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Sa
voix parlait à mes anges Jean-Sébastien Loygue,
janvier 2006. |
- J'entends pour la première fois la voix de Raphaëlle à la sortie d'une boulangerie ! Mauvaise gestion de mes revenus de mousse. Je crève la dalle. Dès qu'une fille qui a l'air gentille sort du magasin où elle a fait ses courses, je la blague. Je me rapproche.
Je brise un quignon du pain qui dépasse de son cabas. Je m'enfuis. Voilà pour le quotidien. Pourtant, cette fois, une voix me rattrape. Je reste scotché à dix mètres. Je suis stoppé net dans mon élan.
- Dis ton nom, si t'as faim, beau garçon !
Comment décrire ce moment, mes enfants ? Où le son et le sens ne font qu'un ? Où il y a tant de sincérité dans l'hologramme étrange d'une autre personne? Sa voix parlait à mes anges.. Vous comprenez ?
Au mot ange, Alix s'est levée. Elle a fait le tour du feu au ralenti, son violon à l'épaule, sur lequel se couchait sa joue. Pendant que François, Gaëlle, Réza, Judith et moi, entonnions " Diu vi salve Regina ".
" Mi-gris " poursuit, à la pause :
Le boulanger de ce matin là, je lui dois beaucoup, vous savez... Souvent, depuis, je pense à lui. Il est emblématique de celui que l'on surprend parfois, sous lumière d'ampoule tôt le matin. Cela vous est arrivé, n'est-ce pas ? Tous les baladins partagent une même mémoire du pain le matin, je crois..
Du coin de l'œil et par un soupirail, nous entrons dans sa nuit du fournil où les chattes reviennent se faire pardonner d'être aimées. C'est bien ça ? Il brasse sur sa poitrine vingt kilos de sa pâte enrobée d'une farine qui s'envole. Elle est là pour que pâte ne colle les bords béants de sa huche d'ogre.. Vous me suivez ?
Il faut qu'il y aille de son buste pour étreindre et retourner la gaude avant que les hélices de son pétrin ne prennent la relève. Pendant souvent plus d'une heure, il la palpe ainsi avec un mélange de puissance et de douceur qui, à force d'embrassements, de renversements, de coups de poing qui dispersent le ferment dans la masse, font s'envoler la fécule sèche jusqu'à ses sourcils.
Les bons boulangers,
dans la lumière jaune d'avant le matin qu'on leur vole
sous l'ampoule où la chatte revient,
avant que vous n'en croquiez le pain,
ils ont les cils blancs,
même les bruns.Au bout du compte, grâce au pétrissage patient du levain, grâce aux " couches " aussi, car depuis elles dans la pâte fraîche montent les moisissures des précédentes levures, nous avons des miches qui tiennent la semaine leur rôle d'aliment à soi seul.
En tous cas, moi je dois à mon boulanger d'un matin de gosse la voix de Raphaëlle et l'histoire que voici...
*
- Un an plus tard, je descends d'un bateau. Elle m'attendait sur le quais : " Je t'ai fait un cadeau.. "
Je la regarde. Elle précise :
- Pas maintenant.
Nous partons au terrain d'aviation. Nous nous allongeons dans l'herbe. Je pose ma tête sur son ventre. Il se soulève avec sa respiration. Ses doigts font des reconnaissances dans mes cheveux.
Armures dures, les ongles, non ? Mais radars délicats. Les terminaisons de nos doigts sont de la chair proche de la lèvre, mais aussi de la corne qui vibre. Vous ne trouvez pas ? Elle continue de pousser ses griffes quand nous sommes morts. Vous le saviez ? Bien sûr.
Pour saisir encore ? Griffes, ergots, serres, sabots, dit le dictionnaire des synonymes. Ongles que l'on rogne quand l'avenir se renfrogne. Ongles qui jonglent avec les boucles. Ongles à la commissure de la bouche et du sexe.
Nous avons du mal, nous, en tous cas, à nous re-décomposer les courants. Nous nous relevons pourtant. Nous laissons derrière nous les gros avions. Ils s'endorment sur la piste, sans prédateurs, le ventre rond.
Douceur des tissus, velours de son pantalon. Il est envahi par son odeur. Laine pourpre sur ses seins. Avec encore un peu de poil de chèvre qui dépasse entre les mailles. Ivresse à deux pattes chacun, divin du quotidien.
*
- Très tard, Raphaëlle m'entraîne jusqu'à la cathédrale, côté travaux. Une haute palissade isole le chantier. Une lourde porte en planches permet de la franchir. Nous la soulevons.
Derrière la clôture, on voyait assez bien grâce aux lampes pâlottes sous bulbe jaune de la place. Plus citrouilles allumées que véritables luminaires, d'ailleurs. Poésie ? Certainement. Mais éclairage, pas sûr ! Vous me direz que qui ne doute de rien ne voit rien.. J'en suis d'accord..
A l'époque, les phares des voitures sont plus hallucinants qu'éclairants. Qualifions-les d'Hallowiniens si vous voulez. La nuit reste un moment de la vie dédié aux bougies. Chaque alvéole ou balayement de phare s'y aventure en incise incertaine. Il y a des globes glauques en haut des lampadaires Napoléon III.
Les hésitants parcours des lanternes des automobiles progressent avec devant elles deux falots sous-marins. Les véhicules hoquettent. Leurs filets de lumière se perdent dans le premier flou d'un crachin ou d'un cahot.
Les halots blonds autour des réverbères s'y donnent comme pour une fête, oui, mais entre amis, peu nombreux. Ils vont du faible au modéré sans jamais atteindre l'intense. Nous restons en bonne compagnie, de la sorte, mais c'est celle de " happy few ".
D'ailleurs, on entend les grincements courageux des boites à vitesses, les montées en régime des moteurs dans un noir épais qui luit la rue. Serait-ce pour venir nous voir ? La solitude a des amis dans le noir..
Derrière la barricade, soudain on ne distingue plus rien ! Nous venons de refermer le piège sur sa surprise. Raphaëlle connaît. Elle s'oriente à l'estime. Moi, je trébuche sur un tas de sable que les pluies d'hiver ont tassé. Le chantier est abandonné. Fâcheux présage..
En levant le nez, je vois grimper des échafaudages vers le chemin de ronde. Soixante mètres vertigineux de perches verticales boulonnées à des longerons ! Des barres horizontales mordent les verticales. Et tout cela monte comme la petite bête qui chatouille le pointu de la bonne fée de la ville.
D'en bas, ça fait drôle et j'imagine que d'en haut, ça fait peur… Pour le " cadeau " promis, il faudra revoir la copie. Le bon choix est de se réveiller, tant qu'il en est temps, de pareille histoire à dormir debout. Hélas ! Raphaëlle lève ses bras vers une minuscule échelle de fer par laquelle commence l'ascension.
- Aide-moi, Naguère..
Sa voix intime, immine, ordonne. Elle me désemprisonne de chez les sauvages sous Magellan.. Elle me libère des remous lent, sous Tibère, des rames amères et des coups de lanières sous Trajan..
J'obéis. Je m'accroupis. Je la soulève. Ses petites mains saisissent le premier barreau du mécano. Elle se hisse. Son pantalon glisse, avec son odeur de forêt. Elle se tire et je la pousse.
Mais ils sont tellement minces, ces petits barreaux que juste bon à donner des crampes dans les doigts. Nos mains ont besoin de vraies hanches pour la caresse, de vrais manches pour les cognées. On n'a pas les poignes faites pour le mikado. Elles vont aux bâtons des pioches. Vous ne croyez pas ?
- Plus haut, Naguère.. !
Un instant encore, puis elle ne pèse plus.
- Tu viens ?
*
Judith plonge sa main dans sa poche aux lettres closes de son père. Elle en ouvre une. Elle se rapproche du feu pour la lire. Celle qu'elle déplie dit :
- Judith, ta maman et moi, nous nous sommes aimés. C'est pour ça que tu es née. Le besoin d'une enfant sous la tente pour faire applaudir l'otarie ? Non... C'est toi que nous voulions… La seule chose qui compte pour moi, aujourd'hui que " Pipo " s'en va, est de te voir atterrir en terre d'origine, enlever ton casque d'aviateur, ouvrir ta combinaison de vol et revenir à la maison qui s'envole ...
La lettre, une fois ouverte, traîne là. Le feu n'est pas loin. Est-ce pour lui donner une chance d'y glisser que Judith la laisse à terre ?
*
- Et cette bon Dieu d'échelle qui crie aux jointures pour nous avertir. Nous allons nous tuer ! Poursuit " Mi-gris "
- Tu suis ?
- Dix mètres plus haut, l'étroite échelle de fer s'arrête enfin ! Perplexité. On redescend ? Non ! Le jeu géant nous aspire dans sa logique. L'enfant qui a reçu pareil présent pour Noël, il a poursuivi son montage jusqu'aux nuages.
A présent, Raphaëlle a devant elle une planche horizontale épaisse, longue de six mètres. Elle pose le pied sur ce support qui pourrit depuis vingt ans. Elle s'avance vers son extrémité, lentement. La planche fléchit. Quand ce sera mon tour, il s'en faudra peut être d'une différence de poids pour qu'elle craque.
Six mètres après, nouvelle échelle. Elle repart en biais. Elle revient au-dessus de moi. Le gosse du mécano n'a pas changé sa méthode pour atteindre le sommet de l'œuvre. Un coup à plat, la planche pourrie, un autre pour l'hypoténuse : une échelle mangée par les vers !
Nous abordons la portion zig-zag de la " surprise " de Raphaëlle que j'adore. Que je maudis..! Lorsqu'elle parvient au milieu des planches qui ploient, elle écarte ses bras pour faire balancier. Des fois.. Des fois que quoi ?
- Ohé !
- Et un, le madrier qui fléchit, et deux, l'échelle qui vacille. Les coups d'œil sont rares, je vous le dis ! Ils ne voient que le vide ! Je respire autrement. J'ai l'impression que c'est le vide qui me respire.! Comme flocon, je me sens bien. Mais comme jeune homme ce n'est pas ça ! La lune, là, merci pour l'éclairage ! Au moins, grâce à elle on sait pourquoi on a peur.
Soixante mètres plus haut, l'échafaudage s'achève brusquement au ras d'un chemin de ronde. Il est bordé par une margelle de pierre. A partir de là le toit de la cathédrale commence. Nous sommes parvenus aux gorges du pire
Raphaëlle saisit d'une main, à ses pieds, le haut de l'ultime segment de tuyau vertical. Il faut sauter depuis le gruyère jusqu'à la pierre. Elle s'envole. Elle atterrit du côté promenade de l'aventure.
- A toi, Naguère.. !
- J'y parviens ! Puis je contemple le montage du gosse : un vide haché par des traits de crayon noir : Tchac, Tchac, les planches. Zig, Zag, les échelles. Si tu te rates à l'envolée, tu te gommes du dessin de l'artiste à l'arrivée. Epreuve dédicacée : voyez les signatures dans le tas de sable au bas du tableau.
Il faudrait être duvet pour s'imaginer planer jusqu'au sol : un coup en avant, un coup en arrière. Et avoir le temps pour soi pendant la chute comme nous avons tous vu déjà des feuilles faire, ou des totons de tilleuls..
*
- La ville n'a pas une seule fenêtre d'allumée, mes enfants ! Pas une ! Reprend " Mi-gris ". Qui peut bien s'imaginer que nous sommes là ? Raphaëlle longe le passage piéton du feston qui couronne le toit pointu.
Soudain, à droite, une échancrure dans la toiture que nous révèle un courant d'air. Elle donne accès à l'intérieur. Des chauves souris nous frôlent en en sortant. Sous la charpente sans fin règnent à présent le silence et l'obscurité.
Nous pénétrons au coeur du mystère de l'abbatiale, dans son fossile. Dans quelque chose dont seuls les archéologues et les charpentiers qui comprennent les dessous des formes perçoivent la structure.
Après quelques minutes, nos yeux perçoivent mieux. Grâce à un reste de lune tombé d'une ouverture en haut d'un escalier en bois massif.
L'herminette y est peu passée. Il enlace un ouvrage de poutraisons dressées pour supporter un phénoménal bourdon. Non loin de lui, une collection de cloches de carillon sur un petit promontoire en plein air.
Le bourdon de la cathédrale de Raphaëlle
est aussi haut qu'un éléphant d'Asie
à la lumière de bronze pâli
comme les oublis de la mémoire.Sidération, admiration et tout de suite une envie : saisir son battant pour faire vibrer la corolle de la cloche colosse. En me penchant, retenu par une main à une ferme, je l'atteins. Au grand désespoir de Moïse qui se désenchante de constater que l'exploit ne figure pas sur son rôle mais sur celui d'un marin sorti de la mer, sous un toit de basilique en forme de nef à l'envers.. Dans quelle époque vivons-nous ?!
Je pousse du bout de mes doigts le pistil de la fleur la plus étrange qu'ait coulé l'homme pour entrer en vibration avec la création. Il réagit à peine. Je me reprends. Je me re-penche. Il me la joue parcimonie de monstre que l'on ne réveille pas sur un caprice de jeune homme en pleine nuit
Et puis de nouveau, Han ! Jusqu'à ce qu'il pendule, recule, finisse par frôler son globe comme un rhinocéros daignerait reconnaître qu'un pique bœuf lui gobe un parasite à l'oreille. Hé bien ! A le sentir effleurer le bulbe gigantesque de sa couronne, je peux vous le dire : ça promet !
Lorsqu'il atteint enfin son globe monstrueux, c'est pour lancer la plus formidable puissance du bronze. Une note grandiose épaissit l'air. Elle s'y installe. Elle l'envahit. Elle le dilate. Elle le forme. L'espace et le temps naissent en même temps. L'onde est devenue monde, au bruit magique que je forge : " Baooaaaoooaaaoooommm.." !
*
- Retour extérieur nuit. Poursuit " Mi-gris ". Nous nous accoudons à la rambarde du chemin de ronde. Nos poumons bourdonnent de millions de Jéroboam sonores. Pourtant, personne ne s'est réveillé dans la ville en contre bas.
Personne n'a démarré sa mobylette pour aller prévenir les gendarmes. Aucune bougie ne vacille aux fenêtres. Aucun tromblon ne se charge. Les casernes sont restées muettes. La cité ne sera pas jumelée avec Ambert ni avec Issoire sous le parrainage de Jules Romain.
Il ne se passe rien ! Sinon que Raphaëlle me demande ses chaussures. Je les avais glissées dans ma ceinture pendant notre ascension. Elle repart devant moi, après avoir remis ses talons :
- Clap ! Clap !
Jusqu'à la façade de la cathédrale. Elle surplombe le parvis. Demi-tour, croyez-vous ? Pas du tout ! Au ras du toit, prend naissance un petit escalier aux marches étroites, comme ceux des chalets de montagne qui permettent d'atteindre les sorties des cheminées pour chasser la neige ou ramoner..
Hé oui ! Au bord du vide, ce même petit escalier de lauzes se retrouve ici. Il accède à la pointe du sommet. Ce sont des marches pour aller au ciel…
- Tu viens ?
- Dingue ! Elles ne sont pas là pour les congères, ces marches luisantes de rosées, mais pour tracer un délicat crénelé au ras du chef d'œuvre d'un Maître couvreur d'autrefois. Personne n'y est jamais monté !
D'en bas, je veux bien qu'on les bade, ces courtes dents au plus pointu de la hallebarde qui ornent le toit piqué dans les nuages qu'il tutoie. Mais on ne peut rien en faire là où nous sommes, Raphaëlle et moi !
Impossible de les utiliser pour monter jusqu'où culmine le hennin des très riches heures du Duc de Berry. Aucune prise, nulle part ! D'un côté le vide du parvis. De l'autre, le faîtage pentu des ardoises. Entre les deux : de minces lauzes vers le sommet ! Avec les tuyaux de l'échafaudage, au moins tu pouvais t'accrocher. Là, ou ? Aux nuages ?
Les mots me manquent, parce que les idées, les pitons, les mousquetons me manquent. On ne peut pas grimper là dessus presque à la verticale ! Si ?
Raphaëlle tourne la tête, un mouvement que j'aime tant. Mais il dit non à ce que j'ai dans la mienne : redescendre.. Elle vide sa poitrine. J'expire. Elle pose un pied sur le premier degré..
- Clap !
- Elle monte au ciel, tout simplement ! Alors qu'il suffirait d'un petit vent, même léger, pour qu'elle tourbillonne.. Il n'y a plus que ça, autour de nous : de l'air ! Non, j'exagère, il y a aussi quarante centimètres sur vingt, sous chacun de ses pas..
Je les entends claquer, ses talons. Une petite gifle nette sur chaque pierre de l'escalier.. Il n'y a plus que de l'air autour de nous, je disais, mais dans ma poitrine il n'y en a plus du tout ! Si j'inspire trop fort elle va perdre l'équilibre.
Je crains de lui porter la poisse si je cesse de la voir. Si la lune se cache. Ou si je pense à moi. Dans ce cas là, j'en suis sur, elle va tomber...
Je me dis que tant que je contrôlerai ma respiration, elle ne risquera rien. Je l'ai dans ma poitrine, Raphaëlle. Mes poumons ne savent plus ni se vider, ni se remplir. Ils attendent des ordres contradictoires qui les déroutent et m'exténuent.
- Clap !
- Raphaëlle est si petite sur son échelle à vertige, tout là haut où elle s'arrête enfin comme un paratonnerre de chair ! Elle va y rester jusqu'à ce qu'un éclair la foudroie ?
Ou bien, elle va se redresser dans son lit, parce que son réveil aura sonné ? Non ! Elle s'arrête au sommet. Elle se met debout ! Elle écarte ses bras. Elle pivote sur elle-même. Elle se visse dans la nuit. Elle m'appelle..
A mon tour. Lauze après lauze, je me sangsue.. Je m'alvéole. J'ondule vers le haut firmament des pierres minuscules.
Je ne sais pas si vous vous rendez compte que vous n'êtes pas dans un livre, mais sur la pente effilée d'un toit de cathédrale, et sans aucun moyen pour vous réveiller.. Mon Dieu qu'il est profond, ce vide qui m'attire ! Je suis vide de ma vie. Elle ne tient à rien. Tournons la page, voulez-vous ?
- Des fous !
- La ville s'en fout. Toujours pas une fenêtre d'allumée. Là haut, les deux escaliers des deux pentes du toit se rejoignent. Ils forment là où ils s'unissent, une double marche : de la place pour trois fesses d'enfants sur un petit tapis volant qu'emporte le vent.
Plus on monte vers le sommet d'une pyramide et plus est étroite la place pour s'y asseoir, n'est-ce pas ? On ne va pas y faire des folies ? Non ? Si ? Quand même ?
*
Au mot folie, Alix s'est levée. Elle a fait le tour du feu au ralenti, son violon à l'épaule, sur lequel se couchait sa joue. Pendant que François, Gaëlle, Réza, Judith et moi, entonnions " Diu vi salve Regina ".
*
- Ce que je me dis alors ? Si je perds l'équilibre, surtout ne pas m'accrocher à elle. Arrivé au top, il faudra que je me retourne, que je me glisse contre son corps, sans presque la toucher. Là ! Son menton sur mon épaule, ses seins dans mon dos. Oui ! Ça y est !
Mes mains sont crispées à droite et à gauche de mes fesses. Elles blanchissent à serrer les bords du dernier degré de ma vie, sur mon freesbee.. Vue imprenable ! Ciel, extérieur, nuit !
Nous guettons l'aube. Une petite église sonne. Cinq " Ping ! ".. Un charroi dans une rue, là bas, en bas. La main de Raphaëlle sur ma joue oriente doucement mon visage vers la lueur. Vers le jour qui vient.
Et sa voix qui parlait à mes anges, au creux de mon oreille ahurie, dit :- Le monde est à toi, beau garçon !
" Mi-gris " concluait en riant doucement :
- Raphaëlle me faisait cadeau du matin !
Extrait de " Le pays où il fait du vent ".
Jean-Sébastien Loygue js.loygue@wanadoo.fr http://www.loygue.com
http://www.loygue.com/public/jsl/html/fr/home/home.php
Aujourd'hui le 7 septembre 2005, je suis dans mon lit. Je pense, je pense à quoi d'ailleurs? J'en sais rien, je viens de rêver d'une fillette qui dormait, les yeux ouverts! Je l'ai regardé sous tous les angles, elle ne bouge pas! Ses petits yeux verts sont ouverts, sur les coins de ses lèvres coulent du sang, ses mains sont accrochées sur son nombril. Mais pourquoi est-elle comme ça? Je regarde mes mains. Et là, avec une grande frayeur, je les vois rouges! Rouges de sang, je vais les laver je frotte, je frotte, le sang reste!!! Je prends ma tête dans mes mains, et je me mets à rire! Pourquoi? J'en sais trop rien. La scène, cette petite fille, tout me fait rire... Et là, quelqu'un frappe à la porte de la maison, j'attrape la poignée. Je me mets debout, je suis réveillé! Ce n'était qu'un rêve!!! Dommage...
Pendant, le déjeuner, je ne fais que penser et repenser à cette petite fille. Une petite blonde, aux yeux verts qui me paraissait mauvaise. Ce regard d'enfant malin, et sournois!! Ses petites manières d'aguicheuse, ses sourires moqueurs! Toutes ces petites choses qui font croire à ses parents que c'est une petite sainte, me font vomir, me rende malade à crever! Mais, regardez la réalité en face! Les enfants sont des êtres immondes! Qui ne pensent qu'à rendre la vie des autres mauvaise! Avec leurs braillements le soir quand on est bien endormi, ils chialent et nous réveillent. Tous ça parce qu'ils ont faim! En fait, les enfants, ce sont tous des égoïstes, des hypocrites!!! Qui ne pensent qu'à eux, ou bien, qu'à rendre la vie de leurs parents infernale!!! Et c'est pour cela que je suis célibataire et sans enfant...
Après le déjeuner, je prends ma douche, car après un tel rêve je dois me rafraîchir les idées! Dans ma douche, j'ai repensé à cette petite fille, les vêtements qu'elle portait. Une juge verte avec des rubans bleus, et un débardeur jaune ayant pour seule décoration une fleur. Et quelque chose de bizarre s'est passé en moi!!! J'ai eu un petit, comment dire, mouvement, une chatouille. Rooo, puis mince ce n'est que la réalité. Alors je vais oser vous le dire, j'ai eu une érection! Voilà, ce n'est que pure réalité. C'est la vie, après tout c'est vrai, qu'elle n'était pas mal... cette petite. Certes, elle était jeune, mais je ne lui ai rien fait. Si peut être que je l'ai caressée, peut être embrassée aussi. Mais ce n'était que dans mon rêve.
Dés que j'ai senti mon sexe s'exciter, je l'ai refroidi avec de l'eau glaciale, et une bonne paires de gifles... Ca n'lui fera pas de mal!
Ensuite, je suis parti pour le travail, je suis instituteur en classe de CE1. Dans une petite ville de Côte D'or, qui se prénomme Genlis! Je monte dans ma voiture, me regarde dans le rétroviseur, me recoiffe. Ma grande brosse brune doit être parfaite! Je me rhabille, ma chemise doit être parfaitement lissée, mon pantalon sans trop de plis et mes chaussures bien cirées. Une fois, que les vérifications sont faites, je démarre. Je descends la légère montée qu'il y a devant chez moi, et en route pour l'école... Sur la route, aucune voiture ne me gêne, remarquez c'est normal il faudrait déjà qu'il y en ait sur la route!!!
Arrivé devant l'école, je me gare à la place réservée pour moi. Sur la place il y a un écriteau: " Réservé à Monsieur Jean Vouderts ". Au moment de sortir de la voiture, je la vois! Elle me regarde en souriant, elle tient la main d'une vieille dame aux cheveux blancs. Elles me font signent de la tête, vous voyez je vous l'ai dit. Elle m'aguiche!!! C'est incroyable, sans honte, sans rien! C'est irréaliste. Je n'en crois pas mes yeux, je la regarde, je la suis des yeux. Elles s'arrêtent, vont elles m'aborder? Ils ne faut pas... Au moment où je croyais être tranquille la vieille s'approche de moi, me sourit et me dit d'une voix de traînée:
" Vous auriez l'heure s'vous plaît? "Elle me fait des avances, je n'y crois pas! Je ne dois pas répondre, je ne peux pas répondre!!! Je continus ma route... Elle me regarde m'éloigner, je sens ses yeux sur mes fesses. C'est vrai que c'est bon, mais je ne peux la laisser continuer, alors je me retourne et je lui lance un regard noir! Elle fait deux pas en arrière... Et détourne le regard de mes belles et délicieuses fesses.
Je rentre dans ma salle de classe, et je prépare mes dossiers, mes affaires, mes cours, les cahiers de mes élèves... Et là, sur le bureau, j'aperçois, un cahier neuf, avec un prénom écrit à la plume. Ce prénom, je n'ose le lire, j'en ai peur... Soudain, la porte s'ouvre, c'est la directrice. Une brune et laide femme, obèse et moche!!! Elle me signale, l'arrivée d'une nouvelle élève, qui s'appelle Alice. Quel horreur ce prénom, Alice... Beurk!!! J'en suis écoeuré, il ne manquerait plus que ce soit cette petite blonde, qui me fait de l'effet. Et ce serait le jackpot!!! La directrice repart tout en tordant des fesses, elle croit peut être me plaire, mais pas du tout!!! Ce n'est pas mon style de femme... D'ailleurs j'en ai pas de style!!!
J'ouvre la grille verte de l'école, les enfants entrent en hurlants comme des bêtes sauvages qu'on va voir au zoo. Rient, crient, courent, jouent, rien de très important... Et c'est moi, qui suis de corvée de les surveiller car Madame La Directrice doit s'occuper d'ALICE!!!Dans la cour, ils hurlent, je ne le supporterais pas longtemps, je prends mon sifflet entre les dents. Et j'attends, cela a duré au moins cinq minutes!!! L'autre laide, me dit qu'elle reprend le relais, alors je vais boire un café bien fort pour me remettre les idées en place!!! Je bois une gorgée, je me brûle la langue. Sale garce, cette directrice, voyant qu'elle ne me plaisait pas, elle l'a fais exprès! J'en suis sûr... Elle ne perds rien pour attendre...
La sonnerie vient de sonner, je vais dans ma classe, écris la date au tableau et je ressors pour aller chercher mes élèves. Arrivé devant le rang, ils hurlent, ils n'arrêtent pas, je crie, je crie et re-crie... Ils se calment enfin!!! Ils me suivent et papotent, et bavardent, ce que je peux haïr ça. Ils le savent, mais ils le font exprès!!!
On entre dans la classe, les chaises grincent, couinent, et frottent le sol... Une fois qu'ils sont assis, ils sortent leurs affaires. Je commence à les appeler un par un, on frappe à la porte. Je parie que c'est la directrice avec Alice, cette petite garce. J'ouvre la porte, je tombe sur la directrice, et devinez qui: Alice!Et vous savez quoi? Alice, c'est la petite aguicheuse de mon rêve. Elle me sourit avec ses petites manières de fille facile et la directrice lui demande d'aller s'asseoir... Tout le monde la regarde et elle ne fait que de me fixer. Mais ne cherche pas Alice tu ne m'auras pas si facilement, petite!!!La directrice part!!! Ouf. Le cours continue je reprends l'appel!!! Tous mes élèves sont là, même cette petite peste d'Alice... J'aurais tant aimé qu'elle ne soit pas née! Mais rooo, qui a eu l'idée de faire une fille et de la nommer Alice? Hein? Non, mais sérieusement... Alice c'est un prénom horrible, non seulement à dire, à entendre mais à porter encore plus... Beurk!!!
Les élèves travaillent, ah! Le calme est si paisible qu'on entend presque même pas les mouches voler! Elles ont peur de voler, peur de moi, tant mieux... J'en entendrais une seule, même un moucheron, je prendrais mon pied juste en l'écrasant. Le plaisir du silence est si bon, qu'on a envie qu'il dure! Mais malheureusement, il est impossible vu qu'Alice m'appelle! Non, mais elle m'aguiche et saccage le silence!!! Elle est sans gêne. Je suis instituteur et donc j'ai le devoir de lui faire partager ce que je connais, alors je suis obligé de lui répondre... Quel supplice!
Je lui donne la parole, et de sa voix si fine, légère et aiguë elle s'exclame:
" Maître, vous pouvez m'aider? " Elle me demande de l'aide après m'avoir aguiché, elle va sûrement me faire du charme, me draguer. Il faut que je résiste!
J'arrive près d'elle, elle baisse le doigt, me regarde avec ses yeux charmeurs. Comment résister? Souffle, souffle... Je m'approche, elle me demande l'explication de son exercice de mathématiques. Quelle idiote cette Alice, elle ne sait pas faire les soustractions! Les jeunes filles qui ne pensent qu'à draguer, ne peuvent pas être intelligentes en même temps. C'est ce que me répétait ma mère lorsque j'était enfant. Quelle triste période, car c'est au moment de mon enfance que je l'ai perdue... Ne croyez pas que cela me fait du mal, car au contraire, elle commençait à m'agacer avec ses tendresses étouffantes, ses mots doux. J'vous jure, je n'en pouvais plus du tout, j'étais arrivé à saturation. Alors, un jour je l'ai fais! Et après cela j'ai été confié à la D.A.S.S., là-bas aussi ils m'étouffaient tous. Mais je ne pouvais pas tout leur faire ce que j'avais fais à ma mère!!! Alors j'ai décidé de m'enfuir. Je n'étais pas très vieux, je devais avoir 14, 15ans. Et je suis arrivé à Genlis, tant bien que mal, mais j'ai réussi à leur échapper. J'en étais fier!!! Mais je ne me souviens plus trop de ma mère, si peut être une ou deux choses assez précises mais vaguement.Tout d'abord, je me souviens qu'elle était très dure, quand j'avais eu un " bobo " elle ne me faisait pas de ces stupides bisous magiques, que les gens font aux enfants pour les calmer!!! Et je me souviens aussi qu'elle aimait beaucoup danser, elle dansait tout le temps. Sans arrêt, quand elle faisait la cuisine elle tournait comme une danseuse étoile. Même si elle ne dansait pas bien du tout, même je dirais rudement mal, elle aimait ça... Mais bon, je l'ai haï à partir du jour, où elle a commencé à me saouler. Ah! La jeunesse, inconsciente et moche!!!
Après l'avoir aidée, je frappai des mains, et je fis ramasser les cahiers par un élève que j'adore, car il travaille bien. Mais aussi parce qu'il est calme et il a de beaux yeux bleus, des yeux comme les siens, on a envie d'en avoir. Ce petit garçon m'a l'air, depuis le début de l'année, attiré par cet homme très beau qui n'est personne d'autre que moi. Me fait des petits tours malicieux, coquin celui-là!
Enfin, bon. Après que j'ai eu tous les cahiers, les élèves et moi discutons de notre " voyage " à la ferme de Dijon. Alice a l'air très heureuse à l'idée de passer une journée entière à jouer avec mes nerfs. Mais je vais la calmer! Au moment où j'allais expliquer l'exercices de français, ça sonne... Et je laisse les enfants sortir, ça leurs fera du bien, car ils commençaient à s'exciter! Et moi, cela me permettra de prendre l'air aussi. Ce petit entracte me fera le plus grand bien.Après cette pause de quelques minutes mes mains se mettent à trembler, je ne sais même pas pourquoi! C'est sûrement un coup de la laide. Ah comme je lui résiste elle me fait du mal, c'est un comble, je ne l'aime pas, je ne l'aime pas... Rooo!!! Alors je décide d'aller m'expliquer avec elle. Je rentre dans son bureau, elle est seule assise sur une chaise. Les yeux rivés sur son ordinateur, je claque la porte et elle me dévisage, en me demandant:
- Que se passe-t-il Jean?
- Ne faites pas l'innocente!
- Non, mais je ne comprends pas, expliquez vous.
- Mais bien sûr, vous comprenez très bien. Le café brûlant, juste parce que votre charme n'opère pas. Les comprimés qui me font trembler parce que vous êtes laide et que je ne vous aime pas...
- Mais... S'étonne-t-elle
- Il n'y a pas de mais! Vous n'êtes pas mon style point barre. Espèce de folle! Si vous continuez je vous préviens, je porte plainte!!! "
Et je sors de son bureau. En plus elle fait celle qui ne comprend pas! Cela m'agace, vraiment!La cloche sonne, je la croise dans le couloir, mais n'y prête pas attention... Après tout, si elle n'a pas capté c'est de la mauvaise volonté. Les élèves sont assis, enfin, tous à part ALICE!!! Elle vient près de mon bureau et me demande si elle peut aller aux toilettes. Ses petites lèvres roses, me forcent à lui accorder cette permission. Elle y va et les autres commencent l'exercice de Français. Nous revoyons les C.O.D et les C.O.I, ils sont un peu nuls. Ils ne se rappelaient plus comment les différencier! Mais, je les comprends, l'an dernier leurs instituteurs n'étaient pas très influents, alors que moi je le suis. Ces enfants tous les mêmes ils apprennent quelque chose et l'an d'après ils oublient. Le calme était si doux, si bon, si beau que je me plaisais à admirer mes élèves travailler. Pour une fois aucun d'eux ne me faisait de l'oeil! Je me lève, fais le tour de tous les élèves, Alice entre sans un bruit, ça y est elle a compris. Il faut le silence! J'admire les enfants travailler. Je passe près d'Alice et lui souffle à l'oreille de venir me voir, demain après l'école. Pas ce soir car je suis pressé je dois aller voir un film au cinéma! Elle acquiesce de la tête. Et continue à écrire. Comme si, je ne lui avait rien demandé. Je retourne m'asseoir, et je commence à préparer les contrôles pour demain, ce sera toujours ça en moins à faire chez moi. Toujours un petit plus de sommeil, un peu plus de rêves! Quand le premier élève qui a terminé me rend sa copie, je lui suggère de prendre un livre et de le lire en attendant la sonnerie. De mon côté je surveille les élèves pour qu'il n'y ait pas de triche.
Il ne reste que cinq minutes avant la sonnerie, je dis aux élèves de se relire, et de poser leurs feuilles sur les tables. Ils exécutent tout de suite mes recommandations, et je leur déclare qu'ils peuvent ranger leurs affaires et aller se ranger, dans le calme, près de la porte. Une fois, qu'il sont tous prêt je leur révèle le contrôle de demain, c'est un contrôle de mathématiques. Alice devra beaucoup travailler, tant mieux cela lui fera les pieds!!! Ça sonne, ils sortent en me criant des adieux...
Après que ma classe fût désertée, je me mis à ranger les cahiers, les contrôles et toutes mes affaires dans ma sacoche noire. Je ferme la porte à clefs et là, je tombe sur la directrice! Elle me regarde, me prend par le bras et me suggère de venir dans son bureau pour parler de notre dispute. Je m'arrache à elle, et sors en courant, je la sens qui a envie de moi. Je sais, je suis irrésistible mais pourquoi ne me comprend-elle pas? Alors, je saute dans ma voiture, et je démarre à toute vitesse. C'est bon, elle m'a lâché!!! OUF! Sur la route, je ne peux m'empêcher de penser à Alice. Va-t-elle penser à moi? Va-t-elle réviser? J'en sais rien, et j'ai pas envie de savoir! J'ai peur d'avoir peur... Lorsqu j'arrive chez moi, j'ouvre la porte, bizarre je sens une odeur que je ne connais pas. C'est quoi? Je renifle, comme un chien... Oh! Mais c'est du gaz. Je prends mon téléphone à toute vitesse et j'appelle les pompiers. Ils me conseillent de sortir de chez moi le plus vite possible, je leur obéis. Ils arrivent, font des tas de choses, des contrôles... Dix minutes plus tard, une femme s'approche et me révèle que je suis arrivé à temps... Je l'avais deviné! Je rentre chez moi, après que les pompiers aient quitté les lieux, et j'inspecte la cuisine. Comment mon gaz a-t-il pu s'allumer? Je ne suis pas fou, ce n'est pas moi, je ne l'aurais jamais allumé avant de partir au travail! Je fouille, je cherche, j'inspecte... Rien de suspect! Alors, je m'assieds et là, j'écris toutes les personnes qui auraient pu me faire une chose pareille. Les noms se multiplient, la feuille est presque remplie... Et le dernier nom sur la feuille est: Madame la Directrice!!! C'est évident, c'est elle! Elle m'en veut, elle ne supporte pas le rejet! Mais comment a-t-elle fait?
Je réfléchis, encore et encore... Mais bien sûr! Elle a engagé un homme pour le faire à sa place...Le soir, je me couche, mais le sommeil ne vient pas!!! Elle me broie le cerveau cette femme, et cette Alice, cette petite agaçante fillette!!! Je me lève, vais boire un verre, essaye de trouver le sommeil. Mais non, je n'y parviens pas!!! Je gigote, je bouge, je me retourne, mais rien à faire.. Elles me hantent... Je dois faire quelque chose!
Une idée me vient!!! Je vais aller les voir, et je vais leur expliquer qu'elles doivent me laisser tranquille. Je cherche mes cahiers, je sors mon répertoire. Alice, trouve son adresse... Puis celle de madame la directrice. Je prends mon pantalon, le plus moche, pour ne pas qu'elles se jettent sur moi! Je ne prends ni le soin de me coiffer, ni de me brosser les dents, pour ne pas qu'elles essayent de m'embrasser! Je monte dans ma voiture, et je me dirige vers chez Alice.. Durant le trajet, je sens en moi une excitation. Peut être l'idée de voir Alice en pyjama? Ou bien, le bonheur, de me sentir libre après avoir été persécuté par ces " femmes "?J'éteins mes phares, pour ne pas réveiller le quartier. Il est tout de même minuit!!! Je descends de ma voiture, sans la fermer pour ne faire aucun bruit. Ouvre la porte sans faire un son. Cherche la chambre d'Alice, et après deux minutes de recherches, je la trouve!!! J'entre, elle est couchée... Respire fort, ne bouge pas, normal elle dort! Je m'approche, la caresse, l'embrasse du bout des lèvres. Quelle douceur! Je dois en finir avec elle, mais que faire? Je ne peux tout de même pas lui donner ce qu'elle veut.
Je me lève d'un seul coup, je dois en finir!!! Je vais dans la cuisine, elle est rose. Et je trouve un délicieux couteau de cuisine qui me tend les bras. Je m'en empare, et j'entre dans la chambre d'Alice, lui ouvre son pyjama, la dévisage une dernière fois. Je lève les bras en l'air, pour me donner de l'élan.... Soudain, un bruit, une lumière s'allume, des pas se font entendre... C'est la vieille traînée. Vite, je transperce le corps d'Alice, le sang gicle... Elle ne respire plus... Je l'embrasse, afin qu'elle soit heureuse dans son nouveau monde, elle aura effectué un de ses désirs! La vieille entre, encadrée de deux policiers. La garce, elle a alerté la police... Ils m'arrêtent...
Deux mois plus tard, le juge me déclare coupable du meurtre d'Alice. Ma peine: 20 ans de prison ferme...
Pas grave, dans cette prison, personne ne m'aguichera. Na!
Fin
Guillaine Métayer guillaine.metayer@wanadoo.fr