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Littérature enfantine

     Trouvez dans l'index les extraits de récits et histoires illustrées pour enfants qui vous intéressent.

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La mamie oubliée Karine Leroy, novembre 2002.
Le conte du marin amoureux d'une vague
Karine Leroy, novembre 2002.

      

     Karine LEROY écrit des poèmes, des histoires pour enfants et illustre elle-même ses
 histoires. Karine est aussi une auteur autoéditée. Elle nous a confié deux de ses petites
 histoires, que voici:


 


            LA MAMIE OUBLIEE:


  1
 
Il était une fois l’histoire d’une dame,
  une dame tout à fait bien,
  à qui il arriva une drôle d’aventure.

  2
  D’abord elle commença à confondre ses
  pilules…   les jaunes et les bleues.
  Et puis son chien et sa sœur ne lui
  téléphonèrent   plus jamais. 
Mais tout allait très bien pour cette gentille dame.
Jusqu’au jour où il fallut la transporter de son petit appartement
vers un hôpital tout neuf…

3
…puis enfin de cet hôpital tout blanc
vers un drôle de bâtiment très rose.
Finalement il était joli, ce petit immeuble,
avec ses fenêtres toutes semblables et ses bancs partout.

4
Toutes les chambres étaient les mêmes.
Mais on avait le droit de mettre des tableaux différents sur les murs.
C’est ce qu’elle a fait cette dame.
Elle en a mis plein pour se rappeler les gens qu’elle avait aimés.

5
Personne ne lui disait quand elle rentrerait chez elle.
Alors elle attendait gentiment.
Elle ne faisait pas beaucoup de bruit.
Et comme elle n’avait pas d’enfant, elle n’avait pas de visite.
Mais il y avait la télévision, et la sieste aussi, heureusement.

6
Le Mercredi après-midi, c’était le jour du coiffeur.
Une jeune femme avec des cheveux rouges venait exprès.
Elle s’occupait des ongles des habitants de l’immeuble, et parfois des shampoings.

7
Le jour des animations, c’était le Vendredi.
Alors tout le monde jouait aux cartes ou aux mots croisés.
Et le Dimanche, des dames bien habillées, en blanc, servaient un bon repas dans la grande salle des repas.

8
La dame comprit vite qu’elle ne rentrerait pas chez elle.
Les semaines passaient dans cette maison rose et elles se ressemblaient beaucoup.
La vieille dame devenait de moins en moins jeune.
Elle ne s’ennuyait pas, seulement elle trouvait le temps un peu long.

9
Puis elle tomba dans le grand couloir des chambres vertes.
Là on la plaça dans une chaise confortable avec des roues.
Elle y passa tout son temps.
Peut-être la nuit, aussi…

10
La vieille dame ne devait pas être malheureuse.
Elle se demandait simplement où étaient rangées ses affaires à elle, tous ses souvenirs à elle, de sa maison à elle…
Elle trouvait amusant de se revoir souvent à l’école avec sa sœur et son premier amoureux : Louis.

11
D’ailleurs, il y avait un Louis, dans la chambre bleue, collée à la sienne.
Il avait sûrement déménagé, car elle ne le croisait plus au restaurant au goûter.
Pareil pour Marcelle…

12
Sans doute allait-elle aussi partir à un autre étage, sans ascenseur et sans escalier.
En attendant, elle dormait…
Et elle mangeait des bonbons mous.
La fenêtre de sa chambre bleue s’ouvrait,
et se fermait à la même heure chaque jour.

13
Elle avait vraiment envie d’un bain, cette vieille dame.
Et personne ne le lui donnait.
Avec son père, Dimanche, ils iraient chercher des champignons.
Il avait toujours de bonnes idées.

14
Et puis une nuit d’automne, alors que la lune éclairait toute les chambres de la maison rose…
elle rejoint Louis et Marcelle.
Son dernier instituteur aussi l’attendait,
avec son chien et des bonbons mous.

            Karine Leroy, novembre 2002. contact@karineleroy.com
                                                                 
http://karine.leroy.edition.free.fr
                                                               

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            LE CONTE DU MARIN AMOUREUX D'UNE VAGUE:


  1
  Je suis matelot sur un bateau de contrebande.
  La contrebande, ce n’est pas toujours ce qu’on 
  croit. Il y a des tas de choses qu’on peut
  contrebander. Par exemple on peut faire le
  commerce de sirènes.

  2
  Moi, mon bateau, c’est ce qu’il faisait, avant.
  Il prenait des sirènes dans l’eau, je veux dire dans la mer, la grande, et puis il les revendait à des gens qui n’en avaient pas.
Cela s’appelle du trafic.

3
Comme les sirènes bougeaient beaucoup, on les mettait dans des filets bien solides.
Je devais juste les surveiller dans leur filet.
Mais moi je n’aimais pas bien ça.
Parfois les sirènes criaient. Elles ne chantaient pas, elles criaient.

4
Alors je leur disais que ce n’était pas grave, mais au fond de moi, je savais bien qu’elles étaient malheureuses.
Un matelot ne pleure pas. C’est mon commandant qui me l’a dit.
Et un commandant, ça a toujours raison parce que ça crie très fort.

5
Et puis au bout de 1000 siècles de trafic, une comète est tombée tout près de mon bateau.
En fait elle tomba presque dessus. On aurait cru que quelqu’un nous avait visé du ciel.

6
Mon commandant tomba à l’eau, et tous les commandants de tous les bateaux de toute la Terre aussi.
Je crois qu’on n’en a jamais retrouvé aucun.

7
Donc sous la grande vague, il y avait les commandants, et au dessus, il y avait les sirènes et moi.
J’ai eut beaucoup de chance.
8

Mais personne n’était triste car finalement cette comète donna le plus beau feu d’artifice qu’on ait jamais vu.
Maintenant j’ai compris pourquoi je n’avais pas coulé.

9
J’ai oublié de vous dire que les sirènes sont toutes très jolies, et aussi très gentilles, et qu’elles ressemblent un peu à maman quand elle était jeune.
D’ailleurs au moment du drame, elles ressemblaient à des anges avec leurs nouvelles ailes.
Peut-être que la comète était magique.
Enfin apparemment pas magique pour tous...

10
Depuis ce jour, j’ai au moins appris à nager. Maintenant, les sirènes volent, et elles marchent aussi.
Il n’y a plus de bateau, ça tombe bien il n’y a plus de commandants non plus.
Mais pour un matelot, c’est embêtant.

11
Ce n’est plus important car je vis une histoire d’amour... Une histoire d’amour secrète.
J’aime en secret une sirène.
Personne ne sait. Sauf vous maintenant.
Je crois qu’elle m’aime aussi. C’est difficile à voir.

12
Elle n’a pas de nom. Mais moi je l’appelle ma libellule parce que j’ai l’impression que ses ailes s’allongent quand elle me voit.
Nous nous rencontrons sous le phare, par hasard.
Mais moi je le fais exprès d’aller près du phare.

13
Aujourd’hui, ça fait 7 lunes que la vague est passée avec nous deux dessus.
C’est elle qui m’a sauvé.
Seulement elle a toujours l’air triste et ça m’ennuie.

14
Alors aujourd’hui je veux lui demander si elle m’aime.
Je vais sous le phare et elle me répond qu’elle pense aux commandants sous l’eau.
Je ne comprends pas, mais c’est comme un ange qui me parle, tout va bien.

15
Là elle lève les bras et les commandants sortent de l’eau. Ils sont devenus gentils et ils volent eux aussi, comme ma libellule.
Elle dit « Maintenant nous pouvons nous aimer ».
A cet instant je me demande si nos petits auront des ailes...


            Annexe :

Le chant des sirènes,
Celui de la peine.
Oh, toi beau marin,
Donne nous la main.

Nous sommes tes amies,
Depuis toujours tes sœurs
Et ta mère qui te suit,
Enfin donne nous ton cœur.

Je t’aime, mon beau marin,
Arrête: regarde-moi,
Je suis tout près de toi...

Moi le marin,
Toi la sirène,
Toi dans ton bain
Et moi qui t’aime.

            Karine Leroy, novembre 2002. contact@karineleroy.com
                                                                 
http://karine.leroy.edition.free.fr                                                            

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