Poésie14
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Bribes de vie (recueil) Martin Codron, décembre 2003. |
BRIBES de VIE
Recueil de 36 poèmes de Martin Codron, martincodron@yahoo.fr
LE JARDIN DES CHIMERESJ'ai marché dans le jardin des chimères
Il y avait du vent
C'était un peu une ballade amère
Dans des sables mouvant.Dans un recoin, les illusions perdues,
Vieux livre consumé,
N'étaient plus que des images pendues
A un passé fané.Sur une table un tas de poussières
Et des " No futur "
Qui prennent une dimension meurtrière
Où volent les vautours.Traînaient des épaves de rêveries
Laissées à l'abandon
Un peu comme de ternes féeries
Demandant pardon.A la sortie du verger réminiscences
La mélancolie swing
Et dans la main de l'inconscience
La lueur d'un Browning
A.M.O.U.R.Amoureux, amants, sous la lune étincelante
Abandonnent l'un à l'autre leur cœur brûlant
Ancrant leur amour dans leurs âmes scintillantes
Aussitôt consacré par un baiser troublant.Mains dans la pénombre s'initiant aux corps nus.
Musique sensuelle pour minutes uniques
Moulés dans les draps observé par le cornus.
Membres, sexes, deux êtres vivent l'extatiqueObéissants à leurs sentiments et instincts,
Oubliant les heures, l'un à l'autre ils se donnent
Ouvrant des portes que ferment les puritains
Onctueuse liqueur coulant sur la madone.Unifiant leur chair dans un doux pacte charnel
Unisexuant vagin, clitoris et pénis
Unissant les corpus en l'instant fusionnel
Ultime étreinte d'Aphrodite et d'Adonis.Rosée tombante sur l'herbe d'un chaud été
Rompant ainsi la nuit fervente et voluptueuse
Retirant le manteau couvrant leur nudité
Rougissante à l'assaut de l'aube majestueuse.
QUESTIONS EXISTENTIELLESLargué dans ce grand labyrinthe,
Aux façades peintes en noir et gris,
Où l'existence n'est que longue plainte
N'est que lugubres murmures ou cris.Paumé dans ces funestes catacombes
Tu cours après des explications
Tout en essayant d'éviter les bombes
Qui causerais d'autres mutilations.Quémander, chercher, tenter des réponses
Aux ombres qui se dressent devant toi
A cette vie aux facettes absconses
Qui cache tant de mystères sous son toit.Pourquoi donc les choses sont ainsi faîtes,
Pourquoi c'est comme ci ou comme ça,
Pourquoi les femmes font tourner les têtes,
Pourquoi lui est riche l'autre forçat.Pourquoi donc l'argent ici-bas est reine,
Pourquoi l'amour vient et puis disparaît,
Pourquoi dans des yeux il y a la haine,
Pourquoi il y a tant de grands secrets.Là où l'espoir tombe en désuétude
Là où il fait nuit et froid à jamais
Seule la mort est une certitude
C'est, là, le seul fait que l'esprit connaît.
K.I.-D.U.Ki Du je t'entends aboyer dans l'au-delà
Kidnappant, de fait, mes ultimes certitudes
Kaléidoscope de ma vie, sans éclat
Kérés (2) venant troubler d'un coup ma solitude.Impatiente l'Ankou (3) est venu pour me voir
Implacable effluves putrides de cadavre
Inhalée par le sombre visiteur du soir.
Ici pour me mener à mon dernier havre.Décharné je me laisse prendre par sa main
Docilement je voyage vers l'autre monde
Dont je ne reviendrais pas le lendemain
Dormant je file vers l'obscurité profonde.Unique, cette odyssée sera sans retour
Un chien noir au cours de la traversée (4) m'escorte
Usée la barque ne fera pas demi-tour
Une terrible fin sur moi ferme la porte.(1) Ki du : chien noir compagnon de l'Ankou, accompagne les trépassés vers l'autre-monde
(2) Kéérés : petites créatures ailées qu'on identifie à la mort, elles seraient sorties de l'urne de Pandore.
(3) Ankou : la mort en breton, représenté par un homme
(4) A la pointe du Raz, en Bretagne, se situerait le lieu d'embarquement des trépassés pour l'autre-monde, que l'on situerait vers les îles.
DANS LA RUESur le trottoir humide des traces de pas
Menant dans le refuge de vies anonymes,
Un vieux réverbère éclaire un vieux vespa
Qui a parcouru de la route depuis Nîmes.Des travailleurs fatigués monte dans un car
Pour eux c'est une autre journée qui commence
Pour ces ouvriers, employés et autres smicards
Qui ne sont que chiffres pour les rois de la finance.Des amoureux s'embrassent sur un banc public
Se serrant transi en luttant contre la froidure
Pour eux Amour n'est pas devenu Arsenic
Car il n'est pour l'instant que soleil et verdure ;Des lycéens parlent, en autre, de leurs cours
Tout en maudissent leurs professeurs trop sévères
Ils les ridiculisent dans des calembours
Mon dieu que les enfants sont devenus vulgaires.Des affiches du Fascisme National
Recouvrent un mur qui peu à peu tombe en ruine
Les gens ne regarde même plus ce banal
Rempart sortant à peine encore de la bruine.Dans un café s'engouffrent les premiers alcoolos
Autour du zinc fusent les histoires salaces
Les blagues qui font marrer les rigolos
Déjà la fille qui vend le tabac s'en lasseEt moi je suis debout, baillant, et je t'attends
Regardant ces scènes de vie quotidiennes
Essayant de ne pas en perdre un seul instant
Car la vie est une telle tragi comédienne.
X.E.N.O.S.Xanthie (2) volant au fond de la nuit ténébreuse
Xenos, seul, je vagabonde dans la cité
Xérès tu es si loin de ma balade ombreuse
Xième année à vivre en clandestinité.Ecarté des bruits, des rumeurs de la ville
Empire du faux et de l'artificiel,
Exilé de la meute je me sens fragile
Egaré je maudit le Dieu matriciel.Nageant dans des eaux répugnantes et noirâtres
Né en moi le rêve si fou de m'évader
Nocifs sont les songes dans ce monde grisâtre
Nécropole où l'espoir est pays tailladé.Ondoient sur d'autres berges des vers de poètes
Offrant à mon esprit un peu de leur beauté
Ornant le présent de feux d'autres planètes
Où l'utopie est muse de la royauté.Soumis à la pression de la foule, j'avance
Sans savoir quel est le vrai sens de tout ceci
Sentiment d'être étranger de mon existence
Secrètement je forge ma fuite d'ici.(1) xenos : étranger en Grec
(2) xanthie : papillon de nuit
(3) Xérès : Ville d'Andalousie, on dit maintenant Jérez
DANSEDes danseurs bariolés sur des danses d'ailleurs
Avec leur jambes, leurs bras, leurs bustes, tout leur corps
Défient, y mettant à l'œuvre tout leur cœur,
Celle qui de la haut les regarde : la mort.Instants où ils puissent dans un nectar spirituel
La force de dépasser leurs limites humaines
Pour combattre l'ankou dans un décor virtuel
Et la refouler très loin, hors de la de la scène.Un des danseur semble emporté par le démon
Les membres pris de spasmes, il s'évanoui
Son âme va lutter seule contre les dragons
Au plus profond du royaume de la nuit.Et les instruments se taisent alors un instant
Le silence est l'unique note qui se joue
Moment de mutisme des acteurs déroutant
Les gens de l'assistance se croient devenir fou.Plane dans l'air la présence des vieux esprits
Appelés par la musique et par les gestes.
Ici c'est comme cela que l'on les prie
Les Dieux du nord, du sud, de l'ouest et de l'est.Le danseur sort de sa transe et revient à lui
Il revient avec des nouvelles des ténèbres
La fin du monde ne sera pas pour aujourd'hui
Alors cesse le rituel aux aspects funèbres.Le sorcier remercie la bienveillance des cieux
On continue autour de la flamme de la vie
A danser cette fois pour remercier les dieux
Jusqu'à en être totalement estourbie.
T.R.I.S.T.E.Théâtre d'ombres de souvenirs, tragédie !
Tout se meurt et disparaît autour et en moi
Ternies il reste des traces jouant rapsodie
Tristesse et joie ne sont que rêves siamois.Romantiques matins pour tous les utopiques
Respirant les effluves noires de la peine
Rouges sont les larmes de ces misanthropiques
Restés solitaires, le chagrin dans les veines.Ivre des parfums du spleen, sentiment funeste,
Il n'y a plus que la brume devant mes yeux
Ineffaçables les plaies du cœur sont la peste
Ici tout ne paraît que terrain rocailleux.Suicidés les chimères ne sont plus que cendres
Sur ma peau coule des fleuves de désespoir
Sillons traçant une route toute en méandres
S'arrêtant là ou on a abattu l'espoirToxiques ultimes halos de lumières
Terrible ce soleil aux jours d'afflictions
Tyrannisant les pleurs d'une main printanière
Torturant les blessures par séduction.Elégiaques instants recouverts par la brune
Empalant dans les ténèbres toute expectance
Eteignant toutes les lueurs qui importune
Et seul le vide a encore de la substance.
JE T'AIMELe paquet de cigarettes est vide
Il ne reste que des mégots dans le cendrier
Des cendres sur le sombre polyamide
Et des particules grises sur le clavier.La fumée a envahie la pièce
A mesure que je gravais sur pieds des mots
Avant que pour toujours ils disparaissent
De l'étroite place se trouvant dans mon cerveau.L'accouchement de ces quelques vétilles
Est aussi éphémère que le smog ambiant
Car après tout ce n'est là que broutille
Que des vers bien insignifiant.Il n'y a plus de lumière sur l'écran
Erato est parti se coucher seule
Et les heures passent toujours sur le cadran
Dans la nuit je joue solitaire au scrabble.Mon esprit se bloque sur l'ordinateur
Et l'inspiration m'abandonne
De toute façon rien à dire de novateur
Toujours les mêmes mots que je griffonne.Dimanche jour de pluie et journée de cafard
Il ne manque plus que les chrysanthèmes
Et dans un halo de lumière blafard
Je t'écris en conclusion que je t'aime.
M.A.T.I.NMouvements dans les draps froissés désordonnés
Mains cherchant une autre main, ou un visage
Magnétisme des amants qui se sont donnés
Moulant leur corps dans un voluptueux alliage.Aube perçante à travers les rideaux violets
Amenant une fin à leur suave nuit sensuelle
Amants s'enlaçant derrière les volets
Avant dernier baiser, que l'aurore est cruelle !Tristesse à l'idée de se quitter maintenant
Tant les deux corps ressentent comme une absence
Tout paraît si terne à cet instant consternant
Tintement de sanglots dans les voix en souffrance.Il y aura-t-il encor d'autres de ces soirs
Illuminés par des regards aux vues ardentes
Imaginant des moments charnels ostensoirs
Inaltérables pour deux entités aimantes.Nimbé de souvenirs fiévreux et exaltés
Nuage de minutes volées à la vie
Nouvelle : la guerre vient juste d'éclater
Noyant une liaison sans chance de survie.
LE SOLEIL SE LEVES'élève le soleil
Sur des draps blancs froissés
De la couche d'amants
Et la clarté réveille
Les deux corps enlacés
Inéluctablement.Théâtre de leurs nuits
L'alcôve s'illumine
Eclairée par le jour.
Leurs chaires réjouies
De caresses câlines
Savourent cet amour.Phébus par la fenêtre,
Observe les amoureux
Dans leurs jeux sensuels
Quand tous deux s'enchevêtrent
Le désir dans les yeux :
Moments intemporels.Et sur la couche ardente
Le plaisir se libère
Et monte crescendo
Minutes transcendantes.
Que rien ne désespères
Divin eldorado.Effervescent matin
Dans le linge fripé
Par les tendres ébats
De ces deux cœurs étreints
En une unicité
Que rien ne tuera.
D.E.S.I.R.Doux brasier qui brûle lentement ma cervelle
Désagrégeant chaque miette de mon esprit
Disséqué devant ta bouche si sensuelle,
De ton corps dont moi, mortel, je me suis épris.Etranges instants où je te rêve impudique
Errante, féline, aux creux de mes bras tremblants
Exacerbant en moi un désir hypnotique
Excitant ma flamme par tes baisers troublants.Supprimant en moi toute envie de résistance
Sexy, tu m'inities au plaisir de ta chair
Sylphide tu te donnes à moi avec prestance
Soufflant à mes oreilles un suggestif air.Indécente et merveilleuse danse sexuelle
Illuminée par nos deux êtres passionnés
Incube et succube en une ivresse rituelle
Inventant un Eden pour les amants damnés.Retentissement de nos soupirs dans la chambre
Rythmant tous mes doux assauts aux creux de tes reins
Rutilement, imprégnés de sueur, de nos membres
Ravissement de tes yeux où se noient les miens.
LA LUMIERE DE TES MOTSA mes yeux assombris
Donne leurs, mon ami,
La clarté de tes vers,
Leur céleste lumière.Que tes mots, d'encre noire,
Leurs fassent entrevoir
Ces étranges cités,
Où nul n'a voyagé.Noircis le papier
De sonnets entiers,
Qu'ils habillent l'amour
De ses plus beaux atours.Ta plume dans la main,
Use d'alexandrins
Qu'ils emmènent ma vue,
Vers des déesses nues.Pourfends mes ténèbres
Qu'enfin je célèbre,
Dans un regard qui jouit,
Tes rimes, à l'infini
L'ESPOIRVie à l'envers
Et de travers,
Obscurité
Opacité.Fumée des jours
Traces d'amour
Dans le caveau
Sur le carreau.Bornes en fer
Haie de l'enfer
Nuit du chemin
Sans lendemain.Transporte-moi
Vers d'autres lois
D'autres pays
Ou vie la vie.Petit espoir
Juste ce soir
Fait moi sourire
Fais-moi plaisir.Mais ton écho
Me fait défaut
Dans ce désert
Ou meurt la mer.Et mon coeur crie
Et mes yeux prient
Pour ton absence
Indifférence.L'espoir est mort
Ce soir encore
Et tout est gris
Tout est pourri
C.E.N.D.R.E.
Ci-gît le cadavre de nos innocences
C'était il y a combien de temps cela ?
Ceci n'est plus que cendres, condoléances
Cachons la nostalgie dans la tequila.Estompée l'odeur du port de Saint-Nazaire,
Effacés les milles soleil du Maroc,
Embastillés les fantômes des corsaires,
Ecornées les photos de Vladivostok.Nuages d'ombres volant dans la mémoire
N'y a-t-il rien à garder de ton passé ?
Nom, adresses, visages, arcades noires ?
Ne subsiste rien, tout est si trépassé.De tes yeux noirs coulent des larmes de sang
Déclaration de regrets implacable
De ce temps qui est maintenant finissant
Dont la mort est devenue inéluctable.Ruinée, la somme de tous tes souvenirs
Rien n'a résisté à la banqueroute
Reste à attendre d'autres avenirs
Reprendre encore le chemin de la route.Essayer d'entrevoir dans l'opacité
Etre et non-être, lieux, époques, visages.
Enfouis sous le grand sablier, cécité
Enchaînement d'inexplicables paysages.
MOTSCliquetis des mots sur le feuillet blafard
Des mots qui s'entrechoquent
" Currente calamo " (1) griffonnés au hasard
Du souffle d'une époque.Scotomisation (2)
Effacement de la réalité sur la page
Nouvelle dimension
Où le réel prend la forme d'autres d'images.Accouchés en douleur
Embryons de mots sanguinolents sous la plume
Anthracite couleur
De ces mots écrits les nuits, où la vie s'embrume.Mots catharsis des spleens
Exorcisant les démons hantant la conscience
Mots exhortant les djinns (3)
De créer des féeries de luxuriance.Passionnés ces mots
Qui pleurent et hurlent les blessures du monde
Mots presque marginaux
Luttant, acharnés, contre les bêtes immondes.Mots se faisant miel
Pour offrir à la belle des bouquets de roses
Dessiner des ciels
Où les anges de l'amour se font virtuosesEt au dernier sabbat
Mots gravant sur le marbre l'épitaphe ultime
novissima verba :(4)
" Les mots sont des rêves insensés et sublimes ".(1) écrit rapidement, sans beaucoup de réflexion
(2) exclusion inconsciente d'une réalité extérieure du champ de conscience
(3) Démons musulmans bon ou mauvais
(4) Dernières paroles d'un mourant
F.R.O.I.D.Faust en moi exalte ma partie ténébreuse,
Féline démone qui me tient vivant,
Forgeant mes sensations noires et brumeuses
Fleurs de mes vers capturés par l'hivernal vent.Réalisme de ce spleen glacé qui m'étrangle
Riant de me voir si faible et désemparé
Régnant sur le chaos de ma vie qui me sangle
Rigoureux froid dont ma conscience s'est parée.Omniprésence de cette mélancolie
Oxydant mon désir de vouloir respirer
Opérant en moi une glaciale embolie
Obscénité ce mal qui me fait chavirer.Ici la vie c'est une caresse glaciale
Imprégnée d'un amer et sordide venin,
Inégalité est devenue loi sociale
Il n'y a plus que des pauvres morts bénins.Démon, tu me lèches de son souffle polaire
Détruisant ma vision du bien et du mal
Damnant mon esprit pour tes vues crépusculaires
Déviant ma conscience la forgeant anormale.
LOSERPassent les jours, de l'autre côté de la glace
C'est toujours, immuable, le même regard
Scrutant la fin de cette vieille carcasse
Envers laquelle le destin n'a plus d'égard.Halo de lumière blafarde qui meure
Sur une insignifiance encore en sursis
Poussant ses pas péniblement dans la demeure
Traînant ses vieux desseins usés et moisis.Un éternel refrain qui a perdu sa flamme,
Dont la musique a perdu de sa splendeur,
Mais qui est juste parfait pour ce mélodrame
D'un être anonyme sans réelle grandeur.Des mots, des lettres qui ne veulent rien dire
Il n'y a plus de sens à donner à tout cela
J'en ai fini, après d'autres, par me maudire
De l'extérieur, de près, j'entends sonner le glas.Je vois briller les lumières de la ville
Assis sur mon siège dans ce train de nuit
D'où me scrutent des yeux voyeurs et débiles
Epiant les autres pour combler leur ennui.O dans le miroir je regarde mon visage
Comme si il était celui d'un inconnu
Je devrais encore supporter cette image
Avant que face à la mort je sois seul et nu.Mais avant cela la vie continue, ironique,
Loser sur le retour, je dois me supporter
Un jour, las, je laisserais deux mots laconiques
Pour expliquer qu'il n'y a rien à expliquer.
EGAREMENTSFeux rouges et voyants de la même couleur
Attention, ne plus avancer sur la route
Sous peine de ne subir qu'infinies douleurs
Ce chemin, pour toujours, mène à la déroute.Au comptoir du temps qui vient et qui s'en va
Là, j'y fais l'arithmétique de mes blessures
Le jour meurt, vient la crépusculaire Diva
La Nuit qui met du baume sur mes meurtrissures.J'additionne le passé qui n'est plus que pleurs
Je retiens le présent qui n'est plus que ruines
Et soustraie le futur qui n'a plus de chaleur
Il ne reste que certitudes dans la bruine.Perdu dans l'urbaine cacophonie, je cours
Après des petits bouts de rêves, de chimères
Je marche dans un grand jardin et une cours
Où pousse des roses noires, songe éphémère.Dans le magma de la vie, je ne suis qu'humain
Seul face à mes erreurs et mes incertitudes
J'ai franchi la ligne rouge, posés mes mains
Sur des feux brûlants, et j'ai voulu l'altitude.Aujourd'hui je regarde mes égarements
Et je perçois aussi ce que sont mes faiblesses
Et je me dévisage pathétiquement
L'être que je suis : au diable je le laisse.
L.A.R.M.E.Liquide lacrymal mouillant mes joues, ma peau
Lame de rasoir entaillant ma chair pitoyable
Lépreuse impression que la mort joue son tempo
Lune noire, vivre ici est chose effroyable !Assassin le temps tue les amours, les passions
Aujourd'hui c'est à mon tour d'être sa victime
Acide la vie prends en sa possession
Aussi bien nos espoirs que nos rêves ultimes.Ressassant des souvenirs bientôt évanouis
Restent là avec moi mes regrets et mes larmes
Rythmant ma mélancolie embrumant la nuit
Rafraîchissant des images perdant leurs charmes.Mon coeur pleure, en moi grandit l'affliction
Monstrueux sentiment que le monde s'écroule
Muet j'endure la sévère sanction
Maintenant je suis bien seul face à la houle.En mon esprit subtilement tu t'es immiscé
Elégiaque et fou vertige de l'asthénie
Et avec toi la dépression s'est esquissée
Esmasculée la vie n'est plus qu'une agonie
ACCIDENT DE LA ROUTEJe suis en panne d'essence sur l'autoroute
Que je parcours tout du long en fuyant ma vie
Qui affiche piteusement sa banqueroute
Et je ne tente que de viser la survie.J'ai pas le moindre argent pour remplir la voiture
Pour qu'elle puisse m'emmener vers autre part
Où il y aura de meilleures conjonctures
Là-bas où je pourrais prendre un nouveau départ.Les gens ne s'arrêtes pas sur la voie d'urgence
Ils filent vite vers leur destination
Ne m'accordant qu'un bref éclair d'indifférence
Et certains une seconde de compassion.Je m'agenouille à côté du tas de ferraille
Y attendant un impossible dénouement
Qui surgirait subitement de la grisaille
Et qui viendrait m'aider providentiellement.Mais à l'horizon je ne vois qu'un profond vide
Et mes SOS restent toujours sans écho
Alors que le ciel commence à se faire humide
Ma situation reste, là, au statu quo.Il ne semble plus y avoir d'échappatoire
Je traverse la route, et me met en travers
Un semis remorque fonce en pleine nuit noire
Je ne serais qu'un tué de plus cet hiver
N.O.I.R.C.E.U.R.
Nuages d'ombres dansant au cœur de la nuit
Naïades émergeant des eaux brumeuses
Narguant l'indolence où me plonge mon ennui
Nue dans l'obscurité Lilith se fait charmeuse !Occultes les ténèbres m'emportent au loin
Objet de ces succubes mon esprit s'envole
Obéissant à un impératif besoin.
Onirique nécromancienne, idoleIrrationnel vient l'appel du Sabbat
Ignorant les croix des prêtres et de l'Eglise
Ici c'est toujours les femmes que l'on abat
Immolées au nom d'un livre plein de sottisesRègne dans l'air le parfum de bonheurs secrets
Religieuses heures où vivent les démones
Ravivant les vieux rites païens discrets
Restaurant la magie délaissée par les hommes.Ce soir l'autre monde accueille nos corps éteints
Celtique Mystères, féerique alchimie
Chaos dans la tête de tous les sacristains
Car la nature prends notre anatomie.Esotérique émerveillement des sens
Envoûtés par la noirceur de voix liturgiques
Erotique balai où même Eros danse
En une chorégraphie noire et illogique.Une opacité enveloppe le chaos
Unis ensemble tous les corps s'abandonnent
Universalisant l'amour dans un halo
Ultime doux baiser après la belladoneRevient le jour sur les cendres d'une vision
Ramenant mon être à la triste vie réelle
Regorgeant de tant et tant d'inquisitions
Reverrais-je un jour ces circées immortelles ?
Z.E.R.O.Zéro pourcent d'espoir ici sur le bitume
Zoner dans la cité, seule activité
Zigzaguer entre les tours sortant de la brume
Zébrés de graffitis, traces d'identité.On n'attend plus, là, depuis longtemps que ça change
Oubliés de l'Etat les gens sont résignés
Observant de leur HLM leurs petits anges
Occupés à jouer, en ce temps printanier.Niés par votre société chaotique
Nervosité de ce jeune prolétariat
Nourrissant une puissante haine fanatique
Nihilisme viscéral de tous ces parias.Exilés loin des lumières de la ville
Evadés dans les paradis artificiels
Environnés par une atmosphère hostile
Eux ce sont les abandonnés du saint ciel.
IL Y A TOIIl y a ces lieux où je n'irais jamais
Que mon imagination esquisse à peine
Caressant des rêves mis entre guillemet
Des chimères qui resteront souterraines.Il y a ces couleurs que je ne peux pas voir
Des coloris qui me sont encore invisibles
Que mon esprit ne peut même pas concevoir
Et qui pour lui ne sont peut-être pas possibles.Il y a des voix impénétrables d'ailleurs
Qui restent encore sourdent à mes oreilles
Peut-être parce qu'elles en ont la frayeur
De ces échos emmenés par des corneilles.Il y a des mots qui restent toujours muets
Mots que ma plume n'arrive pas à écrire
Elle qui continue à griffer des mots désuets
Dans l'abysse des non-dits pour ne rien dire.Il y a ces secrets qui le resteront pour moi
Qui ne possédera jamais les clefs des mystères
Puis au milieu de tout cela il y a toi
Toi, toi, toi sans doute la seule sur la terre.
J.O.U.E.T.Joyaux de mes nuits blanchies au creux de tes reins
Je suis devenu ton jouet, ta marionnette
Jouissant du droit que tu me touches de tes mains
Jaloux que d'autres te désirent, ma brunette.Oriflamme de tous mes songes passionnels
Obsédant mon esprit brumeux en permanence
O combien je vénère ton fourreau charnel
Ondoyant, fort de toute sa belle éminence.Unis moi à toi pour toute l'éternité
Utilises-moi comme ta sexuelle proie
Ultime voeux que je voudrais réalité
Use de moi pour toutes tes nocturnes joies.Esclave de tes seins, de ton sexe, de toi
Enivré par ton essence si sensuelle
Etoile de ma vie, tu es ma seule loi ;
Espérant que je sois ta victime perpétuelle.Tu as fait de moi un condamné à t'aimer.
Toxico de toi, tu es devenue ma drogue
Tapissant mon futur de rêves enflammés
Tsarine je te rêve être mon épilogue
INSTANT ENCHANTEAux premières nitescences d'un nouveau jour
Un tendre baiser se pose sur une joue
Matinale et délicate empreinte d'amour
Un autre se pose sur des lèvres bijoux.L'amour en cette journée est bien habillé
Il a l'élégance et le panache d'un dandy
Dans la paume de la main il s'est éveillé
Après avoir été pendant un temps maudit.Effleurement et baiser, sur la sainte chair
Peau contre peau et chaleur des corpus bénis
L'oeuvre de cupidon semble flotter dans l'air
Traduite en une sensuelle cérémonie.De tendres caresses en gestes passionnels
Des mouvements se dessinent sous les draps blancs
A l'approche de l'étreinte fusionnelle
Collusion des deux entités s'accordant.Et Eros bouillonne et s'agite toujours nu
Offrant à la nature ce spectacle d'anges
Se découvrant mutuellement sans retenue
Alchimie de physiques qui se mélangent.Jailli la séraphique aura seminalis,
Au plus fort de l'enivrante volupté,
Qui contradictoirement vient telle une éclipse
Jeter son ombre sur cet instant enchanté.
O.M.B.R.E.Obstinément je persiste à croire aux fantômes
Opposant ainsi les chimères au réel
Otage d'hallucinations symptômes
Oubliant qu'ici tout n'est pas virtuel.Mon esprit me conduit dans l'univers des rêves
Magique onirisme tu es mon évasion
Même si ce n'est que pour des minutes brèves
Matérialise le fruit de mes visions.Ballet d'ambiances celtiques et païennes
Brouillard de drapeaux rouges et libérateurs
Bouleversent la neurasthénie quotidienne
Brisent l'autorité des dogmes dictateurs.Réfugié, dans le pays de l'imaginaire
Renaissant au grès de son ensorcellement
Remplie de pensées et de ces embruns lunaires
Rien ne me retient ici dans ce monde sanglant.Excommunié du troupeau comme du nombre
Endossant les habits de l'éternel rêveur
Exilé ici-bas je ne suis plus qu'une ombre
Et je crois dorénavant en d'autres sauveurs.
DANS MA MAIN
Dans ma main il y a ces paysages pastel,
Des restes de souvenirs de l'enfance,
Des odeurs, des lieux, des sourires immortels
Qui ignorent le temps et son offense.Dans ma main il y a ces moments d'amitié ?
Qui redonnent la force et le courage
De ne pas tomber encore, ni de plier
Et de continuer son fatal ouvrage.Dans ma main, il y a ton visage, tes yeux
Ces instants de plaisir et de délices
Quand l'amour dans son tourbillon vertigineux
Nous faisait oublier tous les solstices.Parfois ma main, je la mets tout contre mon coeur
Dans les moments de cafards, et de doute
Elle est alors soleil, espoir, douce liqueur
Et me donne l'envie de reprendre la route.
I.M.A.G.I.NA.I.R.E.Il y a dans mon esprit un monde qui est le mien,
Imprégné de mes épreuves, de ma vie.
Ilot où se combattent le mal et le bien
Inconscient où le mythe celtique survie.Merlin (1) tu y es encore druide à Paimpont (2)
Morgane (3) tu règnes toujours sur l'autre Monde
Midir (4) tu regardes, toujours du haut du pont,
Marcher la mort vers son triste travail immonde.Arthur (5) est toujours le roi de toute la Celtie
Avallon (6) n'est plus seulement une légende
A chacun de mes pas j'en vois une partie
Ankou (7) finit par exaucer ma demande.Graal, montre moi le chemin de la liberté.
Glacés comme en prison mes espoirs agonisent
Gangrenés par le manque d'air, ils vont avortés :
Guenièvre (8) que la réalité est grise.Ici-bas nos rêves sont enterrés vivants,
Idéaux qui s'envolent au grés de l'époque
Impérial le temps dissipe aux quatre vents
Idées et autres utopies dont il se moque.Noir mon imaginaire l'est également
Nourri au sein de mes plaies et de mes blessures,
Nuit que j'aime ton tendre ensorcellement
Noyant l'empreinte de tant de mes meurtrissures.Attiré par une Lilith (9) aux yeux précieux,
Aspiré par son charme de femme rebelle
A ce moment je deviens Samael défiant Dieu.
Abandonnant, là, mon âme pour cette belle.Ivre du vin de mes songes provocateurs,
Interrompant un moment l'ambiante amertume
Incarné par notre rôle de spectateur.
Idiot, je pense encore à éclairer la brume.Rouge, couleur du sang qui coula en Russie
Révolution et fête pour les sans-grades
Rejointe plus tard par le soleil en Asie
Revivent en moi les visions de Leningrad.Encore une fois ma plume à trop divaguer
Et a livrer à votre oeil mes pensées insanes
En élégies mon inconscient s'est conjugué
Erato à volé mes idéaux profanes.
Merlin : fils d'une nonne et du Diable. Il est magicien, barde, guérisseur. Il consacre Arthur, lance la quête du Graal. Personnage clef dans la mythologie celtique(2) Paimpont : situé à quelques kilomètres de Rennes dans l'Ile et Vilaine, lieu ou se serait passé la légende d'Arthur et de la table Ronde
(3) Morgane : Déesse-mère d'où vient toute vie. Règne avec ses sept soeur, notamment, sur l'Autre monde ou vivent Dieux, héros et humains
(4) Midir : dans la mythologie irlandaise, Dieu de l'Autre monde
(5) Arthur : personnage essentiel de la mythologie celtique. Roi ayant vaincu Rome et les Saxons. Tué par son cousin lors de la bataille de Camelot, il est emmené par la fée Morgane qui veille sur lui jusqu'à son réveil
(6) Avallon : Ile mythique des Pommiers ou vivent héros et divinités celtiques, île d'abondance ou règnent également Morgane et ses sept soeurs
(7) Ankou : la mort en Breton
(8) Guenièvre : femme d'Arthur
(9) Lilith : chassée du jardin d'Eden par Dieu pour s'être révoltée contre Adam et Dieu. Elle rencontrera par la suite Samael (le diable ou ange de la mort)
DERRIRERE LES GRILLESA travers le grillage,
Au-delà de ces barreaux en acier trempés
Voilant le paysage,
Mon esprit s'efforce, essaie, de s'échapper.Halo de lumière
Atteignant, avec peine, faiblement mes yeux
A travers les oeillères
J'imagine des extra muros merveilleux.Les rêveries croupissent
Dans les neuf mètre carrés des murs carcéraux
Cauchemar de justice
Comment ici écrire des romanceros ?Sur le lit en ferraille
Parfois mon esprit, va vers la mer de Cuba,
Sur la grande muraille,
Dans les rues abreuvés de soleil de Rabat.Chaque jour à sept heures
Eternel rituel du réveil matinal
Et les chimères meurent
Au rythme des bruits des bottes et de métal.Aujourd'hui jour de pluie
Le soleil est gris, dans la cellule il fait froid.
J'ai trouvé la sortie
Je me suis glissé en dehors de ce coin étroit.
LE VOILE DU TEMPSSur mon visage le voile du temps
Devient de plus en plus opaque
Et y imprime l'empreinte des ans,
Des sensations élégiaques.Je ne suis plus ici bas qu'en sursis
Attendant la finalité,
L'ultime griffure de cette vie :
Que l'Ankou vienne m'emporter.Non, je ne pense pas que mon histoire
Pourra intéresser quelqu'un
Elle ne vivra pas dans vos mémoires
C'est celle d'un moins que rien.Aujourd'hui le passé, le présent
Se mélangent à chaque heure
Et l'avenir en est toujours absent
Le futur ne reste qu'un leurre.Lente agonie que tenter de survivre
Quand on connaît l'issue fatale,
Qu'on rêve que la mort vous délivre
De ces douleurs qui déchirent le mental.Je ne laisserais dans mon testament
Que mes larmes et que mes mots
Et pour mes amis un remerciement
Je vous saluerais de là-haut.On oublie combien le temps est précieux
Et qu'il va toujours au galop
Et c'est quand la mort nous ferme les yeux
Qu'il devient lent à nos sanglots.
E.L.E.G.I.E.Encre noire, noir couleur de mes meurtrissures
Enferme en vers l'écume de mon esprit
Ecris, écris sur la page, blême, mes blessures
Exprime que la vie à toujours un lourd prix.Lancinant ce sentiment diffus de tristesse
Laminant en moi toute envie d'enchantement,
La Mélancolie est devenue ma maîtresse
Liant mon corps à elle diaboliquement.Ecoute, lis, ressens, si tu le peux mes plaintes
Essaie si tu veux de parcourir mon chemin
Exhume la mort pour comprendre son étreinte
Empoignant ma raison de ces blanches mains.Grandit en moi le saint désir du crépuscule,
Gagne mon être peu à peu l'affliction
Gracieuse Erato je suis un funambule
Gémissant dans cette sordide fiction.Indestructible certitude de mal-être
Illuminant en moi la route de noirceur.
Inoculant son venin/moteur au poète
Isolant ses mots d'occultes grises épaisseurs.Elégie, écrite par le flot de mes larmes,
Enrobe de tes traits chaque once de mon chagrin
Emmènent les très loin de mes visions sans charmes
Et qu'ils s'envolent vers ton élégiaque écrin.
TU RETROUVERAS L'AMOUR EN BRETAGNEC'était un jour où le ciel pleurait sur Paris,
Mouillant de ses larmes la gare Montparnasse
D'où tu allais prendre le train vers un autre pays :
La Bretagne à la mémoire si vivace.L'image de cette fille envahissait ta mémoire,
Tu repensais encore à vos adieux définitifs.
En marchant sur le quai de la gare
Tu devais avoir l'air bien pensif.Sur le territoire de l'Ankou, (1)
Tu comptais peut-être l'oublier.
Quand la musique des binious
Altérerait tes sombres pensées.Mais pour l'instant tu avais en tête son visage,
Vos premiers mots et vos premiers baisers
Qui semblaient occulter tout le paysage
Alors que le train commençait à démarrer.Bientôt tu arriveras sur la terre au Triskel.
Tu verras le Gwenn Ha Du (3) flotter fièrement au vent
Du Finistère à Brocéliande l'éternelle,
La magie des druides te fera oublier tes tourments.Sèche bien tes larmes et ouvre de nouveau ton coeur,
Tu trouveras au Bro (4) celle qui t'ensorcellera
Et qui te fera rester dans sa demeure
Auprès de Merlin, de Lancelot(supp,) et d'Arthur, tout là-bas !
LA POESIEJ'ai vu la lumière
Dans les abysses de l'obscurité,
Au-delà des pierres
Etincelle la luminosité.Dans les mains de la lune
J'y ai vu briller de noirs diamants
Qui au jour se consument
Quand meurent les étreintes des amants.J'ai vu des féeries
Etres plus vivantes que le réel
Et des allégories
Si authentiques pour le visuel.Dans des lieux désertiques
J'ai entendu les voix des Apsaras (1)
Dans ma marche hypnotique
J'ai entraperçus un soir l'Akasha (2)Au sud ouest de l'Espagne
J'ai résumé ma vie en un synopsis
Sur un menhir de Bretagne
J'ai gravé " UT PICTORA POESIS " (3)
(1)dans la mythologie indienne : Nymphes célestes représentés sous les traits de danseuses et de musiciennes
(2)Le cinquième élément
(3)" La poésie est comme une peinture "
ECRIRE POURFaire que l'actuel présent ne soit pas né
Reculer l'inexorable roue du temps
Face à son cycle perpétuel se mutiner :
Seul l'anachronisme reste encore excitant.Au superficiel visage du tumulte
Préférer l'invisibilité de la nuit
Et le doux silence de son mutisme occulte
Pour en savourer la sensualité du fruit.Regarder où les autres détournent les yeux
Par sa sensibilité s'ouvrir à l'invisible
Pour en découvrir le monde merveilleux
Et faire qu'il ne se soit plus inaccessible.Rompre le silence de tous les grands secrets
Pour découvrir l'ultime formule magique
Et faire que l'impossible devienne concret
Alors nos rêves ne seront plus utopiques.Sublimer le quotidien, le rendre éphémère
Chanter l'imaginaire, pour qu'il soir réel
Et par la force de nos rimes et de nos vers
Bâtir le royaume onirique intemporel.Peindre un tableau avec des phrases d'encre noire
Le colorer de fleurs et de soleils couchants,
De nos cris, de nos larmes de désespoir
Les dessiner au fond dans un bout d'océan.Imaginer l'envers à la place de l'endroit
Apporter la contradiction comme une arme
Et démontrer l'absurdité de toute loi
Dire non à l'approbation : tirer l'alarme !Ecrire des élégies pour purifier ses peines
Et y mettre les fantômes de son coeur à nu,
Avec ce liquide coulant de ses veines
Conclure l'épître en disant que tout est foutu.Et épuisé, à la naissance d'un nouveau jour,
Après avoir noirci des centaines de pages
Se dire finalement qu'il existe l'amour
Et qu'elle mérite bien encore un voyage.