétales calcinés,
Je marquerai sa vie et la postérité,
Comme la fleur m'a fasciné, pour toujours.

 

La raison

C'est la grande fin qui annonce mon départ,
Le dernier mot qui termine mon œuvre-d'art,
Car, ici, mon histoire de doutes et de tourments
S'achève sous le soleil rouge du firmament.
Et ma vie alors démarre au jour prochain
Où je verrais la fleur et un amour certain.

 

Alea jacta est

De nouveau le calme revient peu à peu,
Il instruit mon âme sous la pluie fine,
De ses doigts agiles, l'amour me dessine,
Mon corps est refroidi, mon esprit malheureux.
Et tout aurait à ce moment pu arriver,
Encore aurait-il su me montrer un beau cœur,
Ou quelqu'autre chose de joie ou de douceur,
Mais rien ne s'inscrit déjà sur le papier.
J'attends longtemps devant une porte en bois
Que j'avais malgré tout à peine remarquée
Hormis là, au-dessus, cette fleur colorée,
Qui m'intrigue et me fascine, moi, tout en bas.
Et durant ces moments sur ma vierge feuille
S'était dessiné dans ce décor feint de deuil
Une simple flèche pour un simple amour,
Me montrant mon chemin et la fin de mes jours.

 

***

Fin du voyage


Je décide devant Dieu et ma montagne,
De partir faire ce dernier voyage,
Où de la terre, je verrais tous les âges,
De mon cœur, je sillonnerais les campagnes.

Car j'aurais alors, en une courte durée,
Découvert l'unique élément d'un grand pouvoir,
Qui me permettra ainsi de réaliser
Dans ce monde où l'on à tendance à tout croire,
Les multitudes de différences réelles,
Et qui ne proviennent que d'une seule,
Menant mon esprit malade et son doux linceul,
En son temps venu, vers la gloire éternelle.

Mais le chemin qui conduit à la postérité
Est jonché de morceaux de fragiles statues
Représentant des hommes et toutes leurs vertus,
Malgré leur espoir et leur grande volonté,
Ils étaient seuls face à leur égoïste dessein
De réussir à tout prix pour leur lendemain,
Mais il arrive un moment différent pour chacun,
Où l'orant élaboré par l'artiste,
Qui le renforce et sans cesse insiste,
Finit par chanceler et se briser enfin.
Car devant le Seul Juge et l'Unique Témoin,
L'homme comédien ne peut mentir plus longtemps,
Ainsi, seuls ceux que Dieu a gardé dans Sa main
Peuvent affirmer leur foi et arrêter le temps.

***

Ce grand voyage que j'ai choisi de faire
Devra, comme un rêve précède le réveil,
Annoncer le lieu certes imaginaire
Où mon âme sous une large treille
Pourra profiter de son dernier repos,
Pendant que mon corps et chaque plaies de ma peau,
Sous la terre des hommes et le pardon de Dieu,
Demeurera un souvenir beau et vieux.

Le mystère du moment d'arrivée est grand ;
Mais devient alors d'autant plus motivant.
Si Dieu décide de cet instant ultime,
Nous devons nous résoudre enfin
A la richesse de notre escapade minime,
Devant ainsi suivre d'honorable desseins ;
Nous pouvons sans doute toujours rêver encore
Ici à la beauté exquise et suprême
Du paradis et sa volupté de crème,
Accueillant tout homme à la fin du voyage ;
C'est là que règne la seule paix des sages,
Tous ensemble, égaux dans l'âme, et dans la mort.

Alors que le ciel est d'un bleu parfait en ce jour,
Un archange de lumière apparaît et dit :
" J'invite tous les hommes au grand voyage,
Ayant vu de cette terre tous les âges,
Il est utile de trouver courage et amour,
Pour débarrasser les visages de leurs sourires flétris. "

 

Postface

Il est de mon devoir, maintenant, de conclure brièvement.
Chacun possède son seul libre-arbitre, qui est souvent très influençable, et ici, doit faire abstraction de viles comparaisons, qui n'ont pas lieu d'être pour cette humble création. " Rire vaut mieux " disait Voltaire, ici sourire suffira, et en replongeant chaque pétale flétri dans son contexte temporel, il faudra à votre tour rester humble devant le sentiment qui pousse l'artiste à créer, ce sentiment que tout homme possède, et qui est à notre époque ridiculisé et banalisé à l'extrême, ce même sentiment que j'ai présenté au début de cet opus. On le cherche constamment, sans jamais vraiment le trouver, mais pour ce qui est de croire, ça il faut bien l'avouer, la foi mobilise nos esprits, mais cette foi là ne soulèvera jamais de montagne…c'est une foi en une image banalisée et médiocre d'un amour artificiel et superficiel, et je crois sincèrement que c'est un fait grave que de croire que ce sentiment, d'une importance capitale pour celui qui sait l'utiliser, ou plutôt qui sait le découvrir, car il sait dès lors que son égoïsme vis-à-vis de cet amour véritable sera bas et ridicule, peut être en tout point maîtrisé, de même qu'il est grave de penser pouvoir ne pas en être victime. Car c'est ce qui pousse certaines personnes à ne plus croire en rien, à devenir blasées de tout, résignées ; et j'avais mentionné ce problème dans le prélude de direction, vis-à-vis de ce qui apparaîtrait comme la conséquence d'une telle non-croyance, qui en fait est une véritable croyance, qui est de ne plus rien faire, et de ne plus avoir goût à la création, et à l'activité, quelle que soit se formes…
La métaphore de la fleur, de la rose, est reprise évidemment par beaucoup d'artistes, mais est sûrement à chaque fois différente, mue par un sentiment propre.
Les pétales de cette fleur sont le seul langage qui puisse effleurer l'esprit d'une personne ne partageant pas le sentiment qui me pousse à écrire. Sans ces pétales " maladifs ", le sentiment global ne serait pas si exalté, si pur pour les autres (car la pureté existante à l'intérieure d'un couple amoureux n'est pas remise en cause), il faut, je pense, savoir dire ce que l'on ressent au bon moment, et si cela est dit avec assez de parcimonie et de courage, assez de mystère et de beauté, il faut pour cela et seulement pour cela, le dire à tous les hommes, non pas pour qu'ils sachent que notre amour existe pour quelqu'un, mais bien évidemment pour qu'ils remarquent que ce sentiment qui à l'air si courant à travers l'humanité, ce sentiment est bien trop maltraité, paradoxalement. Il sert souvent de prétexte à des fins ridicules et mauvaises. Ce qui compte dans ces pétales pour moi, doit servir d'exemple d'une humilité souvent volontairement oubliée, et c'est cette humilité pourtant qui sert, non pas à paraître modeste et généreux, mais bien à comprendre que cette humanité si peu respectueuse, et si peu tolérante, doit se fixer comme maître absolu son seul Dieu, sa seule Force, son seul Guide, et sa seule Foi en un amour véritable, détrônant tous les ersatzs que les hommes ont pu créer, et à bien accepter que l'égalité des hommes n'est que relative, on n'est égaux que devant Dieu et devant Sa loi, les autres formes d'égalité créées artificiellement par l'homme pour se donner bonne conscience, pour avoir l'air honnête et respectueux de l'autre, ne sont que secondaires, et pour la plupart inutiles. Le respect de l'autre ne passe pas par une fausse acceptation d'une pseudo-égalité par rapport à cet autre en question, il passe avant tout par le sentiment véritable et pur d'une humilité devant Dieu.
Pour conclure, il y a dans cet ouvrage ce sentiment personnel qui est exalté et exprimé de manières récurrente, et aussi cette volonté de dire aux autres qu'il est grave, quelles que soient les circonstances de négliger et de banaliser n'importe quel sentiment humain, mauvais ou bon, et que l'amour est souvent de nos jours source d'une trop forte exaltation, d'une banalisation visant par un but égoïste à trouver un certain réconfort dans son fore intérieur.

Cet ouvrage n'est destiné qu'à une et même personne, il a été fait pour elle, elle le gardera, car je lui offre, et rien ne pourra empêcher le souvenir de nos deux mémoires de s'unir perpétuellement, en repensant souvent, à ces moments qui ne pourront jamais s'oublier. Et en attendant de voir le volcan jaillir, et de voir tous ces pétales s'envoler et s'unir à la fois, il ne reste qu'à m'arrêter là, et de garder la fleur vivante pour toujours.

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Dis-moi DIX MOTS

S'apprivoiser pour faire de ses racines un socle solide, mon dieu ce que cela peut être bien long et difficile.

Une boussole, de la rigueur et une envie folle d'évoluer seront les outils, les instruments nécessaires pour travailler sa pierre brute et faire qu'un jour un bijou jubilatoire en ressorte.

Mais, avant cela,
que de labyrinthes, de passerelles devrons nous emprunter pour identifier, trier, modifier, améliorer, avant de déposer les masques que la société nous aura imposé.

Et, quand le jour sera venu de s'attabler calmement au milieu du monde aveugle garni d'une succession de palabre: l'heure de s'adapter avec tact, repli et maturité sera enfin arrivé.

Le bel âge sera prêt à vous à vous recevoir.
Les rhizomes auront été figés à jamais.

Vous saurez enfin qui je suis,

Vous saurez enfin qui vous êtes,

Et votre visage aussi.

Amel Bakkar  amelbakkar@free.fr

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