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Le coeur qui parle Ahmed Loutfi, avril 2008.
Les sultanats des Comores Ahmed Loutfi, avril 2008.

 

 

 

Le coeur qui parle

Récit autobiographique par Ahmed Assadi (Olmo)

Ahmed Assadi, petit-fils du dernier sultan d'Anjouan, nous raconte ici ses souvenirs et l'histoire du début de sa vie dans la merveilleuse île d'Anjouan, une des îles Comores.
C'est un récit rempli de nostalgie et de souvenirs émus qui nous invite à contempler d'un oeil plus attentif et tendre ces îles magnifiques chargées d'une histoire exotique et mouvementée.

Aujourd'hui, Ahmed se bat pour que son île et l'ensemble des îles Comores retrouvent leur éclat d'antan et leur population le bonheur et la joie de vivre qui leur font cruellement défaut sur ces terres oubliées de tous qui portent encore la marque de leur beauté passée.
Le peuple des Comores souffre et appelle à son secours les nations riches qui voudraient et pourraient l'aider à se sortir de la pauvreté dans laquelle il s'enlise progressivement, au fil des ans. Le développement d'un tourisme raisonné pourrait redonner aux îles Comores la chance de retrouver une activité économique, leur beauté et leur dignité.
Aujourd'hui, Ahmed se bat pour que son île et l'ensemble des îles Comores retrouvent leur éclat d'antan et leur population le bonheur et la joie de vivre qui leur font cruellement défaut sur ces terres oubliées de tous qui portent encore la marque de leur beauté passée.
Le peuple des Comores souffre et appelle à son secours les nations riches qui voudraient et pourraient l'aider à se sortir de la pauvreté dans laquelle il s'enlise progressivement, au fil des ans. Le développement d'un tourisme raisonné pourrait redonner aux îles Comores la chance de retrouver une activité économique, leur beauté et leur dignité.
Ahmed Assadi a fait de la sauvegarde des îles Comores et de leurs populations la cause de sa vie. C'est une belle et noble cause et nous devons la soutenir.
Ahmed Assadi veut aussi nous faire "aimer les Comores", et il y parvient parfaitement grâce à sa propre passion et à la grande tendresse qu'il porte aux iles de son enfance.
Chamsad Editions.  ahmed.loutfi@wanadoo.fr

 

Le coeur qui parle

"Aimer les Comores"
(Récit autobiographique)

 

 



15 euros

ISBN 978-2-9534573-0-8

Chamsad Editions

 

Les sultanats des Comores

Document historique


Sultanat de la grande Comore

Les enfants du Bedja Fe Pirusa seront les premiers sultans d'Ikoni, d'Itsandra et Ntsudjini, dès le XIIIème siècle. A la même époque, leur soeur et demi-soeur Wabedja, princesse d'Itsandra, va s'installer sur la côte nord-est de l'île où elle épouse un jeune berger. Parmi leurs enfants, trois seront sultans de l'Itsandra et de deux autres sultanats, à Hamahame et à Washili, sur la côte nord orientale de l'île.
L'un deux, Ntibe, devenu sultan de l'Itsandra, fonda la nouvelle capitale de Ntsudjini et y construisit la première mosquée. Quant à Inyehele, petit-fils de Wabedja et sultan du Hamahame, il fonda la ville de Mbeni, sur la côte nord orientale de l'île à la fin du XVème siècle.
Une dizaine de sultans succèderont au fils des vagues à la tête du sultanat de Hamahame, mais on ne connaît à peu près rien de leur règne. Il en est de même des autres souverains de la grande Comore, aux XVIème et XVIIème siècles, à l'exception de Fumu Mvundzambanga, sultan d'Itsandra qui construisit deux mosquées, à Ntsudjini et à Itsandra, au XVIIème siècle.

Le XVIIème siècle est mieux connu et voit arriver sur le trône de l'Itsandra la première sultane Wabedja (qui porte le même nom que la princesse d'Itsandra, mariée au berger). Ses trois fils seront sultans d'Iitsandra, en particulier Djumwamba Nguzo, théologien émérite et monarque éclairé qui construira des routes et introduira des plantes utiles. A la mort de ses trois fils, la vieille sultane reprend le pouvoir et redonne une nouvelle prospérité à l'Itsandra en développant l'agriculture, l'artisanat et le commerce maritime (le port d'Itsandra devient la première place commerciale de l'île grâce à ses fructueux échanges à travers tout l'océan Indien). Avec un art consommé de la politique, elle inaugure une politique d'alliances subtiles avec les autres sultanats. En poussant sa fille aînée Nema Feda à devenir sultane du Hamahame et à épouser un prince du Mitsamiouli, puis en rompant le mariage de la cadette Madjamu avec un prince du Badjini pour lui faire épouser Mlanau, sultan du Bambao et grand sultan, tibé de l'île. En 1743, la sultane de l'Itsandra, très âgée, cède le trône à son petit-fils Fumnau, mais cette intronisation déplaît à sa fille Nema Feda, sultane du Hamahame, qui part en guerre contre son neveu. Défaite, elle doit prêter allégeance au petit sultan Fumnau, qui n'a que douze ans. Celui-ci doit à nouveau reprendre les armes contre son oncle, mari de Nema Feda, à propos de la succession du sultanat du Washili.

La guerre civile déchire l'île et oppose les deux grands sultanats de l'Itsandra et du Bambao pendant près de sept ans. Pour en finir, un combat singulier a lieu entre les meilleurs champions des deux sultanats qui aboutit à la défaite du Bambao. La guerre est finie et l'on donne le Washili à Trambwe Mlanau (demi-frère du sultan Fumnau de l'Itsandra).
Continuant sur sa lancée, le sultan de l'Itsandra Fumnau opère un coup de force dans le sud de l'île, dans le sultanat du Badjini pour y rétablir son grand-père maternel. Dans cette dernière opération militaire, il doit affronter son propre père. A la mort de son beau-père Mlanau, le sultan Fumnau empêche, par les armes, son neveu d'accèder au sultanat du Bambao. Puis il porte la guerre dans le nord de l'île où il vainc le sultan du Mbude. Après un pèlerinage à la Mecque, Fumnau qui n'a rien perdu de sa combativité descend dans le Badjini porter secours au nouveau sultan. Se sentant fatigué, le sultan renonce à agir en faveur de son fils Fe Fumu, ce qui entraîne de nouveaux conflits familiaux.
Le petit fils du sultan de Bambao Saïd Ali devient le grand sultan de toute l'île. Saïd Ali n'a pas pour autant réussi à imposer définitivement la paix à la grande Comore. Au contraire, les différents clans se soulèvent de plus belle lorsqu'ils apprennent que le nouveau sultan signe en novembre 1885 une convention commerciale permettant au planteur Léon Humblot de disposer de toutes les terres qu'ils souhaiterait. En quelques années, le Français deviendra le propriétaire de la moitié de l'île. Il s'introduisit également sur les autres îles de l'archipel. Ensuite Saïd Ali signe en janvier 1885 un traité avec la France qui place l'île sous protectorat. A l'appel du sultan Hachim du Badjini, l'île s'enflamme, et il faut plusieurs expéditions militaires Françaises pour réduire l'insurrection. Nommé résident de l'île, Humblot va en devenir le maître.
Une nouvelle insurrection éclate en janvier 1890, obligeant Saïd Ali à se réfugier dans l'île de Mohéli. Après le retour au calme imposé par la troupe, Humblot obtient l'abandon des pouvoirs du sultan. Quatre ans après, il prend prétexte d'un attentat sur sa personne pour accuser Saïd Ali d'en être l'instigateur et obtenir sa déchéance et son exil.

L'île est annexée par la France vers 1908, après que le sultanat fut supprimé. Dernier sultan de l'île, Saïd Ali, dont on a obtenu la renonciation au trône vers 1910, meurt à Tamatave en 1916. Pendant toute cette période, Humblot n'a cessé d'étendre son pouvoir et de faire régner la terreur, en imposant aux travailleurs de ses plantations un régime proche de l'esclavage. Par la suite, les différentes réglementations limiteront sa puissance sans la détruire, mais n'empêcheront pas Humblot de poursuivre sa politique d'acquisition de terres jusqu'à sa mort en 1914.
Avec cette pratique, les habitants de l'île se soulèvent pour dénoncer les appropriations des terres par les grandes sociétés. Ce problème a d'ailleurs changé d'aspect vers 1907, lorsque de gros planteurs Français (Bouin et Regoin) et le parfumeur de Grasse De Chiris constituent à Anjouan la société coloniale Bambao, et vont petit à petit rassembler sous le même pavillon tous les domaines de l'archipel.


Sultanat d'Anjouan

Vers le XVème siècle, lorsque les princes chiraziens arrivent à Anjouan, ils trouvent l'île occupée par des Bedjas et des Fanis, d'origine africaine et arabe, qui ont constitué des chefferies depuis plusieurs siècles.
Le Chirazien Hassani ben Mohamed débarque à Sima, où il épouse la fille du chef, lui succède et se proclame sultan, en déménageant sa capitale à Domoni. Après quelques années de règne, il quitte l'île pour se marier avec une princesse de Mayotte où il s'installe définitivement. Ses fils se disputent le pouvoir à Anjouan et l'un, Mohamed, sort vainqueur et nommé sous le nom de Mchindra (le vainqueur en Comorien), surnom qu'il conservera pendant tout son règne. Plus tard, lorsque Mayotte se révolte, le sultan de Domoni Saïd Allaoui demande de l'aide à Fani Moiné, le chef de Mutsamudu.
Celui-ci en profite pour prendre le pouvoir et se proclamer sultan, instituant une dynastie rivale. Au cours des siècles, l'île va être sans cesse partagée en deux, sauf quand l'un des deux sultans l'emporte sur l'autre et assure l'unité du territoire. Domoni était dominée au XVIème siècle, par le grand sultan Idaroussi qui organise selon des règles précises les institutions de son royaume.
Sous le règne d'Ahmed I, à la fin du XVIIIème siècle, toute l'île se révolte à l'instigation d'un chef noir, Toumpa, et d'esclaves désirant leur libération. Assiégée, Domoni tombe, tandis que le sultan prend la fuite. Les mutins portent alors la guerre à Mutsamudu, où le sultan prend Abdallah, les repousse et tue leur chef.
Pendant ce temps, le sultan de Domoni se retourne contre son allié de Mutsamudu. Il meurt pendant cette nouvelle guerre. Son royaume passe sous la domination de Mutsamudu où le sultan prend titre D'Abdallah I, sultan de toute l'île d'Anjouan, vers 1782. Comme toute l'archipel, Anjouan affronte les premières invasions de pirates malgaches.

Pour se protéger, Abdallah demande l'aide des Britanniques, qui lui donnent des armes et de l'argent pour construire la fabuleuse citadelle dominant Mutsamudu. (Lors de la rébellion de 1889, les esclaves révoltés s'en rendirent maîtres et ces vieux canons rouillés, les uns fleurdelisés, les autres timbrés de la couronne britannique et marqués aux chiffres du roi Georges, ouvrirent le feu cette même année pour la dernière fois contre les vaisseaux français de la division navale de l'océan indien).

Profitant d'un voyage d'Abdallah, son gendre prend le pouvoir et se proclame sultan sous le nom d'Allaoui I après avoir exilé et fait disparaître tous les prétendant officiels. Allaoui mourut lors de l'incendie de Mutsamudu vers 1816.
Son fils Abdallah II recueillit à Anjouan le Malgache Ramanetaka qui se proclama sultan de Mohéli et provoqua la mort de son protecteur anjouanais. Son fils Allaoui II lui succède et, quelque jours après, doit affronter une guerre civile organisé par son oncle paternel Salim.
L'île est à nouveau coupée en deux. Mutsamudu le sultan Allaoui II, et Domoni avec Salim qui se proclame sultan. Bénéficiant de l'appui du sultan usurpateur de Mohéli, Ramanetaka, Salim met le siège devant Mutsamudu et finit par prendre la ville. Chassé de ses terres, Allaoui II cherche de l'aide auprès des Britanniques à l'île Maurice, mais sans résultat, où il termina sa vie en exil vers 1841.
Avant de mourir, Allaoui II confie les intérêts de son fils à l'un de ses ministres en exil, Saïd Hamza, qui prend le relais du sultan et va plaider la cause du jeune Aboudou auprès des Britanniques à Maurice et à Bombay. Il compte également obtenir des Anglais qu'ils demandent des comptes à la France qui vient de racheter Mayotte (considérée comme possession d'Anjouan) au sultan Andrian Tsouli et destituent l'usurpateur Salim qui a laissé faire.
Le sultan d'Anjouan Salim a même renoncé à ses droits sur Mayotte, car la France a reconnu sa légitimité. N'obtenant pas gain de cause auprès des Britanniques, Saïd Hamza et le jeune Abdou se rend auprès de Bazoche, gouverneur Français de l'île Bourbon (la Réunion), sans aucun succès.
Salim qui veut ménager les uns et les autres, autorise l'installation d'une grande maison de commerce britannique. Pour le remercier, les Anglais empêchent Saïd Hamza et Abdou de débarquer à Anjouan et confisquent leur bateau et leurs bien remis au sultan Salim. Saisissant cette occasion de reprendre l'avantage, la France envoie un navire de guerre devant Mutsamudu, afin d'obliger Salim à restituer ce qui a été confisqué. Après avoir longtemps hésité, celui-ci finit par obtempérer.
La Grande-Bretagne, offensée, intervient en envoyant quelques mois après un navire à Anjouan. Avec beaucoup d'habilité, Salim accuse son ministre Saïd Omar d'être le responsable de ces intrigues qui, sacrifié à la raison d'Etat, doit s'exiler.
Vers 1848, Abdallah III (connu sous le nom de Mawana, arrière grand-père du narrateur), Fils de Salim, monte sur le trône d'Anjouan. Monarque éclairé, il fait profiter son île des progrès industriels et aménage de grandes plantations de canne à sucre ainsi qu'une raffinerie sur ses terres de Bambao où il bâtit un magnifique palais blanc à créneaux, flanqué de canons et dominant toute la région.

Sollicité par ses alliés de la grande Comore, il participe à la guerre civile et se bat contre le sultan d'Itsandra, Msafumu, vers 1870. Après quelques temps, Abdallah III traverse une période de difficultés avec les Britanniques qui lui reprochent d'avoir toujours des esclaves. Sa promesse d'abolir cette pratique aboutit à une révolte des grands propriétaires anjouanais.
Ruiné par les guerres, le vieux sultan se retourne vers la France avec laquelle il signe un traité de protectorat le 21 avril 1886. Dès 1889, le premier résident français, M. Troupel, s'installe à Anjouan. Ensuite la France supprime le sultanat en 1912 et Anjouan devient une colonie Française.
La vie économique d'Anjouan est dominée à partir du milieu du XIXème siècle, par les gros propriétaires étrangers qui se créent d'immenses domaines, jusqu'à l'indépendance. L'Anglais William Sunley, avec ses plantations de Domoni et de Bambao (propriétés du sultan), l'Américain Wilson à Patsy, etc. En 1907, la Société coloniale de Bambao, propriété de planteurs français, rachète progressivement tous les domaines de l'archipel.


Sultanat à Mohéli

Jusqu'au XIXème siècle, la petite île de Mohéli reste vassale d'Anjouan, mais vers 1830, le prince malgache Ramanetaka, qui doit s'exiler de la grande île, fait un coup de force et prend le pouvoir à Mohéli. A l'époque, Ramanetaka s'était placé sous la protection du sultan Abdallah II, qui l'avait occupé à diverses fonctions près de lui, puis l'avait envoyé à Mohéli comme adjoint du gouverneur et comme douanier.
Au moment où Abdallah II est très occupé à régler des problèmes avec Mayotte, Ramanetaka en profite pour monter sur le trône à Moheli en prenant le nom de sultan Abgdel Rhahamane.
Dès qu'il peut et dégagé des affaires de Mayotte, Abdallah organise un débarquement punitif à Moheli, et il trouve la mort en 1836. Djoumbé Fatima succède à son père Ramanetaka, mais étant encore jeune, sa mère, d'origine Malgache, exerce la régence jusqu'en 1848.

Ayant acquis L'île Mayotte, la France estime le moment opportun d'étendre sa domination sur l'île de Mohéli et y dépêche une gouvernante, (Mme Droit, chargée officiellement de l'éducation de la jeune sultane, et ainsi l'empêcher de se rapprocher du sultan du Zanzibar, protégé par les Britanniques, qui pourrait être un prétendant au mariage).
Une méthode d'éducation inacceptable et si étrange que, vers 1852, les Mohéliens se révoltent et expulsent la gouvernante.
Délivrée de sa tutrice, Djoumbé Fatima épouse alors le prince de Zanzibar, Saïd Mohamed, puis l'expulse de l'île vers 1859, en raison de ses excès. Quelques temps après, surgit alors Joseph Lambert, qui a été fait duc d'Imérina par le roi de Madagascar. Lambert a joué un certain rôle dans la diplomatie Française dans l'océan Indien.
Devenu l'amant de Djoumbé Fatima, il obtient de larges concessions de terrain et y développe des plantations sucrières. Quelques années plus tard, la sultane retomba sous l'influence de Zanzibar et sa relation avec Lambert devint plus distante.
Ensuite la sultane décida de renoncer au trône vers 1867, en faveur du petit Mohamed. Profitant de l'absence de Lambert, les Mohéliens récupèrent ses propriétaires et destituent la sultane.
Tout de suite les autorités de Mayotte dépêchent alors une escadre Française qui vient bombarder Fomboni.
Également alerté, le sultan de Zanzibar profite de cette occasion de s'imposer, et son ambassadeur obtient la reddition des Mohéliens, mais approuve à la fois le départ de la sultane et la montée sur le trône de son fils, protégé officiel de Zanzibar, dont il devient le vassal.
Presque un an après, les Français reviennent à la charge en exigeant au jeune sultan de rompre toute relation avec Zanzibar et obtiennent le libre accès. Ainsi Lambert et son associé Britannique Sunley en profitent pour accroître leurs acquisitions des terres Mohéliennes. A la mort de Lambert vers 1873, Sunley prend la suite.
Le sultan Mardjiani marqua l'histoire de l'île Mohéli en signant, vers 1886, un traité de protectorat avec la France.
Ensuite, Salima Machamba, fille de la sultane, se marie avec un gendarme français et s'installe en métropole, pendant ce temps, un fonctionnaire dépendant de Mayotte est désigné pour administrer Mohéli. L'ère du sultanat est abolie.
Cependant l'île est dominée par les planteurs européens, et notamment par Léon Humblot qui a déjà racheté les terres de la grande Comore.


Sultanat à Mayotte

Vers le XVème siècle, l'île de Mayotte était habitée par les noirs venus d'Afrique de l'Est. Puis arrive le prince chirazien Attoumani ben Ahmed à Mtsamboro, où il épouse la fille du chef de village. Ensuite, Djoumbé Amina, fille d'Attoumani épousa son oncle Hassani ben Mohamed, premier sultan d'Anjouan, qui laissa son île pour s'installer à Mayotte, dans le village de Chingoni qu'il fit bâtir. A la fin du XVIIIème siècle, tout l'archipel des Comores subit les invasions malgaches. Vers 1790, Mayotte fut envahie et Chingoni détruite, contraignant le sultan Salim à se réfugier dans l'îlot de Dzaoudzi qu'il fit fortifier. Son fils Souhali lui succède vers 1807 et, 10 ans après, il fut assassiné par le premier ministre Mahona Amadi qui se proclama sultan.

L'île entre alors dans la guerre civile. Le nouveau sultan décide d'appeler à son secours le prince Sakalav Tsy Lavalou, régnant à Majunga. Rival de Ramada I de Tananarive, Tsy Lavalou signe un traité de mutuelle assistance avec le sultan de Mayotte.
Mahona Amadi est assassiné vers 1829 par sa soeur, mais le prince Sakalave procure des soldats au fils de Mahona et le remet sur le trône de Mayotte. En conflit avec Ramada de Tananarive vers 1832, Tsy Lavalou doit fuir Madagascar à son tour et trouve asile dans l'île de Mayotte auprès du jeune sultan Boina Kombo, qui lui offre une bonne partie des terres. Quelques temps après des conflits apparaissent entre les deux hommes. Et vers 1834, Boina Kombo se rend dans l'île de Mohéli pour demander l'aide du sultan malgache Ramanetaka, ennemi juré de Tsy Lavalou. Pendant ce temps, Tsy Lavalou se convertit à l'islam et prend le nom d'Andrian Tsouli et se proclame sultan.
Aidé par les troupes mohéliennes, Boina Kombo réussit à chasser Andrian Tsouli. Déchu, et connaissant la haine d'Abdallah II à l'égard de Ramanetaka qui avait trompé sa confiance pour monter sur le trône de Mohéli, Andrian Tsouli va trouver le sultan d'Anjouan pour se procurer des renforts et revient dans l'île de Mayotte renverser Boina Kombo et son allié Mohélien.
Le débarquement de 1835 se solde par un succès, Boina Kombo est exilé à Anjouan, et Adrian Tsouli nommé gouverneur de L'île de Mayotte et les mohéliens de Ramanetaka faits prisonniers et leurs chefs exécutés. Abdallah II est rempli d'ambition et essaie d'envahir Mohéli pour renverser Ramanetaka, mais périt dans la bataille. Se proclama encore une fois sultan de Mayotte, Adrian Tsouli n'occupe pas longtemps cette haute fonction, car il reçoit des offres de rachat de l'île par les Français. L'accord est conclu vers 1841, et prévoit la cession de l'île contre une rente versée à Adrian Tsouli.
La France prend possession officielle Mayotte en 1843, et nomme un commandant à la tête de l'île. Adrian Tsouli décède à Anjouan vers 1846.


L'escale de la route des Indes

Tel qu'il apparaît aux navigateurs Anglais, Français, Portugais ou Néerlandais qui vont assez nombreux, et relâcher dans les îles au XVII°siècles.
Les navires qui se rendaient aux Indes sans traverser les Mascareignes, faisaient route directe par le canal de Mozambique, et la situation géographique des Comores, à mi-distance de Madagascar et de la côte d'Afrique, était une escale facile, d'où l'importance de ce passage. Au début du XVIème siècle, quand des navigateurs portugais découvrirent les îles à leur tour, elles étaient déjà islamisées, probablement, par suite de la domination des premiers arrivants.

Vers le XVIIe siècle, beaucoup d'Européens séjournèrent dans les îles qui, par leur situation géographique, proposaient cette escale facile.
Anjouan était l'île la plus fréquentée, par rapport aux autres. La capitale " Mutsamudu " offre un mouillage très sûr, ainsi que la quantité d'eau douce qui ne manque pas.
Ainsi ils arrivaient facilement à se ravitailler en fruits, en bœuf et autres denrées.
Vers la fin du XVIII°siècle, une visite très prestigieuse rendue par le sultan d'Anjouan au vice-roi des Indes, qui reçu les plus grands égards, ainsi que plusieurs fêtes en son honneur. Cette pratique s'est prolongée tout au long du siècle suivant. Les marins anglais jetaient parfois l'ancre à l'île de Mohéli, ils appréciaient la simplicité et l'honnêteté des habitants, mais cette petite île n'offrait que peu de ressources en ravitaillement, tandis que les escales à Mayotte étaient rares, en raison des nombreux récifs coralliens, qui protègent cette île contre les envahisseurs.
C'est à partir de là que les Mahorais passaient pour de redoutables naufrageurs. Les paisibles marchands de la route des Indes n'avaient pas été les seuls à visiter l'archipel au XVIII°siècle. Ils ont toujours assisté au passage de pirates européens, chassés des Antilles.
Dans les années 1780, ce sont les pirates Betsimisaraka, venus de Madagascar, que les Comores subiront pendant près de quarante quatre ans. Ces raids de navires comptant plusieurs centaines de pirogues, furent extrêmement dévastateurs. Ainsi razzièrent l'archipel des Comores et toute la côte orientale de l'Afrique afin de s'y fournir en esclaves pour les plantations des Mascareignes (actuelles îles Maurice et de la réunion).

Ahmed Loutfi  ahmed.loutfi@wanadoo.fr et site http://www.dilaurus.org/Comores

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