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Poésie20

    Bienvenue aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette vingtième page de poésie !
Leur plaisir continue ici :

Index:
(Cliquez sur votre sélection)

Dureté Safae Boutkhil, mars 2005.
Amour perdu Safae Boutkhil, avril 2005.
Recueil de poésie Yamina Aouati, novembre 2004.

 

 

 

Dureté

Triste coeur, âme deprimée,
Ne songez plus à la vie écroulée.
La vie n'est qu un tourbillon désert
Portant l'amour, la paix, ou même la galère.

La vie est un vaste chemin,
On s'y perds mais notre destin
Décide si on s'en sort vaincu ou sain.

La vie, le destin et puis l'éternité
Sont guidés par Dieu et sa loyauté,
Dieu supérieur à tous, à toute l'humanité.

Safae Boutkhil, safsafti@hotmail.com

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Amour perdu…

Si j ai un grand coeur, c est pour t aimer,
Si je t aime, c est un rêve réalisé,
Si tu as de même que mes sentiments,
Si je te considère comme un amant,
Si tu ressens un amour particulier,
Si nos deux âmes par destin étaient liées,
Si pour toi ma nuit était ton jour,
Nous formerions un joli nid d'amour!

Safae Boutkhil, safsafti@hotmail.com

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LES EAUX DE LUMIERE
Par Yamina AOUATI


Mai 2003

J'interpelle ton regard.
… Il s'échappe dans un mouchoir.

J'accueille l'année nouvelle
Qui me trouve en éveil.
" Bonjour " dis-je. " Ma vieille,
J'attends depuis une paye. "

" Je viens de naître. "
" Laisse-moi me mettre à l'aise,
Prendre appui sur le sol
Pour pouvoir t'faire l'aumône. "

Quo vadis…
Où vas-tu ?
Je vais fils
Où il plut
A Allah
D'me guider.

Quo vadis…
Où vas-tu ?
Je vais miss
Où j'ai chu
Par Allah
De mon nid.

Je tâte mes poches :
Vides !
Je sonde ma tête :
Vide !

Sonnez les cloches !
Ding dong !
Je suis en quête
De son.

Je n'ai pas toutes les citations
A la portée de ma langue.
Citation à l'ordre du mérite :
" On n'a que ce que l'on mérite. "

Idem, j'n'ai pas tous les dictons
Au service de ma personne.
Ils sont à la légion d'honneur.
Pas étrangère, cher dormeur.

Qu'on me décerne une d'ces médailles.
Celles de mon père sont enfouies
Dans cette lointaine Algérie.
Et de là-bas, elles me raillent.

Les princes charmants
Sont désolants.
Ils ont perdu
Tout de leur crédit.

Et les belles
Au bois dormant
Ne dorment qu'd'un œil.
L'autre vous surveille.

Alors gare
A vos faux pas,
Faux alibis.
Au r'voir, merci !

" Ils n'ont qu'à retourner en Algérie "…

J'ai entendu cette phrase et j'ai souri.

" Demande à ta mère d'écarter ses cuisses
Et tente, dans son vagin, de faire d'la glisse. "

Ta mère ne veut pas te montrer son sexe ?

Dommage, car tu aurais pu constater
Qu'ta place n'était plus dans son ventre vidé
Mais bien dans l'espace qui maintenant te vexe.


Tempête

Temps pète,
Ecrase
Mon masque ;
Plie l'air
En deux
Tel qu'il
Expire.

Le temps péri…
Intempérie.
Et la pluie tombe,
Arrose sa tombe.

Un pot cible
De la pluie
Qui l'remplit
A demi.

Impossible
C'est le fruit
Que la nuit
Offre au bruit.

Le sommeil ne vient pas.
Il a mieux à faire.
Visiter les braves
Qui se meurent à la guerre.

Le sommeil est en r'tard.
Qu'a-t-il donc à traîner ?
Sur la rive du matin
Quand le soir est tombé.

Assise à la table
J'écoute mes pensées.
Elles chuchotent, me parlent
De dure traversée.

C'était il y a
Juste quatre ans :
La paranoïa

M'avait encerclée
Et alors les gens
Etaient des fêlés

Qu'il fallait plâtrer,
Empêcher de dire
Ce que je pensais.


SALAM

Rends-toi compte
De mon drame :
J'ai la honte
Qui va mal.

Elle grandit
En pieuvre noire,
Envahit
Toute mon âme.

Son appui
C'est l'Islam.
Je me plie
A sa lame.


PARANOÏA

J'ai attrapé
Le mauvais œil,
Celui qui voit
Sans être vu.

Et le bon œil
Sur qui traîne-t-il ?
Drôles de paire.
Où est la mère ?

Au bord des plages.
Elle berce la ville
Qui dort tranquille.
… Mais qui s'en soucie ?

Les voyelles jouent
A saute-moutons.
Restent les consonnes
Qui m'sautent au cou.


COMMUNICATION

Qu'as-tu voulu dire ?
Ai-je compris ?
Il faut en débattre
Et abattre nos cartes.

Moi, j'ai trois valets.
As-tu un château ?
Non, je suis O.S.
Et sur le carreau.

La page est sans ligne.
Car le téléphone
Est coupé en prime
… Time. Qu'est-ce donc qui sonne ?

Attends tif
Les ciseaux,
Que je biffe
D'un jet d'eau

Ta longueur
Monotone.
Et songeur
Tu entonnes

La chanson
Du grand Nord.
Quelques glaçons
Pour la forme ?

Les paroles meurent
Sur les souvenirs,
Plages désertes et cœur
D'la mémoire ou CIRE

Le lacet des faits
Qu'on passe sur les meubles.


DOUX ZEN.

Les jours s'envolent
Et je m'accroche
A leurs ailes folles.
Mais qu'est-ce qui cloche ?

J'étais assise
Et rien autour
Quand une douce bise
M'a fait la cour.

Voulais-je d'elle ?
Je dis que oui.
Elle fit la belle
Et s'évanouit.

Les heures filent.
Où vont-elles ?
A l'Eglise.
Pourquoi faire ?

Confesser
Leurs pêchés.
Le mignon
C'est l'pognon.

Quand l'heure approche
Plus de repère.
On s'retrouve cloche
… Sonnant les vêpres.

Prier. Pourquoi ?
Pour que le guet
Ne nous noie pas
Dans un saqué.


TRADUCTION

Un point en arabe
Est-il différent
D'un point en français ?

Ce que dit Allah
Lorsque c'est traduit
Est-ce identique

A l'écrit premier ?
Y'a l'intermédiaire
Qui met son grain de sel.

… Et c'est trop salé
Ou bien pas assez.

Et le Ramadan
Nous dit " Au revoir. "
C'est l'Aïd Seghir.

Demain, sans histoire
Il f'ra ses valises.
Au fait, j'en ai deux.

Lourdes sous les yeux.
Où est Bernadette ?
La femme de Chirac ?
Non, celle dont j'suis fan.

La lune brille
De sa rondeur
Et elle dévoile
Toute sa splendeur.

Elle est enceinte
D'un nouveau mois.
Je baisse les cils…
Coule l'eau des Saintes.


AVE MARIA

Lavez Maria
Il en restera
Quelque chose.

De la chair
Et des os
Placés sous hypnose.

Lavez Maria
Cela brisera
Le miroir des pauses.


DANS LE NOIR

J'n'ai pas allumé.
Je voulais rester
Dans l'intimité
Avec mes pensées.

J'les ai développées.
Elles sont réussies :
Brillantes et sexy,
Elles ouvrent l'appétit.

J'ai le stylo
Et j'ai la page,
Manquent les mots
A mon image.

Magique le " i "
Quand il se moque
Mieux que le " u "
De hue cocotte.

Je tiens un élevage
De mots domestiques
" Cot cot cot " font-ils.

Je leur lance des gages
De ma folle envie
De quitter ma cage

Pour une plus DOREE ?
Je me tourne et là
J'aperçois ELLA.


CADAVRE EXQUIS

Je cherche un sujet
De conversation
Avec la feuille blanche.

Tâche bien ardue
Car la demoiselle
N'a pas une langue

Des plus pendue.
Qui s'est suicidé ?
Je reste en faction
Devant le cadavre.

Poser les mots
Qu'ils cessent de tourner
Tels des vautours
Au-dessus d'ma tête.

Sans plus de détour
Les amener
A dire tout haut
L'fond de leur pensée.

Mes pensées
Se refusent
A la plume.

Elles préfèrent
Rester fluides
Et légères

Et sans rides.

J'intente un procès
Contre mon cahier.
Il est silencieux,
N'parle qu'avec les yeux.

J'exige qu'il s'exprime
Autrement qu'en signes.
Pour cela il faut
Qu'une voix soit l'écho.

… Ma voix !

La cocotte bout
Et les mots fusent
Boutés du d'ssous
L'envers d'une muse.

Le nouveau vers
Est à l'endroit
Pas à l'an gauche
Donc maladroit.

J'ai retourné des mots.
D'ssous : de la moisissure.
Cela faisait un bail
Qu'ils disaient les mêmes choses.

Les mêmes phrases où que j'aille.
Même mines, je n'en ai cure.
J'ai donc saisi un seau
Et défendu ma " cause ".

J'asperge la feuille
D'eau de cologne.
La vertébrale.
Elle se tient droite.

Au garde-à-vous.
Garde-manger
De mes pensées.


LIBRE

Livrée à moi-même,
Investie d'une
Brève mission :
Regarder la dune
Et me mettre à rêver.


REVE

Rime avec trêve
Et aussi brève
Voire avec crève
Et zut ! J'fais grève.

A l'heure où le soleil se couche
Satisfait d'sa journée de mouche
Les regards qui seraient curieux
D'contempler dans les yeux les cieux,

Je me penche sur la feuille
Afin d'lui donner des nouvelles.
" Et qui est mort ? " me demande-t-elle.
" Le jour. Et la nuit porte son deuil. "

Un clin d'œil
Au matin
Ne m'en veuille
D'mon chagrin

Voir la nuit
En soupirs
Se mourir
D'enfanter.

Ma pensée ne s'accroche à rien
Tandis qu'moi j'm'accroche à mon bic.
Et j'attends que les idées suivent.
Mais hélas mon espoir est vain.

C'est pour cela qu'il te soûle.
S'il avait été eau sans doute
Aurais-tu pu naviguer
Entre deux ZOOS, les eaux de lumière.

En panne d'inspiration
Je vais donc étouffer
A moins que je ne mette
Un masque à oxygène.

J'inspire. Eh, Shakespeare
Glisse-moi une idée.

Rien à me mettre sous la dent.
Pas le moindre petit vers.
Il faut dire qu'il ne pleut pas,
Ils sont donc cachés sous terre.

J'vais faire, pour qu'il pleuve, un chant.
Mais où donc trouver les vers ?
Sur les corps morts et leur ça
Juste avant qu'on les enterre.

J'intercepte les idées
Qui filent invisibles.
Je jette mon filet
Et attrape ces cibles.

" S'il vous plaît, laissez-nous. "
Elles supplient comme vous.
Mais le poisson est rare
Et cessible aux ignares.

Alors je ne cède pas
A leurs suppliques, leurs larmes.
Vous me trouvez bien dure ?
Qu'importe je n'en ai cure.
… Cure-toi les dents !

J'appuie sur la feuille
Et perce son œil.
Miroir que j'ai brisé
N'reflétera plus mes traits.

Où vais-je me voir
Orage des espoirs ?
J'ai donc fondu en larmes
Et m'contemple dans ce lac.

… Des cygnes ? Dessine
L'résultat d'la lessive.

Neuf minutes
Pour mettre bas
Une ballade
Dont le but

Est de plaire
Ca c'est clair
Aux bougies
Les vieux crics

Qui soutiennent
La nuit noire
Qui veut boire
Sans ret'nue.

Poursuite
Sur la feuille
De l'idylle
De l'œil.

Il va de pair
Avec la feuille.
Sans l'œil
Point d'vers.

Un œil de verre ?
Un ver dans l'œil ?
Non, dans l'nez.
L'verre ou l'œil ?

… L'œil vert.


GIRAFE

J'informe la feuille
De mes états
D'âme, de service.

Elle me renvoie
L'image floue
De l'avarice.

Alors j'étale
Ce que je cueille
Sur les varices
De son grand cou.

J'abreuve la feuille
De mes mots toc.
" Allez bois p'tite. "
Ces mots qui r'viennent

Toquer en toque.
Ce sont des chefs
De la cuisine.
Cuisine l'écueil

Entre quoi et quoi ?
Entre être coi
Et d'venir quoi ?

Une gerbe de mots,
Voici mon cadeau.
Il n'parfume point l'air
Mais l'esprit qui trait.

Trait pour trait semblable
Au champ d'coquelicots
Dans lequel un coq
Chante " Coco ris co. "

Mon esprit est gorgé de mots.
Je vais lui faire rendre gorge.
D'où il ne peut plus s'exprimer
Imbibé qu'il est de paroles.

Malin il demande un sursis
Mais ce n'est que partie remise
A plus tard, au moment d'rimer
Lorsqu n'en pouvant plus, il rote.

J'fais d'la compétition
De haut niveau.
J'aligne des mots
Sur la feuille comme des pions.

Puis j'avance l'un
Et laisse l'autre derrière.
C'qui importe ? Faire échec

Aux préjugés,
A l'esprit puritain
Qui sans rire donne putain.

Ding dong
Viens donc
Aux pieds
D'l'aimée.

Dring dring
Le ring
C'est l'drap
Où l'gars

Fond à vue d'oeil
Ainsi font font
L'bic et la feuille
A chaque gong.

Laisse les mots dormir
Tout au fond du puits ;
N'envoie pas ton seau
Ni les déranger

Ni les recueillir.
… Tu serais surpris
Face à leur taux
D'criminalité.

Je n'sais par où commencer.
La première phrase donne le la.
Et je tricote à coup d'vers
Une ballade. Non, une sonate.

Sonnez les cloches d'mon église
Où je me sens plus à l'aise
Qu'à la mosquée d'Muhammed.
… Mais vers quoi est-ce que je glisse ?

Ecrire des vers
Ca fait partie d'moi
Autant qu'faire la guerre
Pour tous les soldats.

Soldate du vers
J'aligne les mots
Et les arme de bière
Et d'vin à gogo.

Je regarde la feuille
Dans le blanc de l'œil
" Eh, j'voudrais te dire… "
" Où est la pupille ? "

" Eh, regarde-moi ! "
Elle fait l'aveugle
Alors moi je beugle
Pour m'faire respecter.

Et c'est quand j'me tais
Que je m'aperçois
Qu'au fond de son œil
C'est mes dires qui brillent.

Saigner mon esprit,
Trop de choses y logent.
Où placer l'aiguille
Qui videra les poches ?

A la pointe d'mon doigt,
Ce sera ce bic.
" Eh, dis donc " ouech bic ? " "
" Eh, dis donc " qu'est-ce t'as ? " "

… " Je tourne de l'œil. "
" Tourne plutôt la feuille. "

J'ai beau inspirer
Il n'y a qu'de l'air ;
Pas la moindre idée
Ne vient s'y glisser.

Pas la moindre parole
Ne vient me gratter,
Faire surgir de terre
Un volcan, un nerf.

… Un air ? Quel air ?

Je m'ébroue sur la feuille
Et les mots fusent dans tous les sens
L'essence ordinaire
Et les sens interdits.

Et par où sortent-ils ?
De mes deux oreilles trop pleines
Plaines sur lesquelles ils dansent
Jusqu'à tourner de l'œil.

… Moi, je tourne la page
Et d'autres tournent leur veste.

L'essentiel est de tournée
… En rond ?

La feuille passive attend
Que je tatoue son corps
De p'tits mots et de traits
Qui f'ront tout son attrait.

Elle attend donc Georges Sand
Comme d'autres le Prince Charmant
Et c'est sous sa plume qu'elle prend corps,
S'éveille au regard d'la poéte.


SALAM : BONJOUR

Je renseigne la feuille
Sur mes états d'âme.
Membre des R.G.,
Elle prend tout en note.

Prévoir est son job.
Aussi, elle recueille
Mes pleurs par paquets.
Qu'la crue r'tienne ses lames.

… Sa lame !

J'me suis pas foulée ;
J'ai utilisé
Des rimes faciles,
Sorties de l'usine
Des standards de vers,
Vendus dans n'importe
Quel supermarché
Qui traîne à la porte
De chaque escalier.
Ils voudraient grimper
Mais leurs jambes sont courtes,
Juste bonnes à croiser
Et à tailler la route.

La feuille ouvre la bouche,
Ne gobe pas les mouches
Mais les mots qu'je lance.

Gloup, gloup. Elle avale
Sans salive, sans dalle.
Puisqu'elle porte des tongs
Comme quand j'étais p'tite.

Mais elle, elle est grande
Et a les dents longues
Même qu'elles ont rayé
La pointe de mon bic.

La preuve : ces lignes
… Céline ? Et qui est-ce ?

Trois minutes
Pour tout dire
L'essentiel
L'superflu

C'est la glu
Le détail
Qui vous suit
En chacal

Dans quel but ?
Mettre bas
Mettre à mal
Vos entrailles.

J'incruste mes mots
Dans la feuille
Ephémère.
C'est l'effet mère.

Imbriqués
Les uns dans l'autre,
Ils gardent un œil
Sur leur passé.

Quand ils étaient
Les uns paroles,
L'autre papier blanc
Sans valeur marchande.

Et ils se disent
Que leur rencontre
A enrichi
Leur p'tite personne.

Puisque l'une
Est vitrine
Et les autres
Urinent l'or.

Je m'en vais ouvrir
Mon cerveau à la plume
" Ecris ce que je pense.
Et même au-delà. "

La plume me déleste
De pensées infectes
Comme la jouissance
Face à l'absence.

De ce qui étreint,
Vous casse les reins.
Et finalement j'allume
La feuille de mes dires.


… DEAR…

Le bic en l'air, j'attends.
C'la peut durer longtemps.
Et puis qu'est-ce que j'attends ?

Qu'le bic s'mette à courir ;
Le cent mètres, le mille mètres.
L'important : les traces faites.

Ma main se pose enfin
Et commence le récit,
La course au mot fin.

Rentabilité oblige,
J'ai pris une feuille, un stylo.
" Dans quel but ? " me direz-vous.
Faire du vers au kilomètre.

Seulement c'n'est pas si facile.
C'est au goutte à goutte qu'les mots
Arrivent au rendez-vous :
Elles ont pris les armes, les lettres.

J'essore ma cervelle.
Quelques mots en tombent.
Ils s'écrasent sur l'blanc
De la feuille aveugle.

Qui leur donnera vie ?
Est-ce l'œil de la pie ?
Ils iront ainsi
Non plus d'œil en œil

Mais d'oreille en oreille.
Poussières flottant dans l'air,
Ils s'déposent où ils peuvent.
… Surtout sur les choses neuves.

Pointer la feuille :
Mettre mon œil
Dans son œil vide,
Lui rendre service.

Elle n'est pas ingrate
Et bientôt me regarde
D'un œil qui me gratte
La pupille et mâte.

… Où est donc l'échec ?

Décalquer mon esprit
Grâce à ces quelques lignes.
Voyez à quoi je pense
A cette heure de démence.

Mon unique objectif
C'est de faire du chiffre.
Du mot devrais-je dire.
Mais c'est affaire de fric.

Prendre appui sur quoi
Afin d'm'élancer ?
Les mots sont parfois
Si glissants d'santé.

Ils n'lâchent pas leur proie
A moins d'l'avoir tuée.
Quelques uns m'agrippent.
Pas ceux qu'je voudrais.

Ils m'ont r'filé la grippe.
Comment me soigner ?
En allant voir un psy
Qui lui est vacciné.

Nul Tercian
Pour dormir.
Le sommeil
S'est pointé

Sans avis
De passage.
Et j'ai joui
D'mon libre

Arbitre :
Veiller tard
Ou m'coucher
Bon enfant.

J'appuie mon front
Sur le mur droit
Et il s'effondre
De désarroi.

J'erre d'air en air.
D'air suffoquant
En air berbère.
D'air infanticide
A enfante le Cid.

J'erre deçi delà
A la recherche
D'un au-delà
Moins étouffant
Et moins blessant.

Psychose chronique
Eh, tes crocs niquent
Mon pauvre esprit.

Réalité
Ou bien délire
Je me suis prise
Pour le Messie.

Mais si, mais si
C'est chose possible
Quand on connaît
L'athée d'oreiller.

Deux mois que je me passe
De Tercian pour dormir
Et je dors comme un loir
Plutôt comme une Seine.

Saine de corps et d'esprit
Malgré le Solian blanc
Et l'Effexor orange.

Je n'aime pas les orangers
Ni d'ailleurs le blanc d'œuf !
Eh, mais tu m'fais une scène.
Prends un cachet bleu meuf !

Mes frères carburent à la bière et au shit.

Moi, je carbure aux Solian et Effexor.

J'parie que quelqu'un nous a jeté un sort
Afin qu'on soit tous dérangés du cerveau.

Mais en réalité ce n'est qu'une boutade.

On n'sort pas indemne d'son statut de harkis.

Il n'y qu'à voir mes cousins recto verso :
Ils me dégoûtent en disciples de Sade.

What what what

C'est la ouate.

What what what

C'est la ouate.

… La ouate à outils.

Je me mire
Dans le blanc
Calme vide
De Solian

Sol liant
Des attaches
Par delà
Le séant

Je me mire
Pose tranquille
Le début
De la mue.

Petit récit
A l'intention
D'une souris
Dont le seul nom

Fait sourire d'aise
Sans paraître niaise
Mais dégourdie
Comme une gourde rit.

De s'voir lécher
Par les plus durs
Les plus tatoués
Des gens du Sud.

Petit récit…
Déjà fini.
Qu'est-ce t'en retiens ?
Pratiquement rien

A part qu'ça parle
D'une souris
… Eh bien, souris !

La première parole
Donne la direction
Et indique le pôle
D'l'éjaculation.

J'n'ai pas dit grand-chose,
J'n'avais que quelques gouttes.
Par contre en psychose
Je verse dans l'ajoute.

… La joute oratoire.

J'asperge la feuille
De gouttes de sueurs
Issues de l'œil,
Vitrine du chef.

L'âme transpire
Et les larmes glissent.
Quelle est cette rumeur ?
… Je s'rais dépressive.

Je m'rends à l'école
Mais manque de bol
Je tombe sur le sol
Je relève mon col
On m'prend pour une folle
Car je joue les goals
En plein dans le hall
Soudain j'deviens molle
Et j'en perds le pôle
J'me retrouve en taule
Accusée de " Vol
Au-dessus d'un nid
De coucou " … c'est qui ?

Bienvenue cher
" i " de moquerie
Chéri des nerfs.

AÏD MEBROUK
Haï mais BOOK
Ton père bouc

Le mec d'la chèvre
Et c'est ta mère
Telle l'amande

Avec un a
Comme amante
Mantes-La-Jolie

C'est là qu'tu vis
Mon ex-chérie
Du célibat.

… C'EST LIS BAS :
… Demande à papa.


AÏD

Aide sans les œufs
Invite aux FETES
Du temps jadis.

… J'ai dit ! Grand-père.

Le Père Noël
A rendez-vous
Avec l'Aïd

Joue contre joue
Le pas de deux
Est fait pour eux.

Mais le Soleil
S'est fait la malle
Elle était vide
Et en TOILE FINE

… Où a-t-il grandi ?

L'année deux mille un
Traîne les pieds.
Elle n'est pas pressée
D'pointer le nez.

Le Père Noël
Lui chauffe la place.
Mais il n'trouve grâce
Aux yeux d'l'à jeun.

Qui lui dit " trace."
" Casse-toi de là
Que je prenne place
Dans mon sofa. "

Le temps passe.
Il n'marche pas,
Il court

Mais des fois
Il s'prélasse
Au grand jour.

Alors moi
J'fais comme lui
J'cuis-cui.

J'endors mes doutes
Par des prières.
Je prie hier
Que je connais

" Eclaire ma route."
En un éclair
Trait de lumière
Et de GENIE

… Venu me voir.

H elle aime.
Petit joint
De secours.

H.L.M.
… Aux recoins
Du recours.

France

Fi de la face,
Retour aux sources ;
Allah pile
Non le mil
Côté d'la droite
Et cendres au goût.


France - ALGERIE

Je déleste ma mémoire
De ton souvenir :
Je veux dormir tranquille.

Je déleste mon cerveau
De ces quelques mots :
Qu'ils choient à ma place.

Je déleste ma vision
De cette scission
Entre le Nord et le Sud.
Entre ma tête et mon cul.

Je me pose quelques instants
Sur la feuille tel l'oiseau.
Dans l'passé, elle était arbre
Et moi j'étais promeneur.

Mais pas ailé. De Los Angelès ?
Non, des bas quartiers d'la ville d'Achères.
C'est-à-dire ses H.L.M., barres
A Whisky, à Ricard et autres bières.

Je pèle les jours
Leur peau est fine
Reste leur chair
O chère Achères.

Je n'en ai cure
De tes injures
Pas assez mûres
Contre mon armure.

Je pèle les nuits
Leur peau me nuit
Quand elle se frotte
A moi en sotte.

Ecoutez mes paroles.
Je suis lasse des vôtres.
Cassez votre monopole
Et votre rôle de goal.

Laissez mes mots voler,
Vers vos buts s'diriger ;
Et marquer dans un " hourra ! "
L'espace et les auras.

… Zohra ?

Dissimule tes traits,
Ils diffèrent d'la norme.
Derrière mon écharpe ?
Celle de Palestine.

Elle les décalque :
On voit ta bobine
Qui transpire de sorte
Qu'tu s'ras jamais IN.

…ZIN ?... Beau !

Introduction
A la diction
A, E, I, O,
U, Y et Co.

Toutes les consonnes
Qui soudain sonnent
Normales en cons
Connes du ping-pong.

Au bord de la feuille, j'hésite.
Plonger et ainsi de suite
M'noyer ou piquer un sprint ?
" Au voleur " s'écrie le yin.

Colère noire
Tu n'vois plus rien
Tu cries, tu cries
Pour trois fois rien.

Colle l'air noir
Au fond d'un filtre
Et respire, respire
La douceur de vivre.

Le feu ne manque pas d'air.
Il s'attaque à la terre.
Sans défense, elle prie Dieu
Qui essore ses yeux.

Et l'eau tombe du Ciel,
Et ainsi rince la vieille
Qui inlassable tourne
Les pages et la fin ajourne.

Est-il vrai que tu m'aimes,
Beau rayon de soleil ?
Tu t'poses sur mon épaule
Et tu dessines l'ébauche

D'une scène de lumière
Où c'est moi le trésor
Et toi le faire-valoir.

Et par ta volonté
Je me transforme en or
Convoité et si rare.

Le Coran traduit
Perd de son pouvoir
Le mystère du dit
Dévoilé le fait choir.

Ainsi j'peux comprendre
Fi d'l'imaginaire
Je ne m'laisse plus bercer
Par le chant des sirènes.

… Où y a-t-il le feu ?

Je soutiens le regard
Qui se pose sur moi.
Je n'suis pas aérogare
Et pourtant certains le croient.

Ainsi les crashs sont fréquents.
La salive se répand.
" Dégueulasse ! " direz vous.
… Des gueux lassent jusqu'au bout.

Ma paume gauche me gratte.
Est-ce l'annonce d'un crack
De ma Caisse d'Epargne ?

Je gratte et je gratte.
Ca en devient rouge
Mais pas de numéro

Comme au Black Jack.
Alors pas blaireau
J'file au casino.

Et j'mise mon pactole
Sur la couleur rouge.
Sort la noire … El Sadate !

Je n'ai pas le vent en poupe,
Il me fouette le visage.
Pourtant j'ne lui ai rien fait.
Mais il s'moque d'mon innocence.

Qu'il aille se venger sur d'autres :
Les hypocrites, les méchants ;
Ceux qui sont les hôtes du mal ;
Moi, je suis du genre humain.

Et comme je suis plutôt souple
Mais n'ai point d'yeux dans le dos
J'ai fait demi tour ouest
Pour suivre le même chemin.

Je m'interroge
Sans grande vergogne
Le temps qui va
Se rit de moi.

" Pourquoi " dit-il,
" Te fatiguer ? "
" C'est dans les rides
Qu'tout disparaît. "

Je contemple donc
Mon visage lisse
Et m'ronge les ongles
D'savoir qu'il plisse.

Qu'il deviendra,
Je n'suis pas dupe,
Comme la jupe
De ma poupée.

Ai-je quelque chose
A dire aux lignes
Droites et malignes
Qui elles ne causent

Que quand je parle ?
Echo de gare,
Quel train s'en va ?
Celui du la.

… Donnez-le moi !

Au bout d'la route,
De la poussière.
Quelqu'un sans doute
Frappe la terre.

Que lui a-t-elle fait ?
A part le porter ?
C'est un gosse gâté
D'être trop aimé.

Avec beaucoup de zèle
J'lui ai cassé une aile.
Elle va clopin-clopant
Et ça me donne des ailes.

AILE

Ajustement d'hiver
I bleu… Il pleut dehors.
Le lieu est superflu
Et donc de luxe comme toit.

CIEL

Coupure dans le style.
Involontaire certes,
Elle est nécessaire
La pause face épile.

OH !

Ecoulement… Ecoute m'an
Au silence répond vlan
Un goutte-à-goutte chébran.

Des applaudissements nourris…
Et s'ils étaient à la diète ?
Il n'y en aurait aucun.
Et avec quoi les gave-t-on ?

Avec d'la satisfaction.
Quels drôles de coquins !
Et que font-ils des miettes ?
Ils les laissent aux sourires.

Garder le silence
Ou alors le traire ?
Pendant que j'y pense
Il fait bien d'se taire.

Ca veut dire qu'il parle ?
Oui, je l'ai brisé.
Faut-il le plâtrer ?
J'n'essuie pas les plâtres.

Optimiser cette année
Garder un œil ouvert ou gris
D'où verre de gris jouxtant le deuil.

Pas d'idées noires. Je suis raciste.
Ni de nuit blanche. J'veux que du mat.
Pour faire échec à c'que t'avances.

… Alors recule !


TREIZE

Tirée à quatre épingles
Raide mais nullement droite
Elle attend son tour
Insensible aux mouches
Zippées sur sa blême face
Elle compte les singes.

… Les moutons !
Non, eux c'est pour dormir.

De rendez-vous
En rendez-vous
A quand l'boulot
Qui sort du lot ?

De l'eau plutôt !
… Nouvelle Vénus ?


CAHIER

Caillés tels sont mes mots
Au froid regard
Hivernaux.
Ils se boivent petit lait
En entrée.
Rentre mon gars ton dard.

Comment vas-tu, toi
Qui fixe la feuille blanche
Quel film déroules-tu
Pendant qu'tes yeux pensent ?

Tu n'vas pas très fort :
Petit coup de blues.
Qu'est-ce qui s'passe encore
Avec tes " épouse " ?

Touche finale
En trois puis quatre
Syllabes.

Touche à tout.
Surtout à nous.
Et détartre

Les sentiments,
Les liens de sang
Et mots en an :

Vent, temps, pan…
Vantant Peter Pan
… Pan !


DES DITS CASSES

Marre de chercher
A faire luire les
Restes d'un verre
Dédicacé
I de la taire
… D'où CETTE TARE :
Protection.


CHUTE

Crevé, à bout de tout
Habitant un trou
Un escargot
" Tu parles argot ? "
Expira.
… L'air chuta.
Je l'inspirai.

Et patati
Et patata…
Et pas tatie
Et pas tata

… C'est un magasin
Qui s'trouve à Barbès.

J'fais la courte échelle
Aux idées courtes ;
Elles s'allongent d'autant
Et dénoncent leur source.

Je n'suis pas Balance
Comme elles mais Verseau.
D'ailleurs au recto
J'suis également TELLE

… Dis !

Je la connais
D'A jusqu'au slip
Et son sonnez
Pas les matines.

Une, deux tartines
Et du café
Comme deux sardines
Dînent au troquet.

Je troque mes mots
Contre les tiens
T'as pas de pot
D'échap. Indien.

Je me soûle les yeux
De mots ennuyeux
Plats comme une plaine
Mais qui m'servent de p'tite laine.

Chauds quand il fait froid
Attentionnés ma foi
Ils m'entourent de près
Chevaliers des idées.

… Désirés ? Et l'ennui ?

Le puits est sec.
Attendre la pluie
Pour récolter
Les vers luisants

D'eau, de colère
Et de tourments.
Et il s'en suit
Un calme précaire.

J'engrange des vers
Qui se dessèchent
D'l'absence de yeux
Braqués sur eux.

Comme autant d'phares
Eclairant l'art
De quelque artiste
Dev'nu autiste.

Et je suis lasse
De cœur, de piques
Où je me casse
Dans les répliques.

La feuille est vide
Comme mon esprit.
Et c'est un bide
Dont je me ris.

Ah, ah, ah, ah !
Que c'est marrant
De voir ce ventre
Rentrer au pas.

J'écris un mot
Et le souligne
Puis le répète
Aux lignes sujettes

Aux distractions.
" Que disais-tu ? "
Mets donc un seau
Afin d'faire mine

De recueillir
Mes belles paroles
Avant qu'sur l'sol
Elles n'aillent finir.

J'élague mes propos.
Inutiles mots
Qui sont une charge
Pour l'organe buccale.

Ma langue parle juste,
Va à l'essentiel.
Cela fait des lustres
Qu'elle n'fait plus des siennes.

Je sollicite
L'marchand de sable.
Vendez-moi s'en.
S'en avez tant.

Qu'est-ce que ça coûte
Un tas de sable ?
Rien de sonnant
Ni trébuchant.

Je sollicite.
Mais on est sourd
A ma demande.
Et je pressens
Qu'la nuit s'ra blanche
… Comme la mariée.

Le sommeil me boudait :
" Non, je n'te rendrai pas visite ! "
Maintenant quand il vient
Il ne veut plus partir.

Je suis obligée d'le chasser
A coup d'eau, de cafés.
J'en bois mais ne lui en donne point
Ce qui fait qu'il reste sur sa faim.

… Je voulais dire sa soif.

Je ferme les yeux
Et vient le sommeil.
Qu'est-ce qu'il me veut
Dans ses fringues de veille ?

J'ai descendu la nuit
D'un trait, sans m'arrêter.
Au p'tit matin mon verre
Etait vide de liquide.

J'ai descendu le jour
D'un trait, sans m'arrêter.
Le soir de retour
Me trouva assoiffée.

J'ai descendu l'allée
En direction du Bar.
Ou plutôt du Café…
" Hé barman, un Ricard ! "

M'rendormir illico.
L'hélico dans ma tête
Fait un chant des plus bêtes.
Tac tac tac et puis stop,

Il s'répète sans arrêt.
Bégaiement d'perroquet,
Lui apprendre autre chose.
Mais point d'sommeil si j'cause.

Salut à toi
Journée nouvelle.
Qu'apportes-tu
Sur tes deux ailes ?

Est-ce une envie
De partir loin ?
Ou d'bouder pis
Seule dans mon coin ?

Toc-toc
Qui est-ce ?
Ton pote
Le QU'EST-CE ?

Le verre
En cloque
Revers
Du CLOCK.

J'ai poursuivi l'heure
Elle s'était enfuie
Du côté d'sa sœur
Une des douze faucilles.

Faut ci et faut ça
…Faussa mon jugement.

Yamina Aouati, yamina.aouati@wanadoo.fr

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