Poésie12
Bienvenue
aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette douzième page de poésie !
Leur plaisir continue ici :
|
Index: |
|
Rêve
éveillé
Kathy Emery, juin 2003. |
| Un poème de Kathy Emery, de Lens (Valais) en Suisse. Kathy écrit quand elle est triste ou quand elle est gaie. Ici, une certaine gaieté dans les mots nous donne envie d'en savoir plus sur leur auteur et ses autres poèmes. |
|
Rêve éveillé Tu veux sauver la planète Tu tends la main, tournes la tête Mais il n'y a plus rien Que le cri de ton chien Assis les jambes croisées Dans une méditation tu t'es lancé Quelques pensées égarées dans l'air Est-ce que ça peut sauver la terre ? Les yeux fermés, les bras tendus, Les mains ouvertes, tu es détendu Une odeur, une chaleur, un souvenir Dessinent sur ton visage le plus doux des sourires Perdu, plongé au plus profond de toi-même Au monde entier tu hurles je t'aime Les bras en rond comme pour enlacer la terre Tu te dis, qu'est-ce que je fais ? J'exagère ! Mais tu ne veux pas t'arrêter là Tu entends cette toute petite voix Qui te murmure J't'en prie, continue ! Ainsi qu'une foule de mots inconnus Tu répètes après elle ces vocables ignorés Des symboles défilent devant tes yeux fermés Ta main, envoûtée, commence à les dessiner Tu te sens envahi, soulevé, ensorcelé Cette sensation de bien-être Te transperce des pieds à la tête Tu as l'impression de renaître Mais… Tu veux sauver la planète Tu tends la main, tournes la tête… Autour de toi c'est la fête Et ton chien est la plus belle des bêtes.
Kathy Emery kathyemery@bluemail.ch |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Sombre
Le froid s'empare de moi
Il m'envahit et reste là
Je le sens parcourir mes veines
Et dans ma tête ressurgissent toutes mes peines.
La tristesse ne m'oublie pas
Elle est là et attend que je fasse un faux pas
Trop tard, le mal est fait
Et je sens son sombre effet.
La mort m'appelle-t-elle ?
Ou est-ce autre chose, peut-être
Comment arriver jusqu'à elle ?
Quel crime faut-il commettre ?
L'ennui rôde, me frôle
Il met sa tête sur mon épaule
Je souffre, je crie, je veux une fin
Et peu à peu, autour de moi, tout s'éteint.Kathy Emery kathyemery@bluemail.ch
Marie Porret nous invite dans son univers de réflexion et de recherche de la vérité. Malgré sa jeunesse, son expérience de la vie est déjà grande et sa quête de sagesse la conduit souvent à jeter sur le papier ses états d'âme.
Sans titre
A partir d'aujourd'hui, c'est décidé,
Je ne vais plus rien laisser tomber.
Tout près de moi ces grandes idées anarchistes,
Et loin de moi ces putains de pensées fatalistes.
Pour te voir heureux, j'vais ouvrir les yeux,
Le ciel est si bleu, ton regard si mystérieux,
Je vais sourire à ma vie, j'suis plus finie,
J'vais enfin dire "oui" et dévorer mes utopies.
Je ferai de toi le plus différent de tous les gars,
Même si tu l'es déjà, dans tout les cas, beaucoup pour moi.
Tu feras de moi celle que je ne suis pas,
Je le deviendrai bien, tu sais, juste pour toi.
Plus rien ne comptera, même pas les heures,
A tes côtés, je combattrai mes plus folles douleurs.
Rien ne me rassurera plus que tes mains
Ni la lueur du soleil sans un geste malsain.
Je me suis levée tôt avec mes pensées,
Celles-ci ne m'ont rien apporté,
Pas plus qu'une belle nuit d'été
Souveraine d'un caprice non partagé.
Et si de l'amour tu n'en veux plus,
De mes idéaux, j'abandonnerai mon vécu,
Pour, à nouveau, te faire goûter la joie
Puissante, dans mon royaume, tu seras roi.
T'as pas vraiment l'air de croire en toi
Quand tu dis qu'on ne peut être amoureuse de toi.
De toutes celles que ton coeur à aimées
Jamais une ne fut vraiment passionnée.
J'apprendrai à ne plus vouloir mourir,
A la condition que tu m'apprennes à rire.
Il m'avait si bien appris, pourtant,
Et j'ai tout oublié, finalement...Marie Porret, août 2003. p.marie7@voila.fr
MISS HEROÏNE
"c'est comme une mode
qui jamais ne se démode
un enfer que trop connu
pour tous ceux qui ont mal vécu
si on jour on lui dit oui
On paye jusqu'au prix de la vie
la jeunesse n'a que trop faire de cette misère
et pourtant.... et pourtant elle l'aime cette galère
et de tous ce qui vous est capable d'imaginer
des pures folies jusqu'à la liberté
rien de tous celà n'égalera
la puissance aimante de ces bras
ne croise donc jamais son regard
si tu ne veux pas connaître le traquenard
de cette reine blanche capable de tout
mystérieuse, bien vite, elle te rendra fou
un jour tu ne vivras que pour elle
tu ne marcheras que pour elle
de la descente aux enfers jusqu'à l'éternelle
de toutes les dames elle te paraîtra la plus belle
la confiance de tes proches tu auras perdue
lorsqu'elle aura fait de toi son exclave, son pendu
et cette demoiselle, infâme traîtresse
deviendra pour trop longtemp ta maîtresse
tu en auras fait ta reine
elle ne fera qu'amplifier ta haine
d'être perdu dans les illusions
et les décombres de ton imagination
tu chercheras a tout prix une solution
même à vendre ton corps, très bon choix la prostitution
puis tu te réveilleras un bon matin
avec une seringue dans chaque main
tu fermeras les yeux un bon moment
pour rêver a nouveau de ces instant
des doux printemps dans les jupes de maman
oui tu t'en souviens de ton sourire d'enfant.
il battait si fort ton coeur de gamin
lorsqu'avec ses mains, elle essuyait ton chagrin
réveille-toi avant qu'il ne soit trop tard
j'espère qu'il n'est dejà pas trop tard
si on se tient par la main
tu verras tout ira bien
tu n'as pas vu qu'elle portait la faux?
elle n'attend plus que toi pour monter là-haut
alors s'il te plaît ouvre les yeux
il y a des trucs bien plus mystérieux
comme un regard de lumière
ouais le tien je le venère
cette salope attise le feu
de l'innocence qu'elle possède peu"
NEUF AUTRES POEMES de Marie.
J'ai rêvé,
Un rêve étrange.
Tu étais là, tu faisais partie de ce paradis, de ce mélange de couleur.
Tu m'as ouvert les yeux et j'ai bien compris; la vie n'est bonne que si elle est dégustée sinon tu ne sens pas le goût qu'elle a.
Et c'est pour ça que je ne comprennais pas à quoi bon vivre.
Parce qu'aujourd'hui encore, ma vie continue, parce qu'aujourd'hui encore, j'ai fait ce rêve, je peux vivre au gré de mes pensées.
Parce que peut-être, aprés tout, c'est grâce à toi, maman, que je continue mon chemin. Je t'aime.
le 02/08/98
Marie Porret, p.marie7@voila.frJe l'ai vue... Dans mes rêves.
J'ai vu ma mère... Elle me souriait
tel un ange, me sortant de mes cauchemars, elle est venue à moi et m'a bercée tout doucement entre ses bras, quand tout
était devenu si noir, sans aucune beauté, elle ne m'a pas quittée.
Quand cet homme m'a emmenée dans les bras de Satan, elle à su se battre et me sauver.
Les anges étaient nombreux...
J'ai cru que je devais partir, j'ai cru qu'ils étaient là, enfin, pour moi!
Et puis ils se sont mis à danser, à tournoyer...
Elle était belle, belle comme une déesse... ma mère.Marie Porret, p.marie7@voila.fr
Les enfants ont peur, ils se cachent.
ils n'oseront jamais dévoiler ce qui leur pèse sur le dos; ils pensent que c'est de leur fautes, ils ont hontes.
Les enfants sont effrayés par la vérité.
Ils ont peur de cette personne qu'ils maudissent tellement.
Les enfants se cachent en moi, blessés par cette haine de ne connaître que l'amour forcé.
Les enfants qui sont en moi m'arrachent les larmes de mon corps, ils veulent que je me confie parce qu'ils se plaignent de ne pouvoir parler de cette douleur qui pour l'instant me laisse indifférente. J'aimerais ne plus les entendre, être sourde à leurs
cris mais je ne peux pas, je ne peux pas... Et un jour il me faudra les soulager.
les enfants malheureux ne grandissent pas dans l'espoir de vivre heureux.
les enfants ont peur, ils se cachent...Marie Porret, p.marie7@voila.fr
J'ai un oiseau dans ma tête, sur une autre planète.
il aimerait bien voler, retrouver sa liberté, rêver, espérer et aimer.... Surtout aimer, mais il est triste son passé...
Un homme, un jour, est entré dans sa forêt, dans son paradis secret puis l'a capturé.
Alors, mon oiseau étonné s'est mis à chanter; comme ça l'homme pourrait l'aimer et ne plus l'enfermer, mais les plus belles mélodies n'ont pas servi et l'homme, peut-être, n'a rien appris!
Alors, il s'est épuisé mon beau passereau, il à changé mon bel oiseau...
Ce qu'il à décidé c'est de renoncer...
Les ailes brisées, il ne pourra plus jamais voler.Marie Porret, p.marie7@voila.fr
A Momo:
On était bien, loin de toi,
ça veut pas dire qu'on pense pas à toi
C'est vrai que la vie fait de son mieux
pour que la mort nous brûle si bien les yeux.
On s'attendait pas à ça, c'est pour ça qu'on appellait pas.
T'aurais pas dû partir, mais plutôt fuir, pour t'éviter le pire.
Tu n'avais que 20 ans, c'est si peu et pourtant...
Bien sûr, la drogue m'a fascinée, je voulais suivre sa destinée,
mais vous étiez à côté et toi on t'a laissé tomber.
Son côté mystérieux, malheureusement, t'a montré les cieux.
On n'à jamais été amis, on a pourtant eu ces même souçis.
C'est sûr pas des mais et même plutôt des pourris.
Si je devais recommencer, c'est sûr j'me relancerais
pour te voir ressusciter, je le ferais, c'est sûr, j'me droguerais.
J'te croyais perdu et bien foutu et j'ai rien vu, rien entendu.
On aurait dû t'aider, ne jamais t'oublier, mais on t'a laissé.
t'aurais fait quelque chose de grand, on y croyait pas vraiment, mais c'est trop tard maintenant.
Ca devrait être lui... Celui qui t'as appris... Lui qui ne mérite pas sa vie.
Ce que tu t'es mis dans les veines... Putain! ça m'fout la haine...!
Un jour, je le reverrai et j'te promets, j'te vengerai
de tous ces enfoirés, lui seul j'éliminerai.
A ce salopard dealer, j'lui arracherai le coeur.
Il n'a plus 20 ans et c'est lui qui vit maintenant
une aiguille dans le bras, j'peux pas imaginer ça.
T'avais seulement 20 ans, c'est si peu et pourtant...
C'est toi qui es mort maintenant.
Repose en paix.Marie Porret, p.marie7@voila.fr
Toujours les mêmes convictions, les mêmes intentions,
Toujours la même parole, la même rengaine,
Toujours pas de solutions à mon probleme,
Toujours pas de convictions dans mes intentions.
Toujours le même refrain de la même chanson,
Toujours les même amis, des faux semblants,
Toujours les même pas et ce mur blanc,
Toujours pas de refrain pour ma pauvre chanson.
Vivre au jour le jour, jour après jour,
C'est comme mon amour, qu'il dure toujours,
Je rêve de cette vie si bien imaginée
Qui n'a de cesse d'envahir mes pensées.
Si l'étoile obscure me parle si bas,
C'est pour me guider, me voir évoluer,
Et plus jamais je ne ferai de toi
Le guide de mes rêves inachevés.
Quand les éléments se seront déchaînés
Et que les Hommes auront cesser d'espérer,
Que restera t-il de notre amour?
Mourant comme la nuit tue le jour.
Il n'y a pas d'assassins, juste des crétins
Prêts à se pendre pour un gars plus malsain.
Le peuple crie anarchie, c'est ça la vie,
Une vieille utopie, mais sans mépris.Marie Porret, p.marie7@voila.fr
Je compte mes pas,
Je fonce et j'me débats,
Mais y'a rien à faire
Quand j'me retrouve par terre.
J'ai qu'une seule envie,
Dire adieu à ma putain de vie.
Y'a des jours comme ça,
On a même plus la force de nos bras,
On trouverait tout dérisoire
Pour une simple note d'espoir.
Mais j'ai pas dit mon dernier mot!
Moi, je les vaincrai tous ces salauds.
C'est con que l'on soit si peu
A trouver tout ça si scandaleux.Marie Porret, p.marie7@voila.fr
Thomas
Je t'écris ce petit texte
Gentil et doux prétexte
pour te parler encore une fois,
A nouveau te raconter pour toi et moi.
J'ai laissé ton doux regard
Sur moi rester hagard,
Je laisserai tes mains si tendres
Empêcher mon amour de se fendre.
On changera ce monde tous les deux,
On rendra au ciel son joli bleu
Et l'innocence ne fera plus envie
A tous ces pourris qu'ont rien compris!
Est-ce pure folie de ne penser qu'à lui?
Pieu mensonge, je mérite l'agonie
De larges nuits d'errance et de souffrance
Et que ma peine efface ma haine.
Je voudrais te rendre malade d'amour
Et que le nôtre rime avec toujours.
Posséder tes plus secrètes pensées,
Partager avec toi tes plus profonds regrets,
Mais par peur de te savoir illusoire,
J'ai rendu mon amour dérisoire.Marie Porret, p.marie7@voila.fr
Kikof
J'ai peut-être eu tort de penser
Qu'avec lui tout était joué.
Aujourd'hui, c'est lui qui m'a souri,
Lui qui me berce dans les profondeurs infinies.
Hier, j'ai appris qu'il n'avait pas cessé.
Tous mes espoirs entre les mains d'un drogué.
J'me suis juré de le sortir de là,
De l'éternelle angoisse d'un avenir trop bas
Et si jamais je me faisais embarquer,
Dans sa galère je ne mettrais pas les pieds.
Tout le monde dit qu'il m'aveuglera,
Les mauvais pensants, moi, j'les crois pas.
Il mérite bien mieux que cette misère.
J'ferais tout pour le sauver de cet enfer.
Je suis consciente d'un long, très long combat,
Mais devant vampires et démons,
Je ne baisserai pas les bras.Marie Porret, p.marie7@voila.fr
Et je n'arrive pas
Et je n'arrive pas à m'arrêter de penser
Mes rêves les plus fous, ce soir tu as condamnés
Je ne peux plus rien maîtriser, tout est déchaîné.
Ton image me revient sans cesse, berçant en moi mes douleurs passées.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire?
Qu'est-ce que je pourrais bien faire?
Pour entrevoir à nouveaux ton sourire,
Plus d'angoisse, grâce à toi je veux encore rire.
Je me suis empêchée de tomber amoureuse
Pour ne plus connaître l'angoisse d'être malheureuse,
Mais je me suis pris les pieds dans ce filet
Qu'est l'amour lorsqu'il se sent rejetté.
Aujourd'hui, je suis prisonnière
De tes yeux, ton visage et tes lèvres,
En moi, ils réchauffent les coins les plus froid,
Est-ce qu'un jour enfin je te tiendrai dans mes bras?
Ton coeur ne m'appartiendras jamais,
Ca, je le sais plus qu'une fatalité.
ELLE à envoûté tes recoins les plus secret,
Je suis perdue pour un amour qui ne m'est pas donné.
IL ne fut sûrement qu'une sale excuse
Durant trois ans, tu sais ma plus belle muse,
Et tu sais je n'oublierais jamais ton regard,
Putain! il était bon, il était beau, et c'était pas trop tard.
J'ai pris trop de temps
A réfléchir et ce n'était pas le moment.
J'ai laissé filer toutes tes tentatives,
Bien qu'incertaines, mais tellement vives.
A présent, je pense à toi malgré moi.
Et cette nuit, à nouveau, j'ai rêvé de toi.
Tu me hantes, me tentes et je ne peux rien,
Je suis coincée, je ne pourrai plus te dire "viens".
Je ne reviendrai plus sur mes pas.
Mon erreur, je la paye, jamais plus on ne se reverra...
Si tu savais... Si tu savais comme tu m'as rendue heureuse,
Ce soir là, quand tu m'as parlé de cette étoile mystérieuse.
Et moi, tu sais, de tous les mystères que je vénère,
Ce sont tes yeux que je préfère...Marie Porret, p.marie7@voila.fr
Choisir...
Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une putain de télé à la con, des machines, des bagnoles, des platines lasers, des ouvres boîtes électroniques, choisir la santé, un faible taux de cholesterol et une bonne mutuelle, choisir les prêts à taux fixe, choisir de vivre, choisir ses amis, choisir son survet et l'sac qui va avec, choisir un canapé avec les deux fauteuils et l'tout avec un choix de tissus de merde, choisir de bricoler le dimanche matin en s'interrogeant sur le sens de sa vie, choisir de s'affaler sur ce putain de canapé en se lobotomisant de jeux télé et s'bourrant de Mcdo, choisir de pourrir à l'hospice et finir en se pissant dessus dans la misère en réalisant que nous fuyons nos deux enfants nickés de la tête qu'on à vendu pour qu'ils prennent le relais, choisir la vie, pourquoi je ferais une chose pareille? J'ai choisis de ne pas choisir la vie. Mes raisons?! Y'a pas de raison, y'a aucune raison quand on à l'héroïne!!Marie Porret,
Manifestement, sans aucun doute et incontestablement, j't'ai dans la peau. Les mots et les baisers qu'on a échangé glissent dans mes veines. Comme ce liquide rouge, ils semblent vitaux pour moi.
Tu es la drogue qui permet à mon esprit de prendre du bon temps à chaque moment perdu de ma vie.
Tu es l'objet inatteignable dont mes désirs les plus inavouables louent inlassablement la beauté.
Tu es la blanche fumée du joint qui chaque jour se diffuse en moi pour assoupir cette incessante douleur qui me réveille chaque matin.
Mais tu es la fumée noire du feu qui brûle mon coeur, me pique les yeux et les fait pleurer.
Tu es aussi l'amour interdit, si bien masqué, qui a fait de mes désirs de perpétuels cauchemars éveillés.
Et tu es surtout la longue aiguille qui déchire mes chairs en injectant ce lent et douloureux poison qu'est l'amour.
Ce liquide, qui aujourd'hui me ronge les veines et me creuse l'intérieur, est devenu mortel pour moi. Alors manifestement, sans aucun doute et incontestablement, tu m'fais la peau...Lhoka, octobre 2003.
Premier amour dernière décision
Il fait noir ici et l'air est frais.
Je m'demande où chuis,
Dans l'espace ou dans une cave ensevelie,
J'sais pas c'est vrai.
Mais y'a un truc de zarb,
J'crois qu'j'ai pas pris d'produits
Ou j'deviens complètement chtarb,
Mais j'me d'mande c'que j'ai foutu aujourd'hui.
Attends, faut qu'j'me souvienne
De c'que j'fais tous les matins.
Ca y est, c'est ma tâche quotidienne,
J'me suis roulé un joint !
Après j'sais pas,
J'me suis levé je crois
Et tout allait bien,
J'étais serein.
C'est rare les jours sans embrouilles,
Surtout dans cette putain d'cité.
Ici faut avoir des couilles
Pour ne pas t'faire buter.
Nos gangs de barjos font la une,
On en parle à la TV, dans les journaux.
On dit qu'on tue ou qu'on brasse des tunes
Mais la moitié c'est des mythos.
Après j'me souviens pas.
Mais j'ai foutu quoi ?
Et qu'est c'que j'fais là ?
Putain maintenant j'ai froid !
J'ai plus les idées claires,
J'sens presque plus mes jambes.
J'vais poser mon cul par terre
Avant qu'mon coeur ne flambe.
J'comprends pas c'qui m'arrive,
Faut qu'j'me souvienne.
J'me rappelle de couleurs vives
Et d'une rue complètement pleine.
J'étais au volant
Et malgré mon allure hâtive,
J'voyais les pubs et leurs couleurs agressives
Qui vous en mettent plein les yeux et les dents.
Ca y'est, j'ai trouvé.
J'bougeais chez mon pote Vince,
Le seul qu'habite pas la cité,
Un d'ces mecs qu'aiment bien foutrent leur bins.
J'ai garé la voiture d'vant chez lui,
Chuis descendu et j'ai appuyé sur la sonnerie.
J'me suis dis " y met du temps à ouvrir ce con ",
Avant d'en connaître la raison.
Il ouvre la porte et m'dis :
" T'as appris la dernière ? "
- Nan, j'me suis levé à midi,
Chuis encore un peu chéper.
Il baisse les yeux et m'dis " entre ".
Quand j'ai vu tous leurs regards,
J'ai eu la boule au ventre.
Fallait qu'y récidivent ces bâtards !
J'savais qu'un d'nous n'était plus,
J'savais qu'un d'nous avait disparu.
Me restait plus qu'à attendre son nom,
Qu'à entendre la douloureuse sanction.
C'putain d'silence me fait rager.
Mais dîtes moi c'qui c'est passé !
J'commence à comprendre
Même si j'ai pas pu l'entendre.
Mais qu'est c'que j'ai fais ?
Pourquoi j'me suis pas méfié ?
Pourquoi j'y ai pas pensé avant ?
Moi j'voulais qu'elle soit maman.
J'aurais pas du tomber amoureux
Mais elle m'a dit qu'elle était forte.
On aurait pu être heureux
Mais maintenant elle est morte.
Cette saleté de rivalité
Et cette saleté d'cité
M'ont enlevé mon être si cher,
Ont assassiné mon être complémentaire.
Qu'est c'que j'vais dev'nir ?
Sans elle j'peux plus sourire.
J'ai envie d'vomir mais
J'sais même plus si j'respire.
Après quelques secondes de réflexion,
Après qu'ils m'aient tous dis " Désolé ",
J'crois qu'j'ai perdu la raison,
Fallait qu'j'les rattrape ces enculés !
Que j'attende ?
C'est c'que tu d'mande ?
J'peux pas attendre.
J'vais les descendre.
Chuis r'monté dans la voiture
Mais c'était pas pour une ballade.
Mes yeux reflétaient la haine pure
Et j'ai foncé comme un malade.
J'en ai plus rien à foutre,
Même de n'plus être là.
Personne va passer outre,
Y vont tous payer c'coup bas.
Au volant,
Mon esprit s'est vidé.
J'pensais plus qu'à être violent,
A m'venger.
Le feu rouge, j'l'ai brûlé.
Mais j'pensais pas qu'un p'tit pédé
Regarderait pas d'vant
Et mettrait ma bagnole sur l'flanc.
Maintenant tout est clair.
J'ai quitté la Terre le flingue à la main.
Sans accomplir mon devoir.
Sans venger ma bien aimée.
Sans pouvoir
Les voir tous égorgés.
Chuis toujours assis.
J'sais pas si chuis un esprit
Mais aujourd'hui j'paye l'addition
D'mes bonnes actions.
Et tout c'que j'peux faire
C'est attendre.
Ici, par terre,
Que la mort vienne me prendre.
Mais c'est quoi cette lumière ?
Et cette silhouette éphémère ?
J'entends une voix à l'intérieur de moi.
C'est pas possible faut qu'j'me réveille là !
Elle me demande de la suivre,
D'entrer dans la lueur.
J'me suis pas couché ivre
Et mon cerveau est à la bonne heure.
Il est mince le passage
Entre la vie et la mort.
Et si tu te juges pas sage
Et que ton passé est hardcore,
La Grande Noire se foutra de ton âge
Et prendra possession de ton corps.
C'est c'que j'me suis dis à c'moment là.
La 2e chance moi j'y crois pas.
Alors puisqu'y a plus d'espoir,
Je reste dans l'noir.
Garde ta lumière,
Être éphémère.
Je n'suis pas digne de ça,
Je reste là.
Il a fallu qu'je crève
Pour voir la vérité.
Quand on a plus d'sève
Ca sert à rien d'lutter.
En bas, j'pourrai veiller sur elle.
Là, mon amour s'ra pas aussi frêle.
Elle a pas eu ce choix
Alors j'veux pas rev'nir.
Ce s'ra l'au-delà qui va nous réunir
Une " dernière fois. "Lhoka, octobre 2003.
Soleil, Souffrance, Secours
Soleil radieux pour un horizon dégagé
Orangé est le soleil au coucher
Larges sont les sourcils qui composent un visage
Essouflée, tu te reposes près du rivage
Nymphe à la beauté sans partage
Es-tu la jeune fille qui accentue mon courage?
Chaque seconde, une idée fuse
Horde de mauvais esprits que tout accuse
Agissent, défiant les lois
Rien ne me faisait espérer qu'ellle soit là
Magnifique reine qui chasse les démons
Enlève les flèches qui me transpercent le corps
Toi, l'ambulancière des âmes et qui jamais ne dort.Nicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
Bad memory
I was in a wood
And I had no food
I was in a country
And I had no cofee
I was in a island
But I thought to England
I knew history
But now I lost my memory
To think
To drink
To live
To forgive
I had no adress
Where is the happiness?
I lost my memory
Can you help me?Nicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
Les saisons
Joyeux sont les vents
Quand ils battent la mesure
Sales sont les cahiers blancs
Empestés de ratures
Mais où est la neige
Qui tombait avant
Donne moi mon manteau beige
Qui me couvre depuis longtemps
Les années défilent
Les saisons aussi
Les espoirs se faufilent
Et envahissent nos nuitsNicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
Brille, brille
Deux grands yeux noirs vont s'ouvrir
Dans ce tourbillon de lumière
Ils brillent comme des saphirs
Au contact des réverbères
Ils veulent juste s'exprimer
Dans ce monde de douceur
Ils veulent juste s'extirper
De ce monde de terreur
Ils voient trop et pas assez
Et pourtant ils ne cessent de brillerNicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
Un beau matin d'hiver
le vent balaye mes mots
et les porte aux sommets des clochers
le vent tape au carreaux
et ne cesse de s'impatienter
dans la rue, la neige est à mes pieds
et le vent à mes trousses
je marche au hasard, le coeur gelé
le corps frigorifié et qui tousse
je me promène, un beau matin d'hiver,
sur une route enneigée
au loin, la blanche pluie ne cesse de tomber
sur une planète que l'on apelle la terreNicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
L'oiseau parisien
Vole, vole l'oiseau des nuits,
Dans le ciel étoilé,
Survole les ponts de Paris
Que les lampadaires ont éclairés.Nicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
Vivre: un mot
Sur la feuille blanche qui s'envole
Sur les ailes de l'oiseau heureux
Sur la manche de ton pull vert
Un mot s'inscrit
Sur l'écorce de l'arbre à secret
Sur la page de ton livre raturé
Sur le lacet de ta chaussure
Un mot s'inscrit
Sur le drap de ton lit défait
Sur les nuages du ciel bleu qui baille
Sur les murs de la maison du soleil
Un mot s'inscrit
Au fond du verre à souvenirs
Au fond du trou de mémoire
Au fond de la boîte argentée
Un mot s'inscrit
Sur la route du village oublié
Sur les panneaux des ombres
Sur les affiches où les mots se décollent
Un mot s'inscrit
Sur le volant de la voiture imaginaire
Sur la pierre de la vie qui pleure
Sur la fleur de la colline perdue
Un mot s'inscrit
Sur la main de l'homme qui passe
Sur la tasse de l'homme qui boit
Sur la bouche de l'homme qui parle
Un mot s'inscrit
Et par la force de laplume
J'écris ce mot
Si important pour moi
Si important pour tous : VivreNicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
Dans un lieu inconnu, j'impose ma présence
Sans mouvement et surement immobile
Me libérer serait très utile
Tout de marbre vétu, je reste sans défense
Dans ce lieu, la lune me regarde et les étoiles m'observent
Sur ce socle ridicule, sur ce trone en pierre
Je suis le roi du silence et rèves amères
Je me souviens de cet homme, ce matin qui parlait avec verve
Tous les yeux braqués sur moi quelques peu ébahis
Pour une statue ordinaire qui ne peut pas pleurer
Qui chaque soir se demande ce qui se passera demain
Je ne peux pas bouger, je suis immobile
Apporter moi un mouchoir pour que je m'exprime mon chagrin
Qu' on exauce mon voeu celui d'être mobile
Et de quitter ce lieu rempli de tristesse
Toi, le très haut penche toi sur ma détresse
Et sur mon esprit soudainement tourmenté
Je crie mais tu ne peux pas m'entendre, tu es trop loin
Tu ne peux pas me comprendre, un toît nous sépare
Non, ne viens pas il est déjà trop tard
Jette à la mer mes propos lointains et imprécis.Nicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
TROIS POEMES de Nicolas Cotten
Je n'écrirai pas ce soir
je n'écrirai pas ce soir
Et pourtant il le faut
Il fait nuit mais il fait rouge
Il y a du rouge sur mon journal …
Il y a du rouge sur le bouton de la radio …
Il y a du rouge sur le planisphère …
Même lavés à la main
Il n'y a rien à faire …
Le rouge domine, il inonde.
Arc-en-cielPluie après pluie
L'arc-en-ciel parcourt
Le même ciel à la recherche du mystérieux
Voyageur terrestre orné de deux ailes blanches
Toi, spectre de lumière blanche à figure multicolore
Laisse-moi te rejoindre
Pour un jour
Pour une nuit
Pour une vie
Ah ! arc-en-ciel si tu pouvais être mien !
Désolation…
Monde à la loupeDans ce monde irréel
Je reste assis
Je n'attends rien
Si le monde boude
Je n'y peux rien
Je ne suis que spectateur
Sur une feuille de papier arrachée à la hâte
Les mots sont humains
Déambulent
Mais sont impuissants
On leur bande les yeuxNicolas COTTEN, nicolascotten2002@yahoo.fr
JE NE TREMBLERAI PAS
Non
Je ne tremblerai pas
Comme ces étoiles peureuses
Dans l’infini froid
Là haut très loin
Je me tairai
Nous irons aveugles
Entre vociférations
Et meutres
Dans le fracas des blancheurs
Naïves
Nous porterons
Vêtements d’hiver
De pluie et de vent
Il sera bon d’être avec toi
Parmi coassements et babil
Pour l’instant
Tu respires paisiblement
Je m’unis à ton souffle
Quelque part
Sans trop savoir où
Dans cette nuit d’aisselles
De semence fraîche
Et de varech pourri
J’entends hurler les menottés
Je me couche à tes pieds
Mon triomphe est de mourir là
Sous ta fourche
Alors que le cri est tien
Le petit matin
Comme d’un cliché désuet
Rira de nos grands yeux cernés
Christian Erwin Andersen, 23 septembre 2003. fa089931@skynet.beDANS TES YEUX
(Pour Paméla et Rino)
Il y a du pourceau dans tes yeux mon amour
Quelque hostie infâme fichée là
Dans la plaie vive de ton désir fustigé
Et ça crie
Il y a un ruisseau dans ton ventre mon amour
Et je nage sans repos vers sa source
Harcelé par ces grands oiseaux de jais
Au bec jaune
Qui font peur
Il y a tout cela
En toi
...
Tu cries
Et ça gueule dans mes reins
Christian Erwin Andersen, 26 septembre 2003. fa089931@skynet.beMEURTRE
Je dirai donc le meurtre
Pour ne pas flatter
A l’angle de chaque mot
La dague
Où déjà s’accroche
Une perle de sang
« si tu veux vivre
ne parle plus »
me chuchote
un grand silence
« sois patient »
lui dis-je
« la nuit féconde appelle
aux épousailles
et je mourrai
à l’aube »
Christian Erwin Andersen, 26 septembre 2003. fa089931@skynet.beCARESSES
(Pour Michelle)
Les caresses se bousculent au portillon de mes mains
Laquelle courbera ton corps je la cherche
Laquelle t’arrachera le cri je ne sais
Déjà ton sexe supplie tes yeux disent le plaisir latent
Nos ventres s’épousent et la noce est belle
Une toute jeune fille geint en toi
Sa beauté me confond et nous fait complices
Qu’elle est douce la mort
Au confluent de tes jambes lourdes et longues
Ainsi rançonnées
Christian Erwin Andersen, Août 2003. fa089931@skynet.beLA GUEPIERE NOIRE ou encore LE RENARDEAU DE FONTENAY
Il n’y a pas un mais bien davantage
Qu’un seul secret
Et bien plus lourd
Entre toi et moi
Et qui rend notre vie
Tellement plus légère
Entre nous il y a ce secret
De la voix de Fontenay
Quand ils le voudront nos corps
Comme ils savent le faire
Le célèbreront
Nous serons tristes et gais à la fois
Comme en toute vraie fête
Car où que nous allions
En quelque lit de fortune
Nous ne serons plus jamais seuls
Un renardeau espiègle
Nous mordillera les reins
Dans la sente abrupte du plaisir
Et espiègles à notre tour
Nous entonnerons
Le chant de folie et d’exultation
En pensant à cette voix de Fontenay (*)
Christian Erwin Andersen, Août 2003. fa089931@skynet.be
(*) Iegor Reznikoff interprétant le Chant de Fontenay.LA SEMAINE DE HUIT JOURS incantations engorgements
dimanche
incantation première
au seuil du lieu parfait
ton sexe
et sitôt dru
l'engorgement du ventre
j'en sais les houilles
le troc infini des grisous
qu'il y suffit de feu
pour l'espace
d'être nu
lundi
seconde incantation
à l'air
aux cisailles atroces
de la glotte
hachant le souffle
au silence et ses pollens
qu'il m'indiffère de lire
dans le fruit son orgasme
mardi
tiers noeud
en nos anatomies lépreuses
tant
manquent les doigts pour compter
au-delà des corps
aux lymphes nomades
le leg émacié
d'une question
mercredi
quarto
ma dimension
sans doute
incantation à l'espace
on tremble
dans l'engorgement forcené
des marges
jeudi
terre ou mer
on porte aux lèvres la conque
sans trop savoir
à mi-distance
quelle incantation
la quantième
dégorger
vendredi
mur môle jetée
prennent à la gorge
odeur de marée
l'incantation aussi
n'ignorant rien
du ressac
de ses franges à travers soi
jamais
tout à fait blanches
samedi
le chant s'allume
au bois de la veille
humide encore
les yeux piquent
la gorge est rêche
la braise sauve
jusqu'à demain
polythéidi
hors chant
fichée en gorge
l'ultime incantation
tant de dieux assassinés
pour un sac de clous
à la petite semaine
ça taloche ferme sous l'estomac
LES SOLEILS TACITURNES
(pour Eric Allard)
c'est toujours
sous le même ciel rapiécé
à travers d'identiques grilles
que se lèvent
nos soleils taciturnes
peut-on croire que le jour va venir
la parole réintégrer le chant
et celui-ci nos corps exsangues
ce n'est jamais
les mêmes cris et blessures
encore moins le même râle
qui écartèlent l'espace
et crucifient nos horizons
c'est chaque fois
la même chanson
sous une copie de ciel
parmi des duplicatas de cages
à jamais
les chaînes
et l'encre inépuisable
pour l'écrire
Christian Erwin Andersen, 10.10.2003. fa089931@skynet.beMASQUES
Auriez-vous davantage de vérité trébuchante
Que les plus pures gemmes sonnantes de la langue
Ô masques superposés et silencieux
Que taisent à escient les tables de loi
Laissez-moi m’enivrer ici
De l’arrachement qui vous recompose
Sans fin
Et me livre pantelant aux éblouissements
Du neuf
Masques au levant
Et les armes cliquètent
Au couchant
Et le ciel s’embrase
Couteau sur la gorge
La vie rougeoie
C’est à l’étale
Sur une plage déserte
Que la mort vomit
Nos enfantements
Christian Erwin Andersen, 14.10.2003. fa089931@skynet.beADRESSE AUX CHIENS
poèmes cruels pour un chant nouveau
& PETITE HISTOIRE DU MEURTRE
Sœurs de laine aux buissons éparses
au même rouet sommes filés …
c.e.a.Pour Dominique Bernard
par qui tout a commencé ;pour Nicoletta Gossen
par qui tout s'est accompli…Petite Histoire du Meurtre est dédié à ma Mère et à mon Fils
Je soussigné, Christian Erwin Andersen, reconnais devoir à …
J'étais fin prêt à mourir. Je m'y étais préparé, peu à peu, sereinement, au fil des mots.
C'est fou ce qu'il peut faire le verbe quand on lui laisse la bride sur le cou ! Fou !
Par ailleurs, l'habitude aidant, c'était facile : chaque année, à pareille époque, je partais en vacances. Boucler sa valise c'est toujours les mêmes gestes.
J'étais occupé à serrer les dernières mains quand une jeune femme, toute vêtue de deuil, s'est approchée subrepticement et m'a glissé à l'oreille : " Ecris ! Je reviendrai demain ! ".
Elle était d'une beauté insolente et sa voilette blanche, dans tout ce noir, la rendait si mystérieuse. Je ne pouvait qu'obtempérer.
A mourir, autant mourir dans ses bras, une fois pour toutes. Quant à écrire … c'est de toute façon aussi mourir …
Merci, Etrangère triste, pour ce legs copie conforme de ma mort.
Merci, Dominique, Jeannine, Reine, Nicoletta, Paulette, Michelle …
Introduction à Adresse aux chiensLes dieux que l'homme invente sont les racines du ciel.
Le ciel où il vit est son père. Il copule avec les étoiles.
La voie lactée est sa semence et il les engrosse.Les dieux sont ainsi les racines du père de l'homme.
Elles ancrent le ciel à la terre par le bas
qui est la mère de l'homme, grasse et fessue.
C'est là, dans la terre, sa mère, que l'homme reposera.
Car on ne peut être inventeur de dieux et homme
qu'en revenant à sa mère, source de tout
et mouroir des soleils.
Si l'homme n'inventait pas les dieux il serait orphelin
il n'aurait que le néant comme sépulture.
Si sa mère n'était grasse et fessue
il n'aurait qu'un squelette pour l'y accompagner.
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
IJ'avais chanté et dansé toute la nuit, pris cent fois dans mes bras la terre douloureuse et, au lever du jour, je m' étais lavé la face avec le lait de la lune.
Je suis allé à la source toute proche pour y boire.
Ca c'est passé là.
A présent, dans la vallée, les villages s'éveillaient et fumaient. Des aboiements montaient vers moi.
J'ai tressailli et je me suis mis à parler …
mon sang est né au Pays sans Chiens
à deux pas des sources du questionnement
il en est le féal et fleure bon l'époquemais mon sang est de fureur surtout
enfant en bail de violence
il hante les banlieues insurgéesmon sang a de la voix elle gronde
si on venait à le blesser
nul doute elle prendrait les armescar lorsqu'il s'élève
le chant de mon sang réjouit mes pères
comme eux il est sanguin vif et fort
il accompagne les hordes qui guerroientses fêtes sont mes lumineuses liturgies
elles incendient mes saisons
et allument les contre-feux
des autodafés ou des bûchersle chant de mon sang s'adresse aux chiens
conçu dans l'infini il peut être entendu
du plus grand nombreje le tiens des fourmis envoyées par les sbires
elles venaient avides à mon berceau
pour voler le miel de mes lèvres
et tenter de tarir ma parolemon sang aujourd'hui est joyeux
il n'a cependant pas toujours chanté
jeune il fut de larmes
celles qui courent sur le fil des couteauxmon chant a mémoire du linceul d'aube blême
qu'il porta en ces temps de rafles et d'injures
où ça cognait ferme aussi dans les crosses aortiques
mon chant a beaucoup appris
sa bannière est d'ecchymoses
sur fond de casse-têteil est devenu fier
mais il peut être déférent :il parle chien aux chiens !
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
IIJe m'étais tu. Un rayon de soleil avait jailli d'une faille dans les nuages et s'était arrêté au visage de la morte étendue près d'un buisson.
Je l'ai nettoyé de sa boue avec beaucoup de douceur …
et de répugnance …
je dirai donc le meurtre
pour ne pas flatter
à l'angle de chaque mot
la dague
où déjà s'accroche
une perle de sang" si tu veux vivre
ne parle plus "
me chuchote
un grand silence" sois patient "
lui dis-je
" la nuit féconde appelle
aux épousailles
et je ne mourrai
qu'à l'aube "
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
IIIPéniblement je me suis mis en route.
Le visage de la jeune morte et les chiens que j'entendais se déchaîner, du côté de Mausort, m'avaient rendu sombre et nerveux
Pour Eric Allard
c'est toujours
sous le même ciel rapiécé
à travers d'identiques grilles
que se lèvent
nos soleils taciturnespeut-on croire que le jour va venir
la parole réintégrer le chant
et celui-ci nos corps exsanguesce n'est jamais
les mêmes cris et blessures
encore moins le même râle
qui écartèlent l'espace
et crucifient nos horizonsc'est chaque fois
la même chanson
sous une copie de ciel
parmi des duplicata
de cagesà jamais
les chaînes
et l'encre inépuisable
pour l'écrire
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
IVJ'ai retrouvé mon calme.
En somme, la rencontre avec la mort avait été brève, comme je l'eus été avec l'assassin !
Puis, d'un seul coup, je me suis mis à trembler, de tous mes membres.
Je commençais soudain à comprendre.
J'ai porté les mains au visage. Les masques ! Oui. C'était ça. Les masques. Moi aussi !
Pour l'Ami Gerinoauriez-vous davantage
de vérité trébuchante
que les plus pures
gemmes sonnantes
de la langue
ô masques superposés
et silencieux
que taisent à escient
les tables de loije m'enivre ici de l'arrachement
qui vous recompose sans fin
et me livre pantelant
aux éblouissements du neufmasques au levant
les armes cliquètent
au couchant et le ciel s'embrasecouteau sur la gorge la vie rougeoie
c'est à l'étale sur une plage déserte
que la mort vomit nos enfantements
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
VExaspéré, j'ai secoué vivement la tête.
A son tour, comme la nuit qui venait de s'achever, la journée n'en finissait pas et je pensais toujours à la morte.
Au loin l'orage grondait sur la montagne. Bientôt le gué serait noyé.
J'entendais des craquements de vertèbres épouvantables multipliés à l'infini par l'écho. Mes jambes refusaient leur service. J'ai dû m'arrêter.
Alors, j'ai regardé mes mains. Etait-ce les vociférations de la foudre qui les faisaient se cabrer ainsi, comme implorantes et demandant pardon ?
J'avais peur. Horriblement.
je regarde mes mains
semblables à toutes
au bout desquelles
il y a des doigts
comme les vôtrestous ont leurs petits
ou grands secrets
et forment autant de rébus
ou de mystères
qui ne nous appartiennent pasles signes qu'ils tracent
eux
nous écrivent et circonscriventils apparaissent innombrables
mais leur somme est un zéro
et nous sommes leur éclatante
énigmele zéro ne se soulignant pas
je regarde mes mains
et les fais taire
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
VIJe me suis mis à penser à l'assassin. Sans aucun doute il avait dû ruser pour l'amener là. Il lui avait raconté des balivernes et elle était tombée dans le piège. C'était une enfant encore, qui ne pouvait deviner ce qui lui mangeait le cerveau et le sexe à l'homme … non, elle ne pouvait pas imaginer …
tringle tringle homme
le trou blanc des os
du trou noir de la nuittu tringleras longtemps
fouille ce ventre
qui t'épuisecrie femme crie
tu crieras longtempsquelque part
vous quittez l'océanle premier rivage
vous attend
celui de tous les périlstringle tringle homme
criez criez femmes
longuementla genèse est un cri
et la vie
l'ombre étirée
de ce cri
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
VIISait-on assez, derrière le loup du rire ou le masque des babines … le crochet du boucher ?
L'enfant lui avait souri lorsqu'il avait dit, en caressant ses cheveux " tu as de jolis yeux "
Saura-t-on jamais assez ?
Jolis yeux …
Pour Pamela et Rino
il y a du pourceau dans tes yeux mon amour
quelque hostie infâme fichée là
dans la plaie vive de ton désir fustigé
et ça crieil y a un ruisseau dans ton ventre mon amour
et je nage sans repos vers sa source
harcelé par ces grands oiseaux de jais
au bec jaune
qui font peuril y a tout cela
en toi
tu cries
et ça gueule dans mes reins
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
VIIIJe courrais à présent et la morte me poursuivait de ses imprécations.
J'avais vu son épaule lacérée, sa nuque en sang.
J'en avais des nausées. Je n'ai jamais aimé le sang.Mais, après tout, elle l'avait bien mérité. Pourquoi s'était-elle mise à crier ? Je ne lui voulais pas de mal ; pas de mal …
ongles dents crocs
qui me déchirez les lèvres
zébrez le dos ou exaltez
dans ma nuque les frissonsongles dents crocs
armes premières et primitives
mises en faisceaux là où parfois
l'espèce endormie campe encore
autour de rares feux vacillantsongles dents crocs
masques innocents du rire meurtrier
ou grappins acérés de l'étreinte
meurtrissoirs des enchères amoureuses
autant que de la douce déchirureah la blessante vérité
de vivreongles dents crocs
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
IXJe l'aimais. Jamais je n'avais aimé comme ça. Jamais. Je le lui ai répété mais elle criait toujours plus fort.
Je ne sais plus.
Pour Michelle
les caresses se bousculent
au portillon de mes mains
laquelle courbera ton corps je la cherche
laquelle t'arrachera le cri je ne sais
déjà ton sexe supplie
tes yeux disent le plaisir latent
nos ventres s'épousent et la noce est belle
une toute jeune fille geint en toisa beauté me confond et nous fait complices
qu'elle est douce la mort
au confluent de tes jambes lourdes et longues
ainsi rançonnées.
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
XJe m'étais calmé et redescendais vers le village lorsque, très loin, j'ai aperçu les gendarmes.
Quelque chose d'étrange a bougé en moi, on eût dit une troupe qui se levait …
je
suis plusieurs
sans en connaître le nombre
hommes d'hier
de demain alignés
jusqu'à se confondre
avec la nuit des tempsils remuent parlent et chantent
en moi
fiers et joyeux
forts surtoutleurs muscles
vibrent sous ma peau
jusqu'au frisson
et mon cœur bat pour millele faucard a décimé leurs rangs
au passage
des grands fleuves du temps
ils sont passés pourtant
leurs hordes ont atteint l'autre riveleurs mères souvent
ont mis bas dans la boue
et j'en suis tout crottévenez à moi
j'ai odeur de siècles
et de géhennesaccourez
mes blessures
sont mon chant
qui vous entraîneelles annoncent mon poème
qui bouge et appelle l'aube
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
XIIls m'ont passé les menottes. Elles étaient froides.
Je me suis débattu, j'ai résisté. Je les ai insultés.
Mon estomac se soulevait. J'avais envie de vomir. Je les ai suppliés de m'abattre.
Le plus jeune des deux m'a dit que ce serait trop beau pour moi, que j'étais un fumier et il m'a donné un coup de poing dans le ventre. Alors j'ai vomi.
Ce soir là j'ai bien dormi, et tous les soirs qui ont suivi ; jusqu'à mon procès et même jusqu'au jour de mon exécution.
Il fallait que je paie. C'était normal.
non
je ne tremblerai pas
comme ces étoiles peureuses
dans l'infini froid
là haut très loinje me tairai
nous irons aveugles
entre vociférations
et meurtres
dans le fracas des blancheurs
naïvesnous porterons
vêtements d'hiver
de pluie et de vent
mais il sera bon d'être avec toi
parmi coassements et babilpour l'instant
tu respires paisiblement
et mon flanc contre le tien
je m'unis à ton soufflequelque part
sans trop savoir où
dans cette nuit d'aisselles
de semence fraîche
et de varech pourri
j'entends hurler les menottésje me couche à tes pieds
mon triomphe est bien de mourir là
sous ta fourche
cependant que le cri est tienle petit matin
comme d'un cliché désuet
rira de nos grands yeux cernés
PETITE HISTOIRE
DU MEURTRE
XIIJ'ai payé cash. Rubis sur l'ongle même. Avec le sang de mon cou.
Mais je n'ai rien regretté.
Là où elle était et bien qu'elle fût fâchée, j'allais la rejoindre et continuer à l'aimer.
Et lorsque le bourreau a consulté sa montre, quand il s'est approché de moi avec un air un peu marri, j'ai levé les yeux au ciel, je les ai ouverts tout grands, je me suis saoulé, une fois encore : il était là … le soleil …
ma parole
ne se couche jamais
elle dort debout
et accompagne le soleilsi ma parole se couchait
le soleil qui meurt
où il n'y a pas d'hommes
pas de veilleurs
mourrait à son tourmes mots veillent
la vie continue
je chante
et le soleil est mon ami
FinTerminé d'écrire le 11 décembre 2003, à Marchienne-au-Pont,
Charleroi BELGIQUE.