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Contes

     Cette page vous propose des contes ou des petites histoires complètes ou des extraits équivalant 
 à des entités complètes.
     Trouvez dans l'index les textes qui vous intéressent.

Index:
(Cliquez sur votre sélection)

Un "second moi" Sergine, février 2003.
Juste un pois
Salomon Sufu, août 2001.
Le boulanger de mon village Pierre Clérico, février 2001.
L'enfant à la lance magique (conte camerounais)
Otong Harry Steve, août 2003.
L'homme qui cherchait son héritage (conte camerounais)
Otong Harry Steve, août 2003.
La rose du royaume
Otong Harry Steve, avril 2004.

 

 

 

            Un second moi

            Ma famille et moi sommes réunies dans un appartement que je ne connais pas. Nous fêtons apparemment quelque chose, mais je ne sais pas ce que c'est. Nous sommes dans un salon. Tout le monde semble s'amuser. Je les vois qui parlent et rient. Moi-même je discute avec ma sœur, quand soudain, je ressens une douleur violente dans la poitrine. Je m'asseois dans un fauteuil. J'ai du mal à respirer. Tout le monde se regroupe autour de moi. Puis, tout à coup, tout semble tourner et je m'évanouis. Mon frère prend les choses en mains et téléphone aux secours. Pendant ce temps, on m'allonge sur le canapé. Ma respiration est haletante. Les pompiers arrivent très vite. Après une rapide évaluation de la situation, ils m'emmènent à l'hôpital. On arrive sur le parking, ma famille descend de voiture, elle semble bouleversée.
            J'ai repris conscience dans l'ambulance. Deux médecins viennent à ma rencontre avec un brancard. Lorsqu'on me met sur le brancard, j'aperçois ma famille entourant un autre moi plus désemparé qu'eux. Elle semble accablée par ce qu'il m'arrive. On m'emmène aux urgences où j'ai de plus en plus de mal à respirer. Un médecin me met un masque à oxygène pour m'y aider. On m'installe dans une pièce entièrement blanche, d'ailleurs cette blancheur me fait mal aux yeux. Il n'y a pas de fenêtre, seulement deux portes battantes vitrées. Mes parents entrent à leur tour, ils entourent toujours cet autre moi. Ma mère demande alors au médecin ce qui m'arrive. Il lui répond que j'ai une crise de tachycardie. Tout à coup, mon second moi se met à pleurer et court vers les portes. Au moment où elle les claquent, je ressens une douleur foudroyante au cœur. Je ne peux plus respirer. Un médecin s'écrit : " Elle fait un arrêt !". Ma famille est désespérée.
            Les médecins branchent les électrochocs, " dégagez !" dit l'un d'eux et une première secousse survient suivi d'une deuxième. Alors, à nouveau, j'entends les battements si doux de mon cœur. Je reprends peu à peu conscience. Ma mère s'approche de moi. Il me semble qu'elle veut me parler mais je ne comprends pas. Après plusieurs minutes de silences, mon second moi entre à nouveau dans la salle. Je la fixe, essayant de comprendre pourquoi elle est là. De nouveau, respirer m'est difficile. Je m'agite, ne comprenant pas ce qui se passe. Les médecins me disent de me calmer, me remettent le masque mais rien n'y fait. Je ne peux pas me contrôler. Je voudrais communiquer mais cela me paraît impossible. Les battements de mon cœur, qui me semblaient si doux aux oreilles, deviennent de plus en plus rapide et insupportables. J'aimerais qu'ils cessent cette course infernale. J'entends les médecins qui me demandent de me contrôler, mais il est trop tard. Je semble une nouvelle fois m'être enfermée dans le silence. Je me sens si bien, si reposée et apaisée par cette mort qui me délivre. Encore une fois, on essaye de me ranimer, mais cette fois-ci je sais que rien n'y fera. 
            Un premier choc soulève ce corps inerte, puis s'enchaîne un deuxième qui le fait retomber dans un bruit sourd. Ma famille est désemparée. Alors que mon second moi s'écrit : " c'est de ma faute, c'est de ma faute ! ".

             Sergine, février 2003. Phoepes@aol.com 

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             Juste un pois


            Le damier jaune avec ses portés de grains de café peut faire rire. Surtout si l'on se trouve du côté opposé à la cuisinière et qu'on s'ennuie à mourir, qu'on n'a rien d'autre à faire.
            Rien ne cuit, rien ne cuissotte, rien ne fristouille. Tout est parfaitement calme dans la cuisine et un grain de café qui aurait voulu s'extraire de la nappe canari pour découvrir le vaste monde aurait été repéré en moins de temps qu'il ne vous a fallu pour lire cette phrase.

            Jérémy est accoudé à la table de la cuisine. Il tente désespérément de terminer sa grille de mots croisés. Mais comme vous êtes curieux et moi très malin, voici les mots qu'il lui manque : citron - mémento - guigne - pois. Ne riez pas. Il ne faut pas se moquer de lui. Vous, vous m'aviez, alors c'était un peu facile. Tandis que Jérémy, toujours accoudé devant sa grille, il se ronge les ongles tout seul, il tourne les définitions dans tous les sens en passant une langue rose.

            Et puis, là où vous êtes en train de le lire de travers en conduisant votre plateau-repas, là où vous tentez de le déchiffrer une centaine de fois lorsque le train écrase un crocodile, Jérémy, lui, il risque plus que de s'ennuyer. Il risque son repas. Et quel repas !

            Oui. Quel repas ? Ca, personne ne peut vous le dire parce que sur la cuisinière, rien ne cuit, rien ne cuissotte, rien ne fristouille. Rien du tout : les taques sont froides et les casseroles alignées en rang d'oignon près de l'ail dans l'archelle.
Tout de même, la maman de Jérémy, seule, sait.

            Notez, elle ne sait pas grand chose ou, pour être plus précis et moins péjoratif : elle sait qu'il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent, quand bien même cette hypothétique cavité serait divisée par dix : des quenottes. Mais ce n'est pas ça l'important. L'important c'est que Jérémy avale sa géométrie, sa géographie, son histoire. Ca, ça nourrit vraiment son homme. Même si c'est encore un enfant. Ca le gonfle et l'envoit au plafond des érudits comme une montgolfière en chaleur. Et puis, le week-end, on improvise des problèmes avec le robinet de la baignoire qui ne goutte pas comme il faudrait ou bien si maman a dégotté un vieux journal, on en fait les mots croisés au crayon. Puis on gomme et on recommence. Jérémy, le week-end, après les cours, c'est un vrai puits de vocabulaire.

            Et puis, plus tard, vomissant tranquillement son savoir, assis confortablement dans sa chaire, il pourrait manger ce qui lui passerait par la tête. Et ses connaissances infinies lui permettraient alors d'avoir plein de choses qui lui passeraient par la tête, plein de choses exotiques que la cuisine de maman n'a jamais vues. Même pas dans les magazines de chez le coiffeur. 

            Jérémy a trouvé " citron " !

            Maman observe son fils noter son mot avec tendresse. Elle essaie de pleurer un peu. En cachette de son mari. Ainsi, elle a de l'eau propre et du sel : il suffit d'un cul de navet ou d'une fane de pissenlit et elle fait de la soupe et tout le monde est heureux.

            Mais aujourd'hui, ça ne vient pas. Bien malgré elle : elle s'est plantée les ongles dans le fessier, rageusement ; elle a marché sur le gravier brûlant de l'allée du garage. Rien n'y a fait. Elle a songé des heures durant à la mort de sa mère, à la facture d'électricité, à la bouteille de kirsch vide. Pas moyen. Pas de soupe aujourd'hui.

            Tout ce qu'il y a à manger dans le réfrigérateur c'est…

            Jérémy a trouvé " mémento " ! Il est très fort !… 

            Vous ne lui avez pas soufflé à l'oreille, n'est ce pas ?… Sinon vous feriez de la peine à maman. Non, pas cette bonne grosse peine qui fait les chouettes soupes mais cette peine stérile et sèche qui cerne les yeux, cette peine de sentir que les arithmétiques s'envolent sans qu'on puisse les retenir, que les mots tombent au fond des océan avec un poids bien lourd accroché à la jambe. Jérémy doit y arriver seul sinon, cela ne sert à rien. Cette histoire s'arrête bien avant qu'il ne passe ses examens et vous n'y serez plus pour l'aider en chuchotant les réponses. Vous y serez encore moins lorsque Jérémy -mais c'est évidemment encore hypothétique- entrera en chaire. Il faut encore qu'il grandisse, que le temps fasse son travail.

            Maman s'est levée, elle regarde par la fenêtre. Juste au centre de l'éclat de verre manquant, il y a une mobylette qui approche. Elle pétarade et ça remplit les oreilles. Maman se dit qu'il y a plein de choses qui remplissent plein de choses dans le monde entier. Ca la rend triste ça, elle qui a tant de mal a remplir la marmite. 

            Une larme se prépare, elle vient, elle roule lentement. Vite : tourner le dos à Jérémy, prendre une petite tasse dans l'armoire…lààà… la mobylette s'est garée juste devant la porte : c'est le papa de Jérémy, le mari de sa maman. Celle-ci renifle : il ne faut pas qu'il la voie pleurer ! La poignée de la porte tourne, maman sursaute, la tasse chute…
            Bleng !

            Jérémy a trouvé " guigne ". 

            C'est peut-être dû au sursaut de peur provoqué par le bruit. Ou à l'entrée de papa. Ou à son estomac qui tire sur ses méninges pour se remplir par défaut. Ou encore par votre train qui vient de dérailler. Peut-être un peu de tout ça. 

            - Alors ! Qu'est-ce qu'il y a à manger ? s'écrie une grosse voix. Tiens ! Rien ne cuit, rien ne cuissotte, rien ne fristouille ? Qu'est ce que ça veut dire ?

            Papa sent la sueur des chantiers, le goudron : c'est papa. Maman se frotte les mains en les tordant un peu trop dans l'essuie de vaisselle. Jérémy est plus que jamais emprisonné derrière sa grille. Les grains de café s'aplatissent. La cuisine attend.

            - Tout ce qu'il y a à manger dans le réfrigérateur, c'est…

            Papa regarde autour de lui. Il n'y a rien d'extraordinaire dans la cuisine : la peinture qui s'écaille sur les murs ; le bac du géranium qu'on engraisse pour Noël ; une salopette à repriser qui traîne sur le dos d'une chaise ; la vitre par laquelle vous le regardez (mais lui, il n'est pas assez attentif pour vous voir car il revient du chantier et il est fatigué). Son regard revient sur maman qui est toute petite et arrive à peine à se hisser sur ladite chaise.

            - Je r'viens du chantier, j'ai travaillé dur pour vous deux et y a rien à manger ?

            Jérémy cherche toujours. Il regarde sa maman toute petite et son papa si grand et se demande s'il ne pourrait pas l'aider. Juste une fois. Sa petite voix énonce consciencieusement :

            - " dans notre cosse, nous sommes à l'étroit " …

            Papa a arrêté de parler et regarde fixement Jérémy.

            - De quoi qu'tu parles, fiston ?
            - C'est une définition.
            - Tu n'as pas faim, toi ?
            - Si mais je dois d'abord finir ça.
            - Et pourquoi donc ?
            - Parce qu'un jour, je voudrais être en chaire.
            - Comme Pinocchio, hein ?
            - Non, comme un gros.
            - Ca, sûrement pas.

            Les grains de café ont fait une farandole et dansent sur la nappe canari qui sifflote pour les accompagner. Jérémy repose son cahier de mots et monte sur la table. Là-haut, il est aussi-grand-que-papa-aussi-petit-que-maman. La différence, c'est la table : c'est mathématique et ça le fait rire d'y avoir pensé.

            Après tout, quand il sera bien en chaire, il ne pourra peut-être plus rire. Pourtant, ça fait passer le temps. Et puis, ça fait d'un salopette sale un océan déchaîné. Des ballons à blagues ou des perroquets en boule. Du sirop de lapin en gélule ou un glaçon qui fond dans le coca. Une abeille qui a perdu ses ailes ou une chenille sans corps. Une huître qui vomit son estomac ou un chien qui glisse. Un réverbère dans la nuit ou un chat fatigué. Une poule tombée dans la boue ou un tourniquet qui va trop vite. Un repas dans le frigo ou un estomac ballonné. Un mot croisé à la poubelle ou une larme de maman qui roule. Ca fait d'un petit pois des planètes entières.

            Y'a des pois qui font des trous dans le dos des princesses, vous le saviez ça ?

            Oh… Jérémy a trouvé… c'est " pois " … ! 

            Salomon sufu, Mons, le 21 août 2001. salsufu@q-bec.com

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            Le boulanger de mon village

Il y a eu sur le midi une tempête de neige et le courant a manqué pendant plusieurs jours dans certains villages ...
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A Gonfaron, il y a plusieurs boulangeries. Toutes sont modernes (sauf une ), avec leurs fours rutilants, tout inox et plastique de haut de gamme.
Quand ils sont réglés (en informatique on dirait "programmés") ils font le pain tout seuls ! Le boulanger va se coucher un petit moment et quand il entend la sonnerie il appuie sur le bouton "éject" et voilà son pain cuit, doré à souhait, qui va s'installer sur les rayons de la boulangerie !

Quoi ? j'exagère ? … Oui sans doute ! En fait, je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne ces trucs là ! Tout ce que je sais c'est que j'en ai pris une fois de ce pain blanc, c'est pas bon !
Le lendemain il était déjà dur comme un stockfisch !
J'ai voulu en faire des tartines au miel, pour tremper dans mon café, il est devenu tout gluant, il a fondu, m'a glissé des doigts. Il a fallu que j'aille le récupérer à la petite cuillère !

Toujours est-il que, mardi dernier, les boulangers de Gonfaron n'avaient pas de pain. Dans la nuit, à cause de la tempête de neige, la région est restée en panne d'électricité et leur "fournée" n'a pas pu sortir de la machine !

Or, le lendemain matin, quelle surprise ! il y avait une belle file d'attente devant mon boulanger !!! Une belle queue comme dirait Lolotte, ma voisin.
Même la mère Strombanelli, elle qui dit tant de mal d'Elie, (parce que jeunes ils avaient un peu fricoté ensemble) était là qui attendait son tour.
Il était le seul à avoir pu finir sa fournée, le père Elie !!! Pourquoi ? … Il a un groupe électrogène ? ... Une de ces machines de pompiers que l'on branche sur son installation électrique et qui donne la lumière … Que nenni ! Il à un four à bois !

Quand il était jeune, mon boulanger, il ne voulait rien faire à l'école. Pensez donc ! il n'a même pas pu décrocher son certificat d'étude !!!
Alors son père lui a dit en provençal, (à l'époque on parlait dans notre langue, même si le maître d'école nous donnait des coups de règle sur la tête, car c'était interdit). Donc, il lui a dit : "travailli pas a l'escolo, vas travailla dins la vido. Te metti che lou fournié coumè fourneiron" (Tu ne travailles pas à l'école,tu vas travailler dans la vi . Je te place chez le fournier, comme mitron).

Ainsi fut fait. Notre apprenti boulanger travaillait dur, mais il aimait beaucoup cela. Le matin, en quittant son travail, il dormait quelques heures, puis, il allait cultiver le petit carré de jardin que ses parents possédaient devant leur maisonnette, histoire de pouvoir faire une bonne soupe de légumes en famille ou manger, un matin d'été, une belle tomate fraîchement cueillie et tout juste assaisonnée d'un peu de sel.
Vous savez ce que c'est vous, de pouvoir déguster le matin une tomate fraîchement cueillie ? Une tomate venue à maturité sur son cep ! Pas un de ces fruits que l'on cultive dans une serre, ou les copeaux de polistyrène servent de terre, tandis qu'on le nourrit au goutte à goutte comme un moribond en salle de réanimation ...

Ici, je vais ouvrir une parenthèse car il me vient en tête le souvenir d'un objet dérisoire, certes, mais qui mérite d'être décrit :
Dans le cabanon au fond du jardin, il y avait toujours, chez nous, dans un vieux buffet de cuisine tout rapiécé, au milieu de la vaisselle ébréchée et de couteaux à la corne défraîchie, une salière faite "maison".
C'était un morceau de bambou judicieusement coupé afin qu'il garde une séparation au milieu de sa longueur. On mettait d'un coté le sel, de l'autre coté du poivre moulu et on fermait le tout avec deux bouchons de liège.
Cette salière était consacrée à la dégustation des tomates crues ou à l'assaisonnement des côtelettes de mouton que l'on jetait dans la braise, les matins de mars, quand on se livrait aux premiers travaux des jardins.
Je ferme la parenthèse et je reviens à Elie, notre boulanger. Il est devenu maintenant adulte, il a pris femme. Il est même papa de plusieurs gamins.
Un beau jour, son patron, devenu vieux et usé par une vie de fournil, lui dit: "Tu sais, garçon, je suis fatigué, tu vois que c'est toi qui te coltine toute la fournée... La patronne elle en peut plus non plus, la pôvre !.. Alors, on va prendre notre retraite… Mais ça m'embête de vendre ma boulangerie au premier Ramastégaou (gougnafier) venu de la ville, qui va m'en donner une bouchée de pain ! (et pas du mien !)

Si tu veux, je te la vends à toi, ma boulangerie, car avec toi je suis tranquille. Je sais que tu en prendras soin, tu es courageux et travailleur et de plus tu l'aimes notre pétrin !
J'ai qu'a te voir faire quand tu l'astiques jusque dans ses derniers recoins ! Quand tu passes dessous avec la balayette pour en chasser la poussière de farine.
En plus, depuis que la compagnie d'électricité nous a mis la "force" il tourne comme une pendule.

L'année dernière, Charles "lou Manichaou" (le maréchal ferrant / forgeron) nous à changé toutes les bagues de bronze des axes de cette machine, et si te souviens, Guiseppè, le maçon, il a refait tout le four il y a deux ans...

Et ça m'a coûté plus deux cent mille francs ! C'est pas les nouveaux francs que De Gaulle y vient de mettre, non, mais c'est une belle somme quand même, tu sais !!!

"Mais, patron avec les pitchouns qui me coûtent de l'argent et ma femme qui se loue* que l'après midi pour les travaux des champs, j'ai pas beaucoup d'économies, tè ! "

"Ecoute, c'est pas grave, tu me donneras tant par mois, jusqu'à ma mort et celle de Rosette… On ira chez maître Arnaud le notaire du Luc et on fera des papiers, comme ils font les hommes d'affaire de Toulon."
Ainsi fut fait. La somme demandée par le propriétaire était dérisoire, et voilà notre Elie patron boulanger.

Mais si le vieux était resté traditionnel, la mode évoluait. Le pain que faisait notre boulanger semblait de plus en plus ringard !
Ses deux concurrents s'étaient équipés de fours électriques modernes et achetaient la nouvelle farine blanchie par un nouveau procédé, qui la rendait plus blanche que blanche !.
Alors notre homme vendait de moins en moins de son pain, à pâte grise, à cuisson mal contrôlée, son four n'avait pas de thermostat !!!
Quelquefois ses amis lui disaient "Elie tu devrais t'équiper de matériel plus moderne, comme tes confrères et acheter la nouvelle farine que les gens aiment, tu perds peu à peu toute ta clientèle!"

Alors il se mettait en rogne "M'en fouti se venoun pu, voli pa changea lou pestrin, voli pas touca a la pastière, lou viei din son tombau sarié pa countent" (je m'en fous s'il viennent plus je ne veux pas changer le pétrin, je ne veux pas toucher au fournil, le vieux dans sa tombe ne serait pas content)

Et le voilà, continuant à pétrir la même farine que du temps ou il était mitron. Tous les jours, il allait dans les bois du père Laurin faire des fascines pour chauffer son four, il les ramenait au village sur le bât de sa mule puis s'en venait vite piocher un morceau de son jardin ou soigner son arpent de vigne.
Le père Laurin était bien content car Elie en prélevant le bois pour chauffer son four, lui entretenait sa forêt, lui qui avait tellement de pièces de terrain qu'il ne savait plus les compter...

Les années ont passé. Le vent a tourné, la clientèle peu à peu se lasse du pain à la pilule qui le lendemain est dur comme un morceau de bois sec mais qui devient gluant si on le trempe dans son café !!!

Aujourd'hui, malgré son âge, le boulanger continue à faire son pain comme lui a appris son maîtr . Avec amour ! Mais comme il est vieux et usé, il n'en fait que la quantité qu'il peut pétrir !
Ce qui fait qu'à onze heures du matin tout est vendu.
C'est qu'il est bon son pain ! Avec sa croûte brune et croustillante, sa mie si savoureuse qu'on peut le manger comme ça, tout seul, sans l'accompagner de quelques rondelles de saucisson d'âne, que fait Milou le boucher, ou d'un morceau de fromage des brebis du vieux Aldo, le berger qui garde ses troupeaux la-haut, sur la garrigue, vers la Carnarotte.
Les chasseurs du dimanche, les Toulonnais de la ville ! Les ravageurs de champignons, se sont donnés le mot, car ils aiment, comme moi, ce pain qui se mange par gourmandise, ce pain qui trois jours après est encore souple et garde toute sa saveur.
Heureusement qu'il le met de coté pour ses clients fidèles ; ce qui fait que je suis assuré d'en avoir. 
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Enfin, pour en revenir a l'actualité : Dans la nuit de lundi à mardi, une averse de neige s'est abattue sur la région. Les pylônes de EDF ont été endommagés. l'électricité a manqué un partie de la nuit. Notre boulanger à été obligé de finir de pétrir à la main ! Heureusement qu'il sait le faire, lui ! !!Et son four marche au bois !
Résultat : la fournée est sortie, certes un peu plus tard, mais dorée et croustillante à souhait !
Ses concurrents, équipés de fours super -hyper automatiques (et surtout électriques) n'ont vendu ce jour là que du pain congelé !
Vendre du pain congelé à des gens gelés !!! Car même ceux qui ont le chauffage au fioul sont en panne. Paradoxe des temps modernes : il faut de l'électricité pour faire brûler du carburant. 

Alors si vous étiez passés par mon village, ce mardi gras 27 février de l'an de grâce 2001, vous auriez vu sur le trottoir, devant la devanture d'une vielle boulangerie, une sacrée file d'attente...

* Se louer : faire des travaux saisonnier .

            Pierre Clérico, février 2001. picler@wanadoo.fr

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            L'enfant à la lance magique

Dans un village du sud Cameroun, vivait une femme d'une beauté angélique.
Elle était tellement belle qu'elle fut un cadeau au roi, celui-ci en échange remit à son père quelques bouteilles de vin. Quelques années après, le roi se sentit mal car c'était sa seule femme et il n'avait toujours pas eu d'enfant... Il était tellement désespéré à l'idée de laisser toute sa fortune à son frère qui n'était qu'un vaurien. Un de ces matins, il fit rassembler ses notables autour de l'arbre à palabres et il leur posa son problème... Mes chers frères, moi, roi du village M'bout, fils de nos ancêtres, celui qui, par le regard fait dormir les lions et donne de l'eau en pleine saison sèche, celui qui reçu le respect du baobab, se présente à vous aujourd'hui, car il se sent impuissant. Voila déjà plusieurs années que j'ai pris pour femme la belle rose sans épine qui se tient devant vous, mais j'ai l'impression qu'une malédiction pèse sur moi car, mes frères, je n'arrive pas à avoir d'enfant... Sur ces paroles, un silence de semences* s'abattit dans la salle... Le roi comptait parmi ses fidèles de très grands sorciers, en tête, il y'avait "Assom" donc le nom signifiait "trouve", en deuxième position il y'avait "Edou" donc le nom signifiait "souris" et dernière position il y'avait "Akok" donc le nom signifiait la pierre. Le roi dit donc à ses trois fidèles que celui qui allait reussir à lui donner cet héritier cherché hériterait du trône. C'est ainsi que le matin venu les trois fidèles s'en allèrent dans le sentier des songes pour acquérir de la sagesse. Une fois là-bas ils attendirent la nuit pour entrer en contact avec les esprits. Dans son sommeil Assom dont le nom signifiait "trouve", eut un songe dans lequel on lui donnait la démarche à suivre pour guérir le roi. Comme il avait la mauvaise habitude de répéter tout ce qu'il entendait, il se mit donc à parler à voix haute tout en dormant. Derriere sa case, Edou ou souris entendait tout. Celui-ci copia donc ce que disait Assom. Malheureusement pour lui, il ne fut pas seul, car Akok ou la pierre le surprit et Edou finit par tout rapporter à Akok qui eu l'idée d'aller tuer Assom. Ainsi fit Akok et Edou retourna de grand matin au village pour dire au roi qu'ils avaient enfin trouvé la solution à son problème.

Dites-moi donc ce que vous avez appris pour ma guérison, demanda le roi. Edou prit la parole et dit au roi qu'il devait s'accoupler avec l'une de ses servantes, mais Edou avait oublié le nom car il ne l'avait pas entendu. Akok la pierre, de peur de passer au ridicule, dit au roi qu'il devait sous 100 lunes prendre chacune de ses servantes, afin d'avoir un enfant qui grandira en deux jours et c'est cet enfant la qui ira donc tuer l'Immomoto ou monstre des marais. Ainsi, le roi pourra prendre pour met le coeur de ce monstre et ainsi la malédiction sera levée. Après avoir pris note de cela, le roi demanda ou était Assom mais Edou finit par dire qu'il ne savait pas. Le roi, content de leur travail, leur donna en attendant le jour final à chacun une grande richesse composé de bijoux et de tête de bétails. 100 lune après avoir longtemps souffert, une de ses servantes vint enfin dire au roi qu'elle était enceinte. Enfin, sous deux jour, l'enfant vint au monde et on le surnomma "l'enfant à la lance magique", car il avait, quelques heures après sa naissance, une lance étincellante dans sa main gauche. Trois jours encore et celui-ci était grand. Il alla enfin et tua le monstre des marais donc le coeur fut le dîner du roi, ce soir-là. Sa mission finie, il devait partir. Mais avant, il dit au roi "Oh, mon roi, "Trouve" me trouva ,"Souris" me vola et la "Pierre" m'écrasa. Sur ces mots, il s'en alla de la terre. Le roi resté ne saisit pas le sens de ses mots. 2 ans après, il finit par avoir son fils, car sa malédiction était levée. 5 ans après la naissance de son fils, celui-ci, par un soir de réunion sous l'abre à palabre, vint dire à son père qui était devenu conseiller des rois Edou et Akok qu'il avait trouvé une graine qu'une souris vola et que par la suite en poursuivant cette souris une pierre sur le passage finit par écraser son majeur afin qu'il ne puisse pas récupérer sa graine. Le roi, ainsi devenu conseiller des rois Akok et Edou, comprit ce qu'avait voulu lui dire l'enfant à la lance magique, par le passé. Ainsi il se mit en larme et devant l'assemblée accusa Edou et Akok qui restaient muets. Ainsi, on les jeta aux lions. Il reprit alors sa place de roi et resta encore pendant longtemps sur son trône, car il avait enfin compris le sens de ces mots.

            Morale du conte:
*Le temps des semences, les gens sont fatigués et pas très bavards.
Le conte "L'enfant à la lance magique" nous fait comprendre trois grandes choses:
1) qu'il ne faut pas qu'on se laisse emporter par le pouvoir au point de tuer notre prochain.
2) qu'on a souvent la mauvaise habitude de chercher trop loin ce qui est auprès de nous.
Nous nous devons donc d'être très attentifs, car c'est pour cela que le roi à compris trop tard ce qu'il aurait pu savoir plus tôt.
3) qu'un bien mal acquis ne profite jamais, car sinon à l'image d'Akok et d'Edou nous risquerons une fin horrible...

            Otong Harry Steve  minkopaul@yahoo.fr

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            L'homme qui cherchait son héritage

Dans le pays où s'est déroulée cette histoire, ne vivaient qure des hommes sages. Un homme sentant sa mort venir fit venir son fils unique nommé Temba et lui dit: "oh fils, pauvre homme que je suis voici venu l'heure de ma mort et je te laisse sans fortune, mais sache fils que quand je regarde autour de toi je suis ému car je vois un grand héritage. Prends en bien soin et il te rendra ce que moi ton père je n'ai pu te donner". Une fois son père décédé, le fils se sentit mal car voici plusieurs années qui ont suivi le décès de son père, mais il ne voyait pas d'héritage autour de lui. Bien au contraire, sa pauvreté s'accentuait. Ne pouvant plus supporter cette vie, il se décida donc un jour d'aller à la recherhe de cet héritage que lui avait laissé son père, ainsi dit ainsi fait, Temba quitta donc sa famille en promettant de revenir avec beaucoup de richesse. Il se mit donc en route et, après plusieurs jours de marche, Temba, le fils du sage arriva enfin au premier village. Là, il vit un homme avec un oeil plus gros que l'autre et il s'exclama: "mais monsieur, c'est bien l'oeil de mon père, c'est l'héritage qu'il m'a laissé rendez moi mon oeil que m'a laissé mon père!". L'homme, sachant que son oeil lui faisait mal lui remit l'oeil sans faire d'histoire. Une fois acquis, Temba, le fils du sage, se mit à crier et à pleurer car l'oeil lui infligeait une douleur métaphysique. Ne pouvant plus renoncer à l'oeil, il continua sa route tout en souffrant. Quelques jours après, il arriva au second village. Là, il vit un homme avec un nez qui couvrait tout le visage et, de nouveau, il s'exclama: "mais monsieur c'est bien le nez que m'a laissé mon père ,rendez moi mon héritage". L'homme lui remit le nez. Une fois le nez acquis, Temba se vit privé de nourriture et de boisson, ces choses qu'il aimait tant, car à chaque fois qu'il essayait de manger ou de boire, le nez attrapait tout.
Temba, dépassé par la souffrance, se dit qu'il fallait qu'il quitte son pays. Ainsi, il voyagea encore plus loin et il arriva dans un pays ou les hommes ne lui ressemblait pas. Là, il vit un gigantesque monument qu'on appelait tour Eiffel. Il s'exclama encore et les hommes de ce pays lui posèrent donc le monument sur le dos. Une fois sur ce dos, il se vit privé de marcher car ce fardeau le dépassait. Finalement, il finit par renoncer au monument. Furieux, Temba décida de quitter le monde des hommes pour celui des animaux. Une fois au royaume des animaux, il demanda au souverain de ce monde l'animal le plus féroce, car c'était lui l'héritage donc lui avait parlé son père. Sans discuter, le souverain de ce royaume lui remit l'élephant. Temba attacha donc une corde autour de lui et autour de l'éléphant. Mais, manquant de force quant il avancait, l'éléphant restait sur place. Alors, furieux, il se dit que l'élephant s'était rebellé parcequ'il était gros et qu'il fallait qu'il aille au monde des animaux de moindre taille. Il décida donc d'aller chez les microbes. Là-bas, il dit au roi de ce monde qu'il voulait le microbe le plus puissant, car sans doute celui-là fera sa fortune. Sur ces mots, le roi fit donc venir le plus puissant de ses fils appellé VIH. Une fois en sa possession, il se sentit encore plus mal car au lieu de faire son héritage il était plutot devenu l'héritage du microbe. Abattu, notre pauvre homme se décida d'aller directement chez DIEU car c'est lui qui était le créateur de toute chose. il trouvera certainemment l'héritage dont lui a parlé son père là-bas. Il se mit donc en route pour le ciel, mais avant d'arriver chez DIEU il rencontra un ange et celui-ci lui demanda: "mais mon fils que viens tu chercher ici?" Temba, regardant son dos, vit les ailes et lui dit: "je suis venu chercher mon héritage et je crois que je l'ai trouvé car sur terre il n'y a pas les hommes avec des ailes." Temba prit donc les ailes de l'ange et voulut rentrer, mais l'ange lui dit d'aller voir DIEU. Arrivé chez DIEU, ses ailes disparurent là et il se mit à pleurer en racontant à DIEU ce qu'il était venu chercher. Là, DIEU lui dit : "oh, fils, qui t'a enlevé la sagesse? ne sais-tu pas que de toutes les créatures de la nature tu es la suprême. Ton pauvre père avait voulu tout simplement te faire comprendre que ta femme et tes deux enfants que tu as quittés étaient ton héritage. Car une fois grands tes enfants feront de toi un grand homme". Ayant enfin compris, Temba dit à DIEU: "et pour ce nez, cet oeil, ce VIH, j'aimerais que tu me les enlèves." Alors, DIEU lui dit: "t'enlever ce que tu as hérité n'est pas de mon droit, car cela tu l'as bien cherché."
C'est ainsi que Temba rentra chez lui avec toutes ses souffrances. Mais le pire pour lui fut quant il arriva chez lui, sa maison était vide, lui qui n'avait jamais pleuré que pour de l'argent, pleura ce jour car il venait de réaliser qu'il avait perdu ce qu'il aimait plus que tout au monde, sa famille, son véritable héritage.

           Otong Harry Steve   minkopaul@yahoo.fr

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La rose du royaume

Dans un royaume, vivait une jeune fille qui s'appellait "NTOKOMBO" . Elle était la fille la plus belle du royaume et sa beauté etait d'une telle grandeur qu'elle pouvait empêcher des guerres rivales entre frères, entre royaumes. Sa beauté était d'une grandeur surnaturelle qu'elle reçu le pouvoir de faire tomber la pluie ou de l'arrêter lorsqu'elle voulait. De faire briller le soleil en plein minuit lorsqu'elle avait envie de se baigner.Mais la belle "Ntokombo", surnommée la rose du royaume n'avait pas la chose la plus simple, la chose la plus naturelle à savoir l'amour. EH oui, personne, du plus brave guerrier au dernier poltron, personne n'osait venir demander sa main.
C'est alors qu'un jour la belle fille se décida de percer le mystère et alla donc chez l'oracle pour élucider ce qui lui arrivait,une fois la bas, elle soumis avec tristesse son problème à l'oracle et celui-ci lui dit : tu es certes belle ma fille, mais il y'a une chose que tu n'as pas c'est pour cela que l'homme séloigne de toi. Apprend à avoir cela et tu verras, des hommes tu en auras des centaines, des milliers. La ravissante "Ntokombo" attristée demanda à l'oracle de lui enlever cette chose s'il s'agissait d'un sort. Mais l'oracle lui dit qu'elle ne pouvait pas enlever cela car ce n'était pas un sort et qu'en plus aucune magie, si grande qu'elle puisse être ne pourrait venir à bout de cette chose. Mais l'oracle ajouta: "je peux juste faire une chose, c'est de t'envoyer dans un monde afin que tu puisses prendre conscience par toi-même du pourquoi de cela."
Ainsi dit ainsi fait, l'oracle envoya donc la belle "Ntokombo" dans un monde inconnu, un monde où la seule chose qui la frappa fut la laideur des lieux. Tout était laid et elle-même hideuse. Tellement laide qu'à sa seule vue les hommes s'écroulaient et mouraient, à son passage des plantations brûlaient et il faisait toujours nuit.. Après trois jours de marche dans ce calvaire sans avoir rien mangé , la laide "Ntokombo" étalée par la faim se mit à pleurer. "P
ourquoi pleurez-vous?" lui demanda un singe ". Je pleure parce que je souffre" répondit la laide Ntokombo. "Et pourquoi souffrez-vous?" reprit le singe. "Je souffre parce que j'ai faim", dit la laide "Ntokombo". Non, lui dit le singe, "vous souffrez parceque vous êtes laide, car si vous étiez belle, juste un peu ,vous ne mourriez pas de faim car tous les hommes dans ce royaume vous donneraient de quoi couper votre faim." La jeune fille supplia donc le singe de lui donner à manger mais celui ci refusa et lui dit de continuer sa route parcequ'elle était trop laide. Sans se décourager, la jeune Ntokombo continua sa route, mais les forces l'abandonnèrent et elle s'écroula en pleine voie. Par la passait une troupe c'était celle du roi de ce monde. Il la vit couchée mais il s'en ficha et passa sa route en disant qu'elle était trop laide pour pouvoir bénéficier de ses services. C'est alors que la mort frappant sa porte la jeune Ntokombo aperçut de loin une femme qui s'approchait, une femme trop laide, mais elle entraînait avec elle une armée d'hommes tous à son service et lorsqu'elle se déplaçait les fleurs formaient un tapis sous ses pieds et dégageaient un parfum digne des dieux. Alors, la femme s'approcha d'elle et l'emmena chez elle.
Une fois là-bas elle prit soin d'elle, lui donna à boire et à manger. Mais "Ntokombo" la laide eu très mal dans son coeur, parce que cette femme venait de lui faire ce que elle n'avait jamais à personne. Elle se souvint donc qu'elle n'avait jamais porté assistance à quelqu'un, ni donné ce qu'elle avait en plus. La jeune fille remercia donc la femme et lui demanda pourquoi elle, laide comme elle est, elle avait tous ces hommes à ses pieds et aussi pourquoi les fleurs lui réservaient une telle grâce.
La femme lui dit: sache bien ceci ma fille: la beauté physique ne peut pas tout t'offrir, mais soit belle intérieurement et tu verras. La jeune "Ntokombo"remercia la femme et continua sa route elle ne comprenait pas pourquoi dans ce monde elle était si laide au point de dessécher les océans, de tarir les cours d'eau et ne voyait jamais la lumière du soleil. Elle marcha encore longtemps et elle arriva donc près d'un pont Là, elle vit le singe qui lui avait refusé un peu de nourriture en mauvaise posture. Alors la laide Ntokombo passa, mais son coeur lui fit encore mal et elle revint et sauva le singe... Après ce geste, elle suivit une voix très haut lui disant: "tu as réussi, ma fille", et soudain tout se changea autour d'elle. Tout devint beau et elle-même retrouva sa beauté. Le singe lui dit: "maintenant rentre dans ton monde, car tu as enfin brisé ton sort, tu as appris à être belle."
Une fois revenue, l'oracle lui demanda ce qu'elle avait vu dans ce monde. Elle lui raconta donc tout et l'oracle lui dit: "Eh oui, ma fille, le monde en question c'était ton coeur, je t'y ai envoyée afin que tu puisses prendre conscience de l'état de ton coeur... Car une belle femme au coeur noir ne peut être que laide. Dans ce royaume, tu es la plus belle femme physiquement mais intérieurement tu étais la plus laide, car tu n'aidais jamais les autres, tu ne donnais jamais aux autres ce qu'ils méritaient. Mais en sauvant le singe qui t'avait fait du mal, tu as compris ce qu'était la vrai beauté."
C'est alors qu'Ntokombo la belle, la rose du royaume se vit doublée de beauté. Trois jours après, elle se maria avec un charmant prince, laissant derrière elle cent autres princes attendant qu'elle divorce
...!

             Otong Harry Steve    minkopaul@yahoo.fr

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