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Découverte du Don Richard Natter, novembre 2002.
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DECOUVERTE DU DON
(Autobiographie
de Richard
NATTER)
Préface, introduction et début du premier chapitre.
Préface:
Depuis
que le magnétisme existe, il est soumis aux controverses les plus folles. Dans
l'imbroglio d'invectives en tous genres, dressant face à face les esprits réfractaires
et ceux qui sont investis par cette force mystique, le quidam en perd purement
et simplement son latin. Sorciers pour les uns, Bienfaiteurs pour les autres,
les partisans des deux bords rivalisent d'ingéniosité pour soutenir leur point
de vue et défendre en toute bonne foi leurs idéologies, discréditant les opposants.
C'est un dédale d'invraisemblances, et de propos volontairement démesurés. Chacun
des représentants de l'une ou l'autre de ces énergies parallèles, dénonce et
accuse, dénigre et agresse. Sans se soucier de rien d'autres que de ses propres
intérêts. Qu'est-ce que le magnétisme ? ... S'il est indispensable à la vie,
et circule dans tous les corps, il arrive à certains individus de pouvoir le
transmettre. Magie, sorcellerie, utopie ou dérision ? Il s'agit d'un courant
réel, avec lequel on peut rééquilibrer une déficience énergétique. Peut-on apprendre
à maîtriser et à transmettre le magnétisme ? Trop de spéculateurs hélas, jouant
sur la naïveté d'individus en mal d'émotions fortes, essaient de persuader les
esprits crédules de cette possibilité. Je reste convaincu du contraire. Le magnétisme
curatif, puisque tel est son nom, ne s'apprend pas, ne se transmet pas, autrement
que par Le Tout-Puissant, sous forme de DON.
Ce
roman n'est en aucun cas une méthode nouvelle d'apprentissage du magnétisme.
Encore moins un guide. Il n'a pour seule ambition, que traduire ce dont j'ai
pris connaissance, au fur et à mesure de mon cheminement sur cette voie sacrée.
Mon chemin de vie peut ressembler à beaucoup d'autres. Je n'ai pas non plus,
- loin de moi cette prétention - le désir plus ou moins dissimulé de convertir
qui que ce soit. Encore moins, Dieu merci, le désir encore plus ignoble de fonder
une secte ! J'ai appris à connaître et à aimer Le Tout-Puissant, grâce à qui,
je peux enfin discerner le bien du mal, le vrai du faux. Pour vivre en harmonie,
il faut accepter et comprendre les souffrances et les sacrifices parfois extrêmes
qui nous sont imposés. Au-delà des carcans quotidiens, le plus difficile, c'est
d'avoir le courage de se regarder en face. Cette recherche intérieure, est de
loin le seul obstacle qui, à mon avis, nous empêche d'être nous-mêmes. Admettre
ses défauts, c'est aussi et avant tout, reconnaître les valeurs des gens qui
nous entourent. C'est à ce prix, qu'il est possible de juguler les faiblesses
et de faire naître une paix intérieure.
A ma petite épouse adorée.
Introduction:
Le
hasard, n'existe pas. Que l'on croit en Dieu ou non, il faut admettre que rien
sur cette terre, n'est le fruit de la simple coïncidence. Ce que chacun de nous,
un peu trop facilement, a tendance à considérer comme le " hasard ",
n'est
que l'éclatement de la destinée. Notre chemin de vie nous entraîne souvent
sur des chemins rocailleux. Nous nous faisons mal, nous nous insurgeons, sans
chercher à comprendre.
Quand
cela nous arrange, le hasard fait bien les choses. Quand tout va de travers,
là, nous nous en prenons à tout et à tous, en commençant par Dieu. Puis enfin
le jour arrive où, quittant les sentiers battus d'une vie stéréotypée, nous
ouvrons grands les yeux. Tout devient limpide et compréhensible. Nous admettons
ce qui jusqu'ici, nous apparaissait utopique. Notre hérédité, c'est nous-mêmes
qui nous la transmettons, au gré de nos incarnations successives.
En
arrivant sur terre, nous ignorons notre destin. Nous ne savons pas non plus
que notre subconscient, contient l'intégralité de ce qu'il nous appartient d'épurer
ou plus simplement de comprendre. Autant que notre corps renferme la quantité
d'énergie nécessaire pour accomplir notre mission. Tout est programmé, décidé,
prévu par le Tout-Puissant. Il nous faut donc le sentir, l'analyser et le subir,
avant de l'admettre.
Ce
dernier fardeau levé, et à ce moment-là seulement, il est possible de parler
d'harmonie. La vie, offre à cet instant, toutes ses lettres de noblesse. C'est
le début de la sagesse ; amour, tolérance, pardon, partage, remplacent avantageusement
l'égoïsme, le doute, la rancune et la médiocrité. Mon histoire, peut être celle
de beaucoup de gens. Je la raconte avec amour. Authentique, elle est avant tout
un témoignage. Du premier mot à l'ultime scène, tout est vrai. Désolé si d'aventure,
quelques faits énoncés, peuvent choquer. Elle est dévoilée, non par goût de
la provocation, mais avec l'absolu désir d'approfondir et éclaircir par ce biais,
une partie de la mission dont je suis investi.
Pour
mon épouse et moi, après notre première rencontre, l'aventure a débuté en dents
de scie. Nul ne peut contrer la volonté divine. Même si j'avais voulu baisser
les bras et renoncer, Dieu m'aurait fait comprendre, à sa façon, que nul n'échappe
à son destin. Sans m'en rendre compte, je me suis accroché, en dépit de l'adversité.
Après avoir connu ma petite Françoise à une soirée, j'ai déliré en attendant
la rencontre suivante, et lutté pour ne pas faiblir. D'étape en étape, j'ai
progressivement pris conscience de la valeur et de l'impact de la foi.
Sans elle, nous ne parvenons à rien.
Ma
foi est profonde, mais je ne suis pas " accroc " au point de devenir
fanatique. Dieu est mon ami, mon guide, et ne sera jamais là pour m'enlever
ma personnalité, ni faire de moi son esclave. Le Tout-Puissant a établi, déontologiquement
parlant, une règle de conduite. A nous de l'accepter ou de la réfuter, sans
avoir besoin du support des doctrines erronées, édictées par les pourvoyeurs
de l'hypocrisie. Il est plus facile de parler d'amour et d'égalité, voire d'équité,
pour être sûr de plaire, qu'agir dans l'ombre de l'humilité pour aider son prochain.
L'efficacité, à tous niveaux, ne rime pas avec excentricité ; encore moins avec
popularité !
Chapitre premier
"Découverte du Don"
A
l'instar de tous les gamins ou presque, dès que j'ai atteint la puberté, je
me sentais pousser des ailes. Comme tous les autres, à défaut de volonté personnelle,
je voulais connaître l'aventure. Grisé par les récits, attisés par mon imagination,
je pensais qu'en fuyant le domicile paternel j'allais connaître un univers douillet.
Si à l'époque, la majorité était à vingt et un ans, à peine sorti de l'œuf je
me croyais un homme. Je n'avais pas encore dix-huit ans, et prenais sur moi
de prouver au monde entier que j'étais quelqu'un de bien.
J'avais
l'impression d'étouffer, de végéter, dans cet environnement familial quelque
peu obsolète à mes yeux. Ivre de légende, assoiffé de découvertes, je voulais
prouver aux autres, ce que j'ignorais moi-même. Je me croyais un homme, je me
considérais apte à franchir les obstacles érigés par les conventions de l'éthique
et de la foi Chrétienne. J'ignorais à quelle sauce j'allais être mijoté durant
les années suivantes ! Bref, ardent des mille feux de la soif d'indépendance,
je partais fièrement sous les drapeaux. Après avoir devancé l'appel, j'embarquais
à bord d'un pétrolier de la " Royale ".
A
Tahiti, dépaysement oblige, j'effectuais mon apprentissage sur l'âpreté de la
vie. Tout ce qui jusqu'ici me paraissait dérisoire, en ces quelques mois de
galère, a eu raison de moi. Je ne voulais pas capituler. Orgueilleux avant tout,
je n'ai jamais voulu donner l'impression de céder. Tout allait pour le mieux
dans le meilleur des mondes. Je suis resté ainsi presque deux ans, seul, loin
des miens, pour prendre le temps de mieux analyser le fond des choses. Sortant
d'un cocon douillet, je n'imaginais pas en m'engageant, quelles étaient les
épreuves qu'il fallait surmonter pour avoir l'impression d'exister. Ces premiers
mois de solitude et de souffrance, ont eu au moins l'avantage de me faire prendre
conscience de mes limites.
J'établissais
des comparaisons avec ce que j'avais vécu auparavant. J'avais du mal à le reconnaître,
mais je n'étais pas si malheureux que cela. Dans ce sens, l'isolement aura été
bénéfique. J'avais des idées surfaites envers mon pays ? J'en ai mesuré avec
émoi, les carences et les lacunes. Pierre par pierre, l'édifice que j'avais
érigé s'effondrait. Jour après jour, les méandres de la vie m'ont aidé à prendre
conscience des réalités. Mon esprit de patriotisme, mon enthousiasme et mon
euphorie, en prenaient un sacré coup de vieux. Loin de vouloir " rempiler
", je n'avais qu'une hâte, rejoindre mes pénates !
Ce
que je faisais quelques mois plus tard. A mon retour en métropole, la vie se
chargeait de peaufiner mon éducation. Je voulais tout connaître ? Qu'à cela
ne tienne. Je n'avais pas vingt ans, quand déjà, je sentais peser sur moi le
poids des responsabilités parentales. Je ne connaissais rien de la vie, en dépit
de mon passage sous les drapeaux. Jamais, je n'avais connu ce que les jeunes
aujourd'hui dépensent avec autant de mépris : la joie de vivre. Certes, j'avais
eu des aventures. Jamais, au-delà des limites qui m'étaient imposées par mes
parents.
Pas
de flirt, pas de sortie nocturne, rien, que les dures règles d'une discipline
rigoureuse. C'est pour cette raison sans doute, que dans la foulée en quittant
l'armée, je m'engageais à corps perdu dans ma vie d'homme. Bien-être éphémère
et illusoire en vérité. Sans même avoir le temps de comprendre ce qui se passait,
je devenais papa ! De part les sacro-saintes lois des principes, imposées par
l'église, pour réparer la faute il me fallait épouser celle que le destin avait
placée sur ma route. Voilà comment, à peine sorti des couches culottes, je devenais
à mon tour un " monsieur ".
Hélas,
de telles unions " réparatrices ", ne sont jamais génératrices de
bonheur. Quelques mois seulement après avoir convolé en justes noces, un premier
divorce étalait devant moi son tapis de douleur. Je n'avais pas encore eu le
temps de m'habituer à mon rôle de papa, pourtant réitéré l'année suivant mon
mariage, que je devais songer à me séparer de ma femme. Chacun le sien, nous
nous sommes quittés heureusement sans trop de bobos. Nouvelle vie, nouveaux
espoirs ! Seul avec ma fille, j'arpentais les chemins sinueux de la vie en solitaire.
Je n'avais toujours pas compris ce qui c'était passé ! Tout c'était tellement
enchaîné et précipité, que je n'avais fait que suivre le mouvement. J'avais
encore besoin de téter le sein de ma mère, et je devais me comporter comme un
adulte. Tout prenait des proportions démesurées.
Ma
bonne humeur, ma joie de vivre, s'estompaient graduellement. Plus, les jours
passaient, plus je réalisais dans quelle galère je m'étais fourré. Je n'étais
plus seul. En réalisant enfin que j'étais papa, loin de paniquer fort heureusement,
je décidais de tout mettre en œuvre pour prouver ce dont j'étais capable. Sans
savoir et pour cause, que les premiers messages du Tout-Puissant commençaient
à me parvenir. L'homme-enfant que j'étais, devait se surpasser. Faisant feu
de tout bois, je me montrais digne. Eludant les chimères, loin de baisser les
bras, je relevais le défi. Jour après jour, ma fille devenait mon unique espoir.
L'enfant
qui en moi, n'avait jamais grandi, s'est manifesté plus souvent qu'à son tour
! Adulte oui, mais avec un besoin criant d'extérioriser ce qui devait se faire
connaître. Ce qui se traduisait le plus souvent par des comportements aussi
juvéniles qu'insensés. Tantôt papa, tantôt bébé, je cherchais en fait mon équilibre.
Dur dans ces conditions, de maîtriser les tourmentes de la vie. Néanmoins, j'accomplissais
quotidiennement les tâches inhérentes à mon statut de père célibataire. Pour
rien au monde, je n'aurais supporté la moindre critique me concernant. Rien
n'est jamais parfait. Je faisais de mon mieux, pour donner une image assez forte
de ce qui au fond de mon cœur, était une lacune évidente.
Je
jouais les athlètes, les durs, pour mieux dissimuler mes faiblesses. Ma fille
avait besoin d'un papa fort, solide, intouchable et invulnérable. Pour elle,
à travers elle, j'exorcisais mes amertumes. En elle, je puisais les ressources
nécessaires à l'accomplissement de ce qui était déjà, un véritable sacerdoce.
Plus je me sentais faible, plus je compensais par des actions pour les moins
démesurées. Orgueilleux, je ne voulais pas donner une impression de faiblesse.
Je voulais à tout prix, qu'elle soit fière de moi. J'oubliais le principal.
Ma vie d'homme !
Sans
me poser de question, je fonçais tête baissée. Mon unique objectif, était d'assumer
mon rôle envers ma fille. Ce qui m'interdisait d'accorder trop d'importance
aux relations physiques, éphémères par définition. Episodiquement tout de même,
j'assumais ma sexualité. Hélas, fort de ma cuisante et récente " expérience
", je prenais peur et je fuyais, sitôt que la relation prenait une tournure
affective. Le destin m'avait placé sur une orbite assez spéciale, ça, j'en étais
conscient. De là à en définir l'orientation, il y avait un monde.
Semaine
après semaine, mois après mois, je persistais dans ma façon pour la moins cavalière,
d'affronter l'existence. La seule chose qui comptait, c'était le bonheur de
ma fille. Belle à croquer, elle était ma fierté. Sans le savoir, Dieu me faisait
flirter avec les délices de la dévotion. Que ce soit pour son enfant ou pour
une tierce personne, savoir donner son amour et son temps est fabuleux. A l'époque,
loin de donner, je prenais, en bon égoïste ! Fier des compliments qui m'étaient
adressés, à travers ma fille, je jouissais naïvement des vertus lubriques émanant
de cet état informel. Je n'ai jamais su, à cette période, faire la différence
entre les congratulations relationnelles, et les louanges profondes.
Pour
moi, toujours enfant, je naviguais aveuglément sur mon océan de quiétude. Tout
le monde il était gentil... Les pièges, qui se dressaient devant moi, étaient
bien loin d'occuper mes pensées. J'étais tellement imbu de ma personne, étanche
aux conseils, que je défiais la planète entière. Tout baignait dans la félicité.
Pourtant, il me fallait de temps à autre, revenir aux dures réalités. De part
ma profession, j'étais sans cesse soumis aux épreuves les plus invraisemblables.
Sapeur-pompier de mon état, je côtoyais chaque jour ou presque les antipodes
de l'humanité. Bons et méchants, riches ou pauvres, beaux ou laids, tout le
monde était réduit au même rang sitôt que le malheur s'abattait sur eux. C'est
de là je pense, que m'est venu ce besoin de comprendre avant d'agir.
Je
le dis maintenant en l'écrivant, avec près de trente ans d'écart ! Quand je
vivais tout ça, je ne l'imaginais pas une seconde. En attendant, pour en revenir
à mes moutons, je me débattais du mieux que je pouvais. Une chose est certaine,
c'est que grâce à mon métier durant cette période, j'ai appris beaucoup. La
souffrance, la mort, la solitude, l'isolement, auront été les compagnons avec
lesquels j'ai appris à gérer ma vie. L'écœurement, la révolte, prenaient au
fil des jours, racine au fond de mon âme. L'injustice, flagrante et imparable,
aggravait un sentiment d'iniquité déjà criant dans mon cœur. Qui pouvait m'entendre
? Moi qui refusais avant tout de communiquer ! Je gardais bien trop précieusement
au fond de moi les pulsions indignées, pour oser les transmettre à mon entourage.
C'était le début de mon sacerdoce.
Plus
je rencontrais la misère, plus je m'insurgeais. Plus je me hérissais contre
les dogmes et les idéologies, plus je me réduisais à l'état de contestataire.
Plus je me renfermais sur moi-même. L'imbroglio était total. Très vite, j'ai
appris à mes dépens, qu'il est inutile de se braquer contre les forteresses
qui nous entourent. A cette époque, sanguin et bouillonnant, je ne le voyais
pas de cet œil ! Il me fallait approfondir, disséquer, analyser, avant de me
déterminer. Le manque d'expérience de la vie, se faisait gravement ressentir.
Je passais sans transition d'une situation à l'autre, sans me poser la moindre
question.
Euphorique
et enthousiaste, je devenais taciturne et vindicatif. Courtois, affable et prévenant,
je pouvais tout aussi bien devenir rustre et odieux. Quelqu'un ne me plaisait
pas ? Sans autre, je lui rentrais dedans. Peu à peu, ma carapace s'est épaissie.
La frêle cuirasse, s'est lentement métamorphosée en robuste et inviolable écaille.
Lentement mais sûrement, je me laissais emporter dans le tourbillon de l'incertitude.
J'étais très loin de pouvoir entendre le moindre message du Tout-Puissant !
Plus les gens autour de moi cherchaient à me tendre la main, plus je fuyais
comme un évadé. La raison, la sagesse, n'étaient que des chimères.
Je
m'enlisais dans les sables mouvants de l'incertitude, sans avoir le force de
m'en rendre compte. D'un côté je tendais la main, de l'autre, je réfutais toute
aide. Je pensais avec conviction, être capable de traverser ce désert. De temps
à autre, à bout de souffle, j'échouais sur les bancs de sable d'une oasis. Brune
ou blonde, célibataire ou mariée, je ne désirais rien d'autre qu'être cajolé.
Je me blottissais dans ces bras inconnus, à la recherche de la tendresse. Plus
enfant qu'adulte, je me moquais des préjugés, et semblais vouloir défier la
terre entière.
Les
drames que cela pouvait engendrer, ne me venaient même pas à l'esprit. J'étais
en paix avec ma conscience. D'autant que le plus souvent, avant de m'abandonner
aux ivresses des corps, j'éprouvais le besoin de me confier. Parler, pour ne
rien dire sans doute, mais avec au fond du cœur le sentiment d'être écouté.
Néanmoins, j'ai toujours été respectueux de mes compagnes. Avant de les inviter
à la maison, je mettais les choses au point. Une nuit d'amour, ne devait pas
aboutir à une pendaison ! Elles étaient libres d'accepter ou refuser, mais n'avaient
pas le droit d'espérer autre chose qu'une aventure. Ma fille, mon métier...
Mon métier, ma fille... Rien ni personne, n'avait le droit de s'intercaler entre
ces deux pôles majeurs. Je pensais avoir mon équilibre. A tort ou à raison,
je ne voulais rien d'autre. Un flirt de temps en temps, histoire de conserver
une apparence d'homme, et rien de plus.
A
ce petit jeu, on finit par se brûler ; pour un pompier c'est un comble ! Après
quelques années de ce périple acharné, je sombrais dans les arcanes de l'amour.
Tout du moins, ce que je considérais comme tel. Jeune et belle, écœurée et révoltée
autant que moi, celle qui allait devenir ma seconde femme allait me faire toucher
terre. Désarmé, impuissant, je sombrais peu à peu. Aveuglé par cet avenir prometteur,
qui semblait m'ouvrir les portes du bonheur, je capitulais. En quelques jours,
elle a eu raison de moi. Ma fille, enjôlée aussi, n'avait de regards que pour
elle.
La
ravissante sirène, sortant du fond de l'océan de notre désarroi, est venue par
enchantement égayer nos journées. Oubliant mes promesses, m'écartant une fois
encore devant ma fille, j'ai cédé à la tentation. Très vite, le flirt est devenu
union. N'écoutant que la voix de la raison, éludant les propos peu flatteurs
dont elle était gratifiée par son père, je décidais de la prendre pour femme.
Pour la seconde fois, devant le maire uniquement, j'épousais la " maman
" adoptive de mon enfant. Plus par charité que par amour c'est vrai.
J'étais
naïf, encore enfant, la famille s'agrandissait. Jeune et belle, ma seconde épouse
était sans cesse l'objet des controverses les plus cinglantes. Malgré le peu
d'années qui nous séparaient, tout dans son comportement, mettait en exergue
une absence évidente de maturité. Elle était charmante, attentionnée, et de
surcroît, très optimiste. Sa maladresse, son manque d'expérience, étaient largement
compensés par son désir de réussir. C'est là que ses parents l'imaginaient incapable.
De mon côté, je me contentais de ce qu'elle m'apportait au quotidien. C'est
vrai, elle n'avait rien appris chez elle. C'est tout juste si elle savait faire
cuire un œuf sur le plat.
Retrouvez la suite et la fin de ce roman sur le site de l'auteur:
Richard Natter,
masseur-magnétiseur à Genève et écrivain
prolifique,
novembre 2002, webmestre@dynavie.com
et URL: http://www.dynavie.com