Accueil   Poésie2   Poésie3   Poésie4   Poésie5   Poésie6   Poésie7   Poésie8
Poésie9  
 Poésie10   Poésie11   Poésie12   Poésie13   Poésie14   Poésie15
Poésie16
  Poésie17   Poésie18   Poésie19   Poésie20   Poésie21   Poésie22
Poésie 23   Poésie24   Poésie25   Poésie26   Poésie27   Poésie28   Poésie29
Poésie30   Poésie31   Poésie32   Textes poétiques libres

Poésie

    Bienvenue aux rêveurs, aux poètes et aux amoureux sur cette page de poésie. Leur plaisir commence ici:

     Pour protéger vos textes, voyez notre page : Droits d'auteur

 

"La poésie est aux lettres ce que l'harmonie est aux sons...!"
                                             (D.Laurus,webmaster)

 

A partir de cette page "Poésie" vous pouvez accéder aux autres pages "Poésie" numérotées "Poésie1", "Poésie2", 3, 4, etc...
Vous pourrez utiliser le bouton "Remonter" sur ces autres pages pour revenir à la page "Poésie" présente.

 

Index:
(Cliquez sur votre sélection)
Le bonheur Pierre Clérico, septembre 2000.
La source
Marie-Jo83, août 2002.
Souvenirs Pierre Clérico, 1978.
Triste Pierre Clérico, 1980.
Le gueux Pierre Clérico, 1948.
De l'amour...
Patrick Morisset-Chevalier, juillet 2002.
De la liberté... Patrick Morisset-Chevalier, juillet 2002.
De la rencontre... Patrick Morisset-Chevalier, juil 2002.
Du sourire... Patrick Morisset-Chevalier, juillet 2002.
Les liens Patrick Morisset-Chevalier, juin 2005.
Le réveil de mon coeur Christelle D, juin 2002.
Mon conte de fées Christelle D, juin 2002.
La parenthèse
Christelle D, juin 2002.
Et puis quoi ? Christelle D, juin 2002.
Un voyage  D. Laurus, 1969.
Ode à l'infirmière P. Clérico, 2002.
Yoga
Maurice Roth, 2002.
Donne ton sang
P. Clerico, novembre 1974.

 

 

 

      Dis, Pépé, c'est quoi le bonheur ?

 

            LE BONHEUR 

 

Le bonheur mon enfant, c'est d'avoir des yeux,

Même en vitrine, sous d'horribles lorgnons.

Pouvoir observer sur la fleur un bourdon,

Gorgé de nectar, s'arracher vers les cieux.

 

Le bonheur, mon petit, c'est être fasciné

Par une perle de rosée courant sur le fil de la vierge,

Dans une aube radieuse au soleil qui émerge,

Cordiale promesse d'une belle  journée.

 

Le bonheur, tu sais, c'est pouvoir admirer,

Dans l'azur doré d'un printemps qui s'éveille,

Un magnifique rapace qui de la-haut surveille

Le lapereau étourdi qui a quitté son terrier.

 

Le bonheur, mon garçon, c'est pouvoir arpenter

La garrigue provençale, ta main dans la mienne,

Balade matinale avant que ne survienne

Le vent brûlant au zénith de juillet.

 

Le bonheur, mon enfant, c'est que la pluie tant souhaitée

A fait que la terre craquelée et agonisante

Exhale soudain une odeur douce et enivrante

Pour remercier le ciel de la bienfaisante ondée.

 

Le bonheur, vois-tu, c'est, quand finit l'été,

Cueillir une pomme au sein du verger familial,

L'essuyer sur sa blouse d'un geste machinal,

Puis, mordre à belles dents dans sa chair sucrée.

 

Le bonheur, tu sais, il se trouve n'importe où.

Se coucher dans le pré, écouter chanter l'herbe,

Le souffle du mistral dans le chêne superbe,

Le murmure du ruisseau polissant ses cailloux.

 

Je te souhaite des choses pures, du  bonheur!

Point n'est besoin d'honneurs et de richesses.

Qu'un avenir utopique et de folles promesses

Ne puissent jamais, ô jamais, endurcir ton cœur.

 

            Pierre Clérico  09/2000.

Retour index

            La source.

Bien loin des sapins verts,
Aux portes de l'hiver,
Sur le rocher glacé
Qui lui sert d'oreiller,
S'est endormie Flore
L'ondine aux cheveux d'or.

Par-delà le pastel
Des neiges éternelles,
Son rêve est nivéal,
Irisé de cristal,
Finement dentelé
D'étoiles argentées.

Mais voici tout à coup,
Venant d'on ne sait où,
Peut-être de demain...?
Un parfum musicien
Qui danse dans le vent:
Le retour du printemps.

Ravie, Flore écoute
Et s'éveille, goutte à goutte,
Sautant de pierre en pierre
Hors de son lit d'hiver,
Elle jaillit ce matin
La source de demain!

Bondissant, cascadant,
Avec son coeur d'enfant,
la source aux cheveux d'or
Distribue ses trésors,
Gouttelettes vermeilles!

Pour que vous, coeurs transis,
Assoiffés d'infini,
Renaissiez un beau jour
Au printemps de l'amour,
Vivantes étincelles
De la source éternelle.

            Marie-Jo83, août 2002.

Retour index

            SOUVENIRS

Te souvient-il de notre enfance
Ou nous jouions en bons voisins,
Quand tes parents amis des miens
Riaient de nos chants et nos danses.

Te souvient-il des heures radieuses,
Nos promenades d'adolescents.
Je me montrais entreprenant
Tu me rabrouais tendre et rieuse

Et le jour de nos fiançailles,
Quand nous mangions sous le mûrier.
Ton oncle un peu ivre, après le dîner,
Nous agressait de sa gouaille.

Te souvient-il de nos querelles
A propos de tout, de rien, d'un mot.
Tu pleurais, tu boudais, mais bientôt
Je buvais les larmes de tes prunelles.

Nous avions rêve, pour nos noces
D'aller les vivre à Venise
Tu avais préparé nos valises,
Mais le destin décida autre chose.

C'est alors que je partis pour la guerre,
Défendre la patrie, ça se faisait encore.
Tu écoutais, éplorée, une pléthore
D'arguments auxquels tu ne croyais guère.

Et mon retour, tu t'en souviens?
Après tant d'années de souffrance
Où, prisonnier loin de ma France,
Un matin radieux je revins.

Te souvient-il de notre démence
Quand notre enfant était mourant.
Nous écoutions son souffle haletant,
Priant dieu d'apaiser sa souffrance.

Rappelle toi le bonheur immense
Quand le docteur dit: "il est sauvé".
Tu m'as étreint, nous avons versé
les plus douces larmes de l'existence.

Je pourrais pendant des heures, des jours,
Laisser planer mes souvenirs.
Nos joies, nos peines, nos désirs,
Nos haines, nos enfants, notre amour.

Nous avons été des humains avec leurs rancoeurs,
Leurs faiblesses, leurs défauts, leurs qualités.
Mais chaque fois que nous fûmes éprouvés
Notre amour nous fit sortir vainqueurs.

Tout doucement est arrivée la retraite.
La lutte merveilleuse s'apaise peu à peu.
Nous pouvons aujourd'hui, si tu le veux,
Faire que chaque jour soit une fête.

Dans le doux crépuscule de notre existence
Je préfère, ma douce amie pardonne moi,
Venir m'asseoir sur le canapé près de toi,
Te regarder tricoter dans le silence.

Maintenant les enfants volent de leurs ailes.
La maison et nos coeurs sont nettoyés.
Notre mission fut bien menée.
Nous avons droit aux joies les plus belles.

Notre vieillesse sera sereine.
Nous n'avons fait de tort à nul autrui.
Et quand je partirai pour la grande nuit,
Tu ne pleureras qu' a peine.

Car bientôt tu pourra me rejoindre
Dans ce manoir dont nous avons tant rêvé.
Nos deux coeurs alors retrouvés
Verront l'aube éternelle poindre.

Mais qu'y-a-t-il ma mie, tu pleures?
Tu ne veux pas que je parte sans toi!
Tu étais plus courageuse autrefois,
Quand pour le combat, je quittais la demeure.

Je sais que la vieillesse rend faible.
Elle retire aux âmes la force de lutter.
Mais je veux garder en mémoire celle qui était
L'épouse farouche défendant son nid d'aigle!

Quoi qu'il en soit, le chemin sera plein d'écueils.
Il est normal que je passe avant toi
Pour préparer le gazon et le bois
Et au balcon installer nos fauteuils.

Mais ma chérie, si tu est lasse de m'écouter,
Au fond, tous ces mots ne sont que radotages.
Je vais me taire et rester près de toi bien sage.
Tiens, repose toi, j'allume la télé.

        Pierre Clérico, 1978.

Retour index

            T R I S T E 

Il pleut et grisaille sur la route
Comme il pleut dans mon coeur
Et l'hiver qui n'en finit pas sa déroute
Ravive ma tristesse et ma rancoeur.

L'aube s'est levée, sournoise et mesquine,
Révélant le vieux mur qui se lézarde
Autour des fenêtres un peu hagardes
De la triste maison voisine.

Je pétris nerveusement l'oreiller
De mes pauvres mains douloureuses,
Songeant que l'existence, cette gueuse,
Va m'obliger encore à me lever.

Je jette un regard par la croisée
Et le paysage que je découvre
M'écrase d'ennui et de doute.
Mais quand donc reviendra l'été?

La radio matraque sa publicité,
La rumeur de la rue m'indigeste,
Tandis que je me rase avec les gestes
De la routine mille fois répétés.

La maison est froide et l'air imprégné
D'une odeur d'eau fade et insipide.
En un instant mon esprit dilapide
Mon capital de courage pour la journée.

Lentement je m'habille, sans conviction.
Le travail, le courrier, le téléphone.
Tout ce qui m'attend, toutes ces personnes
Qui chaque jour fixent ma condition.

Je songe, le café brûlant sur les lèvres,
A la maisonnette qui m'attend dans la prairie,
Au creux du ruisseau où j'ai réuni,
Mes espoirs, mes fantasmes et mes rêves.

Je revois, l'été passé, le vent brûlant.
Un court instant j'entends les cigales.
Dans mon esprit furtif passe un dédale
De souvenirs de vacances émouvants.

Je rêve, cent fois le jour, cent fois la nuit,
A cette douce retraite tant espérée,
Où de ce carcan démentiel délivré,
Je vais pouvoir enfin épouser la vie

Le travail libère? Fi quelle infamie!
La liberté c'est ne vivre nulle contrainte,
C'est n'avoir aucune rancoeur, aucune plainte,
C'est vivre ses jours, vivre ses nuits.

Une maisonnette, des amis chers, une famille,
Une vigne, un jardin, de l'affection.
Ni gloire, ni richesse, ni passion.
Du soleil, une table, un rosé pour les papilles.

        P.Clérico, 1980.

Retour index

            LE GUEUX

L'ombre voile mon regard.
Le soleil sur les monts trépasse.
Il est l'heure du renard
Qui, furtif, à l'orée passe.

Dans la douceur du jour qui s'enfuit,
Quand toute chose soudain s'estompe,
Quand l'oiseau, fatigué, gagne son nid,
Je sens en moi la paix qui tombe.

Ce silence me dit des choses inconnues,
Tandis qu'apparaissent à la lune montante
Des chimères naissant dans les nues,
Bêtes fabuleuses, ou faces grimaçantes.

Je veux alors chercher les symboles
De ces vapeurs sombres et éphémères,
Espérant retrouver les douces paroles,
Les baisers, et le visage d'une mère.

Car je suis sans amour et sans demeure.
Les humains ne veulent pas de moi.
Que leur importe que je meure!
Je n'ai été qu'un paria.

Tout seul dès ma plus tendre enfance,
Tiré d'Hôtel-Dieux en orphelinats,
Je vais au hasard des chemins de France,
Pitoyable, crasseux, vers mon trépas.

Malingre, souffreteux, j'erre
Car tout labeur m'est refusé.
J'aurai vécu sur cette terre
De compassion, de charité.

Mais compatir est peu rentable,
Alors, ce soir, je vais coucher
Sous cet arbre vénérable
Et ma besace pour oreiller.

Un doux zéphyr frôle la terre.
L'été est une douce saison
Pour le gueux traînant misère
Qui point n'habite la maison.

Mais l'hiver venu et ses frimas
Auront raison de ma santé,
Comme ce soir, auprès du bois,
J'aurai trouvé, enfin, la paix.

        Pierre Clérico, 1948.

Retour index

           De l'amour...

Heureux es-tu
toi qui as pu approcher quelque chose
de l'amour vrai qui fait vivre,
car l'amour est chose vaste et multiple
et les hommes savent mal distinguer
l'amour qui libère
de celui qui enchaîne
de désir ou de peur.

L'amour peut être force de mort
en ceux qui le cherchent pour eux-mêmes
en attente fébrile,
compensation illusoire
du manque fondamental
et de la solitude.

L'amour qui cherche à posséder
le corps,
l'âme
ou l'esprit
n'est qu'une caricature,
poison,
prison
ou folie.

L'amour possède ce paradoxe
qu'il peut être refusé
rejeté, fui,
par crainte d'être conduit
au-delà de soi-même,
là où il faut jeter le masque,
abandonner les calculs,
quitter ses sécurités
et ses attachements...

L'amour habite dans la confiance,
dans la maîtrise du coeur,
dans la transparence du regard
et la tendresse du geste.
Il passe à travers la douceur,
la patience,
la force,
le respect de l'autre
et l'attention à l'autre.

A partir de tout cela
et dans la conscience humble
de n'être pas grand chose,
l'amour existe,
force de métamorphose,
pour mener plus loin.

L'amour est sourire intérieur
qui déborde jusqu'aux lèvres
et anime le regard.
Il est pardon de paix
pour soi-même et pour tous.
L'amour est joie,
chemin d'harmonie
avec toutes les formes de vie,
le temps d'avant et le temps d'après,
le travail et le repos,
les hommes et les femmes
et les enfants,
ceux d'ailleurs, de l'autre dimension
et ceux d'ici.

L'amour est rencontre
où coexistent tous ceux qui ont étés,
ceux qui seront
et ceux qui sont,
proches ou lointains.

Toi, n'aie pas peur de l'amour.
S'il est exigeant,
il ne fait que te conduire vers toi-même.
Il révèle tes limites
et te découvre ta vérité.
Il creuse en toi le délicat,
apte à percevoir l'attente de l'autre,
sa tristesse
ou son désarroi enfoui.

L'amour transfigure
et fait revivre.
Il trace ton chemin,
ta façon unique d'être.

Il est le secret de toute vie,
le secret de ta vie
qui n'est que rêve
à chaque fois que tu n'aimes pas,
que tu aimes faussement
ou que tu acceptes pour toi
le faux amour de l'autre...

L'amour est don
et il n'y a de don véritable
que dans la liberté profonde de se donner.
L'amour ne se force pas,
ne se regarde pas lui-même,
ne se mesure pas...

Personne ne le possède
entièrement...
Chaque visage en livre quelque chose...
Chaque rencontre l'évoque
et le partage,
mais n'en dit jamais tout....
Retiens bien cela,
pour ne pas être déçu...

L'amour est cette présence intérieure
qui te fait parler à la fleur,
chanter avec l'oiseau
et embrasser la Terre
d'émerveillement
et de compassion...

L'amour est indivisible.
Il dit dans le même mouvement
le juste amour de toi,
l'amour de l'autre,
des autres, et du Tout-Autre.

L'amour est ce qui dessine ton nom...
Quand tu le reconnais,
accueille-le
avec gratitude,
mais ne cherche pas à le garder.
Donne-le à ton tour,
donne-le sans attendre ton tour,
et tu sauras enfin
quelque chose de la joie suprême...

             Patrick, pmc1mail@aol.com

Retour index

            De la liberté...

Pourquoi, à la vue de ce mot,
cette ride sceptique sur ton front,
cet air désabusé ?
Pourquoi n'est-ce que rêve
et chimère ?

Tant de choses semblent
dans notre monde
niveler, étouffer...
Où est l'espace où te trouver ?

Si tu aspires à devenir toi,
si tu aimes à te croire libre,
romps avec ce qui te pèse
et cherche au centre de ton être...

Tu côtoies la surface des choses
et l'extérieur des autres...

Dans la mesure où tu restes dans les prisons
de l'apparence,
du facile,
de l'immédiat,
du crédule et de l'illusion
du trop quotidien,
tu es lieu de beaucoup d'influences,
d'hérédité,
de milieu,
de mode et de culture,
d'orage et de pluie
ou d'astres, que sais-je ?

Ta liberté n'est pas de subir,
de constater,
de ressentir,
mais de faire tiennes ces forces qui te composent
en les reconnaissant,
en les intégrant,
en les discernant,
en les aimant,
parce qu'elles sont ta terre...

Tu ne peux grandir vers la lumière
qu'en y enfouissant tes racines.

Tu crois trouver ta liberté
en agissant selon ta volonté,
en échappant à la contrainte
des autres,
des choses,
du temps,
du travail.
Tu acceptes juste de les effleurer
pour correspondre à ce qui t'est imposé
et vite, tu fuis ailleurs, dans l'ailleurs
sans laisser ta vie être complice,
être habitée
de ce que tu fais.

Mais ta liberté n'est pas dans un agir
à moitié consenti
ni dans la succession sans fin
des occupations.
Elle est responsabilité intérieure
et grandeur divine
au coeur de ce que tu vis.

Si ton âme est en écoute de l'instant,
en silence,
en accueil,
quel que soit le poids de ton passé,
de ton tempérament,
de tes blessures,
de ta solitude,
quel que soit ton manque de temps
et le nombre de tes activités,
tu peux choisir de vivre
la colère ou la douceur,
le jugement ou l'excuse,
le confort ou le risque,
la clarté ou le flou,
la décision ou l'abandon,
tu peux céder à la peur
ou à la confiance,
tu peux chanter ou critiquer,
tu peux aller vers les autres
ou te réfugier dans ton devoir,
tes certitudes,
ta souffrance
ou ton indifférence.

Tu peux faire juste ce qu'il faut
ou t'engager dans ce que tu fais
comme si tu n'avais que cela.

En toi est ta liberté.

C'est à toi de te rendre libre,
seul sentier d'exigence intérieure
pour ceux qui attendent tout de toi.

C'est à toi de choisir,
dans les circonstances de ta vie,
ce qui te referme, te retient
ou ce qui ouvre tes cachots,
t'affranchit de tes démons,
te lève de tes tombeaux.

Partout, tu es libre d'un sourire,
d'un regard,
d'une parole qu'il est important de dire
ou de taire.

En toi est ta liberté.

Si tu rencontres quelqu'un
qui ne soit pas attaché
à ses idées,
à ses objets,
à son temps,
à ses sentiments,
à sa vertu,
parle-lui.
S'il a en plus la joie contagieuse
de l'élan intérieur,
c'est qu'il est libre.

            Patrick, pmc1mail@aol.com

Retour index

            De la rencontre...

L'amour d'amitié est parfois comme une rencontre
où deux êtres qui se connaissent
ou ne se connaissent pas
se reconnaissent.

C'est comme si deux vécus
se sentaient implicitement tendus
vers la même direction,
riches d'expériences proches.

C'est alors une fête,
comme un câlin de tendresse,
où chacun se sent compris et fortifié
dans ce qui habite sa vie.

Cet échange au plus intime de l'être
est tel une source fraîche sur le chemin.
Chacun est au-delà de sa mesure
réconforté, rassasié de plénitude,
pour repartir vers l'ordinaire de la vie
un peu renouvelé.

L'amour manifesté dans ce partage
est incompréhensible à l'oeil de chair
et lui est obstacle.
L'homme juge des choses selon son regard
et seul le regard qui sait aimer est pur.

La rencontre est un don de passage.
Il faut la cueillir, la garder en soi
mais ne pas s'y laisser enfermer.
La rencontre est occasion de gratuité.
Y chercher autre chose expose à l'échec
et à la déception.

Elle peut se renouveler
ou n'exister qu'une fois,
mais elle subsiste comme le souvenir
de l'aurore en montagne
et transporte l'esprit.

La rencontre est communion,
elle n'est pas fusion.
Chacun y reste soi, unique et différent,
libre de diverger.

La rencontre n'est pas une fuite
mais une pause pour la marche.
Elle est un lieu de mystère
ou se vit comme un écho
d'une relation d'éternité.

Loin d'une sentimentalité,
elle est ce côtoiement de complicité
au-delà du sexué,
au-delà de l'âge,
au-delà de l'espace et du temps,

qui donne à chacun
de s'avouer vulnérable,
de consentir à s'appauvrir de ce qui encombre l'âme,
d'écouter les notes de la vie
et d'entourer d'affection
les autres de chaque jour.

Seuls ceux qui vivent déjà cela
à l'intérieur d'eux-mêmes
peuvent ainsi expérimenter la rencontre
et leur joie est un chant.

En eux l'amour est force,
désir de lumière,
clarté de l'agir.

Alors, l'Enfant éternel les habite
et les accompagne
sur les chemins de la fidélité à soi-même....

              Patrick, pmc1mail@aol.com

Retour index

            Du sourire...

Il existe un sourire des lèvres
Et un sourire des yeux...

Il existe un sourire du coeur
Qui transparaît dans les deux...

On peut vivre le sourire intérieur
Dans sa vie,
Face à l'instant qui vient,
Comme une harmonie de l'être...

On peut donner le sourire
Pour dire à l'autre
Son importance,
Pour l'aider à quitter ses peurs,
L'apprivoiser,
L'écouter...

On peut recevoir le sourire
Comme une invitation à s'ouvrir,
Comme une tendresse
Absente de tout jugement,
De tout à priori,
Et on renaît à la vie...

On peut partager enfin le sourire
Comme un mystère,
Une présence cachée
Qui réchauffe de complicité
Ce qui est en nous, et entre nous
Sacré...

Il y a des sourires morts,
Factices, convenus...
Et d'autres empoisonnés,
Moqueurs, assassins...

Il y a le sourire barrière
Qui maintient à distance...
Mais là où le sourire
Atteint à l'apogée,
C'est quand il devient geste
Et disparaît à la vue,
Dans l'étreinte de l'affection simple
Où se vit la confiance...

Il y a des sourires tristes
Où l'esprit bute à l'impasse
Et le coeur à l'angoisse,
Sourire résigné au non-sens,
A la désespérance,
Que la douleur submerge.

Mais si dans un sourire,
Un jour,
Tu vois l'âme de l'autre
Affleurer,
Laisse-le en toi s'épanouir,
Laisse-le te guérir,
Laisse ton regard être allumé,
Etre ré-animé
Et ne le laisse pas partir
Avant de l'échanger...

C'est ton nom, alors,
Qui est prononcé,
Séduction de liberté,
Appel à être relié
Pour réapprendre à t'aimer,
A aimer, à aider...

Le sourire de l'autre,
Si tu sais l'accueillir,
Te parlera des horizons
De ton âme
Pour te révéler
A ta joie...

            Patrick. pmc1mail@aol.com

Retour index

Les liens

Il y a selon la formule connue,
Les liens qui lient,
Les liens qui délient,
Et les liens qui relient.

***

Les liens qui lient,
Sont ceux qui viennent
D'avant nous, de l'enfance,
Et de nous-mêmes.

Ils sont ceux qui,
Intérieurement,
Nous maintiennent dans nos peurs,
Dans nos manques,
Nos attentes,
Nos rigidités,
Nos censures,
Nos conflits enfouis,
Nos colères inavouées,
Et nos incohérences.

Ils sont l'émotionnel qui submerge,
Ou bien la protection qui stérilise ;
La fuite dans l'agir incessant,
L'illusion de la compensation,
La préférence du bruit, du mouvement, de l'agitation.

Ils sont dans la relation
Aux parents ou à l'autre,
Fusion, appartenance,
Pression, menace ou chantage,
Culture du reproche ou du remords,
Amour sous condition, jaloux
Méchant ou exclusif.

Ils sont séparation des autres,
Et donc de nous-même ;
Fascination ambiguë et refusée
De l'échec,
De la culpabilité,
De l'errance,
Du rejet,
Ou de la trahison.

Ils sont la perte de l'espoir
Le regret d'exister
L'impuissance de soi et des autres.
Le repli solitaire
Et le mauvais silence

***

Les liens qui nous délient
Sont ceux qui par un lien du coeur
Ajusté et gratuit
Permettent justement le lien
Entre notre présent et notre passé,
Entre nous et les autres,
Entre soi et l'autre.

Ils sont d'abord un cri
Appel
Tentative incrédule d'ouvrir un avenir
À travers une écoute,
Un geste de tendresse.
Puis c'est l'épreuve du temps
Confrontation à soi
Où naissent des démons inconnus
Qui nous laissent victime de nous-mêmes
Bien autant que des autres.

Quand alors nous devenons aptes
À lire en nous l'enfant,
A percevoir tout ce qui réagit
Sans notre consentement,
Tout ce qui pleure,
Se ferme,
Ou bien reste pétri de démesure ou de répétition,
Les noeuds de nos liens
Doucement se distendent.

Le choix de l'inconscience
A ce point du chemin
Resserre nos entraves.
Il ne s'agit pas de compliquer,
Mais d'éveiller.

Seule l'émergence du non-conscient
Du blessé,
Du faible,
De l'angoissé,
Du vulnérable,
Peut faire que l'autre ne soit pas réduit
À l'erreur insatiable de nos besoins
Condamné à combler nos béances
Et à l'impossible mission
De nous réparer.

Seul le lien d'un amour authentique
Intimement proche
Mais absolument libre
Peut réconcilier avec ses propres ombres
Unifiant l'âme de vérité paisible
Au lieu de rejeter, nier, effacer,
Ce qui de soi n'est pas supporté.

Les liens qui délient
Sont donc ceux qui par un regard-sourire
De douceur et de force
Sécurisent et libèrent.

Permettre à la douleur
De gagner les mots,
Et à la compassion
De se faire geste.
Apprendre à être aimé, à n'être pas jugé
Apprendre à se livrer, et se voir respecté,
Admiré, consolé
Apprendre à se sourire, à soi-même,
Par la dignité que l'estime de l'autre
Reconstruit en ébauche.

Les liens qui délient
Éclairent sur la façon dont nos conditionnements
Contrôlent en aveugles nos choix
Et règlent les comptes de nos humiliations
Et de nos abandons.
Ils restaurent la confiance
Écoutent, reconnaissent
Approuvent, accompagnent
Croient et s'émerveillent.
Ils ouvrent au chant d'un demain,
À la joie surprise d'un nouveau.

***

Les liens qui relient
Sont ceux qui par l'acceptation
De ce qu'on est
En totalité
Dans son passé et son présent
Dans son intime et son publique
Permettent l'harmonieuse unité de soi.

Ils sont ceux qui ne font plus dépendre de l'autre
Mais se nourrissent d'une présence libre à l'autre
Proposant un amour d'échange, de don, de rencontre,
Sans le fausser ni le pervertir
Des besoins de soi.

Les liens qui relient
Sont des allers-retours
Pour réunir le séparé
Pour unifier
Pour recueillir ensemble
Ce qui fait l'identité
Dans sa lumière.
Ils sont faits pour délivrer.
Délivrer,
Qui signifie à la fois
Libérer
Et donner
Essence de l'amour.

Les liens qui relient
Sont ceux qui ouvrent au monde,
À l'appel d'aller vers soi
À l'attention de l'instant
À l'écoute de l'enseignement subtil
Que l'événement du quotidien dispense
À l'oreille de l'âme.

Les liens qui relient,
Sont ceux qui permettent
De laisser la maîtrise de sa vie
Au mystère de ce qui nous dépasse et nous guide
Dès que nous acceptons de lâcher prise.

Ils sont un clin d'oeil englobant
Au plus loin,
A l'autrement,
Au différent,
Tout en portant une exquise attention
À chacun
Dans le divin qui gît en nous
Comme une source fraîche
Et un câlin débordant de suavité.

Patrick, Juin 2005, pmc1mail@aol.com

Retour index

            Le réveil de mon coeur

J'ai déposé des fleurs sur la tombe de mes erreurs.
Je me suis recueillie sur mes regrets, mes peurs.
J'ai brûlé un cierge sur l'autel de mes frayeurs.
J'ai prié sans relâche le retour du bonheur.

J'ai rangé la maison, nettoyé tout à fond.
J'ai mis une belle nappe, disposé quelques bougies.
Le vin est au frais, le repas prêt à être servi.
Quelques fleurs parsemées, le bouquet est joli.

Je me suis parfumée, maquillée, pomponnée.
D'une robe habillée je vais te vamper.
J'ai débranché le téléphone, mis le répondeur,
Coupé toute relation avec l'extérieur.

Je veux me consacrer à ton bonheur,
T'attendre et te faire honneur.
Ce soir tout est permis.
Viens, rentre mon chéri….

Retour index     

            Mon conte de fées

Mon conte de fées à moi
Serait de rencontrer quelqu'un de droit,
Capable de s'investir si je lui plais,
De ne pas me mentir, d'être vrai,
Capable d'aimer sans jouer,
De montrer à quel point il est doué
Pour me seconder et m'épauler

Je ne demande pas qu'il soit beau,
Mais qu'il ait de la personnalité.
Je ne demande pas qu'il soit riche,
Mais qu'il sache se débrouiller.

Un être de bonté et de sensibilité,
Un brin cultivé,
Qui sache m'apprécier

Quelqu'un que je puisse aimer, adorer, vénérer
Pour ce qu'il est,
Pour que je sois
A nouveau moi

Ce n'est qu'un conte de fées
Tout compte fait...

Retour index

            La parenthèse 

J'aime me montrer exigeante envers toi.
J'ai besoin de te parler, de sentir ta présence,
Savoir que je t'attire.
Je te demande beaucoup.
J'aime cette relation.

Pourtant je ne veux pas que celle-ci perturbe ma vie.
Tu es ma parenthèse,
Mon souffle de douceur, de complicité,
Mon à -côté.

Je ne pourrai pas assumer.
Certainement pas comme tu aimerais.
Je suis juste une parenthèse,
Un souffle nouveau, des instants de bonheur et de ferveur.
Ne pas perturber ta vie.

Seulement être à côté.

Retour index

            Et puis quoi ?            

C'est une joie pour moi 
De penser à toi.
Aussi loin de toi 
Tu es près de moi.

Et puis quoi

Nos chemins se croisent,
Nos deux vies se toisent.
Je ne crois pas au hasard.
Tout est si bizarre.

Et puis quoi, quoi encore ?
Viens vers moi, dis-le moi.

        Christelle D, juin 02, Aire sur la Lys. ktelle62@aol.com 

Retour index

            Un voyage

On traverse des ponts, des rivières et des champs
Et l’on voit défiler des spectacles charmants.
L’été, comme l’hiver, nous proposent les charmes,
Même si l’on s’en va avec un cœur en larmes,
D’une nature ardente, pleine de féerie
Ou bien de terres et d’arbres d’où les fleurs sont parties.
Et ce sont bien souvent les mêmes paysages,
Aller ou bien retour, lorsqu’on est en voyage,
Qui s’offrent à nos yeux, quelles que soient nos pensées
Vagabondant au loin, tout le long du trajet.

A la belle saison, on doit fermer les yeux
Contre l’aveuglement d’un soleil trop radieux.
Mais défilent les heures et le soleil s’en va.
On approche du but, on reconnaît par-là
Ce château, son étang, ce village isolé
Tout au creux d’un vallon, auprès d’une forêt.
On reconnaît sans mal, en haut d’une colline,
La ferme et puis la grange, au bord d’une ravine.
On se rappelle aussi de ce petit clocher,
Là-bas, un peu plus loin, derrière les peupliers
Que l’on trouvait si beaux, caressés par le vent,
Ce jour-là d’un voyage où il y en avait tant.
Mais lorsque vient l’automne, puis la neige et le froid,
On ne reconnaît plus certains endroits, parfois.
Et pourtant tout est là, simplement transformé,
La terre devenue blanche et les étangs gelés.

Lorsque le train arrive à la fin de sa course,
Qu’il ralentit en gare où les wagons se poussent,
Et freine dans un bruit de fer ou mieux d’enfer,
Enfin s’immobilise, je reprends mes affaires.
Je saute sur le quai tout givré et tout blanc,
Hélas, ne vois personne qui guette ou bien m’attend.
Je quitte alors ce monde si vaste et si troublant
Des voyages et des trains, et c’est là que je prends
Le taxi qui achève une odyssée sans gloire
Et m’emmène sans bruit, du moins le veut l’histoire,
Vers la petite place derrière la cathédrale,
Auprès du petit square, dans cet endroit si calme
Où des amis m’attendent sans savoir que je viens
Et qui m’accueilleront sans me demander rien,
Parce que depuis toujours ils me connaissent bien
Et savent combien j’aime cette ville : Moulins.

Retour index

                     Ode à l'infirmière

         Quand je vis le jour, dans la douleur maternelle
         Heureux évènement, ne dit-on pas ?
         Une dame aussi douce,  que blonde, que belle
         Me donna mon premier baiser... c'était toi !

         Quand plus tard, terrassé par la stupide guerre
         Perdant mon sang, grimaçant de douleur et d'effroi
         Je sentis soudain une main douce et familière
         Eponger mon front glacé, c'était toi !

         J'entendais, comme en rêve des mots pleins d'espérance
         Moi qui croyais passer de vie à trépas
         Ils disaient l'avenir, la guérison, la délivrance
         Ces paroles de résurrection, c'était toi !

         Puis un ange a entrepris ma convalescence,
         Pétri de générosité, d'amour, et de foi.
         De ce passage douloureux de mon existence
         Il me reste un blond souvenir : c'est toi !

         Aujourd'hui ma compagne est souffrante
         Et toute mon affection n'y suffit pas.
         La tristesse, le désespoir la hantent.
         Alors, confiante, elle est venue vers toi!

         Et tu la soignes avec tendresse,
         Mieux ! tu lui redonnes la joie.
         Ton équipe, dévouée, fait des prouesses.
         Sa rémission, demain,  ce sera toi !

         Que tu sois la sœur Thérésa de l'indien.
         La Geneviève de Gallard du soldat.
         Que tu sois modeste assistante du médecin,
         Partout ou des êtres souffrent, tu es là !

         Et quand  ma poitrine perdra son dernier souffle.
         Quand mon sort  sera fixé pour le trépas,
         Soudain libéré de mes passions et de mes doutes,
         Alors bienveillante et fidèle, tu seras là !

         Deux perles de rosée glisseront, furtives, sur tes joues.
         Tu éprouveras un instant, une sorte  de chagrin.
         Quelques nuages, voileront ton regard si doux...
         Puis, obstinée, tu dispenseras à nouveau tes soins !

Retour index

            Yoga

Je viens ici pour écouter.
Je n'y entends que ma voix intérieure.
Une voix plate sans écho.
Je rampe vers mon coin-yoga.
Assis , la position du  lotus,
Les jambes croisées,
Je commence mes exercices respiratoires.
Je purifie mes pensées,
Mon esprit se vide,
Je m'enfonce,
M'enfonce jusqu'à disparaître.
Je suis à la fois en haut, en bas,
Recouvert par l'ombre de moi-même,
Une ombre évidée, limpide.
C'est moi.
Je me reconnais.
Au dessus de moi, une ombre noire,
Elle vient de mon passé.
Celle du grenier?
Celle noire et épaisse, sans forme et sans croix?
Est-ce mon corps qui vient de me quitter ?
Il descend en glissant,  lentement,
Nu et limpide, il me quitte.
Pour un temps indéterminé,
Une  minute, deux,
Et revient vers moi...........

Retour index

             Donne ton sang
 
 Si donner la vie te rend heureux,
 Que tu sois humble ou puissant,
 Fais ce geste généreux :
 Ami, donne ton sang !
 
 Pour le bambin, victime du chauffard
 Qui fut heurté en traversant,
 Que ton flacon n'arrive trop tard
 Ami, donne ton sang !
 
 Pour le grand brûlé qui se meurt,
 Geignant, difforme, sur son lit blanc
 Auprès de son épouse vide de pleurs
 Ami, donne ton sang !
 
 Pour la victime de la route
 Qui, dans le stupide accident,
 Va perdre la vie sans doute
 Ami, donne ton sang !
 
 Pour le malade, pour l'opéré,
 Pour que revive le mourant,
 Pour celui que la vie va quitter,
 Ami, donne ton sang !
 
 Pour le docteur, pour l'infirmière,
 Qui sans toi seraient impuissants.
 Pour que la douleur soit éphémère,
 Ami, donne ton sang !
 
 Malgré les puériles mystiques
 D'un monde lâche et  décadent,
 Malgré les folles politiques,
 Ami, donne ton sang !
 
 Malgré la société veule et égoïste
 Qui court après le profit et l'argent,
 Malgré les déchaînements racistes,
 Ami, donne ton sang !
 
 Jaloux de l'amitié qui nous unit,
 Heureux de cet enrichissement,
 Fiers de redonner un peu la vie,
 Nous sommes donneurs de sang !

Retour index