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Poésie18

    Bienvenue aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette dix-huitième page de poésie !
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43 poèmes Jean-François Hauteville, mai 2004.

 


 

Découvrez 43 jolis poèmes de Jean-François Hauteville


AINSI VA…

Comme l'éclair brûlant de son regard,
Ses mains, ses mots, déchirent ta mélancolie,
Paroles vaines d'un cri d'espoir,
Il se moque bien tant de ton désespoir

Essoufflés par ce corps à corps,
Mouillés par ce trop plein d'envie,
Odeur salée de notre doux plaisir,
Les draps comme seuls témoins

Mais sali, jugé, banni,
Il se fissure de ces petits riens,
Un regard, un sourire… peut-être anodin ?
Mais jalousie quand tu nous tiens

Il court ainsi sur notre chemin, insaisissable,
Laissant le vent à son affaire,
Maître de lui, de nous son esclave,
Souvent là quand tu ne l'attends plus

Ainsi va l'amour…

 

PETIT BOUT

Tout petit bout
De toi, de moi,
Tout petit bout
D'on ne sait quoi

Le silence en faux ami,
L'obscurité éclaire les ombres,
De mes douleurs et de mes peurs,
Rouge ton sang,
Mes espoirs décolorés

Alors ce soir, je broie du blanc,
Déchiré le papier tâché,
Ma pudeur donnée en pâture,
Encre teintée de mes loupés

Petit garçon, petite fille,
L'important se fait futile,
Maintenant, nous…
… on t'attend !

 

COMME UNE GRANDE

J'n'ai pas encore 10 ans,
J'veux faire tout comme Maman,
Porter ses robes du matin,
Dans ses talons mes pieds trop fins

J'ai tous mes rêves à moi,
Seule ma poupée les voit,
Vite faire comme les grands,
Surtout plus faire semblant

Et mon Papa me comprend,
J'adore quand il m'embrasse,
Sur ces genoux, y m'prend,
J'suis bien quand il m'enlace

Et si j'comprends pas tout,
Surtout certains bisous,
Y m'dit que c'est normal
Que sans, ce serait mal

Alors j'écoute et touche
C'que ma poupée n'a pas,
Mes petits doigts, ma bouche,
Font tout c'que dit Papa

J'n'ai pas encore 10 ans,
Surtout plus d'rêves d'enfant,
Et surtout rien comme les grands,
Même ma poupée, plus comme avant

J'n'ai pas encore dix ans,
Dis-moi pourquoi, Maman ?
Papa, j'ai pas compris,
Pardon si j'ai tout dit.

 

ET SI…

Elle passe et tu oublies,
Gardent tes inconsciences,
Dans le bruit de la ville,
Un instant de silence

Et puis ses yeux qui s'attardent,
Tels des mots doux murmurés,
Ses gestes au ralenti, image arrêtée,
Tel une photo couleur sans négatif

C'est une image furtive,
Pas besoin de longs discours,
Son regard s'échappe,
Mais un parfum te poursuit

Sentiment étrange,
Malaise presque agréable,
Dans la foule sur ce trottoir,
Son visage, un instant

Tu l'as croisée, elle est là,
Mais lui parler, tu ne peux pas,
Passe une seconde,
S'attarde une silhouette

Et tu sais pas,
Et si, et si,
Juste un mot aurait suffi,
D'étrange à familière,
Elle aurait pu dans ta vie.

 

ET SURTOUT

Je voudrais bien vous la décrire
Mais ne sait guère en parler
Pas tout à moi, pour commencer,
Mais surtout…

Je la regarde avec ses mains
Peindre les paraître de ces jours,
Mais je suis seul au petit matin
A lire dans ses cheveux lourds

Je connais son corps et ses dessins,
Sur tous les doigts de chaque main,
Même mes lèvres ne cherchent pas
Quand il se cache sous les draps

J'ai appris toutes ses caresses,
Et ces instants, je les devine,
Sans calcul, je vous le jure,
Où se conjuguent nos plaisirs

J'ai découvert les mots, les verbes,
Tous ces vents fous qui la libèrent,
De ses chaînes et de ses liens,
Qui m'ouvrent ses inconscients enfin

Ses regards, tous ses silences décodés,
J'ai bien compris que sans les clefs
De veines batailles je mènerais
Pour la faire rire ou la faire pleurer

J'ai réussi avec mention
A la garder tout près de moi,
Je veille parfois sans précaution
Qu'elle ne s'envole pas sous d'autres toits

Je voudrais bien vous la décrire
Mais ne sait guère en parler
Pas tout à moi pour terminer
Et surtout si mal, je la connais

 

A CELLES

Vos regards jamais ne se détournent
Quand ils croisent là mes intentions
Et dans vos yeux je les devine
Les mots ne sont alors qu'illusion

Vos lèvres ne se font pas farouches
Quand si proche je sens le souffle
De vos désirs si impudiques
Que nos baisers se font futiles

Et la peau de vos bras dénudés
Trahissent vos frissons les plus intimes
Et elle appelle mes mains à oser
A des caresses déjà si coquines

Et tous ces moments, tous ces instants
Ces amours naissant avec la nuit
Qui au matin se sont enfuis
D'aucuns, je ne regrette tant

Et vous Messieurs les puritains
Vous qui les appelez " de passage "
Pour ne pas dire des putains
Je vous réponds par le partage

Et vous Messieurs les puritains
Vous qui criez toujours au bien
Qui d'une main levée nous condamne
Et de l'autre cachée vous soulage

 

HIER SOIR

Hier soir quand ils se sont couchés
Eux qui croyaient que je dormais
J'ai bien entendu qu'elle pleurait
A mon père qui lui murmurait

Ca sert à rien de continuer
A toujours se bouffer le nez
On arrête pas de s'engueuler
Moi je ne peux plus le supporter

Hier soir quand ils se sont couchés
J'ai bien compris que rien n'allait
Pas tout, pourquoi, car trop petit
Mais bien plus tard quand j'ai grandi

Ca sert à rien de continuer
Pendant longtemps je t'ai aimée
Mais je ne peux plus faire comme si !
Une autre est entrée dans ma vie

Hier soir quand ils se sont couchés
J'ai serré fort mon oreiller
Je l'ai mouillé de mes silences
Pour ne pas me faire violence

Ca sert à rien de continuer
Ne t'inquiètes pas, je vais t'aider
Je te laisserai la maison
Et te donnerai une pension

Hier soir quand ils se sont couchés
Plus de mur et plus de cloison
Et puis là comme un bruit de fond
Maman et ses sanglots si longs

Ca sert à rien de continuer
Tu peux aussi encore aimer
Elle est courte, elle est con la vie !
Tu trouveras un autre mari

Hier soir quand ils se sont couchés
J'ai bien cru que j'allais crever
Mon père ce soir là la quittait
De moi je crois qu'il s'en foutait

 

MON ETOILE

J'ai demandé à mon étoile
De passer la nuit chez les anges
Pour aller voir dans les nuages
Ce gars que l'on prend pour un sage

J'ai demandé à mon étoile
Demain que je puisse voler
Pour dépasser la voix lactée
Et savoir où plus tard j'irai

Car en bas l'homme avec la croix
M'a parlé de je ne sais quoi
D'un paradis s'il est à moi
Faut qu'avant, au moins, je le vois

Mais j'ai vu un homme aux pieds nus
Qui m'a aussi parlé d'Allah
Mais lui non plus ne l'a pas vu
Il me dit que c'est ça la foi

Et j'ai lu aussi la Torah
Qui me parle encore d'autres lois
Alors je vous avoue ma foi
Que je me perds dans tout cela

Alors mon étoile m'a aidé
A décoller de ce monde là
J'ai bien cherché, j'ai pas trouvé
Et y a un truc que j'm'explique pas

De là-haut j'ai bien vu les hommes
Ce qu'ils faisaient pour tout cela
Ils faisaient même sauter les mômes
Pour Dieu, Allah ou Jéhovah

Et quand j'ai demandé pourquoi
Certains m'ont dit c'est du passé
Les autres se sont mis à hurler
Qu'ils ne pourraient jamais s'aimer

Alors j'ai demandé à mon étoile
De me redescendre ici bas
Car ces prophètes de la foi
Me donnent envie de croire qu'en moi


SILENCE

Quand nos mains ne savent plus
Comment s'ouvrir pour nous donner
Tout ce que nos cœurs asséchés
Dans ces douleurs, s'en est allé

Quand notre regard s'égare
Dans les méandres de nos leurres
Et que nos larmes se font rares
Car nos maux se sont fait voleurs

Quand nos lèvres jouent aux cruelles
Pour tous ces mots qu'elles ne déversent
Quand elles n'ont pas trouver en celles
Tout ce que vainement elles cherchent

Alors on hurle par nos silences
Pour que se taisent nos souffrances
Car l'on ne peut se faire violence
Pour soulager nos coupables consciences

Quand on joue par l'indifférence
Pour ne pas regarder de face
Toutes ces phrases que l'on se cache
Mais l'oubli nous laisse des traces

Et par la nuit nous espérons
Couchés comme deux pauvres cons
Demain, bien sûr, ils s'en iront
Ces incompris que nous taisons

 

TOI

Je voudrais tant que tu le saches
O combien j'ai besoin de toi
Quand t'es pas là j'ai plus d'espace
A la recherche d'un peu de joie

Toujours difficile de te le dire
Pas plus adroit de te l'écrire
Ma voix sonne toujours aussi faux
J'ai beau cherché j'ai pas les mots

Alors j'essaie de m'inventer
Ces faux prétextes pour te garder
J'aboie comme tous ces chiens jaloux
Je joue au chat au p'tit matou

Mais je ne sais pas monter sur scène
Je voudrais pas craquer, pleurer
Tous ces hommes là comme on les aime
Même pour l'ciné, j'suis pas doué

Ma drogue reste ton regard
De tes yeux qui ne voient que moi
Pas d'alcool quand je veille tard
Tellement si peu, un peu de toi

Et quand je cherche, tout m'échappe
J'voudrais mieux faire, ne rien rater
Même là ce soir, je ne laissais
C'besoin d'écrire qui me rattrape


DIFFERENCES

Tels tous ces clowns désabusés
Eux qui se masquent ou qui se cachent
Ces maquillages qui s'effacent
Le sourire lui, d'utilité

Mais qui prétend être à ma place
Se donne le droit de voir en moi
Caméléon dans mon paysage
Tous mes outils pour y faire face

Crème solaire ou fond de teint
Toute la couleur qui dépeint
Dans des regards qu'on nous annonce
Comme des reflets qui ne nous trompent

Et puis nos mains qui s'imaginent
Comme des caresses d'essence unique
Comme si nos paumes nous dessinent
Des amours types tous en résine

Tous ces toubibs dans leurs têtes
Et qui consultent dans leurs livres
Pour tous nos cœurs qui leur délivrent
Ce que leur conscience veut entendre

Cet animal sophistiqué
Les dominants auront leur place
Pas celle qu'ils ont imaginé
Mais celle qu'on a voulu laisser

Car mes amours prennent naissance
Aux peu qui doutent, aux peu qui pensent
Mais les grands eux qui tiennent séance
Laissez-leur croire qu'ils mènent la danse


UN REGARD

On parle de sa braise
On parle de son feu
Mais aucun incendiaire
Ou bien soldat du feu
N'ont trouvé la matière
Pour ne plus l'enflammer

On parle de tous ses mots
On parle de ses silences
Mais les Docteurs en sciences
Tous nos grands intellos
N'ont trouvé la manière
Pour qu'enfin il se taise

On nous parle d'acier
Dans une main de fer
Mais l'enfant lui le sait
Qu'il peut même naïf
Comprendre ou se fermer
Aimer ou détester

Alors nous on s'effondre
A ces clairs ou ces foncés
Semblables, différenciés
Aucun ne se ressemble

Ainsi il peut tricher
Jouer ou amuser
S'éteindre pour une heure
Ou bien à tout jamais
Capable du meilleur
Ou du pire on le sait

Personne n'y échappe
Souvent il nous fait peur
Mais quand il est d'amour
Il est si doux de croiser…

Un regard.

 

ESPERANCES

Le soir ,quand tout était silence,
Tu venais blottie contre moi
Y chercher quelques espérances
Là, cachées au fond de nos draps

Au bout du bleu de tes grands yeux
Coulaient les ruisseaux de tes peurs.
Tes joues s'inondaient de malheur,
Tu te noyais dans tes douleurs.

Tes baisers se faisaient violents
Mélangeant le sucré salé
Tes lèvres venaient y chercher
Les mots que tu redoutais tant

Tes mains ,au bout de tes caresses
Se faisaient douces et maladresses
Tes doigts sur ma peau qui me blessent
Comme pour me crier mes faiblesses

Mais ma gorge ne le pouvait
Trouver dans ses lettres emmêlées
Comment dire que je m'en allais
Sans savoir si je le pourrais

Alors dans nos corps emmêlés
Dans ces odeurs douces et salées
Essoufflés dans ce lit mouillé
On étouffait nos propres plaies


WATERLOO

Je me suis fait souvent la guerre
Jamais à coup de revolver
A coup de verres et puis de verres
Ces verres d'alcool que je me verse
Pour mes révoltes sans enfer

Et quand je grille toutes ces clopes
Fumées, volutes qui galopent
Et toute l'herbe qui m'enveloppe
Dans un coton de paix qui dope

En fait, avalant ces pilules,
Amphétamines qui me le brûlent
Je bois au blues ridicule
Au bûcher de ses tentacules

Alors j'ai dis, alors toubib !
Pour mes billets, dis moi toubib !
De toutes les bribes que je lâche
Vois tu la bride qui m'attache ?

Mais plus malin que le renard,
A la fontaine de mon fric
Tu te gaves, vieux salopard
A toutes les sources de mes hics

Je n'ai pas connu Waterloo
Pas plus water et pas plus l'eau
Et pour la terre et mes vieux os
Que l'on m'enterre dans un caveau
Empli d'éther et de pavot

 

ONCLE SAM

Allez soldats, au garde à vous
Reformez donc vos bataillons
On va, au nom de la nation
Donner leçon à ces voyous

Ne vous posez pas de question
La s'conde nous a donné raison
Avec le Golfe, il était clair
Que c'est nos pas que Dieu éclaire

Et notre bannière étoilée
Sur d'autres déserts doit flotter
Nous allons rendre la justice
Dans un monde ou règne le vice

Pour cela, pas de tribunal
Nous a dit notre Général
Laissons parler la boucherie
Pour exterminer ces impies

Surtout toujours pas de question
A trop penser l'on devient con
Et l'Oncle Sam et ses raisons
Suffisent à notre compréhension

Alors faisons les donc sauter
Mais cette fois ci sans les télés
Car la guerre c'est notre métier
On ne veut pas de gratte papier

Et puis aussi, sait-on jamais
Si dans le tas y avait des mômes
Des femmes qui n'ont rien demandé
Guerriers mais surtout plus des hommes

Puis à la fin de notre mission
Avec des croix sur des camions
On viendra le cœur sur la main
Bâtir des murs
Et des églises
Pour ces gamins
Qui crèvent de faim



TANT DE FOIS

J'ai tant écris sur toi
Tant de feuilles noircies
Que ma tête et mes lois
N'ont plus ce mot qui dit

Garde moi une place
Que je laisse une trace
Grâce à toi je survis
Mon corps et ses envies

J'ai tant pleuré sur toi
Tant de larmes parfois
Pour ces plaies qui creusaient
Mon visage blessé

J'ai tant dormi sur toi
Tant de rêves éveillés
Sur ce corps chaud rêvé
Qui me crie ces mots là

Ma bouche a même souri
A tes amants d'ennui
Ma raison s'est enfuie
Pour des mots doux aigris

J'ai tant brûlé mes yeux
Sur ton long corps de soie
Que mon regard ne peut
Qu'hurler ces phrases là

J'ai tant chanté l'amour
Pour en garder l'espoir
Que seul mon désespoir
M'a joué cet air là

Et puis mes doigts, ma peau
Ont tant brûlé de toi
Et seule ma vie ne vaut
Que pour cette encre là

 

MON HIRONDELLE

J'ai étudié les manuels
Lu tous les intellectuels
Mais je n'ai pas trouvé lequel
Me parle de mon hirondelle

Petit oiseau, j'ai bien suivi
Tous les conseils des avertis
Les modes d'emplois des érudits
Mais je ne fais que des conneries

Mon hirondelle, si tu savais
Combien je peux me détester
D'avoir tant de fois essayer
D'être le père qu'il faudrait

Tous mes coups de gueules déplacés
Sur mon moineau effarouché
Culpabilités et regrets
Et pourtant si vite oubliés

Mon hirondelle, si tu savais
Que tout mon sang ne peut couler
Quand je te vois seulement pleurer
Maladroit pour te consoler

Mon hirondelle, si tu savais
Combien tes douleurs, je les hais
Si je pouvais les arracher
D'un seul baiser, te soulager

Quand il viendra, mon hirondelle
Ce temps pour te faire la belle
Printemps, je sais pour toi ma belle
L'hiver pour moi, mon hirondelle

Et n'oublie pas de temps en temps
Que ton vieux père parfois t'attend
Avec ta mère, on s'aime tant
Mais qu'il est long, sans toi,le temps



PETIT ENFANT

Petit enfant au regard noir
Lueur de peur lueur d'espoir
Grandi trop vite mais pas un homme
Des rêves hantés par des fantômes

Bruits de canons dans les écoles
Pas de salon pour tes leçons
Petit guerrier de tous ces cons
De ces milices qui t'enrôlent

Et puis présent ou bien absent
Mais surtout pas indifférent
Tu déambules dans ces poussières
Sans préambule pour tes enfers

Et puis tes yeux petit enfant
Couleur café au marc de sang
Qui dans tes ruines d'adolescent
Crient aux douleurs de l'innocent

Cette poupée au cœur de pierre
Que tu balances, objet de guerre
Ce sont les jouets qui te bercent
Chiffon cocktail au goût amer

Petit enfant au regard noir
Courbé le dos, meurtri si tôt
Et tes questions pour ces salauds
Qui t'on flanqué ce désespoir

Tant de haine dans les yeux de papa
Dis moi maman je comprends pas
Toute cette folie, pourquoi
Dis-moi maman je ne sais pas

Et le père noël dans tout ça…


DANS MON VILLAGE

Dans mon village, y a une église
Et le dimanche dans cette église
De biens bels gens, de beaux moutons
Font tête basse pour un sermon

Du curé de ma belle église
Qui prêche ses leçons de vie
Dans une pauvre robe grise
Mais dans sa vie n'a rien bâti

Mais ce n'est rien… car c'est un Saint…

Dans cette foule qui se presse
Tu as la vieille que la mort guette
Mais qui ne veut plus de peut-être
Moi j'appelle ça la foi du traître

Mais ce n'est rien… qu'une peur d'ancien…

Je reconnais là mon voisin
Qui boit la bible comme du bon vin
Qui n'viendra jamais à ma table
Car je ne suis pas un notable

Mais ce n'est rien… qu'un peu d'dédain…

Et puis à côté, ce gros porc
Qui fait tinter ces pièces d'or
Lui qui s'amuse avec ses filles
Et qui dans leur lit se faufille

Mais ce n'est rien… qu'un jeu d'coquin…

Et qui se montre, et bien devant
Monsieur le Maire et sa famille
Et mon Curé le saluant
Car lui son clocher se fendille

Mais ce n'est rien… c'est bien humain…

Dans mon village y a une église
Dans mon jardin, j'en reste loin
Car les croyants de mon église
Sont tous des salauds, des vauriens

Mais ce n'est rien… je suis chrétien…


LA FILLE A LA ROBE LEGERE

Elle est passé sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Les jambes un peu trop nues peut-être
Ce que j'avoue je n'aimais guère

Quand est passée sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Moi j'aimais le vent, mon complice
Du plus léger de tous mes vices

Elle est passé sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Avec du noir sous ses yeux verts
Couleur peinture d'anciennes guerres

Et puis un jour sous ma fenêtre
Cette fille aux robes légères
Comme un petit chat m'observait
Semblant bien désintéressée

Alors quand un beau matin blême
Cette fille aux robes légères
Ses deux yeux j'ai voulu croiser
Deux mèches noires me les cachaient

Et puis un soir sous ma fenêtre
C'est la même fille qui a frappé
Discrètement sur mes volets
Derrière lesquels je me cachais

Et elle m'a proposé de prendre
Un verre chez elle, si je voulais
Je vais peut-être vous surprendre
Mais j'ai accepté bien volontiers

Après le verre on a dîné
Dès l'entrée elle m'a troublé
Et quand est arrivé le café
Je me suis surpris à l'aimer

Elle ne passe plus sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Faut avouer qu'elles étaient belles
Ses jambes, et le peu qu'elle cachait

Mais ce que j'aime le plus en elle
C'est peut-être ses couleurs nouvelles
Car sous ses beaux et grands yeux verts
Elle a mis fin à toutes ses guerres


C'EST PEUT-ETRE

On m'a souvent demandé
Si un jour, je le serais
Pour ce bonheur préparé
C'est peut-être lui qui ne peut m'aimer

Dites moi où le trouver
Paraît qu'y faut pas chercher
A trop courir, on s'essouffle
C'est peut-être pour tout cela que j'étouffe

Existe-t-il un secret ?
Une caverne, un mot sacré
Où il pourrait se cacher
C'est peut-être pour cela qu'il me faut chercher

Aimerait-il s'amuser ?
Sur des tapis moquettés
Roulette, poker ou aux dés
C'est peut-être qui faut qu'j'apprenne à jouer

Ne serait-il pas coquin ?
Un peu vicelard, bien malin
Les règles sont-elles respectées ?
C'est peut-être qu'y faut qu'j'apprenne à tricher

Se conjugue-t-il au passé ?
L'futur déjà composé
De règles qui m'ont échappé
C'est peut-être qui faut qu'j'apprenne le français

N'est-il qu'une piètre invention
De notre civilisation
Dans le désert pas de maux
C'est peut-être qui faut qu'j'achète un chameau

Et puis j'emmerde à la fin
Tous les bons samaritains
Qui ne goûtent qu'à leur bon vin
Sans voir les misères et les chagrins
Que l'on fait supporter aux gamins

Et pourquoi pas anarchiste
Dans ce monde masochiste
Qui fait du plus fort, le flic
C'est peut-être là que m'échappe les règles ….du bonheur


LUCIFER

Hier soir j'ai pris rendez-vous
Avec Lucifer des enfers
Il a rappliqué le voyou
En m'demandant c'qu'il pouvait faire

Je lui ai raconté mon monde
Tous ces gamins qui crèvent de faim
Tous les politiciens sans honte
Enfin je n'vais pas vous faire un dessin

J'ai commencé par le petit malfrat
Qui va piquer le sac de la vieille
J'ai demandé s'il pouvait pas
Courir l'100 mètres en 2 heures 13

J'ai continué par les véreux
Tous nos dirigeants corrompus
Je voudrais bien qu'à tous ces vieux
On bourre leurs poches de papier cul

J'ai terminé par les pervers
Pour tout ce qu'ils peuvent faire à nos mômes
Je l'ai supplié de les mettre à terre
Et de leur brûler ce qui en fait des hommes

J'n'ai pas pu évidemment
Lui parler de toutes les souffrances
Il m'a arrêté en se marrant
Tout en se frottant sa grosse panse

Il m'a dit mon vieux tu sais pas
Que tous ces mecs là sont à moi
Ca fait des siècles qu'ils ont déjà
Ensemble fait une profession de foi

Je vous avoue que je suis tombé
Sur mon cul et que j'ai compris
Que j'étais tombé sur l'enfoiré
Qui avait formé tous ces impies

Et depuis je cherche l'adresse
Du petit qui en haut paresse
Alors Juifs, Musulmans et Chrétiens
Pour une fois donnez vous la main
Afin que demain je puisse enfin
Causer avec le Dieu de tous vos saints


LA PORTE QUE TU AS FERMEE

Comment trouver là les mots vrais
Les justes, les bons, jeter les mauvais
Tu es partie , tout est fini
Je n'peux retrouver mes esprits

Et tes yeux verts qui m'émerveillent
Je n'vois maintenant qu'en noir et blanc
Mon arc-en-ciel s'est fait la belle
La pluie s'abat si violemment

Et ta bouche goûte à d'autres plats
Je reste alors seul à ma table
Tes lèvres étaient mon seul repas
Je n'ai que des menus monnayables

Tes mains jouaient de la tendresse
Mais le piano bar de mes espoirs
S'est tu un soir sans crier gare
Les cordes restent sans caresse

Avec ton corps on mélangeait
Les sueurs et baisers salés
Mon lac à moi s'est asséché
Je n'connais plus le goût du sucré

J'ai triché pour te retenir
Fermer volets et portes à clefs
Rien n'y a fait pas même le pire
Mon amour s'était envolé

J'voudrais crever pour t'oublier
J'ai même plus l'courage de tirer
La seule balle qui m'ait tué
Est l'bruit d'la porte que tu as fermée

 


DES FLACONS SANS PROMESSE

Il s'est couché sur ce lit
Un soir où tout s'était enfui
Il y a déposé son corps
Avec ses regrets et remords

Il avait ses habits de fête
Comme ces dimanches pour la messe
Mais depuis des années peut-être
Il ne croyait plus en ces prophètes

Sa vie, elle, s'était fait la belle
Bien avant ce jour du mois d'août
Seule son enveloppe charnelle
Le tenait, elle, encore debout

Il avait lutté tant de fois
Que tout son corps s'était vidé
Comme tous ces flacons qui traînaient
Sans les promesses qu'ils contenaient

Ses yeux se sont alors fermés
Comme ses douleurs qu'il traînait
Sans peur il s'est mis à l'attendre
Peut-être serait-elle plus tendre

Un bout de papier chiffonné
Testament de ceux qui s'en vont
Des mots maladroits expliquaient
Tout en leur demandant pardon

Et puis son cœur s'en est allé
Peut-être rejoindre des fées
Il s'est éteint dans ce silence
Aimé par les hommes en souffrance


CET APPARTEMENT

Quand tu rentres la première fois
Dans l'appartement de cette femme
Tu sens l'odeur de ses émois
Qui ne fait qu'attiser ta flamme

Quand tu t'assoies sur le fauteuil
Un verre de whisky à la main
Tu cherches la chambre du coin de l'œil
Et tu t'y voies jusqu'à demain

Et puis ces photos qui t'intriguent
Déposées là sur l'étagère
Et tu t'imagines le pire
Est-elle amoureuse l'étrangère

Mais je ne pourrais dire pourquoi
On se sent alors presque chez soi
Comme si les meubles te parlaient
Trahissant ses intimités

Et puis soudain tu t'imagines
Quand le matin elle se peint
Sur ses joues un fond de teint
Tu en perdrais bien ton latin

Tu crois alors l'apercevoir
Dans ses tenues de nuit coquines
Tu crains qu'elle puisse te voir
Et sentir ton désir intime

Tu cherches maladroitement
A t'approcher de cette femme
Qui a mis le feu à ton sang
Et qui a bouleversé ton âme

Et puis dans ces draps de couleurs
Tu vas l'aimer tel un débutant
Car quand l'amour t'a pris de court
Tu te retrouves bien hésitant

 

MADEMOISELLE

Pourriez vous me dire mad'moiselle
Le p'tit secret que vous cachez
Avec le diable faites vous belle
Pour savoir comment m'attacher

Avez vous un philtre mystérieux
Qui ferait de moi votre esclave
N'en mettriez vous pas un peu
Dans quelques vins de votre cave

Mélangez vous dans vos parfums
Des senteurs si enivrantes
Ou des essences ou quelques uns
De ces mélanges qui me hantent

N'avez vous pas sur votre peau
Quelques douceurs qui sont étranges
Qui font de mes mains un bateau
Voguant sur vos petits seins d'ange

Que cachez vous sous vos paupières
Des émeraudes ou des rubis
Diamants brillants au goût de miel
Prisons de douces sucreries

Et votre bouche est-elle si pure
Qui fait de mes lèvres otages
D'un fruit qui serait déjà mûr
Cachant un étonnant breuvage

M'avez vous donc ensorcelé
Seriez vous sorcière ou bien fée
Qui fait de mon cœur vous aimer
Et de mon corps un étranger

Mais quel est donc ce sortilège
Ou bien langage maléfique
Etait-ce un don ou bien un piège
Qui tous les jours mon âme piquent

 

MES AVENTURES

J'ai longtemps écrit mes aventures
Sur tout mon sang et mes brûlures
Parfois avec des mots de trop
Sur un bâteau qui prenait l'eau

Je n'ai parlé de cette femme
Que pas assez qu'il ne le faut
Elle a souvent éteint ma flamme
A faire ce qu'il fallait de trop

Elle a cherché sur d'autres corps
Ce que le mien n'a jamais su
Dans tous ces lits ou j'avais tort
De la garder à mon insu

Elle m'a offert ce petit homme
Qui s'est envolé un dimanche
Le bruit de son cœur monotone
S'est tu dans une lumière blanche

J'ai blessé fort toutes ces âmes
Tant que j'avais perdu la mienne
Dans ces lits ou j'ai pris ces femmes
Le diable soulageait mes peines

Et dans tous ces matins sales
Je voyageais dans le néant
Je faisais mal et par hasard
A des femmes toujours se donnant

Et puis j'ai rencontré ma belle
Qui m'a permis de m'allonger
J'ai laissé s'envoler toutes celles
Pour qui mon âme n'a que songé

Et puis il y a eu cette fille
Cadeau de ce ciel détesté
Elle m'a donné ce qui renaît
Au fond d'un cœur en pacotille

Mais n'était-ce pas déjà trop tard
Sur des ruines peut-on reconstruire
Mais je chasserai le cafard
Qui joue à vouloir me détruire.

 

L 'ENFANT DE MES NUITS BLANCHES

Tu n'as pas vécu très longtemps
Mais tu es le sang de mon sang
Bout de chair dans cet univers
Que tu as fui pour mes hivers

Tu es l'enfant de mes nuits blanches
Mais tes pleurs ne me réveillent pas
Une petite boîte blanche
M'appelle au souvenir de toi

Je voudrais remplir mes journées
De tes sourires et de tes larmes
Pouvoir enfin ne plus crier
Pourquoi tu as rendu les armes

Cet après-midi du mois d'août
Où tu m'as laissé tel un fou
Tout seul annoncer à ta mère
Que ton cœur avait pris la mer

Tu m'as laissé au bord de l'eau
Sans vraiment me dire pourquoi
Tu as filé dans ce bateau
Et bien trop tôt et sans un mot

Je n'ai pas eu beaucoup de temps
Pour te dire à toi mon enfant
Que dans mon cœur et très souvent
Saigne une larme de géant

Mais de ces géant à genoux
Qui prient et volent dans les églises
Qui cherchent ce tout petit bout
Eteint dans une flamme grise

Je voudrais croire que quelque part
Peut-être au-dessus des nuages
Tu as trouvé ce monde à part
Qui fait de toi un petit ange

Mais je ne peux me résigner
A ton départ précipité
Les amarres que tu as larguées
Sont les croix que je dois porter

Mais dans le sourire d'une enfant
Tu vis parfois quelques instants
Cette fille n'a rien remplacé
Mais dans ses yeux je vois briller
Une lueur que je connais

 


PETIT GHETTO

Un jour dans la rue j'ai croisé
Une petite femme bien distinguée
Amoureux d'elle je suis tombé
Et me voilà bien avancé

J'ai guetté alors ce ghetto
Voulant gâter ma libido
Car je n'avais pu dire un mot
De peur de dire un mot de trop

Dans quel ghetto me direz-vous
M'étais-je à ce point empêtré
Point suffisait de la croiser
A point nommé fallait causer

Avec l'horloge de mon quartier
J'ai dealé qu'elle puisse repasser
Pensez-vous donc l'air étonné
Mais tous les jours elle est passée

Mais il fallait trouver un texte
Me servant alors de prétexte
A quel endroit mettre le doigt
Pour faire sourire son minois

Riez pas car pour dérider
Les rides qu'elle a effacées
La faire rire il me fallait
Mais le soir le rideau tombait

N'en pouvant plus j'ai dit pardon
Viendriez vous donc à la maison
Prendre un café cafeïné
Car j'ai cru que j'allais tomber
D'avoir ce soir là tant osé

Ma petite bête n'en pouvant plus
D'avoir à ce point attendu
Plutôt rigide me direz vous
Et vous madame qu'en pensez-vous

Si maintenant sur le divan
Je prenais vos seins enivrants
A deux mains car ils sont si beaux
Que j'en perdrais ma libido

 

CHEZ CETTE FEMME

Quand je sens chez cette femme
La douce envie de sa flamme
J'ai le cœur qui fait des siennes
Et ma raison n'est plus mienne

Quand entre nous plus d'espace
Me font sentir tous ses émois
J'ai mes jambes qui s'effacent
Sur tout ce que je ne me dois

Et pourtant quand ses yeux brillent
Dans cette lueur assassine
Je sais bien qu'elle devine
Qu'elle seule me fascine

Au bout de ses mains tremblantes
Elle a des caresses qu'elle n'ose
Pourtant je lui dis ma grande
Laisse moi effeuiller ta rose

Sur ses lèvres alors je me lâche
Dans des baisers qui lui parlent
Dans un grand silence humide
J'ose toutes mes envies coquines

Je sais bien je n'y peux rien
J'ai trahi même les miens
Seulement quand s'effleurent
Nos regards qui ne nous leurrent

Car tous mes désirs s'envolent
Là au seul bruit de son tissu
Quand je touche et quand je vole
Un baiser fou sur sa peau nue

Un soir je le sais bien ma belle
Je boirai de ton vin si doux
Celui que tu caches ma belle
Au creux de ton beau corps et nous

 


VOUDRAIS-TU ?

Voudrais tu revenir
La nuit ou un matin
Venir sans prévenir
Me redonner la main

Pourquoi pas essayer
D'effacer le passé
Sans plus un coup de gueule
Si nos envies le veulent

Un tout petit espoir
Pour nos années ratées
Broyer le désespoir
Balayer nos loupés

Plus de matins chagrin
Seules nos mains caressent
Une flamme s'est éteint
Une chaleur qui nous berce

On pourrait parier
Que rien ne s'est enfui
Nos corps entrelacés
Dans un désir qui vit

Ecoute tous mes mots
Qui supplient ton regard
On peut panser nos maux
Sans croire que le hasard

A remis sur mes routes
Ces lèvres où je me perds
Qu'il n'y a plus de doute
J'étais dans le désert

Et si dorénavant
Je n'avais plus de rôle
A mettre en avant
Seuls tes yeux mes idoles

Si tu te laissais croire
Qu'on peut recommencer
Je serais dans l'histoire
L'esclave de ma fée

 


VIENS AVEC MOI

Viens avec moi si tu le souhaites
Je t'ouvrirai mon horizon
Et ne te prends jamais la tête
Je ne sais pas où nous irons

La nuit peut-être nous suffira
Pour des lendemains solitaires
Mais si jamais, on ne sait pas
On laissera tourner la terre

Viens avec moi si tu le souhaites
Ce soir je ne peux rien promettre
Nos draps sont nos habits de fête
Mais ne dit rien que tu regrettes

Laissons à nos mains la parole
Et nos corps trouver le sujet
Ne nous inventons pas de rôle
Si ce n'est que vouloir s'aimer

Viens avec moi si tu le souhaites
Je n'ai pas de chemin tracé
Qu'une lueur qui me dit " reste "
Dans ton regard qui s'est voilé

Quand je t'ai prise cette nuit là
Dans la chambre où tu t'es donnée
L'ombre de tes yeux m'a parlé
Bien plus que des mots ce soir là

Viens avec moi si tu le souhaites
Je n'ai pas envie de savoir
Seulement caresser ta silhouette
Sans rien demander ni vouloir

Peut-être que tu me suivras
Dans quelques étés ou hivers
Mais sache bien qu'à cette heure là
Je suis bien dans ton univers

 

CES TERRES QUE L'ON SALIT

Il y a bien des jours sais-tu
Que j'essaie en vain de comprendre
Tous mes semblables qui se tuent
Pour quelques bouts de terre à prendre

Ils se font sauter en silence
Dans le vacarme de leurs rues
Peu leur importe que par avance
Ce sont des gamins que l'on tue

Et au nom d'un Dieu improbable
Ils ont des ceintures de feu
Même leurs femmes se font Diable
Pour une cause elles font feu

Mais les plages et les dunes s'en moquent
Et les montagnes s'en étonnent
Car bien après leur chant du coq
Ils seront là mais jamais eux

Avec du sang et tant de larmes
On veut des terres que l'on salit
C'est bien par la force des armes
Que je suis ici aujourd'hui

Je vous en prie arrêtez-vous
C'est un espoir qu'on assassine
En ces terres où l'on fait des trous
Pour des bouts de chairs enfantines

Votre bannière va flotter
Mais on se moque de savoir
Avant tout reste la fierté
D'avoir dans ses mains le pouvoir

Et peut importe la couleur
Qui transpire au bout de ses doigts
On va chanter pour le vainqueur
Dont le courage fait la loi

Alors ne vous étonnez pas
Si je me sens un étranger
Sur cette terre où l'on s'en va
Baiser les pieds de ces guerriers

Moi j'ai la tête dans les nuages
Non, je n'y attends pas un ange
De là je peux m'émerveiller
Du rire des gosses de mon quartier

Et si un jour faut y aller
Prendre un fusil dans une armée
Sachez bien tous que je l'aurai
Ce courage dont vous tous manquez
Pour dire non et s'envoler

 


CE QU'ELLE DONNE

Eh petit homme, peut-être un jour
Tu auras la chance ou l'honneur
De prendre ce qui est toujours
Ce qu'elle donne avant l'heure

Ce soir là, sache mon garçon
Quand tu cueilleras cette fleur
Et que, quelle que soit la rançon
Elle ne donnera qu'une fois ce bonheur

Alors si tu sais être tendre
Enlève lui aussi la peur
Pour lui donner et ne rien prendre
Ne joue pas au petit chasseur

Fait toi timide par tes caresses
Pose tes mains sans rien casser
Elle te donne aussi sa faiblesse
Dans un écrin sache l'aimer

Ce qu'elle donne mon garçon
Elle le fait la peur au ventre
C'est dans le sang qu'elle te fait don
D'une pétale de rose tendre

Alors donne lui des baisers
Et s'il te faut la rassurer
Prends le temps qu'elle te demande
Pour cueillir cette belle offrande

Car c'est toujours dans la douleur
Et ce depuis bien des années
Que toutes les pucelles se meurent
Et qu'une femme alors se fait

 


SI JE TROUVAIS ALADIN

Je ne saurais vous dire pourquoi
J'aime les pleurs de nos enfants
Quand coule sur leurs joues parfois
La tristesse de leurs sentiments

Ils ne trichent si rarement
Avec leurs regards innocence
Dans leurs yeux où rien ne se vend
On lit si peu de cette violence

Qui fait souvent que bien des hommes
Vendraient leur âme pour exister
Qui tentent en vain de faire comme
Si leur cœur d'enfant sommeillait

Au bout des lèvres des chérubins
S'élève la voix des injustices
Et chacun de nous le sait bien
Que leurs questions trahissent nos vices

Qui à ce jour a toujours su
Leur expliquer toutes nos guerres
On peut parler à leur insu
Mais ils entendent nos misères

On sert plus souvent nos poings
Que leurs mains cherchant les caresses
On baisse le pouce pour l'assassin
Car s'ouvrent leurs paumes et leurs faiblesses

Ils tendent rarement la main
Avec la mort au bout des doigts
Seuls leurs pères se croient malins
Pour leur donner une arme en bois

Avec leurs corps ils nous exposent
Leurs tendres et naïves amours
Seules les adultes y déposent
Les traumatismes pour toujours

Allez-vous donc leur expliquer
Que leur corps devient un jouet
Pour ces trop nombreux détraqués
Fabriqués par la société

Si je me faisais magicien
Je voudrais bien y retourner
Et si je trouvais Aladin
Je demanderais à y rester

 


JE VOUDRAIS

Je voudrais tant que tu me parles
Où es-tu quand tu t'es tournée
Dans ce grand lit où tu t'évades
Dans tes jardins et tes secrets

Je ne pourrai pas t'en vouloir
Je sais, ma vie n'est pas facile
Sombres tu dans le désespoir
Quand Morphée se fait peu docile

Je voudrais tant que tu me dises
Si ton corps se fait étranger
Quand la nuit et son emprise
Nous laisse seul et sans parler

Je ne veux pas te condamner
Seulement peut-être te garder
Et s'il n'est déjà pas trop tard
Laisse moi garder au moins l'espoir

Que malgré toutes ces années
Et tout ce que je n'ai pas su
Ton cœur n'a déjà pas lâché
Toutes mes promesses non tenues

La vie à deux n'est pas aisée
Et je connais mes déchirures
Qui te font peut-être hésiter
A panser mes plaies immatures

Peut-être un jour as-tu rêvé
D'un autre corps dans d'autres lits
Mais je sais bien qu'on peut aimer
Malgré qu'on ait déjà trahi

Et seulement peut-être aussi
Dans quelques rêves ou pensées
Mais à cette heure et aujourd'hui
C'est nos draps que tu as froissés

 


DIS MAMAN

Dis maman, il existe le Père Noël ?
Dis maman, il existe vraiment ?
C'est pas pour moi que je l'appelle
Mais c'est pour vous surtout les grands

Les petits, on sait qu'il est là
Regarde bien sous le sapin
Et ne me dit pas que c'est toi
Qui a fait tous les magasins

Regarde encore petite maman
Il est là, j'ai tous mes jouets
Mais alors pourquoi vous les grands
Vous ne faites que vous disputer

Demande lui au grand Monsieur
Qu'il t'apporte aussi des cadeaux
De la tendresse et encore mieux
Peut-être tout ce qu'il te faut

Demande lui qu'avec sa barbe
Il sèche les larmes qu'a fait Papa
Peut-être que, sous le bel arbre
Il a écrit des mots pour toi

Dis Maman demande qu'il revienne
Je voudrais bien que mon Papa
Nous revienne un jour et m'amène
Au bal me faire danser avec toi

Peut-être qu'il a dans son traîneau
Tout plein d'amour et de jolis mots
Que vous les grands n'osez pas dire
Mais que moi je pourrai vous lire

Dis Maman, dis lui tous tes chagrins
Et quand tu pleures quand je m'endors
Peut-être qu'avec seulement ses mains
Il t'offrira des mouchoirs en or

Dis lui que je veux plus de cadeaux
Qu'il prenne les miens et qu'à la place
Papa vienne manger le gâteau
Sa chaise est toujours à sa place

Et puis qu'il reste s'il le faut
Car dans ton lit y a une grande place
Qu'il doit venir te tenir chaud
Et le matin ma faire une place

 


LES PLUS BELLES

Les plus belles histoires d'amour
Laissent sur nos lèvres un goût amer
Si passion rime avec toujours
Alors pourquoi prennent-elles la mer

J'ai sur mon corps des cicatrices
Des souvenirs de corps à corps
Existe-t-il des mots d'artiste
Qui feraient oublier mes efforts

D'avoir voulu garder au port
Tous ces matins où je rêvais
Blotti là auprès de ton corps
Qu'au soir venu tu resterais

Donne moi les clefs de ton désir
Et de ta bouche et tes baisers
Et que j'enchaîne tes plaisirs
Pour pouvoir vivre sans regret

Donne moi les phrases pour retenir
Ce que je ne sais pas garder
Et puis les verbes pour prévenir
Tous tes départs anticipés

Je n'ai plus l'âge des peut-être
Mais le sais-tu au moins ma belle
J'ai passé le temps du paraître
Mes vingt ans se sont fait la belle

S'il faut décoder des secrets
Je prendrai le temps qu'il faudra
Mes heures ne sont plus à compter
Pour te garder auprès de moi

Mais si tu as déjà des doutes
Et que ton coeur n'affirme rien
Dis-le moi et prends donc la route
Car je ne veux briser le mien

 


APPRENDRAS-TU ?

Je n'ai pas les mots qu'il faudrait
Pour mon corps qui se meurt de froid
Je ne sais pas plus inventer
Des phrases qui me mènent à toi

J'ai prié afin que tu restes
Mais les Dieux ne m'écoutent pas
Et parfois même je me demande
Où se perd l'écho de ma voix

Laisse moi au moins une chance
De venir et rester près de toi
Même s'il me faut une échéance
J'attendrai autant qu'il faudra

Dis-moi pourquoi tout en moi saigne
Comme ses plaies qu'on ne voit pas
Dans mon histoire où ne règne
Que le sourire de ta voix

Je ne demande à partager
Seulement peut-être que ton toit
Même si ton lit m'est étranger
Je serais là tout prêt de toi

Peut-être un jour apprendras-tu
A m'aimer juste ce qu'il faut
Pour ne plus être un intrus
Et me laisser toucher ta peau

 


DANS NOS CITES

Il y a des gosses dans mon quartier
Des mômes aux cœurs à la dérive
Qui aiment la bière et la galère
Traînant la nuit de verre en verre

Ils ont leurs mots, ils ont leurs verbes
Fabriqués dans leur univers
Poignées de mains, poignées de fer
Ici la loi est celle du frère

Ils vendent du bonheur en barre
Dans des cages d'escalier sinistres
On se comprend quand on s'égare
Ici la loi est celle du triste

Quand le leur s'évade en fumée
Comme ces voitures qu'ils explosent
N'y a t-il pas quelques pavés
Ici la loi est celle du pauvre

Alors les prêcheurs du Prophète
Y lancent leurs filets de guerre
Les imposteurs de Dieu y prêchent
La loi devient celle des armes

Dans des contrées bien plus paumées
On leur apprend à s'inventer
Quelques missions pour exister
Quelques raisons pour y crever

Au nom de la justice divine
Ils vont s'armer comme des soldats
Pour se jeter dans le combat
Ici la loi est celle d'Allah

Et dans la fureur d'un Coran
Qui n'a jamais rien demandé
Ils vont mourir pour mieux s'aimer
Et toutes les lois sont faussées

 

JE SUIS UN HOMME

Quand dans le regard d'un enfant
Je lis la peur de nos folies
Voilà que je pleure à bas bruit
Je suis un homme tout simplement

Quand se vend sur le trottoir
Leur charme que je ne sais voir
Je n'ai pas les mots qu'il faudrait
Pour les salauds qui prennent leur pied

Je ne pourrais vous expliquer
Toutes mes larmes évidemment
Toutes ces nuits où j'ai prié
Je suis un homme tout simplement

Et quand je vois cet enfant
Jeté dans l'arène des hommes
Je ne comprends que rarement
Quel est le prix d'une vie qu'on donne

Si jouer avec un fusil
Est une gloire aujourd'hui
Je resterai dans l'histoire
Sans faire partie de cette foire

Car je n'ai pas encore compris
Où donc je suis et avec qui
Pour une médaille sur un revers
Les hommes tueraient jusqu'à leur frère

Mais jamais je ne marcherai
Pas plus sur la tête que les pieds
Pour un si petit bout de terre
Je n'amuserai Lucifer

 


SI ?

Si je viens prendre des nouvelles
En t'écrivant ces quelques mots
C'est ma mémoire qui me rappelle
Qu'on n'oublie que ce qu'il ne faut

Si je t'écris ces quelques vers
Ce n'est pas pour un rendez-vous
C'est seulement qu'une lumière
Réveille le souvenir de nous

On pense que les volets sont clos
Que l'oubli nous a endormi
Mais pourtant parfois il le faut
Que quelques mots et puis voici

Que nos consciences se réveillent
Sur tous nos sens en sommeil
Et si bien des mois ont passé
Les années n'ont rien effacé

Et même si nos amours sont mortes
Et les plaies se sont refermées
On sait bien que derrière ces portes
Nos cœurs un jour se sont blessés

Je ne voudrais pas déranger
Seulement savoir si tu allais
Et n'as-tu jamais rien changé
De tout ce qui m'a fait t'aimer

Te souviens tu de nos courriers
De nos caresses à distance
De tous ces baisers envoyés
Noircis sur du papier glacé

Mais peut-être as-tu oublié
Jusqu'à seulement mon prénom
Ce rendez-vous que j'ai manqué
Sans jamais demandé pardon

Mais je ne le saurai jamais
Avais-je tort ou bien raison
De n'avoir laissé passer
Cette année là qu'une saison

Je n'attends pas une réponse
Et je ne veux rien réveiller
Sache seulement que je songe
Parfois que tu as existé.

 

SI J'AVAIS ETE

Si j'avais été musicien
Pour toi j'aurais sur un piano
Jouer des notes de mes mains
Te parlant plus que tous mes mots

Car tous ceux répétés cent fois
N'ont que la valeur éphémère
De tout ce qu'on se dit parfois
Trop souvent qu'il est nécessaire

Si j'avais pu avec la voix
Te chanter ce qu'on avoue pas
Mes maladresses ne viendraient pas
Remplir mes nuits et malgré moi

Si j'avais été un artiste
Avec des mots, avec des sons
J'aurais fabriqué des musiques
Inspirées par ton seul prénom

Et si j'étais comédien
Je t'aurais caché tous mes vices
Pour ne pas avouer combien
Je voudrais vivre sans artifice

Sans les paraître qui nous leurrent
Quand on joue comme un débutant
Des rôles dans lesquels se meurt
Ce qui fait de nous des enfants

Si j'avais pu sur une toile
Par des couleurs des paysages
Je t'aurais dessiné la voile
De ce navire au seul visage

Qui chaque fois que je m'égare
Sait me conduire auprès de toi
Comme sur un port ou bien une gare
Où mes amarres ne brisent pas

J'aurais avec un bout de terre
Sculpter ton corps et ses dessins
Et tout ce qui fait que j'espère
Ne pas me perdre sur mon chemin

jean-francois.hauteville@club-internet.fr

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