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Chansons4

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22 chansons de Sylvie Sicot, septembre 2006.

 

 

 

 

22 chansons de Sylvie Sicot

Alphonsine

Ma grand-mère était très pieuse
Elle avait des bagues précieuses
Moi je n'étais pas ambitieuse
Ma grand-mère était râleuse
Elle avait des blagues sérieuses
Moi je n'étais pas très curieuse
Dans sa chambre il y avait
Des bouquets d' lavande séchée
Des gros édredons brodés
Jésus tout nu et crucifié
Il y avait dans sa cuisine
Des noix et des clémentines
Une odeur d'café grillé
Sur l'vieux poêle en fonte émaillée
Des tartines de pain beurrées
Et du miel pour colorer
Des gâteaux fleur d'oranger
Tapette à mouches sur le buffet
Les dentelles se découpaient
Sur les meubles en bois cirés

Alphonsine était une coquine
Mais elle se tenait bien
Avec sa copine Léontine
Tous les dimanche matins
Elles allaient au presbytère
Réciter leurs prières
Et pleurer pour la toussaint

Dans une lumière tamisée
Comme du velours d'ambiance
Une lampe de perles orangées
Se reflétait dans le silence
Le carillon qui sonnait
Accompagnant le clocher
Elle aimait compter les heures
Dégustant un verre de liqueur
Parfois elle s'cachait derrière
Ses grands rideaux de flanelle
Récitant quelques pater
Elle cherchait les nuages dans le ciel
Endormi sous la poussière
Dans un grand cadre doré
La photo de mon grand-père
Sur la commode en merisier
Chaque jour elle lui racontait
les souvenirs d'avant guerre
Elle disait qu'il lui manquait
Tou'tes ses joies et ses colères

Alphonsine était une coquine
Mais elle se tenait bien
Avec sa copine Léontine
Tous les dimanche matins
Elles allaient au presbytère
Réciter leurs prières
Et pleurer pour la toussaint

Et puis le temps avançait
N'voulant pas être centenaire
A chaque fête du nouvel an
Elle nous parlait d'son enterrement
Assise devant le sapin
Elle était au nirvana
Chaque année elle aimait bien
Offrir sa boite de chocolats
Elle avait les yeux vairons
Un œil vert un œil marron
Qu'elle a fermé pour toujours
Discrètement et sans discours
Mais depuis qu'elle est partie
Elle m'a prit un peu d'enfance
Le Père-Noèl s'est vite enfuit
J'ai perdu toute mon innocence
Les guirlandes clignotent encore
Mais on perdu leur couleur
Plus de crèche plus de trésors
Plus personne ne parle du Seigneur

Alphonsine était une coquine
Mais elle se tenait bien
Avec sa copine Léontine
Tous les dimanche matins
Elles allaient au presbytère
Réciter leurs prières
Et pleurer pour la toussaint

***

Crapaud

Je ne suis qu'un crapaud
A la peau qui craquelle
Un crapaud puant
Qui aime les pucelles

Je ne suis qu'un crapaud
Qui ne boit plus de l'eau
Un crapaud gluant
Du fin fond des étangs

Je ne suis qu'un crapaud
J'avance de sauts en sauts
Un crapaud qui se mouille
Sur des cuisses de grenouilles

Je ne suis qu'un crapaud
Les yeux à demis clos
Un crapaud qui chante faux
Très fier de son écho

Je ne suis qu'un crapaud
Qui a de la bedaine
Un crapaud pas très beau
Pour une princesse vilaine

Je ne suis qu'un crapaud
Qui croupi peu à peu
Un crapaud qui vieilli
Sur les rives de l'ennui

Je ne suis qu'un crapaud
A la peau qui craquelle
Un crapaud puant
Qui aime les pucelles

Je ne suis qu'un crapaud
Qui ne boit plus de l'eau
Un crapaud gluant
Du fin fond des étangs

***

Une nuit

Couplet 1

Une nuit de romance
Où je saisis la chance
Où tes mains me caressent
Encore pleine de tendresse
Une nuit toute blanche
Eclairée par la lune
Dans la transparence
et la chaleur des plumes

Une nuit où je danse
Et mon corps se balance
Décoré de dorures comme
les plus belles gravures
Une nuit délivrance
De douceur de patience
Pour te garder au lit
Eveillé toute la nuit

Une nuit d'espérance
Où tout est permis
Un regard que tu lances
Un baiser qui sourit
Une nuit d'insouciance
Où tout contre tes hanches
J'écoute les anges
qui me parlent de toi

Refrain 1

Laisse moi rêver
dans les bras dans les bras de Morphée
Laisse moi rêver
et ne plus jamais jamais me réveiller
Laisse moi bercer mes souvenirs
imaginer notre avenir
laisse moi encore encore t'aimer

Couplet 2

Une nuit d'ignorance
Toute seule je m'avance
En perdant la raison
Entre diable et passion
Une nuit où tu penses
Une nuit où je flanche
Un moment de faiblesse
Perdu dans nos promesses

Une nuit sans confiance
Une nuit pas très franche
Où tu voulais m'avouer
Rien que la vérité
Une nuit qui déclenche
Une grande avalanche
A cause d'un petit mot
Qui n'a pas d'importance

Une nuit de sentence
Où l'on se retranche
Comme une âme perdue
Dans une chambre nue
Une nuit de malchance
Une nuit d'inconscience
Doucement tu t'en vas
Je suis seule dans les draps

Refrain 2

Laisse moi rêver
dans les bras dans les bras de Morphée
Laisse moi rêver
et ne plus jamais jamais me réveiller
Laisse moi bercer mes souvenirs
imaginer notre avenir
laisse moi encore encore t'aimer X2

instrumental

Laisse moi bercer mes souvenirs
imaginer notre avenir
laisse moi encore encore encore
t'aimer

***

Shanghaï

Couplet 1

Une odeur de santal
Parfumait la ville
Pays oriental
Beauté si fragile

Divine sensualité
Lorsque je t'ai croisé
Tes grands yeux noirs bridés
D'un espoir m'ont salué

Tes chevilles se dessinent
Sur le bois du parquet
Comme des ombres de Chine
Que l'on pourrait toucher

Une estampe de maître
Que l'on pourrait voler
Pour faire disparaître
Dans des pagodes secrètes

Refrain 1

Ton regard
Je ne peux l'oublier
Je sais que je m'égare
Mais ne peux l'éviter
Je commence à croire
Qu'il est déjà trop tard
Et je t'imagine
Exilée de Chine

Couplet 2

La lumière de Shanghai
Scintille sur ta peau
Avant que je ne m'en aille
Rejoindre le bateau

Sur ton corps satiné
De pourpre et de doré
Je te regarde danser
Dans des tenues drapées

Je voudrais murmurer
Des mots d'amour sacrés
Sur tes lèvres sucrées
Parfumées fleurs de thé

Refrain 2

Ton regard
Je ne peux l'oublier
Je sais que je m'égare
Mais ne peux l'éviter
Je commence à croire
Qu'il est déjà trop tard
Et je t'imagine
Exilée de Chine

***

Guerres

Couplet 1

Sous les drapeaux trop de sang coule à flots
La religion le pouvoir les ghettos
Les cœurs désarmés lachent des bombes
Trop de rancœur à travers le monde
Un homme tué en quelques secondes
Milliers de morts dans la nuit profonde

Refrain 1

La même histoire qui se répète
Le verbe tuer que rien n'arrête
Un jour on aura tous
La même couleur de peau
La même frousse et le même repos
La mort aux trousses et froid dans le dos

Couplet 2

Il y a tant de souffrances et tant de pleurs
Derrière l'impuissance derrière la peur
L'influence de nos ennemis
Et la puissance qu'ils ont d'une vie
S'envole l'innocence d'un peuple meurtri
Sous l'exigence des ordres transmis

Refrain 2

La même histoire qui se répète
Le verbe tuer que rien n'arrête
Un jour on aura tous
La même couleur de peau
La même frousse et le même repos
La mort aux trousses et froid dans le dos

***

Hippolyte

Couplet 1

Il a des pt'its points rouges sur les bras
Des tâches noires devant les yeux
Des coups de blues au fond du cœur
Des p'tits points blancs qui lui font peur

Tous les matins il a grise mine
Peut-être à cause du lexomil
Il prend bien ses vitamines
Mais il se fait tous les jours de la bile

Il est tellement sensible à la vie
Qu'il en devient allergique
Des crises de spasmophilie
A en pisser de l'acide urique

A force de se poser trop de questions
Entre gélules et solutions
Adrénaline émotions
Son sexe ne tient plus en érection

Il ne relâche jamais une seconde
La journée y a trop de monde
La nuit seul il est perdu
Alors il téléphone au SAMU

Depuis toujours il est insomniaque
Pour un rien il se détraque
Son caca qui ne vient pas
Il a toujours trop chaud ou trop froid

Refrain

Hypo Hippolyte
Hypocondriaque
Hypo Hyper
Cardiaque

Hypo Hippolyte
Est toujours patraque
Hypo Hyper
Maniaque

Placebo ou poison
Aucun effet de tout'façons

Couplet 2

Des tremblements en permanence
Des vertiges qui le tracassent
Il s'évanouit quand il se penche
Aucun traitement n'est efficace

Les yeux qui tombent et le teint blafard
Il a toujours l'air bizarre
Toujours mal à quelque part
A force de s'raconter des histoires

Il collectionne les boites de microlax
De boules quiès et de xanax
Il n'sort jamais sans prozac
Et sa carte vitale au fond du sac

Il surveille son pouls toutes les heures
Il connaît son cœur par cœur
Lorsqu'il fait tic tac trop vite
Toc toc déclenche une crise de panique

Il ne quitte jamais son tensiomètre
Tous les soirs il désinfecte
Sa télé son thermomètre
Avant de faire des tests pour le diabète

Et lorsqu'il doit faire ses examens
L'infirmière sort la piqûre
Il préfère revenir demain
C'est pas très grave il a presque rien

Il ne veut pas finir à l'asile
Pour des tocs et des phobies
Sa vie est bien difficile
Sans maladie il est incompris

Refrain

Hypo Hippolyte
Hypocondriaque
Hypo Hyper
Cardiaque

Hypo Hippolyte
Est toujours patraque
Hypo Hyper
Maniaque

Placebo ou poison
Aucun effet de tout'façons

***

Les maisons roses

Couplet 1

Des pas feutrés sur les pavés
De la rue d'à côté
Des pas secrets sur le plancher
D'une chambre à coucher
Murmurer dans les escaliers
Des mots trés indiscrets

Boire du champagne à volonté
Juste pour s'ennivrer
Entendre les verres teinter
Les rires étouffés
Dans les alcôves capitonnées
Aux lumières orangées

Refrain 1

Les maisons roses
Où l'on ose
Une pause
Les maisons roses
Où l'ont ose
Toutes choses

Couplet 2

Des pas des passes et des passants
Pressés mais délacés
Des pas des passes et des instants
L'espace d'une pensée
Un décolleté sur cœur-croisé
Fleuri et parfumé

Déshabillée et cœur serré
Promise pour enlacer
Des jeux de jambes aux bas résilles
Sur des talons aiguilles
Des hanches fines et des seins lourds
Doux comme du velours

Refrain 2

Les maisons roses
Où l'on ose
Une pause
Les maisons roses
Où l'ont ose
Toutes choses

Couplet 3

Des pas au loin dès le matin
Toujours des vas et viens
Des pas sereins ou incertains
Qui poursuivent leur chemin
Des souvenirs de toutes ces nuits
Quelques fantasmes assouvis

Certains ne reviendront jamais
Ne faisant que passer
D'autres voudront s'abonner
Encore s'abandonner
Dans les bras d'une poupée
Aux cheveux décoiffés

Refrain 3

Les maisons roses
Où l'on ose
Une pause
Les maisons roses
Où l'ont ose
Toutes choses

***

Les emmerdeurs

Ils sont très dérangeants
Ce n'est jamais le moment
Mais on n'ose rien leur dire
Et dans tout ça le pire
C'est qu'on leur dit merci
Avec un beau sourire

Ceux qui frappent à la porte
Quand on allait manger
Ceux qui d'un coup s'emporte
Quand on est fatigués
Le téléphone qui sonne
Quand on allait ….
Et puis ceux qui klaxonnent
Sous la couette on rêvait

Y a ceux qui chantonnent
L'air qu'on n'peut pas pifrer
Détendu dans le bain
Y a toujours un crétin
Qui se met à crier
Viens m'aider s'il te plait

Les emmerdeurs ça n'a pas d'heure
Ça nous poursuit jour et nuit
Peut-être même toute une vie
Les emmerdeurs ça n'a pas d'heure
Ça n'a jamais de répit
Peut-être même jamais d'oubli

Et ceux en fin d'année
Pour leur calendrier
Qui n'arrêtent pas d'sonner
De nous solliciter
Alors qu'on est fauchés
Comme toujours comme jamais

Il y a ceux qui s'accrochent
Qu'on n'peut pas bazarder
On les trouve tellement moches
Qu'on n'veut pas s'attarder
Et plus on est pressés
Plus ils vont demander
A croire qu'ils font exprès
Voir si on va craquer

La copine qui déprime
Qu'arrête pas de chialer
Qui risque d' faire un crime
Si tu n'peux pas l'aider

Quand t'as les cheveux sales
Et qu't'es mal habillé
Tu t'caches tant bien que mal
Mais tu te fais repérer
Y a toujours un copain
Qui vient t'serrer la main
Y a toujours un ami
Qui passait par ici

Les emmerdeurs ça n'a pas d'heure
Ça nous poursuit jour et nuit
Peut-être même toute une vie
Les emmerdeurs ça n'a pas d'heure
Ça n'a jamais de répit
Peut-être même jamais d'oubli

Quand t'as le ventre ballonné
Qu'tu voudrais relacher
Il faut serrer les fesses
Pour celui d'à coté
Et lui faire un sourire
Brillant de politesse

Quand tu prends d'la vitesse
Juste pour te gratter le nez
Un con s'était caché
Juste là pour doubler
On n'sait pas d'où il sort
Mais c'lui là il est fort

Quand on n'dort pas la nuit
Juste après la journée
On rêve d'aller au lit
Pour enfin se coucher
Mais l'voisin de pallier
Fête son anniversaire
Il faut même lui souhaiter
Nos vœux les plus sincères

On a le cœur qui bat
Quand on nous fait un doigt
Vaut mieux tourner la tête
Avec la chance qu'on a
Ça serait encore not' fête
Si on dit qu'est ce qu't' as

Les emmerdeurs ça n'a pas d'heure
Ça nous poursuit jour et nuit
Peut-être même toute une vie
Les emmerdeurs ça n'a pas d'heure
Ça n'a jamais de répit
Peut-être même jamais d'oubli

Dit bonjour dit merci
A la dame au monsieur
Soit toujours bien poli
Fait semblant d'être heureux
Un peu de courtoisie
Arrange toi les cheveux
Ne touche pas ton zizi
Tu peux faire encore mieux

Voila t'as tout compris
C'est pas encore fini
Plus ils vont t'emmerder
Mieux faudra les remercier

***

Mon amour

Maintenant tu peux m'abandonner
Je n'ai plus peur de te perdre
Je n'ai plus peur de te pleurer
Tu peux partir loin de moi
Tu peux ne jamais revenir
Je n'ai plus peur de souffrir
Mon amour s'est envolé
Très loin très loin d'ici
Il ne reviendra jamais
Tu sais je l'ai entendu
Discrètement..
Prendre son élan
Puis se jeter dans le néant
Je l'ai entendu hésiter
Juste avant de sauter
Puis…plus rien…
Aucun bruit…
L'absence
Dans le silence absolu

Envole toi maintenant
Tu es libre de toi
Tu es libre de moi
Respire enfin
Imprègne toi de
Ce puissant silence
Il te donnera beaucoup
Peut-être te mènera-t-il
Vers une autre vie
Vers d'autres rêves
D'autres promesses…
Je n'ai même pas eu
Le temps de te dire
Pas eu le temps de t'écrire
Soudain un bruit d'ailes
Une décision soudaine
Juste un petit bruit
Juste un petit cri
A peine perceptible

Je n'ai rien pu garder
Tu n'as rien pu prendre
Tout est terminé
Ni peurs ni larmes
Tout s'en est allé
Se quitter sans regrets
Finalement c'est pire
On ne cesse de se demander
Pourquoi on a pu souffrir
pourquoi on a pu aimer
Comme si la réalité
Après tant d'années
Après tant de souffrances
Avec tant d'espérances
Avait osé tout emporter
Comme un raz de marée
Comme une délivrance

Et l'oubli, lui, surviendra-t-il aussi?
Le plus dramatique je crois
Est de savoir que je n'aurai
Plus jamais ce manque de toi
Ce vide qui me remplissait
Qui chaque jour chaque nuit
Me donnait envie de vivre
Ou quelques fois de mourir
Maintenant plus personne
Ne me fera rêver
Plus personne
Ne me manquera
Il ne reste que moi
Je dois m'apprivoiser

***

Ce n'est rien

Couplet 1

Passe l'histoire passe mon nom
Passe me voir à l'occasion

Passe ta main dans mes cheveux
Contre mes seins si tu le veux

Passe partout dans la maison
Je sais tu joues de ma raison

Tu joues de tout de toutes façons
Mais faudrait pas en abuser
J'ai les atouts pour réveiller
Tous les tabous sur l'oreiller

Refrain 1

Ce n'est rien, rien que moi
Qui t'effleure qui t'apporte
Ma chaleur mon parfum
N'ai pas peur je te porte

Ce n'est rien, rien que moi
Souviens toi mon amour
Où tout bas pour toujours
Tu disais on est bien

N'oublie pas n'oublie pas
Mon amour je suis là
Je suis là

Couplet 2

Ce crois surtout avoir couché
Sur des mots doux mes sentiments
Tu n'as jamais voulu céder
Jamais voulu y croire vraiment

Passe ma flamme avec le vent
Passe mon âme avec le temps

Je retiendrai tous nos moments
Tous nos plaisirs et nos tourments
Passe l'histoire passe ton nom
Passe me voir à l'occasion

Refrain 2

Ce n'est rien, rien que moi
Qui t'effleure qui t'apporte
Ma chaleur mon parfum
N'ai pas peur je te porte

Ce n'est rien, rien que moi
Souviens toi mon amour
Où tout bas pour toujours
Tu disais on est bien

N'oublie pas n'oublie pas
Mon amour je suis là
Je suis là Je suis là

Instrumental

Pont

Tu ne pourras jamais tourner
Toutes les pages de notre histoire
Je resterai dans ta mémoire
En attendant de te revoir

Refrain 3

Ce n'est rien, rien que moi
Qui t'effleure qui t'apporte
Ma chaleur mon parfum
N'ai pas peur je te porte

Ce n'est rien, rien que moi
Souviens toi mon amour
Où tout bas pour toujours
Tu disais on est bien

Ce n'est rien, rien que moi
Qui t'effleure qui t'apporte
Ma chaleur mon parfum
N'ai pas peur je te porte

N'oublie pas n'oublie pas
Mon amour je suis là
Je suis là Je suis là

***

Sorcellerie

Couplet 1

La pluie tombe sur la lune
L'eau coule sur la gouttière
Je consulte les runes
Toute nue la ville ruisselle
Et brille sur les lumières
Comme une bougie dans la nuit
Le grimoire s'est ouvert
La page n'est pas entière
Et je devine ce qui est écrit

Refrain 1

Le calme n'est pas revenu
Malgré toutes mes prières
J'aurai tellement voulu
Faire appel aux sorcières
Le calme n'est pas revenu
Malgré toutes mes prières
L'amour réduit en poussière
Entre mes doigts vient de glisser

Couplet 3

J'aurais voulu trouver
Les paroles mystiques
Pour t'avoir près de moi
J'aurais voulu trouver
La formule magique
Pour t'aimer malgré toi
Je recolle les morceaux
Tourne retourne ta photo
Je relis tes lettres tes mots

Couplet 4

J'aurais pu t'envoûter
D'amulettes de récits
D'aiguilles et de poupées
Finalement j'ai choisi
Tous les philtres d'amour
Effaçant notre bonheur
Comment faire autrement
Le destin agit seul seulement
Quand il est encore temps

Refrain 2

Le calme n'est pas revenu
Malgré toutes mes prières
J'aurai tellement voulu
Faire appel aux sorcières
Le calme n'est pas revenu
Malgré toutes mes prières
L'amour réduit en poussière
Entre mes doigts vient de glisser

***

Igor

Couplet 1

La journée il se déplace
Errant de place en place
Pour gagner une cigarette
Il peut chanter à tue-tête

Pour un euro il ferait
Ce que personne n'oserait
Il n'a plus rien à perdre
Il n'a plus rien à gagner

Seul au fond d'une gare
Il admire les gens qui s'aiment
Perdu dans son regard
L'ombre d'une pensée humaine

Couplet 2

Jamais rien ne l'arrête
Ni bataille ni défaite
Il n'en fait qu'à sa tête
Veut toujours faire la fête

Il ne croit plus au destin
Et tout juste au lendemain
Etonné tous les matins
De pouvoir se réveiller

Qu'a t-il donc fait la veille
Dans l'état où il était
Aux pays des merveilles
Il y a des choses bien cachées

Refrain 1

Igor le gore a bien trop bu encore
Igor le gore a battu son record
Endormi dans mon corridor
Faisait trop froid pour coucher dehors
Igor le gore a bien trop bu encore
Igor le gore a battu son record

Couplet 3

Ses amis sont tous partis
Aux portes du paradis
Le laissant tout seul ici
Connaissant trop bien Paris

Son passé est un mystère
Il a tout abandonné
Mais de sa vie il est fier
D'avoir toute la liberté

Cherchant au fond d'une poche
S'il lui reste un peu d'argent
Pour boire un double scotch
Et faire avancer le temps

Couplet 4

Lorsque l'alcool le réchauffe
Il devient plus virulent
Il se fout d'être une cloche
Et devient extravagant

Il se fout d'être aussi moche
Et en oublie les passants
N'entendant plus les reproches
Il boit depuis si longtemps

Un jour il s'écroulera
Seul allongé dans le froid
Tout seul il s'endormira
Personne ne s'en souviendra

Refrain 2

Igor le gore a bien trop bu encore
Igor le gore a battu son record
Endormi dans mon corridor
Faisait trop froid pour coucher dehors
Igor le gore a bien trop bu encore
Igor le gore a battu son record
Mais cette fois il était ivre mort

***

Chaise rêveuse

Je suis une chaise un peu bancale
Taillée dans un bois de sapin
Une chaise bien trop banale
Qui du soir au matin
Dans un bruit infernal
Résiste tant bien que mal
Aux coups de pieds aux coups de reins.

Parfois une caresse de jean ou de satin
Arrosée d'un peu de bière ou de whisky
Je dois écouter tous leurs potins
Sans pouvoir fermer l'œil de la nuit
Et supporter le poids de leur vie.

Je n'ai pas choisi d'être ici
Alors je rêve parfois
j'aurai pû naitre chez des bourgeois
Être une chaise en merisier
Dans un petit salon de bois
Où l'on viendrait prendre le thé
Assis le dos bien droit
Autour d'un feu de cheminée
Avec des petits coussins de soie.

Mais tout à coup me revoila
Sous la lumière des néons
Avec l'odeur du tabac froid
J'ecoute un air d'accordéon
Mais je ne suis pas vraiment là
Je préfère rester de bois…

***

Sang père

Dans mes veines coule ton sang
Celui de ton indifférence
Dans mes veines coule ton sang
Rouge de peine par ton silence
Le cœur serré le cœur battant
Je compte le temps je compte l'absence
Dans mes veines coule ton sang
Le cœur serré le cœur battant
A perdre haleine sauvagement
Dans mes veines
Coule ton sang
Pas de veine
Pas de veine

***

Le bossu

Sur la place de mon village
Il y avait un vieux bossu.
Son cœur battait en silence
Et faisait parler les inconnus.
Il n'était que transparence
Certains ne l'entendait même plus.

Seul et triste comme un bossu
Que la vie a courbattu
Avec sa canne et sa souffrance
Il s'est toujours bien battu.
Assis sur son banc de pierres
Il était tellement fier
Frottant ses mains noueuses
Qui avaient travaillées la terre.

Il me chantait des berceuses
Et faisaient danser les enfants
Sa bosse soi disant chanceuse
Avait traversée le temps
Et si certains pouvaient en rire
Lui savait les laisser dire.
A travers son regard si bleu
Il me contait toute sa vie
Son cœur était si généreux
Que je voyageais avec lui
Et nous passions tous les deux
Nos samedi après-midi
A chercher au fond de nos yeux
Un petit coin de paradis.

Avec son accent du midi
Il chantait des " voui " des " pardi "
Il portait toujours un béret
Un peu feutré un peu mité.
Quelques fois il m'enfumait
Avec ses cigarettes roulées
Les posant au coin de ses lêvres
Ils ne les finissaient jamais.
L'odeur du tabac et du thym
Sur sa peau se mélangeait.
Toujours veillait sur lui son chien
Qui restait couché à ses pieds.
J'ai grandit dans ce village
A côté de mon bossu
Mais on m'a dit un matin
Que je ne le reverrait jamais plus
Ce grand-père qui était mien
S'est endormi pour toujours
Il a laissé son banc de pierres
Comme un symbôle d'amour.
Un jour de très fort mistral
Soufflait douleur et colère
S'engouffrait tout notre mal
Jusqu'au fond du cimetière
Dans un silence anormal
Chacun avec sa prière.
Mais je sais que mon bossu
Riait et se foutait pas mal
De les savoir mal foutus.

***

Vieillir ensemble

Je voudrais vieillir prés de toi
Sentir ta peau s'attendrir sous mes doigts
Pour creuser le temps tous les deux
Comme les rides au coin de nos yeux

***

Une piqûre d'inceste

C'est violent une piqûre d'inceste…
Même si le loustic vous pique en douceur
C'est violent une piqûre d'inceste
Plus le temps passe plus grande est la douleur

Certains loustics sont impressionnants on les surnomme les cousins
D'autres sont plus âgés surnommés les grands-pères malsains

Après avoir été piqué on reste à jamais irrité blessé
Parfois ça laisse des cicatrices dans les tons " violé "

Des marques indélébiles à cause d'un débile
Qui arrive là par hasard avec son dard dare-dare
Il pue il sue il suce et susurre des mots des gestes et des bruits baveux qui nous horripile
Jouant d'une excitation jouissive et perverse qui scintille au fond de son regard

Alors on préfère baisser les yeux pour ne plus voir et on le laisse faire
Comme un vampire qui aspire en quelques minutes toute notre vie

On perd la notion du temps on ne sait plus ce qu'il y aura devant ni ce qu'il y avait derrière
Et on écoute gonfler notre cœur piqué par cet inceste répugnant

Haine et rancœur se cachant derrière la peur sans faire le moindre bruit
On survit entre l'espoir et la désillusion essayant de croire, de croire au pardon et au temps
Mais les années passent et la piqûre se transforme en une urticaire géante
Une urticaire gênante et gémissante qui ne cesse de cloquer, choquer corps et esprit toute une vie

C'est violent une piqûre d'inceste..
Même si le loustic vous pique en douceur
C'est violent une piqûre d'inceste
Plus le temps passe plus grande est la douleur

Plus grande est la douleur…

***

Petite fille

La bouche pleine de cacao
Elle parle aux coléoptères
Cherchant des plumes d'oiseaux
Accroupie face à la terre.
Elle contemple les paysages
Les collines à l'horizon
Ecoutant au loin son père
Jouer de l'accordéon.
Une coccinelle sur le visage
Lui chatouille le menton
L'annonce peut-être d'un présage
Comme le dit le dicton.
Elle a semé des graines
De lentilles et haricots
Alors chaque jour elle ramène
Un arrosoir rempli d'eau.
Elle coupe un brin de lilas
A l'abrit du cabanon
Dans le petit sous bois
Juste derrière la maison.
Son visage s'émerveille
Ses joues rouge coquelicot
Colorées par le soleil
Elle collectionne les escargots.
Elle aime cueuillir des bouquets
D'iris et de primevères
Brassées de fleurs pour sa mère.
Elle sera récompensée
De tartines de pain beurrées
Et de chocolat au lait.
Leur gôut est meilleur au vent
Aux couleurs de l'arc-en-ciel.
L'air léger et insouciant
Elle est toujours aussi belle.
Son regard est si profond
Qu'on pourrait s'y perdre dedans
Et retenir comme leçon
Que le bonheur est présent.
Alors s'envolent les hirondelles
Pour annoncer les hivers
Presque tous les lys s'étiolent
Les saisons sont éphémères.
On resterait dans nos songes
Pour ne pas faire comme les grands
Pour ne pas voir les mensonges
On redeviendrait enfant
Alors s'envolent les hirondelles
Pour annoncer les hivers.

***

Pensée

Le ciel est bas, pourpre,un peu rosé
Le vent respire,tourbillonne d'un air léger.
Au loin,sonnent les cloches du village
Raisonne si prés mon désespoir et ma rage
Et je m'accroche à nos souvenirs
Derrière l'ombre de ton sourire.
Des bruits de pas au coin de ma vie
Longeant ma solitude et mes soupirs.
Si cela pouvait encore être toi.
Mais peut-être ,ne te souviens tu plus
Que je t'attends, seule, assise là.
Il y a si longtemps déjà…

***

Mon taureau d'arène

Mon taureau d'arène

Ma reine des taureaux

Celle toujours que j'aime

Plus belle que mes mots

Tu gagneras ton combat

***

Le silence

Le silence est plus pesant que les mots

Il ne laisse aucun souvenir s'echapper

D'un vide il nous pénètre par son écho

On en supplie alors le temps de s'écouler…

***

Le sage

De l'herbe verte sous mes pieds
Tableau vivant de Monet
Les coquelicots se couchent au vent
Les oiseaux s'envolent du temps
Dans l'horizon à perte de vue
Se dessine au loin un visage inconnu
La terre est encore humide
Un regard si gris de pluie
Un visage tellement aride
Seul assis devant sa table
Sur une chaise un peu bancale
Buvant du thé de Ceylan
Il me sourit tendrement.
Sa peau de couleur safran
Et ses cheveux grisonnants

Vieil homme perché sur la colline
Comme un arbre y prend racines
Il courbe l'échine sous le poids du temps
Oublié de tous depuis si longtemps

Même à l'envers du décor
Je voudrais rester encore
Pour l'écouter sagement
Me conter comme un enfant
Un sourire au soleil levant
Une ombre au soleil couchant
Une âme vieille de cent ans

Sylvie SICOT sylviesik@yahoo.fr

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