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Sexclusion by Touid's, août 2005.

 

 

Sexclusion

A poil.
MARRE et plus le temps pour subir. Et puis ça va être carré maintenant. Non, plus sur la
circonférence. Sûr.
La Sexclusion, c'est quatre hauts murs. Un écriteau rouillé en peinture rouillée, à l'
entrée. Du vent. Du minéral. Avec des clous qui arrachent les couilles. Rouillés. Bien
stridents pour la chair . Crisse. Ça m'use les dents. En dedans .SEXCLUSION . Ecrit
bien gros . Tu es incarcéré à vie.
Des grosses tranchées dégueulasses (du jus de crevette au fond) font le tour des murs. Bien
plantées. Bien droites. Pour ne plus que tu bouges de trop. Du serpent en snake.
Après, des gras bien gros barbelés. Déchiquetants comme il faut. Corbeaux. Tu vois ?
Non, tu vois pas. Alors.
CETTE scène noire en moi, je la ferai suer, fumer et saigner à volonté. La presser.
Faire du fric. Palper. M'en foutre plein la gueule de la sauce. Etre toujours en patate.
Rempli de trucs. De ficelles. Des grosses. Plein d'élu. Rien que ma gueule à la télé.
Plus rien que ma gueule à la télé. Je me mérite bien ça. Pomper mon sang, encore et
encore. Pompez moi.
Les Sexclus, c'est nous, c'est à dire les détenus. Gris. Bien sages. Bien tout retournés .A sec.
Je pose les bases dès maintenant. Il faut en finir.
Donc, en face des Sexclus : les Sexués. Les matons et leurs familles. Un autre pan de
société. La vraie. Un Sexué, c'est un caleçon plein de sperme et de mouille, de la veille de
sa meuf . Terriblement réel. Terriblement réels. Ça nous fantômatise. Nous. Les Sexclus.
J'ai rien à foutre en Sexclusion. Pas plus que les autres Sexclus, d'ailleurs. A part
peut-être l' Autre . L'autre enfoiré, qui grogne dans son QHS. Stan. La bête noire. Qui y
prend goût à la Sexclusion . Déclencheur d'émeutes, à ce qu'on dit. Plein de haine. T'en
veux.
MOI , c' est Icare . Pas un pseudo pour dire que je me suis brûlé les ailes à une fille. Non.
C' est moi , Icare , le vrai de la mythologie . Tout un tas de créatures.
De toute façon, c'est à la fonçdée que je me suis carbonisé. De la bien belle au début. De
la bien crade vers la fin . Comme d'habitude. Une grosse gueule. Du tendon. Du moignon
acidulé. Odeur de plumes cramées. La honte. Limé à l'enceinte. Pis à du bouddha. Des
juteux hémorroïdes .Premier degré . Tout le temps. La bouche pleine comme du pain. J' dis
de la chapelure . D' la qu'est mâchée.
J'ai un putain d'historique. Ou je me le suis inventé. Je ne sais plus .J' ai des trous dans
mes siècles . \ A la gare. Au matin. On y allait shooter nos rêves. Ça se fracasse sur de la
carcasse. Noire mystique. Une nuit de fonçdée dans les chaussettes. Du gros jus de clodo. C'est
inquiétant . C'est fascinant oui ! Ca s'écroule tout autour. Ma tête dure fout tout le camp. J'ai bien
envie de rester ici, à la gare. Merde, je suis tombé amoureux d'un cloche. Un sale. Bisous dans
ta barbe .Qu' est-ce qui m'arrive ? C' est pas si terrible après tout . C' est juste totalement
fascinant . Faut rentrer ! Où ? Ta gueule, faut rentrer ! Pour quoi faire, recommencer à mentir ?
Ta gueule, moi je me casse.
Débarrasse-t-en. De l'odeur. En quelque jours d'après.
Pardon ? Le rapport entre la fonçdée, Bouddha, et la Sexclusion ? Hein ? Quoi ? Euh ...
Attends .C' est tout un mécano pas très net.
Depuis que je suis tombé, je pue en gros des baskets.
Mais il y a pire que moi, ici, comme fonçdé chu qui n'en rebondit pas. Mon co-détenu de
cellule. Hobbo. Il y croit encore bien durs aux produits. Il faut dire qu'il est con parce qu'il
a seize ans . Le foie ne l'inquiète pas. Mais le mien oui m'inquiète. Vu que je suis vieux de
vingt-quatre ans , au moins , et plus .
VU que je suis mythologique (tout un tas de créatures dans mes entrailles), j'ai l' extra-
-sensoriel sens de m'imaginer à soixante quatre ans.
Glaçage de sang : Un vieux à sa fenêtre, derrière un puant rideau de flanelle, mate en se
masturbant les lycéennes ( c' est roses ) qui reviennent de .
Qu' est-ce que c'est banal son mobilier ! Marron-jaune. Pas question d'un halogène. Pas
question d' épousseter les miettes de sur la nappe après manger . Cette activité. Cirée
collante. " Lutéine, protéines de lait, antioxygène, dissulfite de sodium ..." se passe en
revue sa bestiole .Ce petit cafard orange qui lui vole des miettes de restes .
Le vieux aurait pu, à vingt-quatre ans, prendre confiance et prendre les filles. Mais non.
Alors c'est aujourd'hui frénétiques les coups de poignet : qu'il n' y pense surtout pas.
Que c'est foutu. Un vieux corps. Pour baiser. Glaçage de sang.
Ce vieux là m'est beaucoup trop demain. Et trop vite. Une ligne en acier. Sexclusion.


L' inertie . Nos couloirs, ici, c'est juste des pauvres trains en ferraille. Le matin bien en
rangs. Routine. Tu veux baiser ? Ta gueule. Gris nos uniformes. Pour ne plus que tu
bouges de trop .
Cantine à midi, quand même. C'est du plaisir. C'est quelque chose déjà.
J'ai obtenu un carnet noir au marché noir. Un stylo. Noir. Des yeux et du feu. De la
secrète mutinerie . Chut. Fais du un deux, quand tu passes rangé. Devant les Sexués .Les
matons. Une terre entière. J'ai planqué mon carnet entre mes fesses. Le stylo dans le trou
de balle . Des comptes à mettre à jour. L'addition. Serre les fesses.
J'AI deux potes. Mes compagnons de cellule. Hobbo, c'est fait. Et Marie. Il porte un
nom de fille et il est doux .
Eux deux et moi, comme on a pas de débouché possible, concrètement pour le sperme,
on a décidé , normal , de prendre le pouvoir parmi les Sexclus . Mater.
Le pouvoir, pour l'instant, c'est Martin. Un Sexclu aussi. Il a bien magouillé. Il contrôle
le marché noir de la prison . Avec la bienveillance et la complicité des Sexués. Apparats.
Tout un réseau de cassettes porno, de vagins en plastique. Des jouets. Des hochets.
Ça en fait du pèze sur le dos de la dépression. Tout ça. Attends un peu. On arrive. Nous
trois. Notre part du lion. Notre sacré costar.
Martin est joli. Tout en plat. Ovale. Ratatiné. Mais alors, attention, c'est un chef ! De
guerre économique de l' économie parallèle . Avec toutes les mesures à prendre, si
nécessaire, qui vont avec . Impitoyable. Des lèvres grasses comme du porc. Tout en plat
en crabe avec des pinces . Bedaine. Il rigole.
Alors nous on va prendre. En levrette la tune et le pouvoir. Je te parie que d' ici cet été on
rigolera aussi .
TU sais que l'été ça fait mal dans la viande. Nous, les Sexclus. Pas besoin de dire plus,
hein ... Les jupes et tout . Les charmantes. Partout. Parfums. Mal à la viande.
Eux, les Sexués, avec leurs cheveux en gel et la houppette, alors là, cette saison, on a
carrément la haine contre . Oui.
C'est un plein milieu d'été que tous les Sexclus, nous tous, on décidera de se mutiner
contre. Oui. Grondants. Mais ça, on y viendra plus tard.
TU ne sais pas, toi, comment ça peut, un bout de chair, faire partir en vrille un morceau
tout entier du cerveau . Hein ? Oui ? Tu sais ? Ta gueule, c'est moi qui souffre. T'en veux.
TIENS, en parlant de psychisme, le café, ça m'accélère le cerveau. Et j'ai du mal ensuite
à me courir après , à me rattraper . C'est marrant. Ça m'en coups la cafetière. Ça se fébrile
autour du bulbe rachidien . Fragile. Une toute tête éclos derrière.
PENDANT qu'on y est, Hobbo est monstrueux. Mais bien ! Il est mécanique un peu. C'est
une articulation en fer qui lui attache l' os du pied à l' épaule . Bossu aussi. Trapu. Il boite.
Marie aussi est monstrueux. Des dents en fer et le regard rouge. Cette allure. Il est doux.
Moi aussi alors je suis monstrueux. Mais mieux parce que tout en flaques. Je coule des chairs
partout où je m' appuie .
Tous ici on porte un chapeau haut de forme. Un long. Haut. On est terrifiants. Comme ça.
Grrr! Avec le petit pyjama gris. " Bon pour pas une vie" , marqué dessus à l' étiquette . Une
canne à pommeau ? Moui, faudrait voir ça à l'inventaire. C'est épuisant.

Je ne reste pas inactif. Loin que non. Officieusement, la prise en levrette du marché noir.
Officiellement, je me suis inscrit aux cours du soir de Trotula. Mon institutrice. Des bons
points. Marie aussi.
C'est de la réinsertion, tout un programme. On se projette, officiellement tous les deux,
de ressortir d' ici diplômés chirurgiens -barbiers . Officiants en maladrerie.
C'est feutré aux cours du soir. Je me souviens d'une toute autre ambiance. Quand j'ai
débarqué ici , en Sexclusion : les Sexués, pour m'apprendre à me dresser les cheveux
sur la tête ( la houppette) , m' avaient envoyé faire un tour d'été aux vendanges . Travaux forcés.
Livré aux cannibales. Les vrais. Les mystiques. Des joues bien rouges. Des cales aux
mains . Des viticulteurs .Des sorciers. Des rebouteux. Faut pas y traîner, parole.
Les viticulteurs, il n' y a pas plus cannibales comme Sexués. Ils ont Dieu et la magie .Bien
avec eux . Bien comme il faut avec des dents autour. Des Christs en poignards mentaux.
Je t'assure. Des barbelés épidermiques qui t'assomment. C'est vrai. Parce qu'ils avaient
décidé, les joues bien rouges aux doigts calleux , que j' étais le mal et qu 'ils ont prié contre .
Ils m'ont neutralisé. Faut croire un peu ce que je raconte .Pas le mal moral, un mal énergétique.
Comme on dit jeter le mal sur quelqu'un. Chez les viticulteurs. Et leurs grosses bites. Moi,
ils ne voulaient pas que je jette le mal sur quelqu'un . Je devais avoir le style à faire ce genre
de chose . Car ils m'ont séquestré. Immobilisé .Par des sons. Les cons.
" ha ha , il perd ses plumes , le paon !" s' exclament-ils quand ils furent , satisfaits de leur travail .
Que je rampais, à plat, aux pieds du Lama. Les plumes, tu vas voir, je vais te les foutre au cul. Ça
va pas traîner .
C' est pas facile d' être Icare .Parceque d' une simple ressemblance de fait , dans la chute , ils
m'ont confondu avec le diable ,avec tout ce que ça signifie chez eux . Faut dire aussi qu'ils tisaient
dès le matin . Bien perchés dès l'aurore. Ma sale figure et mon humour louche. Tout. Je veux
juste gueuler . Moi. Pas jeter le mal sur qui que ce soit. Juste. J'aime les choses qui portent la
trace de l' existence . M'enfouir au sûr, sous une ville.
AUX cours du soir de Trotula, c'est mieux. J' y suis un petit étudiant. J' y veux devenir
chirurgien-barbier. Mon grand livre de mathématiques est collé à la table de notre cellule.
Par le beurre séché et le café. Comme ça, j'en peux tourner les pages à la vitesse. Je
commence à savoir me faire tout seul des petites saignées . J'ai le don de repérer où les
mauvaises humeurs s' entassent . Sous ma peau. A quel endroit.
Pour la chirurgie-barberie , ça sert aussi le royal ReMenI . Je suis un royal ReMenIste, au
royal ReMenI . La SeNeCeFé aux fesses. Ainsi, je m'escampe entre les gouttes. A l'aise. Des
aussi belles plumes d' autruche , t' as jamais vu ça . Dans le sable. La tête. Au frais.
JE crache la nuit. A demi dans le sommeil. Des oreillers de sueur .En entier. J'ai de la
mauvaise bile qui me remonte de l' estomac . Je ne me gêne pas. Inutile de me réveiller
tout à fait , ni pour ça toute la prison Sexclusion . Je crache sur l'oreiller, et j'en cherche les
traces le lendemain matin . J'en mets dans des bocaux, bien vite avant l'appel. C'est
instructif. J'en bave sur mon pull des cuvettes. Bon, d' accord, y a des cuvettes qui se
perdent. Je crache. J'assume.
Instructif, pour un chirurgien -barbier, le royal ReMenI. A repérer le corps. Comment il
fonctionne. Cette machine à carburant. Comment il s'affame, comment il ingère en rescousse
les petits poids à l' ail ( mes grands favoris ) et comment il transforme ça en énergie . Ça sent,
l'ail .
Comment ça plait aussi au cerveau les protéines de viande. (j'ai vu ça chez les préhistoriques .)
MAIS j'en étais surtout à parler de la Sexclusion, de ma peur des femmes, et comment c'est
psychologique qu 'en groupe au loin elles parlent de moi . Mauvais. Du haut des miradors.
Ça parle dans tous les coins ici. Et dans n' importe quel sens. C'est malade parfois. Tout
le monde dans ma tête et pour ma gueule . Du vrai carnassier commérage.
J'EMBRAYE sur un tour de plus. De la prison Sexlusion. Le panneau écrit SEXCLUSION, à
l'entrée , c' est fait . Les murs et tout le baratin aussi. Bien plantés.
Le QHS, construit exprès pour l'autre enfoiré, Stan (des frais), est hérissé de tessons de
quatre mètres et en pelote . Lui, il a bien la chevelure du genre. C'est à dire mi-long plaqué
en arrière . Si c'est le QHS, c'est forcément le pire de nous tous, les Sexclus.
A PLAT en bas au pied du mur, la Cour des Moites. On te dit que la Cour des Moites
porte à elle seule des pans entiers du bâtiment Sexclusion .
Ce jour là, un des, nous étions avec Marie à la Cour. " C'est écoeurant" , glisse-t-il . On
contemplait tout bêtes un vagin artificiel qui traînait là . Par terre. Couvert de crasse collante.
Des petits insectes l'avaient investi. Grouillent. Aux reflets bleutés. Rapides. Ils font leur beurre.
La Cour des Moites sent l'urine et verte de mousse. Des feuillages. Des grillages. J'ai envie
de vomir . J'aime ça.
Sur le long du mur du fond, de dos, une vingtaine de mecs. Des Sexclus. Occupés d'une
main à vingt téléphones . Et d'autres qui attendent, derrière, leur tour. Moi aussi.
A l'autre bout du fil, des téléopératrices bien pornos. Hobbo aime bien faire sa poésie là-dessus.
(on y passe tous) :
" Nous, les Moites, on habite au pied du Mur. Les gens décrochent, parlent sexe, éjaculent
et repartent . Repartent mais pas nous. Les Moites. On y traîne jour et nuit. Des feux de camps.
Toute une relation. On se reconnaît nos têtes familières dans la foule des files d'attente - cette
sorte d' aristocratie . Pyjamas gris. Les opératrices nous reconnaissent à nos voix et ont pour
nous une sorte de tendresse . C'est à dire qu'elles nous parlent en entier.
Aux autres, elles essayent de soutirer des spasmes qui s' y croient. A nous elles nous fichent
la paix avec ça . C'est à dire qu'elles ne nous cachent pas leur double ton. C'est à dire que
cela s' entend qu 'elles sont au boulot et que c' est pour le patron et pas pour elles qu 'elles
veulent notre sperme . Dures. Elles nous traient la mécanique. Nous, testicules objets
portefeuilles. Nous , masochisme , on aime . On s'épanouit dans l'espace de leur voix toute entière.
Et c'est terrible quand on leur demande de nous faire mettre à quatre pattes , elles le font et bien .
C'est un grand saut ! Nous, les Moites, on liquide nos fantasmes à tours de bras!
Tout à l'heure, j'ai rendez-vous avec Agathe. Elle est terrible, elle, avec son double ton. "
Tous les Sexclus, nous, on a rassemblé nos jouets à la Cour des Moites. Des petits hochets.
Nos petits pyjamas gris. Aux billes on met en jeu des choses bien salivantes. J'ai gagné, de
peu, une bonne grosse cassette bien porno . De rentrer de la promenade. Avec un pareil
trophée. Je suis distingué.
C'est pratique de ne pas avoir à se frotter à la vie.

Je ne reste pas inactif. Je suis mon propre tank , un fin stratège. J'ai vu moi aussi Clint
Eastwood dans " l'évadé d' Alcatraz " . J'ai creusé, moi aussi, mes ventilations. Des grosses
goulées. Une par nuit, goulée, pour tenir le coup. Bien bleue. Ventoline. Un truc du dehors.
L' EVADE D' ALCATRAZ. Goulée I. (A plat ventre dans la cellule, la tête par la ventilation)
" C' est sexy
une fille qui roule au RnB .
Petite Clio.
Vitres baissées
toute minipitipoum ."
MAIS j'ai beau faire, le directeur tient sous sa main mon dossier. Ça me contre rien que
dans la tête .
Dossier X. Icare. Preuves à charge : J'ai pas aimé ne toujours pas bander avec Cécile. Va te
coucher, après , si tu peux , si t' es plus malin que les autres , dans la flaque d' électricité qui
t'attend dans ton lit . Après. Tout seul. Comme une bête à sec. Couilles molles. Bien
douloureuses pour la peine de ne pas avoir craché . Clac clac clac . Tourne toi en boucle, si tu
le supportes , en attendant de dormir . Enfin. Mais merde, pourtant, ses yeux, quand elle se
déshabille, sont tout un mystère. Sont une vie. Lalala y plonger.
BON, on en était à vouloir prendre le pouvoir, les deux autres monstres et moi. A coup de
quoi ? Hé hé ! De clopes et pas n'importe. Des roulées à coup de tabac récupéré. C'est à
dire qu 'on va en vendre à partir de mégots de par terre . Et la tune, notre tune, ça va dépasser
Martin. Des seigneurs. Aux doigts sales.
Du bon gros tabac qui aura déjà servi, saturé de goudron et d'asphalte de poussière. C'est à
dire qu 'ils , les Sexclus , vont aimer . Ça oui. Ça sûr. Miam. C'est du sel ce truc.
DES goûts bizarres ça nous développe à force d'être ici, en Sexclusion. On se meut en maladie.
Par exemple les murs sont verts. Dans la pénombre. Et pas n'importe quelle brique .Vertes .
Partout. Chez nous. Mais pas chez les Sexués. C'est carrelé, c'est blanc .Dans les appartements
Des Sexués, je veux dire. Tu vois, les gardiens et leurs familles. Le directeur. Tout.
Bizarre et agaçant, étrange quand même comment le monde ici est coupé en deux. Comment
c'est dans la vie civile ? Coupé aussi ? En si bien deux ? Si tout net ? Tout ? Hein ? Je ne sais
plus, demande à ma pré puberté . Ça se souvient peut-être mais plus moi.
Vert dans les couloirs. Vert dans les cellules. Fer. Vertes teintées nos peaux à force. Vert
vert vert . Le vers vert va vers le verre. Soi-soi-soif. De soi.
MON pote Hobbo a tout testé tous les produits. Il y croit encore durs à la fonçdée .Cette fêlure.
Cette lézarde qui se la pète. Il me fait chier.
" Ma psy me fait puer de la gueule, dit -il. C'est à dire qu'elle veut que je me construise des
certitudes . Mais je vais laisser rentrer quoi, moi, à force de certitudes ? Certainement pas
que je voudrais me couler du béton . Et puis quoi encore ? Elle me parle qu'à force de produits
c'est la dépersonnalisation et que je dois me reconstruire . Oui mais non. (Non mais t'as vu
un peu l' allure d' un promoteur ?) . Parce que je vais laisser rentrer quoi sinon ? C'est bien
aussi d' être un vent ouvert à tous , non ? Tu te souviens de la boue, Icare ? Notre boue au
matin ?
Ma psy me fait puer de la gueule. Parce que ça fait que je me place des organes faciaux
odorants. Bien rigides. Ma gueule d'être moi pour moi seul et sûr, ça pue. M'astiquer le
kiki en somme...Non ? "
Hobbo me fait chier. Qu'est-ce qu'il croit ? Que ça ne me gratte pas, moi aussi, mes organes
faciaux odorants ? La sale gueule qui se sait bien ? Mais ça justifie, ce genre de sourcils en
béton, d' envoyer se faire foutre toutes sortes de guettantes prédations . C'est dur. Mais c'est
dur ici aussi . Alors. Hein ...
La boue ? Ta gueule ! La boue je la retourne. Moi. Avec ma bite bien plantée. En charrue. Seul
contre tous . A la bite je retourne autant les keufs que les capuches. Seul contre tous. (il me ferait
douter ce con là .)
Qu'est-ce que tu as besoin de goûter encore du monde, Hobbo ? Je vais te dire, juste une
seule inspiration . Tu la gardes. A vie. Dans les poumons .Bon, d'accord, à force, elle
s'avarie. Mais c'est moins dangereux, comme ça, que dehors. Ho et puis vas-y donc, sale
fêlure qui te la pète . Pète la toi à fond. Délabre tout. Et puis écris, avec ta merde, des insultes
sur les parois des chiottes . Tu seras bien comme tous. Ecris que ton sperme est devenu noir,
bien noir . Inutilisable. C' est l' asphalte . C'est plus fort. Que t'as du gros jus de sac poubelle
plein le ventre . T'es mal. Espèce de future sale personne va !
LES murs sont verts ici. Ça gicle parfois. Parce que pas seulement verts. Mais mous. Organiques,
même . Des petits couinements. Mous et organiques et si t'as les ongles assez longs, tu crèves
les briques vertes et il en jaillit du pu noir . Narcolepsie.
Chez les Sexués, c'est carrelé.
A la plonge aussi, d' ailleurs, c'est carrelé. Nichée au fond de la cantine. Ça m'a bien pris en
fourbe, ça aussi , la plonge . Pas de choix. Tu feras. Sous les néons et mieux que ça encore.
A la plonge, y' a le-mec-tout-troué . Un collègue. Il est droit. Il est en Sexclusion parce qu'il
est coupable . Sa mère a tôt pété les plombs. Elle lui a fait croire, dès tout petit, qu'elle pouvait
lire dans ses pensées . Enfin, c'est ce qu'il dit. D'images en images, c'est à toutes les femmes
qu 'il en a eu peur de . Il pouvait pas se masturber car, montée en mayonnaise cette petite folie
familiale, il s' était persuadé qu 'elle pouvait lire à travers les murs . Fallait plus penser sexe.
Jamais. Il en a chié et encore.
Quant à traverser mentalement les ondes. D'un bout du pays à l'autre. Pour faire mal. Sans
le vouloir . A qui que ce soit. Là c'est carrément pire. Cosmologique.
Ça se sent sa terreur. Parfois, il se retourne d'un coup vers toi , entre deux assiettes sales,
pour scruter si t' as pas des fois entendu ce qu 'il vient de penser . Avec des grands yeux verts
qui s' excusent à l' avance pour le dérangement . Il est marrant. Et à côté de ça il est droit.
ET donc je ne reste pas sans rien faire. J'ai vu Clint Eastwood dans l'évadé d' Alcatraz. Moi.
Un soir, sur un bout de chaise, dans la salle de projection. En plastique. A l'ouest. Avec les
autres andouilles , on était des andouilles en short . Ça nous collait au coin des fesses, le
plastique des chaises .
L'évadé d' alcatraz .Goulée II

" La rasta de la bibliothèque
elle fait partie de celles
dont on sent
qu' elle l' a sur le bout de la langue et
de son mignon petit nez .
C'est tout chouette.
Jolie jolie la fille .
Précise. "

Ça pue dans notre cellule, à Hobbo Marie et moi. Terriblement. Impossible : on a tout
retourné et reniflé jusqu' aux posters . Rien. Pas un truc concret à se mettre sous la dent pour
d' où vient l'odeur . Et l'été approche. La macération. Ca va suer ici. Baskets.
COMMERCONS. Il faut s'organiser. Hobbo, tu pars à la recherche des mégots. Au Mur des
Moites, y' en a le tas. Tu fais gaffe, si les hommes de Martin repèrent que tu fais un truc pas
ordinaire, ils vont venir fouiner et on est mal . Tu les mets dans tes poches. Les mégots. Tu te
laveras plus tard . Un jour.
Là, Marie, tu les dépiautes, tu tries le tabac de la cendre et tu mets le tabac propre dans cette
boîte.
Moi, je me charge de rouler les "nouvelles" clopes. Je vais trouver un mec pour les vendre. Un roc.
Tout un dealer. J'ai déjà mon idée. Il a une capuche. Il squatte au sous-sol. On sera tranquilles.
Le mec à capuche .C' est son nom et c'est sa capuche. Sur ses yeux.


Comme on dit dans ces cas, pendant et après, Johanna m'a appris des trucs sur la vie. Mais
elle ne m' a pas pour autant fait passer de son côté . Du côté des Sexués.
Johanna, c'est la fille d'un des gardiens. La plus belle. Putain. Vers les vingt ans et des fesses
qui titillent l' élan . Je me suis épanché à elle. Bien épluché. Je lui en ai donné de toutes mes
couches. Et par là-dessus, j'ai rajouté de la mythologie Icarienne. Si avec tout ça elle ne me
croit pas que je suis un écorché ... Quatre vingt pour cent de l' intérêt du tableau , c' est moi .
Pourtant, je suis resté du côté des Sexclus. C'est pas que je leur soit fidèle, à ces pouilleux,
mais plutôt , encore , une histoire de bite molle .
Elle a sa forte philosophie, Johanna. Je voudrais, cette forte femme, qu'elle me claque du fouet.
J'aimais bien l'apprendre .Et son courage. Celui de s'entrevivre avec du vrai. Avec des vrais
sexes en vraie chair plantés au coeur . J'ai peur. La violence des sexes qui se dévorent. Des
libidos qui croquent l' autre . " Tu es ma viande dorénavant. Enormément. Ouh , ma bonne
petite viande ! Fais moi jouir puis jouis puis meurs. Non, mieux, meurs d'abord (kiffe moi) et
sois docile ensuite . Sois que toute ma viande, que je te tabasse un peu et que je te plante du
manque. Hummm, ceci est doux le sexe ! "
J'ai pas le coffre pour la vie en chair. Jo oui. Dans mon coffre y ' a que des jouets. Hochets.
Magazines et pornos .
Je l'ai vite fait fuir, quand même, Johanna. J'ai refusé, en bloc, qu'elle m'attrape par mes
couilles pleines . Qu'elle y croche ses éloignements princiers. Cette Cheyenne. Direct, j'ai
planté un gros désir total d' exclusivité sur elle . Ma part bien perso de mutisme. Et tac, Sexclusion.
J'avais trop de violence dans ma manière de m'attacher. Textos.
ET puis ma mère. Où est cette belle salope qui titillait l'élan des hommes en Égypte ? Qui. Taille.
Des. Pipes. Comme. Une. Reine. Ma mère.
Et moi. Je suce. Des bites. En enfer.

Je sens les gens. Je vois les noeuds. Crochés au futur. Qu'on est à Vedior Bis. Ça nous
Grise dès le matin .
Il est parfois de ces inspirations. Mes poumons se déploient. L'humanité hurlante s'engouffre
par mes narines .Aaaaaiiiiiiiieeeee !!!!! Ce que c'est bon, putain. Stop, j'en peux plus.
Quand je suis fonçdé à l'alcool, la membrane entre éveil et songe se pore. Je me trimballe, petit
bonhomme, au pays de mes songes .Gentille narcolepsie. Ça m'arrive. A vous aussi ? Des forêts
comme jamais connues au plus au fond du fond de vous ? Des forêts comme jamais . Ça oui c'est
du secret. Ça m'aime, ce truc tout au fond. Et surtout ça me connaît mieux que personne .Mieux
que moi même. Ça m'arrache des pleurs de reconnaissance. Et puis des pleurs de froid au réveil.
Merde d' HP qui fait peur. T'as déjà serré de nuit une pomme de pain dans ta main ? Alors ? Si
ça c'est pas du souvenir d'avant le monde …T'as vu comme c'est rugueux ?

On connaît une fille secrète. Skeletta. On en parle parfois avec Marie. Finement. Toujours
finement avec Marie . C'est un mec fin, lui. Il dit "oui" , pas "ouais " . Et moi aussi, du coup,
depuis, je m' entraîne à dire oui . C'est velouté c'est classe.
Alors Skeletta n'existe qu'entre Marie et moi. On l'invente comme on la dit. Elle vit en Espagne.
Dans une pièce, des vieux murs. Avec toujours le même rayon de soleil qui perce à travers la
même vitre le même pied de mur . Vert. Vide.
Un peu alcoolique mais juste ce qu'il faut pour rester belle. Brillante.
Elle a de la chance car elle n'a pas, pour vis à vis, d'autre que des pierres et le fleuve. Le ciel.
Elle peut donc être nue. La grâce. De la prunelle. Elle est jolie. Un peu aigue dans le visage.
Un peu noire. Elle aime la cendre. Des yeux en cailloux noirs étincelants. Elle cuit le soleil dans
sa braise . Rien pour plaire, tout pour être aimée. Maladroite. Qu'est-ce qu'elle est grande !
Elle aime, cette jolie, ramener ses manches sur ses mains. Alors moi aussi. Quand je pense
à elle . Des manches en sweat. Ce qu'il y a de plus doux. C'est fou, de me sentir comme ça elle.
C'est bon parce qu'on peut se la rapprocher. Genre on l'écrit sur nos murs : " Skeletta se
prépare pour la soirée . Elle ne connaît pas trop là-bas. Peu de monde. Elle glisse une capote
dans son sac . Elle n'est pas vraiment sûre " .

Un truc de fou que j'ai remarqué avec les filles. Lui dans son travail, manie de l'essence.
Elle lui a acheté un paquet de lingettes pour s'essuyer les mains. Un paquet bleu avec un
beau bébé dessus . Et tac, en plein coeur mon pote ! En plein vrai. Les filles, elles n'arrêtent
pas de faire des trucs comme ça. J'en redemande car c'est profond et sexuel.


Résumé :

Deux groupes. Les Sexclus et les Sexués. Tenaille.
Les Sexclus sont les détenus de la louche prison Sexclusion .
Les Sexués en sont les matons, les membres de l'administration et leurs familles.
Le directeur tout.
Le narrateur partage sa cellule avec deux autres prisonniers. Marie et Hobbo . Marie porte un
nom de fille . Hobbo est jeune. Le narrateur ne chôme pas. En plus des cours du soir qu'il suit
chez Trotula ( il veut devenir chirurgien -barbier ) , il manoeuvre habilement , en vrai bon crevard ,
pour prendre le contrôle du marché noir , aux dépends de l' élu Martin . A coup de quoi ? Hé hé !
De clopes et pas n'importe !
Plus en secret, il creuse, comme Clint Eastwood , un tunnel dans les galeries d' aération . Il y
prend des goulées . Une par nuit.
Il pense à Skeletta. Aussi.
Tout à l'heure, Marie décidera d'écrire des nouvelles pornographiques. De les vendre aux autres
Sexclus . C'est bon pour la tune.
Stan est une entité qui hante les conversations des détenus. Un terrier. Il réside au QHS. Seul. Il
semble qu 'il ait été à l' origine d' émeutes bien sanglantes .
A la fin de ce bouquin, Stan se dévoilera et le narrateur en tirera les conséquences.

Tout en retenue. C'est un de mes grands projets. Tout en retenue. Tout en mondain. Du
geste. Il me faudra du monde autour. Une soirée. Une réception. Déjà, je n'aurai pas peur. Il faudra
que je sois sûr . De personne.
La violence, je ne la lâcherai pas d'un coup. C'est pas bon la tise quand t'es violent à l'intérieur.
Ca sent vite pointer à l'horizon le cassage de meubles. Tout le bordel. Alors je serai tout en
retenue. Juste un timbre de voix. Carré mais pas plus. Juste mat et doux. Avec un de ces airs.
J'en ai des stratagèmes.
J'aurai l'occasion. Plus tard. On verra. On verra bien qui.

Y' a aussi de ma haine. Au début, tout jeune, j'atterris en Sexclusion sans trop savoir
pourquoi ni ce que c' est ici . Je continue pourtant à penser que ça serait bien pratique une fille.
Le temps passe. A force de me mettre minable à poil je fini par haïr tout ce qui baise et pas moi.
Celles qui se fait baiser par tout le monde sauf par moi . Par celui qui fait le si bien normal mariolle
sur le Net. Avec tous ses si bien adéquats hobbies. J'assassinerais.
Je ne dis pas "femmes" . Mais "filles" . Juste, il me manque des années vivantes par rapport aux
Sexuées de mon âge. Je ne suis pas "homme" . Ma barbe sur les photos je n' y crois toujours pas.
Ma haine des Sexué(e)s se rajoute à mon dossier . Le directeur. C'est un cercle. Ca m' y retient
un peu plus .
J'EN peins des tableaux de haine. Moi. J'en dévoile. Je les nomme. J'en peins. En traits.
J' ascripe bien le pinceau. J'en dévoile.
Le baiser : Nos dents cassent. Fendage de crâne.
Le cunnilingus : Alors là c'est du poulet. A gros bras je lui écarte les cuisses. Ça craque. Poulette.

Y' à aussi de ma haine .Du tel si vite à dresser des agglos. Mais y 'en a moins que celle de l'Autre.
L'enfoiré. Là-haut. Dans son QHS. Stan. Je le surprends à s'aiguiser les ongles. Contre les
morceaux de verre qui lui empelotent le toit . Une démangeaison.
Lui, sa rage de bite.
HA oui, pour ma soirée en retenue, la réception, je m' y vois tirer des bonnes grosses taffes, sur
une bonne grosse roulée . Immobile. Droit. Là. Ouais ! Et je me fume du gros tabac. Cette
gueule de taureau quand je recrache par le nez . Un de ces reproducteurs !
METEO. L'été est là et ce n'est pas la bonne saison pour les Sexclus. Nous. Il fait chaud ici et
il ne faut pas apercevoir une Sexuée sur le haut des miradors . Parce que, bien sûr, les robes avec
les fesses en dessous qui vont avec . Les seins. Petits tétons. Rien qu'un tissu. Ça use les
nerfs de pas pouvoir . En cascade électrique, les nerfs usés usent la face. Ça creuse les
pommettes, la frustration . Ça rend les yeux durs. Un morceau de dent, juste derrière le nez, entre
les sourcils. Ça enlaidit la gueule et ça pue la Sexclusion . A pleine face.
A la bibliothèque ils m'appellent démon. Les cons. Je veux une chemise propre.
TIENS, j'ai bien fait de m'entraîner au "oui". Après tout, si notre magouille de clopes fonctionne, je
serais un concurrent direct de Martin . Un négociant. Alors. Hein. C'est oui la classe.
IL fait chaud et j'ai envie de baiser. HA ha ha . C'est l'été. J'en vois qui traînent encore en
charentaises . La vache, ce qu'on est vieux.
J'ai une photo de Leslie (oui, la chanteuse) dans ma cellule. Au dessus de mon lit. La chaleur
la dégouline . Qu'est-ce qu'elle me remplit, Leslie ! J'aurais tout envie de la voir s'humidement
rosifier sous mes doigts . Sans que je panique.
Quand je jute sur des photos de teens plutôt que de dominatrices, on peut dire alors que la
conjoncture est positive . Que c'est à bon escient. Vers la reproduction bien élastique. Des
membrures de feuilles : y circule , bien luisante , rythmée , soeur , la chlorophylle au matin.
Purement vivante.
Tu sais quoi ? C'est pas Leslie. En fait. C'est Helène. Enfin bon. Tu me lis. J'ai gratté.
LA VIOLENCE de me retrouver nu avec toutes elles, c'est de la violente chimie qui d'un coup
pourfend ma conscience . Une lame de fond qui me scie pour de bon. Tout gogol. Plus de visage
ni de poulies psycho-organiques pour travailler derrière ma face , pour me défendre .
Que je remonte de ton nombril à ton oreille. Ma langue. Et il s'est déjà passé en moi dix mille
années de guerres et de carnages . Tout un tas de drapeaux en berne.
ENERVES, l'été, on se traîne, mal en viande, culs-de-jatte, derrière des culs. Serre les dents.
Putain, je vais perde mes couilles. Moi. A force de les traîner pour rien contre le bitume. C'est là
que je me manque autant de boire que de hurler . Pour Hobbo , forcément , c' est le feu d' artifice .
Des masses de produits pour fêter le printemps. Tout un festival de gonflements. Des boutons
chimiques plein la gueule . Il se prive pas. Il meurt. Il me ferait douter ce con là. (Est-ce que
ça me rendait plus large ? Peut être …Plus dépressif ? Sûrement.) Quoi ? Quoi j'ai vendu la
fonçdée ?Qu'est ce que je renie ? Et bien paye, connasse de fonçdée. C'est à ton tour,
salope. Tu vas voir, à la lumière de leurs télés. Sous le scalpel. Si c'est rigolo. Je t' y jette,
à leurs poubelles . J'ai un putain d'historique. Ou je me le suis inventé. Je sais plus. J'ai des
trous dans mes siècles . T'as de la tise sur toi ? Moi non plus. Alors casse toi, tu m'es pas utile
aujourd' hui . Je te connais pas .Sale clochard. Oh puis merde, un ex-fonçdé, dans la conjoncture
actuelle,ça en tire de la gloire !
Avant même d'ingérer quoi que ce soit, je savais déjà que je serais à terme un glorieux ex-fonçdé.
(mais pas auprès des hobbos , bien sûr ). C'était exactement le plan. Pas même avancer la moitié
d' un pied dans la jungle et gueuler partout que j' ai fait le Vietnam. Ba oui mais aussi, quand on
écrit pour le vingt heures , y a des ficelles à connaître. Putain mais merde, ça vous suffit pas pour
me donner votre sympathie ?!
HA oui, important pour la suite : Stan porte toujours, de tous temps, un long manteau noir. Il écrit
des bouquins aussi . Y ' aura des passages. Je vous préviens, c'est très mal écrit. Normal, en
même temps , c' est un gamin .
C'EST l'été. Dès qu'il y aura de la meuf, tu pourras être sûr que ça. Je gonfle à l'intérieur comme
un immense coq . Même me la jouer au kepon, la crête et tout. Mais pour rien. Pfff ! Ça implose.
Ça tout pleure à l'intérieur.
SKELETTA aussi se masturbe. Espagnole. Osseuse un peu. Bah, un petit peu de dépression,
voilà tout. Ce qui sont bien, se sont ses défaillances.
J'ai connu un mec, au Mur des Moites, qu'aimait qu'on lui ordonne de pisser dans une bassine et
de boire . Il s'est fait tabasser. Personnellement. C'est qu'il faut pas abuser non plus. Pauvre sale
bébé va !
MOI, ma copine, je la rencontrerai seul et la nuit dans la rue. Parce qu'elle aimera bien. Comme
moi. Cette crapule. Aussi que sauf si elle m'appelle d'un appartement jaune. Je dirais oui aussi.
Plutôt ! Alors je lève la tête et dans l'encadrement d'une fenêtre j'aperçois des coins de murs avec
un tout creux dedans . Un appartement chaud-jaune avec des coussins rouges. Et ça sent bon.
Confortable, C'est en place.
Quand je suis chaud comme mon père. Vaste alors ! MAIS PUIS CETTE FROUSSE QUI SE
CACHE MOI TOUT DE SUITE CETTE BITE DIS DONC !
Avec un ventre mou, ça ne sera pas facile. Déjà que je n'arrive pas à m'agiter horizontalement sur
le cul en plastique que Hobbo cache sous l' évier . Même en y rajoutant dedans du surimi et de la
crème. Comme pour les vrais. Peut-être en serrant le ventre quand je marche ? Ça ferait comme
ça une aura magique tout autour de moi . Comme les lamas du Tibet qui se protègent du froid
comme ça .
MAIS je ne reste pas inactif. Moi. J'ai vu Clint Eastwood moi aussi. Dans l'évadé d' Alcatraz.
Graatt graatt . Ce soir j'attaque les murs au coupe-ongles. Oh que putain je prends du frais !
L'évadé d' Alcatraz . Goulée III :

" La fille
elle est en formes .
Elle surfe .
J' aime .
Elle est Pop .
Ça m' plait .
De la confiance de le confiance
on a le style , poupoule . "

C'est toutes autres considérations aux cours du soir de Trotula . On y parle de la médecine
du travail . Ça change. Je consulte. Mes organes.
" - Sans vouloir vexer personne, je crois que mon corps rejette le travail, maîtresse.
- Des mots justes, Icare, me reprend-elle. La médecine, c'est juste. C'est le travail qui vous
rend malade ? Ou bien c'est l'emploi et tous les prospectus normaux qui vont avec ? Oui ?
- Alors oui, c'est l'emploi et tous les prospectus normaux qui vont avec. S'employer, c'est
mentir.
- Des symptômes Icare !"
(Je peux vous dire qu'avec elle j'aime m'amuser à la tartine. Lisez plutôt comme je débite)
" - M'employer, ça m'hostile, j'aime pas. Ça me sort par les yeux. Et les trous de nez.
Ça m' hérisse les poils, ça me noue l'estomac, ça me plie en quatre, ça me dresse les cheveux sur
la tête ( la houppette) , ça me traîne des pieds , ça m' en vrille le crâne .
Ça m'en plein le dos, ça m'en raz le cul, ça m'en tord boyaux.
Ça me casse en deux, ça m'arrache la gueule de dire merci.
Ça me fend le coeur, ça me sueurs froides. Ça me bouillonne le sang qui n'en fait qu'un tour à sa
tête . Ça m'en martèle, cette tête, contre les murs.
Et puis d' abord, mes vessies, c'est pas des lanternes.
Ça m'en noie les dents du fond. Tellement que j'en les crache.
Ça m'en part quatre chemins là où de base il n' y en a qu'un.
Ça ment.
Bon, je crois que je n'aime pas ça. Ça grouille tout autour. Qu'est-ce que ça s' emploi!
- Vous êtes en clandestinité aiguë, conclue Trotula . C'est bien, continuez comme cela.
C'est de l' angoisse aussi . N'oubliez pas de souffler.
(Cette espèce d'amour qu'elle me témoigne)
- Ça gratte de naître dans cet état d'esprit, maîtresse. Ça gratte grave. Ça n'arrête pas. Ça
tue des innocents . Ce psoriasis.
- Hélas ...
- Ne me laissez pas m'amollir, maîtresse. Je veux cracher. Vraiment. J'ai apporté des
échantillons . Un vrai crachat. Y a que ça de pur. Et j'en ai tout des bocaux. Et puis, d' abord,
tout le monde s' inquiète pour moi sauf moi . Merde, je dois être sur la bonne voie.
J'en ferai un ascétisme reconnu d'utilité publique , du royal ReMenI, moi, maîtresse.
Tout un éventail de doigts de pieds juste sous leur nez. A ces cons.
- C'est bien, puisque ça l'est, de l'ascétisme. Approuva-t-elle en me posant deux trois
ventouses au creux du dos . C'est mieux comme ça ?
- Oui , c' est chaud . Puisqu' on y est, maîtresse, je m'interroge rudement sur le steak haché
congelé . Là-dessus, je n'ai rien trouvé dans mon grand livre de mathématiques. Ses protéines de
viande en sont-elles bonnes ? Aussi ? Pour le cerveau ?
- Oui, mais pas plus de trois jours au congélateur.
- Et si c'est plus de trois jours ?
- Alors ça nourrit le cerveau, mais bizarrement.
- C'est bien. Ca se précise."
A la place de la mouille, je mange de l'animal.
Sa médecine, cette bonne femme, me mettra du beurre dans les épinards. Dans les petits poids à
l'ail , par ricochet .

Un peu d'historique :
Il y a des siècles, tellement vite suis-je tombé. J'en ai d' abord crevé la croûte terrestre. Direct
sous terre. En enfer. Ils m'ont mis au frigo. En bas. Dans le bac à légumes. Avec les autres. Faut
pas croire que Satan y commande .En enfer. Non, ça c'est de la propagande. Lui aussi il se les
caille. Dans la fosse gelée. Non, ceux qui en arpentaient les bords (les matons) étaient couverts
d'écailles carrelées. Se plaignaient, l'air de se foutre, nous reprochaient le froid. " Brrr" , font-ils de
connivence , sachant ce qu' ils disent là et qu' on n' y peut rien , sauf à être d' accord qu' on est
des démons et pas eux et pas beaux . C'est cruel le bruit de leurs écailles carrelées, qui s'agitent.
Quand ils s'esclaffent d' être au chaud et pas nous . D' y savoir faire entre eux et pas nous, les
gelés.
"C' est Dante le Juste , s' exclament les pleins d' écailles , c' est Dante le Juste qui nous a appris ,
à passer parmi vous , les pouilleux , sans se salir ."
Salaud de Dante le Juste, je m'exclame. T'as fait le malin mais d'ici t'as rien goûté. C'est pas
professionnel.
Alors la colère me déglace. Comme un reggae, un vrai que j'aime. La poitrine contre le bord de
la fosse , je braque en l' air mon poing . Et ça réchauffe d'un coup tout le bac. Souples tous des
genoux . On en crèvera mais pas sans rire. Ça danse. La vraie musique, c'est la colère.
Les pleins d'écailles s'étonnent : " - qu'est-ce ?
- C'est la vie, ducon ! De la bonne grosse chaude. Faut pas nous énerver. Car sinon, on
vit. Pigé ?
- Ok toi ! Sous la pluie de braise alors ! Au désert ! Qu' est-ce que ça nous fait marrer , ça,
avec Dante le juste, de vous voir sous la pluie de braise."
Satan me tire par la manche : " emmène moi, dit-il, t'as le style à nous sortir de là. Regarde ma
paume : des graines . On fera pousser des fleurs. Des vraies, gorgées. Des fleurs en chaleur.
Emmène moi.
La pluie de braise, c'est surtout du souffle petit tout dans les narines. Parce que. Il faut marcher
sans s' arrêter avec toujours ces putains de tisons qui vous dégringolent sur la peau . Tout le
temps.
Respire court tu souffres. Satan et moi on n'en mène pas large. On essaye bien de plaisanter " oh
putain ce qu 'on déguste !" , mais le coeur n' y est pas . On est tout petits du torse. Ca brûle de
partout .
Et puis un plein d'écailles nous arrête :
- Stop ! Nom, prénom !
- Icare.
- Oh merde, y a erreur, t'es tombé trop bas mon gars. T'as rien à faire en enfer. Y a eu erreur
dans les papiers . On va te transférer à la surface. J'ai déjà transmis ton dossier au directeur de
la Sexclusion .
- Et moi ? S'enquiert Satan.
- Laisse tomber, lui dis-je, tu sais bien que t'es impardonnable. Tiens, file moi une de tes
graines, je la ferai pousser en cellule . Ça m'occupera ."
Il a déployé son poing. Rouge et noir dans l'aube. De la chair travaillée. Des lignes noires. Les
filles de l' encre . Vertébré.
Ils m'ont attaché chevilles et poignets. Un bandeau sur les yeux. Charter : direction Sexclusion.
Salope de France.

Marie s'absentait des cours de Trotula. Il s'est mis à écrire brutalement. Et bien du porno. Il
préférait ça à trier le tabac . S'exclama-t-il, ça pue sur les doigts ce goudron ! Ça n'est pas très
papillon comme attitude !
C'est bon pour nos affaires, ça, le porno. Ici, c'est pas dur à comprendre que si tu contrôle leurs
masturbations, tu contrôles la prison toute entière . Y' a que ça ! On caresse.
Mais attention, pas n'importe comment ! Il fallait une machine à écrire pour Marie. Hobbo, ce
bricoleur, a trouvé de quoi pour. Tout un tas. Des capsules de bière pour le clavier. Des grignotées
cuisses de poulet pour l' armature , avec des flasques bouts de chair qui encore y pendent .
Empalées. Pour l'encre, de la lumière verte. Plein.
Alors, du coup, on a vite fait trouvé d'où venait l'odeur. Dans la cellule. C'est quand Marie se
met à écrire . Ça dégage de la lumière verte. Un fumet. Forcément, ça ne sent pas bon. Mais bon,
y 'a de la tune à la clef avec de tels romans . Mon propre syndicat du crime. Tout le kit. Tout le jus.
Toute la sauce. En patate avec mes potes Smith et Wesson. Même si c'est lourd à porter, à force,
encore un truc salissant.
M'en fous. J'ai rien à faire en Sexclusion. Moi. Je conclue l'affaire et je me tire. Le jour où je sortirai
d'ici , je vomirai un bon coup . Tout par la gueule mes pourris jouets de crèmes et vagins artificiels.
Tout par la gueule un grand vomissement. Et puis je me rincerai les dents. Je sentirai bon et pour
de bon . J'irai en Espagne. Rejoindre Skeletta. Le ciel.
Tout par la gueule la haine. J'apprendrai à déshaïr les meufs. Coups sur coups sur
tabassements de coeur ça s' est installé cette aigreur dans le tout creux de mes sentiments.
Tellement. J'éclaterais.
Tout ça je le vomirai par la gueule. Et je rejoins Skeletta. Ensemble on se construira une histoire
de déshaïssement . Ce mouvement noir. Ce beau pas. A deux. On va s' entregrâcier. Fini les
crécelles. De la basse ! De la bonne basse à s'en faire crever de joie les couilles.
Voilà.
Faut en finir. Ça cloche depuis trop longtemps. Ça boîte. C'est bête.
On fera des enfants. On les regardera grandir. N' y aura plus rien d'autre à chercher. Mes enfants,
je leur couperai les ailes et je leur paye des lourdes chaussures en cuir, des rangers pour quand je
suis plus là . Et puis, avec mon coeur, je leur apprends qu'on s'en fout de Là-haut. Ça sera des
petits d'homme . Que c'est l'amour en glaise ou rien du tout. Que rien du tout c'est le vide et des
vertiges et de toute façon pas grand chose . Juste pour le fun, ils porteront mon nom. Icare. Pour
ça ils seront respectés . Et on rigolera bien à table quand Skeletta leur racontera encore cette
bonne blague à propos de leur crétin de père et du soleil . Et moi aussi je rirai de bon coeur, en
n' y croyant toujours pas à quel point ma femme est belle , mes enfants gracieux . Ca partira bien
pour eux dans la vie. D'un vrai pied en chair.

DE mon côté, j'avais mis au courant le mec à capuche. Un mystère. Le vendeur de roulées ,
les notre. Il est au sous sol.
On y va.
Au sous-sol.
-> extrait sous-sol.
C'était surtout l'eau chaude au sous-sol. La dépression. C'était le mec à capuche le robinet.
Encore plus que nos grosses sales clopes, c'était son eau chaude à lui que nos clients venaient
pour.
Communicatif en tristesse, il vous paralyse dans la jouissance d'un confort. J'en vois retournés au
caniveau, les fesses nues dans l' urine chaude .
Le mec à capuche ne regarde personne dans les yeux. Pas fou.
Un vrai malade. Un furieux. Un regard magnifique. Terrassé par le vide. Plus d'écran entre vous
et son âme investie , possédée par la bien trop vastitude de l' Univers soudain fait ville . Quelqu'un
( qui sait ?) lui a d' un coup jeté à la gueule tous les modes d' emploi de toutes les divines
mécaniques . Dur à gérer. De s' y retrouver. Chaque rue débouche sur l'infini. Faut le supporter.
C'est devenu trop étroit, pour lui, la communication. Trop serré le moindre pote. Il voit tout de trop
loin . La moindre discussion. Ne peut s' y glisser. Il ne sait plus travestir sa lumière en midi gris
mécanique.
Angoissé.
Chaque rue, pour lui, débouche sur du trop vaste. Ou du trop lui : la sur-personnalisation d'un trop
tout seul. Un seul ego se surpeuple. Je ne sais plus bien ce qu'il m'a raconté. En tout cas c'est
pas drôle .
Le mec à capuche, ce conscient, depuis qu'il sait que je suis mythologique, il croit que je suis son
pote. Il veut tout le temps me choper le regard. Hé, doucement !
Putain, ça craint. La radio lui raconte en direct ce qu'il se passe dans la pièce. Toute la
réjouissance. Direct il panique.
Je te jure, comme si ça suffisait pas d'être en Sexclusion, faut encore composer avec des pareils
guignols.
J'en suis.
Il m'a un jour hurlé dessus. Il me tendait une grosse aiguille, chauffée à blanc, et du fil de fer. Il
me suppliait de lui recoudre la cornée . Il avait vu la guerre à la télévision.
Tu m'étonnes qu'après je creuse des tunnels à la Clint Eastwood ...
Braoa Braoa Braoa . Impossible d' y aligner deux mots au sous sol. Braoa puisqu' on est nuls. On
fait des trucs de nuls . Des gestes à deux balles. De toute façon t'as même plus la gorge assez
desserrée. Un grand avortement. On s'agresse pour se demander du feu.
Allez, on s'entrehameçonne tous les yeux. A qui entraînera qui dans le plus poisseux des regards.
C'est le matin. Glou glou glou . Je te vide par le bas comme une pile alcaline. T'as vu ta jauge ?
Au fond du sous-sol sont des cabinets gris. Des filles dans des survêts peaux de pêche gris,
grises, dépassent. La tête sur la cuvette.
Des bouts d'écaille de mur. Il fait sacrément bon.
Wou ! Il y va pas de main morte, l'ami, avec son eau chaude ! Ça nous fait des vraies injections
de colle à gêne .
Hobbo , tu comprends quelque chose à ce qu 'il postillonne le mec à capuche ? Oui, tu
comprends ?Ba m'explique pas va. Je m'en passerais bien pour aujourd' hui .
Moi, je m'agrippe .Je remonte. Un peu. C'est dur les affaires.

Hobbo trouve que les anti-dépresseurs, c'est à base des rats qu'on a injecté en laboratoire
pour essayer. Oui mais il est dyslexique. Moi, l'antidépresseur, ça me met de la suite dans les
idées. Appelons ça l' antidépiauteur . L' antidépiauteur me chouchoute. C'est à dire qu'à force je
m'en fiche pas mal de ce qui m' entoure . Je continue tout droit. Mon monde j' y tiens. Je serre les
fesses sur mon carnet noir. Mon feu et mon yeux. L'antidépresseur fait de moi un vaste ermite.
Quelque soit l' autour . Je laisse le monde appartenir. Mon propre syndicat du crime.
MARRE d'être moite, de me sentir. Pourquoi elles rigolent. Hein ? Ça doit être les organes faciaux
odorants. Bah ouais, forcément, ça fait, à force, une gueule de con. Merde.
LA NUIT. Dans la cellule. Dans le rai de lumière. Sous l'interstice de la porte. On voit défiler. Les
ombres. Des pas. Des Sexués. Les matons. Ça rigole. Là-derrière.
ILS sont donc deux monstres, Hobbo et Marie. De la ferraille et du grincement. Moi-même. Des
épingles à nourrice aux voyelles , crêtes aux consonnes . On était brefs monstrueux. J'en viendrai
à bout de tout .
TIENS, encore un tour de la prison Sexclusion . Pour la peine. Derrière les gros barbelés qui ...
Quoi ?! Quoi je t'entends soupirer ? Soupirer qu' "encore ! ". Attends, j' y vis, moi !!! Alors tais toi et
prends le toi en pleine gueule . Le tour.
Derrière les gros barbelés qui sont devant les gros murs, il y a une grosse tranchée. Creusée au
bourrin bulldozer . Sur les flancs noirs internes de la tranchée, jaillissent de, des canalisations
sectionnées, tordues , inutiles .
Voilà.
Encore un coup. Pour la peine. De tour.
Derrière les gras gros barbelés qui sont devant les gras gros murs, il y a une grasse grosse
tranchée.Creusée au gras gros bulldozer. Sur les gras gros flancs de la grasse grosse tranchée,
jaillissent de, des canalisations sectionnées , tordues , inutiles .
Voilà.
Et puis en plein milieu, pas gorgée de toutes sortes de sangs, ma bite.
Voilà.
Quand il pleut, c'est jour des douches. En rang. Sous la gouttière. Attends que ça déborde. A poil.
De l' ossement de moineau, de la plume, dégringolent par dessus les rebords. Ça nous colle
à la peau .
Non ça ne s'arrête jamais. Puis même, c'est de toute façon la poésie qu'il faut y voir. Pas l'autre
truc flippant . Surtout plus. Enfin, tu me lis…
MAIS je ne reste pas inactif. Moi. J'ai vu moi aussi Clint Eastwood à la télévision.
L' évadé d' Alcatraz . ( bien bleu) . Goulée IV
" La sculpture
c' est le contraire d' écrire
et c' est grâce à la fille .
Elle, au moins, est en formes ."

Je rencontre Eddy. Il est pétri de cinquante ans par l' antidépiauteur, somnifères et autres
quinracailleries. Bonne pâte. Franchement bonne pâte. En blouson de cuir. Le bon temps
d' RTL2 . Années 80. La vie facile. Routier. Aires et bleu au matin. L'autoroute. Rien de plus
rassurant que la voix de Macha Béranger . Je te jure.

Il y a le poète du grand envol extatique. C'est la musique, son truc. Il en fait tout ce qu'il veut.
J'en suis client . Oui. Le premier. Qu'il saxophone, et alors je suis le premier à étendre les bras.
Mais je suis le poète de la frustration. Grise. En un seul tout point. Juste. J' dis c' que j'ai. Chacun
son job .
L'écriture n'est pas la cause. L'écriture est le symptôme. L'écriture est l'essence sacrée de mon
âme. Alors, hein, j' fais pas l' con. Pas de reddition.


Du beurre noir et du sel. C'est du brûlant lubrifiant à yeux. L'œil et la bouche comme du riz : c'est la
guerre. Mes potes, c'est sous antidépiauteur ou bien sous alcool que je les supporte. C'est durs
les garçons.

Marie n'est plus venu qu'une dernière fois aux cours du soir de Trotula. Mais une bien ! On y
disséquait, pratique , un cadavre . Puit de connaissance. Pour les affamés. Que nous sommes.
On voulait voir les humeurs, toute la bile, comment c'est équilibré là-dedans, la santé et le sang.
Profondément, on se tait. On fait rugir le silence, Marie et moi. On lui fait plaisir, au silence,
tellement nos mutismes d' appliqués à couper sont bruts .
Nos mains, pour l'occasion, sont devenues carrées. Le silence et un chirurgien-barbier , ça s'
entend.
Le rare que l'on s' y parle, on se l'aboie. Ça nous amuse dans ce contexte, cette réverbération.
Et puis, tout un attirail sous notre catacombe ! Des bouts exprès cherchés à la marée basse. De fer
rouillé. Soigneusement alignés. Crochés à un porte-attirail . En Ivoire. Religieusement. Puisqu'on
y est , alors nos ombres vacillent à la bougie contre les pavés mouillés des murs .
Grâce.
Ccrrchch ccrrchch .
" On lui fait la barbe ?" Me cligne de l'oeil Marie. Bref, on est pas des rigolos. Les assidus en
chirurgie-barberie , c' est nous . C'est du sérieux et ça s'enfonce. Palier par palier dans les boyaux.
Nos mains. Carrément.

Tournant tournant. Faut que ça aille vite à présent ! Il va se passer quelque chose. Tout de
suite .Ou pas loin .
Forcément. D'un sens ou l'autre ça va déboucher. Forcément.
De toute façon, l'autre jour, à l' ANPE, j' y suis allé le t-shirt plein de sperme. Ca leur apprendra à
ces cons .

Dans mes solitudes, y' a du marteau. Ça claque. Mais ça forge. En droit.

Post-it sur le frigo :

Mon pote,
Je suis tout croquevillé.
Alors je t'ai emprunté un peu ta copine.
Je te la ramène tout à l'heure.
T'inquiète, je la toucherais pas.
Je veux juste la ressentir et moi avec.

A tout à l'heure.

Signé : Icare.

( ps : faudrait penser à racheter de l' ail pour les petits poids . )


FATIMA dit : " quand tu marches, cette souffrance que tu dégages ! "
He ouais! Je marche comme pas deux. Un.
Je marche comme personne de célèbre sur cette planète. Ma marche, mon pas. N' est-ce pas ? Je
m'en tire d' aise les bretelles .
JOHANNA (cette belle) dit : " Tu es différent des autres " .
Tu parles!...Je t'en parle, moi, de ma bite molle ? Différent, ça oui. Tu peux me titiller l'élan. A fond.
Autant que tu peux. Gonfler avec un air de chair. Je te violerais pas. Ça non.
ELSA dit : " fais moi jouir avec tes doigts alors "
Ha ba d' accord ! De mieux en mieux. On part dans le comique. Autant pas du tout alors !
Vite vite. Je cours à la cellule. Clint Eastwood dans la tête. J'ai besoin d'air. Une bonne grosse
goulée !
L'évadé d' Alcatraz, ( goulée V)
" La fille,
les jours où elle est turque
parle turc .
J'aime.
C'est une vraie sonorité de punk.
Avec tout le lourd claquant.
La basse et la batterie.
Je vais rajouter du piment sur ma langue.
Et du poivre.
Je veux le même fond de gorge.
La fille elle me nomme et je souffle.
Ça gorge.
C'est bon.

Bon, je commence à fatiguer. Tant d'allés retours. Ça binaire de partout là. Ça se lie je ne sais
même plus comment . Déjà, je vais arrêter d'imaginer que la fille est à mes côtés, quand je regarde
un film compact , et qu' elle trouve ça chouette, les films que j' aime . Déjà, ça me reposera.
Taisez-vous aussi, tiens. Ça nous reposera tous.
EN SECRET, je te le dis, c'est même pas mon vrai livre. Mon vrai livre parle de ce qu'il y a Là
Haut. Un homme-canon-boudhique . Boum, pchuuuiiiiiii ! En fait, rien à foutre des meufs. Rien à
foutre de la Sexclusion . Juste, ça m'occupe, la prison.
Mon vrai livre, tellement est pervers en extase cosmique, qu'il pose la première pierre de ma propre
secte. Pigé ?
Ta ga da tsoin tsoin , houin la Sexclusion me heurte : détournons comme cela nos regards .Restons
dans l' actualité . Parce que mon vrai livre, sinon, c'est toute entière l'histoire du mec à capuche.
Alors ? Mais j'ai autre chose à faire qu'à vous tirer dans les pattes. En comparaison de ce mec,
Stan est un petit truand de quartier . Un tout autre livre , derrière , pousse au cul . Mais non. Plus
question de proposer quoi que ce soit de Vrai en mots . Maintenant je ne fais plus que dans le
spectacle. Du conte et puis c' est tout . Du tout bien qui fini bien. Show must. Allez, frimons en
crasse. Par terre.C'est bien ça le plus simple.

Ma petite amie


Résumé

Deux camps. Les Sexclus. Les Sexués. Tenaille. Mes organes.
Marie s'est décidé à écrire du porno. Il était temps.
Stan se terre mais ça ne saurait tarder.
Le mec à capuche, ce farceur, nous fout des claques d'eau.
Mon affaire de clopes marche. Bientôt oui la classe.
Ça y' est, je suis diplômé en chirurgie-barberie . Il était temps. Que je découpe à mon compte.
Je creuse à la clint Eastwood pour goûter le bon de la fille.
C'est l'été.
A la fin du bouquin, Stan se dévoilera et le narrateur en tirera les conséquences.


Marie s' enfolait à force d'écrire du porno. Il devenait noir des yeux. Bien cerné. Méchant.
" Je traie la vache qui m'engueulait dans ma tête" dit-il.
Oui d' accord, moi je veux bien, mais il ressort exténué, quand même, à chaque fois d'écrire.
Même, on ne l'en tire plus. Il y reste ? Bon ba alors ok. Au contraire alors. D' accord. On lui
aplatit la tête sur sa machine . Au boulot ! Et pas de quartier.
Il lutte à l'intérieur. Il est coupable. Ça se voit. Il le dit carrément : " Je sens que je deviens gras
gros des sourcils . Toi même, Icare, la dernière fois que t'as bossé là-dedans, t'as pris deux
centimètres de sourcils d' un coup ! Tu sais bien. J'ai peur, Larry flynt est laid. Dégeulasse. Porc.
Bien fait pour ses jambes.
Oh dis donc Marie ! Faut arrêter alors.
Non, parce que je traie la vache qui m'engueulait dans ma tête. Vengeance ... Vengeance et
tunes !!!! Revanche. Arrffff!!!!! " Lâche-t-il de travers.
MOI, j'étais le roi des clopes. Un vrai marché. J'étais devenu d'un coup un tueur. Un vrai
dépiauteur de chiens . Mais je m'en fous. Parce que c'est bon. Jouer au méchant. En vrai, rien
que de la pauvre armature . Pas une tune de plus qu'au début. Par devant. En vrai je suis en
trouille.
ET PUIS, ça y' est ! Je la tiens ma soirée tout-en-retenue . En live je testerai ma classe.
C'est remonté jusqu' au Sexué en chef, nos magouilles nos clopes. Le directeur. Je me réserve. Il
veut négocier sûrement . Nous trois, les monstres en ferraille, nous sommes invités, figurez-vous.
Au cocktail. Chez les Sexués. Au carrelage. Carré, carrelé. Il y aura de la Sexuée. Il faudra
séduire.
Tout en retenue, j'ai mis au point un stratagème temporel. Je suis malin. A coups de montre. Une
demi-heure entre chaque verre. Je contrôle la violence. Et d'une voix grave. Humm... Je vous dis
que !
Parfume toi Hobbo , mets toi trente et un et plus et tout ce que tu peux . Parce que là, mon poto ,
on est beaux du coup !
MAIS ça rugit au QHS. Stan . L'inguérissable. Y' a du tourbillon dans l'air. Sûr. Tous les tessons de
quatre mètres d' envergure , tressaillent . En pelote. C'est du nerf.
La la la il va arriver un truc méchant. C'est dans l'air. Et là, plus question ni de points ni d'
exclamations pour faire diversion . En pleine nos gueules ça va surgir. Ça plait à Marie. Les
vrombissements. Il s'en délecte. Bah ...

Je ne vais pas vous mentir : la tactique de la montre, ça a marché exactement ... Une demi-
-heure. Merde, contrôlage dérapé. Bah oui mais aussi ! Le vin appel le vin. Exactement.
Et puis il ne faut pas m'inviter à une soirée Sexuée. J'aime pas le gel et le carrelage. Les néons.
Et puis Johanna, alors là, poufff ! Laisse moi rire .Carrément écroulée la fille ! Plus de yeux, à
Quatre pattes entre les canapés , carrément défoncée . Oui, elle, décidément, me plait.
Trois têtes de crapauds enfoncées dans des fauteuils : c'était nous trois, les monstres en titane. En
otages, cernés par du sexe . De tous les côtés. Du chaud de filles autant que les mecs.
Et ça parle et ça parle et ça parle. De sexe. Chauds libérés. Libérez-nous !! Au lieu de ... Bla bla bla
la caille : " Pas plus de trente secondes il a tenu, nia nia nia , et lui , tu te rappelles , trop coincé sur
le cul hi hi hi , nia nia nia , c' est pour ça les terroristes : frustration , nia nia , morte de rire , il était
encore puceau à son âge , mais bon , j' ai rien dis pour pas le vexer , nia nia nia , hi hi hi hi hi hi
hi hi !!! "
Ba vas-y, tu fais la dégoûtée et puis Blam . Un coup de plus sur la tête des trois crapauds. Et puis
même. T'as pas à.
On doit puer, c'est sûr. A plein nez. Notre cellule. On pue le vert. Indubitablement, me dis-je.
Bla bla bla, ce fut le verre de trop. HO PUTAIN, me déploie-je, ça ne se passera pas comme ça !
Suicide by coops , vous connaissez ? Faudrait mieux pour vous que pas. C'est un phénomène que
l'on croise à toute vitesse aux États-Unis. Un dépressif décide de finir en beauté. Il vole une voiture,
se fait courser par les flics américains , tellement , qu' à la fin ils sont obligés de le descendre à
pleines balles .
Bien.
Transposez ça à boire dans une soirée. Malin plaisir. HI HI HI !!! Pas d'autre choix, ça gronde à
force d' être cerné . Faut que ça sorte. Alors. Suicide by coops .A fond ma caisse.
Marie fait le timide sur les verres, ce poète, mais j'ai trouvé en Hobbo un complice de qualité. Lui,
pour les courses poursuites , il est très impeccable . Indubitablement, me dis-je.
Mais quoi ?
Quoi ?
Quoi on les fait rire ? Deux tout-raides c'est marrant ? C'est des clowns ? Ha mais non alors, ça ne
se passera pas comme ça !
" - crrr crrrc crr Icare à Hobbo crrr tu m'entends hobbo ?
- crrr oui Icare crrr crr je te reçois crr
- T'es où là ?
- crr crr en sens inverse sur le périph crr
- Ok hobbo crrr plan B crr je répète crr plan B
- Bien reçu Icare crr crr je répète, bien reçu ."
Alors on a été méchants .Très . Une hache a fait Hobbo de son bras en ivoire et sectionna
minutieusement en plein de petits bouts la table basse qui commençait à nous énerver parce que
forcément ça puait le sexe avec tous ces petits trucs dessus , petits zinzins de je ne sais quoi de
bougies et d' encens rien que pour baiser et t' as bien fait Hobbo non mais ! Petits zizis.
Faut qu'on soyes des pirates !
Et puis tiens, je me sens puissant quand j'ai bu. A moi les fesses, les belles, celles qu'excitent
et tout .
Dans le fin fond de l'inconscient de ma Normandie profonde, chaque verre qu'on boit en homme
est un acte sexuel réussit . Alors une tête de grand fonçdé, c'est un gros baiseur. J'ai pratiqué. A
la bienne lune . Pleine en chienne. Cette croupe.
Quand je suis fonçdé, je n'ai plus peur d'être chaud comme mon père, des épaules, vaste alors !
J'enfanterais.
Mais puis je n'ai plus cette peur qui s'essuie moi tout de suite ce sperme dis donc. A l'aise blaise
dans la braise .
Dix milles vies à la fois.
Vingt milles volts.
J' y suis je vie. J'essuie. Les revers. A tour de bras. J'avance jusqu' à toi.
Faut faire du kung-fu !
Fonçdé à l'alcool. De la chair en chaud tas. Du chaud chair de coude à du dur bar. Du costaud
chaud bulle .
Je suis le seul dans toute cette putain de région qui soit digne d'être un descendant de terre-
-neuvas !
Je chasse au harpon, moi ! Moi.
Dans le froid et la glace.
J'en bois.
Achab et tout ! A fond.
Je déshabille, quand je suis raide, les filles du regard.
Et puis tiens, celui-là, c'est à la santé du mec à capuche. Mémoire. Qu'il s'esclaffe un peu.
Putain !
Tant qu'on y est, on va faire de l'émeute du siècle.
Marie brandit la machine à écrire qu'il dissimulait sous son fauteuil. C'est frénétique comme il se
met à pianoter d' un coup .
Et revoilà du porno ! Du tout chaud. Hummm . Hume ! T'en voulais ? Oh oui, des filles avec des
tresses s' il te plait .
Tu kiffes ça les beurettes ?
Je kiffe ça les beurettes.
A la vitesse de l'éclair Marie écrit et il va distribuer dans les cellules il revient il écrit encore les
mecs se branlent en deux secondes et en redemandent trois secondes plus tard il est de retour et
puis repart tandis que les Sexclus , singes , se tapent une autre queue et tout ça en l' espace de
trente secondes et ça continue en manège fulgurant à mort . Tout ça.
Tandis que ce temps là, Hobbo et moi, on s'est mis à poil et on fait tourner la zigounette sous le
nez des Sexuées . L'hélicoptère. Des bites en pâles de fer. Youh youh youh . Apocalypse now !
This is the end , la la la la la la .
En or. La coupe du monde.
Marie s'est croché au plafond. Tiens ? En touriste la tête en bas. Ça écrit ça jute. Du vert
stalactite qui blow .
Karateka Hobbo déclenche des salves avec son bras en acier .Aya !
En plein virage, un pneu crevé. Râ ! Dérapons.
Et puis la machine à écrire, comme prévu, pue. HIN HIN HIN !!! Ils n'avaient pas de masques à gaz
chez les Sexués . Ils s'évanouissent.
MAIS Marie se met à écrire en gothique. Et ça, c'est pas bon du tout. Car. C'est l'écriture de Stan.
Je le sais parce qu'il a les ongles longs avec des poils autour. Stan a possédé Marie. Bien planté
au cerveau. Planqué dedans le malin. C'était ça le vrombissement des bouts de verre.
Hypnotiques.
Je chope mais non. Marie est déjà parti distribuer du Stan . Et d'un coup c'est moins marrant. La
haine. La vraie. Illimitée. Ça va saigner. Sans recul. La tête dans le guidon.
Je vous préviens, c'est très mal écrit. Mais Stan, en même temps, c'est un gamin.
Extrait du journal de Stan :
" 00h27
Des gros loups gris. Massifs.
Une douzaine.
Certains sont borgnes. D'autres boitent.
Ils escaladent les voitures, les poubelles ; grimpent sur les toits tout autour du sex-shop.
La lune est pleine. Le ciel est dégagé.
Mon fantôme les a rejoint. Debout sur un toit, il a les traits creusés et sa main grise agrippe un
poteau d' antenne de télévision grise .
Les loups grognent quand je les frôle.
Les rues sont vides. Silencieuses. Le ciel est dégagé et la lune dit d' accord.
Alors le plus vieux des gros loups hurle.
Les autres hurlent aussi.
J' hurle.
A plein, plein poumons.
Hurlez l'enfer !
Pour toute une meute.
J'ordonne."
Ça a tout excité tout le monde ses conneries. Les Sexclus. Exactement là où il voulait en venir,
l'enfoiré . Au carnage.
En gros, on a éventré les Sexués et on a pataugé dans leurs tripes. La gueule de sang des
Sexués. Ratabadam tambours de couilles. Ouais !
Sauf Johanna . Parce que d' abord, cette belle, je ne veux pas qu'elle se fasse carnager. Non
mais. Et puis surtout parce que de la veille elle n'avait toujours pas dessoûlé. A plat ventre sous
le canapé . Elle dort tranquille. Tout un univers à l'intérieur. Ouf.
Vas-y toi, Hobbo , pendant que tu y' es , mets leurs slips sur ta tête ! Non mais je te jure, toi,
parfois, c'est n' importe quoi !!
Donc on avait bien les mains pleines de sang. Tout foufous. On jappe et tout.
Ha ba Marie ! Ha ba d' accord ! Alors lui carrément il aspire des tripes comme des spaghettis. Ces
rouges lèvres . Ça sauce dis donc !
Bon dis donc les gens, c'est un petit peu n' importe quoi tous ces menus plaisirs. Parcequ' on est
libres là je vous ferais dire . Alors on s'escampe et plus vite que ça, non ? Par où ? Par là !
On a entreprit de creuser le mur des moites. Tout en giclements. Ça. Floc alors !
Bientôt au sec. Promis.
Bientôt Sexués et propres et beaux. Avec des auras de pères et tout le kit : un pénis et du chaud
dans les bras , de l' assurance . Oui. Oh merde, jette moi cette clope ! Ça m'énerve à la fin.
Mais on sera des Sexués à la nous alors : un petit peu sales mais tout mignons quand même.
Allez, mouvons.
Alors aussi mon pantalon est punk. Avec un pantalon dégueulasse comme le mien, n' y a plus que
la fierté à hisser comme étoffe . Debout par la crasse. Sans parler des baskets. Lourdes.
Dès que je suis dehors, je m'achète une chemise propre. Pour être classe et pour le pouvoir
indubitable de la séduction . C'est inéluctable, me dis-je.
Mais je garde mon pantalon sale. Hé ho, t'as vu qui tu lis ? Ni gel ni carrelage on a dit.
Derrière le mur des moites, ça continuait. Il fallait creuser au travers : de la pisse de rat, des
kleenex et du beurre , de l' apnée , du jus de poisson , de la colle , du vinaigre , du poisseux dans
les trous de nez , de la mayonnaise glucosée , et ... Et je me suis retourné . J'étais plus que tout
seul à creuser . C'est indubitable, me dis-je, il se passe quelque chose.

Les testicules de Marie pendaient contre sa cuisse. Le coup de lame n'avait pas tranché net : un
morceau de peau les retenait encore au tronc et déjà un gros bouillon de sang noircissait ce qu' il
restait du jean . Bizarrement, avant même la colère, ma première pensée fut que l'autre, Stan,
aurait du frapper juste . Parce qu'avec son long manteau noir, ses traits tranchés et ses cheveux
plaqués , c' était un affûté . C'est contre les murs du QHS qu'il a aiguisé sa silhouette haineuse,
anguleuse, déglinguée .
Profilé à ce point pour la haine et l'incision, c'est d'un coup sûr et définitif qu'il aurait du détacher,
et pour de bon , les couilles de mon ami .
Marie tomba à genoux puis à terre. Mort.
C' était l' averse , j' étais trempé , marre .
Le sang de mon ami s'incorporait brutalement à la bouillasse.
C' est Hobbo qui m' a expliqué : Johanna est apparue au mirador et quand Marie s' est charmé
d' elle pour aller vers , Stan n' a pas voulu , il a bondit pour trancher .
Rapace de loup.
-" Personne n'ira nulle part ! Gueule Stan. Vous êtes ici mon armée. Ha oui, hein, on est des
Sexclus ? On nous crache. On nous tabasse de pub à longueur de journée. J' y ai bien réfléchi.
On nous tabasse quand ça leur fait plaisir.
Ils nous ont choisit une honte et ils ont planté des murs autour. Ils nous ont ratatiné dedans.
Sexclusion. On les rassure. Ils pensent à nous quand ils jouissent, et ça les rassure : pendant ce
temps là ils ne sont pas nous . Des épouvantails qui les poussent à copuler .Voilà . C'est nous.
Ils nous ont imprimé " Sexclus" bien profond. Qu'ils croyaient qu'un nom pareil ça paralyse. Que ça
nous fait baisser les yeux devant eux .
He bien MOI, je shoote dans du crâne. A l'os ! A la dent ! Des ongles. Que du pointu.
Sexclus ? Alors d'accord, mais à fond alors. Je renverse cette situation. Je prend ce nom et j'en
fais mon étendard . Je me l'approprie. Je fouette de rage des pieds mon cheval rouge. A la dent.
Personne n'ira nulle part. Vous êtes ici mon armée. On baise pas ? Alors les autres non plus.
On tue.
Sexclus , on le reste et on le revendique . Je vous sort ma bite. Nouée. Mauve. A force. T'as vu,
j' y ai tatoué Sexclusion . Ce qu'il sonne bon, putain, ce nom ! Parfait pour un raid.
Tu veux quoi ? Ta bite dans le vagin mon chien ? Renifler ? A mort plutôt non. Ma lame. C'est
dégueulant de pleurer pour de la chatte .
A rien. Jamais.
Je vous donne la guerre. On aime ."
Alors là, d'un coup, je me sens petit joueur. Je ... Hé ! Mais il est beau ce con là ! Il me séduit
l'enculé ! Avec sa force brute qui dégage du passage. C'est frissonnant. Merde. Attends ma
poule. Que je m'en remette. Mes esprits. Ça non !
-" Je vais écrire la bible des bibles, gueule Stan. Je vais bestseller partout. Moi-même la
couverture. Je débarque en soirée mondaine. Les Sexuées sont amoureuses de moi car j'ai
écrit un livre célèbre avec du mal dedans . Plus.
Et alors, puisque je serai beau avec mon long manteau noir, beau comme un trait, j'irai toutes
les envoyer foutre ailleurs . Je vais en bousiller, moi, de l'émotion ! Blesser comme un dingue.
T' as vu mon sourire ? Ma lame ? Pas mal, hein ? Même plus mal. Je vous donne. La guerre.
Mes petits frères à moi."
TA GUEULE GRAND CON !!! Ferme ta grande gueule poubelle !
Que tu crois d' abord ...
J' ai rien à foutre en Sexclusion . MOI ! C'est à la tchatche ? A l'arène ? Ok. Alors j'ai une putain
de foi ! Des putains d'organes ! Bien complets. En place. Un par un. Avec tous les condiments.
Un putain de coeur ! Une putain de belle âme ! Bien plus noire encore que la tienne. Même pas
peur ! Vole moi pas la vedette. Tout un arsenal. Des images guerrières, tout un stock. Un orgueil
lancé à 200 à l' heure . Au conteur.
Je connais la vitesse de la bile. A la micro-seconde près. Le temps qu'il lui faut de la dent à
par terre . Tout !
Je sais très bien ce qu'est la persistance rétinienne. Un enseignement de chirurgie-barberie .De
l'organe mais pas seulement . Du tout droit. En droit. Je ferme les yeux, j'ouvre. C'est encore là.
En plein milieu. Plein dedans. En droit. Je fonce. A pleins pieds.
T'oublies un peu vite que je suis mythologique, pépère. Des rigolos comme toi, j'en ai vu des
fosses entières. Tu m'auras pas, trou du cul.
Je m'accroche. Parce que c'est trop bon. De s'accrocher, en plein jus. Je me dresse en contre.
Totalement. T'as vu mon déploiement ?
Mon écriture, elle se sait belle en t-shirt bleu. Toute une histoire de chakra du coeur. Si je veux
quand je veux j' écris au bleu . Tu m'as pris pour qui ? Pour Dante la baltringue ? Que je me suis
fait chier à yoyoter des cimes aux trous pour rien ? J' y ai goûté, vraiment, moi. Alors de la saveur,
ça y' est , j' en ai qui s' écoule . Faut pas agacer un vieux singe. T'as cru quoi ? Pas vu pas dire pas
ouïr ? Mon cul oui ! Ça c'est bon pour les singeonneaux .
Le monde crève sous les Sexclusions. Sous les Scoeurclusions . ( Johanna , elle , c' est en
Scoeurclusion qu'elle en bavait des biles. Alors tu vois, des raisons d émeutes internes, tout le
monde en a des portées , bien en mamelles, gestives là , juste où ça doit se réveiller. Un jour.
En rage) .
Je me souviens, les matons, à quel endroit ils ont rangé le bourrin bulldozer. Moi. Dans le
réservoir du bourrin bulldozer , j' y verse tout mon sang , mes larmes , toutes mes tripes . Toute
ma gueule . Des trucs de punk. Ghostbusters ! Le tout dernier de tous les pleins. La grâce. A raz
bord de grâce . Dans la cabine, je règle à mon aise le siège de mon ego. En tongues. Moi.
Au bourrin bulldozer, je tabasse les murs et puis les barbelés. Hop, j'enjambe les tranchées, ma
peau dure de parchemin.
Je rejoins Skeletta , en Espagne .
Elle va m'aider car je vais la déshaïr.
Point final.
Je gueule .

Notes de bas de page :

Page 1
la fonçdée : la défonce ( Etre fonçdé : être défoncé .)

Page 3
Trotula : Onzième siècle. Passionnée de gynécologie et d'obstétrique, elle est la première à
avancer l' idée qu' une conception manquée peut provenir de l'homme comme de la femme .

Chirurgien-barbier : Ancêtres des chirurgiens. En gros, personne à l'époque pour mettre la main
à la pâte ( fractures , plaies , abcès ) . Ce sont donc les marchands forains, les arracheurs de
dents et les barbiers qui s' y sont collés . Ne sachant pas lire le latin, ils doivent tout apprendre par
la pratique, ce qui en fait des chirurgiens particulièrement habiles et inventifs . Pour des raisons de
décence, ils sont écartés des accouchements .

page 15
couper les ailes :Chez les Manjacs , le nourrisson vient au monde doté d' une paire
d'aile et du pouvoir de clairvoyance . Le processus d'humanisation passe par plusieurs rituels
dont les suivants : La mère "coupe" les ailes du nourrisson pour l' empêcher de basculer dans le
monde invisible . De même, on lui crache dans les yeux pour lui ôter le don de double vue. Il
est aimé.

Touid's   blackpeeble@wanadoo.fr

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