Athéisme réfléchi et éclairé
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Les fous sont toujours pleins de certitudes, tandis que
les sages ne parviennent jamais à sortir du doute...

 

Du surnaturel / De la foiUn autre mondeDe la religion /
Libération humaine et religion
/ Libérer le spirituel du religieux /
Jésus de Nazareth
/ Dieu, Ben Laden et le grand Satan /
Pour un nouveau paradigme /



Du surnaturel:

Il me semble qu'en fait de surnaturel les humains ont besoin d'une énorme part de rêve pour évacuer leurs peurs, leurs souffrances et leurs angoisses de la vie. Notre cerveau est une machine fabuleusement complexe que nous ne maîtrisons pas et qui engendre la plupart de nos peurs. Mais nos peurs sont aussi un stimulant et un moteur de notre vie. Les hommes se sont créés des dieux, des mythologies, des légendes et toutes sortes de choses métaphysiques non pas pour expliquer les choses, mais pour dissimuler leur incapacité à comprendre les choses.
Peut-être que la meilleure façon d'aborder la vie et la connaissance c'est avant tout d'accepter que grande soit notre ignorance, mais aussi qu'en tentant de trouver une explication la plus simple possible à toute chose, nous approcherons plus de la vérité. Je crois, personnellement, qu'il existe une explication rationnelle à toute chose, mais que nous ne possédons sans doute pas encore tous les éléments de connaissances pour les développer. Acceptons cela et acceptons que les solutions nous viennent peu à peu avec le temps. Nos anciens en savaient un millions de fois moins que nous.
Les grands penseurs, les grands découvreurs étaient peut-être simplement des gens qui essayaient de voir les choses dans leur simplicité, sans les revêtir d'un habit mystique ou superstieux.
Et il semble évident que, dans le passé, alors que les pouvoirs imposaient que la terre était plate ou des théories de ce genre, de simples paysans, au fond de leur campagne, se faisaient peut-être une idée tout autre de la réalité, simplement en observant la nature dont ils étaient les plus proches par le corps et par l'esprit.
Surnaturel, surnaturel... Est-ce bien le surnaturel qui s'impose à l'homme ou l'homme qui s'impose une vision sur-naturelle du monde ?
Si on essaye de voir les choses simplement, on parvient à les voir simplement.
Autrefois, on croyait que la terre était plate et qu'elle était le centre de l'univers. Que le soleil tournait autour de la terre. Ce qui était déjà une absurdité apparente, dans un système de pensée qui admettait tout de même que les autres astres ou corps célestes fussent de forme sphérique et les mouvements de l'univers circulaires ou ovales.
Aujourd'hui encore, certains scientifiques (mais ils se sont calmés face à une vive réaction) tenteraient de nous faire accroire que le fameux "big-bang" expliquerait tout. Mais si l'on s'en tient à sa description très précise, on constate qu'il n'est pas clairement exprimé ce que ce big-bang prend en compte sur le plan des dimensions de l'univers, des limites de l'univers et des limites de la connaissance que nous possédons dans le domaine de l'atome et de tout ce qui tourne autour.
D'ou venait la poussière qui a fait bang? Dans quel milieu cette réaction s'est-elle produite, dans quelles limites géométriques a-t-elle pris naissance? Et surtout, qu'y avait-il avant? Et que faisait là cette particule originelle? Depuis combien de temps était-elle là? Et pourquoi?
Nous saurons un jour. Mais peut-être pas. Il est probable que l'univers soit infini, car s'il était fini, qu'y aurait-il au-delà de ses limites? Le temps est de même infini. Nous ne saurons peut-être jamais, car notre planète et l'humanité auront sans doute disparu avant. Et puis, à quoi bon tout savoir. Nous ne sommes pas faits pour durer. La vie sur notre bonne vieille terre n'est qu'un accident et sa durée est bien misérable comparée à la durée de vie d'un étoile géante ou d'une galaxie.
Toutes ces questions sans réponses, ces incertitudes angoissent bien des hommes qui tentent d'y répondre par des chimères de l'esprit telles que les allusions au surnaturel et aux mythes des religions qui expliquent tout par une pirouette en invoquant des dieux éternels, omnipotents et omniprésents...

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De la foi

J'ai eu l'occasion d'entendre une définition de la foi qui m'a semblé bien répondre à ce qu'elle est effectivement:
"La foi, c'est croire avec intensité à une chose alors que notre raison nous dicterait plutôt de ne pas y croire."
D'une certaine façon, on peut déjà considérer que le refus d'écouter sa propre raison semble être la marque d'une certaine déraison. Et peut-être la marque d'une certaine entrave à sa propre liberté de jugement et de libre arbitre.
En effet, comme nous le développons dans ce site, la foi peut sembler une chose irrationnelle dans le sens où elle n'a pratiquement pas besoin d'être étayée et se trouve être naturellement à la fois l'antithèse et le complément du doute.
Croire intensément à une chose que notre raison réfute démontre la complexité de la démarche intellectuelle liée à ce principe. Cela sous-entend que nous préférons croire à des concepts infondés, invérifiés et invérifiables plutôt que d'écouter la voie de la raison qui nous dit tout cela et nous incite à ne pas y croire.
Dans ce cas, nous devons nous poser la question du pourquoi de ce comportement apparemment irrationnel face à notre propre raison et à notre libre arbitre.
On peut probablement supposer que la réponse est dans le confort intellectuel, moral et psychologique que cette croyance nous apporte. En effet, l'exercice de cette foi implique des croyances multiples à des idées découlant de l'axe principal de l'objet de la foi.
Ces croyances et ces idées peuvent nous sembler très rassurantes et très apaisantes par rapport aux doutes, aux peurs, aux angoisses et aux difficultés du monde réel dans lequel nous vivons.

Mais que peut-on dire de la spontanéité et de la liberté de la foi?
Les hommes ont-ils des croyances spontanées et les exercent-ils en toute liberté?
Les différents objets de la foi ne sont-ils pas apportés et induits par d'autres hommes?
La forme de cet objet n'a-t-elle pas déjà été donnée par des générations d'hommes qui l'ont préparée, modelée, embellie, enrichie?
Aller contre sa propre raison et contre son libre arbitre n'est-il pas déjà la marque d'une certaine aliénation de l'esprit?

L'objet d'une telle foi, déjà si règlementée ou codifiée, s'appelle une doctrine.
La doctrine est un ensemble de règles établies par des hommes, souvent incontournables pour ne pas dire rigides, qui régissent un concept relevant d'une croyance ou d'une idéologie.
La doctrine donne les bases et les limites dans lesquelles doit être exercée ou pratiquée cette croyance.
Le développement règlementaire et législatif d'une doctrine aboutit généralement à la création d'un dogme qui peut avoir force de loi et être imposé comme seul mode de pensée et, parfois, comme seule règle de conduite et de vie. Ce qui confirme le peu de liberté de choix et de libre arbitre, déjà évoqué, que les religions laissent aux croyants.

Toutes les religions découlent de ce principe et se sont instituées en dogmes qui se sont imposés au monde depuis des siècles.

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Un autre monde par l'athéisme:


Imaginez un monde sans dieux, sans idoles, sans doctrines ni dogmes religieux, un monde sans intégrismes, sans discrimination sur la religion, sans haine de celui qui n'a pas la même religion, sans guerre sainte, sans croisades, sans ingérence immonde du pouvoir religieux dans les affaires des états, sans circoncision, excision ou infibulation, sans loi divine, sans charia, sans châtiments divin, sans voile ni burka, sans lapidation, sans torture, sans condamnations à mort, sans terrorisme religieux, sans persécutions, sans inquisition, sans fatwas, sans intolérance liée à la religion ou à la croyance religieuse…

Imaginez un monde où l'humanité et la nature seront au centre des préoccupations de l'homme. Un monde où l'avenir de l'homme sera pris en considération et aménagé pour les générations futures. Un monde où l'hypocrisie laissera le pas à la vérité, au règlement des problèmes par la rationalité et le pragmatisme plutôt que par des considérations fondées sur l'illusion du discours des prêtres. Un monde où le crime et les abus seront sévèrement réprimés au profit de la véritable égalité des droits des individus et des peuples. Un monde où tout être humain ou tout peuple en danger sera véritablement assisté et sauvé de ce danger par une solidarité planétaire.
Un monde où les sciences et les techniques viendront au secours de tous les hommes et pas seulement à celui de quelques nantis.

Par nature, les hommes sont complexes. Leurs instincts les conduisent naturellement vers des comportements dominateurs, jaloux, égoïstes et meurtriers. La nature humaine est une chose, mais ses excès doivent être canalisés de telle sorte que la justice et l'équité parviennent un jour à régner sur le monde. Le plus fort ne doit plus prendre et le faible ne rien avoir. Le loi et le droit doivent régler les problèmes entre les individus comme entre les peuples, mais sans pour autant aliéner les droits naturels de l'homme ou des peuples.
Le droit ne doit plus être aveugle et ne plus défendre les intérêts de quelques-uns au détriment du droit des autres.

Dans sa folle course vers le bonheur, la fortune ou la jouissance, l'homme ne connaît pas de limites à sa bestialité naturelle et à son mépris des droits et de la vie des autres. Les religions les dieux, les dogmes ont contribué pendant des millénaires à entretenir des différences absurdes entre les humains et à créer des discriminations odieuses, permettant aux uns de mutiler, de tuer ou de réduire les autres en esclavage, selon leur naissance ou selon leur puissance militaire, alors que les droits de tous les humains devraient être identiques dès la naissance.
Il est clairement établi, et aujourd'hui plus que jamais, que les religions sont des fléaux qui n'ont pour but que d'enrichir les uns et de soumettre les autres. Dans la religion musulmane, le mot " islam " lui-même contient les trois sens de " paix ", " soumission " et " obéissance ". Le message est clair, si tu veux la paix, tu dois obéir aux prêtres et aux pseudo-commandements de dieu et de son prophète et te soumettre à la loi divine, la charia.

Ce qui fait, bien évidemment, le danger des religions, ce ne sont pas les fidèles qui prient tranquillement dans leur lieux de cultes et qui vivent normalement et n'ont d'autres aspirations que de vivre et d'être heureux.
Non, le danger vient de ceux qui prétendent détenir des vérités qui leur ont été transmises par des dieux ou par des prophètes et qui possèdent le pouvoir religieux et donc l'ascendant et le droit de gouverner les esprits et les corps. Ils vivent de la naïveté et de la crédulité de ceux qui croient en leur message et dans leurs manipulations des esprits. Pour être forts, ils se déclarent religieux appartenant à une religion qui représente des millions de personnes auxquelles ils imposent leur dogme, c'est-à-dire leur loi, afin de mieux gouverner et pressurer leurs fidèles.
Autant le droit de croire en ce que l'on veut et de pratiquer un culte pacifique et sans danger reste une chose parfaitement légitime dans le cadre de la liberté de pensée, de croyance et de culte, par opposition, l'existence de ces prêtres manipulateurs qui s'enrichissent sur le dos des fidèles et vivent en parasites si ce n'est en terroristes des esprits, sans préjudice d'autres formes de terrorisme, doit être condamnée et interdite dans une large mesure. Aucun homme n'a le droit d'imposer ses vues et ses idées à d'autres hommes.

En tout état de cause, les religions ne devraient jamais avoir d'incidence sur les affaires des états, sur le pouvoir politique, ni sur aucun pouvoir, en général. La religion est le culte des dieux. Que la religion reste donc dans le domaine de l'imaginaire et du fantastique et que le monde réel reste dans le domaine du concret, du pragmatisme et du matérialisme.

Pour enseigner aux humains les grandes lois de la morale et de la philosophie, il n'est point besoin de dieux ni de prêtres. Les siècles passés nous ont montré que les religions avaient effectivement contribué à apporter des lois et des valeurs positives aux hommes avec la regrettable contrepartie de tout l'aspect négatif que l'on connaît à ces religions (despotisme, viol des consciences, persécutions, génocides, inquisitions...)
De nos jours, il semble possible de puiser dans les anciennes lois morales apportées par les religions mais aussi par les traditions et les coutumes humaines de toutes les civilisations pour établir des lois fondamentales laïques et athées sur les principes du bien et du mal, du négativisme et du positivisme, de l'ordonné et du chaotique, du constructif et du destructif.
D'une façon générale, tous les humains de toutes les civilisations sont sensibles à des règles communes universelles. Tous les humains connaissent la souffrance et la peur, mais aussi la joie et l'espoir. Tous les humains aspirent à vivre libres et à vivre heureux. Tous les humains ressentent la douleur et connaissent le plaisir. Tous les humains ont des besoins biologiques fondamentaux qu'ils doivent pouvoir satisfaire librement, dans la mesure où les ressources de la terre leur permettent de le faire.

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De la religion

Depuis le temps qu'on nous l'annonçait, la religion est bien de retour !

Elle est réapparue sur la scène publique tant au sein des sociétés nationales qu'à l'échelle mondiale à la faveur de la montée d'une insécurité réelle ou supposée. Dieu dont on avait annoncé prématurément la mort fait de nouveau recette. Des intellectuels en mal de repères et des masses en quête de réconfort se retournent vers leur passé religieux. Le présent est fait d'incertitudes et l'avenir est gros de menaces. L'homme blanc occidental, après avoir pillé impunément les richesses de la planète durant plus d'un siècle se découvre être un colosse aux pieds d'argile. Au nom d'Allah, quelques individus déterminés sinon manipulés, font trembler " l'Occident chrétien ".Une lutte à mort est engagée entre le Bien et les puissances du Mal, le mal de l'un étant le bien de l'autre.

Face à cette irruption de l'irrationnel dans la lutte sans merci que s'apprête à livrer le Sud contre le Nord, on aurait pu penser que tout serait fait au Nord pour analyser les vraies raisons d'un conflit planétaire annoncé. On aurait pu penser que les politiques et les intellectuels du Nord se refusent absolument de les analyser en termes de culture, de civilisation et a fortiori de religion, mais bien en termes économiques : l'exploitation et l'humiliation des peuples colonisés par l'Occident pour assurer sa prospérité sont du même ordre que celles des individus issus de l'immigration au sein des nations occidentales colonisatrices. Les mêmes causes ont produit les mêmes effets. Ici et là, ce sont bien des raisons économiques et sociales qui conduisent les uns et les autres à s'insurger contre " l'homme blanc ". Oubliant qu'ils sont " fils des Lumières ", les nouveaux réactionnaires occidentaux renieraient-ils cette universalité des Droits de l'Homme, chèrement conquise sur l'idéologie religieuse au profit d'un retour à une identité communautaire particulière destinée à faire pièce à la montée d'une autre religion d'autant plus redoutable qu'elle affiche elle-même des prétentions universelles ?

Il faut le dire haut et fort : le véritable contre feu de l'Islamisme n'est pas le retour à la " religion de nos pères ". C'est la claire affirmation que toute religion, et très particulièrement toute religion monothéiste est porteuse de germes totalitaires et que non seulement elle ne saurait se présenter comme un ultime recours, ou une ultime réponse aux angoisses, aux peurs et aux frustrations des hommes, mais qu'elle doit être analysée pour ce qu'elle est devenue aujourd'hui : un facteur de régression pour l'humanité.

Il est grand temps de faire redescendre sur la terre la transcendance évanescente de ce grand invertébré gazeux appelé Dieu, Allah ou Jéhovah, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête. Ce ne sont plus dans des églises, dans des temples ou dans des mosquées que se trouve aujourd'hui la vérité de l'homme, c'est au sein des rapports d'altérité que chaque homme saura établir avec son semblable..

La seule réponse à l'angoisse et à la misère de plusieurs centaines de millions d'hommes, au Sud comme au Nord victimes du capitalisme mondialisé ne réside pas dans la foi en un dieu transcendant mais dans la foi en l'homme. La seule réponse à l'insécurité née d'un terrorisme protestataire n'est pas dans l'affirmation incantatoire de la supériorité de la civilisation occidentale en termes de démocratie ou de droits de l'homme. Elle est à chercher dans la mise en œuvre d'une alternative à un capitalisme ultra-libéral qui soumet à la seule loi du profit l'humanité entière et écrase des milliards d'être humains.

Il est étrange et consternant que les héritiers des " Lumières " fassent l'impasse sur les siècles d'obscurantisme et de dogmatisme qui a fait d'un Christianisme ayant conquis et soumis à ses dogmes les trois quart de l'humanité la religion la plus sanglante et la moins tolérante de l'Histoire.

L'homme est aujourd'hui le seul maître et le seul responsable de son destin. Et il le sait. Il n'est soumis à aucun diktat divin. Les " lois divines " qu'il a lui-même jadis inventé pour aménagé son existence sociale, ont cédé la place aux lois qu'il découvre peu à peu à partir de son expérience de vie en société et de sa recherche scientifique. L'homme, devenu autonome n'a rien à attendre d'un dieu extérieur au monde ni d'un paradis extra temporel. C'est ici et maintenant et nul part ailleurs, qu'il peut trouver son bonheur ou qu'il fait son malheur. C'est en lui-même qu'il doit trouver ses propres lois, celles qui lui permettront de vivre mieux, de faire régner la paix et la prospérité qui sont à sa portée pour peu qu'il le veuille.

Un tel discours est-il accessible aux fidèles et aux croyants des religions ? Evidemment non ! Est-ce une raison pour ne pas le tenir haut et fort à tous les hommes de bonne volonté, tout en usant d'un maximum de tolérance et de respect envers les personnes ? Car s'il a fallu plusieurs siècles pour que l'Occident se défasse peu à peu de l'emprise religieuse, n'est-il pas normal que d'autre peuples découvrent pour et par eux-mêmes et progressivement la nécessité d'une telle libération.

Il est grand temps que l'ère des religions cède la place à l'ère de l'Homme, que la foi en Dieu cède la place en une foi en l'Homme, sous peine de voir les peuples se déchirer de nouveau sur la prééminence de leurs héritages respectifs et de leurs vocations à dominer le monde, à définir le Bien et le Mal pour tous les hommes de tous les lieux et de tous les temps ?

Mais pourquoi une telle foi, pourquoi une telle "croyance" en l'homme est-elle nécessaire ? La science ne suffit-elle pas à permettre à l'homme de se connaître et d'évoluer vers un monde plus solidaire, d'apporter à tous les hommes le "pain" nécessaire à son développement et à son épanouissement ? Produire et consommer autrement … la science et la raison ne suffisent-elle pas à en établir l'impérative obligation sous peine de suicide collectif ? La croyance n'implique-t-elle pas toujours quelque régression dans un irrationnel suspect ? C'est que précisément "l'homme ne vit pas seulement de pain", mais aussi (surtout ?) de ces "valeurs" sprituelles qu'aucun raisonnement scientifique ne peut à lui seul fonder mais qui sont nées au fil des siècles dans le "cœur" de l'homme.

C'est peu dire qu'aujourd'hui l'homme, esclave d'un matérialisme désséchant, est assoiffé de "spirituel". La fuite dans les sectes les plus échevelées ou dans le fondamentalisme religieux le plus sectaire en sont hélas les conséquences les plus visibles et les plus négatives. Ce que l'on a pu appeler le "retour du religieux" est gros d'un retour à l'obscurantisme, à l'Ordre moral, et à l'oppression politique. Il est liberticide.

L'homme a besoin de "croire" et non pas seulement de "savoir". Pour donner un sens à sa vie, à son histoire individuelle comme à son histoire collective. Qu'est-ce que l'amour sinon la foi en l'autre ? Qu'est-ce qu'aimer sinon croire en l'autre ? Qu'est-ce que croire qu' "un autre monde est possible" sinon vouloir mettre en œuvre "politiquement" ces "valeurs" supra-rationnelles, d'aucuns diront "irrationnelles", que sont la fraternité, la solidarité, l'égalité, la liberté qu'aucun impératif scientifique n'a jamais exigé et n'exigera jamais de développer parcequ'elles prennent leur origine dans le cœur de l'homme et non dans sa seule raison, parce qu'elles relèvent de l'esprit de finesse et non de l'esprit de géométrie, parce qu'elles fondent la spécificité humaine sans quoi la vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

Les religions surnaturalistes, et très particulièrement les religions monothéistes, ont sans doute constitué des étapes nécessaires de l'histoire de l'humanité vers l'âge adulte, l'âge de la rencontre et du don. Elles ont fondé la Loi morale dans la transcendance d'un Tout Autre indiscutable. Elles sont devenues aujourd'hui des obstacles infranchissables à l'édification d'une humanité plus responsable et plus solidaire.


Juillet 2004 andre.monjardet@wanadoo.fr www.monjardet.fr.st

André Monjardet, auteur d'une " Autobiographie de Jésus de Nazareth " (Editions Berg International Paris 1996), lecture post-religieuse et blasphématoire de la naissance du christianisme, ouvrage occulté autant par ceux qui n'imaginaient pas un instant le " retour du religieux " dans les sociétés contemporaines que par les bien pensants qui l'appelaient de leurs voeux !

André MONJARDET, sociologue andre.monjardet@wanadoo.fr et www.monjardet.fr.st

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"Libération humaine et religion"
Religion et modernité

On tue décidément beaucoup au nom de dieu depuis quelque temps. Mais, dira-t-on, ne le fait-on pas depuis des siècles ?… Il semble néanmoins que renaissent un peu partout dans le monde des tensions et des affrontements inter-religieux particulièrement vifs.

Certes les représentants des religions diront que celles-ci ont bon dos en la matière. Elles ne seraient que des prétextes utilisés pour couvrir ou habiller des conflits d'ordre bien profane afin de les justifier, de les exalter, de les amplifier. La dispute ou la revendication d'un territoire, l'accès au pouvoir politique, le règlement de vieux conflits ethniques ne sont-elles pas en réalité les seules et vraies causes des violences perpétrées au nom de dieu ?

La religion ne serait donc qu'un paravent derrière lequel s'abriteraient ceux qui cherchent à conquérir ou à conserver des pouvoirs bien temporels : Juifs contre Musulmans au lieu d'Israéliens contre Palestiniens, Musulmans contre Orthodoxes au lieu de Kosovars contre Serbes, Protestants contre Catholiques au lieu de Britanniques contre Irlandais, Chrétiens contre Musulmans, Musulmans contre Siks, Hindouistes contre Chrétiens, Chrétiens contre Animistes, etc.etc. (et toujours vice versa), selon l'appartenance religieuses ancestrale des peuples et dans le but de se disputer un pouvoir, une terre, une zone d'influence, des privilèges, des droits acquis ou tout simplement de conforter des revendications d'ordre social, économique, politique.

Et cela ne date pas d'hier ! C'est ainsi que les Croisades, l'Inquisition, les entreprises coloniales menée au nom d'une "civilisation chrétienne", en Afrique et en Amérique, ont fait du christianisme l'une des religions les plus cruelles et les plus sanglantes de l'histoire des deux derniers millénaires
On aurait pu penser que dans un monde devenu "village planétaire", alors que les distances se raccourcissent, que les proximités se multiplient et que les échanges se renforcent, les métissages culturels favoriseraient quelque peu la tolérance et le respect de l'autre. Or non seulement il semble que l'on soit loin de compte mais il apparaît que bien souvent, sous couvert de religions, les clivages s'accentuent, les oppositions se durcissent, les spécificités s'affirment !

C'est pourquoi présenter la religion comme pouvant (et même comme devant) être dissociée des conflits historiques qui éclatent en son nom, dans le but avoué de dédouaner la (les) foi (s) religieuse (s) de toute responsabilité fondamentale à leur égard, s'avère historiquement faux et intellectuellement erroné. Les structures mêmes des sociétés occidentales, la royauté de "droit divin" par exemple, n'ont-elles pas été modelées durant des siècles par l'adhésion à la foi chrétienne et par la prééminence reconnue et admise du "pouvoir spirituel" sur le "pouvoir temporel", du Pape sur l'Empereur ?

Il est donc trop facile, comme le font les croyants de toutes les religions, de distinguer, voire de séparer, le bon grain de ce que serait la "vraie" doctrine, de l'ivraie de ses applications historiques. Comme si les institutions religieuses, leurs églises, leurs hiérarchies, leurs fidèles, se mouvaient dans un espace/temps surnaturel chargés de délivrer la seule et pure doctrine de leurs fondateurs.

C'est bien "au nom de dieu" que, durant des siècles, les groupes humains antagonistes d'origine religieuse différente ont fini par s'étriper, même si ce dieu était proclamé unique, même et surtout, pourrait-on dire, si ces religions émanaient d'une même source "révélée", comme le sont les "religions du livre" (la Bible), le judaïsme, le christianisme et l'islam. Il n'y a de pires haines qu'entre des frères devenus ennemis.

On peut se demander pourquoi. La réponse est inhérente aux religions elle-mêmes. Loin de n'être que la couverture de conflits qui en réalité ne seraient que "profanes", c'est au cœur même de la croyance que l'on doit chercher les germes des oppositions séculaires entre les ressortissants de différentes religions.

Comment en est-on arrivé là ? Comment se fait-il que des religions fondées sur des doctrines, pronant la paix, la justice, l'amour fraternel universel, en sont venues à distiller tant de haines et parfois à être le moteur de tant d'atrocités ?…

C'est que les trois grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l'islam, s'estiment pour chacune d'entre elles, détentrices et garantes d'une unique vérité, celle qui leur aurait été révélée en propre par Dieu lui-même. Une première source de conflit ne peut pas ne pas en découler. Si Dieu est unique tandisque chacune de ces trois religions se réclamant de ce même dieu s'affirme comme étant la seule qui soit en possession de l'unique vérité, il est bien évident que naîtront rapidement des conflits dès lors que les ressortissants de ces religions se disputeront tel pouvoir … ou même dès qu''ils se trouveront au seul contact les uns des autres ! Si l'on ajoute au particularisme religieux une origine ethnique ou culturelle différente engendrant souvent un racisme déclaré, on se trouve alors en présence d'une situation explosive. La "guerre sainte" ou la défense de l'"Occident chrétien", le "combat du Croissant contre la Croix" s'avèrent comme étant de bons motifs pour partir à la conquête du monde !

Très particulièrement pour le christianisme, parcequ'il s'est répandu depuis près de deux mille ans (soit par la prédication, soit par l'invasion et la force) d'abord sur toute l'Europe puis sur les Amériques et la plus grande partie de l'Afrique, cette certitude d'être l'unique détenteur de LA vérité sur l'homme a engendré la conviction chez les Occidentaux qu'ils devaient régenter le monde.

Un dieu unique a engendré une pensée unique, un seul modèle de développement, une seule morale, une seule culture, une civilisation unique. La croyance en un dieu unique ne peut que niveller les différences, écraser les autres religions, soumettre tous les humains.

"La certitude de posséder la Vérité rend les hommes cruels."
"Tout commence en mystique et tout finit en politique", disait le chrétien Péguy. C'est ainsi qu'au nom d'un même dieu unique, les trois grandes religions en sont venues à s'opposer. Et parcequ'elles font appel à des sentiments profondément enracinés dans les culture des peuples au point de se confondre avec l'âme et l'identité mêmes de ces peuples, elles constituent un puissant ferment de fanatisme populaire.

La prégnance dans l'inconscient collectif occidental d'une croyance en un dieu unique a engendré une conception totalisante de l'être humain. Une telle croyance semble être la principale cause chez les Occidentaux, de leur prétention totalitaire d'être les uniques détenteurs d'une vérité universelle sur l'homme. Et à ce titre, la religion chrétienne, longtemps dominante, issue du monothéisme juif, doit être considérée comme l'archétype de toutes les idéologies occidentales modernes, dans leur volonté de dire le vrai de tout à tous les hommes.

Quant aux deux autres religions monothéistes, le judaïsme et l'islam, seule la conjoncture historique a permis jusqu'à présent de limiter leur prétention hégémoniques. Mais on sait à quel point l'intégrisme religieux, qu'il soit aujourd'hui cironscrit pour la religion juive dans l'état d'Israël (soutenu il est vrai par une aide massive des Etats Unis) ou qu'il sévisse durement, pour ce qui est de la religion musulmane, au Moyen Orient, en Afrique et en Asie du Sud-Est, est facteur de violences inter-religieuses. Et lorsque le Président russe Poutine justifie l'horreur du génocide tchétchène, c'est au nom de la défense de la civilisation occidentale qu'il le fait, prétendant ainsi, en combattant l'intégrisme islamiste, protéger l'Europe de l'invasion musulmane et se présentant comme le rempart avancé contre la barbarie.

Pour ce qui est des églises issues du christianisme originel, le catholicisme, l'orthodoxie, le protestantisme (dans ses formes diverses et nombreuses), leur intégration, réussie depuis des siècles dans les sociétés occidentales, les a longtemps constitué comme faisant partie intégrante des structures sociales et culturelles. (La quasi totalité des états occidentaux ignorent encore la séparation des églises et de l'état et la majorité de leurs dirigeants confessent toujours publiquement leur attachement à la religion en jurant sur la Bible lors de leur intronisation).

Peut-on en dire de même des autres religions, celles d'Asie, le Bouddhisme, l'Indouisme, celles d'Afrique, l'Animisme ou le Vaudou ? Sans doute à un degré bien moindre, en ce qu'elles sont moins théorisées, parfois plus tolérantes et surtout qu'elles ne visent généralement pas à s'exporter. Elles se présentent généralement comme des pratiques plus que comme des théories et n'ont pas vocation à s'étendre hors de régions où elles sont nées. Elles ne font généralement pas de prosélytisme et ne s'estiment pas avoir un "message" à proclamer au monde entier. Elles prônent avant tout un certain style de vie ou une certaine manière d'exister, intégrant, il est vrai, des pratiques superstitieuses parfois très contraignantes et ségrégatives.

Le "retour du religieux"

Quelles sont aujourd'hui les raisons qui président à ce qu'on a pu appeler "le retour du religieux" ? - Ce que n'avait pas réussi à faire le monothéisme religieux, conquérir le monde, le "monothéisme profane" est en train de le réaliser. Un nouveau dieu unique, le dieu argent, régente le monde entier et tient sous son implacable férule la quasi totalité des êtres humains. Ses grands prêtres ( Hauts fonctionnaires du FMI, de la Banque Mondiale, de l'OMC etc., tout dévoués au libéralisme voire à l'ultra-libéralisme économique considérés comme la seule voie de développement des peuples) dictent leur loi à l'ensemble des nations. Ils en ont eux-mêmes inventé les termes et s'appliquent à faire en sorte qu'ils soient respectés partout. Sous peine d'exclusion de la communauté humaine, nationale et mondiale.

La "loi du Marché" repose essentiellement sur le droit du plus fort d'écraser le plus faible. Ne pas s'y soumettre ou la transgresser équivaut à s'isoler de la société et se voir condamner par elle. C'est ainsi, par exemple, que tout service rendu à un citoyen par un autre citoyen doit aujourd'hui passer par le moule de la monétarisation de tous les services et de tous les biens sous peine d'être jugé et condamné par les tribunaux pour concurrence déloyale. La gratuité est partout suspecte!

Cette "loi du Marché" n'est en réalité que la traduction policée de la "loi de la jungle". Et celui qui ne veut pas tuer ou se faire tuer et voudrait simplement vivre en paix avec lui-même et avec les autres ne peut pas fuir. Il est cerné de tous côtés par la monnaie et se voit obligé de passer sous les fourches caudines de la production ou de l'assistanat. Nouvel esclave de la course au profit, de la compétitivité et de la concurrence, il est prisonnier de l'arène mondiale où se joue le drame de "l'horreur économique". Le plus souvent il s'y fait dévorer, très rarement il s'en échappe.

C'est que le rapport de forces est inégal. D'un côté, il y a la puissance anonyme et aveugle qui décide souverainement en fonction de critères de rentabilité exclusivement capitalistiques, et de plus en plus seulement financiers. De l'autre, il y a des êtres de chair et de sang qui subissent le diktat du Marché, nouveau Moloch qui dévore ses propres enfants.

L'Argent, nouveau dieu unique et universel, est devenu le principal facteur de division et d'exclusion. La vie s'est monétarisée. La course à la consommation de biens matériels reste l'objectif premier, soit que l'impossibilité d'y accéder conduise ceux qui sont non solvables, à survivre dans l'extrême pauvreté, soit au contraire que leur surabondance et leur continuel renouvellement fasse naître une perpétuelle envie de se les procurer au prix d'une vie totalement sacrifiée au système économique capitalistique mondialiste.

Or, il apparaît que cette situation où l'homme en est réduit à se mettre au service des puissances de l'Argent pour survivre, amplifie et décuple l'importance du facteur religieux dans les conflits. C'est ainsi que depuis une vingtaine d'années, un certain "retour du religieux" se fait jour à l'échelle mondiale, soit dans les "pays riches" pour conjurer la dégradation matérialiste de vies consacrées presqu' exclusivement à la recherche de moyens pécuniers d'existence, soit dans les "pays pauvres" pour fustiger chez eux des régimes politiques les engageant de gré ou de force dans la voie du modèle de développement à l'"occidental".

Certains pensent que la religion peut précisément apporter le "supplément d'âme" dont aurait besoin l'humanité pour ne pas sombrer dans la barbarie Ils croient que la religion peut être une arme efficace pour s'opposer à la montée d'un matérialisme déshumanisant.

Ce que l'on a pu appeler "la mort des idéologies" semble donc avoir eu comme corrolaire "le retour du religieux". On peut le comprendre. La fin des grandes illusions en matière scientifique (la notion de progrès indéfini) et politique (la société "sans classe"), de celles qui devaient conduire l'humanité vers un avenir radieux et une société réconciliée a cédé la place au "désenchantement". L'homme s'est aperçu qu'il était resté nu, fragile, mortel. La proclamation de "la mort de dieu et de celle des pères", l'effondrement consécutif des grands systèmes de valeur qui donnaient un sens et une direction à la vie, ont laissés beaucoup d'individus désemparés et inquiets. Des théories scientifiques les plus assurées ont été battues en brèche par des facteurs irrationnels non maîtrisables.

Pour la première fois de leur histoire, les hommes se savent les seuls responsables de leur avenir. Celui-ci sera ce qu'il en feront. Redoutable perspective, d'autant que la violence et la cruauté atteignaient en ce 20ème siècle des sommets paroxystiques.

N'était-il pas dès lors tentant de retourner vers les croyances d'antan qui apportaient le réconfort et donnaient un sens à la vie ? Pour endiguer la vague déferlante du matérialisme et du consumérisme, ne devait-on pas rejoindre les grandes voies de la vie spirituelle proposées par les religions. Soit pour s'abstraire au mieux des conditions de plus en plus déplorables et dures imposées par des structures socio-économiques inhumaines, soit pour instaurer des régimes inspirés directement des lois divines. La prolifération des sectes dans les pays dits "développés" d'une part, la tentative de création d'états religieux, soumis à la loi de dieu, dans des "pays en développement" d'autre part, en sont les exemples extrêmes. On sait les ravages que produisent les uns et les autres.

Mais au fait, le choix est-il entre un retour ou une condamnation sans appel du passé ? S'agit-il d'envoyer simplement aux poubelles de l'Histoire ces religions qui, qu'on le veuille ou non, ont structuré la société et la mentalité occidentales ? Ou ne s'agit-il pas plutôt transmettre au monde moderne certaines valeurs que ces religions ont véhiculées tant bien que mal au cours des siècles (la trilogie liberté, égalité, fraternité, fille laïque du message d'amour fraternel universel) mais qu'elles sont aujourdhui incapables de proposer au monde, empêtrées qu'elles sont dans des mythes archaïques et des dogmes caducs ?

Et si ces religions semblent "avoir fait leur temps", si elles constitutent actuellement davantage des obstacles que des chemins vers la réalisation d"un monde plus juste et plus fraternel, ne faut-il pas pour autant recevoir et cultiver leur héritage spirituel qui, même s'il la plupart des religions l'ont souillé ou dilapidé, attend aujourd'hui des formes totalement nouvelles de réalisation : la construction d'une humanité pacifiée, le rejet de l'intolérance, la condamnation de la violence, la maîtrise mondiale d'une économie mise au service de l'homme et de tous les hommes, etc…, autant d'objectifs utopiques s'il en fut,… mais de ces utopies qui font l'Histoire et lui donnent un sens, que l'on pourrait appeler des "utopies opératoires" c'est dire qui mettent en mouvement et qui dynamisent les hommes pour la construction d'un monde plus "humain" ?

Libérer le spirituel du religieux

En d'autres termes, n'est-il pas temps de "libérer le spirituel du religieux" comme l'humanisme doit être "libéré" de l'idéologie ? La pensée religieuse est-elle compatible avec la libération humaine ? Oui, répondra cette petite minorité de croyants qui n'en finit pas de dire que leur religion n'est pas d'abord ce que l'on voit (ou ce que l'on a vu…) d'elle, qu'elle transcende les institutions qui la défigurent et l'étouffent. Que d'énergies dépensées dans ces minuscules cénacles constitués pour retrouver la pureté de l'origine de leur religion, pour interpeller ses hiérarques, pour contester ses dogmes et sa discipline, pour renouveler l'image ternie de leurs églises ! Que de faux espoirs entretenus sur la possibilité de leur évolution !

Certes, sous le nom de "théologie de la libération", un courant chrétien révolutionnaire, né en Amérique latine, a vu le jour voici une trentaine d'années. Il avait pour l'ambition de changer les structures socio-politiques des pays le plus pauvres (plus particulièrement en Amérique latine) et d'épouser les revendications et les révoltes des populations les plus misérables au nom d'un message évangélique revisité ou traduit en message politique. Il s'agissait "au nom du message d'amour fraternel", et là aussi "au nom de dieu", de faire droit à la dignité et aux élémentaires besoins des pauvres, des exploités et des exclus. Ce courant n'était pas sans rappeler l'action que menèrent les Jésuites dans les "Missions" crées par eux au 17ème siècle pour soustraire aux massacres et à l'esclavage les indiens sauvagement colonisés ("au nom de dieu" le plus souvent …) ou impitoyablement décimés sous l'autorité des émissaires des "Rois très-chrétiens" de l'Espagne et du Portugal. De même peut-on penser que l'engagement socio-politique et syndical des "prêtres-ouviers", dans la France des années 50, au côté des luttes ouvrières d'alors, ressortait de cette même prise de conscience, de la part d'hommes de parfaite bonne foi, de la nécessité donner à certaines paroles des évangiles de Jésus, leur dimension sociétale. On sait ce qu'il est advenu de ces manifestations de lucidité, au demeurant parfaitement sincères, nées du contact et du partage quotidien avec des hommes colonisés ou exploités. Dans tous les cas, à des siècles de distance, l'autorité hiérarchique suprême a stoppé net de telles "expériences", considérées par elle comme n'étant pas compatible avec la mission surnaturelle et "spirituelle" de l'église catholique.

Oui, c'est peu dire que le monde a besoin d'un sursaut "spirituel" et que les êtres humains sont assoiffés de "sens". Le tout est de savoir en déceler la source. Dans une monde où la mondialisation d'une pensée unique a enfermé les hommes dans le cercle vicieux d'une économie entièrement dévouée au "Dieu Argent", ce nouveau dieu unique auquel tout un chacun doit se soumettre, on peut légitimement se demander si la première urgence pour les croyants de toutes les religions ne serait pas d'abord de s'unir par delà leurs églises en vue de susciter un sursaut mondial face au libéralisme matérialiste croissant qui envahit le monde et écrase les hommes.

On pourra dire que l'un n'empêche pas l'autre et que l'on peut combattre pour un monde plus fraternel et puiser précisément les forces de ce combat dans une foi religieuse. Sans doute et de nombreux croyants l'ont prouvé avec force et efficacité. Mais on sait aussi combien les dogmes et les doctrines religieuses ont toujours constitué de puissants freins à l'engagement de la grande majorité des croyants dans une lutte considérée en définitive par les églises comme secondaire par rapport aux promesses surnaturelles qu'elles font miroiter à leurs fidèles.

L'"ère de religions" ne doit-elle pas en ce début troisième millénaire laisser la place à "l'ère de l'esprit de l'homme", c'est dire à la prise de conscience que l'homme ne vit pas seulement de pain (encore faut-il qu'il puise s'en procurer …) ou de biens matériels, mais de liberté et d'amour. Pourquoi vouloir à toute force continer d'enformer le spirituel dans une gangue religieuse qui trop souvent l'a dénaturé ou l'a confiné dans la sphère privée des seules relations inter-individuelles ? N'est-ce pas dans le cœur et l'esprit de tout homme, qu'il soit croyant ou non, que nait et que doit renaître la source de l'action humaine pour la justice et la fraternité ….

Il semble que les religions, en ce qu'elles avaient de meilleur, aient constitué des étapes dans l'évolution de l'homme vers son autonomie : c'est ainsi qu'alors que les religions d'Asie (bouddhisme et indouisme) ont appris aux hommes à se connaître eux-mêmes dans le respect de toute chose vivante, à commencer par leurs semblables, les religions monothéistes ont incité les hommes à faire fructifier efficacement la création toute entière, la nature et ses richesses. Les unes comme les autres ont toujours proclamé haut et fort qu'elles n'avaient q'une seule et commune ambition : promouvoir l'amour universel et faire en sorte que cet amour soit d'abord vécu personnellement par chacun. Car, effectivement, comment changer le monde sans commencer par changer soi-même ? De fait, tous les fondateurs de toutes les religions, Bouddha comme Jésus, ont mis personnellement en pratique ce qu'ils enseignaient. Ils faisaient ce qu'ils disaient.

N'est-il pas temps pour les religions particulières de se fondre en ce que l'on pourrait appeler, faute de mieux, "une religion universelle de l'Homme", riche de tous les enseignements positifs des religions historiques dont l'audience s'amenuise de plus en plus et qui semblent vouées à une disparition progressive ? N'est-elle pas venue l'ère post-religieuse de l'humanité, fondée sur la liberté et l'autonomie de l'homme, succédant aux religions fondées sur des vérités dogmatiques et des mythes archaïques, empêtrées dans leurs dogmes mythologiques, et, pour reprendre les termes de Dostoïevski dans sa Légende du Grand Inquisiteur des Frères Karamazof, basées sur "le mystère, sur le miracle et sur l'autorité",

Certes, fonder les rapports humains sur la liberté et l'amour représente à l'évidence une utopie, ni plus ni moins d'ailleurs que celle qui a inspiré les religions historiques … avec les réalisations que l'on sait … Mais l'homme, ne doit-il pas précisément poursuivre de génération en génération la réalisation de telles utopies pour donner un sens à sa vie et à celle de ses semblables ?

En effet, la foi en une telle utopie qu'appelle l'évolution du monde et le cours de l'Histoire, n'est pas pur altruisme, elle ne se réduit pas un vague sentiment laissé à l'initiative de chaque individu. Elle doit être structurée socialement et intellectuellement. Quel pourrait être aujourd'hui le "contenu intellectuel" de l'amour universel, quelle forme prendrait-elle concrètement, socialement, politiquement ? Ne serait-ce pas l'analyse lucide et rationnelle de l'état actuel de la planète et des peuples qui l'habitent ? Ne serait-ce pas le rassemblement démocratique structuré politiquement de ceux qui se décideraient à inverser l'actuel courant d'une pensée unique meurtrière et aveugle qui mène l'humanité vers l'auto-destruction ? Telle serait la foi en l'Homme. Telle serait la religion de l'Homme.

Une telle révolution ne peut pas naître au sein des hiérarchies religieuses en général, ou des clercs en particulier, eux qui ont fait de la religion leur fonds de commerce et leur moyen de subsistance. Elle ne saurait non plus naître au sein d'instances internationales conçues pour maintenir l'ordre établi des grandes puissances d'Argent.

Sans illusion! Car d'une part, on sait que le changement commence d'abord en chacun de ses acteurs. Et d'autre part, ces nouveaux croyants construiront sans doute à leur tour de nouvelles institutions dont de nouveaux clercs seront de nouveau tentés de dire à tous le vrai de tout ... Mais peut-être feront-ils au moins eux aussi et à leur tour, franchir à l'humanité une nouvelle étape vers son âge adulte, l'âge de la rencontre, du partage et du don, de la réconciliation entre le spirituel et le politique, entre l'esprit et la matière, entre le dire et le faire, entre le vivant et son environnement naturel et ... lui éviteront-ils de s'anéantir !

L'humanité est en devenir. Pour la première fois de son histoire, elle se trouve affrontée au gigantesque défi de sa propre survie. Dépassant les clivages religieux d'un autre âge, n'est-il pas temps pour tous les hommes épris de justice et de liberté d'unir leurs efforts pour inverser la course mortelle dans laquelle l'a jeté la nouvelle religion de l'Argent?

André MONJARDET, sociologue, auteur d'une " Autobiographie de Jésus de Nazareth "
(une lecture post-religieuse des origines du christianisme) aux éditions BERG INTERNATIONAL Paris 1996. andre.monjardet@wanadoo.fr et site www.monjardet.fr.st

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Libérer le spirituel du religieux
Manifeste pour une sortie des religions

Ce que n'avait pas réussi à faire le monothéisme religieux, conquérir le monde, le monothéisme profane est en train de le réaliser.
Le dieu argent régente aujourd'hui le monde entier et tient sous son implacable férule la quasi totalité des êtres humains.
Ses grands prêtres dictent leur loi à l'ensemble des nations. Ils en ont eux-mêmes inventé les termes et s'appliquent à faire en sorte qu'ils soient respectés partout. Sous peine d'exclusion de la communauté humaine, nationale et mondiale.
La "loi du Marché" repose essentiellement sur le droit du plus fort d'écraser le plus faible. Ne pas s'y soumettre ou la transgresser équivaut à s'isoler de la société et se voir condamner par elle.
C'est ainsi, par exemple, que tout service doit aujourd'hui passer par le moule de la monétarisation sous peine d'être jugé et condamné par les tribunaux pour concurrence déloyale. La gratuité est partout suspecte !
Cette "loi du Marché" n'est en réalité que la traduction policée de la "loi de la jungle". Mais avec une différence de taille: celui qui ne veut pas tuer et voudrait simplement vivre en paix avec lui-même et avec les autres ne peut pas fuir. Il est cerné de tous côtés par la monnaie et se voit obligé de passer sous les fourches caudines de la production ou de l'assistanat. Nouvel esclave de la course au profit, il est prisonnier de l'arène mondiale où se joue le drame de "l'horreur économique". Le plus souvent il s'y fait dévorer, très rarement il s'en échappe.
C'est que le rapport de forces est inégal.
D'un côté, il y a la puissance anonyme et aveugle qui décide souverainement en fonction de critères de rentabilité exclusivement capitalistiques, économiques et de plus en plus seulement financiers. De l'autre, il y a des êtres de chair et de sang qui subissent .
Quelle est l'attitude des croyants face à une telle situation ?
Devant l'urgence d'une situation qui voit depuis quelques années s'accélérer la destruction de la planète et la dégradation des conditions d'existence d'une grande majorité des êtres humains, au Nord comme au Sud, on peut s'interroger sur le sens des combats que mènent encore certains croyants au sein de leurs religions respectives. Ils disent vouloir de rendre celles-ci plus conformes à leurs origines, plus ouvertes au monde moderne pour les uns, plus respectueuses des traditions pour les autres.
Or si par exemple, pour les chrétiens l'amour du prochain doit constituer l'alpha et l'oméga de leur religion, on ne voit pas très bien en quoi la réforme ou au contraire la consolidation d'institutions ecclésiastiques soient très utiles pour mener à bien cette révolution mondiale de l'amour dont ils se disent les éternels messagers.
En fait, c'est toujours à cause de divergences intellectuelles, doctrinales ou disciplinaires entre clercs que sont nés les conflits ou les incompréhensions entre les croyants.
Que par ailleurs les différentes religions, nées au fil des siècles dans différents pays, soient entrées en concurrence en venant au contact les unes des autres, que des scissions et des séparations aient pu se former au sein d'une même religion, on peut le comprendre en des époques où ne s'était pas encore pleinement révélé à la conscience des hommes le fait d'appartenir à une même humanité confrontée à une seule et même angoissante question: quel avenir demain pour l'Homme sur la terre ? Mais ces oppositions ont-elles encore une sens au sein du village planétaire qu'est devenue la Terre ?
Oui, c'est peu dire que le monde a besoin d'un sursaut spirituel et que les êtres humains sont assoiffés de "sens". Mais dans une monde où la mondialisation d'une pensée unique a enfermé les hommes dans le cercle vicieux d'une économie entièrement dévouée au Dieu Argent, ce nouveau Dieu unique auquel tout un chacun doit se soumettre, on peut légitimement se demander si la première urgence pour les croyants de toutes les religions n'est pas d'abord de s'unir par delà leurs Eglises en vue de créer un sursaut mondial face à un libéralisme matérialiste croissant qui envahit le monde et écrase les hommes.
Tous les fondateurs de toutes les religions n'eurent-ils pas une commune ambition: promouvoir l'amour universel et faire en sorte que cet amour soit d'abord vécu personnellement par chacun ? Car, comment changer le monde sans commencer par changer soi-même. De fait, tous les fondateurs de toutes les religions, Bouddha comme Jésus, ont mis personnellement en pratique ce qu'ils enseignaient. Ils faisaient ce qu'ils disaient.
Quant aux différentes voies conseillées pour arriver à vivre cet amour, elles purent varier d'une culture à l'autre, d'une tradition à l'autre, d'un engouement à l'autre. Mais chacune a toujours impliqué un engagement personnel concret, les diverses croyances, rites, dogmes, rituels n'étant là que pour inciter le croyant à mieux mettre en oeuvre l'altruisme par la tolérance, l'entraide, la paix...
C'est dire que toutes les religions ont poursuivi théoriquement un seul et même but, qu'on le nomme fraternité, compassion ou amour universel. On sait malheureusement que, pour l'atteindre, les institutions religieuses ont été loin de compte ! Combien d'hommes et de femmes ont été massacrés au nom de la divinité !... Et combien n'ont vu dans la religion qu'un remède à leurs angoisses et qu'un moyen d'évasion de leurs responsabilités!
Encore aujourd'hui, forts de leurs certitudes et jaloux de leurs pouvoirs, les hiérarques de toute obédience religieuse s'estiment les seuls garants authentiques et les gardiens patentés de convictions présentées par eux comme les seules vraies réponses aux éternelles questions des hommes. Ils n'en dénonceront que plus vigoureusement le dangereux syncrétisme qui ferait écho à tout appel lancé par dessus leurs têtes en vue d'instituer le mouvement de solidarité universelle dont le monde a aujourd'hui besoin. Plus probablement, ils ne manqueront pas de railler le caractère utopique d'une entreprise qui impliquerait leur disparition.
"Une conviction religieuse ne peut vivre sans un "contenu intellectuel" ni sans une "communauté de croyants", diront-ils. La foi n'est pas pur altruisme, elle ne se réduit pas un vague sentiment laissé à l'initiative de chaque individu. Elle doit être structurée socialement et intellectuellement," diront les clercs de toutes les religions.
On peut seulement se demander si le "contenu intellectuel" et la "communauté de croyants", tels qu'ils se présentent encore actuellement dans les religions, ont aujourd'hui quelqu' impact dans la construction d'un monde plus fraternel et plus juste.
Quel est en effet aujourd'hui le "contenu intellectuel" de l'amour universel, quelle forme prend-elle concrètement, socialement, politiquement ? Quelle est la "communauté de croyants" qu'attendent les hommes pour retrouver l'espérance ?
Ne serait-ce pas l'analyse lucide et rationnelle de l'état actuel de la planète et des peuples qui l'habitent ? Ne serait-ce pas le rassemblement structuré de ceux qui, devant les conclusions de cette analyse, se décideraient à inverser l'actuel courant d'une pensée unique meurtrière et aveugle ? Ne serait-ce pas la croyance en l'Homme ?
Pour la "plus grande gloire de Dieu" ?! - Oui, pourquoi pas, si cela peut faire plaisir à ceux qui croient en Dieu! A condition de se rappeler que la "plus grande gloire de Dieu, c'est que l'homme vive" !
N'est-il pas grand temps pour tous les croyants, ceux qui croient en Dieu et ceux qui croient tout simplement en l'Homme, de quitter leurs chapelles et leurs certitudes doctrinale ?
Une telle révolution ne peut pas venir des clercs, eux qui ont fait de la religion leur fonds de commerce et leur moyen de subsistance. Que tous les laïcs de toutes les religions sortent enfin des sentiers battus de leurs institutions moribondes ! Qu'ils prennent le large et inventent cette nouvelle religion de l'Homme, celle dont l'humanité a aujourd'hui besoin, celle de la fraternité universelle ! Qu'ils laissent les morts enterrer les morts ! "On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres !"
Les religions surnaturalistes ont sans doute constitué des étapes dans l'histoire de l'humanité vers l'âge adulte, l'âge de la rencontre, du partage et du don. Elles sont devenues aujourd'hui des obstacles à l'édification d'une humanité plus responsable et plus solidaire.
Sans illusion ! Car d'une part, on sait que le changement commence d'abord en chacun de ses acteurs. Et d'autre part, ces nouveaux croyants de cette nouvelle "religion de l'Homme" construiront sans doute à leur tour de nouvelles institutions dont de nouveaux clercs seront de nouveau tentés de dire à tous le vrai de tout... Mais peut-être feront-ils au moins franchir à l'humanité une nouvelle étape sur la voie de la réconciliation entre le spirituel et le politique, entre l'esprit et la matière, entre le dire et le faire, entre le vivant et son environnement naturel et... lui éviteront-ils de s'anéantir !
L'humanité est en devenir. Pour la première fois de son histoire, elle se trouve affrontée au gigantesque défi de sa propre survie. Dépassant les clivages religieux d'un autre âge, n'est-il pas temps pour tous "les hommes de bonne volonté" d'unir leurs efforts pour inverser la course mortelle dans laquelle l'a jeté la nouvelle religion de l'Argent ?

André MONJARDET, sociologue andre.monjardet@wanadoo.fr et www.monjardet.fr.st

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"lettre ouverte à ceux qui me prennent toujours pour le Fils de Dieu!"

Autobiographie de Jésus de Nazareth
texte établi et commenté par André MONJARDET
Editions BERG INTERNATIONAL 129 Bd Saint Michel 75005 PARIS .


Pétri, qu'il le veuille ou non, comme tout occidental, de culture judéo-chrétienne, l'auteur voudrait simplement remettre à l'heure les pendules des religions monothéistes et très particulièrement celles de la religion chrétienne alors que l'humanité sort péniblement, dans les larmes et dans le sang, de l'âge ingrat du pouvoir patriarcal et clérical pour aborder l'âge adulte. Les hommes sont devenus les seuls vrais maîtres de leur destin ; il est temps pour eux de se libérer des angoisses archaïques, des peurs séculaires et des croyances mythiques qui, orchestrées par les religions, les opposent encore plus ou moins violemment les uns aux autres. Le troisième millénaire s'approche sous d'inquiétants auspices : bientôt 6 milliards d'êtres humains dont plus du quart s'enfonce chaque jour davantage dans la misère, un fossé qui s'accroît entre des riches de plus en plus riches et des pauvres de plus en plus pauvres, l'inconscience d'une "pensée unique" qui livre à la seule loi du Marché l'économie mondiale, l'omnipotence de l'Argent-Roi devenu le seul vrai Dieu de la planète, le retour des nationalismes et la course effrénée aux armements les plus meurtriers. Rejetant les vieux clivages religieux et idéologiques, sources de divisions et de haines, l'heure n'a-t-elle pas sonné pour les hommes d'entrer dans l'ère de la fraternité mondiale. Jésus de Nazareth et ses amis, s'inscrivant dans une longue lignée d' "hommes de bonne volonté" et de "justes", avaient ouvert la voie. Malheureusement, les chefs de ceux qui allaient s'appeler les chrétiens devaient détourner le message évangélique au profit de l'institution d'une idéologie religieuse qui, sous le nom de christianisme, devait s'avérer l'une des religions les plus sanglantes de l'Histoire. Leur prétention de dire la vérité sur tout l'homme et à tous les hommes de tous les temps, leur vision totalisante de l'histoire du monde et de l'humanité ont fait du monothéisme religieux le prototype de toutes les idéologies totalisantes et de leurs dérives totalitaires, du communisme au mondialisme ultra libéral de la pensée unique.

André MONJARDET, sociologue andre.monjardet@wanadoo.fr et www.monjardet.fr.st

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Dieu, Ben Laden et le Grand Satan
Monothéisme et terrorisme

Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont stupéfait le monde occidental et ont été dénoncé par la plupart des Etats du monde : ceux qui s'estiment effectivement les premiers visés, les pays occidentaux et ceux qui en redoutent les conséquences, à commencer par les Etats arabes qui craignent d'en faire les frais. Quant aux populations, selon qu'elles sont ou non occidentales, elles auront sans doute porté un regard différent sur les images télévisuelles de la destruction en direct des symboles de la puissance économique et militaire américaine.

Ces attentats posent deux principales questions et pourraient se "lire" de deux manières : en s'attaquant aux symboles de la puissance financière et militaire des Etats-Unis, les terroristes islamistes se considèrent-ils comme l'avant garde d'une lutte des pauvres contre les riches ou bien désirent-ils la destruction de l'Empire du Mal afin d'étendre sur le monde entier la loi de Dieu, la Charia ? Réactivent-ils la guerre du Croissant contre la Croix ou bien sont-ils les combattants d'une guerre déclenchée contre un "mondialisme" ultra libéral triomphant ? La religion n'est-elle que le prétexte à des conflits bien profanes qui opposent les hommes entre eux depuis toujours ou bien les "fous d'Allah" ne visent-ils pas à étendre la seule vraie religion de par le monde ? Sont-ils les messagers des "damnés de la terre" ou les valeureux soldats d'une guerre sainte déclarée contre les Infidèles ? Pourtant, voir en Ben Laden un nouveau Che Guevara, fer de lance d'une nouvelle révolution anti-capitaliste, paraîtra aussi idiot que de voir dans José Bové un dangereux émule du terrorisme international. Et pourtant!

Quelle est la raison principale du terrorisme islamiste ? La haine de l'Occident chrétien, la lutte contre l'impérialisme occidental, la revanche sur l'occupation coloniale ou bien le fanatisme religieux ? Et si ces objectifs sont indissociablement mêlés, lequel est prédominant ? Ce n'est pas un hasard si les fiefs du "terrorisme international" sont des pays arabes musulmans, colonisés, humiliés, frustrés, exploités, manipulés depuis des décennies par des gouvernants occidentaux occupés à faire y prévaloir leurs seuls intérêts, économiques, stratégiques, géopolitiques, culturels. La "guerre" que veut mener aujourd'hui l'Occident contre le "terrorisme international" n'est pas plus une guerre du Bien contre le Mal que ne l'est la Djihad engagée par les islamistes contre un Occident vautré dans le consumérisme. Il s'agit en réalité d'une lutte entre deux idéologies totalitaires qui voit s'affronter deux intégrismes : celui d'un système économique qui se présente comme le seul et unique modèle de société fondé sur un seul modèle de développement, engendrant une seule culture, une seule civilisation et prétendant s'étendre à la planète entière (fut-ce au prix de son autodestruction); celle d'une religion monothéiste qui se présente comme la seule vraie, doit engendrer un seul type de société et n'a de cesse que de conquérir l'humanité entière (fut-ce au prix du suicide de ses fidèles) ? Il ne s'agit donc pas d'une guerre de la civilisation contre la barbarie, de la liberté contre l'obscurantisme, pas plus qu'il ne s'agit d'une guerre sainte contre le "Grand Satan" occidental mais bien d'une guerre entre deux impérialismes : celui qui vise à soumettre l'homme à l'économie, celui qui vise à soumettre l'humanité à Allah.

Un dieu unique a engendré une pensée unique. En Occident, ce que n'avait pas réussi à faire le monothéisme religieux chrétien, conquérir le monde, le "monothéisme profane" est en train de le réaliser : un nouveau dieu unique, le dieu argent, régente le monde entier et tient sous son implacable férule la quasi totalité des êtres humains. Il terrorise et asservit l'humanité. A cet égard, le monothéisme religieux semble avoir été le prototype de la pensée idéologique dont le propre est de prétendre s'imposer à l'ensemble des hommes. La prégnance dans l'inconscient collectif occidental d'une croyance en un dieu unique a engendré une conception totalisante, puis totalitaire, actuellement d'ordre économique, de l'être humain. Elle est la principale cause, chez les Occidentaux, de cette prétention à être les uniques détenteurs de la vérité universelle. A ce titre, la religion chrétienne, elle-même issue du monothéisme juif, peut être considérée comme l'archétype de toutes les idéologies occidentales modernes, dans leur volonté de dire le vrai de tout l'homme à tous les hommes de tous les temps.

La dernière religion monothéiste de l'Histoire, l'Islam, a été à bonne école ! Comment s'étonner que, face à l'impérialisme occidental et au regard du bilan mondial catastrophique qu'il a généré, les plus fanatiques de ses fidèles se dressent pour mettre à bas le Grand Satan qui étend son implacaple règne matérialiste sur le monde ? L'Islam vit, avec les 7 siècles de décalage qui le séparent historiquement du Christianisme, la phase intégriste et totalitaire de son histoire, celle qui, de l'Inquisition à l'aube du siècle des Lumières, avait obscurci la religion chrétienne au point d'en faire la religion la plus sanglante de l'Histoire. Depuis que cette dernière a été reléguée dans la sphère de la vie privée, depuis qu'elle a renoncé, du moins officiellement ou publiquement, à diriger les affaires du monde, depuis qu'elle a dû distinguer "le spirituel" (tout ce qui concerne, selon elle, l'"âme humaine) du "temporel" (tout ce qui aurait trait, selon elle, au gouvernement des nations), le Christianisme, non sans parfois quelque nostalgie de son passé (exprimée dans l'intégrisme catholique en particulier), ne prétend plus régner que sur les "esprits" … ce qui ne lui évite d'ailleurs pas de déborder sur les "corps" des individus comme sur le corps social ! Il serait toutefois inimaginable de voir aujourd'hui un évêque à la tête d'un Etat occidental. Par contre, les ayatollas et autres talibans n'imaginent pas ne pas faire régner la loi de Dieu, sur ce que nous appelons la "société civile". Toute société ne peut être pour eux que "religieuse", c'est à dire dirigée par eux et par eux seuls. Et l'on sait à quelles extrémités l'application de la Charia a pu conduire certains Etats musulmans.

Le choc entre ces deux totalitarismes verra-t-il la victoire de l'un d'entre eux ? Le ventre mou de l'Occident repu peut faire douter de l'issue d'un tel affrontement. Quatre islamistes fanatiques munis de cutters ont ébranlé les bases de la première puissance du monde ! De la réponse qui sera donnée au terrorisme islamique dépendra l'avenir. Soit les Etats occidentaux se demanderont enfin pourquoi on en est arrivé là et apporteront les bonnes réponses, soit ils s'enferreront dans une logique de violence sans être sûrs d'en sortir victorieux mais qui conduira par contre à coup sûr à un nouveau totalitarisme policier planétaire.

Les quelques milliers de victimes innocentes new-yorkaises ne seront peut-être pas mortes pour rien : elles auront peut-être réussi à réveiller la petite minorité des nantis de ce monde, ce que n'avaient pu faire les millions de morts victimes de l'impérialisme ultra libéral occidental .

Un libéralisme totalitaire qui plie le monde entier aux seules lois du Marché et une religion totalitaire qui vise à soumettre le monde aux lois d'Allah, tels sont aujourd'hui les protagonistes d'une guerre déclarée depuis une vingtaine d'années. La guerre engagée entre eux sera un combat à mort. Saurons-nous l'éviter et faire évoluer l'humanité vers le partage des richesses de la planète et la mutuelle appréciation de ses différentes composantes culturelles, saurons-nous construire un monde où le "pluralisme spirituel" se serait enfin libéré du "totalitarisme religieux" ? Tel est l'enjeu du siècle.

"La certitude d'avoir la vérité a toujours rendu les hommes cruels"

André MONJARDET, sociologue andre.monjardet@wanadoo.fr et www.monjardet.fr.st

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Pour un Nouveau Paradigme
par Michael Abitbol

"Il n'y a rien de plus constant que le changement" (Siddharta Gautama)

Lorsque la spiritualité pénètre dans notre existence, elle instille en nous de multiples interrogations, secoue nos conditionnements, élève notre tendresse. Elle nous ouvre au rayonnement incessant de la vie. Depuis que l'homme est homme, il n'a eu de cesse de mettre au point des outils qui lui permettraient de comprendre le divin en lui. Ainsi de multiples religions se succédèrent, les une après les autres, chacune s'appuyant sur les épaules de l'autre pour ériger un outil plus adapté aux besoins temporels de l'humain, à un instant T de son évolution.

Oui mais voila, même si les outils (religions) de compréhension pouvaient être différents, ils gardaient quant à eux un même schéma de fabrication. Un même socle possédant les attributs d'un autre âge. On a beau remettre des couches de peinture de couleurs différentes, sur une façade en ruine, cela n'y changerait rien. Le fond reste le même, héritant d'une pensée qui ne permet plus aujourd'hui d'établir une compréhension plus profonde des racines spirituelles de l'humanité.

Les monothéismes, disons le ouvertement sont ces anciens outils. Chacun tenta de succéder à l'autre, certes en évoluant certaines caractéristiques, mais tout un gardant un moule de fabrication bien identifiable. Cette marque de fabrique s'oriente donc autour d'un Dieu unique, d'une filiation prophétique et d'un héritage paternaliste qui nous apparaît de plus en plus inadapté au 21 ème siècle. Comment concevoir qu'on l'on puisse se référer encore aujourd'hui à des ouvrages dont on sait pertinemment que l'écriture et la cohérence historiographique est sujette à de très nombreuses contradictions ? Que les textes, paraboles et conceptions n'ont rien à voir avec nos découvertes modernes en sciences et en psychologie ? Ces mêmes religions sont en lutte au nom d'un Dieu d'amour pour savoir lequel des enfants prodigues est le plus digne d'un hypothétique message divin.
Utilise t-on aujourd'hui les mêmes outils qu'il y a 4000 ans dans notre quotidien ? Pourquoi en serait-t-il pas de même dans le domaine de la spiritualité ?

L'ancien paradigme religieux

L'ancien paradigme religieux est devenu une des sources de conflit majeures de notre actualité mondiale. La division entre les religions est réelle alors que chacune semblent prendre racine sur un héritage commun. Les désaccords entre les dieux sont manifestes et les puissants en profitent, car la division permet de mieux régner sur des masses désunies. Les religions prônent (dans leurs voies exotériques), un Dieu extérieur à l'homme, une soumission à un ordre ecclésiastique censé être intercesseur entre les dieux et les créatures. Là encore on tente de conserver l'humain dans l'état d'enfance, de victime déresponsabilisée et incapable de connaître le divin par lui-même. Ensuite, on sait pertinemment que les monothéismes au nom d'un Dieu d'amour on fait couler bien trop de sang, curieuse notion de l'amour ! Chaque église prône son dogme, tente de l'imposer au lieu de le proposer, et fait peu de cas de ce qui pourrait remettre en question son hégémonie. On a aussi longtemps fait croire que le mot religion découle du verbe latin " ligare " qui signifie lier, donnant " religare ", relier. Ce terme latin a une autre signification, un double sens occulté sui donne en langue romaine antique, assujettir. En latin les mots " religio " et " obligatio " ont souvent un sens commun. Si l'on creuse encore plus profond, au cœur de nos racines linguistiques communes on arrive au origines sumériennes du mot religion qui donne dans ce syllabaire RE-LI-GI-U, traduit part : " Les tablettes d'apprentissage qui guident les moutons. ". Dans la langue arabe le mot religion se dit " Aldîn " qui signifie " l'obéissance ", " Islam " signifiant au passage " soumission ". En hébreu religion donne " Dat " (Loi-religion ), la loi étant supérieur à la foi dans le Judaïsme. Si l'on décompose le mot d'origine sumérienne Dat en DA-AT on trouve la traduction suivante : " La puissance du père qui encercle. " On voit donc ici nettement que le vocable de l'ancien paradigme religieux est ensemencé d'une vision paternaliste, autoritaire, voir répressive envers l'humain et pourtant ce ne sont que des mots me direz-vous, mais il représente tout un idéal de pensée coercitive bien précis.

Autre incohérence de l'ancien paradigme, le besoin de posséder la vérité pour pallier à l'angoisse de vivre, le manque de reliance dans le cœur, l'illusion séparatrice de l'identité religieuse, le " je suis " qui s'oppose au " tu n'es pas " de l'ego des hommes. On trouve aussi la peur du corps et de la sexualité, alors que les spiritualités extrême-orientales et la psychologie moderne affirment que le corps et l'esprit sont une unité. La sexualité bien comprise une voie d'épanouissement du corps et de l'esprit. Les arguments en défaveur de l'ancien paradigme sont nombreux, vous les connaissez certainement intuitivement dans votre vie de tous les jours. Mais alors pourquoi tant de gens suivent t-ils encore ce paradigme ?
C'est qu'on ne leur a pas appris autre chose ! On a conditionné leurs peurs depuis leur plus tendre enfance, et leurs moments de joie sont liés aussi à cet ancien paradigme. Le renier serait renier leur passé, leur identité et le reste. Mais cela aussi c'est un conditionnement, car la joie partagée reste une joie partagée, peu importe le filtre qu'on y met. Il suffit de savoir faire la part des choses entre l'amour authentique et universel, et ce que l'humain surajoute par-dessus, à cause de son manque de profondeur. Il y a l'âme humaine, vierge, amour et il y a la tradition juive, chrétienne, musulmane et autre qu'on y surajoute, comme une geôle de l'ego pour mieux morceler l'humain. Alors que tout ceci n'a aucune logique spirituelle ! C'est un peu comme les marques, quelle différence entre un t-shirt blanc et le même t-shirt avec une marque dessus ? Le T-shirt garde le même emploi, texture et autres, mais la marque vient gonfler d'orgueil le possesseur, en se sentant grandi par le prestige de celle-ci… car au fond il n'a aucune estime de lui-même, il n'est pas fier d'être simplement lui-même . Les gens se plongent dans les religions, ils s'y réfugient, s'intoxiquent de croyances contradictoires, comme une fuite vers l'avant. L'angoisse de la quête personnelle est trop grande, et l'on n'a pas incité l'enfant depuis des millénaires à croire en lui et à naviguer sur les rives de la vie pour y trouver les réponses par lui-même. On a figé " la vérité " dans des temples, des livres, des rites et prières pour éviter à l'humain de chercher dans le seul véritable temple, son corps. On lui a affirmé directement ou pas qu'il n'était qu'une créature et qu'il retournerait à la poussière, que seuls les dieux jugent et que l'humain doit se soumettre. Alors qu'il n'y a rien là dedans qui ait une valeur d'amour. Si Dieu est un père, quel père souhaiterait le quart de tout ceci à son fils… Même le pire des fils reste aimé par son père malgré tout. Mais à croire que la peur parasite le cœur et que nombre de nos semblables ont du mal à émerger de cette pensée venue du fond des âges.

Comment aujourd'hui être un croyant sincère (et il y en a) d'une des religions organisées et ne pas se sentir mal à l'aise devant les injustices qu'elles alimentent chaque jour ? C'est une question cela, une " sacrée " question même, car malgré tout ce qu'ils peuvent déplorer, ils restent dans leurs croyances, même si on a causé des drames en leurs noms. Comment par exemple est-ce qu'un juif et un musulman qui souhaitent sincèrement la paix peuvent continuer à suivre sérieusement des religions qui prônent jusque dans leurs écrits les plus vénérés la haine de l'autre ? Le mariage et l'amour entre humains juifs et humains musulmans sont interdits, mais derrière on vous dit que c'est le même Dieu, c'est à n'y rien comprendre. Un Dieu d'amour se devrait d'aimer ceux qui s'aiment, point. D'autant plus que ceux-ci réconcilient les peuples ! Drôles de Dieux tout de même.

Pour les chrétiens, par exemple : comment est-ce que ceux-ci peuvent continuer à être en paix avec leur religion, sachant qu'on a massacré des millions d'innocents au nom d'un Dieu là encore qui se réclame de l'amour ? On pourrait aussi dire la même chose des bouddhistes : qu'ont t-ils fait des paroles du Bouddha ? Une religion organisée et hiérarchisée, des centres bouddhiques à l'occidentale, misant sur le folklore et l'apparat, plutôt que sur la voie abrupte ! Dans les écrits authentiques, il n'était pas question de fonder quoique ce soit, mais d'offrir une voie universelle de libération sans créer un nouvel " isme ". Cela vaut pour les hindous aussi, la plupart étant si loin des valeurs non duelles de l'Advaita, se baignant dans l'imagerie et la superstition et créant d'innombrables divisions dans le pays.

J'en appelle aux croyants sincères en leur posant la question : Souhaitez-vous réellement un monde de paix et d'harmonie ou aucun " isme " ne viendrait se mettre entre vous et l'amour de tout ? Pensez-vous vraiment que ce savoir de seconde main, usé, falsifié, manipulé dans tous les sens et reflétant l'égocentrisme de l'homme soit une voie d'élévation authentique ? Ne pensez-vous pas qu'une remise en question totale est devenue urgente, pour créer ensemble un cheminement commun sur des valeurs communes ?

Alors certains me diront, et ils auront raison, qu'il existe des courants mystiques très purs et universels, comme le soufisme en Islam, l'hésychasme et la gnose chez les chrétiens, l'advaita védanta chez les hindous, le zen chez les bouddhistes etc… Je leur répondrai, oui, les êtres qui fondèrent ces courants étaient d'authentiques mystiques, libérés des contingences du dogme, ils furent eux aussi pourchassés, massacrés même au nom de cette liberté. Ils gardèrent à l'époque certes une appellation religieuse, mais leur voie n'avait rien de commun ! Je pense que s'ils avaient vécu aujourd'hui, ils n'auraient aucune affiliation à une religion. Peut être qu'ils n'en avaient pas non plus, et que le besoin d'étiqueter de l'ego humain a surajouté ces mentions superflues. N'est-ce pas trahir quelque part ce ressenti universel de l'amour inconditionnel que de le rattacher à un dogme, une religion qui ne respecte pas ce ressenti, car elle veut l'enfermer dans une doctrine rassurante pour se préserver de l'angoisse de vivre. Si la liberté de l'amour universel éclot en nous, pourquoi le faire retomber dans une geôle ? Laissons le s'envoler et virevolter au gré des vents ascendants. Croyants de tous horizons, si c'est cela qui brûle en vous, alors osez la liberté, osez le cheminement, la quête de soi. "Laisse la tradition, la loi et part à la découverte de toi-même. " Les mystiques de tous temps sont certainement heureux de voir comment leur pensée vivifiante renaît majestueusement au 21 ème siècle.

Partant de ce constat attristant quant à la condition de nos semblables, est t-il possible de créer un nouveau paradigme spirituel qui ne prendrait aucune notion de l'ancien ? Une révolution pacifique et intérieure totale, qui construirait une voie spirituelle authentique et universelle menant à l'essentiel des besoins spirituels humains au 21 ème siècle et plus loin ?

Le nouveau paradigme spirituel

Nous avons vu plus haut que l'ancien paradigme ne correspondait plus aux besoins spirituels de l'humain. Le nouveau paradigme, nous le proposons et ne l'imposons pas, car imposer était aussi une attitude et une pensée propre à l'ancien paradigme religieux. Pour créer un nouveau paradigme, il est important d'effectuer en soi un travail de rénovation intérieure, de déconditionnement de l'ancien, balayer ce qui ne sert plus comme un grand nettoyage printanier vivifiant. Ce texte est une présentation des possibilités infinies latentes en l'humain et occultées par l'ancien paradigme. Il suivra par la suite d'autres textes qui offriront une voie de réalisation plus spécifique, traitant de points bien précis. Ici, je ne fais que planter le décor, afin que les acteurs souhaitant faire partie du scénario voient s'ils se sentent concerné ou pas.

Cette approche nouvelle prend en considération l'humain dans son unité bio-psycho-spirituelle, comprenant les interrelations entre tous ses plans de vie, que ce soit le plan de la santé comme celui de l'éveil spirituel. Un retour au corps pour comprendre toutes les clés spirituelles qu'il renferme et qui nous ont été voilées depuis trop longtemps. Une voie spirituelle qui se focalise sur le fond commun qui unit tous les êtres et non les formes externes qui crée des divisions inutiles. Nous proposons un paradigme spirituel qui tente de développer le potentiel énergétique de l'humain, une santé holistique basée sur les médecines douces et les thérapies holistiques et transpersonnelles. Une voie de compréhension des mécanismes mentaux, de dépassement des limitations et d'expansion de la conscience. Et surtout ce qui nous parait primordial à toutes voies de connaissances, la pratique du cœur et le développement de la compassion, d'un amour universel et inconditionnel ne s'arrêtant plus aux formes mais comprenant le fond essentiel à la vie humaine.

Le nouveau paradigme spirituel n'est en aucun cas une nouvelle forme de religion. Le principe en soi se veut être abandonné car il n'a pas accompli ce pourquoi à l'origine il a pu être élaboré. Aucun " isme " n'est à rattacher, aucune appartenance. Ceux qui souhaiteront avancer dans cette voie resteront simplement des humains et non des êtres divisés et soustraits aux autres par le " je suis ". J'estime que les pouvoirs dominants cultivent assez les différences pour en créer d'autres, cela n'a aucun sens et continue à maintenir la haine et le ressentiment. L'humain n'a pas besoin de religions ou de structures formalisées pour connaître sa réalisation spirituelle, comme le disait Krishnamurti : " Toutes organisations de la vérité, conditionne la vérité. " Notre structure associative est " limite " dans cette optique, mais elle se veut non rigide, non structurée et en perpétuelle évolution. Nous veillons constamment à ce qu'elle ne devienne pas une autorité mais un tremplin pour celles et ceux qui souhaitent devenir leur propre créateur. La spiritualité est liberté, conscience de soi et du monde et foncièrement amour créateur.

Cet article est donc une introduction à ce qui suivra, il veut sensibiliser à une approche novatrice et non un savoir de seconde main. Ce savoir de seconde main représente tout ce que le mental humain a accumulé depuis des millénaires et qu'il a retranscrit dans ses écrits, ses pensées, sa science et ses religions. Une mécanique fonctionnant en circuit fermée, basée sur le même type de représentation, de fonctionnement interne, ne laissant que peu de place à l'intuition créatrice. Qui a figé ces pseudos vérités par crainte de l'impermanence de la vie ? La vérité ne peut être donnée comme on donne un mouchoir, la vérité s'est à nous de la trouver par notre propre cheminement, la vérité se trouve en nous, elle est accessible à tous, il suffit d'orienter le regard de l'extérieur (le ciel, le temple, le livre) vers l'intérieur (l'esprit, le corps, le cœur).

Le nouveau paradigme souhaite rompre définitivement avec l'ancienne filiation judéo-chrétienne, avec l'ancien paradigme scientiste aussi d'ailleurs. Car la science matérialiste en reniant l'âme humaine a causé autant de dégât que les religions par le passé : " Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme. " disait déjà Rabelais en son temps. Le dogme cartésien et newtonien, même si il a pu faire démarrer l'esprit scientifique, a commis de graves erreurs en ignorant les données immatérielles. Ce que la physique quantique a commencé à rattraper en démontrant que la matière n'était qu'un plan d'existence et qu'il en existait beaucoup d'autres. Cela rejoint les intuitions des mystiques de l'ancien temps. La médecine officielle, elle aussi bien qu'efficace sur le plan matériel (chirurgie, transplantation et autres) n'arrive pas à concevoir une causalité des maladies qui ne soit pas issu de la matière. Elle reste coincé dans le dogme de l'ancien paradigme scientifique, considérant l'humain comme un amas de chair et d'os en interrelation mécanique. Se dessine en soutien au nouveau paradigme scientifique la médecine quantique et holistique, qui prend en considération les multiples causes des maladies prenant leur source dans la conscience immatérielle et les flux énergétiques du corps. Le recours aux plantes, une alimentation saine et équilibrée, des exercices énergétiques en prévention des dérèglements internes qui causent les maladies sont également indispensables. La maladie, comme tout le reste, est principalement de cause interne et non externe. C'est le dérèglement du terrain biologique dû à un abaissement du niveau de conscience énergétique qui cause la plupart du temps la maladie . " Le microbe n'est rien. Le terrain est tout " Louis Pasteur.

Donc se dessinent ici les acteurs des deux paradigmes, d'un côté les religions et la science matérialiste et de l'autre la spiritualité universelle et la science quantique, faites vos jeux. Et oui, les choses avancent, le vieux dinosaure de l'ancien paradigme fait face au phénix flamboyant du nouveau paradigme. Au sein de notre association, nous souhaitons avancer en ce sens, à notre niveau, dans le respect des libertés de chacun et dans l'amour de tous. Nous sommes conscients que ce que nous avançons rencontrera des résistances, des refus catégoriques… Mais il en a toujours été ainsi dans l'histoire du l'humanité. L'humain comprend vite, mais il faut lui expliquer longtemps. Ce que nous proposons ici est une non-voie, un non-chemin, une non-pensée. Et c'est parce qu'elle est vide du passé, qu'elle peut contenir l'univers tout entier. Nous attendons donc avec grand intérêt vos réactions, l'aventure ne fait que commencer, merci d'être là …

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Pour un nouveau paradigme: LA RELIGION

"Faire le bien sans chercher de récompense, fuir le mal sans avoir la crainte du châtiment : homme rare sous le ciel." Confucius

Comme nous l'avons vu dans l'introduction de ce thème consacré au nouveau paradigme, le mot religion prend plusieurs sens. Ce n'est pas la religion spécialement que l'on critique ici, c'est aussi par ce biais toute la pensée humaine qui a tendance à se figer autour d'un dogme, d'une vérité cristallisée qui ne souhaite plus évoluer. Ce mode de cristallisation de la pensée et de la peur, on le retrouve partout, en politique, en psychologie, en science, dans l'art, la spiritualité, enfin toutes structures où le mental humain entre en action. C'est un mécanisme à étudier de près que cette fixation. C'est comme si un jour l'humain se disait : " Voila, j'arrête d'évoluer, je stoppe tout.. ". C'est très dommage, car cette attitude bloque considérablement le flot incessant des énergies créatrices qui viennent renouveler l'être dans son entier, dans son unité bio-psycho-spirituelle " Celui qui n'est pas en train de naître est en train de mourir. " disait Bob Dylan. Ce mécanisme présent partout ou le mental s'en mêle, nous le retrouvons bien entendu dans ce qui va nous intéresser ici, l'ancien paradigme religieux. Des flots d'encres ont coulé sur des tonnes de papier (pardon à nos amis les arbres) depuis Voltaire sur ce sujet, je n'entrerai pas ici dans une critique anticléricale, il existe de nombreux sites sur le sujet. Ce qui me préoccupe est de comprendre l'évolution de l'âme humaine dans son intégration du divin et démontrer les impasses dans lesquelles elle s'est embourbée, souvent en croyant bien faire d'ailleurs. Ici, je ne juge pas le passé, chacun a agit en fonction de sa compréhension et de son niveau de conscience du moment, tout est à remettre dans le contexte d'émergence d'une époque et de ses acteurs. Les religions ont tenté de comprendre, de structurer des sociétés. Elles ont eu un rôle à jouer, je ne souhaite pas leur enlever cela. Maintenant, si l'on se place sur le plan de l'évolution constante de l'humain, sachant que s'est aussi une loi universelle, peut-on poser la question : Nous est t-il possible de proposer au 21 ème siècle une approche totalement nouvelle adaptée au besoins spirituels de l'humain ?

o Dans un premier temps nous allons voir de quoi est constitué l'ancien paradigme religieux, ses structures, sa morale, sa conception du monde et de Dieu.

o Dans une seconde partie je tenterai de vous exposer ce que nous envisageons concernant le nouveau paradigme spirituel, son approche, sa vision.

L'ancien Paradigme religieux :

Les constats peuvent être rapidement élaborés, nul besoin d'un doctorat en histoire comparée des religions pour comprendre que toutes s'opposent sur la forme, la croyance, le dogme, mais que toutes, au fond, tendent vers un besoin commun. Ces besoins nous les avons tous en nous, ils sont universels : la joie, le bonheur, la paix, l'amour, l'élévation spirituelle, l'union, l'harmonie, l'abondance, le partage et tant d'autres. Alors que faire ? Et bien essayer de comprendre cela et avancer ensemble dans une direction commune, main dans la main, et le tour et joué.

Comment, ça y est, s'est réglé, yakafaukon (comme dit Sylvain) ?

Je pourrai vous laisser là, car s'est aussi simple que cela en théorie. Un enfant de 5 ans pourrait comprendre cela, d'ailleurs ils le comprennent très bien à cet âge là. Ensuite vient l'adulte et son mental déformé qui terni cette spontanéité. Et oui, on en est là mes amis, comme disait Spinoza : " Si l'homme était sage, l'état serait superflu. " J'ajouterai, si l'homme n'avait pas d'ego, ce serait si simple la spiritualité. Simple, oui et on ne se prendrait pas le chou à écrire tout çà ! Mais la réalité est différente, et il est important je pense de bien structurer le développement de la psyché humaine, pour comprendre tout (ou presque) de ce qui nous empêche encore de vivre dans la joie et l'allégresse.

Si nous savons intuitivement tout ceci, pourquoi les humains ont t-ils donc créé des structures religieuses opposées les unes aux autres ?

Chacune tenta à son niveau de comprendre ce qu'elle nomma Dieu en plusieurs langues, mais Dieu n'est qu'un mot et le mot n'est pas la chose. Les religions ont fixé des règles morales, organisé les sociétés, fait évoluer l'art aussi, elles ont joué un rôle civilisateur, c'est indéniable. Mais tout en structurant les sociétés, en les complexifiant, l'humain s'est peu à peu déraciné de sa source, de la nature et des forces qui l'alimentent. Elles ont fixé Dieu dans un temple, sa " parole " dans des livres et ont surtout inventé des dogmes en son nom pour verrouiller tout ceci : " voila c'est fait, on a la vérité, c'est nous les plus beaux. " Marrant cet infantilisme ? Hmm, pas pour ceux qui ont subi les persécutions en tous cas ! Les cultures pré-religieuses comme le chamanisme possédaient une spiritualité très profonde, une reliance à la nature, aux éléments et surtout elles définissaient Dieu comme une entité impersonnelle génératrice du tout. Elles n'enfermaient pas Dieu dans un temple ou dans un dogme ! Elles vivaient simplement, en harmonie avec la nature et surtout avec les plans spirituels de l'humain. Les religions en créant un Dieu externe à l'homme créèrent la dualité en l'humain, la confusion, la crainte de l'autre, car chacun voulu démontrer que son Dieu (extérieur) était plus valable que l'autre, et le passé sanglant que l'on connaît tous prit place. C'est logique, si vous croyez que Dieu est un papa dans le ciel qui vous régit, dicte votre conduite, puis vous dit que ses voies sont impénétrables (le comble pour du dualisme) et que les sondeurs de mystères vont tout droit en enfer, et bien vous êtes sur que vous n'irez jamais chercher par vous-même. Autre point : en plaçant une autorité religieuse intercédant entre le Dieu et vous, vous restez dans la dépendance et l'assistanat spirituel, et de fait vous êtes manipulable. C'est une drôle d'invention que ce Dieu courroucé, jaloux (jaloux de qui, de quoi, des autres dieux peut être) et parfois miséricordieux, que l'on a imposé à l'humain.

Un facteur déterminant dans les discordes entre les religions est celui des croyances. Le fait qu'elles soient subjectivement conditionnées par une culture donnée, même si elles possèdent une base commune réelle. Au fil des siècles, elles sont déformées par les pouvoir en place et déformées par l'incompréhension des hommes. Regardez d'ailleurs comme un FAIT que les messages de Jésus disant que tout est amour, ou d'un Bouddha prônant la voie de la libération, ont été déformés au fil des siècles. On peut dire aussi que peut être ce que disent les clergés aujourd'hui est toujours la vraie parole, et que nous nous trompons en disant que ces hommes prônaient l'amour universel sans religions " dogmatisantes ". Vous pouvez le dire si vous le voulez. Mais par contre vous ne pouvez pas aller contre les FAITS. La réalité est toute simple : un monde déchiré en grande partie à cause des religions et des divers dogmes surajoutés à l'essentiel. Vous pouvez aussi faire l'expérience, prouver et vérifier par vous-même que l'amour est universel et partagé par tous, peu importe la religion ou la couleur de peau. Donc, c'est tout bête comme histoire. On se demande bien ce qui a prit aux hommes à s'empêtrer avec de telles affabulations religieuses. La spiritualité c'est tout simple. Les ingrédients sont faciles à trouver aussi, vous prenez des humains, vous les saupoudrez d'amour et le tour est joué ! Oh, mince, j'avais oublié, dans le réel les choses se corsent sérieusement… car j'ai oublié les paramètres de l'ego, ah oui, c'est embêtant, ça complique la recette là.

Vraiment ? Pas plus que ça en fait. L'ego c'est quoi ? Je vous épargne ici l'argumentaire psychanalytique et la théorisation non-dualisante. L'ego pour nous, est une structure héritée de nos instincts premiers et qui s'est complexifiée avec l'apparition du néo-cortex et donc du mental. L'ego cristallise toutes nos peurs instinctives (survie, défense du territoire, reproduction, etc.) et ensuite les émotions, puis le mental viennent complexifier encore la " chose ". Tous ça rend malade les gens, c'est vraiment pas bon pour la santé. Alors bon, l'ego c'est bien gentil mais faut pas qu'il s'incruste car il a tendance à bâillonner notre être intérieur (l'âme), et nous rabaisser vers nos instincts les plus bas au lieu de nous élever. Donc, s'est très utile de se séparer de l'ego pour s'ouvrir à l'amour universel et inconditionnel en prenant bien garde aux mécanismes de défense surentraînés qui l'accompagnent. Car les peurs qu'il véhicule ne nous permettent pas l'ouverture du cœur. Se séparer de l'ego ne signifie pas l'arracher, du style: " casses toi tu me pourries la vie ! " Non, essayons d'abord de le comprendre, de l'écouter, comme un petit enfant turbulent. L'ego c'est une étape vers le Soi (l'être réalisé), avant de n'être rien (c'est-à-dire, sans ego) il faut avoir était quelque chose ! Il faut le vivre pleinement l'ego. Soigner ses blessures profondes, ses manques, ses frustrations (une thérapie à ce stade peut être un tremplin), puis ensuite on pensera à lui dire au revoir, sans haine, dans l'amour. On ne peut aimer que dans la confiance en nous et dans la vie. Si la peur nous poursuit, l'ego s'en servira pour justifier son existence et nous enfermera dans une prison mentale dont se servent les religions pour alimenter les différences.

Oui, n'en déplaise à certain. Rien que le fait de se raccrocher à une appartenance séparatrice créée par le mental, est un signe de cristallisation de l'ego. Si vous lui retirer l'appartenance, il panique, devient méchant, voir haineux et devient prêt à se battre pour sa religion ou autre. Mais en fait la religion n'est qu'un prétexte. Car d'autres se battent pour un parti politique, une équipe de foot, une place de parking ou tout simplement contre eux-mêmes. C'est toujours le même mouvement intérieur, on se bat pour préserver l'objet (d'amour ou de haine) qui comble nos peurs et nos manques. Cela nous donne une contenance, nous valorise. De plus, l'ego " polymorphe " mue indéfiniment et se reproduit à chaque seconde, jusqu'à la maladie, inévitable en bout de course. Le lâcher prise est une notion bien peu connue et pour cause, elle implique un saut dans le vide ! Seule une main ouverte peut contenir l'univers. Le poing fermé qui tient ferme sa religion, son livre, sa science, sa politique, sa philosophie, son équipe de foot, son revolver, sa bouteille ou sa névrose ne pourra en aucun cas vivre pleinement l'ouverture de la main tendue vers l'autre. Si l'on tient quelque chose fort dans sa main, et que l'on a peur de le lâcher, comment pouvons nous la tendre vers l'autre et former une belle et harmonieuse ronde de fraternité ?

Le processus d'ouverture de cet ego inférieur et crispé est la mission numéro un en vue d'entrer dans le nouveau paradigme !

" Notre peuple n'a pas de loi.

Il vit en harmonie avec les puissances de la nature.

Il n'a pas de patrie : sa grande patrie est la Terre.

Il n'a ni dogme, ni prêtre, ni religion, ni livre révélé.

Les Hommes de Connaissance n'ont pas de disciples.

Notre Temple est la Nature et notre Maître est la Vie.

Avant d'êtres des Indiens, nous sommes des Hommes,

Le peuple de la Terre. "

[Sagesse amérindienne]

Pourquoi souhaite t-on tant dépasser l'apport religieux fait d'anxiété pour créer quelque chose de neuf, de nouveau ? Ce n'est pas par pure volonté de se démarquer ou de se faire remarquer. Cela s'érige autour de prises de consciences, de constats, d'expériences de la vie et de ses épreuves… vers une chaleur dans un cœur qui brûle d'amour.

Le poète Filippo Pananti énonce ceci : " L'histoire est utile non pour y lire le passé, mais pour y lire l'avenir. " Cette citation rentre dans le cadre de ce qui nous occupe présentement. C'est par l'étude du passé des religions que nous pouvons aujourd'hui proposer quelque chose de nouveau. Tout n'est qu'évolution. Aussi bien dans la nature que dans l'esprit et l'âme humaine : c'est la " cognitologie universelle " ou encore " l'anthroposophie ". En refusant la réincarnation évolutive, les religions du livre ont contraint la vie humaine et fermé toutes perspectives d'évolution pour les êtres " mal nés ", que nous avons tous été un jour. Elles ont imposé les totalitarismes et les royautés de droit divin. Alors que la science quantique tend à prouver la logique de la réincarnation, ceci sera l'objet d'autres articles. Ici ce n'est qu'un exemple.

Depuis des millénaires les hommes se sont conditionnés, jusqu'à l'inconscient, à penser que tout a été créé par un Dieu pour eux seuls. Chacun s'est conforté dans ce nombrilisme, et a ainsi façonné des religions en fonction des goûts culturels de chaque ethnie, et de l'évolution des époques où elles apparurent. Même si au sein de chacune d'elles des voies se sont levées pour crier que la spiritualité n'avait pas besoin de religion pour s'épanouir, personne n'a voulu les entendre réellement. Preuve en est le monde dans lequel nous sommes aujourd'hui : violent et divisé. L'humain semble t-il, possède une déformation psychique qui ne lui permet pas d'arriver à penser par lui-même, sombrant dans la peur au moindre doute, dès qu'une inconnue arrive dans l'équation. C'est très tenace comme affection. Il a toujours besoin d'une autorité pour lui dire ce qu'il doit faire, doit manger ou penser. Regardez les livres " saints ". Ce n'est que cela. Je ne dis pas qu'il ne faut pas se conseiller entre nous, mais de là à diviniser de l'encre sur du papier relié il y a un pas que nous avons malheureusement franchi par le passé. L'autorité en matière de spiritualité est un mal qui cause de nombreux désordres depuis l'aube des religions, voyons ce qu'en pense Jiddhu krishnamurti : " Supposez par exemple que j'aille chez un maître spirituel. Je vais chez lui parce que je crois que c'est un grand homme, qui connaît la vérité, qui connaît Dieu et qui par conséquent, peut me faire trouver la paix. Je ne sais rien de tout cela directement, mais je vais chez lui, je me prosterne, je lui offre ma dévotion. J'ai le désir d'être réconforté et d'être guidé et c'est ainsi que l'autorité n'est créée que par moi-même, car en dehors de moi elle n'existe pas. " Et oui, nous nous soumettons à une autorité religieuse, à un Dieu, un livre parce que nous cherchons un moyen confortable de vivre, d'être bercé, guidé dans un cadre sécurisant excluant la peur et son alter ego (sic), la mort. Si chacun avait accès à la vérité en lui, il est évident que toutes les religions n'auraient plus aucun intérêt. Vous comprenez pourquoi de tous temps elles ont massacré les êtres éclairés (chamanes, mystiques, libre penseurs etc.) qui auraient fait de l'ombre à leur entreprise (c'est bien le mot qui convient). Nous verrons plus loin que la " vérité " existe, qu'elle n'est pas à vendre et qu'elle est accessible à tous de manière directe.

" Le grand malheur des hommes est qu'ils vivent dans leur monde
et non dans le monde. " [Sénèque]

Le chrétien, le juif ou le musulman pensent tous que leur voie est véritable, que Dieu les regarde de manière bienveillante, mais quand ils rencontrent un athée par exemple qui semble aussi heureux (voir plus parfois), qu'est-ce qu'ils doivent bien en penser ? Comment le mental va-t-il retomber sur ces pattes pour ne pas perdre la face, que va-t-il imaginer pour que les apparences soient sauvent ? Parce que même s'il tolère (quand il tolère bien sur), son conditionnement est tel qu'il ne peut admettre que l'autre en face puisse arriver à une telle félicité avec un parcours de vie qui n'aurait rien à voir avec la religion. Car le religieux a été conditionné pendant des siècles d'incarnations à croire qu'il avait le meilleur Dieu, que point de salut n'était possible en dehors de sa foi et tout le reste. Donc l'incohérence est grande, ce qui mène aux divisions vous l'aurez compris. Puisque pour l'un, sa vérité subjective est différente de celle du voisin et cette vérité a été créée comme un rempart protecteur contre les angoisses de l'existence. Forcément il y a un problème. Tant que ce sont des vérités subjectives qui se mettent entre les hommes, le décalage restera et chacun voudra protéger son conditionnement, comme un contenant de l'ego. Le mental est un professionnel de la division, du morcellement, de la dualité, il n'arrive pas à unifier, il faut toujours qu'il sépare par peur de l'union (voyez au sein d'une même religion toutes les divisions qui existent.) Je le dis ici, ne le prenez pas directement pour vous s'il vous plait, la religion est par son essence DUALITE, elle ne cherche pas à UNIR les humains, mais cultive les différences. Même les religions en apparence " universelles " qui prônent l'unité des humains en Dieu ne peuvent supporter qu'un autre humain vive Dieu, sans cadre, sans filet, respirant l'air sans filtre. C'est trop dur à admettre pour le mental-ego qui s'est chevillé autour d'une manière rigide de concevoir le monde, un dogme et une pensée spécifique. Aucune pensée n'est spécifiquement plus valable qu'une autre dans le temps, même ce que je dis ici est déjà dépassé et j'espère qu'en viendra une autre qui la balaiera pour pouvoir encore faire évoluer l'humanité. C'est cette impermanence que n'arrivent pas à accepter les religions. Elles croient que tout a été crée pour rester tel quel, elles voient bien que tout évolue autour d'elles (d'ailleurs consciemment ou inconsciemment elles évoluent parfois) mais se refusent à dire : " Oui, notre religion est inadaptée aujourd'hui. ". Pourtant bon nombre de croyants le pensent au fond d'eux-mêmes. Mais les cléricaux aiment à penser égocentriquement que Dieu est parfait et qu'il leur a donné une chose parfaite, et là le mental tourne en rond sans toucher les bords.

Tant qu'elles penseront que Dieu est un être qui parle, qui dicte des religions " parfaites ", elles resteront dans l'ignorance. Car c'est la notion de Dieu même qu'il est urgent de remettre totalement en question. Je ne vais pas m'y atteler ici, je l'ai déjà fait dans les articles sur Dieu que vous trouverez sur le site. C'est toute la notion judéo-chrétienne qui s'est fourvoyée dans des concepts rigoristes, par peur du changement, de l'évolution, se désolidarisant du ressenti de l'expérience directe. Ah oui, c'est vrai, elles parlent aussi d'amour, mais qu'ont t-elles fait de l'amour les religions ? Pour chacune c'est un amour conditionné par leur Dieu, leur culte, leur foi, l'amour du Christ, d'Allah ou d'Adonaï, ce n'est jamais l'AMOUR tout cour. Il y a toujours derrière un relent préhensif de l'ego, qui veut s'approprier l'amour pour se préserver d'en faire vraiment l'expérience, hors cadre, dans le vide, celui qui permet de faire jaillir la source de l'illimité.

Les églises ont chassé les sorcières, les mystiques, les chamanes et tous les être qui possédaient les clefs pour connaître Dieu de manière directe, sans détour idéologique. Vous y verrez là ce que vous voudrez, j'y vois tous simplement là un besoin bien primitif de vouloir garder le pouvoir sur les masses. Les religions ont donc favorisé aussi le syndrome de la victime chez l'humain, pour elles la vie est une vallée de larme (de larmes de joie pour ma part). Ensuite, certains diront : " Mais regardez tous les textes magnifiques que les religions ont créé ! " En effet, il y en a de jolis, bien que toutes les religions ne soient pas égales sur ce plan là. Mais est-ce que ce sont les mots, le langage, la culture dans lesquels s'insèrent ces textes qui donnent la beauté de ceux-ci ? Où bien, tout simplement, l'intensité de l'âme humaine qui s'élève dans l'amour ? Car des textes très jolis et lumineux se trouvent aussi dans l'athéisme ou Dieu n'est pas censé être présent. Des textes lumineux sont écrit partout dans le monde, peu importe la culture, la langue ou le Dieu. Conclusion, ce n'est pas le texte qui illumine l'âme, mais l'âme qui transcende les mots. Et puis on notera au passage que certains textes religieux sont d'un rigorisme, d'une lourdeur, et que plus ils se détachent du dogme, plus ils semblent légers, spontanés, comme un enfant qui rie. D'où une différence évidente entre un texte orthodoxe et celui d'un mystique libéré du cadre.

Certains trouveront peut être excessif ce que j'ai énoncé ici, voir blasphématoire. Cette notion même de blasphème est un signe de manque de compréhension du divin. Le croyant crie au blasphème lorsqu'on énonce les failles de son Dieu, comme si un Dieu (censé être parfait) pouvait être victime d'un trait de caractère issu d'un manque de confiance en soi, qu'est la susceptibilité. En mettant à l'index l'écrit ou l'être prétendument blasphématoire c'est le Dieu lui-même qui est discrédité, car il dévoile ainsi son manque de sagesse et d'autodérision. On peut rire des hommes, mais pas des dieux, curieuse conception, ne projetons pas nos désirs égotistes sur les dieux ? Car en attaquant un Dieu, c'est au fond l'ego du croyant qui est touché car il n'accepte pas la remise en question. L'écrivain anglais G. K. Chesterton disait avec clarté : "La preuve qu'une religion est bonne ? Quand elle peut supporter la plaisanterie." Toutes émettent des blagues de surface qui n'attaquent pas les fondements, mais bien peu se permettent de rire de Dieu. C'est dommage, car l'autodérision quand elle n'est ni un dénigrement dépressif, ni une attitude visant à rabaisser, et une clé vers la sagesse. L'humour est un outil précieux pour celles et ceux qui souhaitent avancer dans leur cheminement spirituel. Le pratiquant sincère ne peut en faire l'impasse, il lui faut intégrer cette donnée à son être. Certains pratiquants restent tristement engoncés dans leur spiritualité, s'excluant du monde dans une austérité sans nom, se desséchant peu à peu jusqu'à n'être que des âmes vides et grises. Ils se sont fait piéger par leur Ego, celui-ci ayant trouvé comme moyen de survie hégémonique la personnalité d'un prosélyte à la peau rêche. Ils sont ternis par le dogme, qui est bien souvent un rempart égotiste contre les angoisses pulsionnelles non résolues. Ils ont confondu l'accessoire et l'essentiel, se sont fait mystifier par la forme au détriment du fond. C'est cette forme accessoire que l'on retrouve dans l'intolérance des extrémismes de tous bords, dans l'appartenance identitaire exacerbée et le culte obsessionnel des lois. Le fond essentiel lui, demeure cette fraîcheur ineffable de l'être accompli, qui nous montre non par ses mots mais par ses actes qu'avoir de l'humour peut être une belle preuve d'amour.

Alors rire de Dieu, c'est rire de nous, rire de bon cœur, dédramatisant nos plaintes, nos manques. Souffler, décontracté et non pas attendre Dieu, au garde à vous dans la crainte et l'abnégation du petit soldat de plomb. La dévotion là aussi, il y a beaucoup à dire : comment concevoir cette attitude d'abdications, de plainte mêlée de souffrance, de douleur, qu'est-ce que tout ceci a à voir avec l'amour ? Si vous êtes parent, admettriez vous que vos enfants se prosternent à genou en récitant des supplications, se tordent de douleurs pour vous demander une faveur ? Tout parent aimant n'en supporterai pas le dixième, et pourtant, tous trouvent cela normal de supplier un Dieu, de se soumettre, de se liquéfier jusqu'à se dissoudre dans la supplique et perdre son pouvoir créateur. Oui, les gens qui agissent ainsi le font par désespoir, oui ils souffrent et il faudrait leur tendre la main en leur disant : " Si tu souffres mon frère (ma sœur) je t'offre mon amour, vient avec moi nous allons échanger ensemble, je suis à ton écoute. " Cela se fait certes, mais on en revient toujours à la supplication de Dieu, toujours cette croyance tenace de l'humain à croire que la solution est extérieure à lui. Alors que nous avons tout en nous, les questions, les réponses, le soutien, l'amour. Tout est là, prêt à l'emploi, il faut juste réapprendre à s'en servir, ce que nous verrons plus loin et qui constitue la clef du nouveau paradigme. Dieu est en nous et nous sommes en Dieu, les mystiques l'on crié sur tous les toits, si on les avait vraiment entendu, je n'écrirais pas un mot.

En parlant de mystique, qui n'est qu'un mot, un soufi proclama un jour après une perception subite, un extase : " Je suis Dieu " . Les mentalités austères de l'époque ne pouvant interpréter le message profond, le condamnèrent et l'exécutèrent sur la place publique pour blasphème. Depuis ce jour les Soufis comprirent qu'il valait mieux cacher leurs pratiques, car le danger de l'incompréhension était bien réel. C'est pour cela que le soufisme devint hermétique un temps. Non pour empêcher les hommes d'accéder à la vérité foncière, mais pour protéger l'enseignement ésotérique et le perpétuer, en attendant un jour que l'humain soit assez sage pour comprendre - il semblerait que ce temps soit venu. Les taoïstes agissaient aussi ainsi, comme tout enseignement ésotérique profond. L'enseignement du maître Jésus consigné dans l'évangile de Thomas, gnostique du Nag Hammadi, dit les mêmes choses : " Le royaume de Dieu est en vous et tout autour de vous, pas dans les édifices de bois et de pierre. " Curieux que le Vatican n'ai pas reconnu ces écrits et ai massacré les gnostiques pendant des siècles. Drôle de vision de l'amour vous ne trouvez pas ? Les Soufis, les Gnostiques, les chamans, les druides, les sorciers, les païens (qui signifie au départ " paysan " avant d'être déformé par l'église) étaient très près, trop près de la vérité pour qu'on les laisse en vie. Toujours dérangeante, la " vérité vraie " pour les pouvoir en place. Et ce syndrome est universel, tristement. Si vous étudiez de près ces écrits vous constaterez qu'ils parlent d'une même voix, nous sommes Dieu ! Vous êtes tous des dieux en puissance, vous ne savez juste plus vous reconnecter à la source de divinité qui réside vous savez où ? Et bien pas très loin … EN VOUS !

Voici un thème important à soulever. Je vois de là les questions fuser du style : " Mais c'est pas normal, on n'a pas pu se créer tout seuls, seul Dieu a pu nous créer ! " Ah oui ? Et qui a créé Dieu alors ? Nous n'allons pas nous perdre dans des questionnements sans fin, si vous voulez de plus amples précisions, vous avez mon mail, la porte est ouverte. Sachez juste que la temporalité, la finitude, le début, la fin, tout ceci se limite à notre compréhension mentale cantonnée par notre dimensionnalité. La physique quantique a démontré que la notion de temps est illusoire dans l'univers, nous sommes conditionné par nos horloges qui indiquent un temps en grande partie subjectif. Si nous nous limitons à notre monde de matière forcément il y a toujours une cause, mais si l'on étend la conscience au-delà de notre écorce corporelle grâce à des pratiques méditatives par exemple, on perçoit qu'il n'existe plus de limite entre l'observateur et l'observé, entre la cause et l'objet, que tout se fond en unité. La conscience individuelle de l'âme incarnée est un rayon de conscience provenant d'une source commune. Nous sommes tous cette source et cette source est nous, ainsi si Dieu est nous, nous sommes Dieu . On ne tente pas d'effacer les différences en un moule monolithique conformiste, mais on essaye de démontrer que par delà sa diversité infinie, l'humanité est UNE et INDIVISIBLE dans tous les plans de son existence. Bien sûr ce ne sont que des mots, et donc ce que je dis est limité dans son énonciation, alors comme disent les chamanes : " Expérimentes et tu sauras ! ". Les chamanes ne sont pas des croyants, ils ne croient pas, ils savent. Parce qu'ils vivent tout ceci au quotidien. Parce qu'ils ont les clefs d'accès à ces compréhensions irrationnelles et inconcevables pour l'esprit dualiste, par de multiples pratiques que tous nous pouvons apprendre. Les religions n'ont jamais vu d'un bon œil les pratiques subtiles, qu'elles taxaient volontairement de sorcellerie satanique en jouant sur la peur de l'inconnu. Encore un prétexte pour éviter que les masses s'orientent vers la vérité et connaissent leur nature authentique, le secret des secrets, très bien gardé, NOUS SOMMES DIEU !!!

Dans un mode mathématique : UN + UN = DIEU

Bon, c'est bien beau tout çà, mais maintenant qu'est-ce qu'on fait ?

Le Nouveau Paradigme Spirituel :

Ok, on est Dieu et alors ? Et alors, ça change pas mal de choses dans notre cheminement de vie. Tout d'abord un point qui me parait important est de passer de " l'état de victime " (généré par les religions en soumission à des dieux) à ce que l'on nomme " l'état créateur ". Ben oui, maintenant que nous savons que nous sommes Dieu, nous pouvons reprendre notre pouvoir créatif sur nos vies et agir concrètement !

L'état de victime est cette attitude de soumission à la vie, de résignation, d'austérité que l'on retrouve dans certains courants religieux. On a tous été directement ou indirectement conditionnés par le fatalisme judéo-chrétien, éduqués dans le respect craintif, peu encouragés à la confiance en son potentiel créateur. La mentalité de victime et l'état qui la contient se forme dans les attitudes de peur, de rancœur, de soumission à l'autorité, d'un syndrome de la séparation entre Dieu et l'homme. On nous a appris la crainte de l'autre, de celui qui est différent, qui ne partage pas le même mode de vie, de croyance ou autre. Tout ceci fait partie de l'ancien paradigme et a été savamment alimenté par les religions depuis des millénaires. Croyez vous sincèrement qu'un Dieu d'amour créerait plusieurs religions pour le plaisir de voir ses enfants se déchirer pour ses beaux yeux ?? Tout ceci n'est que manipulation et éloignement de la source, nous ne souhaitons plus avoir affaire avec ce type de mentalité " diviser pour mieux régner ".

Nous entendons par état créateur une impulsion intérieure qui nous fait comprendre intuitivement notre attache divine. Nous sommes reliés en permanence à la source et inversement, il n'y a aucun clivage. Juste une unité de cœur et d'esprit. Si l'on intègre le FAIT que nous sommes la source, que tous nous ne faisons qu'une seule entité, les dissensions, conflits politico-religieux et autres cesseront, c'est aussi simple que cela. Si demain, vous sentez par exemple de l'aversion envers votre voisin qui vous emmerde avec sa sono à fond la caisse un dimanche matin, vous regardez monter cette sensation et sans la suivre mécaniquement. Vous essayez de comprendre cette impulsion, en y ajoutant cette intelligence du cœur qui comprend que l'autre est moi et que je suis l'autre. Et qui sait, votre attitude vous permettra peut être d'ouvrir une compréhension et un respect réciproque entre vous et il comprendra votre besoin de sommeil le dimanche. Cette notion primordiale d'unité de tout ce qui vit est l'essence même, au-delà du verbiage religieux qui dit " aimez vous les uns les autres " mais qui préfère d'autant plus aimer l'autre s'il embrasse son livre saint. Comprendre l'autre, nécessite de vous comprendre d'abord, intimement, dépasser vos peurs, vos manques et générer pleinement votre pouvoir de Dieu vivant. Ca y est vous êtes Dieu. Un Dieu qui se respecte se doit de créer, alors allez y créer votre vie, soyez neuf, vierges de vos angoisses, renaissez à chaque seconde de la vie comme un perpétuel nouveau né, prêt à créer l'univers dans lequel il a choisi de s'incarner et à propager l'amour.

L'état créateur est une chose très sérieuse. Ce sont vos pensées, vos actes qui créent la réalité dans laquelle vous vivez et les expériences qui viennent à vous, et non l'inverse. Oui nos pensées ont une résonance énergétique, une influence sur nos vies et sur l'humanité entière. Un exemple, la découverte du docteur Masaru Emoto, qui a démontré que des molécules d'eau prenaient des formes allant de l'harmonieux, coloré et fluide lorsque l'on émettait des pensées et des paroles positives vers elle, et qu'à l'inverse elles prenaient des formes anarchiques et ternes lorsque des pensées négatives étaient dirigées vers elle. Soyez de l'eau, coulez librement, avec fluidité dans le flot de la vie. Vous êtes maître de vos vies, souverain même sur cette planète, vivez pleinement ce droit " d'êtreté ". Si vous êtes là c'est pour expérimenter cela, vivre votre statut de Dieu dans la matière, la comprendre et la transcender et le tour est joué. Je vous vois venir, ce ne sont que des mots, et bien essayez, expérimentez et vous saurez si nous débloquons ou pas !

Je vais juste remettre un dernier petit coup sur la tête des croyances, cela me parait important de trancher avec l'ancien paradigme concernant ce point précis. Ce n'est pas de croyances qu'est jalonné le cheminement spirituel, mais de FAITS. Au même titre qu'une démarche scientifique honnête (ça ce fait rare, mais çà existe encore). Oui, il y a des faits externes et des faits internes qui démontrent l'existence d'une vie spirituelle riche et profonde. Les faits externes sont ceux que vous pouvez tous expérimenter au quotidien, comme ressentir l'entraide et l'unité de l'humanité quand vous aidez une personne étrangère, donnez une pièce, indiquez un chemin, souriez à la boulangère même si elle n'est pas de votre couleur de peau. Remarquez bien que peu importe leur origine, les humains ont tous les mêmes besoins, vivre heureux, en bonne santé et dans l'abondance, partager l'amour etc. Les appartenances n'ont rien à voir là dedans. Déjà avec ça de bien intégré, l'humanité fera un grand pas. Tout le monde le sait, mais malheureusement bon nombre préfèrent encore le refouler, car cela perturbe trop leur petite bien-pensance conditionnée et rassurante, quelque en soit la nature : de la religion à la névrose, tout ce qui sert à combler l'angoisse de vie est générateur de division et de pauvreté créatrice.

Pour ce qui est des FAITS internes, cela ne va être encore que des mots. Donc, il vous faudra expérimenter par différentes voies ces FAITS internes qui prouvent l'existence de l'âme humaine et de sa multidimensionnalité. Laissez tomber les dogmes matérialistes qui disent : " on ne voit pas, on ne prouve pas ". La plupart n'ont jamais médité de leur vie, et quand ils l'ont fait cela donne des gens comme David Bohm (prix Nobel), Deepak Chopra, Fritjof Capra et autres physiciens quantiques de renom, qui prouvent à leur manière que tout ceci existe. Ceux qui vous diront que tout ceci n'est qu'imagination, sont encore restés coincés à l'étape antérieure de la physique newtonienne. Ils ne veulent pas d'une âme, pourtant leurs questionnements existentiels les étreignent toujours, la tristesse aussi. La science matérialiste ne pourra jamais accéder à la dimension spirituelle puisqu'elle ne se situe pas sur la dimensionnalité matérielle. Mais dans des sphères supérieures, étudiées en partie par la physique quantique, nous verrons ça dans le prochain article. Par la méditation, les exercices énergétiques, les initiations chamaniques et bien d'autres, vous avez la possibilité de trouver en vous cette connexion à la source et cette interconnexion entre nous tous. Je le redis TOUT EST EN VOUS, vous contenez l'univers tout entier, aussi bien sur le plan moléculaire que sur le plan subtil, donc lâchez vous et reprenez votre vie en main. Ce que j'ai voulu vous faire partager ici n'est pas nouveau en soi, il prolonge les apports mutuels de milliers d'êtres humains depuis des siècles, voir plus. Ce n'est qu'un maillon de plus à cette grande chaîne de solidarité humaine. Tout ce qui a été dit est plus ou moins dans l'esprit de nombreuses personnes, mais peu l'affirment. Au fond, peu de gens ne seront pas d'accord avec le principe d'amour, même ceux qui ne voient pas d'un très bon œil l'éveil des humains. Tout le monde se doute que quelque chose ne va pas, que cela sent le souffre malgré les discours sécuritaires. Ce que nous tentons de faire passer relève du simple bon sens. Une vérité toute simple, une logique de vie. Alors voila c'est dit, si vous le ressentez vous pouvez faire passer le message.

Michaël Abitbol, http://WWW.unisson06.org
Association de réflexion philosophique non athée, non déiste, non dogmatique.

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