Poésie18
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Découvrez 43 jolis poèmes de Jean-François Hauteville
AINSI VA…Comme l'éclair brûlant de son regard,
Ses mains, ses mots, déchirent ta mélancolie,
Paroles vaines d'un cri d'espoir,
Il se moque bien tant de ton désespoirEssoufflés par ce corps à corps,
Mouillés par ce trop plein d'envie,
Odeur salée de notre doux plaisir,
Les draps comme seuls témoinsMais sali, jugé, banni,
Il se fissure de ces petits riens,
Un regard, un sourire… peut-être anodin ?
Mais jalousie quand tu nous tiensIl court ainsi sur notre chemin, insaisissable,
Laissant le vent à son affaire,
Maître de lui, de nous son esclave,
Souvent là quand tu ne l'attends plusAinsi va l'amour…
PETIT BOUT
Tout petit bout
De toi, de moi,
Tout petit bout
D'on ne sait quoiLe silence en faux ami,
L'obscurité éclaire les ombres,
De mes douleurs et de mes peurs,
Rouge ton sang,
Mes espoirs décolorésAlors ce soir, je broie du blanc,
Déchiré le papier tâché,
Ma pudeur donnée en pâture,
Encre teintée de mes loupésPetit garçon, petite fille,
L'important se fait futile,
Maintenant, nous…
… on t'attend !
COMME UNE GRANDE
J'n'ai pas encore 10 ans,
J'veux faire tout comme Maman,
Porter ses robes du matin,
Dans ses talons mes pieds trop finsJ'ai tous mes rêves à moi,
Seule ma poupée les voit,
Vite faire comme les grands,
Surtout plus faire semblantEt mon Papa me comprend,
J'adore quand il m'embrasse,
Sur ces genoux, y m'prend,
J'suis bien quand il m'enlaceEt si j'comprends pas tout,
Surtout certains bisous,
Y m'dit que c'est normal
Que sans, ce serait malAlors j'écoute et touche
C'que ma poupée n'a pas,
Mes petits doigts, ma bouche,
Font tout c'que dit PapaJ'n'ai pas encore 10 ans,
Surtout plus d'rêves d'enfant,
Et surtout rien comme les grands,
Même ma poupée, plus comme avantJ'n'ai pas encore dix ans,
Dis-moi pourquoi, Maman ?
Papa, j'ai pas compris,
Pardon si j'ai tout dit.
ET SI…
Elle passe et tu oublies,
Gardent tes inconsciences,
Dans le bruit de la ville,
Un instant de silenceEt puis ses yeux qui s'attardent,
Tels des mots doux murmurés,
Ses gestes au ralenti, image arrêtée,
Tel une photo couleur sans négatifC'est une image furtive,
Pas besoin de longs discours,
Son regard s'échappe,
Mais un parfum te poursuitSentiment étrange,
Malaise presque agréable,
Dans la foule sur ce trottoir,
Son visage, un instantTu l'as croisée, elle est là,
Mais lui parler, tu ne peux pas,
Passe une seconde,
S'attarde une silhouetteEt tu sais pas,
Et si, et si,
Juste un mot aurait suffi,
D'étrange à familière,
Elle aurait pu dans ta vie.
ET SURTOUT
Je voudrais bien vous la décrire
Mais ne sait guère en parler
Pas tout à moi, pour commencer,
Mais surtout…Je la regarde avec ses mains
Peindre les paraître de ces jours,
Mais je suis seul au petit matin
A lire dans ses cheveux lourdsJe connais son corps et ses dessins,
Sur tous les doigts de chaque main,
Même mes lèvres ne cherchent pas
Quand il se cache sous les drapsJ'ai appris toutes ses caresses,
Et ces instants, je les devine,
Sans calcul, je vous le jure,
Où se conjuguent nos plaisirsJ'ai découvert les mots, les verbes,
Tous ces vents fous qui la libèrent,
De ses chaînes et de ses liens,
Qui m'ouvrent ses inconscients enfinSes regards, tous ses silences décodés,
J'ai bien compris que sans les clefs
De veines batailles je mènerais
Pour la faire rire ou la faire pleurerJ'ai réussi avec mention
A la garder tout près de moi,
Je veille parfois sans précaution
Qu'elle ne s'envole pas sous d'autres toitsJe voudrais bien vous la décrire
Mais ne sait guère en parler
Pas tout à moi pour terminer
Et surtout si mal, je la connais
A CELLES
Vos regards jamais ne se détournent
Quand ils croisent là mes intentions
Et dans vos yeux je les devine
Les mots ne sont alors qu'illusionVos lèvres ne se font pas farouches
Quand si proche je sens le souffle
De vos désirs si impudiques
Que nos baisers se font futilesEt la peau de vos bras dénudés
Trahissent vos frissons les plus intimes
Et elle appelle mes mains à oser
A des caresses déjà si coquinesEt tous ces moments, tous ces instants
Ces amours naissant avec la nuit
Qui au matin se sont enfuis
D'aucuns, je ne regrette tantEt vous Messieurs les puritains
Vous qui les appelez " de passage "
Pour ne pas dire des putains
Je vous réponds par le partageEt vous Messieurs les puritains
Vous qui criez toujours au bien
Qui d'une main levée nous condamne
Et de l'autre cachée vous soulage
HIER SOIR
Hier soir quand ils se sont couchés
Eux qui croyaient que je dormais
J'ai bien entendu qu'elle pleurait
A mon père qui lui murmuraitCa sert à rien de continuer
A toujours se bouffer le nez
On arrête pas de s'engueuler
Moi je ne peux plus le supporterHier soir quand ils se sont couchés
J'ai bien compris que rien n'allait
Pas tout, pourquoi, car trop petit
Mais bien plus tard quand j'ai grandiCa sert à rien de continuer
Pendant longtemps je t'ai aimée
Mais je ne peux plus faire comme si !
Une autre est entrée dans ma vieHier soir quand ils se sont couchés
J'ai serré fort mon oreiller
Je l'ai mouillé de mes silences
Pour ne pas me faire violenceCa sert à rien de continuer
Ne t'inquiètes pas, je vais t'aider
Je te laisserai la maison
Et te donnerai une pensionHier soir quand ils se sont couchés
Plus de mur et plus de cloison
Et puis là comme un bruit de fond
Maman et ses sanglots si longsCa sert à rien de continuer
Tu peux aussi encore aimer
Elle est courte, elle est con la vie !
Tu trouveras un autre mariHier soir quand ils se sont couchés
J'ai bien cru que j'allais crever
Mon père ce soir là la quittait
De moi je crois qu'il s'en foutait
MON ETOILE
J'ai demandé à mon étoile
De passer la nuit chez les anges
Pour aller voir dans les nuages
Ce gars que l'on prend pour un sageJ'ai demandé à mon étoile
Demain que je puisse voler
Pour dépasser la voix lactée
Et savoir où plus tard j'iraiCar en bas l'homme avec la croix
M'a parlé de je ne sais quoi
D'un paradis s'il est à moi
Faut qu'avant, au moins, je le voisMais j'ai vu un homme aux pieds nus
Qui m'a aussi parlé d'Allah
Mais lui non plus ne l'a pas vu
Il me dit que c'est ça la foiEt j'ai lu aussi la Torah
Qui me parle encore d'autres lois
Alors je vous avoue ma foi
Que je me perds dans tout celaAlors mon étoile m'a aidé
A décoller de ce monde là
J'ai bien cherché, j'ai pas trouvé
Et y a un truc que j'm'explique pasDe là-haut j'ai bien vu les hommes
Ce qu'ils faisaient pour tout cela
Ils faisaient même sauter les mômes
Pour Dieu, Allah ou JéhovahEt quand j'ai demandé pourquoi
Certains m'ont dit c'est du passé
Les autres se sont mis à hurler
Qu'ils ne pourraient jamais s'aimerAlors j'ai demandé à mon étoile
De me redescendre ici bas
Car ces prophètes de la foi
Me donnent envie de croire qu'en moi
SILENCEQuand nos mains ne savent plus
Comment s'ouvrir pour nous donner
Tout ce que nos cœurs asséchés
Dans ces douleurs, s'en est alléQuand notre regard s'égare
Dans les méandres de nos leurres
Et que nos larmes se font rares
Car nos maux se sont fait voleursQuand nos lèvres jouent aux cruelles
Pour tous ces mots qu'elles ne déversent
Quand elles n'ont pas trouver en celles
Tout ce que vainement elles cherchentAlors on hurle par nos silences
Pour que se taisent nos souffrances
Car l'on ne peut se faire violence
Pour soulager nos coupables consciencesQuand on joue par l'indifférence
Pour ne pas regarder de face
Toutes ces phrases que l'on se cache
Mais l'oubli nous laisse des tracesEt par la nuit nous espérons
Couchés comme deux pauvres cons
Demain, bien sûr, ils s'en iront
Ces incompris que nous taisons
TOI
Je voudrais tant que tu le saches
O combien j'ai besoin de toi
Quand t'es pas là j'ai plus d'espace
A la recherche d'un peu de joieToujours difficile de te le dire
Pas plus adroit de te l'écrire
Ma voix sonne toujours aussi faux
J'ai beau cherché j'ai pas les motsAlors j'essaie de m'inventer
Ces faux prétextes pour te garder
J'aboie comme tous ces chiens jaloux
Je joue au chat au p'tit matouMais je ne sais pas monter sur scène
Je voudrais pas craquer, pleurer
Tous ces hommes là comme on les aime
Même pour l'ciné, j'suis pas douéMa drogue reste ton regard
De tes yeux qui ne voient que moi
Pas d'alcool quand je veille tard
Tellement si peu, un peu de toiEt quand je cherche, tout m'échappe
J'voudrais mieux faire, ne rien rater
Même là ce soir, je ne laissais
C'besoin d'écrire qui me rattrape
DIFFERENCESTels tous ces clowns désabusés
Eux qui se masquent ou qui se cachent
Ces maquillages qui s'effacent
Le sourire lui, d'utilitéMais qui prétend être à ma place
Se donne le droit de voir en moi
Caméléon dans mon paysage
Tous mes outils pour y faire faceCrème solaire ou fond de teint
Toute la couleur qui dépeint
Dans des regards qu'on nous annonce
Comme des reflets qui ne nous trompentEt puis nos mains qui s'imaginent
Comme des caresses d'essence unique
Comme si nos paumes nous dessinent
Des amours types tous en résineTous ces toubibs dans leurs têtes
Et qui consultent dans leurs livres
Pour tous nos cœurs qui leur délivrent
Ce que leur conscience veut entendreCet animal sophistiqué
Les dominants auront leur place
Pas celle qu'ils ont imaginé
Mais celle qu'on a voulu laisserCar mes amours prennent naissance
Aux peu qui doutent, aux peu qui pensent
Mais les grands eux qui tiennent séance
Laissez-leur croire qu'ils mènent la danse
UN REGARDOn parle de sa braise
On parle de son feu
Mais aucun incendiaire
Ou bien soldat du feu
N'ont trouvé la matière
Pour ne plus l'enflammerOn parle de tous ses mots
On parle de ses silences
Mais les Docteurs en sciences
Tous nos grands intellos
N'ont trouvé la manière
Pour qu'enfin il se taiseOn nous parle d'acier
Dans une main de fer
Mais l'enfant lui le sait
Qu'il peut même naïf
Comprendre ou se fermer
Aimer ou détesterAlors nous on s'effondre
A ces clairs ou ces foncés
Semblables, différenciés
Aucun ne se ressembleAinsi il peut tricher
Jouer ou amuser
S'éteindre pour une heure
Ou bien à tout jamais
Capable du meilleur
Ou du pire on le saitPersonne n'y échappe
Souvent il nous fait peur
Mais quand il est d'amour
Il est si doux de croiser…Un regard.
ESPERANCES
Le soir ,quand tout était silence,
Tu venais blottie contre moi
Y chercher quelques espérances
Là, cachées au fond de nos drapsAu bout du bleu de tes grands yeux
Coulaient les ruisseaux de tes peurs.
Tes joues s'inondaient de malheur,
Tu te noyais dans tes douleurs.Tes baisers se faisaient violents
Mélangeant le sucré salé
Tes lèvres venaient y chercher
Les mots que tu redoutais tantTes mains ,au bout de tes caresses
Se faisaient douces et maladresses
Tes doigts sur ma peau qui me blessent
Comme pour me crier mes faiblessesMais ma gorge ne le pouvait
Trouver dans ses lettres emmêlées
Comment dire que je m'en allais
Sans savoir si je le pourraisAlors dans nos corps emmêlés
Dans ces odeurs douces et salées
Essoufflés dans ce lit mouillé
On étouffait nos propres plaies
WATERLOOJe me suis fait souvent la guerre
Jamais à coup de revolver
A coup de verres et puis de verres
Ces verres d'alcool que je me verse
Pour mes révoltes sans enferEt quand je grille toutes ces clopes
Fumées, volutes qui galopent
Et toute l'herbe qui m'enveloppe
Dans un coton de paix qui dopeEn fait, avalant ces pilules,
Amphétamines qui me le brûlent
Je bois au blues ridicule
Au bûcher de ses tentaculesAlors j'ai dis, alors toubib !
Pour mes billets, dis moi toubib !
De toutes les bribes que je lâche
Vois tu la bride qui m'attache ?Mais plus malin que le renard,
A la fontaine de mon fric
Tu te gaves, vieux salopard
A toutes les sources de mes hicsJe n'ai pas connu Waterloo
Pas plus water et pas plus l'eau
Et pour la terre et mes vieux os
Que l'on m'enterre dans un caveau
Empli d'éther et de pavot
ONCLE SAM
Allez soldats, au garde à vous
Reformez donc vos bataillons
On va, au nom de la nation
Donner leçon à ces voyousNe vous posez pas de question
La s'conde nous a donné raison
Avec le Golfe, il était clair
Que c'est nos pas que Dieu éclaireEt notre bannière étoilée
Sur d'autres déserts doit flotter
Nous allons rendre la justice
Dans un monde ou règne le vicePour cela, pas de tribunal
Nous a dit notre Général
Laissons parler la boucherie
Pour exterminer ces impiesSurtout toujours pas de question
A trop penser l'on devient con
Et l'Oncle Sam et ses raisons
Suffisent à notre compréhensionAlors faisons les donc sauter
Mais cette fois ci sans les télés
Car la guerre c'est notre métier
On ne veut pas de gratte papierEt puis aussi, sait-on jamais
Si dans le tas y avait des mômes
Des femmes qui n'ont rien demandé
Guerriers mais surtout plus des hommesPuis à la fin de notre mission
Avec des croix sur des camions
On viendra le cœur sur la main
Bâtir des murs
Et des églises
Pour ces gamins
Qui crèvent de faim
TANT DE FOISJ'ai tant écris sur toi
Tant de feuilles noircies
Que ma tête et mes lois
N'ont plus ce mot qui ditGarde moi une place
Que je laisse une trace
Grâce à toi je survis
Mon corps et ses enviesJ'ai tant pleuré sur toi
Tant de larmes parfois
Pour ces plaies qui creusaient
Mon visage blesséJ'ai tant dormi sur toi
Tant de rêves éveillés
Sur ce corps chaud rêvé
Qui me crie ces mots làMa bouche a même souri
A tes amants d'ennui
Ma raison s'est enfuie
Pour des mots doux aigrisJ'ai tant brûlé mes yeux
Sur ton long corps de soie
Que mon regard ne peut
Qu'hurler ces phrases làJ'ai tant chanté l'amour
Pour en garder l'espoir
Que seul mon désespoir
M'a joué cet air làEt puis mes doigts, ma peau
Ont tant brûlé de toi
Et seule ma vie ne vaut
Que pour cette encre là
MON HIRONDELLE
J'ai étudié les manuels
Lu tous les intellectuels
Mais je n'ai pas trouvé lequel
Me parle de mon hirondellePetit oiseau, j'ai bien suivi
Tous les conseils des avertis
Les modes d'emplois des érudits
Mais je ne fais que des conneriesMon hirondelle, si tu savais
Combien je peux me détester
D'avoir tant de fois essayer
D'être le père qu'il faudraitTous mes coups de gueules déplacés
Sur mon moineau effarouché
Culpabilités et regrets
Et pourtant si vite oubliésMon hirondelle, si tu savais
Que tout mon sang ne peut couler
Quand je te vois seulement pleurer
Maladroit pour te consolerMon hirondelle, si tu savais
Combien tes douleurs, je les hais
Si je pouvais les arracher
D'un seul baiser, te soulagerQuand il viendra, mon hirondelle
Ce temps pour te faire la belle
Printemps, je sais pour toi ma belle
L'hiver pour moi, mon hirondelleEt n'oublie pas de temps en temps
Que ton vieux père parfois t'attend
Avec ta mère, on s'aime tant
Mais qu'il est long, sans toi,le temps
PETIT ENFANTPetit enfant au regard noir
Lueur de peur lueur d'espoir
Grandi trop vite mais pas un homme
Des rêves hantés par des fantômesBruits de canons dans les écoles
Pas de salon pour tes leçons
Petit guerrier de tous ces cons
De ces milices qui t'enrôlentEt puis présent ou bien absent
Mais surtout pas indifférent
Tu déambules dans ces poussières
Sans préambule pour tes enfersEt puis tes yeux petit enfant
Couleur café au marc de sang
Qui dans tes ruines d'adolescent
Crient aux douleurs de l'innocentCette poupée au cœur de pierre
Que tu balances, objet de guerre
Ce sont les jouets qui te bercent
Chiffon cocktail au goût amerPetit enfant au regard noir
Courbé le dos, meurtri si tôt
Et tes questions pour ces salauds
Qui t'on flanqué ce désespoirTant de haine dans les yeux de papa
Dis moi maman je comprends pas
Toute cette folie, pourquoi
Dis-moi maman je ne sais pasEt le père noël dans tout ça…
DANS MON VILLAGEDans mon village, y a une église
Et le dimanche dans cette église
De biens bels gens, de beaux moutons
Font tête basse pour un sermonDu curé de ma belle église
Qui prêche ses leçons de vie
Dans une pauvre robe grise
Mais dans sa vie n'a rien bâtiMais ce n'est rien… car c'est un Saint…
Dans cette foule qui se presse
Tu as la vieille que la mort guette
Mais qui ne veut plus de peut-être
Moi j'appelle ça la foi du traîtreMais ce n'est rien… qu'une peur d'ancien…
Je reconnais là mon voisin
Qui boit la bible comme du bon vin
Qui n'viendra jamais à ma table
Car je ne suis pas un notableMais ce n'est rien… qu'un peu d'dédain…
Et puis à côté, ce gros porc
Qui fait tinter ces pièces d'or
Lui qui s'amuse avec ses filles
Et qui dans leur lit se faufilleMais ce n'est rien… qu'un jeu d'coquin…
Et qui se montre, et bien devant
Monsieur le Maire et sa famille
Et mon Curé le saluant
Car lui son clocher se fendilleMais ce n'est rien… c'est bien humain…
Dans mon village y a une église
Dans mon jardin, j'en reste loin
Car les croyants de mon église
Sont tous des salauds, des vauriensMais ce n'est rien… je suis chrétien…
LA FILLE A LA ROBE LEGEREElle est passé sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Les jambes un peu trop nues peut-être
Ce que j'avoue je n'aimais guèreQuand est passée sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Moi j'aimais le vent, mon complice
Du plus léger de tous mes vicesElle est passé sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Avec du noir sous ses yeux verts
Couleur peinture d'anciennes guerresEt puis un jour sous ma fenêtre
Cette fille aux robes légères
Comme un petit chat m'observait
Semblant bien désintéresséeAlors quand un beau matin blême
Cette fille aux robes légères
Ses deux yeux j'ai voulu croiser
Deux mèches noires me les cachaientEt puis un soir sous ma fenêtre
C'est la même fille qui a frappé
Discrètement sur mes volets
Derrière lesquels je me cachaisEt elle m'a proposé de prendre
Un verre chez elle, si je voulais
Je vais peut-être vous surprendre
Mais j'ai accepté bien volontiersAprès le verre on a dîné
Dès l'entrée elle m'a troublé
Et quand est arrivé le café
Je me suis surpris à l'aimerElle ne passe plus sous ma fenêtre
La fille à la robe légère
Faut avouer qu'elles étaient belles
Ses jambes, et le peu qu'elle cachaitMais ce que j'aime le plus en elle
C'est peut-être ses couleurs nouvelles
Car sous ses beaux et grands yeux verts
Elle a mis fin à toutes ses guerres
C'EST PEUT-ETREOn m'a souvent demandé
Si un jour, je le serais
Pour ce bonheur préparé
C'est peut-être lui qui ne peut m'aimerDites moi où le trouver
Paraît qu'y faut pas chercher
A trop courir, on s'essouffle
C'est peut-être pour tout cela que j'étouffeExiste-t-il un secret ?
Une caverne, un mot sacré
Où il pourrait se cacher
C'est peut-être pour cela qu'il me faut chercherAimerait-il s'amuser ?
Sur des tapis moquettés
Roulette, poker ou aux dés
C'est peut-être qui faut qu'j'apprenne à jouerNe serait-il pas coquin ?
Un peu vicelard, bien malin
Les règles sont-elles respectées ?
C'est peut-être qu'y faut qu'j'apprenne à tricherSe conjugue-t-il au passé ?
L'futur déjà composé
De règles qui m'ont échappé
C'est peut-être qui faut qu'j'apprenne le françaisN'est-il qu'une piètre invention
De notre civilisation
Dans le désert pas de maux
C'est peut-être qui faut qu'j'achète un chameauEt puis j'emmerde à la fin
Tous les bons samaritains
Qui ne goûtent qu'à leur bon vin
Sans voir les misères et les chagrins
Que l'on fait supporter aux gaminsEt pourquoi pas anarchiste
Dans ce monde masochiste
Qui fait du plus fort, le flic
C'est peut-être là que m'échappe les règles ….du bonheur
LUCIFERHier soir j'ai pris rendez-vous
Avec Lucifer des enfers
Il a rappliqué le voyou
En m'demandant c'qu'il pouvait faireJe lui ai raconté mon monde
Tous ces gamins qui crèvent de faim
Tous les politiciens sans honte
Enfin je n'vais pas vous faire un dessinJ'ai commencé par le petit malfrat
Qui va piquer le sac de la vieille
J'ai demandé s'il pouvait pas
Courir l'100 mètres en 2 heures 13J'ai continué par les véreux
Tous nos dirigeants corrompus
Je voudrais bien qu'à tous ces vieux
On bourre leurs poches de papier culJ'ai terminé par les pervers
Pour tout ce qu'ils peuvent faire à nos mômes
Je l'ai supplié de les mettre à terre
Et de leur brûler ce qui en fait des hommesJ'n'ai pas pu évidemment
Lui parler de toutes les souffrances
Il m'a arrêté en se marrant
Tout en se frottant sa grosse panseIl m'a dit mon vieux tu sais pas
Que tous ces mecs là sont à moi
Ca fait des siècles qu'ils ont déjà
Ensemble fait une profession de foiJe vous avoue que je suis tombé
Sur mon cul et que j'ai compris
Que j'étais tombé sur l'enfoiré
Qui avait formé tous ces impiesEt depuis je cherche l'adresse
Du petit qui en haut paresse
Alors Juifs, Musulmans et Chrétiens
Pour une fois donnez vous la main
Afin que demain je puisse enfin
Causer avec le Dieu de tous vos saints
LA PORTE QUE TU AS FERMEEComment trouver là les mots vrais
Les justes, les bons, jeter les mauvais
Tu es partie , tout est fini
Je n'peux retrouver mes espritsEt tes yeux verts qui m'émerveillent
Je n'vois maintenant qu'en noir et blanc
Mon arc-en-ciel s'est fait la belle
La pluie s'abat si violemmentEt ta bouche goûte à d'autres plats
Je reste alors seul à ma table
Tes lèvres étaient mon seul repas
Je n'ai que des menus monnayablesTes mains jouaient de la tendresse
Mais le piano bar de mes espoirs
S'est tu un soir sans crier gare
Les cordes restent sans caresseAvec ton corps on mélangeait
Les sueurs et baisers salés
Mon lac à moi s'est asséché
Je n'connais plus le goût du sucréJ'ai triché pour te retenir
Fermer volets et portes à clefs
Rien n'y a fait pas même le pire
Mon amour s'était envoléJ'voudrais crever pour t'oublier
J'ai même plus l'courage de tirer
La seule balle qui m'ait tué
Est l'bruit d'la porte que tu as fermée
DES FLACONS SANS PROMESSEIl s'est couché sur ce lit
Un soir où tout s'était enfui
Il y a déposé son corps
Avec ses regrets et remordsIl avait ses habits de fête
Comme ces dimanches pour la messe
Mais depuis des années peut-être
Il ne croyait plus en ces prophètesSa vie, elle, s'était fait la belle
Bien avant ce jour du mois d'août
Seule son enveloppe charnelle
Le tenait, elle, encore deboutIl avait lutté tant de fois
Que tout son corps s'était vidé
Comme tous ces flacons qui traînaient
Sans les promesses qu'ils contenaientSes yeux se sont alors fermés
Comme ses douleurs qu'il traînait
Sans peur il s'est mis à l'attendre
Peut-être serait-elle plus tendreUn bout de papier chiffonné
Testament de ceux qui s'en vont
Des mots maladroits expliquaient
Tout en leur demandant pardonEt puis son cœur s'en est allé
Peut-être rejoindre des fées
Il s'est éteint dans ce silence
Aimé par les hommes en souffrance
CET APPARTEMENT
Quand tu rentres la première fois
Dans l'appartement de cette femme
Tu sens l'odeur de ses émois
Qui ne fait qu'attiser ta flammeQuand tu t'assoies sur le fauteuil
Un verre de whisky à la main
Tu cherches la chambre du coin de l'œil
Et tu t'y voies jusqu'à demainEt puis ces photos qui t'intriguent
Déposées là sur l'étagère
Et tu t'imagines le pire
Est-elle amoureuse l'étrangèreMais je ne pourrais dire pourquoi
On se sent alors presque chez soi
Comme si les meubles te parlaient
Trahissant ses intimitésEt puis soudain tu t'imagines
Quand le matin elle se peint
Sur ses joues un fond de teint
Tu en perdrais bien ton latinTu crois alors l'apercevoir
Dans ses tenues de nuit coquines
Tu crains qu'elle puisse te voir
Et sentir ton désir intimeTu cherches maladroitement
A t'approcher de cette femme
Qui a mis le feu à ton sang
Et qui a bouleversé ton âmeEt puis dans ces draps de couleurs
Tu vas l'aimer tel un débutant
Car quand l'amour t'a pris de court
Tu te retrouves bien hésitant
MADEMOISELLE
Pourriez vous me dire mad'moiselle
Le p'tit secret que vous cachez
Avec le diable faites vous belle
Pour savoir comment m'attacherAvez vous un philtre mystérieux
Qui ferait de moi votre esclave
N'en mettriez vous pas un peu
Dans quelques vins de votre caveMélangez vous dans vos parfums
Des senteurs si enivrantes
Ou des essences ou quelques uns
De ces mélanges qui me hantentN'avez vous pas sur votre peau
Quelques douceurs qui sont étranges
Qui font de mes mains un bateau
Voguant sur vos petits seins d'angeQue cachez vous sous vos paupières
Des émeraudes ou des rubis
Diamants brillants au goût de miel
Prisons de douces sucreriesEt votre bouche est-elle si pure
Qui fait de mes lèvres otages
D'un fruit qui serait déjà mûr
Cachant un étonnant breuvageM'avez vous donc ensorcelé
Seriez vous sorcière ou bien fée
Qui fait de mon cœur vous aimer
Et de mon corps un étrangerMais quel est donc ce sortilège
Ou bien langage maléfique
Etait-ce un don ou bien un piège
Qui tous les jours mon âme piquent
MES AVENTURES
J'ai longtemps écrit mes aventures
Sur tout mon sang et mes brûlures
Parfois avec des mots de trop
Sur un bâteau qui prenait l'eauJe n'ai parlé de cette femme
Que pas assez qu'il ne le faut
Elle a souvent éteint ma flamme
A faire ce qu'il fallait de tropElle a cherché sur d'autres corps
Ce que le mien n'a jamais su
Dans tous ces lits ou j'avais tort
De la garder à mon insuElle m'a offert ce petit homme
Qui s'est envolé un dimanche
Le bruit de son cœur monotone
S'est tu dans une lumière blancheJ'ai blessé fort toutes ces âmes
Tant que j'avais perdu la mienne
Dans ces lits ou j'ai pris ces femmes
Le diable soulageait mes peinesEt dans tous ces matins sales
Je voyageais dans le néant
Je faisais mal et par hasard
A des femmes toujours se donnantEt puis j'ai rencontré ma belle
Qui m'a permis de m'allonger
J'ai laissé s'envoler toutes celles
Pour qui mon âme n'a que songéEt puis il y a eu cette fille
Cadeau de ce ciel détesté
Elle m'a donné ce qui renaît
Au fond d'un cœur en pacotilleMais n'était-ce pas déjà trop tard
Sur des ruines peut-on reconstruire
Mais je chasserai le cafard
Qui joue à vouloir me détruire.
L 'ENFANT DE MES NUITS BLANCHES
Tu n'as pas vécu très longtemps
Mais tu es le sang de mon sang
Bout de chair dans cet univers
Que tu as fui pour mes hiversTu es l'enfant de mes nuits blanches
Mais tes pleurs ne me réveillent pas
Une petite boîte blanche
M'appelle au souvenir de toiJe voudrais remplir mes journées
De tes sourires et de tes larmes
Pouvoir enfin ne plus crier
Pourquoi tu as rendu les armesCet après-midi du mois d'août
Où tu m'as laissé tel un fou
Tout seul annoncer à ta mère
Que ton cœur avait pris la merTu m'as laissé au bord de l'eau
Sans vraiment me dire pourquoi
Tu as filé dans ce bateau
Et bien trop tôt et sans un motJe n'ai pas eu beaucoup de temps
Pour te dire à toi mon enfant
Que dans mon cœur et très souvent
Saigne une larme de géantMais de ces géant à genoux
Qui prient et volent dans les églises
Qui cherchent ce tout petit bout
Eteint dans une flamme griseJe voudrais croire que quelque part
Peut-être au-dessus des nuages
Tu as trouvé ce monde à part
Qui fait de toi un petit angeMais je ne peux me résigner
A ton départ précipité
Les amarres que tu as larguées
Sont les croix que je dois porterMais dans le sourire d'une enfant
Tu vis parfois quelques instants
Cette fille n'a rien remplacé
Mais dans ses yeux je vois briller
Une lueur que je connais
PETIT GHETTOUn jour dans la rue j'ai croisé
Une petite femme bien distinguée
Amoureux d'elle je suis tombé
Et me voilà bien avancéJ'ai guetté alors ce ghetto
Voulant gâter ma libido
Car je n'avais pu dire un mot
De peur de dire un mot de tropDans quel ghetto me direz-vous
M'étais-je à ce point empêtré
Point suffisait de la croiser
A point nommé fallait causerAvec l'horloge de mon quartier
J'ai dealé qu'elle puisse repasser
Pensez-vous donc l'air étonné
Mais tous les jours elle est passéeMais il fallait trouver un texte
Me servant alors de prétexte
A quel endroit mettre le doigt
Pour faire sourire son minoisRiez pas car pour dérider
Les rides qu'elle a effacées
La faire rire il me fallait
Mais le soir le rideau tombaitN'en pouvant plus j'ai dit pardon
Viendriez vous donc à la maison
Prendre un café cafeïné
Car j'ai cru que j'allais tomber
D'avoir ce soir là tant oséMa petite bête n'en pouvant plus
D'avoir à ce point attendu
Plutôt rigide me direz vous
Et vous madame qu'en pensez-vousSi maintenant sur le divan
Je prenais vos seins enivrants
A deux mains car ils sont si beaux
Que j'en perdrais ma libido
CHEZ CETTE FEMME
Quand je sens chez cette femme
La douce envie de sa flamme
J'ai le cœur qui fait des siennes
Et ma raison n'est plus mienneQuand entre nous plus d'espace
Me font sentir tous ses émois
J'ai mes jambes qui s'effacent
Sur tout ce que je ne me doisEt pourtant quand ses yeux brillent
Dans cette lueur assassine
Je sais bien qu'elle devine
Qu'elle seule me fascineAu bout de ses mains tremblantes
Elle a des caresses qu'elle n'ose
Pourtant je lui dis ma grande
Laisse moi effeuiller ta roseSur ses lèvres alors je me lâche
Dans des baisers qui lui parlent
Dans un grand silence humide
J'ose toutes mes envies coquinesJe sais bien je n'y peux rien
J'ai trahi même les miens
Seulement quand s'effleurent
Nos regards qui ne nous leurrentCar tous mes désirs s'envolent
Là au seul bruit de son tissu
Quand je touche et quand je vole
Un baiser fou sur sa peau nueUn soir je le sais bien ma belle
Je boirai de ton vin si doux
Celui que tu caches ma belle
Au creux de ton beau corps et nous
VOUDRAIS-TU ?Voudrais tu revenir
La nuit ou un matin
Venir sans prévenir
Me redonner la mainPourquoi pas essayer
D'effacer le passé
Sans plus un coup de gueule
Si nos envies le veulentUn tout petit espoir
Pour nos années ratées
Broyer le désespoir
Balayer nos loupésPlus de matins chagrin
Seules nos mains caressent
Une flamme s'est éteint
Une chaleur qui nous berceOn pourrait parier
Que rien ne s'est enfui
Nos corps entrelacés
Dans un désir qui vitEcoute tous mes mots
Qui supplient ton regard
On peut panser nos maux
Sans croire que le hasardA remis sur mes routes
Ces lèvres où je me perds
Qu'il n'y a plus de doute
J'étais dans le désertEt si dorénavant
Je n'avais plus de rôle
A mettre en avant
Seuls tes yeux mes idolesSi tu te laissais croire
Qu'on peut recommencer
Je serais dans l'histoire
L'esclave de ma fée
VIENS AVEC MOIViens avec moi si tu le souhaites
Je t'ouvrirai mon horizon
Et ne te prends jamais la tête
Je ne sais pas où nous ironsLa nuit peut-être nous suffira
Pour des lendemains solitaires
Mais si jamais, on ne sait pas
On laissera tourner la terreViens avec moi si tu le souhaites
Ce soir je ne peux rien promettre
Nos draps sont nos habits de fête
Mais ne dit rien que tu regrettesLaissons à nos mains la parole
Et nos corps trouver le sujet
Ne nous inventons pas de rôle
Si ce n'est que vouloir s'aimerViens avec moi si tu le souhaites
Je n'ai pas de chemin tracé
Qu'une lueur qui me dit " reste "
Dans ton regard qui s'est voiléQuand je t'ai prise cette nuit là
Dans la chambre où tu t'es donnée
L'ombre de tes yeux m'a parlé
Bien plus que des mots ce soir làViens avec moi si tu le souhaites
Je n'ai pas envie de savoir
Seulement caresser ta silhouette
Sans rien demander ni vouloirPeut-être que tu me suivras
Dans quelques étés ou hivers
Mais sache bien qu'à cette heure là
Je suis bien dans ton univers
CES TERRES QUE L'ON SALIT
Il y a bien des jours sais-tu
Que j'essaie en vain de comprendre
Tous mes semblables qui se tuent
Pour quelques bouts de terre à prendreIls se font sauter en silence
Dans le vacarme de leurs rues
Peu leur importe que par avance
Ce sont des gamins que l'on tueEt au nom d'un Dieu improbable
Ils ont des ceintures de feu
Même leurs femmes se font Diable
Pour une cause elles font feuMais les plages et les dunes s'en moquent
Et les montagnes s'en étonnent
Car bien après leur chant du coq
Ils seront là mais jamais euxAvec du sang et tant de larmes
On veut des terres que l'on salit
C'est bien par la force des armes
Que je suis ici aujourd'huiJe vous en prie arrêtez-vous
C'est un espoir qu'on assassine
En ces terres où l'on fait des trous
Pour des bouts de chairs enfantinesVotre bannière va flotter
Mais on se moque de savoir
Avant tout reste la fierté
D'avoir dans ses mains le pouvoirEt peut importe la couleur
Qui transpire au bout de ses doigts
On va chanter pour le vainqueur
Dont le courage fait la loiAlors ne vous étonnez pas
Si je me sens un étranger
Sur cette terre où l'on s'en va
Baiser les pieds de ces guerriersMoi j'ai la tête dans les nuages
Non, je n'y attends pas un ange
De là je peux m'émerveiller
Du rire des gosses de mon quartierEt si un jour faut y aller
Prendre un fusil dans une armée
Sachez bien tous que je l'aurai
Ce courage dont vous tous manquez
Pour dire non et s'envoler
CE QU'ELLE DONNEEh petit homme, peut-être un jour
Tu auras la chance ou l'honneur
De prendre ce qui est toujours
Ce qu'elle donne avant l'heureCe soir là, sache mon garçon
Quand tu cueilleras cette fleur
Et que, quelle que soit la rançon
Elle ne donnera qu'une fois ce bonheurAlors si tu sais être tendre
Enlève lui aussi la peur
Pour lui donner et ne rien prendre
Ne joue pas au petit chasseurFait toi timide par tes caresses
Pose tes mains sans rien casser
Elle te donne aussi sa faiblesse
Dans un écrin sache l'aimerCe qu'elle donne mon garçon
Elle le fait la peur au ventre
C'est dans le sang qu'elle te fait don
D'une pétale de rose tendreAlors donne lui des baisers
Et s'il te faut la rassurer
Prends le temps qu'elle te demande
Pour cueillir cette belle offrandeCar c'est toujours dans la douleur
Et ce depuis bien des années
Que toutes les pucelles se meurent
Et qu'une femme alors se fait
SI JE TROUVAIS ALADINJe ne saurais vous dire pourquoi
J'aime les pleurs de nos enfants
Quand coule sur leurs joues parfois
La tristesse de leurs sentimentsIls ne trichent si rarement
Avec leurs regards innocence
Dans leurs yeux où rien ne se vend
On lit si peu de cette violenceQui fait souvent que bien des hommes
Vendraient leur âme pour exister
Qui tentent en vain de faire comme
Si leur cœur d'enfant sommeillaitAu bout des lèvres des chérubins
S'élève la voix des injustices
Et chacun de nous le sait bien
Que leurs questions trahissent nos vicesQui à ce jour a toujours su
Leur expliquer toutes nos guerres
On peut parler à leur insu
Mais ils entendent nos misèresOn sert plus souvent nos poings
Que leurs mains cherchant les caresses
On baisse le pouce pour l'assassin
Car s'ouvrent leurs paumes et leurs faiblessesIls tendent rarement la main
Avec la mort au bout des doigts
Seuls leurs pères se croient malins
Pour leur donner une arme en boisAvec leurs corps ils nous exposent
Leurs tendres et naïves amours
Seules les adultes y déposent
Les traumatismes pour toujoursAllez-vous donc leur expliquer
Que leur corps devient un jouet
Pour ces trop nombreux détraqués
Fabriqués par la sociétéSi je me faisais magicien
Je voudrais bien y retourner
Et si je trouvais Aladin
Je demanderais à y rester
JE VOUDRAISJe voudrais tant que tu me parles
Où es-tu quand tu t'es tournée
Dans ce grand lit où tu t'évades
Dans tes jardins et tes secretsJe ne pourrai pas t'en vouloir
Je sais, ma vie n'est pas facile
Sombres tu dans le désespoir
Quand Morphée se fait peu docileJe voudrais tant que tu me dises
Si ton corps se fait étranger
Quand la nuit et son emprise
Nous laisse seul et sans parlerJe ne veux pas te condamner
Seulement peut-être te garder
Et s'il n'est déjà pas trop tard
Laisse moi garder au moins l'espoirQue malgré toutes ces années
Et tout ce que je n'ai pas su
Ton cœur n'a déjà pas lâché
Toutes mes promesses non tenuesLa vie à deux n'est pas aisée
Et je connais mes déchirures
Qui te font peut-être hésiter
A panser mes plaies immaturesPeut-être un jour as-tu rêvé
D'un autre corps dans d'autres lits
Mais je sais bien qu'on peut aimer
Malgré qu'on ait déjà trahiEt seulement peut-être aussi
Dans quelques rêves ou pensées
Mais à cette heure et aujourd'hui
C'est nos draps que tu as froissés
DIS MAMANDis maman, il existe le Père Noël ?
Dis maman, il existe vraiment ?
C'est pas pour moi que je l'appelle
Mais c'est pour vous surtout les grandsLes petits, on sait qu'il est là
Regarde bien sous le sapin
Et ne me dit pas que c'est toi
Qui a fait tous les magasinsRegarde encore petite maman
Il est là, j'ai tous mes jouets
Mais alors pourquoi vous les grands
Vous ne faites que vous disputerDemande lui au grand Monsieur
Qu'il t'apporte aussi des cadeaux
De la tendresse et encore mieux
Peut-être tout ce qu'il te fautDemande lui qu'avec sa barbe
Il sèche les larmes qu'a fait Papa
Peut-être que, sous le bel arbre
Il a écrit des mots pour toiDis Maman demande qu'il revienne
Je voudrais bien que mon Papa
Nous revienne un jour et m'amène
Au bal me faire danser avec toiPeut-être qu'il a dans son traîneau
Tout plein d'amour et de jolis mots
Que vous les grands n'osez pas dire
Mais que moi je pourrai vous lireDis Maman, dis lui tous tes chagrins
Et quand tu pleures quand je m'endors
Peut-être qu'avec seulement ses mains
Il t'offrira des mouchoirs en orDis lui que je veux plus de cadeaux
Qu'il prenne les miens et qu'à la place
Papa vienne manger le gâteau
Sa chaise est toujours à sa placeEt puis qu'il reste s'il le faut
Car dans ton lit y a une grande place
Qu'il doit venir te tenir chaud
Et le matin ma faire une place
LES PLUS BELLESLes plus belles histoires d'amour
Laissent sur nos lèvres un goût amer
Si passion rime avec toujours
Alors pourquoi prennent-elles la merJ'ai sur mon corps des cicatrices
Des souvenirs de corps à corps
Existe-t-il des mots d'artiste
Qui feraient oublier mes effortsD'avoir voulu garder au port
Tous ces matins où je rêvais
Blotti là auprès de ton corps
Qu'au soir venu tu resteraisDonne moi les clefs de ton désir
Et de ta bouche et tes baisers
Et que j'enchaîne tes plaisirs
Pour pouvoir vivre sans regretDonne moi les phrases pour retenir
Ce que je ne sais pas garder
Et puis les verbes pour prévenir
Tous tes départs anticipésJe n'ai plus l'âge des peut-être
Mais le sais-tu au moins ma belle
J'ai passé le temps du paraître
Mes vingt ans se sont fait la belleS'il faut décoder des secrets
Je prendrai le temps qu'il faudra
Mes heures ne sont plus à compter
Pour te garder auprès de moiMais si tu as déjà des doutes
Et que ton coeur n'affirme rien
Dis-le moi et prends donc la route
Car je ne veux briser le mien
APPRENDRAS-TU ?Je n'ai pas les mots qu'il faudrait
Pour mon corps qui se meurt de froid
Je ne sais pas plus inventer
Des phrases qui me mènent à toiJ'ai prié afin que tu restes
Mais les Dieux ne m'écoutent pas
Et parfois même je me demande
Où se perd l'écho de ma voixLaisse moi au moins une chance
De venir et rester près de toi
Même s'il me faut une échéance
J'attendrai autant qu'il faudraDis-moi pourquoi tout en moi saigne
Comme ses plaies qu'on ne voit pas
Dans mon histoire où ne règne
Que le sourire de ta voixJe ne demande à partager
Seulement peut-être que ton toit
Même si ton lit m'est étranger
Je serais là tout prêt de toiPeut-être un jour apprendras-tu
A m'aimer juste ce qu'il faut
Pour ne plus être un intrus
Et me laisser toucher ta peau
DANS NOS CITESIl y a des gosses dans mon quartier
Des mômes aux cœurs à la dérive
Qui aiment la bière et la galère
Traînant la nuit de verre en verreIls ont leurs mots, ils ont leurs verbes
Fabriqués dans leur univers
Poignées de mains, poignées de fer
Ici la loi est celle du frèreIls vendent du bonheur en barre
Dans des cages d'escalier sinistres
On se comprend quand on s'égare
Ici la loi est celle du tristeQuand le leur s'évade en fumée
Comme ces voitures qu'ils explosent
N'y a t-il pas quelques pavés
Ici la loi est celle du pauvreAlors les prêcheurs du Prophète
Y lancent leurs filets de guerre
Les imposteurs de Dieu y prêchent
La loi devient celle des armesDans des contrées bien plus paumées
On leur apprend à s'inventer
Quelques missions pour exister
Quelques raisons pour y creverAu nom de la justice divine
Ils vont s'armer comme des soldats
Pour se jeter dans le combat
Ici la loi est celle d'AllahEt dans la fureur d'un Coran
Qui n'a jamais rien demandé
Ils vont mourir pour mieux s'aimer
Et toutes les lois sont faussées
JE SUIS UN HOMME
Quand dans le regard d'un enfant
Je lis la peur de nos folies
Voilà que je pleure à bas bruit
Je suis un homme tout simplementQuand se vend sur le trottoir
Leur charme que je ne sais voir
Je n'ai pas les mots qu'il faudrait
Pour les salauds qui prennent leur piedJe ne pourrais vous expliquer
Toutes mes larmes évidemment
Toutes ces nuits où j'ai prié
Je suis un homme tout simplementEt quand je vois cet enfant
Jeté dans l'arène des hommes
Je ne comprends que rarement
Quel est le prix d'une vie qu'on donneSi jouer avec un fusil
Est une gloire aujourd'hui
Je resterai dans l'histoire
Sans faire partie de cette foireCar je n'ai pas encore compris
Où donc je suis et avec qui
Pour une médaille sur un revers
Les hommes tueraient jusqu'à leur frèreMais jamais je ne marcherai
Pas plus sur la tête que les pieds
Pour un si petit bout de terre
Je n'amuserai Lucifer
SI ?Si je viens prendre des nouvelles
En t'écrivant ces quelques mots
C'est ma mémoire qui me rappelle
Qu'on n'oublie que ce qu'il ne fautSi je t'écris ces quelques vers
Ce n'est pas pour un rendez-vous
C'est seulement qu'une lumière
Réveille le souvenir de nousOn pense que les volets sont clos
Que l'oubli nous a endormi
Mais pourtant parfois il le faut
Que quelques mots et puis voiciQue nos consciences se réveillent
Sur tous nos sens en sommeil
Et si bien des mois ont passé
Les années n'ont rien effacéEt même si nos amours sont mortes
Et les plaies se sont refermées
On sait bien que derrière ces portes
Nos cœurs un jour se sont blessésJe ne voudrais pas déranger
Seulement savoir si tu allais
Et n'as-tu jamais rien changé
De tout ce qui m'a fait t'aimerTe souviens tu de nos courriers
De nos caresses à distance
De tous ces baisers envoyés
Noircis sur du papier glacéMais peut-être as-tu oublié
Jusqu'à seulement mon prénom
Ce rendez-vous que j'ai manqué
Sans jamais demandé pardonMais je ne le saurai jamais
Avais-je tort ou bien raison
De n'avoir laissé passer
Cette année là qu'une saisonJe n'attends pas une réponse
Et je ne veux rien réveiller
Sache seulement que je songe
Parfois que tu as existé.
SI J'AVAIS ETE
Si j'avais été musicien
Pour toi j'aurais sur un piano
Jouer des notes de mes mains
Te parlant plus que tous mes motsCar tous ceux répétés cent fois
N'ont que la valeur éphémère
De tout ce qu'on se dit parfois
Trop souvent qu'il est nécessaireSi j'avais pu avec la voix
Te chanter ce qu'on avoue pas
Mes maladresses ne viendraient pas
Remplir mes nuits et malgré moiSi j'avais été un artiste
Avec des mots, avec des sons
J'aurais fabriqué des musiques
Inspirées par ton seul prénomEt si j'étais comédien
Je t'aurais caché tous mes vices
Pour ne pas avouer combien
Je voudrais vivre sans artificeSans les paraître qui nous leurrent
Quand on joue comme un débutant
Des rôles dans lesquels se meurt
Ce qui fait de nous des enfantsSi j'avais pu sur une toile
Par des couleurs des paysages
Je t'aurais dessiné la voile
De ce navire au seul visageQui chaque fois que je m'égare
Sait me conduire auprès de toi
Comme sur un port ou bien une gare
Où mes amarres ne brisent pasJ'aurais avec un bout de terre
Sculpter ton corps et ses dessins
Et tout ce qui fait que j'espère
Ne pas me perdre sur mon cheminjean-francois.hauteville@club-internet.fr