Poésie11
Bienvenue
aux poètes, au rêveurs et aux amoureux sur cette onzième page de poésie !
Leur plaisir continue ici :
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poèmes
Stéphane Chamak, mai 2003. |
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Stéphane
CHAMAK écrit depuis l'âge de treize ans. Ecrire est une
de ses passions et un exutoire. Il aime raconter des histoires et il le fait bien. Il a de nombreuses nouvelles et plusieurs dizaines de poèmes à son actif. Il nous propose ici dix courts poèmes. Bonne lecture. chamak.stephane@wanadoo.fr |
Carapace
J'ai bombé le torse,
Attendu le crépuscule
Pour sortir de ma bulle
Et lacérer l'écorce ;
Voilà : je t'aime très fort ;
A tue-tête te le dis,
Parce que j'en ai envie
Surtout parce que tu dors.
Discrètement
Pareil à l'homme matinal
Qui promène son chien ;
A la flamme qui lutte
Puis finalement s'éteint ;
Comme le tapis neigeux
De la montagne fière ;
Perdu sous la prunelle
Du regard solaire.
Comme la lumière se joue
De la nuit décédée ;
Sous une lune vengeresse
Le jour prend congé.
Au son du clavecin,
Que l'on voudrait sans fin
Qu'à nos oreilles résonnent ;
Sans heurt sans joie et sans chagrin
Je suis mort ce matin
Sans déranger personne.
Palais Royal
Dans mes céréales
Un porte clé ;
Dans la boîte postale
Un courrier.
Un automne estivale,
Une belle journée,
Le métro infernal
Ce matin déserté.
Une jupe, des sandales
Un regard appuyé
Et au Palais Royal
Un baiser.
Vous qui voyez…..
Vous qui voyez ce visage broussailleux,
Savez vous incrédules qu'il y a peu
J'avais la peau douce, le regard alerte
Et bien avant de courir à ma perte
J'étais aimé et amoureux ?
Vous qui fuyez ce corps nauséabond,
Sachez que j'étais beau, que je sentais bon
Qu'elle aimait ma peau, son arôme de fruit
Ce même agrume qui sous vos yeux pourri
Comme laissé à l'abandon.
Vous qui me voyez nu jugez du désastre,
Et sachez que mon sexe brillait comme l'astre
Rutilant, vigoureux, source de milles désirs
Qu'à ses mains, hier, ne cessait de grandir
Juste avant qu'elle ne le castre.
Fuyez l'amour avant qu'il ne se fâche,
Que les anges ne se muent en apaches,
Que visages corps et verges si fières
Se fanent et qu'enfin comme ultime misère,
Votre cœur à son tour ne vous lâche.
Pour faire un monde
Il faut de tout pour faire un monde
Des belles aux bois
Et des immondes
Il faut de tout pour faire un monde
Des scélérats
Et des Joconde
Il faut de tout pour faire un monde
Des hors la loi
Et des James Bond
Par dessus tout pour faire mon monde
Il me faut toi
A chaque seconde
Il me restera
Il me restera des décennies
Ces hectares d'années aux orties
Des printemps jusqu'aux feuilles répandues
Du temps, du temps à perte de vue
Il me restera de vieux réflexes
Des voyelles sans accent circonflexe
Tombées sur des odes qui sonnent
Qu'écris tu ces temps ci ma mignonne ?
Il me restera dans le moins beau
Et dans l'ombre d'une femme en lambeaux
Comme celles qui veillent sur les pierres
Une croix sur un anniversaire
Il me restera sur ce corps flasque
Le costume qui sied à mon masque
Sans espoir de tromper l'assistance
Toutes les lunes où s'échoue la souffrance
Il me restera tel du satin
Quelques songes et quelques beaux matins
Et derrière ces vestiges d'amour
Le néant avec du vide autour
Le poème du cancre
Mon voisin dessine des jonquilles
L'Histoire est à mille lieues
Je m'attarde sur les seins des filles
En espérant mieux
Quand mes billes s'écarquillent
Sur leurs linges chanceux
Je pleure sur les seins des filles
Mais.... qui est Montesquieu ?
De la prise de la Bastille
Que je vous parle un peu ?
Mais je regarde les seins des filles
Et ne peux faire les deux !
Les enfants d'Eros
Ils affichent leur vaillance
En jetant leurs échelles,
Tant ils paraissent immenses
Et d'un cœur éternel.
Ils affichent leur sourire,
Leur lune rayonnante,
A ce Temps à maudire
Et son étoile filante.
Regardez-les aux cimes,
Chevaliers audacieux,
Goûter aux joies sublimes
D'être enfin amoureux.
L'absence des mères
Du tréfonds de mon antre j'ai entendu l'appel
Et j'ai gravi ton ventre par la liane charnelle ;
Puis privé en chemin de ta matière première
De par la lourde main d'une balance légère ;
J'ignore tant des blessures, des profondes séquelles
Comme autant de morsures où la mort se fait belle ;
Mais de mémoire d'enfance et d'un cœur lunaire
Je ne sais pire absence que l'absence des mères.
Les mardis
Elle passe me voir tous les mardis
Presque toujours à la même heure
Elle parle peu ou de la pluie
Et autres absurdités d'ailleurs
Elle est souvent vêtue de gris
Ses joues dépourvues de couleur
Je sais qu'elle ronge son vernis
Lorsqu'elle n'est pas de bonne humeur
Elle ne se plaint jamais du lit
Même si ma chambre lui fait horreur
Qu'elle ne pourrait pas vivre ici
Et que mes silences lui font peur
Quelque fois même je réussi
Juste pour retarder mon labeur
A lui parler de mes écrits
Et des belles saisons à Honfleur
Elle ferme les yeux et elle s'oublie
Elle ignore tout de ma douleur
Se lève, s'essuie, me laisse ainsi
Juste imprégné de son odeur
Puis elle me règle et elle s'enfuit
Et n'attend même pas l'ascenseur
Je crois qu'elle n'a jamais sourit :
Les mardis me déchirent le cœurLe chalet
J'ai loué un chalet pour un million d'années,
Porté à bout de bras des bûches pour cent ans
Et pour narguer le temps qui nous était compté,
J'ai encore attendu tout le reste du temps.
Si ta lune est rieuse, ton regard lui, nous ment,
Amer, je ne dis rien quand tu presses tes gestes,
Quand couverte de laines tu es nue dans l'instant,
Pour m'aimer vivement tout le temps qu'il me reste.
Regrets
Ce que je ferai pour toi
Est au dessus
Et au delà.
Ce que je ferai pour toi
Est inconnu
Pour tout compas.
Ce que je ferai pour toi,
Les dieux imbus
Ne le font pas.
Ce que je ferai pour toi,
Le croirais-tu,
N'a point de toit.
Ce que je ferai n'est plus,
Ne se dit pas,
Ne se fait plus.
L'averse
Sous la peau, notre écorce,
Disparaît l'Opinel.
Ses douleurs sont celles
D'une mort précoce.
Tu parles et je m'essouffle
Et je souffre en mon cœur,
Bouclier du sauveur,
La fine pluie camoufle,
Elle préserve ma pudeur
Sous une armure en pièce.
Que bénie soit l'averse
Où se mêlent mes pleurs.
Il sera
Il sera filament
Et léger comme la brise,
Pas celui qu'on répand
Sur l'autel des églises.
Il sera silencieux
Et semblable à l'abeille,
Il sera le mielleux
Que l'on souffle à l'oreille.
Il sera très ancien
Comme les premiers langages,
Et en ne disant rien,
Te dira davantage.
Il sera sans costume,
Dénudé, authentique,
Et gravé dans les runes
Comme une loi biblique.
Il sera dans mes veines,
Dépourvues de mon sang,
Dans cette vie, les prochaines,
Et même celles d'avant.
Inspiration vaine
Libre crayon à moustache !
Crible le fond de milles taches !
Déversez vous, sang cœur et tripes !
Voyez-vous l'animal qui s'extirpe!?
Enfin consumée la passion,
Apaisée à nouveau la raison,
La pieuvre retrouve ses deux mains:
Et mon oeuvre ne rime à rien.
J'ai couru au plus loin…
J'ai couru au plus loin
Pour les yeux d'une Phèdre
De mes premiers matins
Jusqu'aux sombres ténèbres.
Je devins plus humain
Et de mes mains d'orfèvre
J'ai pendu l'assassin
Qui pendait à mes lèvres.
Mon amour était vain
Et gravé dans les cèdres
J'ai couru pour enfin
Te trouver et te perdre.
Du vent
(aux victimes de la maladie d'Alzheimer)
De celle qui me donna la vie,
Du savant qui me l'a reprise,
Du prénom de mon seul enfant,
Du vent du vent du vent.
De l'amour de cette inconnue,
Prostrée devant moi demi nue,
Qui pleure et me parle d'avant,
Du vent du vent du vent.
Du passé si cher à vos cœurs,
Celui là même qui se meurt,
Enseveli par le néant,
Du vent du vent du vent.
A ma mère et à tous les miens,
De vous il ne me reste rien,
Qu'une brise sur mes cheveux blancs,
Du vent du vent du vent.
Montparnasse-Bienvenüe
C'était un jour de s'maine
Au métro Montparnasse
Des visages un peu blêmes
Sur des mêmes grimaces
Le hasard et ses fruits
Ne m'avaient pas prév'nus
De l'adorable bruit
De celle qu'on n'attend plus.
Personne ne l'accompagne
Le petit arc-en-ciel
Joli comme en témoigne
Le bleu de ses prunelles
Elle s'asseoit, rien ne dit,
Rien ne prouve qu'elle m'ait vu
Lève la tête et bien si
Je tombe en plein dessus.
Que sont brefs les trajets
Trop courts sont les rails
Son regard en dragée
Sur mon cœur en bataille
Faut il rester ainsi
Figé comme la statue
Et laisser le rubis
Quand on l'a reconnu.
S'ouvrent les portillons
Elle se lève en silence
Son sourire en dit long
Sur mon incompétence
Le monde s'est enlaidit
Nul ne s'en aperçut
Le signal retentit
Je ne la revis plus.
C'était un jour de s'maine
Le souvenir fugace
Une ballade souterraine
C'est de l'amour qui passe
Une histoire sur Paris
Montparnasse-Bienvenüe
Et du con que je suis
Face aux belles inconnues.
Sais tu ?
Toi qui sais tout sur tout,
Toi le grand manitou
Des grandes forêts indiennes,
Mes blessures et chagrins
Mais les sais-tu, au moins,
Reconnaître sans peine?
Tu sais les capitales
Et le nom des étoiles,
Comme tous les théorèmes,
Toi génie incollable.
Dis, serais-tu capable
De dire combien je t'aime?
Thierry Dumas a 35 ans et il est atteint de sclérose en plaques depuis plus de dix ans. Il a toujours aimé écrire et il est auteur de romans et de recueils de poésie. Il habite dans le sud de la France, dans la région marseillaise.
Il nous propose la lecture de quelques-uns de ses poèmes.Ecrire à l'auteur: didierot13@aol.com
L'INDICIBLE SENTIMENTLes méditations de mon cœur au printemps de ma vie
Arborent de longs tourments qui m'aigrissent
Plus trompeur que l'œil du renard
Plus dangereux que l'épais brouillard
L'Amour m'abandonne d'innombrables interrogations
Que cette nuit berce avec de longues lamentations
Et mon cœur s'effiloche de tendres sentiments
Jamais vécus réciproquement
Pendant que la nuit accroche à sa vie ses plus beaux diamants
Au bord de l'étang près de l'eau qui me parle doucement
J'observe la réminiscence de mon amour passé
Repeint douloureusement dans mon âme préoccupée
Un voile de mélancolie enveloppe la Muse de mon existence
Que de contemplations je couvre de silence
Et comme l'orage annonce la pluie
Son image annonce le mauvais temps dans mes yeux sans sursis
Et pareil à l'onde du ciel qui noie les vergers fleuris
Les larmes brouillent et inondent son effigie
Fébrilement empreint de regret ma litanie s'élève comme un cri de mort
Vers les ténèbres inconnues de l'inconscient
Invoquant seconde après seconde ma nymphe indolore
Qui ne cesse de cultiver mon déchirement
Aveuglé par ses promesses et ses regards angéliques
J'eus tôt fait de lui vouer des sentiments séraphiques
Elle étanchait ma soif en m'offrant ses larmes
Et apaisait mon avidité en me dévoilant ses charmes
Elle cicatrisait mes peines avec sa tendresse
Et redessinait le sourire sur mon visage les jours témoignant de tristesse
Simplement sa présence allumait en moi les feux de la sérénité
Qui provoquait l'harmonie avec moi-même et avec le monde entier
Entre ses mains mes désirs étaient comblés
Et ma vie trouvait alors son apogée
Aujourd'hui encore elle est mon obsécration
Que je fais vivre dans mes chimères avec passion ...
... Ce soir-là la lune régentait mes tourments
Elle éclairait le visage d'un homme impuissant
Devant l'Unique et l'Indicible Sentiment ...
LE REVE
Tissu de vie cristalline qu'à son cou ton cœur noue les années
Allonge toi un moment sous un coin ombragé
Qu'importe l'endroit, la distance et l'instant
Si ton fardeau s'est trop chargé au fil du temps
Ne te laisse pas porter par ces heures qui ne cessent de tourner
De toi même débranche l'horloge du labeur
Savoure le temps mort en ouvrant grand ton cœur
Et goûte délicieusement ce voyage que vont t'offrir tes yeux fermés
Etale bien ton imagination en repassant les contours froissés
Et surtout n'aie crainte de laisser glisser ton âme préoccupée
Vers d'autres rivages, de lointaines contrées inhabitées
Où le drapeau de ton invention tu pourras planter
Plus de cloître, ni de préfixes privatifs
Plus de haine, plus de peur, ni de courants négatifs
Car les formes et les normes si tu le désires seront effacées
Tu seras comblé de sérénité et de félicité
Juge et victime tu sauras supprimer les pénitences
Plus de désespoir, plus de violence et de souffrance
Le voyage en vaut vraiment le prix
Ne serait-ce que pour écorcher les jours aigris de ta vie
Dixième planète d'un système soliste
Tu en deviendras l'artiste
Tes besoins traceront les frontières de ton pays évoqué
Que tes envies peupleront de fées élégamment habillées
Gratuit t'aura été ce fabuleux pèlerinage
Eternel culte dont l'imagination en est le rouage
POUR TOI PAPA
Une main qu'on place sur le cœur
Par illusion
Croyant qu'on peut atténuer la douleur
Une main qu'on dirige vers l'horizon
Par dépit
Croyant qu'on peut rattraper
Celui qui est parti
Et une absence précipitée
Bien trop présente
Bien trop vivante
Pour qu'elle ne soit pleurée
Toi mon papa adoré
Toi le mari tant aimé
Toi le frère tant estimé
Toi le gendre tant apprécié
Toi l'ami tant recherché
On va tous te regretter
Je t'offre ces quelques mots gonflés de larmes
En partant tu nous désarmes
Aussi pour tous ceux qui t'aimaient
Cet adieu j'ai voulu t'envoyer
J'ai pensé que tu aurais désiré
Qu'à travers mon poème
Je puisse te redire je t'aime
Je sais... le chemin de la vie est parfois trop court
Mais dans nos coeurs toujours il y a de l'Amour...
MELANCOLIE
J'aimerais fuir ma vie
Comme une brebis fuit son prédateur
Comme les flamants fuient l'hiver
J'aimerais fuir ma vie
Comme l'enfant fuit la nuit
Comme le malade tente de fuir la douleur
Et les matelots la colère de la mer
J'aimerais m'envoler de cette terre
Oublier mes rêves mes espoirs mes Amours
Oublier mes chagrins et mes regrets
Effacer de ma mémoire la preuve de mon existence
Et courir longtemps sans m'arrêter
J'aimerais apprécier le goût de la liberté
Sans pour autant être soumis aux lois de la Réalité
Dans mes veines résonne la mélodie de mon sang
Dans mon corps la mélancolie de mon cœur
Je voudrais pouvoir souffler un moment
Pouvoir arrêter le temps
Et écouter les douces chansons de mon cœur
ELLE
Elle a la peau bronzée
Et le cœur tout entier
Elle a la chaleur d'un soleil d'été
Et la fraîcheur des gouttelettes de rosée
J'aime ses traits fins
Dans l'ébauche du petit matin
Quand de ses douces mains
Elle caresse mon corps fiévreux
De se trouver à deux
Elle est douce et agréable
Tendre et désirable
Telle une gourmandise dont on ne peut se passer
Sans doute est-elle synonyme d'aimer
Puisque à ses côtés
On ne peut empêcher notre cœur de s'affoler
De s'affoler, de grandir et de s'étirer
Il n'existe aucun mot pour en parler
Il suffit d'oser observer
Oser observer toutes les beautés de la vie
Alors on saura qu'elle en fait partie...
L'HOMME
Ne puisse-t-il marquer le sable de son présent
Laisser une empreinte de son vivant
Le monde pourra-t-il conserver une image de son passé
Derrière chaque endroit qu'il a foulé
Pérennité magique au-dessus de sa tête du toit azuré
Ne pourras-tu pas ordonner à tes humbles valets
Aûmonier de la terre asséchée et des journées trop éclairées
De verser quelques larmes pour les jours où il pleurait
Ô mers immortelles ! Flambeau de l'éternité
Vous que le temps ne cesse d'épargner
Gardez de son dernier soupir
Au moins le souvenir
Embrassez tendrement tous ces rochers qui vous gardent vaillamment
Pour évoquer seulement tous ces baisers qu'il donnait passionnément
Et conservez simplement la couleur de ses yeux
Qui vous caressaient lorsqu'il n'était pas encore dans les cieux
Univers qui tourne incessamment, bougeant, avançant sous ses pas
Ne serait-ce que par témoignage de gratification
Sur ton front pâle laisse toi graver son nom
Car ton artisan il a été sans contestation
Il peut avoir aimé et brillé
Sa flamme un jour disparaît
Et quand il doit s'en aller
La moindre des choses est de ne pas l'oublier
Et surtout de crier " il va nous manquer "
LES FEMMES
Toutes aimées, toutes haïes, toutes admirées
Les femmes parfument la vie de leur beauté
Et je ne connais nul homme qui n'en ait point parlé
Sur mille accords différents, avec des yeux souvent baissés
Les coeurs les plus doux les enrobent de tendresse
Les coeurs les plus rudes cachent qu'elles sont leur faiblesse
Les femmes enfantent des amours sans nombre
Que les hommes suivent, ne serait-ce que leur ombre
Fragile colombe blanche ou tigresse affamée
Nos regards d'homme ne cessent de les transformer
A notre guise elles deviennent victimes d'avoir aimé
Et coupables de s'être laissé enjôlées
Elles sont les saisons de la vie
Devenant au gré de leur désir embellie
Rude hiver qui glace les coeurs
Et généreux printemps qui offre ses plus belles fleurs
Des mots qu'elles osent à peine murmurer
Dans une infinie délicatesse que l'on perçoit
Et seulement leur lumière on aperçoit
Baignant notre existence de douceur et de volupté
Du visage d'une mère qui veille son enfant
Au corps d'une amante qui se donne tendrement
Les femmes inspirent l'Amour
Comme les étoiles brillent toujours
Toutes aimées, toutes haïes, toutes admirées
Des femmes sans nombre tous ont été inspirés
Car du jour à la nuit elles sont et resteront ...
... A jamais notre poison et notre passion
L'ALLIANCE
Hymen du désir et de l'envie
Hymen de deux coeurs épris
Deux jeunes corps s'épousent dans la nuit
Déchirement de deux muscles candides
Le blanc s'unit au rouge limpide
Trace de craintes et de peurs
Qui déclarent deux pudiques candeurs
Baignant dans une nappe de sueur
Les fausses manoeuvres s'allient à la pureté
Qu'importe si le mouvement est trop saccadé ou pas assez expérimenté
La légèreté ne réside-t-elle pas dans la sincérité ?
Inviolable moment d'intimité
Sécrétant beaucoup de complicité et de sublimité
Les nouveaux acteurs de la vie
Débordent de passion dans ce trop grand lit
Dernière note d'oubli pour sceller leur harmonie
Et le cri de la joie monte au Paradis
Soirée divine de rondeur coquine
Sur les draps, la première douleur est un signe
Deux virginités se sont volées
Pour se marier en symbiose avec le verbe aimer
Mais dans notre monde trop de péchés
Soulèvent trop de spectateurs parentés
Neuf mois après l'Amour s'est dessiné
On les a condamnés de leur vingtième année
Comble d'un privilège et d'un savoureux sentiment
La souffrance inéluctable s'ouvre les premiers ans
Mais la magie d'un enfant
Eteint les reproches d'antan de ceux qui deviennent grand-parents
Et comme le premier jour, la tendresse s'allie à l'adoration
Hymen de félicité et d'affection ...
ADOPTION
L'aube au sommet des toits commençait à s'étirer
Quand les nuages ébauchèrent des notes de cristal
Sur l'onde blafarde de l'Etang Oriental
Pendant que dans la grande ville la vie se manifestait
Un peu plus loin dans un coin sombre de déchirement
Des mauvais coups du destin imploraient Lucifer impuissamment
Dans les cieux un oiseau de fer brisait le morne silence
Indéniable témoignage d'existences morcelées par le revers de la vie
Qui s'affiche sur des visages maudits
Colorés de résignation et d'angoisses immenses
Des petits yeux éteints scrutaient l'azur craquelé
Et le gros engin défilait telles de vieilles promesses usées
Quand il s'est posé sur cet aéroport oublié
Les enfants ignoraient la raison de sa présence
Pourquoi atterrir dans ce désert affligé envers d'un décor abandonné
Où la détresse pointe son œil en permanence ?
C'est alors qu'un homme apparut
Chacun de ses pas donnait les seuls murmures de vie
Dans cet endroit glacé et perdu
La gorge serrée, les mains tremblantes, les yeux troublés
On lisait sur son visage la compassion et la félicité
Dépeignant un sujet sensible et éprouvé
Il reconnut le petit homme pour lequel il avait signé des papiers
Mais l'émotion couvrait de silence le petit garçon apeuré
Quand l'avion décolla de l'aéroport bousculé
Les autres enfants regardaient s'éloigner la clémence d'une destinée
Ils sont restés là-bas pour attendre le prochain miracle et témoigner
Car les plaies de leur vie mutilée ne demandent qu'à être cicatrisées
ODE A L'AMOUR
De quel légendaire pays proviens-tu
Toi l'extraordinaire sentiment qui éveille et tue
De quelle dimension as-tu été modelé
Toi l'Amour qui est tant convoité
Ton profond regard hypnotise et aveugle parfois
Et tes longues mains jouent avec nos joies
Ton parfum donne l'ivresse et l'euphorie
Que tu verses d'un inégal partage dans nos vies
Et chacun rêve, ne serait-ce seulement
Que le bruit de tes pas d'entendre doucement
A l'entrée de son existence
Pour enfin avoir le privilège de ta présence
Emanes-tu d'une lointaine galaxie
Ou découles-tu d'un fleuve qui jamais ne se tarit ?
Toi, flambeau de l'éternité
Qui vacille tellement souvent
Sous le moindre souffle du vent
Pouvant s'éteindre à tout moment et à jamais
Que tu viennes de l'Enfer ou du Paradis
Qu'importe ! Amour, immense être aux longs bras
Si j'ai entendu le bruit de tes pas
Je ne me plaindrais pas de ta mélodie
Même si je l'espère infinie
Et qu'elle ne joue qu'un instant dans ma Vie
Génie ou messager, qu'importe ! Lucifer ou archange
Qu'importe ! si ton appel est une louange
Un doux chant berçant le cœur
Pour balancer entre deux accords mon Bonheur.