Poésie23
Bienvenue
aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette vingtième et unième
page de poésie !
Leur plaisir continue ici :
|
Index: |
|
Cinq
poèmes de Eva Levant, octobre 2005.
Sept poèmes de Steph Nicolas, octobre 2005. Les mille chemins Steph Nicolas, décembre 2005. Le prisme du shaman Steph Nicolas, décembre 2005. Je voudrais Tanii Chan, novembre 2005. |
Y'a une trace qui me tracasse,
Y'a une douleur qui me fait peur,
Y'a une passion emplit de pression,
Y'a une pendule qui rend tout ridicule,
Y'a pourtant un problème c'est qu'ardemment je t'aime…Y'a un présent qui se veut attachant,
Y'a une larme qui prévoit le drame,
Y'a un sourire qui espère en l'avenir,
Y'a une main qui à toi tient…Y'a une nuit qui murmure fini,
Y'a un espoir auquel j'aimerais croire,
Et puis, y'a un cœur qui sent ces menaçantes heures…***
Y'a des jours où le paradis ressemble à l'enfer
Et où nous ne savons plus quoi faire.
Rire ou pleurer au fond c'est pareil,
Ca demande de l'esprit un éveil.
Nous, nous voudrions une seule réponse
Qu'enfin une certitude en nous s'annonce.
Hélas, nous n'avons que des questions
Et, enfouit en nous, de vagues opinions.
Parfois, nous voudrions brûler notre mémoire,
Recueillir les cendres de notre histoire,
Tout recommencer à zéro
Et, ne plus souiller le beau,
Faire une marche arrière
Et, croire aux prières,
Redevenir ces enfants
Qui trouvaient le destin étonnant !***
Enfant du paradis bordé dans des draps en soie,
Tu souhaitais de ta chance voir les autres voies.
Envahi par l'ivresse : frôler les malheureux ;
Sensitif dans ton âme : ne pas laisser de bleus.Défi stupide vu du dehors !
Tant conquérir n'est-ce pas un tort ?
Déconcerté par un tel décor,
T'as sali tes nuits dans tous les ports.Ne rien perdre dans cette aventure
Mais, combien as-tu laissé de blessures ?
Tu ne te considères pas parjure ?
Seulement le beau monde te rassure !
Lâche qui offre uniquement sa chair,
Calmé pour le reste par les prières.
Se prenant pour l'Élu, il oublie le hier.
Son parcours nocturne n'est que chimère !***
Au fil des ans et de l'expérience, apprendre.
Des promesses et des certitudes, attendre.
Face aux sourires persistants, entreprendre.
Puis, un jour, de la magie des gestes, s'éprendre…En accord de décadence, s'apercevoir.
De cette rencontre au hasard, s'émouvoir.
Juste le jeu d'un soir ? Cela reste à voir !
Dans la pénombre, un lendemain entrevoir.Faut-il uniquement à l'autre enseigner ?
N'est-ce pas trop facile de toujours gagner ?
Méfiant par nature, personne veut saigner.
Le poids des maux, il est trop dur de le soigner !Donner sans réfléchir et y croire.
Tant pis si demain finit l'histoire.
L'itinéraire n'est pas à revoir ?
Qui n'a pas fait une erreur un soir ?***
Sur la même branche s'épanchent deux oiseaux,
Sereins de contempler le monde de plus haut.
Plus proches des cieux, ils sont heureux.
L'aube se reflétant dans leurs yeux.Patiemment, ils bâtissent leur nid,
Sachant qu'ensemble ils sont bénis.
Avec un chant plein d'espérance,
Demain symbolise leur chance.Le nouveau-né sera entouré de protection,
Ses parents lui portant une vive attention.
Lors de son premier envol dans le ciel,
Il se montre sûr de son potentiel.Loin de songer à la chute,
Avec ses ailes il lutte.
Lui aussi connaitra l'enchantement,
En occupant son temps tranquillement.
Offrir tous ses lendemains, sans méditer sur la fin.Eva Levant, evalevant@neuf.fr
Attente
Le calme feutré des profondeurs de la nuit
Est bien mort et sa source tari
Comme un fluide sur nos chairs endolories
Le temps s'évapore de nouveau et nous fuit
Que reste-t-il de ces instants morts sans un bruit ?Ce matin aux moments immobiles
De passages dans ces limbes australes
Mon cœur rythme l'attente fatale
Et à chaque battement ma pensée oscille
Dans cet intervalle trop long pour nos âmes trop fragilesJe voudrais être croyant pour encore prier
Égrainer un chapelet au son du rosaire
Implorer Dieu de m'éloigner cette misère
Je voudrais être vide pour ne plus y penser
Mort sans cesser d'existerEt toutes les clepsydres dans leur fond percé
Laissent passer bien moins lentement
Les saisons les heures et les moments
Remplis d'amour et d'amitié
Que ces instants où nos âmes comme piégées
Pourrissent et dérivent une éternité***
Comme elle est
Les paroles de saphir au loin roulent sur des horizons fuyants
Il est encore tant que l'agonie se termine
Pour entendre enfin la voie
Je perce la croûte, ignoble carapace,
Qui forme ton aura,
Magnifique,
Et balaye ton spectre miroitant dans l'ombre et au-delàQu'avons-nous tous ?
Et toi qu'à tu donc ?Ôte ta vie des chemins de traverse
Prends la diagonale pendante sous la lune rousse
Demain il fera jour, sois en sûrEt plus jamais tu ne verras demain.
Il se peut que la pluie nous rattrape
La chaleur nous talonne déjà
Et au plus loin des ténèbres tu t'enfonces
Pour hurler à la vieLe chant nocturne DES ÂMES SEULES
Et QUE les plis de âmes se dénouent
Libérant nos rêves de leur prison de chairJe n'ai rien voulu
Je n'ai rien puEt toi, qu'as-tu donc ?
A peine des peut-être susurrés
Des remords asséchés
Des tant pis prescrisBienvenue au village des veuves orphelines
Myriades d'étoiles à jamais échouées
Sur le sable
Mouvant de nos désirs éméchés
Dans la plénitude souveraine de nos croyances frelatéesCa sent si bon ce soir !
Et toi ? Le sens-tu ?
Le sens-tu cet air qui souffle des orgues de la terreRien que pour toi ? Rien que pour moi ?
Les anges ont lavés leurs péchés
À la fontaine enfouie
Les larmes ont séchées
Leur souffle s'est tariEt toi qui est-tu ?
Mirage,reflet,postiche,potache,onde évanescente , naissante, cuisante, ombre, ocre limpide, ogre putride, apparition translucide, chimère, fragment de rêve, fantôme huileux, hologramme flottant dans l'éther vaporeux d'un sombre laboratoire, miracle, vérité ou mensonge, sphinx, phoenix hypocondriaque, virus latent, comète, trou noir, ABÎME, sommet, agrégat de quarks charmés et étranges,
ASSEMBLAGE DE VIDE
Tu n'es rien
Tu n'es vraiment rienEt je suis fait comme toi, mon siamois
Et je te hais
Et je t'aime
Et tourne l'onde, tourne et nous emporte
Confusément
Au rythme indéfinissable des marées lunairesEt je t'emporte là où vivent les songes lumineux
Et je t'emporte
Là où vit le jour, où dort la nuit
Et je t'emmène au pays des Dieux morts
Là où le temps, ce faux frèreImpatient, nous attend
Regarde là-bas
Au loin se lève l'immonde rumeur
La Terre frissonne déjà et
Tu sens le souffle renaissant
Des cohortes hurlantes
Venant chercher l'ultime combatTu te penches et lèche la Terre
Tu es prêt maintenant
Ton cimetière est a dessus de toi
Ta place devant
Toujours devantEt tu y vas à reculons
Tu veux brusquer la ville endormieMais toi ? Qui es-tu ?
Que cherches-tu à prouver à mes yeux malades de voir ?
Tu brûles maintenant et te sublimes
En vapeur éthérée qui tournoie autourDES ATTRACTEURS ETRANGES
Tu n'es qu'un bruit dans le silence éternel
Des Dieux encensésTon royaume est de poussière
Je suis venu y poser des chrysanthèmes
Sois béni misérable !Je t'enterre à jamais
Célèbre ton ultime messe
Ceci est ton corps nu, céleste, avide et surdimensionnéIl n'y a plus de limite
L'univers s'étend
Et sous mes pieds la route gravie
L'ultime montagne
Que l'homme n'a jamais SOUILLEEt toi qui es-tu ?
Tu te sauves ?Perds toi bien et à jamais.
Les paroles de l'enfer glissent par derrière
Et nous frappent dans le dosTu ne peux le voir, toi l'inconnu aux milles visages
Le monde c'est endormi ce soir
Laissant le temps en suspendEt toi qui que tu sois
Prends soi de toi
Mon ami, mon amourJe t'aime à jamais
Et pour toujoursChut ! SILENCIO !
***
Deuil prématuré
O mon amour, étais-ce un mirage ?
A mes yeux tu apparais troublée
Déjà sur ta peau, comme un présage,
J'aperçois une larme coulée.Les soleils pour toi flambent
Dehors la bise souffle son haleine amère
Un filet de sang sur ta jambe,
Coule, et déjà je ne suis plus père.Dors, mon fils éphémère
En aurais-tu assez vu ?
Pour de la vie rester chimère
Peut-être ne t'a-t-elle pas plu ?Pour toi qui n'est pas né
Avec notre âme comme unique cercueil
Il n'y a nul cimetière où aller
Ni tombe à fleurir les jours de deuil.Est-il possible de mourir avant de naître
Ô mon enfant céleste,
Pourquoi est-ce si dur de tout simplement être ?
Pourquoi ces jours funestes ?***
Le retour
L'autre rive, déjà loin, rejoint l'horizon passé
L'étoile du berger annonce, imminente, l'arrivée de la nuit
Et de son cortège funèbre de rêves enfouis au plus profond de nos êtres Intimes
Des lueurs crépitantes éclairent des univers invisibles
Soleils de mondes noirs
Le notre s'étend dans l'agonie
Crépusculaire du dernier soirNotre âme alors, prend le relais
Et distille son pâle halo de lumière blafarde
Pour éclairer la tendre réalité de nos rêves au rabais
Et balayer l'ombre de notre vie bien réelleNous autres, passagers des âges
Naviguons sur des mers incertaines
Doublons des caps loufoques
Amarrons dans des ports sombres et inconnus de tous
Nous, capitaines naufragés aux navires engloutis,
Sommes les seuls maîtres de notre fuite
Nous ne sommes que mouvement
L'espace comme nourriture
Et nous disposons d'une sensation nouvelle :
Le temps
Le temps n'est plus absolu
Il est absolument relatifICI TOUT N'EST QUE RELATIF !
Les vibrations célestes délaissent un instant
Seulement
Les fragiles fragments de nos vies éclatées
Comme cristal devenu firmamentVeux-tu bien nous laisser maintenant,
Muse des créateurs divins ?
On a si peu de route à parcourir, et tant de mystère sur ce cheminLa longue plaine déroule son tapis luxuriant
Pendant que des montagnes couronnées de brumes sacrées
Contemplait, sous la voûte des astres noctambules
L'éphémère débâcle de nos insipides petites vies bien trop terrestres à leur goût
Reprenons le chemin qui, là-bas, comme tous les autres
Nous emmène nulle part, où plus rien ne bouge
Où la vie rejoint la mort sur le lit de l'oubli
Pour une ultime étreinte
Pour un orgasme éternelDes enragés écorchent les couronnes de ces rois solaires
Et s'intronisent dieux de la nuit
Notre âme captive se libère de son écrin de verre
Nos yeux s'aveugle de ne voir l'infiniIl est bien des routes sur les flancs échancrés du destin
On peut se perdre au hasard du labyrinthe sous jacent
Qui est-il cet homme sombre, seul sur ce chemin ?
Pourquoi rêve-t-il d'en emprunter un autre ?
Ne voit-il pas qu'il mène tous au même endroit ?Souffle, court, pagaye, élague, crache,
Chute…
Relève-toi
Dort, vit, gît……mais ne crève pas avant d'être au bout de la route
De retour
À l'endroit d'où tu étais parti
Jadis
Tu n'as fait que gravir l'échelle immonde du temps
Décriant des cercles idiots
Dans le vide indifférent de l'espace
Déroulant à l'infini ses rubans de Moeubius,
Sous tes piedsTu es tout, c'est-à-dire rien
Tu soupèses s de tes mains faibles
L'univers tout entierIl pèse bien moins lourd que ma monade
D'où la raison est bannie
Pour laisser la place à la nature voluptueuse
De ma puissante folie créatriceNous empruntons toujours les chemins du retour
Traînant dans notre sillage avec amour
La lente litanie du temps passéDans une nuit d'encre, nous traversons le présent
Semant nos sens aux quatre vents
Guettant le réveil de nos appétits rassasiésJe suis de retour
Et mon âme pleure des larmes de rêves
Qui coulent dans mon être
Et m'inonde comme une mer salée
Cicatrisant mes blessures de l'intérieurJe suis de retour
Je reviens de là-bas où naissent les fousJ'y reviendrai
Bientôt
Quand l'incessant mouvement du balancier sera mortJe reprendrai le mien
Je suis de retour
Dans ce pays qui est le tient
Où ne demeure nulle place pour nous
Et nos désirs vainsJe suis de retour pour te conter la beauté des dimensions inaccessibles
Où c'est perdue, jadis, mon âme sensibleMes racines
Immenses
Savent d'où je viensRetour
Ô charmant refrain
Tu nous tiens pour toujoursDans le creux monstrueux de ta main
***
Requiem pour une tumeur
Obscène bulle de néant
Baignant d'un océan de vie
TUMEUR, d'où viens-tu réellement
Et pourquoi te poser ici ?Au plexus solaire, en plein
Tu te loges chaudement
A côté de ce coeur que je connais bien
Qui en nous, mon frère, propulse le même sangInvisible ombre intérieure
Tu te déploies dans le silence
De nos chairs et de nos peurs
Tu te nourris de notre substanceSingularité de mort, noir de néant
Qu'aucun rayon ne traverse
Qui dévore l'énergie et le vivant
De ton sombre secret vide de sens, rien ne perceMais ton règne de douleur touche à sa fin
Les pleurs déjà ont tari
Et dans la chair, la révolte enfin
Sonne le glas de la saison du pourriAlors quand à ton tour tu connaîtras
Le doute, la solitude et la peur
Saches que je veillerais à ce que ton trépas
Soit une apothéose de douleurTUMEUR, tu ne seras plus féconde
A la place glacée qui jadis fût tienne,
Repose désormais la chrysalide d'un nouveau monde
D'une vie couleur sienneEt je ne cesserai jamais d'y croire
Mon frère, ma vie
Mon reflet dans les miroirs
Saches que mon amour dans l'éternité te suisA toi mon frère chaque battement de mon cœur
***
Quand j'ai pleuré
Alors que l'onde de lumière,
mince armure contre les ténèbres,
semblait vous envelopper d'une aura funèbre,
J'ai pleuré
Quand vous entamâtes l'adieu d'Apollinaire.Quelle résonance cachée en ces quelques vers,
Libérée par cette voix d'outre tombe,
Qui éclate l'esprit comme du verre
Lorsqu' il tombe.J'ai pleuré, et je m'en excuse,
Quand de votre voix, précédée
Par celle de l'être cher, tendre muse,
Les mots lumineux ont été susurrés.
Comme dans un étrange dialogue
Où la vie répond à la mort,
Qu'il n'y aura nul épilogue ;
Mais l'amour, encore
Encore….J'ai pleuré, enfin, quand
Vous m'avez révélé en vous relevant,
Ce qu'aucun livre, aucun discours
N'avaient su faire auparavant,
L'énigme que l'on nomme amour.Car pour la première fois ce soir là,
au fond d'un théâtre où parlait un géant,
la vie ma prise dans ces bras
et j'ai pleuré devant sa beauté, comme un enfant.J'ai vu l'amour d'un père,
Pur comme la première aube qui éclaira la terre,
Il se tenait debout sur scène, Nu,
son regard était celui d'un enfant perdu
ses bras, dans un pareil désaccord
se perdaient le long de son corps.
Tout son être appelait à l'aide,
avocat, qui pour l'unique vérité plaide,
ces paroles étaient l'œuvre d'un autre,
mais de leur cause se fit l'apôtre,et quand arrivera l'heure du dernier somme,
il sera temps de se retourner,
de contempler une dernière fois
que c'est à lui que je dois ,
C'est à vous que je dois de ne pas avoir oublié,
Que moi aussi j'étais un homme.
Et alors jamais plus, où que je puisse aller,
je ne pourrai oublier
votre visage,
votre expression profonde,
comme le présage
d'un autre monde.***
Dolce
Une voie entonne au loin
Quelques chants oubliés
Il me semble que c'est en italien
Que ces airs sont fredonnés.L'air tout à coup frissonne
Et l'atmosphère plus légère
Brisant l'humeur monotone
Qui existait naguèreMes pensées se font vagabondes
Je l'imagine frivole et insouciante
Et le désir en moi abonde
Comme venu de ma part inconscientePourtant qu'il est faux ce chant,
Comme nous tous ici
Nous qui ne savons accorder notre instrument
Aux rythmes silencieux de la vie.Steph Nicolas, mifoune@free.fr
Ô conscience ! A tous tes charmes mes sens se croyaient rompus, alors pourquoi ?
Pourquoi ?
Mais pourquoi déjà tu ploies et te saborde ?
Pourquoi ?
Pourquoi sur ces tissus par la vie trop vite érodés,
Faire pleuvoir des averses de douleurs,
Foudroyer ma pauvre carcasse
Devenue l'ombre de l'ombre de mon ombre
Pourquoi cette grêle dans mes veines
Le chant de l'Angélus n'a-t-il point retenti ?
Pourquoi pleurer maintenant, maintenant seulement,
Et ne pas plutôt tout oublier ?
Pourquoi alors si près de l'abyme
Ne pas aller y plonger un regard furtif
Que verrait-on alors ?
Maintenant que la fuite nous est à jamais interdite
Il suffirait de se pencher juste un petit peu
A peine…ALERTE !
ALERTE !Les infinis possibles me reviennent
comme une onde incessante dans mon âme de marée lunaire
Ils reviennent et se succèdent dans un rythme infernal
Déchirent cette chape céleste viellant du dessus
De cette brèche pénétrer des océans en furie
Déchaînant leur colère dans le vase vide de mon corps
L'œil du cyclone me regarde un instant
Puis reprend sa course folle contre le temps.Ô Vortex ! Ô grande tempête qui chavire nos âmes échouées !
Combien de plaies suppurant de l'intérieur à panser après ton passage ?
Balaye nos vies, charmants pantins
Fais nous danser dans tes bras
Et passe donc, comme dit le poète
" puisque tout passe… "Se métamorphose alors ce chaos en des étendues infinies de mers tranquilles
Accompagnées de leur parure de chaleur affolant nos pauvres sens
Ces fils ténus qui, pareils à ces marionnettes vides de vie, nous relient à la réalité atroce.
Ces fils d'Ariane se sont perdus dans l'antichambreEt mon regard, jamais loin du sol,
Prend son envol pour ne plus jamais se reposer.
J'appréhende une sensation nouvelle : le mouvement
J'ai quitté le monde du temps et je ne suis plus qu'ondeEt je ne suis plus qu'onde
Fluctuation d'énergie se propageant dans le vide infini
Sans plus jamais déplacer de matièreEt je ne suis plus qu'onde
J'ai cessé à jamais d'être probabilité
Je ne nourrirai plus jamais le ventre affamé des statistiquesMon âme parle à mon âme :
" Mais que dis-tu ? Je ne reconnais pas ton langage .
Pourtant je m'abreuve de ces mots que je ne comprends pas,
Je m'en imprègne et m'en part, et j'en oint le linceul de mon esprit
Ils irriguent les vaisseaux de mon non-être
Alors que déjà bourgeonnent des beautés insoupçonnés
Des myriades de pétales de fleurs tapissent ce cheminÔ Chemin je te chante !
Je chante ta ravissante égalité devant toute chose
Je chante ta plainte douloureuse
Je chante tes courbes généreuses, et ta sinueuse façon de nous perdre
Je chante ton secret, cette fin qui ne vient pas
Je chante l'horizon qui seul te limite
Ô chemin je te chante !Comme le sanglot tout à coup me secoue
dans un spasme d'une violence que seul connaît celui dont la vie s'enfuit
et s'estompe les brumes soufrées de ma torpeur
Je vois clair à présent, car je suis aveugle
Aveugle d'avoir trop voulu regarder sans ne jamais rien voir
Et l'ombre inéluctablement tourne autour du cadranÔ pitié ! Qui que tu sois pitié !
Ô Archange céleste ! Ô Brahmâ hindou !
Ô Tao ! Ô Sahrayama !
Ô Divinités diverse et variées qui dansent d'une danse cosmique !
Ô Toi, qui que tu sois, est pitié de nous !
Nous, amas de matière doté de vie au hasard d'une comète
Improbables puzzles cosmiques naissant et mourrant sans jamais renaître
Ô regarde nous ! Contemple notre souffrance à vive !
Ne vois-tu pas tous nos petits gestes inutiles, ridicules, futiles
Religieux ou athée, prétentieux ou vain ?
Ne connais-tu donc pas l'effroyable angoisse du prochain souffle qui tarde à venir ?
Ne conçois- tu pas l'insupportable sensation D'ÊTRE ?
Et pourquoi seulement nous avoir doté d'un regard
Si ce n'est pour contempler notre propre perte
Mais je sais voir maintenant
Maintenant que mon essence vitale, lentement, sournoisement, s'évapore
J'ai appris à voir
Les images affluent et se pressent à l'orée de mon œil nouveau
La glande pinéale entame son règne
Alors qu'en moi tout décline, d'un déclin organique
Ô grand Sorcier !Ô Yaki indomptable !
Je te chante ! Je chante ta science de l'homme et de la vie
Je chante tes connaissances que l'homme métallique a bannit de son royaume froid
Je te chante et devient ton allié par mis les alliésTout d'abord j'aperçois la beauté
La beauté de toi ma mère
La beauté de toi mon frère, toi que je croyais perdu
Et ta beauté ma sœur, ma petite sœur de mélancolie
Je te chante beauté ,mère de toute chose
Je te salue !Et la tienne mon père, toi, mon moi avant moi
Toi qui maintenait mon essence avant que je naisse
Je perdurerai la tienne dans l'autre royaume après ma mortEt ta beauté sans pareil mon amour
Ta lumineuse étoile
L' horizon de mon occident, de mon orientTu étais tantôt l'air pour que je respire
La lumière pour que je vois
Le goût pour que je senteLa mort pour que je vive
Puis de ce magma bouillonnant d'images hypnotiques
Jaillit la violence, cette traînée de sang derrière nous
Partout, où que je regarde
Ô toi l'indien ! Je pleure ton esprit
Je le pleure et l'invoque et damne le mien
Au moment du dernier passageTOUT EST AINSI VIOLENCE
Comme une tragédie tatouée au cœur même de nos chairs
Haine nucléaire, génétiquement modifiée
Se laissant aller, indolente, au gré des courants
Tu enfièvre mon âme triste
Tes effluves m'enveloppent dans une spirale ascendante
Dans un entropique simulacre de chaosÔ haine ! Commune compagne de l'âme humaine
Tu n'en es que l'ordinaire et banale émanation
L'hologramme incarné de notre pourrissement profond
Et pourtant tu fleuris joliment
Ouvre tes corolles sous le vent
Et diffuse tes effluves pourrissant nos esprits piteuxGuerre ! Pourquoi ? Massacre ! Pourquoi ?
Et allons ! Génocide, infanticide, race, Territoire
Mais POURQUOI ? Pour qui, pour où ?
Comment ? Comment, merci on sait !
Partout des chairs éclatées, du sang caillé, des fragments d'organes disposés çà et là sur des poitrails éventrés
Mais où cet homme dont parle l'évolution ?
Lambeaux de peau, triste constellation terrestre
Lambeaux
Lambeaux de vicères
Lambeaux
Lambeaux d'âmesPourquoi ?
Si facilement je mutile et je massacre
Je retire la vie
Pourquoi ?Et comment saurais-je que je suis moi sans l'autre ?
ASSASSIN
ET comment saurais-je que je suis moi sans l'autre ?
L'autre, l'autre
Et au-delàJe te chante Ô Violence !
Je te chante ma tendre maîtresse, ma liaison avec la mort
Je te chante toi, toi ton propre ange destructeur
Grand architecte de ta déchéance, as-tu besoin de t'inventer des Dieux
Pour réaliser ton apocalypse ?Je te chante abominable face de l'homme
Mon regard soutient ton effroyable laideur
Et la fait plier sous son poidsJe distingue encore quelques larmes sur ton pâle visage
Pareils à des prismes dispersant dans l'air des lumières infinies et dorées
De ta radieuse beauté
Ne pleure plus mon tendre amour
Ne pleure plusDe nul part éclate alors une douleur
Déversant des torrents de lave en fusion dans mes veines
Et figeant mon corps dans une étreinte atroce
Dans le carcan atroce de la souffrance
Comme un sifflement aigu de tous mes sens
La toute puissante violence de la vie à son apogée
M'écrase de sa trop lourde gravitéJe voudrait tant revoir tous ces sourires
Sentir de nouveau sur ma peau l'haleine brûlante de ton désir
Laisser pénétrer tout mon être de ton aura
Pétrir de mes mains la masse vibrante et henné de tes cheveux
Serpenter et me perdre dans les méandres de tes formes
Pénétrer la chaleur de ton sexe
Maintenant !
Je veux enfanter la vie encore et encoreEntends-tu mon amour mon élixir
monter du fond des enfers rien que pour toi
ce chant, ce chant du condamnéIl est venu le temps de la guérison
Que m'eût prédit l'oracle qui au cœur de mes chairs
Pénètre de son regard comme une lame sans fin
Jusqu'à la gemme de lumière enfouie ,
Tapie sous des strates d'une noirceur cancéreuse
Alors allons brûler nos tumeurs aux chaleurs ancestrales des soleils lointains
Perdus au fond de constellations laiteuses
Quelque part au milieu de rien, du vide interstellaire
Naquit une matière grégaire, assoiffée de malheur et de souffrance
Grossissant sa masse dans l'ombre des nébuleuses, à l'abri des regards
Crachant son haleine immonde sur les courbes lisses et constantes du temps
Comme au fond du puit se développe une vie interne, organique,
A la source
Jusqu'à ton étoile se propage dans un ultime soupir divin
Le reflux de lumière cristalline qui plus tard illuminera
Des mondes presque engloutis, au bord de l'abyme sans fond
Alors mon frère perçois la douce mélopée des anges
Qui comme des hordes sibyllines, par armées entières
Avancent et peuplent ces noirs éthers
Comblent cette place demeurée vide depuis l'abandon des DieuxEt sombre avec moi
ASSASSIN
Et périt dans mon ombre
Mais qu'avons nous fait de nos vies
Que d'un geste, d'un seul
Le grand tout, le grand rien,
Balaye du revers de la main
Mais quelle copie lui rendrons nous demain ?Ô courbe de ce grand chemin, juste tangente à la vie
Ainsi qu'une réalité en tout point identique
Moi qui ais perdu depuis longtemps perdu ma boussole
Saurais-je te suivre ?La combinaison secrète des infinis possibles
S'écoule en silence dans les canaux lymphatiques, en plein
Nous ne sommes que squelettes, goules déambulant dans les couloirs du temps
Perdues entre deux mondes trop exsangues
Comme aveugle en pleine lumière nous y allons
A petits pas, toujours en ligne droite, la pente y est douce
Mais quand briserons nous ces chemins ,tracés
Par d'autres que nous, dans des diagonales furieuses ?
Jaillissons un instant !
Dans un instant fulgurant
Faisons nous poreux pour laisser traverser la lumière baignant les lieux
Pour nous emplir d'ondes millénaires qui tapissent l'espace temps
Qu'avons nous fait de nos vies ?Ô mon enfant, ma vie, mon amour, ma chair, mon sang, mes gênes, ma matière fille
Tu virevoltes au dessus de touts ces monades cyniques
Ta souffrance au centuple je t'en délivrerai
J'imprimerai ta vie au tapon des encres ancestrales et perdues
Qui jadis eussent servies à rédiger les lignes originelles de la naissance des mondes
Que la mort puisse prendre tes chairs, je m'en moque
Ton âme un peu mienne, à jamais, laissera sa morsure dans l'échine du temps
Je serais le cyclope soutenant la voûte lumineuse de ton ciel
De mes bras de Titan je soupèserai tes douleurs intimes
Réinventerai quelques magies noires pour ressusciter
les anciennes divinités tapies encore sous des tertres verdoyants
et rectifier les erreurs dans l'indéchiffrable calligraphie de nos viesAlors que peu à peu disparaissent les repères qui jalonnent le bord du chemin
Tout mon être devenu perméable
N'a plus de contour
De limite
Il ne fait plus qu'un
J'ai cessé d'être cette sous division de l'univers
Je cède cette parcelle allouée le temps d'une vie
Je m'apprête à rembourser une éternité cet emprunt si court
Je quitte les lieux
J'en suis à jamais banni
Ton horizon, Ô mon orient, s'éclaircit enfin
Là-bas où me mène ce chemin
Je boirai à la coupe de calices cuivrés
Une vie nouvelle, oublieuse de cette humanité
De ce gigantesque charnierA son zénith nocturne, la lune comme un globe lymphatique et laiteux
Projette ces rayons pâles pour révéler de sa lumière lugubre et sans vie
L'infamie de ma déchéance terrestre
Mon âme si légère maintenant, contemple impuissante et détachée
La capitulation de mon être organique comme un étrange spectacle
Dont la fin n'a encore jamais été écriteLe rideau tombe
Fin de la tragédieQuelques larmes roulerons encore, indolentes,
Sur des joues creusées de douleur et de fatigue
Quelques larmes iront encore mourir sur de noires étoffes de deuil
Quelques larmes, encore, témoins de mon passage sur ce chemin
Seulement quelques cicatrices de plus sur le tissu balafré de nos mémoiresEt sitôt ces flots de tristesse taris commence
Le compte à rebours de ma véritable disparition
Il faudra si peu de temps pour effacer nos traces sur ce chemin
Si peu de temps pour que le vent dissipe mon odeur aux quatre points cardinaux
Si peu de temps, si peu de temps à toi ma fille
Pour porter douloureusement le cadavre de mon souvenir
Puisse l'amour que je te rends te faire ce fardeau plus légerAllons ! Allons goûter ce chemin !
Je te chante Ô toi le grand Berger
Que ton étoile au loin brille
Guide mes pas incertains sur la longue route
Ô Berger ! De ton âme blanche
Guide moi par monts et par vaux
Enseigne moi le goût de l'air pur
Conduis moi au cœur de la matrice
Où palpite encore les cendres du brasier ardent
Où virevoltent encore au gré des vents
Des flammèches incandescentes et phosphorescentes dans un tourbillon chaotique et vertigineux
Comme une symphonie de lucioles, un requiem lumineux
Comme un phare de sa rassurante lumière trouant l'encre de la nuit
Ô mon tendre amour, vois-tu au seuil de la mort
Couve encore le feu ardent de notre passion
Qui n'attend qu'un souffle pour reprendre vie
Vois-tu, on ne quitte pas l'amour si facilement
Ô Berger ! Comme tu le fis pour mes ancêtres
Depuis des temps immémoriaux
Montre moi la voie
Je te suivrai avec pour seul bagage
Mon éternel amour
Resplendissant
Que je sèmerai te suivant
Jusqu'au bout dans quelques coins du zodiaque
Comme un ruban traversant l'éternité
Pour vous rejoindre
Mes amours
Ma vie morte vous attend
Ô mes amours !
Mon âme pleine de vous comble à elle seule le vide infini
du chemin
joignant nos deux mondes.Steph Nicolas, mifoune@free.fr
Il me revient cet étrange crépuscule
Douloureuse mémoire, souviens-toi
Ce doux moment où la lumière basculeLa nuit rampante et ses nouvelles lois
Ondulant son éternelle danse
Changeait les couleurs en noir et le feu en froidIl jaillit alors de ce noir immense
Un éclair serti d'or et d'opale
Si bref qu'il ne finit ni ne commenceDont la beauté tranchait de façon brutale
Cet océan d'encre qui, silencieux,
Embaume nos âmes d'un parfum ancestralEt cette lumière qui transperce mes yeux
Inonde les limbes de mon esprit
Tuant un instant les vielles ombres en ces lieuxRessusciter Marcos, Job et Krisnamurti
L'antique cité de Babylone
Nos enfants morts avant de connaître la vieAlors mon frère, mon ami,
Nous ne connaîtrons plus de lois
Nous ne connaîtrons plus de lois
Nous ne ferons acte de notre présence
Nous ne ferons acte de notre présenceNous nous tiendrons froid
Qu'est-ce donc au fond de mon âme qui résonne
Que la noirceur de nouveau envahie ?
La petite fumée aux saveurs d'automneM'ouvrait les voies immatérielles de l'esprit
A même la terre, gisant seul et tremblant
Comme l'homme attend la mort dans son litMon esprit trop humain refuse de voir obstinément
L'impalpable voie, au bout du chemin
Et au prisme de ma folie jusqu'à l'ultime momentDistord cette pure réalité. Ô Brahman indien
Refluant contre nos carcasses en dérives
Ne sens donc tu pas cette onde qui te parcourt les reins ?
Notre regard toujours porté sur l'autre rive
Scrute et palpe l'horizon de notre déclin
De ses yeux oublieux de la flamme qui se raviveToi l'homme que la nature cache en son sein
Au plus profond .Immonde rejetons
De tes semblables tu connaîtras la même fin
Et dans un silence agonisant,
Un être lumineux et astral
Percera peut-être ces rideaux d'opale
Qui recouvrent comme une peau sur notre peau
Cette aberration organique de gènes et d'eauOù en secret palpiterait une étoile ?
Ce bourdonnement dans mes oreilles, b………….zz sans fin
Mon corps nu et dur comme de la pierre
L'intolérable cruauté du silence sublime en tout bruit le malsainUne averse de craquement m'inonde par derrière
Et submerge dans un flot de tremblements spasmodique
Ma carcasse d'apprenti sorcier yaqui repliée en prièreÔ Don Juan ! Je veux voir ces mondes oniriques
Évider la coupe du destin
Célébrer la cérémonie du Peyolt et vos occultes pratiquesJe veux respirer l'herbe du diable dont mes poumons ont faim
Perdre pour de bon la sensation d'être
Illusoire lueur qui ne mène à rienRetourné là où je fus avant de naître
Comprendre que la mort fait déployer la vie
Et de ne point en juger sans la connaîtreToujours un peu plus loin dans les brouillards de ma folie
Je chute d'une chute sans fin
À laquelle aspire le peu qu'il me reste de vieEt l'auguste condor, l'oiseaux des dieux, dans le lointain
Entonne pour moi l'antique refrain
Le chant du Shaman
Je tombe encore
Et encore
Pourtant
" En moi rien n'a changé…"Steph Nicolas, mifoune@free.fr
Je voudrais voler sur un nuage
Et traverser tous les âges
Planer au dessus de tous
Et me sentir libre et douceJe voudrais voir le ciel
Et couler sur lui comme du miel
Ecouter le vent souffler
Et ne plus avoir l'esprit troubléJe voudrais m'allonger dans l'herbe folle
Être bien
Me sentir folle
Sans demander un rienJe voudrais contempler les étoiles
Et me retrouver sur leur toile
Des mille et uns rêves
Auxquels je rêveJe voudrais courir
Et me sentir vivre
Ne pas être ivre
Et rireJe voudrais voir le monde
Ecouter son silence
Et d'une onde
En avoir sa claire-voyance.Tanii Chan musiktekno@hotmail.com